jeudi 22 février 2018

7 000 cafés ferment chaque année : ça suffit !


Par  Loïc Latour  
Figaro
FIGAROVOX/TRIBUNE - Il y avait 600 000 bistrots en France en 1960, il n'en restait plus que 34 000 en 2016. France Boissons refuse de voir disparaître les derniers cafés de nos villages et réclame l'inscription du café français au patrimoine de l'Unesco.
   

Loïc Latour est président de France Boissons, partenaire des Cafés, Hôtels et Restaurants (CHR) français depuis plus de 50 ans. France Boissons a publié il y a quelques semaines un Livre blanc intitulé Les cafés, une chance pour nos territoires, en partenariat avec l'AMRF (Association des Maires Ruraux de France), l'APVF (Association des Petites Villes de France) et eTerritoire, plateforme de promotion des territoires.

En Eure-et-Loir, le dernier commerce d'un village est un café de pays qui fait aussi épicerie et agence postale, géré en régie par la municipalité. Au cœur des Pays de Savoie, des habitants reprennent la licence IV pour sauver leur dernier bistrot. Dans le Nord, un café se réinvente autour d'un magasin de produits de la ferme et d'une galerie photos. L'unique commerce d'un bourg du Lot s'est transformé pour devenir un café-brocante tendance.
Cette nécessité d'évoluer n'est pas réservée aux établissements de zones rurales ou périurbaines, elle est vitale pour l'ensemble de la filière.
Une nouvelle génération de professionnels réinvente le café de proximité. Une décoration soignée, une offre de restauration locale de qualité, un bon café, des services (prises, wifi, …) mais également des concepts innovants (comme des espaces de co-working) font de ces nouveaux bars des lieux de vie et de travail à toute heure.
Néanmoins, à l'échelle nationale, malgré ces belles réussites, nos partenaires de la filière Cafés-Hôtels-Restaurants sont durement frappés par la crise avec une moyenne de 7 000 fermetures par an ces dernières années, notamment dans les territoires ruraux et périurbains.
Il y avait 600 000 bistrots en France en 1960, il n'en reste que 34 669 en 2016, regroupés dans un peu plus de 10 000 communes (baromètre France boissons/CREDOC, «comprendre et répondre à la fragilisation de la filière CHR en France»).
À l'heure des réseaux sociaux, le café peut redevenir le premier réseau social de proximité.
Pourtant, la demande de cafés de proximité n'a jamais été aussi forte. La volonté de renouer avec un lien social distendu, le dynamisme du tissu associatif, le développement du télétravail, la recherche de naturalité et de local, la raréfaction des services publics, tout concourt à réinstaller les cafés au cœur de nos villes et de nos villages. À l'heure des réseaux sociaux, le café peut redevenir le premier réseau social de proximité.
Le retour du café dans nos territoires se construit avec les professionnels, les élus locaux, les pouvoirs publics mais aussi les acteurs de l'économie digitale qui tous contribuent à réinventer le café du coin.
Ainsi, des collectivités ont choisi d'acheter les murs d'établissements pour les louer à des repreneurs, d'autres ont encouragé les points multi-services, ou l'accueil de services publics de proximité. Les cafés deviennent des lieux de conseil à l'image de l'initiative «le conseil du coin» lancée par les notaires.
La redynamisation des cafés passe par une triple révolution de la qualité, de l'accueil et des services. Nous y travaillons en formant et en conseillant nos clients. Les pouvoirs publics accompagnent cette mutation avec la création des certifications comme «Maître restaurateur» ou «Qualité Tourisme». La licence IV a été réformée afin d'en faciliter le transfert.
Les financements se diversifient à l'image des plateformes participatives qui accompagnent des projets de cafés innovants ou solidaires en complément des prêts bancaires ou brasseurs.
Nous soutenons l'attribution du label «Grande cause nationale » 2018 aux centres-villes et centres-bourgs.
Toutes ces initiatives vont dans le bon sens. Mais nous pouvons collectivement faire plus pour la reconquête de nos territoires perdus: alléger normes et fiscalité pesant sur les débits de boissons, instaurer des zones franches dans les bourgs en déclin, élaborer une réflexion sur les livraisons du dernier kilomètre en intégrant les distributeurs dans les instances de concertation, promouvoir la transformation des cafés en Maison de Services au Public, soutenir l'inscription des cafés français au patrimoine de l'UNESCO.
Baisser le rideau et nous retirer de la diagonale du vide? Tel n'est pas notre choix. Nous avons besoin des cafés au cœur de nos vies. C'est vital pour l'emploi, l'attractivité et l'animation des villes et des villages. C'est pourquoi nous soutenons l'attribution du label «Grande cause nationale» 2018 aux centres-villes et centres-bourgs qui permettrait d'engager un plan d'action global pour construire des territoires attractifs avec le concours de tous les acteurs. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE PROFESSIONNELS RÉINVENTE LE CAFÉ DE PROXIMITÉ." 

Le pub anglais- de public house- dit bien sa fonction sociale, celle d'un espace semi public convivial ou se fabrique du lien social et même de la pensée politique.
La révolution française  n'a-t-elle pas commencé dans les cafés?
On a beaucoup glosé sur le rôle de la télé dans l'élimination des cafés de quartier un peu comme elle a éradiqué du reste les cinémas de quartiers qui faisaient le charme des villes dans les années soixante.
Il y avait presque autant de cinémas que de paroisses dans certains quartiers.
Le cinéma a revu sa copie en renouvelant l'offre  et en ouvrant des complexes pour cinéphiles plus ou moins avertis. Les mosquées ont pris le relais des églises dans bien des quartiers bruxellois.
A Vienne, qui demeure la capitale des cafés cosmopolites, presse et café continuent à faire bon ménage. Les quotidiens européens sont accessibles à tous sur des longs bâtons qu'on tient d'une main et qu'on feuillette de l'autre.
A Bruxelles, il faut vraiment chercher les endroits où trouver plus de trois journaux mis à disposition du public.
Le Belga, L'Union,  le bar du Matin, le Café de la presse, l'Ultime atome, le natural café, le workshop café , le Poz café... Un consommateur commente: "j'aime vraiment bien ! Que ce soit pour le prendre un café au passage le matin en allant au boulot, que ce soit pour y passer quelques heures pour travailler ou que ce soit pour le prendre un petit quatre-heure. En bref, le Poz est simplement rentré dans mon petit quotidien !"
Tout est-il dit? Presque!
Mon bistro préféré, le café ou bar de l'athénée à Ixelles a fermé ses portes suite à un incendie et je ne m'en console pas. C'était un endroit parfait: look ringard mais exquis, bonne musique- très important- et au moins cinq quotidiens dont De Morgen. Sa situation rend le lieux assez central. ( Le Bar l’Athenée est situé entre la chaussée d’Ixelles, la Place Flagey et la Porte de Namur)
Assis en terrasse, il était agréable d’admirer l’arrière de l’église Saint-Boniface. C’est d’ailleurs ce que les gens aiment en été. Cet endroit donnait à plus d’un l’impression de boire un verre dans un endroit assez secret.  Heureusement il nous reste son petit frère : La Belladone
"Une nouvelle génération de professionnels réinvente le café de proximité. Une décoration soignée, une offre de restauration locale de qualité, un bon café, des services (prises, wifi, …) ajoutons :une excellente musique et des journaux à disposition."
Mais voilà le problème de la gestion des gazettes n'est pas simple. Au Belga on se les arrache dès l'heure d'ouverture et on se retrouve avec un Süddeutsche Zeitung quand on voulait lire le Guardian. Le Soir, on oublie: les deux exemplaires sont pris d'assaut dès l'ouverture des portes.
Surtout, dans la plupart de cafés qui mettent des gazettes à disposition, ceux-ci sont maltraités par une minorité de barbares qui les tâchent de café, les froissent, ne les replient pas, font les mots croisés au bic bleu ou arrachent carrément des pages. C'est franchement désolant.
"Pourtant, la demande de cafés de proximité n'a jamais été aussi forte. La volonté de renouer avec un lien social distendu, le dynamisme du tissu associatif, le développement du télétravail, la recherche de naturalité et de local, la raréfaction des services publics, tout concourt à réinstaller les cafés au cœur de nos villes et de nos villages."
Comment imaginer Liège sans son microcosme, le Café Randhaxe en Outremeuse ou Ostende sans le café du Parc, Gand sans le Vooruit ou Namur sans la brasserie François qui fait penser aux deux Magots de saint Germain des Prés?

Contrairement à l’usage dans un café normal, un client pouvait parfaitement rester des heures dans les cafés viennois, avec un simple café, à lire en long et en large les journaux à sa disposition. Les écrivains venaient aussi y travailler.  « Les cafés jouent un rôle capital dans la vie sociale de Vienne et, dans une moindre mesure, dans son commerce. C’est surtout dans l’après-midi qu’un nombre non négligeable de relations se nouent dans ses établissements. De plus, les cafés d'habitués sont des lieux où se rencontrer et se réunir. »
« Le Kaffeehaus représente une institution d'un genre particulier, qui ne peut être comparée à aucune autre au monde. C’est en fait une sorte de club démocratique ouvert à tous pour le prix abordable d’une tasse de café où chacun peut s’asseoir pendant des heures, discuter, écrire, jouer aux cartes, s’occuper de son courrier et surtout consulter un nombre illimité de journaux et de magazines. Chaque jour, nous étions assis pendant des heures, et rien ne nous échappait. » Stefan Zweig
Très franchement, je ne crois pas que le café de proximité soit condamné. Simplement, le moment est venu de le réinventer en fonction d'une nouveau public très exigeant.
MG

LES PUBS ANGLAIS, UNE INSTITUTION EN PÉRIL
La Matinale 


• Jamais, les pubs n'ont été aussi menacés », affirme l'association de défense des pubs « Campaign for Real Ale ». | Leon Neal - AFP
Les anglais adorent s'y retrouver pour boire une bière en fin de journée. Pourtant quatre pubs ferment leurs portes chaque jour au Royaume-Uni.
Véritable institution nationale aux côtés de la reine et du « fish and chips », le pub a beaucoup souffert ces dernières années, confronté à la rude concurrence des supermarchés, l'interdiction de fumer dans les lieux publics et une chute de la consommation d'alcool de l'ordre de 18% depuis 2004, grâce aux campagnes de prévention.
Tous les jours, quatre pubs mettent la clé sous la porte au Royaume-Uni. Les défenseurs du monument en péril misent sur une nouvelle loi et l'essor des micro-brasseries pour arrêter l'hémorragie.
Lorsqu'on arpente les centres-villes d'Angleterre, d'Écosse ou du Pays de Galles un samedi soir et qu'on voit la foule des soiffards déborder partout sur les trottoirs, on peut en douter. Et pourtant. « Jamais, les pubs n'ont été aussi menacés », affirme une association de défense des pubs, la « Campaign for Real Ale », qui calcule que 29 établissements ferment pour de bon chaque semaine.
Face à cette érosion, les « public houses » (le nom complet des pubs, qui signifie « tavernes ») essayent de lutter tant bien que mal, en se reconvertissant notamment en « gastro-pubs » pour proposer une cuisine qui ne saurait plus se limiter à la traditionnelle saucisse trop grasse.
UNE BIÈRE À COÛT PROHIBITIF
Le véritable espoir est né d'une nouvelle loi entrée en vigueur en mars, après une longue mobilisation des partisans d'un tel texte : elle met fin à un système vieux de 400 ans qui voulait qu'en échange d'un loyer réduit accordé par les grandes entreprises propriétaires de pubs, les tenanciers des établissements s'engageaient à acheter leurs bières à des tarifs supérieurs à ceux du marché.
La formule permettait certes d'ouvrir un pub avec une mise de départ dix fois inférieure à la norme, soit environ 20.000 livres contre 250.000 livres normalement, explique à l'AFP Brigid Simmonds, la présidente de la « British Beer&Pub Association ».
Mais à terme, le gérant, étranglé par le coût prohibitif de la bière, était perdant, et en fin de compte le consommateur aussi. Sans compter l'effet d'uniformisation entraîné par un système de chaîne qui ne dit pas son nom, où la plupart des pubs proposaient souvent les mêmes bières et la même nourriture.
Les pubs ont désormais retrouvé la liberté d'acheter leur bière et de nombreuses micro-brasseries, une activité en plein essor en Grande-Bretagne comme dans d'autres pays d'Europe, se sont engouffrées dans la brèche pour écouler leurs produits.
A Bermondsey par exemple, un quartier en vogue dans le sud-est de Londres, des entrepreneurs surfent sur cette mode en transformant de vieux locaux désaffectés.
C'est là aussi que Will Horsfall a cofondé « UBrew », une brasserie qui met ses équipements à la disposition des brasseurs de toute taille.
« Londres avait une réputation culinaire affreuse il y a vingt ans mais aujourd'hui c'est devenu l'une des villes où l'on mange le mieux en Europe. Je pense que la bière prend le même chemin », souligne-t-il.
« Les gens boivent plus pour leur plaisir, le facteur alcool fait partie de la fête mais ce n'est pas une fin en soi. On assiste à une "vinification" de la bière : cette manière de parler des différents crus, des différents cépages, se transpose désormais à la bière », ajoute-t-il.
Pour Roger Protz, journaliste spécialisé dans la bière et les pubs, la tendance des micro-brasseries est essentiellement une réaction contre l'empire des multinationales.
« Pendant trop longtemps, dit-il, on a bu des bières industrielles brassées par des géants mondiaux pour leur seul profit. Aujourd'hui, les gens recherchent autre chose et ça s'appelle le goût. »


10 BARS POUR RENCONTRER DES BRUXELLOIS

À Bruxelles, les options ne manquent pas pour déguster une trappiste. Il y a certes les grands classiques (Belga, Maison du Peuple), mais pas que. Notre capitale regorge de petites tavernes chaleureuses, qui ne payent pas toujours de mine et qui pourtant valent tous les détours.
Passage en revue:
Le bar baba cool: La Licorne
Situé à Saint-Gilles, à deux pas de la Porte de Hal, l’adresse passe inaperçue aux yeux des novices, et pourtant. Dans une ambiance ultra relax, on sirote des bières de la Brasserie de la Senne en refaisant le monde.
Le bar alternatif: Le Nova
Certes, le bar du cinéma Nova n’est pas ouvert tous les jours, cela dépend des projections. Il vaut cependant le détour, avec son atmosphère quasi berlinesque. On l’apprécie particulièrement durant le festival LGTB Pink Screen qui a lieu chaque novembre.
Le bar Ixellois qui ne se la pète pas: Le Pantin
Ixelles est une commune parfois un peu huppée, en particulier autour des étangs. Voici l’adresseq ui fait exception pour une soirée sans snobisme, à la cool, où l’on fait des jeux de société sans avoir besoin de tenir son verre avec le petit doigt en l’air.
Le bar Art Nouveau: La Belladone
À La Belladone, on se sent dans un salon du début du 20ème siècle plutôt que dans un café: bow windows, boiseries laquées et fauteuils à l’ancienne. Ajoutez quelques zakouskis, des bons vins et vous avez là une formule gagnante.
Le bar néerlandophile: Roskam
Dans le quartier de la rue de Flandres, on peut enfin mettre en pratique ses leçons de néerlandais. Rien de tel que de se retrouver au Roskam le dimanche soir pour un concert de jazz met een pintje in de hand.
Le bar post concert: Bonnefooi
Juste en face de l’Ancienne Belgique, c’est là que l’on prolonge sa soirée entre amateurs de musique. Ambiance cosmopolite qui met en valeur le dynamisme et la diversité de Bruxelles.
Le bar pour ses amis en city trip: Le café du Musée des Instruments de Musique
Près de la Place Royale, ce café est situé sur le toit du MIM. C’est certes un classique des sentiers touristiques mais les Bruxellois ne le renient pas pour autant. Il faut dire qu’il est difficile de se lasser d’une telle vue sur tout le centre historique.
Le bar des bourlingueurs: Via Via Café
À Saint-Catherine, le Via Via est le rendez-vous des voyageurs. Grande cour, brasserie sympathique, on y fait toujours de belles rencontres entre amateurs de dépaysement.
Le bar ambiance vacances: La Guinguette du Parc de Forest
À la belle saison, on se presse dans ce parc saint-gillois. Bière fraîche, pelouses qui incitent au farniente. Bacs à sable pour les enfants, terrains de volleyball pour se défouler. Que demander de plus?
Le bar belgo-belge: Le Poechenellekelder
Situé juste en face du Manneken Pis, on pourrait craindre attrape touriste et pourtant, le Poechenellekelder reste un lieu de rencontre des membres des confréries. On y entend encore du brusseleir, pour une plongée dans l’ancien temps.



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