vendredi 23 mars 2018

En Australie, une femme vit en auto-suffisance depuis 30 ans


20 mars 2018 (Osons rêver d'un monde meilleur) 

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Alors que les grandes chaînes de distribution ne cessent de nous inciter à croire que nous sommes dépendants de leur production et que l’achat définit qui nous sommes, de nombreuses personnes à travers le monde nous prouvent qu’adopter un mode de vie écologique et responsable est encore possible. Jill Redwood est l’une de ces résistantes d’un autre genre.
Jill Redwood est une écrivaine et activiste originaire d’East Gippsland, en Australie. Lassée par les soucis de surconsommation qu’engendrent les supermarchés, elle a décidé, il y a plus de trente ans, d’établir une retraite dans la campagne australienne où elle pourrait elle-même satisfaire à ses besoins. Elle a ainsi commencé à bâtir sa maison en 1983, de ses propres mains, et sans grande connaissance dans le domaine de la construction.
Pour mener à bien ce projet fou pour l’époque, elle va utiliser des matériaux entièrement écologiques, comme des chutes de bois et des déjections de vache mixées avec de la chaux pour la charpente et les murs de sa maison. Si ça semble peu ragoutant, le procédé fut efficace. Au bout de huit ans de travaux et pour moins de 3000$, Jill Redwood a réussi à obtenir un résultat plus que surprenant.


Sa maison est équipée d’un poêle à bois qui lui fournit du chauffage et de l’eau chaude. On y trouve aussi des panneaux solaires, fournissant assez d’électricité pour que Jill puisse utiliser son ordinateur, sa radio, quelques lampes et son équipement de cuisine. « Quand le soleil brille très fort et que je récupère beaucoup d’énergie, j’ai même assez pour une machine à laver. C’est du luxe. » explique Jill au Daily Mai, dont le mode de vie est très simple sans être coupé du monde et des technologies.
Elle a baptisé son havre de paix « Witchwood », qui se situe à une heure et demie de la ville de Gippsland, au Sud-Est de l’Autralie. Sur ses 6 hectares de terrain, Jill Redwood possède toutes les ressources nécessaires pour vivre de manière auto-suffisante. Elle fait pousser elle-même ses fruits et légumes et, en tant que grande amoureuse des animaux, elle vit avec des chiens, des chevaux, des chèvres, des oies et des poules. Elle a toujours détesté les supermarchés et a décidé de s’émanciper de ce système de consommation. Résultat, elle n’y va plus que quelques fois par an, pour acheter des produits « rares » qu’elle ne peut pas cultiver elle-même, comme de l’huile d’olive, de la farine, du chocolat et de la Vegemite (pâte à tartiner australienne salée). Absolument tout le reste provient de sa propre production. « Tout dépend de la saison, c’est le jardin qui dicte ce qu’il y a au menu » précise-t-elle.
Par ailleurs, tous ses biens personnels, dont les meubles, ont été récupérés de la décharge ou achetés d’occasion. Elle aime vivre avec peu, et avoue que la plupart de ses dépenses va pour ses animaux. « Je détesterais être dépendante d’un supermarché et dénaturer la nourriture pour satisfaire mes besoins. Ca me paraît fou quand on rentre dans un supermarché et qu’on voit ce que les gens achètent… Toute la vie et les bonnes choses y sont remplacées par des additifs avec lesquels vous n’aimeriez même pas passer la serpillère. »
Jill Redwood est une activiste environnementaliste, présidente d’une association dans la région. Pour se faire un minimum d’argent, elle rédige des articles et dessine des bandes dessinées. Même si elle admet que c’est un choix de vie un peu radical qui s’est précisé à un certain moment de sa vie, elle en est parfaitement satisfaite et encourage tous ceux qui la soutiennent à migrer vers un tel mode de vie. Pour elle, faire attention à la nature est plus qu’une nécessité, c’est une évidence, et ça commence par de la simplicité volontaire. La grande persévérance de Jill et son ouverture d’esprit ne manquera pas d’inspirer ceux qui hésitent à changer de mode de vie, sans perdre de vue qu’il n’existe pas de modèle unique et que chacun est encouragé à innover.

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COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET SI C'ÉTAIT CELA L'AVENIR?

"S’ABSTRAIRE DU MONDE ET DE SES DÉSIRS POUR DEVENIR RÉELLEMENT SOI-MÊME."
Jean Jacques Rousseau pédagogue n'autorisait qu'un seul livre à son élève Emile: Robinson Crusoé.
"Puisqu’il nous faut absolument des livres, il en existe un qui fournit, à mon gré, le plus heureux traité d’éducation naturelle. Ce livre sera le premier que lira mon Émile ; seul il composera durant longtemps toute sa bibliothèque, et il y tiendra toujours une place distinguée. Il sera le texte auquel tous nos entretiens sur les sciences naturelles ne serviront que de commentaire. Il servira d’épreuve durant nos progrès à l’état de notre jugement ; et, tant que notre goût ne sera pas gâté, sa lecture nous plaira toujours. Quel est donc ce merveilleux livre ? Est-ce Aristote ? est-ce Pline ? est-ce Buffon ? Non ; c’est Robinson Crusoé.
Robinson Crusoé dans son île, seul, dépourvu de l’assistance de ses semblables et des instruments de tous les arts, pourvoyant cependant à sa subsistance, à sa conservation, et se procurant même une sorte de bien-être, voilà un objet intéressant pour tout âge, et qu’on a mille moyens de rendre agréable aux enfants. Voilà comment nous réalisons l’île déserte qui me servait d’abord de comparaison. Cet état n’est pas, j’en conviens, celui de l’homme social ; vraisemblablement il ne doit pas être celui d’Émile : mais c’est sur ce même état qu’il doit apprécier tous les autres. Le plus sûr moyen de s’élever au-dessus des préjugés et d’ordonner ses jugements sur les vrais rapports des choses, est de se mettre à la place d’un homme isolé, et de juger de tout comme cet homme en doit juger lui-même, eu égard à sa propre utilité."
En 1845, Henry David Thoreau part vivre dans une cabane construite de ses propres mains, au bord de l’étang de Walden, dans le Massachusetts. Là, au fond des bois, il mène pendant deux ans une vie frugale et autarcique, qui lui laisse tout le loisir de méditer sur le sens de l’existence, la société et le rapport des êtres humains à la Nature. Une réflexion sereine qui montre qu’il faut qui montre qu’il faut s’abstraire du monde et de ses désirs pour devenir réellement soi-même.  Récemment Sylvain Tesson a refait à peu près la même expérience "dans les forêts de Sibérie"
"Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane.
DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu."
Plusieurs lecteurs commentent:
Une cabane blottie au fond des bois. Le froid glacial de la taïga sibérienne, la chaleur d'un thé fumant. La forêt, la neige, le lac, un poêle, une fenêtre. Entre les effluves de vodka, la retraite, la contemplation, l'observation, l'introspection.
Une aventure, une expérience, un défi ?! C'est le témoignage d'une âme solitaire, qui n'entend pas "fuir", fait une pause, pour habiter pleinement l'espace et le temps. Un esprit qui a un besoin vital de se ressourcer, se nourrir de silence, de mots, pensés, lus ou écrits, dans un "ermitage" qui ne possède pas d'heures.
Plus qu'une fuite, donc, c'est une fugue : demeurer un temps éloigné d'un monde en péril, des contractions humaines, opérer un retour vers l'essence des choses, de la vie, la véracité de la nature sauvage.

LA LIBERTÉ EXISTE TOUJOURS. IL SUFFIT D'EN PAYER LE PRIX. Henry de Montherlant Carnets 1957.
Une fuite? Comment appeler autrement un séjour de réclusion volontaire sur un rivage forestier avec une caisse de livres et des raquettes à neige? Une quête?  Trop grand mot. Une expérience?
La cabane est un laboratoire. Une paillasse où précipiter ses désirs de liberté, de silence et de solitude.
Un champ expérimental où inventer une vie ralentie.
(...) On peut accepter ces changements de plein gré. Demain les crises économiques nous les imposeront. Dans les forêts de Sibérie p.49)
Au cours de ces journées je me consacre à à la pure réjouissance d'être. (ibid 84)
"Réduit à moi seul, je me nourris, il est vrai , de ma propre substance, mais elle ne s'épuise pas..." écrit Rousseau dans les rêveries. 109
L'ermite s'interdit toute brutalité sur son environnement. 110
La démence prométhéenne affaiblit l'être dans le fracas de la machine. Gorki 122
Crédo des cabanes: ne pas réagir...ne jamais rebondir...ne pas décrocher. S'avouer indifférent au sort du monde. 128
Walt Whitman:"Je n'ai rien à voir avec ce système, pas même assez pour m'y opposer" 130
L'ermite s'efface, il se dafait de toute identité. 131
"Malgré toute ma volonté, la solitude est la chose la plus difficile à protéger." p137 Michel Déon
Il découvre que la limitation est source de joie. 148
La forêt ne juge personne, elle impose sa règle. 184
L'alternative c'est l'ermitage. 211
Ce qui donne un sens à notre comportement à l'égard de la vie  est la fidélité à un certain instant et notre effort pour éterniser cet instant. Mishima 227
Moins elle avait de but et plus sa vie prenait de sens 230
Il faut se donner la possibilité d'un bonheur minimum. 243
La nature frôle le kitch sans y verser jamais. 268
L'ermite gagne en douceur ce qu'il perd en civilité. 277
S'il veut garantir sa santé mentale, un anachorète doit habiter l'instant. 277




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