jeudi 25 janvier 2018

"La question migratoire mérite mieux que les caricatures"

Le Vif
"Non, Monsieur De Wever, il n'y a pas d'un côté une droite attachée à l'Etat-nation et à la citoyenneté, et de l'autre une gauche naïve, laxiste ou 'cosmopolite', plaidant pour l'ouverture de toutes les frontières", indique Paul Magnette (PS)

  
© Belga

Paul Magnette (PS) répond à la carte blanche polémique de Bart De Wever parue la veille dans De Morgen. Dans ce texte, le bourgmestre de Charleroi accuse le président du parti nationaliste flamand de vouloir "détourner l'attention", "lancer de vaines polémiques", car le "gouvernement MR-NVA est dans la tourmente". Il y rappelle l'histoire ayant façonné "nos lois en matière d'asile et de migrations", ayant débuté avec un appel des patrons, après la Seconde Guerre mondiale, d'"ouvrir les frontières" pour "obtenir une main-d'oeuvre abondante et peu organisée".
"Pour les progressistes, la seule réponse aux phénomènes migratoires est le multilatéralisme et le co-développement", ajoute Paul Magnette, qui estime que la Belgique et l'Union européenne vont actuellement dans le mauvais sens. Côté belge, "le démantèlement progressif de notre politique de développement, dont les budgets sont constamment réduits, prépare les vagues migratoires de demain", assène au passage l'homme politique hennuyer.
"La question migratoire (...) mérite mieux que les caricatures, les simplismes, et les manipulations rhétoriques. Quand on substitue les slogans démagogiques au débat démocratique, quand on joue avec les passions tristes à des fins politiques, on sape les bases fragiles de la communauté civique", ajoute encore Paul Magnette, qui estime encore que "l'image internationale" du pays "est abîmée par le cynisme du Secrétaire d'Etat" à l'Asile et la Migration, le N-VA Theo Francken.


COMMENTAIRE  DE DIVERCITY
UN DOSSIER QUI DEVIENT VIRAL

Jules Gheude écrit: "En Belgique, le moindre dossier revêt un aspect communautaire. On le voit encore aujourd'hui avec la polémique entretenue autour de Théo Francken, le ministre (N-VA) à l'Asile et à l'Immigration. Les francophones réclament à cor et à cri sa démission, tandis que l'homme ne cesse de doper les adhésions à son parti. Continue comme cela ! a lâché Bart de Wever, lors de la réception de Nouvel An de la N-VA à Malines"
"Si des élections devaient avoir lieu aujourd'hui, il ne fait aucun doute que Théo Francken se retrouverait sur la première marche du podium en Flandre. Autrement dit, l'entêtement des francophones à son égard ne fait que précipiter la mort du royaume."
C'est une évidence et la gauche francophone tombe à pieds joints dans le piège qu'habilement lui tend Bart De Wever stratège machiavélique. Il a tout intérêt à ce que le gouvernement tombe maintenant sur l'affaire Francken. Le matador des Flandre agite le chiffon rouge et le taureau wallon fonce tout droit vers l'épée qui lui infligera le coup de grâce. C'est fascinant.
Nous allons tout droit vers de élections anticipées précédée d'une sale campagne virale.
MG


RTBF: EDDY CAEKELBERGHS ÉCARTÉ DE L’ANTENNE APRÈS UN MAIL POLÉMIQUE


Le journaliste de La Première a envoyé un mail qui remet en cause l’indépendance éditoriale du service public. Il ne présentera plus ses émissions le temps d’une enquête interne.
Eddy Caekelberghs est écarté de la présentation de ses émissions sur La Première depuis mercredi. Il y présentait « Au bout du jour » après le journal parlé de 19 heures et « Majuscules » le dimanche après-midi.
Tout est parti d’un mail porté à la connaissance de nos confrères de SudPresse que Le Soir s’est procuré. Lundi soir, depuis son adresse professionnelle, Eddy Caekelberghs a écrit à Henri Bartholomeeuse, président du Centre d’action laïc (CAL) ainsi qu’à Benoît Van der Meerschen, le secrétaire général adjoint du CAL et à Jean-Paul Barrs, ancien secrétaire général du parti socialiste belge et membre du CAL.
Il transfère ce qu’on devine être un extrait d’interview intitulé : «  Migrants, interview Louis Michel 2009, libre circulation, accueil  ». Il signale à ceux qu’il appelle ses « amis » que l’extrait est libre de droit «  il faut l’exploiter à fond : nos réseaux sociaux et nos émissions ! […] N’hésitons pas ! Viralisons avec un texte bien senti et court en parallèle de notre CB (probablement en référence à une carte blanche publiée dans la presse mardi NDLR.) Genre : « Qui a le droit de faire ça ? » dit Louis Michel en 2009 ! « Théo et Moi » répond son fils en 2018 !  ».

OLIVIER CHASTEL SIDÉRÉ PAR LE CONTENU DU MAIL
Le Président du MR, Olivier Chastel, a pris connaissance de ce mail mardi. Sidéré, par le contenu, il a contacté le directeur de l’information de la RTBF, Jean-Pierre Jacqmin et le patron du service public, Jean-Paul Philippot. Le MR souhaitait que la RTBF se positionne clairement afin de ne pas jeter l’opprobre sur tous les journalistes de la maison. Un courrier officiel a été envoyé mercredi après-midi à Jean-Paul Philippot et à la société des journalistes.
La décision de la RTBF n’a pas tardé. Elle a suspendu Eddy Caekelberghs de l’antenne le temps d’une enquête interne. Dans un communiqué, le service public affirme se distancier clairement de ce contenu «  qui ne traduit en rien ni sa déontologie ni ses missions. La RTBF ne partage ni ne cautionne des propos qui pourraient porter atteinte et préjudice à l’indépendance journalistique. La RTBF continue à défendre et à garantir l’indépendance dans le traitement des sujets et le caractère pluraliste des débats et regards croisés sur les grands enjeux.  »
Le Soir n’a pas réussi à joindre Jean-Pierre Jacqmin et Eddy Caekelberghs. Le premier a précisé dans SudPresse que la décision de la RTBF «  est une simple mesure de préservation de l’antenne, qui ne préjuge en rien des suites qui seront données à l’affaire. Nous réaffirmons et revendiquons l’indépendance et la déontologie de l’ensemble des journalistes de la RTBF, qui ne peut être prise en défaut par quelque militance que ce soit. L’acte qui est aujourd’hui au cœur de la polémique est un acte isolé, dont le contenu ne nous plaît pas.  »


LE CDH RÉAGIT À LA CARTE BLANCHE DE DE WEVER: "POUR LA N-VA, LES WALLONS AUSSI SONT DES ÉTRANGERS"
BELGA ET LA LIBRE



Le cdH a fustigé mercredi, par la voix de son chef de groupe au parlement wallon Dimitri Fourny, les propos du président de la N-VA Bart De Wever considérant, dans une carte blanche, qu'une immigration ouverte en Belgique constituerait une menace sur la sécurité sociale. "Bart De Wever fustige les étrangers en considérant que ceux-ci vont plomber la sécurité sociale", a résumé M. Fourny à l'occasion des vœux à la presse de son groupe parlementaire.
"Nous avons bien fait de ne pas participer au pouvoir avec des personnages de ce type. Ne nous y trompons pas: nous Wallons sommes aussi, aux yeux de ce petit monsieur, considérés comme des étrangers", a-t-il ajouté. A ses yeux, les propos de Bart De Wever sont "méprisables et inadmissibles dans un débat démocratique équilibré".
M. Fourny s'exprimait au nom du président du cdH, a précisé le parti.
Le président de la N-VA a publié mercredi dans le quotidien flamand de gauche De Morgen une carte blanche dans laquelle il affirme qu'ouvrir les frontières aux migrants comme le préconise, selon lui, la gauche mettra inévitablement le fonctionnement actuel de la Sécurité sociale en péril, une allégation qui a déclenché bon nombre de réactions.
Belga


"OUVRIR LES FRONTIÈRES AUX MIGRANTS C'EST METTRE LA SÉCU EN DANGER": "DES PROPOS D'UNE VIOLENCE INOUÏE"
Le Vif

Pour le président de la N-VA, Bart De Wever, ouvrir les frontières aux migrants comme le préconisent, selon lui la gauche, mettra inévitablement le fonctionnement actuel de la Sécurité sociale en péril."Il s'agit de propos d'une violence inouïe qui visent à jouer sur la peur" selon un expert. Le danger pour la sécu, c'est la N-VA, estime pour sa part le PS.


© Belga

Le chef de file des nationalistes flamands entend par cette voie réagir à la situation au Parc Maximilien à Bruxelles, où aboutissent des migrants qui souhaitent rejoindre la Grande-Bretagne.
L'opposition a dénoncé ces derniers mois l'attitude du gouvernement fédéral à leur égard.
Dimanche soir, des milliers de personnes ont formé entre la gare du Nord et le Parc Maximilien une chaîne humaine pour empêcher une action de police visant, selon la plate-forme citoyenne, à arrêter les migrants présents sur place.
Selon M. De Wever, l'action de ces associations et bourgmestres de gauche concourt à créer un second Calais.
Mais pour lui, ces "bien pensants de gauche" doivent choisir: accueillir tout le monde et ouvrir les frontières, ou préserver notre système social à son niveau actuel. Car si l'on décide de mettre notre Sécurité sociale à disposition de chacun, alors elle s'écroulera, prédit-il.
"UNE RHÉTORIQUE POUR FAIRE PEUR À DES FINS ÉLECTORALES"
"Il s'agit de propos d'une violence inouïe qui visent à jouer sur la peur, laquelle étant porteuse de votes", analyse un sociologue de l'Université libre de Bruxelles, Andrea Rea. Dans cette carte blanche, le chef de file des nationalistes flamands appelle les "bien-pensants de gauche" à choisir entre les frontières ouvertes ou la Sécurité sociale. Car si l'on décide de mettre notre Sécurité sociale à disposition de chacun, alors elle s'écroulera, prédit-il.
Selon Andrea Rea, directeur du Groupe de Recherche sur les relations Ethniques, les Migrations et l'Égalité (GERME), ce n'est pas la première fois que la N-VA fait le lien entre la migration et la mise en péril de notre système de Sécurité sociale. "Il s'agit d'une rhétorique pour faire peur aux gens, qui vise à récolter des votes. Or, un rapport de la Banque nationale a démontré l'utilité des nouveaux migrants sur le marché du travail. Les propos de Bart De Wever ne sont donc clairement pas fondés sur des éléments tangibles. Il construit des évidences qui n'en sont pas", relève M. Rea.
"On est en train de taper sur le maillon faible alors que le gouvernement fédéral a entre ses mains tous les instruments pour sauver notre Sécurité sociale", poursuit-il. La grande difficulté est, selon lui, le manque de Justice fiscale, les citoyens étant défavorisés face à l'impôt par rapport aux multinationales et entreprises privées. "Cela pose un problème à la Sécurité sociale ainsi qu'à l'ensemble du budget de l'État (école, hôpitaux, etc.), souligne-t-il.
Le sociologue estime encore que l'immigration sera un des thèmes centraux des prochaines élections sur lequel la classe politique risque de se diviser.
LE DANGER POUR LA SÉCU, C'EST LA N-VA, RÉPOND LE PS
"Le danger pour la sécurité sociale, c'est la N-VA", a répondu mercredi le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, à la tribune libre du président de la N-VA, Bart De Wever, à propos de l'accueil des migrants.
Le député a pointé du doigt les réductions de cotisations sociales décidées par le gouvernement, qui se traduisent par un manque à gagner pour la sécurité sociale de plusieurs milliards d'euros, les économies dans la sécurité, sociale, le saut d'index ou encore les mesures en matière de pension. "La N-VA ne cesse d'exacerber les tensions dans la société de manière cynique pour en tirer un profit électoral. La N-VA crée un écran de fumée pour masquer une politique de plus en plus teintée de relents racistes avec la passivité complice de ses partenaires de majorité, dont certains semblent d'ailleurs de plus en plus contaminés par les idées abjectes de la N-VA. La sortie récente du ministre Ducarme à propos de l'aide médicale urgente accordée aux sans-papiers en témoigne", a-t-il accusé. Le président des nationalistes flamands n'a pas réagi lorsqu'une députée de son parti a proposé de supprimer le remboursement de certaines prothèses pour les personnes démentes ou très âgées, remarque M. Laaouej. "Après avoir attaqué les personnes démentes ou très âgées, la N-VA désigne un nouveau bouc-émissaire: les migrants qui seraient le nouveau danger pour la sécurité sociale", a-t-il ajouté. "Si l'on veut développer une approche positive de la sécurité sociale, on doit reconnaître que le défi qu'elle doit relever est celui du vieillissement de la population et du financement en mettant davantage à contribution les revenus du capital".
"NOUS PLAIDONS POUR DES ROUTES MIGRATOIRES SURES, PAS POUR L'OUVERTURE DES FRONTIÈRES"
"Nous ne plaidons pas en faveur de l'ouverture des frontières (aux migrants), mais bien pour des routes migratoires sures", a affirmé mercredi l'organisation Médecins du Monde en réaction à la carte blanche du chef de la N-VA, Bart De Wever.
L'ONG a souhaité réagir aux propos du patron de la N-VA afin "de clarifier les choses": "Médecins du Monde ne plaide pas pour des frontières ouvertes, mais bien pour des routes migratoires sures et légales."
"L'allégation selon laquelle les organisations issues du milieu associatif sont un prétexte ou une 'façade morale' pour étendre un programme idéologique témoigne d'une image plutôt obscure de l'être humain."
Médecins du Monde en appelle au dialogue: "parce qu'une chose est claire, la polarisation ne mène jamais à une solution." "Arrêtons de semer la discorde au moment où nous devons faire face sérieusement à la problématique (de la migration) de façon unie", a encore pointé l'ONG.
"Nous plaidons depuis des mois déjà pour que toutes les parties puissent s'asseoir autour de la table afin de parvenir à une solution. En s'en prenant désormais également aux volontaires et aux organisations citoyennes, nous nous éloignons encore davantage d'une solution et la situation dans notre pays devient de plus en plus polarisée. C'est regrettable, mais notre appel au dialogue reste valable."
POUR LA N-VA, LES WALLONS AUSSI SONT DES ÉTRANGERS
Le cdH a fustigé mercredi, par la voix de son chef de groupe au parlement wallon Dimitri Fourny, les propos du président de la N-VA Bart De Wever. "Bart De Wever fustige les étrangers en considérant que ceux-ci vont plomber la sécurité sociale", a résumé M. Fourny à l'occasion des voeux à la presse de son groupe parlementaire.
"Nous avons bien fait de ne pas participer au pouvoir avec des personnages de ce type. Ne nous y trompons pas: nous Wallons sommes aussi, aux yeux de ce petit monsieur, considérés comme des étrangers", a-t-il ajouté. A ses yeux, les propos de Bart De Wever sont "méprisables et inadmissibles dans un débat démocratique équilibré".
M. Fourny s'exprimait au nom du président du cdH, a précisé le parti.
La cheffe de groupe à la Chambre, Catherine Fonck, a quant à elle mis en exergue les prévisions démographiques sur lesquelles le gouvernement se fonde dans sa réforme des pensions. Celles-ci prévoient un solde migratoire de 360.000 personnes, explique-t-elle. "Qu'en pense Bart De Wever? " a-t-elle ajouté.
Le président de la N-VA a publié mercredi dans le quotidien flamand de gauche De Morgen une carte blanche dans laquelle il affirme qu'ouvrir les frontières aux migrants comme le préconise, selon lui, la gauche mettra inévitablement le fonctionnement actuel de la Sécurité sociale en péril, une allégation qui a déclenché bon nombre de réactions.

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