mercredi 7 février 2018

Pacte d'excellence : un professeur de langues sur quatre ne dispose pas des titres requis

La Libre Belgique

La ministre Marie-Martine Schyns (cdH) confirme qu'il va falloir engager 500 enseignants pour répondre au renforcement des cours de langues prévu dans le Pacte d'excellence, rapportent les titres Sudpresse mercredi. Or à l'heure actuelle, un professeur de langues recruté sur quatre, voire même sur trois, ne dispose pas des titres requis, ni même suffisants. Depuis deux ans, dans les écoles fondamentales, des enseignants de seconde langue ont été engagés sans disposer du titre requis ni même du titre suffisant: 35 % des profs d'anglais et 26 % de ceux de néerlandais. Dans le secondaire inférieur, ce pourcentage atteint 26 % des profs d'anglais, 27 % des profs de néerlandais et 18 % des profs d'allemand. Dans le secondaire supérieur, on atteint même 30 % pour les profs de néerlandais, 16 % pour ceux d'allemand et 9 % pour ceux d'anglais.
Une situation délicate alors que le Pacte d'excellence préconise de renforcer l'apprentissage des langues et d'engager plus de 500 enseignants.
La pénurie actuelle est liée "au manque de reconnaissance du métier et de ses conditions de travail", explique Mme Schyns. Elle veut valoriser la fonction grâce aux mesures du Pacte et à la réforme de la formation. Une réforme qui devrait permettre de mieux préparer les enseignants à la complexité du métier et partant, de revaloriser son image et d'attirer davantage d'étudiants. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FUITE DES CERVEAUX 

Les meilleurs étudiants choisissent rarement les carrières enseignantes. Non par manque d'idéal mais en raison de la difficulté des conditions de travail et de la dévalorisation de la profession. Beaucoup abandonnent après trois, quatre ou cinq ans de galère.
Les bons enseignants aiment les bons élèves qui travaillent et progressent  mais le système est obsédé par le sauvetage des trainards, des faiblards et doubleurs non motivés qui ralentissent le rythme et cassent l'élan des enseignants.
Les tentatives de réformes visent à raboter tout ce qui stimule l'effort: le latin, l'histoire, lé géographie pour tout ramener à un tronc commun d'exigence: la médiocrité pour tous et le nivellement par le bas. Je caricature à peine. Il suffit pour s'en convaincre d'interroger les enseignants du supérieur sur la qualité des étudiants dont ils héritent. Le pacte d'excellence et les gesticulations médiatiques de Marie Martine Schyns n'y changeront rien. Ce qui est sûr c'est que l'échec de l'enseignement entraînera ipso facto l'effondrement de notre société qui ne saurait se passer de cerveaux excellemment formés. C'est cela qu'ont compris les Finlandais, les Québécois et la plupart des pays émergents d'Asie.
MG


LES ENFANTS DE MIGRANTS NE S'EN SORTENT GUÈRE MIEUX QUE LEURS PARENTS 


© Getty Images/iStockphoto 

Le Vif Source: De Standaard
À en croire une information relayée par le quotidien De Standaard, les enfants de migrants installés en Belgique ont beaucoup de mal à rattraper le retard de prospérité qui a commencé avec leurs parents. Ce retard touche particulièrement les personnes d'origine nord-africaine et turque.

Une étude comparative réalisée par la Banque Nationale montre que la Belgique est l'un des pays développés où les migrants s'en tirent le moins bien. Non seulement les migrants de première génération y sont moins actifs sur le marché du travail, mais il en va de même pour leurs descendants, et l'écart se creuse encore davantage.
En France, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, le taux d'emploi des membres de la deuxième génération âgés de 20 à 44 ans progresse significativement alors qu'en Belgique ce n'est presque pas le cas. Dans notre pays, le taux d'emploi de la première génération de migrants hors UE est de moins de 60%, et ce chiffre vaut également pour leurs enfants. C'est là un véritable gouffre, car pour les Belges autochtones de la même tranche d'âge ce chiffre s'élève à près de 90%. Un rapport publié en décembre dernier par le SPF Emploi et le Centre pour l'Égalité des Chances vient confirmer ce retard.
Selon le quotidien De Standaard, le retard de la deuxième génération est surtout dû à l'enseignement qui ne réussit pas effacer les différences.
Les chercheurs avancent plusieurs explications à cet écart. Les migrants issus de régions qui s'en tirent moins bien que la moyenne, en particulier l'Afrique et du Moyen-Orient, sont souvent venus en Belgique dans le cadre de regroupement familial. En plus, ils sont souvent concentrés dans les grandes villes, où il est plus difficile de trouver un emploi.
Certains chercheurs relèvent également les différences culturelles. Interrogé par De Standaard, Marc De Vos (Université de Gand, Itinera) explique que beaucoup de nouveaux venus s'enferment dans leur réseau, ce qui leur donne peu d'opportunités d'avancer. "Les personnes issues de certaines communautés islamiques épousent nettement plus souvent que la moyenne quelqu'un de leur pays d'origine, ce qui fait qu'il faut chaque fois recommencer le processus d'intégration", ajoute-t-il.
Pour Ive Marx (Université d'Anvers), ces différences culturelles n'expliquent pas pourquoi la situation en Belgique est bien pire qu'aux Pays où la population de migrants est comparable à celle qui vit en Belgique. Il pointe notamment l'accueil de personnes âgées plus adapté aux musulmans et plus flexible chez nos voisins du nord. Ici en Belgique, relativement peu de musulmans s'adressent à une institution : c'est la famille et généralement la femme qui s'occupe des personnes âgées. (CB) 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"L'ENSEIGNEMENT NE RÉUSSIT PAS EFFACER LES DIFFÉRENCES." 
 
"Selon le quotidien De Standaard, le retard de la deuxième génération est surtout dû à l'enseignement qui ne réussit pas effacer les différences."
Et si l'école échoue, qui réussit? les familles? les mosquées? le courant salafiste ? la rue?
Est ce à dire que l'école bruxelloise, qu'elle soit organisée par la Communauté française ou la Vlaamse Gemeenschap, ne fonctionne pas ou plus comme ascenseur social et qu'elle échoue désormais  dans sa mission de former des citoyens belges autonomes et critiques?
Issu d'une famille plutôt conformiste et de confession catholique, j'ai bénéficié autrefois, à Schaerbeek, cité des écoles, dans l'enseignement communal dans le primaire comme dans le secondaire  d'une formation émancipatrice qui m'a rendu autonome et fait de moi et des gars et des filles de ma génération des libres penseurs indépendants et critiques.  Enseignant moi-même et plus tard chef d'école, j'avais cru comprendre que les finalités de l'enseignement sont consignées dans le projet éducatif (de la communauté française ou de la communauté flamande). Je pensais, en toute bonne foi, que tout projet éducatif est une réponse à la question fondamentale que doit se poser un Etat: quel type de citoyens voulons nous former?
Evidemment, le projet éducatif ne nous dit pas comment y parvenir. Cela c'est le propre du projet pédagogique autrement dit du projet spécifique de chaque établissement.
Est-ce à dire qu'on ne parvient plus aujourd'hui à former des citoyens critiques et autonomes?
Marc De Vos (Université de Gand, Itinera) explique que beaucoup de nouveaux venus s'enferment dans leur réseau, ce qui leur donne peu d'opportunités d'avancer. "Les personnes issues de certaines communautés islamiques épousent nettement plus souvent que la moyenne quelqu'un de leur pays d'origine, ce qui fait qu'il faut chaque fois recommencer le processus d'intégration", ajoute-t-il.
Est-ce à dire que, né à Bruxelles dans la communauté turque ou albanaise, ou tchétchène, je puis désormais me passer de m'exprimer en français ou en néerlandais tout en adhérant sans réserve aux valeurs qui ont cours dans ma communauté au mépris des valeurs du pays dit d'accueil?
En somme, il ne reste plus qu'un pas à franchir pour aliéner définitivement les élèves de confession et de culture musulmanes de l'objectif du vivre ensemble: organiser, à large échelle un réseau d'enseignement islamique.
La constitution le permet. Une chose m'a sidéré dans "soumission" le dernier roman de Houellebecq: chargé de former un gouvernement le premier président de la République française de confession musulmane ne réclame aucun ministère régalien :il exige seulement le ministère de l'enseignement afin d'imposer à la France entière un projet éducatif essentiellement musulman. Vous me direz, c'est de la fiction.
Certes mais cela mérite un arrêt sur image et une vraie réflexion.
MG



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