samedi 3 février 2018

A Calais, les migrants pointent les passeurs et la précarité du doigt


Le Vif
Encore sous le choc des violents affrontements de la veille à Calais, qui ont fait plus de vingt blessés, migrants africains et afghans pointaient tous vendredi matin la responsabilité de passeurs armés, mais aussi leurs pénibles conditions de vie dans cette ville portuaire du nord de la France.
    
© Reuters 
"Je suis pas comme les passeurs : ils sont tous fous et dangereux comme les taliban de mon pays!", s'exclame un Afghan hazara de 18 ans, qui dit s'appeler Daniel, chaussures de randonnée aux pieds.
Il est 08H30 GMT et la distribution du petit-déjeuner par l'association d'aide aux migrants Salam a déjà débuté, sous une bannière "Ouvrez la frontière" déployée sur un poteau électrique.
Les quelques dizaines d'hommes emmitouflés qui font la queue font partie des centaines de migrants qui errent dans la région, avec l'espoir souvent déçu de passer clandestinement vers la Grande-Bretagne.
Habib, Ethiopien de 32 ans, capuchon bleu sur la tête, récapitule les événements de la veille : "Il y a eu une bagarre entre Erythréens et Afghans. Les Afghans ont tiré plusieurs fois, les Erythréens sont revenus se venger avec des bâtons et des pierres".
Récurrentes dans cette zone où des migrants de multiples origines se voient contraints de cohabiter, ces rixes ont été particulièrement sanglantes jeudi : 22 blessés, dont quatre grièvement par balles. "Un degré de violence jamais connu", a estimé le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb, venu sur place jeudi soir.
Près de la "Big Jungle", le plus gros des trois campements où se mêlent Africains et Afghans, Daniel raconte : "Les ambulances ont débarqué, la police était désespérée, ne savait pas quoi faire, les gens se battaient...".
La raison de cette débauche de violence ? "Il y avait des migrants qui n'avaient plus d'argent, les passeurs se sont mis en colère et ont tiré", croit-il savoir.
ENTENTE
Les migrants qui viennent se servir en thé et nourriture, dans le calme, éprouvent visiblement le besoin de parler. Mohamed, Ethiopien d'une vingtaine d'années, explique : les passeurs afghans "contrôlent des parkings, font du trafic d'armes et font monter des gens dans des camions pour 2.500 euros".
Pour Loan Torondel, de l'Auberge des migrants, les passeurs sont effectivement à l'origine des rixes : "Ils se battent pour des clients, pour l'accès aux parkings, dans un contexte où beaucoup de gens sont arrivés à Calais depuis 15 jours".
Mais il épingle aussi les conditions de vie précaires des migrants comme une source supplémentaire de tension. "Les conditions de vie sont terribles, il n'y a aucun moyen de s'abriter des intempéries", dit Loan Torondel.
Dans la matinée de jeudi, une grosse opération policière, forte d'une vingtaine de véhicules, a abouti au ramassage des tentes et couvertures des campements de fortune dressés ça et là.
"La seule solution que trouvent le gouvernement et la police, c'est de casser les tentes et d'empêcher les gens de dormir", dénonce Jean-Claude Lenoir, président de Salam. "Dans cette précarité, évidemment les passeurs n'amènent rien de bon..."
"On dort parfois dans des tentes", témoigne Ahmad, migrant africain de 17 ans qui ne précise pas sa nationalité. "Mais la police fait tout pour nous frapper, nous mettre du spray dans les yeux et prendre nos affaires, tous les trois jours", déplore-t-il. Des accusations que réfutent à chaque fois les autorités.
Entre 550, selon la préfecture, et 800 migrants, d'après les associations, vivent actuellement à Calais pour tenter de passer en Grande-Bretagne.
Habib tient à l'entente construite avec certains Afghans : "Ce sont des amis, des frères... On ne pourra pas contrôler les passeurs, mais notre objectif ce n'est pas de créer la guerre. Nous sommes en pleine misère. Il ne faut plus que ce genre d'histoires recommence". 


LE MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ AVEC LES MIGRANTS DÉMASQUE LE PROJET AUTORITAIRE DU GOUVERNEMENT
Le Vif  Opinion Carte blanche

Quelque chose est en train de bouger dans "l'opinion publique" de ce pays. Il n'est pas certain qu'une "majorité silencieuse" soutienne la "politique d'asile" de Théo Francken, du gouvernement et de l'Union Européenne.
 
© Belga
Mais il est certain, en revanche, qu'un nombre croissant de femmes et d'hommes ne veulent plus de cette politique et sont prêts à s'y opposer en pratique, en donnant de leur personne, à contre-courant. Même dans des délais très courts et, s'il le faut, sans attendre le soutien effectif des grosses structures politiques, syndicales et associatives.
"IL FAUT ÊTRE GENTIL"
Quatre cents personnes se sont mobilisées en deux jours le 30 décembre pour dénoncer les expulsions de migrants et les mensonges du Secrétaire d'Etat à l'asile. L'appel lancé ce jour-là à manifester le 13 janvier a fait descendre plus de 8.000 personnes dans les rues. Plus de 3.000 ont encore répondu présent le 21 janvier (un dimanche soir à 19 h, dans la pluie et le froid!) pour empêcher les rafles policières planifiées par le ministre Jan Jambon. Or, cet appel aussi n'avait été lancé que 48H plus tôt sur les réseaux sociaux...
Il n'y a pas que le nombre de manifestants qui augmente. Au fil des actions s'affirme une ambiance de fraternité joyeuse, d'indignation morale, de désobéissance civile, de détermination frondeuse et d'implication personnelle. Beaucoup de pancartes improvisées lancent des messages très forts. Le 13 janvier, un petit garçon tenait un carton sur lequel il avait écrit "Il faut être gentil". La politique d'asile est en effet "méchante", ce n'est pas puéril de le dire! Très perceptible dans la manifestation du 13 janvier, cette ambiance était encore plus forte dans la magnifique chaîne humaine de la gare du Nord.
POUR LES VALEURS ÉTHIQUES ET LES DROITS DÉMOCRATIQUES
A cet élan généreux, le gouvernement oppose des propos fascisants qui banalisent l'ignoble, une politique inhumaine, des mensonges ("Nous avons évité un nouveau Calais", "Le gouvernement précédent pratiquait une politique de frontière ouverte"), des tentatives racistes de dresser une partie de la population contre l'autre (cf. la déferlante haineuse sur la page Facebook et le compte twitter de Francken) et une escalade de la répression (rafles domiciliaires, menaces sur l'aide médicale d'urgence, etc.).
De plus en plus de femmes et d'hommes disent "ça suffit" et s'unissent dans la diversité pour le dire avec force. Leur auto-confiance grandit, leur détermination se renforce. "Les droits humains et la vraie justice sont de notre côté, nous avons raison de nous soulever pour ces valeurs, de défier les autorités et d'organiser nous-mêmes la solidarité. Nous ne lâcherons pas le morceau. Nous continuerons la lutte, parce qu'elle a pour enjeu la dignité de tous les humains. Celle des migrantes et des migrants, bien sûr. Mais la nôtre aussi. Car nous ne serions dignes de l'humanité si nous tolérions qu'une politique inhumaine soit menée en notre nom." Tel est en substance le message qui ressort de ces actions.
Celles et ceux qui s'engagent ainsi en sont conscients: outre les valeurs éthiques, nos droits démocratiques aussi sont en jeu. Il n'y a pas de liberté qui vaille entre les murs d'une forteresse au pied desquels 40.000 migrants sont morts en quelques années. Il n'y a pas de liberté qui vaille dans une société où les migrants sont surexploités, traqués, volés, enfermés, criminalisés et expulsés sous nos yeux. Il n'y a pas de liberté qui vaille dans un Etat policier où l'armée quadrille les rues et où la solidarité risque de devenir un délit.
UNE MOBILISATION INATTENDUE ET PARADOXALE
Cela fait des années que le néolibéralisme s'attaque à la sécurité sociale, aux salaires, aux conditions de travail, au secteur public, aux sans-emploi, aux malades. Les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent. Commencée sous les gouvernements précédents, cette offensive a redoublé de brutalité sous le gouvernement MR-NVA. Les syndicats n'ont pas réussi à l'arrêter. La droite fait passer toutes ses exigences. Dans ce contexte déprimé, il peut sembler paradoxal que tant de gens se mobilisent spontanément en faveur des sans-papiers et des candidats réfugiés - une problématique réputée "difficile" dans le climat raciste et sécuritaire ambiant.
Ce paradoxe s'explique en premier lieu par la forte charge anti-éthique de la politique d'asile. En effet, des valeurs humanistes fondamentales de respect, d'entraide et de solidarité sont foulées aux pieds. Trop, c'est trop. Où va-t-on, si on laisse passer ça? Un nombre croissant de gens sont prêts à entrer en résistance pour éviter un retour aux années trente du siècle passé.
Les formes du mouvement favorisent cette radicalisation. Depuis plusieurs années, les sans-papiers s'organisent eux-mêmes pour défendre leurs droits, tout en montrant leur solidarité avec le reste du monde du travail. Leur exemple a fait tache d'huile. Face aux carences de l'Etat, dès le début de la "crise de l'accueil des réfugiés" des citoyens (avec et sans papiers) ont pris en charge l'aide aux migrants du Parc Maximilien. Leur engagement s'est prolongé dans le mouvement d'hébergement. Des centaines de personnes y participent, avec le soutien de dizaines de milliers d'autres. Des liens sociaux se sont tissés à la base à partir de ce que les migrants sont vraiment (des jeunes, des hommes et des femmes en souffrance et en recherche de bien-être et de sécurité). Du coup, pour un nombre croissant de personnes de tous milieux, c'est en vain que Francken, Jambon et le gouvernement agitent l'épouvantail du migrant criminel ou du réfugié terroriste.
QUAND LES PLUS OPPRIMÉS MONTRENT LE CHEMIN...
Une idée couramment défendue à gauche est que le racisme (comme le sexisme et l'homophobie) divise les exploités et affaiblit le combat pour une autre société. C'est évident. Mais les organisations qui croient qu'il suffit d'ignorer le racisme pour que celui-ci cesse de produire des effets se trompent de conclusion. Il faut au contraire combattre le racisme (et le sexisme, et l'homophobie) sans concessions, dans tous les milieux, y compris au sein de la gauche. Sans cela, l'unité du monde du travail sera une fausse unité. Or, une fausse unité ne peut pas déboucher sur une vraie alternative. Dominée par les "hommes blancs", une fausse unité se fera au détriment des plus exploités et opprimés: les migrants, les femmes et les jeunes - en particulier les jeunes femmes sans-papiers, qui constituent le groupe le plus férocement discriminé de toute la pyramide sociale......
La gauche a souvent eu pour stratégie de s'unir autour de ses "fers de lance": les mineurs, les sidérurgistes, les métallos. Les secteurs dits "faibles" étaient relégués au deuxième plan. La lutte des migrants - mais aussi celle des coursiers de Deliveroo - montre que d'autres stratégies se dessinent. Dans les deux cas, en effet, des précaires sont en première ligne. Leur résistance soulève une vague de sympathie qui se traduit en actes. La surprise est de taille pour le gouvernement de droite. Il pensait profiter des mois qui lui restent au pouvoir pour faire triompher l'individualisme néolibéral. Au lieu de cela, il découvre avec rage que la solidarité n'a pas dit son dernier mot, et peut même le pousser sur la défensive. Et comment réagit-il? Par une dangereuse fuite en avant autoritaire, démagogique et populiste.
Autoritarisme? Le projet sur les rafles domiciliaires coïncide avec d'autres idées anti-démocratiques: citoyens-policiers bénévoles, délation rétribuée, suppression des juges d'instruction, atteintes au droit de grève, budget des pensions retiré de la gestion paritaire de la sécurité sociale,... Quant à la démagogie populiste, elle bat des records. Après l'incident entre la police et des migrants sur une aire d'autoroute à Grand Bigard, Théo Francken a accusé les syndicats de défendre les migrants plutôt que les camionneurs... que le néolibéralisme traite à peine mieux que les sans-papiers. Après le succès de la chaîne humaine, Bart De Wever a menacé: si le soutien aux migrants continue, il faudra tailler dans la sécurité sociale... qu'il massacre depuis des années.
Bas les masques: pour continuer à appliquer sa politique d'austérité au service des nantis, ce gouvernement est prêt à dresser les pauvres contre les plus pauvres, à désigner des boucs émissaires et à instaurer un Etat autoritaire. C'est inacceptable. Il n'y a donc pas à hésiter: il faut unifier le combat autour des migrants et de celles et ceux qui les soutiennent.
CONVERGENCE DES LUTTES
Ce qui se passe autour des migrants est une source d'inspiration. Elle montre les trésors d'activité, de générosité, d'entraide, d'humanisme, de dévouement et d'inventivité qui se libèrent quand les personnes concernées gèrent elles-mêmes leur lutte. Plutôt que les réactions frileuses, passives et égoïstes du genre "Et nous? Et nos pauvres? Pourquoi en faire tant pour ces gens-là?", il serait mille fois plus intelligent - et plus efficace- de s'inspirer de la dynamique d'auto-organisation et d'auto-activité mise en pratique par "ces gens-là" - et aussi par les coursiers de Deliveroo.
L'heure n'est pas à la division des milieux populaires (SDF contre sans-papiers, précaires contre statutaires, salarié.es contre fonctionnaires, jeunes contre pensionnés, malades contre bien portants, etc.). L'heure est à la lutte de toutes ces catégories pour leurs droits et à la convergence de ces luttes contre la dictature néolibérale, pour une alternative socialement juste, généreuse, respectueuse de l'environnement. Une alternative qui partage les richesses, assure l'égalité des droits, garantit la liberté de circulation et d'installation de toutes et de tous sur cette Terre.
Au moment où ces lignes sont écrites, une étude d'Oxfam révèle que le pour cent le plus riche de la planète s'est accaparé 82% de la richesse créée en 2017. Grâce notamment au gouvernement Michel, complice des riches fraudeurs! Les souffrances des migrants sont l'expression la plus criante de cette criante injustice. Mais toutes les couches du monde du travail la subissent à des degrés divers. Tous et toutes nous sommes exploités, opprimés, humiliés, discriminés. Tous et toutes nous pouvons être jetés du jour au lendemain, comme des kleenex. Tous et toutes, ensemble, nous pouvons changer cette situation. Re-tissons du lien social par la résistance active aux politiques néolibérales. Faisons du Parc Maxi-mille-liens le point de départ de la contre-offensive des solidarités.
France Arets
Mathilde Dugaucquier
Axel Farkas
Freddy Mathieu
Hamel Puissant
Daniel Tanuro
(membres de la Gauche anticapitaliste)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POLARISATION EXTRÊME

Ces deux textes publiés dans le Vif illustrent parfaitement la formidable polarisation qui s'installe dans les esprits. Les thèses  d'une "Gauche anticapitaliste" autoproclamée s'opposent, par migrants interposés, à celles de la droite MR-NVA au pouvoir (on oublie toujours de citer le CD&V).
Ce que ne disent pas ces deux articles, c'est quel est le poids politique des uns et des autres.  La "Gauche anticapitaliste" fait beaucoup de bruit mais dispose en réalité de "très peu de divisions" sur le terrain. Elle utilise au maximum le puissant levier des medias et des réseaux sociaux.
La droite de son côté utilise toutes les ressources que le pouvoir régalien met à sa disposition. C'est un combat de David contre Goliath dont l'issue ne peut être que le résultat des prochaines élections régionales, fédérales et européennes.
On assiste en France à la même polarisation mais avec un temps de retard. La politique de Macron-Collomb ne diffère en rien de celle pratiquée par Michel-Jambon-Francken. La controverse relative à la politique migratoire menée par le secrétaire d'Etat Theo Francken semble particulièrement bénéfique pour la N-VA. "Depuis le 1er janvier, le parti a grandi, avec près de 600 nouveaux membres", a souligné samedi son président Bart De Wever lors de ses voeux du Nouvel An. "Six cents en douze jours, nous n'avions jamais réalisé cela auparavant. Mais comment cela se fait-il?", a-t-il feint de s'interroger. L'avenir commence selon M. De Wever par la question de savoir qui peut venir vivre ou non dans la "maison" flamande. "Certains ne résistent pas à la tentation de laisser toutes les portes et fenêtres ouvertes.
Bart De Wever a abordé les prochaines élections communales dans son discours, en soulignant la volonté de son parti de mettre l'accent sur la sécurité. "La N-VA doit encore grandir, et elle le fera si vous vous investissez en 2018", a-t-il conclu.
On ne voit pas ce qui pourrait freiner la "résistible ascension de la N-VA en Flandre. Ce qui est paradoxal et intéressant, c'est que ce soutien favorable de l'opinion dont bénéficie la N-VA ne profite en rien au MR en Wallonie, que du contraire. Ce parti apparaît désormais divisé et écartelé entre deux tendances qui s'opposent vivement.
S'il devait être déserté par l'électeur, on ne voit vraiment pas comment constituer en 2019 un nouvelle majorité fédérale. Mais ça c'est une autre histoire. En est-on bien sûr?
MG 


THEO FRANCKEN SOUHAITE ÉVITER QUE LES PARKINGS DEVIENNENT UN "CHAMP DE BATAILLE"
Le Vif
Source: Belga
Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a promis que la violence contre les policiers et les chauffeurs routiers sera "sévèrement punie" en réaction à l'attaque qui a visé une patrouille de la police fédérale de la route lors d'une action de contrôle sur un parking situé le long de l'autoroute E40 à Grand-Bigard.
 
© Belga

"La police et la justice prennent des mesures énergiques contre la migration illégale et le trafic d'être humains", a ajouté M. Jambon (N-VA) sur Twitter.
Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA également), a pour sa part réagi sur sa page Facebook.
"Nous devons continuer à mener des actions et continuer à renvoyer des clandestins, sinon un vrai champ de bataille verra le jour sur nos parkings autoroutiers", a-t-il déclaré.
Selon la police fédérale, une quarantaine de "transmigrants" ont attaqué une de ses patrouilles dans la nuit de jeudi à vendredi sur le parking autoroutier de Grand-Bigard, où des migrants tentent régulièrement de monter à bord de camions en route vers le Royaume-Uni. Deux des six agents ont été légèrement blessés et les policiers ont dû effectuer un tir de semonce pour repousser les individus. Seize personnes originaires d'Érythrée, d'Éthiopie et du Soudan ont été interpellées.
Selon M. Francken, il s'agit des "mêmes migrants illégaux" que ceux qui traînent en journée autour de la gare du Nord.
"Le jour dans et autour de la gare du Nord/du parc Maximilien, de nuit autour de nos parkings autoroutiers à la recherche d'un camion pour y grimper", a-t-il écrit.
Le secrétaire d'Etat a aussi réclamé de l'attention pour les chauffeurs routiers. "Ce sont aussi souvent des +migrants+ mais qui travaillent dur, des migrants travailleurs légaux. Je n'entends JAMAIS l'opposition de gauche et les syndicats à ce propos. Mais manifester pour (exiger) ma démission, pour cela ils peuvent être les meilleurs", a-t-il ajouté. L'avenir commence selon M. De Wever par la question de savoir qui peut venir vivre ou non dans la "maison" flamande. "Certains ne résistent pas à la tentation de laisser toutes les portes et fenêtres ouvertes. Ce sont les mêmes qui se clament d'une supériorité morale, qui n'est en fait rien d'autre qu'une absence de responsabilité pour l'intérêt général", a estimé le président de la N-VA. "Ce sont les mêmes qui s'en prennent à ceux qui essayent justement de mettre en place des règles en pensant à cet intérêt général. Il y a quelqu'un dans cette salle qui peut parler de ça sereinement. Heureusement, c'est un gars bien qui est membre d'un parti fort. Et je pense donc que je parle au nom de tous lorsque je dis: continue comme ça Theo!", s'est-il exclamé.
Après ce discours, Theo Francken s'est dit particulièrement heureux du soutien de son parti. Le secrétaire d'Etat a par ailleurs souligné que l'entretien qu'il avait eu vendredi à propos de son style de communication avec le Premier ministre Charles Michel s'était "bien déroulé", mais qu'ils avaient convenu d'en "garder le contenu confidentiel." Outre la situation du secrétaire d'Etat Francken, Bart De Wever a abordé les prochaines élections communales dans son discours, en soulignant la volonté de son parti de mettre l'accent sur la sécurité. "La N-VA doit encore grandir, et elle le fera si vous vous investissez en 2018", a-t-il conclu.




CALAIS EST EN PROIE AUX VIOLENCES ATTISÉES PAR LES PASSEURS
• Par  Edouard de Mareschal  Figaro
REPORTAGE - Après les rixes qui ont fait cinq blessés par balle jeudi, le ministre de l'Intérieur, après une visite sur place, a annoncé l'arrivée de nouveaux renforts pour rétablir l'ordre.
Calais n'avait pas connu un tel accès de violence depuis plusieurs mois. Pourtant, la pression migratoire est sans rapport avec celle de 2016, avant le démantèlement de la «jungle» où vivaient plus de 8000 migrants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 500 à 800 Afghans, Érythréens et Soudanais à errer dans la ville, dans l'espoir de rejoindre clandestinement l'Angleterre. Aujourd'hui comme hier, ils se regroupent par nationalité sans trop se mélanger, sauf aux heures de repas distribués dans plusieurs endroits de Calais par l'Auberge des migrants, Utopia 56 et l'association Salam. C'est l'une de ces distributions qui a viré à l'affrontement intercommunautaire. Jeudi, une rixe entre des Afghans et des Érythréens a fait 22 blessés dont 5 par balle. Quatre de ces derniers sont en urgence absolue, dont un pour qui le pronostic vital est engagé.
Vendredi, quatre Érythréens étaient toujours entre la vie et la mort. «On a atteint un degré de violence inédit», a déclaré Gérard Collomb au soir de cette rixe sanglante. Le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur place dans la nuit de jeudi à vendredi, informé par le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, du niveau de tension extrême qui régnait autour de la ville.
Vendredi matin, la police judiciaire de Lille a effectué des relevés sur les lieux de la fusillade, assistés par la brigade mobile de recherche de la Police aux frontières (PAF) de Calais. Mais la cause de ces affrontements laisse peu de place au doute quant à l'implication de passeurs. «Ça ressemble à un règlement de comptes, explique une source judiciaire. Le secteur où s'est produite la fusillade est plutôt contrôlé par des filières afghanes. Il se peut que les Érythréens, majoritaires dans le Calaisis, aient tenté de s'imposer par le nombre sur des parkings contrôlés par des passeurs afghans.»
«La venue de Gérard Collomb était nécessaire car nous sommes face à un vrai enjeu de sécurité publique»
Pierre-Henri Dumont, député Les Républicains
Un Afghan de 37 ans, soupçonné d'être l'auteur des coups de feu, était activement recherché. «Aujourd'hui, on voit qu'il y a des chefs de bande qui entraînent autour d'eux. Ces réseaux-là doivent être démantelés», a martelé le ministre de l'Intérieur, vendredi matin devant la presse à Calais.
Les premières échauffourées, en début d'après-midi, en ont provoqué d'autres: vers 17 heures, une centaine de migrants africains ont parcouru les environs de la ville armés de bâtons et de pierres pour en découdre avec des Afghans. Une nouvelle confrontation sera évitée de justesse à Marck, à 5 kilomètres de Calais, par la police qui s'interpose entre les deux groupes. Le calme finit par revenir dans la soirée, mais le bilan est lourd. Et le signal potentiellement désastreux pour le gouvernement, qui a fait du rétablissement de l'ordre public à Calais une priorité dans sa gestion de la crise migratoire.

En ce sens, le déplacement immédiat de Gérard Collomb sur place est bien perçu. «On voit que le ministre a pris la mesure de la situation, il y a une vraie évolution depuis son arrivée Place Beauvau», estime-t-on au cabinet de la maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart. Un sentiment partagé par le député Les Républicains, Pierre-Henri Dumont: «Sa venue était nécessaire car nous sommes face à un vrai enjeu de sécurité publique.»
«Le fait que des armes circulent chez les migrants est tout à fait inacceptable»
Mais le format de cette visite expresse a ses limites. Gérard Collomb a annoncé le renfort d'un escadron de gendarmes mobiles et d'une compagnie de CRS, et a affiché son soutien aux élus, aux forces de l'ordre et à la sécurité civile. Mais les acteurs locaux attendaient aussi des mesures concrètes pour qu'un tel débordement de violence ne se reproduise plus. «Le fait que des armes circulent chez les migrants est tout à fait inacceptable», souligne-t-on au cabinet de Natacha Bouchart. La maire a par ailleurs appelé à ce que le projet de loi immigration, présenté le 21 février en Conseil des ministres, intègre une mesure pour «expulser» les migrants impliqués dans ce type de rixes.
Les critiques portent aussi sur la gestion des migrants dublinés ou déboutés du droit d'asile.
Les cinq Centres d'accueil et d'examen des situations (CAES), créés par Gérard Collomb dans le Nord et le Pas-de-Calais pour mettre à l'abri les migrants, peinent à attirer les volontaires. «On voit que ce système ne fonctionne pas», estime Pierre-Henri Dumont. «Il faut que tous soient conduits dans les centres d'accueil, sous la contrainte si nécessaire.»
La responsabilité de certaines associations dans l'ancrage des migrants à Calais a été largement pointée par le ministre de l'Intérieur. «Je fais appel au bon sens des associations, il ne peut pas y avoir d'organisation sauvage des repas», a-t-il dit, estimant que «ce type d'attroupement mène à de graves troubles à l'ordre public». Mais pour l'Auberge des migrants, Utopia 56 et le Secours catholique, la cause des tensions se trouve plutôt dans la pression policière exercée sur les migrants. «Ils vivent dans des conditions terribles, souligne Loan Torondel de l'Auberge des migrants. Ils sont pourchassés par les policiers, on leur refuse l'accès à l'asile, on leur refuse le droit à un abri digne ou de reposer en paix… Avec un tel traitement, n'importe qui finit par devenir fou.»

1 commentaire:

kai a dit…

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