mercredi 11 avril 2018

Donald Trump laisse planer une menace sur le procureur spécial Mueller

Par   Le figaro.fr   AFP agence

La Maison-Blanche a communiqué sur le fait que le président avait «tout à fait le pouvoir» de limoger le procureur spécial en charge de l'affaire russe. Ce serait une escalade dans le bras de fer qui oppose Donald Trump à l'ancien directeur du FBI, reconnu par de nombreux élus, à la fois démocrates et républicains.
La Maison-Blanche a assuré mardi que Donald Trump avait le pouvoir de limoger Robert Mueller, faisant planer une menace sur le devenir de ce procureur spécial dont l'enquête se rapproche chaque jour un peu plus du Bureau ovale. Le limogeage de celui qui enquête sur une possible collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie est considéré comme une ligne rouge par nombre d'élus des deux bords et provoquerait une déflagration politique.
Mais le sujet ne semble désormais plus complètement tabou au 1600 Pennsylvania avenue. «Nous avons été informés du fait que le président avait tout à fait le pouvoir de prendre cette décision», a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, semblant indiquer qu'une telle hypothèse était au moins à l'étude au sein de l'équipe Trump. Interrogé lundi sur cette éventualité, le magnat de l'immobilier avait volontairement laissé planer le doute. «Nous verrons ce qui va se passer, avait-il répondu. Beaucoup de gens ont dit: ‘Vous devriez le limoger'». Si Donald Trump s'en est pris avec virulence à plusieurs reprises à l'intégrité de l'équipe de Robert Mueller, accusée d'avoir des motivations politiques, il s'est en revanche toujours gardé d'attaquer frontalement ce dernier, ancien patron du FBI et figure respectée à Washington.
Nommé à la tête du FBI en 2001 par le président républicain George W. Bush, Robert Mueller avait été reconduit à ce poste par le président démocrate Barack Obama. Lors de sa nomination en mai 2017 comme procureur spécial, il a été salué par nombre de poids lourds républicains pour sa rigueur et son intégrité.
PERQUISITION CHEZ L'AVOCAT DE DONALD TRUMP
Cette prise de position de la Maison-Blanche intervient au lendemain d'une perquisition spectaculaire de la police fédérale (FBI) dans les bureaux et au domicile de l'avocat personnel du président américain Trump, Michael Cohen, qui a provoqué la colère de son client. «C'est une honte! C'est une véritable honte! C'est une attaque contre notre pays», avait lancé le président septuagénaire, dans une colère froide telle qu'on n'en avait jamais vu depuis son arrivée au pouvoir. «Le président a été clair: il pense que cela va trop loin», a martelé mardi sa porte-parole.
Fidèle défenseur de Donald Trump, Michael Cohen a passé plusieurs années en tant qu'avocat principal de la Trump Organization, et c'est lui qui a payé une actrice de films X connue sous le nom de «Stormy Daniels» pour taire une liaison présumée avec le président. L'avocat a admis en janvier avoir versé 130.000 dollars à l'actrice dans le cadre d'un accord de confidentialité, quelques jours avant le scrutin présidentiel. Il a assuré que cette somme venait de ses fonds propres et non de l'argent de la campagne. Interrogé par CNN, l'avocat a souligné que cette perquisition était un développement qui le plaçait dans une position inconfortable, se gardant de réaffirmer sa loyauté à Donald Trump. «Je mentirais si je disais que je n'étais pas (inquiet). Ai-je besoin de cela dans ma vie? Non», a-t-il lancé, tout en refusant de s'exprimer sur le fond du dossier.
LE SOUVENIR DU WATERGATE
Au-delà du fond, les conditions dans lesquelles Robert Mueller pourrait être limogé sont loin de faire l'unanimité. Nombre de juristes estiment que seul l'Attorney général adjoint Rod Rosenstein, qui l'a nommé, a le pouvoir de le limoger. Dans ce contexte, certains observateurs s'interrogent sur la possibilité que Donald Trump décide d'abord de se séparer de ce dernier. Un tel scénario fait régulièrement resurgir le spectre du Watergate.
En octobre 1973, Richard Nixon avait ordonné à Elliot Richardson, alors Attorney general, de limoger Archibald Cox, procureur spécial chargé d'enquêter sur l'espionnage politique du Parti démocrate à l'intérieur de l'immeuble du Watergate à Washington. Ce dernier, tout comme son adjoint William Ruckelshaus, avait refusé et démissionné, avant qu'un autre responsable ne s'acquitte finalement de la tâche. Cet épisode, connu sous le nom du «Massacre du samedi soir» (»Saturday Night Massacre»), a coûté finalement son poste au président Nixon, contraint à la démission le 9 août 1974.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE COMMENCEMENT DE LA FIN

Ce n'est peut-être pas encore le commencement de la fin, c'est en tous cas la fin d'un commencement où le président Donald Trump se croyait tout permis et au dessus des lois.
"Mr. Trump now has real reason to be afraid" commente le NYT dans un éditorial incendiaire que nous publions en guise de commentaire.
Anyway, one might ask, if this is all a big witch hunt and Mr. Trump has nothing illegal or untoward to hide, why does he care about the privilege in the first place?
The answer, of course, is that he has a lot to hide.


THE LAW IS COMING, MR. TRUMP
CreditJon Han
By The Editorial Board NYT

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April 10, 2018
Why don’t we take a step back and contemplate what Americans, and the world, are witnessing?
Early Monday morning, F.B.I. agents raided the New York office, home and hotel room of the personal lawyer for the president of the United States. They seized evidence of possible federal crimes — including bank fraud, wire fraud and campaign finance violations related to payoffs made to women, including a porn actress, who say they had affairs with the president before he took office and were paid off and intimidated into silence.
That evening the president surrounded himself with the top American military officials and launched unbidden into a tirade against the top American law enforcement officials — officials of his own government — accusing them of “an attack on our country.”
Oh, also: The Times reported Monday evening that investigators were examining a $150,000 donation to the president’s personal foundation from a Ukrainian steel magnate, given during the American presidential campaign in exchange for a 20-minute video appearance.
Meanwhile, the president’s former campaign chairman is under indictment, and his former national security adviser has pleaded guilty to lying to investigators. His son-in-law and other associates are also under investigation.
This is your president, ladies and gentlemen. This is how Donald Trump does business, and these are the kinds of people he surrounds himself with.
Mr. Trump has spent his career in the company of developers and celebrities, and also of grifters, cons, sharks, goons and crooks. He cuts corners, he lies, he cheats, he brags about it, and for the most part, he’s gotten away with it, protected by threats of litigation, hush money and his own bravado. Those methods may be proving to have their limits when they are applied from the Oval Office. Though Republican leaders in Congress still keep a cowardly silence, Mr. Trump now has real reason to be afraid. A raid on a lawyer’s office doesn’t happen every day; it means that multiple government officials, and a federal judge, had reason to believe they’d find evidence of a crime there and that they didn’t trust the lawyer not to destroy that evidence.
On Monday, when he appeared with his national security team, Mr. Trump, whose motto could be, “The buck stops anywhere but here,” angrily blamed everyone he could think of for the “unfairness” of an investigation that has already consumed the first year of his presidency, yet is only now starting to heat up. He said Attorney General Jeff Sessions made “a very terrible mistake” by recusing himself from overseeing the investigation — the implication being that a more loyal attorney general would have obstructed justice and blocked the investigation. He complained about the “horrible things” that Hillary Clinton did “and all of the crimes that were committed.” He called the A-team of investigators from the office of the special counsel, Robert Mueller, “the most biased group of people.” As for Mr. Mueller himself, “we’ll see what happens,” Mr. Trump said. “Many people have said, ‘You should fire him.’”
In fact, the raids on the premises used by Mr. Trump’s lawyer, Michael Cohen, were conducted by the public corruption unit of the federal attorney’s office in Manhattan, and at the request not of the special counsel’s team, but under a search warrant that investigators in New York obtained following a referral by Mr. Mueller, who first consulted with the deputy attorney general, Rod Rosenstein. To sum up, a Republican-appointed former F.B.I. director consulted with a Republican-appointed deputy attorney general, who then authorized a referral to an F.B.I. field office not known for its anti-Trump bias. Deep state, indeed.
Mr. Trump also railed against the authorities who, he said, “broke into” Mr. Cohen’s office. “Attorney-client privilege is dead!” the president tweetedearly Tuesday morning, during what was presumably his executive time. He was wrong. The privilege is one of the most sacrosanct in the American legal system, but it does not protect communications in furtherance of a crime. Anyway, one might ask, if this is all a big witch hunt and Mr. Trump has nothing illegal or untoward to hide, why does he care about the privilege in the first place?
The answer, of course, is that he has a lot to hide.
This wasn’t even the first early-morning raid of a close Trump associate. That distinction goes to Paul Manafort, Mr. Trump’s former campaign chairman and Russian oligarch-whisperer, who now faces a slate of federal charges long enough to land him in prison for the rest of his life. And what of Mr. Cohen? He’s already been cut loose by his law firm, and when the charges start rolling in, he’ll likely get the same treatment from Mr. Trump.
Among the grotesqueries that faded into the background of Mr. Trump’s carnival of misgovernment during the past 24 hours was that Monday’s meeting was ostensibly called to discuss a matter of global significance: a reported chemical weapons attack on Syrian civilians. Mr. Trump instead made it about him, with his narcissistic and self-pitying claim that the investigation represented an attack on the country “in a true sense.”
No, Mr. Trump — a true attack on America is what happened on, say, Sept. 11, 2001. Remember that one? Thousands of people lost their lives. Your response was to point out that the fall of the twin towers meant your building was now the tallest in downtown Manhattan. Of course, that also wasn’t true.

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