mercredi 30 mai 2018

Les prisons belges ne peuvent plus être des nids à djihadistes


Un édito de Dorian de Meeûs (La Libre)

Effroyable. Sur un trottoir du boulevard d’Avroy, deux policières liégeoises, des mamans de 45 et 53 ans, ont été attaquées par derrière à coups de couteau, puis tuées. Un jeune passant, tout aussi innocent, décédera lui aussi. Il avait 22 ans. Leur tort ? Aucun. Ils étaient là, au mauvais moment, au mauvais endroit.

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COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HALTE À L’ISLAM POLITIQUE !

Même si nous n’en connaissons pas encore le fin mot, cette nième tuerie qui cette fois s’est déroulée à Liège nous amène une fois de plus à dire qu’il est temps de comprendre et surtout d’agir pour en finir avec l’islam politique !
Nous assistons à une islamisation de la radicalité
Je le dis et je le répète depuis des années, pour ce qui est de l'islam contemporain, deux conceptions s'opposent radicalement. D'un côté la conception politique, de l'autre côté la conception spirituelle. La conception politique, c'est ce qu'on appelle l'islamisme, ou plutôt aujourd’hui, l’islam radical. Cette conception politique constitue à mon sens une perversion des valeurs coraniques essentielles. Au contraire, l'autre conception, la conception spirituelle, apparaît authentiquement coranique. Elle relève, pourrait-on dire du champ naturel de l'islam, parce que, c'est cette conception spirituelle qui seule est fidèle à l'esprit du Coran.
Dans les cas du terrorisme dit islamique, il s’agit clairement d’un phénomène qui procède non pas d’une radicalisation de l’islam mais plus fondamentalement d’une islamisation de la radicalité.
Les terroristes ne sont pas des musulmans !
Les terroristes, jeunes ou moins jeunes, sont sensibilisés d’abord par la radicalisation et ensuite seulement par l’islam radical. Ils sont en quelque sorte les barbares ou les nazis de notre époque, l’islam est juste un prétexte au déchaînement leur violence.
Que dire alors de ceux qui, comme les frères Kouachi et leurs semblables, prétendent « venger le Prophète » en tuant des êtres humains, contre l’éthique du Coran, et alors que personne ne leur a rien demandé ? Comment le Coran considère-t-il le comportement de ce genre d’individus ?
« Ils ont des cœurs pour ne pas savoir, des yeux pour ne point voir, des oreilles pour ne point entendre. Ceux-là ressemblent à du bétail, et même leur égarement va plus loin : ce sont les indifférents… » (VII, 179)
Fuir comme la peste les discours sournois
Pourtant, le Coran nous met nettement en garde contre le discours tendancieux et sournois des faux guides, des prédicateurs autoproclamés et autres charlatans : tous ceux qui aujourd’hui instrumentalisent une partie de notre jeunesse en la poussant à dévier de l’éthique coranique afin de commettre l’irréparable.
Contre ceux qui veulent faire dévier « du chemin de Dieu », tous ceux qui veulent interdire la musique, rendre illicite le chant des oiseaux et la poésie mais qui autorisent et encouragent à commettre des assassinats terroristes :
« Ne vous autorisez pas de ce que votre langue fabule le mensonge pour dire : "C’est licite", ou "c’est interdit", de sorte à forger le mensonge sur Dieu même. Ceux qui fabulent sur Dieu le mensonge ne seront pas des triomphants » (XVI, 116)
Que les criminels recherchent leurs arguments minables pour justifier leurs actes inhumains où ils veulent mais certainement pas dans le Coran !
Même en cas de légitime défense, les musulmans ne peuvent agir de n’importe quelle manière. Il leur est recommandé de se soucier avant tout de l’équité et de la justice.
« Vous qui croyez, assumez Dieu, témoignez de l'équité. Que la rancune contre un peuple ne vous vaille pas de donner dans l'injustice. Soyez justes : c'est être au plus près de se prémunir. Prémunissez-vous envers Dieu » (V, 8)
L’esprit critique comme outil de déradicalisation
Dans l’esprit du grand public, raison, esprit critique et islam ne font pas bon ménage, ils seraient même carrément antinomiques. Certes, cette observation peut s’appliquer aux croyants «fondamentalistes» et ils sont nombreux à faire une lecture littéraliste, et «aveugle» du Coran. Poussée à l’extrême une telle lecture peut aboutir à une approche carrément intégriste du texte fondateur notamment dans les cas de radicalisation. Mais en fin de compte, les radicaux ne font-ils pas une lecture de mauvaise foi à partir de versets isolés de leur contexte ?
Cet esprit critique est la meilleure arme contre la radicalisation. Lui seul en effet peut déconstruire les conditionnements installés par les prédicateurs autoproclamés qui opèrent dans l’ombre et notamment sur la toile.
La conquête du savoir
«La connaissance d’une chose, quelle qu’elle soit, est préférable à son ignorance» a déclaré le Prophète, et aussi : «Cherchez la science du berceau au tombeau, fût-ce jusqu’en Chine» ! «L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs», à fortiori infiniment préférable à la folie meurtrière des kamikazes terroristes !
Quant au Coran, il exhorte avant tout à réfléchir :
Dis : « Mon édification se réduit à l'Unique : vous dire de vous redresser pour Dieu, avec autrui ou individuellement, et surtout de réfléchir. » (XXXIV, 46) Surtout avant « d’agir en forcené sur la terre, plutôt qu’en conciliateur » (XXVIII, 19).
L’objectif concret est de « déradicaliser » une fois pour toute le Coran en déjouant les pièges des conceptions idéologiques et sectaires qui en sont faites et qui foisonnent notamment sur Internet mais aussi en changeant l’idée que l’on s’en fait généralement par simple méconnaissance. Pour cela, il faut pouvoir disposer d’outils adéquats !
À quand des bibliothèques dignes de ce nom (en prison et ailleurs) ?
Pour cela, il faut encourager un contre-discours, car il existe, à commencer par le Coran lui-même. Alors que tout le monde se plaint de la formation des imams dans notre pays, que propose-t-on comme alternative ? Tout le monde se plaint également de la qualité et surtout de la quantité d’ouvrages prônant un islam radical disponibles en un clic ! Mais que propose-t-on à la place ? Rien !
En prison, les détenus qui se posent des questions sur l’islam ont-ils la possibilité de consulter des ouvrages qui leur ouvrent l’esprit comme c’est le cas notamment de l’Essai de traduction du Coran de Jacques Berque ? Sinon pourquoi ?
À quand des Facultés d’études islamiques dans nos universités pour enseigner un islam du crû ? À quand une librairie spécialisée dans la thématique de l’islam authentique et éclairé dans la capitale de l’Europe ? À quand une chaîne de télévision destinée à promouvoir un islam contemporain de dialogue dans cette même capitale ? La demande est là, la nécessité est plus qu’urgente et les compétences sont bien présentes.
Si les sociétés européennes ne prennent pas à bras le corps la problématique de la prévention par une authentique réappropriation par les musulmans de leur texte fondateur, de leurs traditions et de leur religion, ce sera un Daech ou un autre groupe extrémiste qui le fera !
Il est temps de se retrousser les manches pour en finir avec l’islam politique, autrement dit, il est temps de passer des lamentations à l’action.

Ali Daddy in La libre
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lundi 21 mai 2018

Charles Michel, entre Trump et Trump

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express 

Le Premier ministre accuse l'opposition de " trumpisme ", tandis que De Wever fait de son Trump. Et si la Belgique évoluait vers une situation à l'italienne ?
Charles Michel dénonce la "trumpisation" de la gauche francophone. Telle est l'annonce de l'entretien que le Premier ministre accorde ce week-end au quotidien Le Soir. Voilà en réalité l'élément de langage que les libéraux francophones utilisent désormais, alors que l'on rentre de plus en plus clairement en campagne électorale.
Trumpisation ? Il s'agit évidemment de faire référence aux outrances du président américain pour dénoncer les "excès" du PS, d'Ecolo et du PTB.
Rendons à César ce qui appartient à César : le premier à avoir utilisé cette métaphore fut le vice-Premier MR Didier Reynders, après avoir été poussé dans ses derniers retranchements dans l'affaire du Kazakhgate. Depuis, les responsables libéraux reprennent la formule tel un slogan. Charles Michel a utilisé cette image au Parlement européen pour contre-attaquer face aux propos de l'eurodéputé Ecolo Philippe Lamberts, qui accusait le MR de subir la mauvaise influence de la N-VA : "Vous êtes en train de glisser vers le populisme, l'extrémisme, ce n'est pas digne de votre parti". La métaphore sert aussi, de façon idéale, à Charles Michel pour dénoncer le bilan socio-économique négatif dressé par le PS ou à Daniel Bacquelaine pour rejeter les caricatures syndicales sur la réforme des pensions.
Le climat est à la campagne électorale en vue des communales d'octobre prochain et, déjà, des législatives de mai 2019 - pour autant qu'elles ne soient pas anticipées. Le numero uno du gouvernement fédéral veut défendre son oeuvre, ses "jobs, jobs, jobs" et sa réforme structurelle du pays. Contre l'immobilisme prôné par le "trumpisme" de gauche. Si le terme est excessif, ou à tout le moins mal placé, il est vrai que l'opposition francophone a transformé - volontairement - le parlement en un grand cirque, aux multiples confrontations et aux envolées tranchées.
Trumpisme ? Charles Michel serait toutefois bien inspiré de regarder sur sa droite et prendre garde à un autre "trumpisme" venu de Flandre. Bart De Wever, président de la N-VA, a entamé sa marche en avant vers les prochains scrutins en brandissant l'immobilisme belgo-belge pour justifier sa vieille feuille de route confédérale.
Notre pays ne serait pas assez déterminé à réduire son endettement. Il manquerait d'une vision à long terme comme en témoigne le débat énergétique. Et il s'abriterait beaucoup trop derrière le parapluie européen - une critique à peine larvée de la volonté michelienne d'être dans "le cockpit européen".
Quand De Wever fait mine d'être intéressé par le poste de Premier ministre belge, c'est bien pour mener le pays vers le confédéralisme. Et quand le locataire du Seize ironise sur l'intérêt soudain de Bart De Wever pour la Belgique, il cache mal une irritation de plus en plus récurrente à l'égard des sautes d'humeur du bourgmestre d'Anvers.
Tout cela préfigure du combat de coqs qui va se jouer d'ici à 2019 entre deux visions du pays, entre deux camps qui se nient, entre une droite populiste flamande aux relents eurosceptiques de plus en plus affirmés et une gauche francophone radicalisée par le PTB, à la recherche d'un autre modèle pour l'avenir. Tout cela annonce inévitablement, dans la foulée, un bras de fer potentiellement compliqué pour l'après-scrutin entre deux parties du pays aux opinions démocratiques fort différentes. Avec le MR comme arbitre, un rôle qu'il aime cultiver tant il lui permet de se présenter comme une force du centre-droit, réaliste - encore faudra-t-il que cela parle aux électeurs...
Un coup d'oeil à l'actualité internationale de ce vendredi permet d'ancrer ces perspectives belgo-belges dans un contexte plus large. En Italie, le Mouvement 5Stelle et la Ligue ont présenté un programme commun, aux accents proprement hallucinants. La "gauche populiste citoyenne" et la droite post-fasciste - si l'on peut qualifier de la sorte ces deux partis radicaux - se sont entendus sur un compromis qui prévoit, pêle-mêle, une baisse drastique de la fiscalité, un revenu universel, une augmentation des expulsions, une priorité italienne tous azimuts, une politique étrangère souverainiste et des liens renoués avec la Russie... Les sources européennes tombent à la renverse sur l'impact budgétaire qu'aurait la concrétisation - peu probable - de cette liste à la Prévert. Ce programme est toutefois l'expression la plus claire à ce jour d'un populisme triomphant qui se nourrit de l'incapacité de nos démocraties à apporter des réponses aux angoisses actuelles.
L'impact de cette alliance eurosceptique ne doit pas être sous-estimé. Par le passé, l'Italie a souvent représenté un laboratoire politique pour l'Europe. Les systèmes électoraux à la proportionnelle, tant à l'oeuvre en Belgique qu'en Italie, ont plongé à plus d'une reprise nos deux pays dans des réalités proches : crises, compromis, décisions peu lisibles, fractures Nord-Sud.... Cette fois, il faut bien sûr se pincer pour croire à l'avènement de ce nouveau gouvernement à Rome. Mais en prenant un peu de recul, on peut y voir la naissance d'une lame de fond. Le reflet d'une polarisation du paysage entre deux ailes radicales appelées un jour à s'entendre. En Belgique, aussi ? Charles Michel, alors, serait pris en tenaille... Entre Trump et Trump.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TRUMPETISATION DE LA DEMOCRATIE
DONALD TRUMP OU LA FIN DE LA CONFIANCE 

"America first" "Deutschland über alles", "eigen volk eerst".
Les partis antisystème ont trouvé un accord pour la formation d'un gouvernement en Italie
Ce gouvernement "antisystème" italien a de beaux jours devant lui. L'Europe fait la grimace.
Le dossier le plus sensible est sans doute celui de l'immigration.
M. Salvini s'appuie depuis deux mois sur les 37% de la coalition de droite, mais la Ligue n'en a obtenu que 17%.
En Ukraine, les milices extrémistes du bataillon Azov ont le vent en poupe. "Fondées dans l'ombre de l'ancien mouvement paramilitaire réputé pour ses codes esthétiques néonazis, les milices Droujini dispersées dans toute l'Ukraine grandissent. Des groupuscules qui témoignent d'un regain de la fibre ultranationaliste au cœur d'un pays fatigué par quatre ans de conflit." Figaro
C'est dire si l'extrême droite progresse partout en Europe y compris chez nous en Flandre.
S'agit-il d'une fatalité ou d'un résistible ascension comme celle d'Arturo Ui dans le regard de Berthold Brecht?
Il semble bien que "New Europe" très atlantiste et pro Trump (les pays de l'ancien empire soviétique) s'éloigne de Old Europe (les nations fondatrices de l'Union européenne moins désormais l'Italie).
Macron aura-t-il assez de charisme pour convaincre Merkel de le suivre dans sa relance du projet européen?
S'il devait échouer, s'en serait fini de l'idée européenne et on assisterait à une accélération du déclin européen gangrénée par le démon fasciste. "Le fédéralisme européen, que seul propose le président français n’est plus une option parmi d’autre. Il est en train de devenir la condition nécessaire de la survie des cultures de notre continent."(j@attali.com)
A l'évidence, Donald Trump n’a pas le souci de ménager ses alliés :" il se moque ouvertement des Européens"
"Quand comprendrons-nous, nous Européens, que nous sommes seuls ? Quand en tirerons-nous de justes conclusions ?"
MG

« TRUMP TIENT SES PROMESSES : SANS RIEN CONSTRUIRE À LA PLACE, IL S’ACHARNE À DÉMOLIR L’HÉRITAGE D’OBAMA »
Par Alain Frachon (éditorialiste au « Monde »)
Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse les dernières décisions du président américain, qui sèment le trouble au Moyen-Orient.

Chronique. Cela s’appelle la politique du pire et, dans l’exercice, Donald Trump s’est surpassé. Comme dans une crise de pré-adolescence, il casse, brise, saborde. Est-ce parce que son prédécesseur était tellement plus intelligent et plus élégant ? Le président américain tient, en tout cas, ses promesses : sans rien construire à la place, il s’acharne à démolir l’héritage de Barack Obama. Sa vision du monde est simple : il y a des gagnants et des perdants. Il en décide tout seul – les alliés de l’Amérique, en Europe ou en Asie, n’ont qu’à suivre.
Même attendue, la démonstration d’unilatéralisme trumpiste de ces derniers jours, qu’il s’agisse de l’Iran ou du conflit israélo-palestinien, a surpris par sa brutalité. Les accords précédemment signés par les Etats-Unis lui importent peu, pas plus que la position traditionnellement défendue par Washington. Il n’a pas le souci de ménager ses alliés : il se moque ouvertement des Européens. Chez lui, la manière compte autant que le résultat. Trump impose. Il humilie. Il a la nostalgie du temps d’un imperium américain incontesté.
S’il avait vraiment voulu renforcer l’accord signé à Vienne, en juillet 2015, sur le contrôle du programme nucléaire iranien, Donald Trump ne l’aurait pas quitté comme il l’a fait – sans proposer le moindre plan B. Le Moyen-Orient est plus sûr avec des installations nucléaires iraniennes régulièrement inspectées, en échange d’une levée des sanctions économiques pesant sur Téhéran. Il est aussi plus prometteur si l’on ménage la possibilité d’une ouverture de l’Iran à l’Ouest, qui finirait par « embourgeoiser » la République islamique sur la scène internationale.
TRUMP NE RESPECTE QUE LA FORCE
Donald Trump rétablit un carcan de sanctions les plus sévères possibles. Il déclare la guerre économique à l’Iran. C’est toujours la même stratégie, aussi illusoire qu’immorale : spéculer sur la révolte de la population contre le régime.
L’Amérique des républicains a diabolisé la République islamique. Elle accuse le chef de file de « l’axe » chiite de tous les maux du Moyen-Orient. L’Iran a certes sa part de responsabilité, mais l’Amérique de Trump a la mémoire courte. Commodément, elle oublie les ravages provoqués par un radicalisme sunnite longtemps entretenu et diffusé par son allié saoudien.
Donald Trump a le pouvoir de torpiller le compromis de Vienne. Il peut priver Téhéran d’une bonne partie des retombées économiques attendues de l’accord. Au nom de l’insupportable extraterritorialité du droit américain, il entend forcer les entreprises européennes à renoncer au marché iranien si elles veulent continuer à être présentes sur celui des Etats-Unis. Leur choix sera vite fait.
Le président des Etats-Unis n’était pas obligé de provoquer les Européens. On pouvait négocier sur cette question des sanctions. A vrai dire, il se fiche bien du droit. Quand son homologue à Pékin, Xi Jinping, lui demande d’épargner un géant chinois des télécoms, ZTE, tombé sous le coup de la loi américaine pour commerce illicite avec la Corée du Nord et l’Iran, Donald Trump négocie. Message aux Européens : le locataire de la Maison Blanche ne respecte que la force.
INUTILE PROVOCATION
Donald Trump avait peut-être le droit de déplacer l’ambassade des Etats-Unis en Israël à Jérusalem. Ce qui est en question ici, selon les résolutions des Nations unies (ONU), c’est le statut final de la ville, qui doit être fixé par la négociation.
Mais le président américain a eu politiquement tort. Il s’est livré à une provocation inutile à l’adresse des Palestiniens. Ceux-là revendiquent qu’une partie de Jérusalem puisse devenir, un jour, la capitale d’un futur Etat palestinien.
Ex-diplomate de haut vol ayant servi des présidents républicains et démocrates, Richard Haass, patron du Council on Foreign Relations, juge sévèrement le choix de Donald Trump : « Aucun avantage, que des désavantages – les Etats-Unis grillent une carte majeure [dans une éventuelle négociation israélo-palestinienne], affaiblissent encore leur prétention à jouer un rôle d’honnête intermédiaire et participent au climat de violence. » Politique du pire, encore.
Mais, dans l’esprit de Donald Trump, les Palestiniens n’existent guère ou, plutôt, sont dans le camp des perdants. Quand Riyad Mansour, le délégué palestinien à l’ONU, prend la parole au lendemain des événements de Gaza, Nikki Haley, la représentante du gouvernement américain, parfois mieux inspirée, quitte ostensiblement la salle du Conseil. Le geste incarne la conception trumpiste de la diplomatie : un jeu à somme nulle – des perdants et des gagnants, pas de compromis. Les Européens doivent s’interroger sur cette Amérique-là.
OBSTRUCTIONNISME
Bien sûr, cette semaine de vandalisme diplomatique porte la marque personnelle de Donald Trump. Mais celui-ci est aussi le symptôme de quelque chose de plus profond : l’incapacité des Etats-Unis à concevoir un leadership adapté à une scène multipolaire.
Barack Obama comprenait son époque, ce monde globalisé où – pour reprendre les mots de l’ambassadeur Pierre Vimont, aujourd’hui pilier de la fondation Carnegie Europe – « la puissance américaine, confrontée à des partenaires de plus en plus actifs, cherche laborieusement à se définir un nouveau rôle ».
Donald Trump, lui, veut revenir à « avant », à la primauté américaine. Son « nationalisme de combat » est fait de refus – de l’accord sur le climat, de l’accord de Vienne, etc. – plus que de propositions, dit Vimont (dans un remarquable article publié sur le site Cairn Info).
Nous vivons un moment d’obstructionnisme américain sur la scène internationale qui n’est peut-être pas seulement lié à Donald Trump. Il serait aussi le reflet de la difficulté des Etats-Unis à penser leur relation à un monde où la répartition de la puissance est en train de changer – au profit de la Chine, notamment. « Le Nouveau Monde », comme on appelait l’Amérique au XVIIe siècle, peine à se faire au monde nouveau. Donald Trump joue les brise-tout parce qu’il ne s’y retrouve pas.
ETATS-UNIS - EUROPE : LE BOUCLIER FISSURÉ
Par Alain Duhamel — 16 mai Libération
L’incertitude créée par Trump menace en premier lieu les pays du Vieux Continent, dont la défense militaire semble menacée.
• Barack Obama dédaignait l’Europe mais la ménageait. Donald Trump la méprise, la bouscule, la menace et la défie. Le président américain n’est pas seulement le grand déstabilisateur des relations internationales, l’apprenti sorcier qui met le feu au Moyen-Orient et inquiète le monde entier. Il est aussi l’homme qui aura enfoncé un coin entre l’Europe et les Etats-Unis, l’homme qui aura instillé le doute au sein de l’Alliance atlantique, l’homme qui aura fissuré le bouclier américain qui, depuis soixante-neuf ans, garantit la sécurité de l’Europe. Donald Trump ou l’allié incertain.
Le président américain a reçu en visite d’Etat Emmanuel Macron avec tous les honneurs et la manifestation balourde de son amitié. Il n’a pas pour autant modifié d’un centimètre sa position sur le traité nucléaire iranien. Le président français a eu beau lui proposer des additifs, il les a rejetés sans hésitation et sans ménagement. Il avait décidé de sortir du traité, il en est sorti, déchirant, sans états d’âme, les engagements américains, reniant sans scrupule la signature de l’Etat le plus puissant du monde, quelles que soient les conséquences négatives qui en sortent. Il a ainsi renforcé au sein de chaque pays de la région le camp des irréductibles au détriment de celui des modérés. Les frappes aériennes survenues dès le lendemain ont illustré les risques supplémentaires qu’il a introduits. A cette occasion, pour la première fois, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les autorités de l’Union européenne ont publiquement désapprouvé une décision diplomatique essentielle d’un président américain.
Au sein de l’Alliance atlantique créée en 1949, une fracture aussi spectaculaire entre les deux pôles, l’américain et l’européen, ne s’était jamais produite ainsi. On avait vu s’exprimer des divergences franco-américaines assez nombreuses sous la Ve République, on avait même vu Gerhard Schröder s’opposer à George Bush sur l’Irak, mais jamais pareille brisure entre les deux rives de l’Atlantique.

DONALD TRUMP OU LA FIN DE LA CONFIANCE.
Même chose, peu de temps auparavant, à propos de l’accord sur le climat. Là encore, malgré les objurgations d’Emmanuel Macron, Donald Trump a décidé de se retirer d’un accord reconnu comme une avancée majeure dans la lutte contre les dérèglements climatiques. Toute la communauté internationale a eu beau s’offusquer, beaucoup de responsables américains ont pu le critiquer, le résultat est là. Donald Trump a déchiré un accord. La parole des Etats-Unis devient donc réversible. Il introduit ainsi un doute perpétuel sur la valeur des engagements américains. Les Européens savent désormais à quoi s’en tenir. Ce partenaire-là, cet allié irremplaçable, ce garant traditionnel de la sécurité en Europe n’est plus fiable. Les Etats-Unis ou l’allié ambigu.
Quant au commerce international, le voilà qui s’engage, du fait américain, dans de grandes turbulences. Donald Trump se présente en champion de l’unilatéralisme.
Ce n’est pas un titre usurpé. Son slogan électoral «America First» entre dans les faits. L’homme de la Maison Blanche menace le monde entier, donc les Européens, d’augmentation sensible des droits de douane et de sévères sanctions pour les entreprises qui commerceraient avec l’Iran, y investiraient ou qui concluraient des contrats en dollars, comme c’est le cas de la moitié du commerce international. Autant dire qu’il introduit ainsi un grand facteur d’incertitude et de dérèglements dont l’Europe n’est pas protégée. Les conséquences de ces initiatives peuvent d’ailleurs déboucher sur une nouvelle crise financière. Donald Trump ou les ravages de l’unilatéralisme.
Comment imaginer que les alliances militaires soient à l’abri de décisions brutales, fantasques ou aléatoires ? A peine élu, Donald Trump avait tenu, à propos du pacte atlantique, des discours inquiétants que son entourage avait dû rectifier en toute hâte. Il est évident que son intention d’exiger des pays européens une participation financière plus élevée à leur défense commune sera confirmée. Elle n’est pas illégitime mais si elle n’était pas respectée, le président américain serait homme, il l’a déjà laissé entendre, à menacer d’un désengagement partiel.
Le plus grave est ailleurs : l’Europe n’a pas de défense autonome. Beaucoup de ses Etats membres y sont au demeurant hostiles. La France et le Royaume-Uni sont les seules nations à disposer d’une défense crédible. Encore Londres se refuse-t-elle à toute défense européenne autonome. La Grande-Bretagne ne veut à aucun prix sortir du giron américain, fût-il inquiétant. En somme, il n’existe pas d’alternative crédible au pacte atlantique à l’échelle au moins d’une génération. Le pacte était jusqu’ici d’une solidité à toute épreuve. Avec Donald Trump, l’homme qui déchire les traités et renie les signatures, il ne l’est plus. L’Europe est nue. 


NOUS, EUROPÉENS, NOUS SOMMES SEULS.
Jacques Attali, 
 
Quand comprendrons-nous, nous Européens, que nous sommes seuls ? Quand en tirerons-nous de justes conclusions ?
Ce qui se joue en Allemagne et en Italie aujourd’hui conduit à rechercher d’urgence des réponses à ces questions vitales.
Depuis les années vingt, les Européens se sont habitués progressivement à l’idée que, même s’ils faisaient mille bêtises, il y aurait toujours quelqu’un pour les sauver de leurs propres turpitudes. Et les Etats-Unis se sont progressivement installés dans cette situation de deus ex machina. Et de fait, ils nous ont sauvé (avec Staline) des monstres nazis avec leurs armées ; de notre sclérose économique avec le plan Marshall ; de la menace soviétique avec leurs missiles nucléaires.
Longtemps, les Européens ne voulurent pas voir que ce soutien n’était pas altruiste : l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1940 a été le vrai moteur de leur sortie de la crise de 1929. Le plan Marshall leur a permis d’écouler en masse leur matériels et marchandises. Et la protection nucléaire face à l’Union Soviétique aidait à justifier les ressources énormes consacrées à leur complexe militaro industriel.
Plus encore, ce soutien est toujours resté sous contrôle et soigneusement limité : les Américains faisaient tout pour que leurs Alliés continuent d’avoir besoin d’eux. Pas question pour les Européens d’être indépendants militairement, financièrement, culturellement, industriellement, technologiquement.
Pas une industrie stratégique dont les Etats-Unis ne cherche à en conserver le contrôle ou à en priver les Européens. Pas un domaine du droit sans que les Américains ne cherchent à en fixer les règles. Pas un domaine de l’innovation sans que les Américains n’en tirent les ficelles.
Les Européens sont longtemps restés aveugles, face à ce cynisme faussement altruiste. En vassaux dociles, ils n’ont rien fait pour créer les conditions de leur autonomie, (sauf, partiellement, en matière monétaire). Ils l’ont même approuvé, jouissant pour la plupart honteusement de leur servitude.
Aujourd’hui, tout semble changer. Les Européens ne peuvent plus ne pas voir qu’ils sont seuls ; que les Américains ne sont plus là pour les défendre ; que le Président américain prend ses décisions sans tenir compte ni des points de vue, ni des intérêts de leurs alliés.
Et ce n’est pas propre à Donald Trump. Bien avant, depuis au moins George W. Bush, les Américains n’en font qu’à leur tête. Obama l’avait même théorisé en formulant le concept stupéfiant de « direction depuis l’arrière » : il fallait son charme pour que nul ne relève la lâcheté d’une telle formule.
Obéir aux Américains quand c’est conforme à notre stratégie est une chose. Se soumettre à leurs diktats quand c’est contraire à nos intérêts en est une autre.
Les Européens n’ont cependant pas encore tiré les conclusions de leur solitude. Ils n’ont pas encore réalisé que, s’ils sont soumis à une attaque quelconque, terroriste ou stratégique, il n’est plus du tout certain que Washington enverra ses soldats, ou risquera de recevoir une bombe sur son territoire. Je suis même, pour ma part, persuadé que le contraire est, à moyen terme, certain : si l’Europe est attaquée, aucun Américain ne viendra plus mourir pour nous sauver.
Séparés, les pays européens ne pourront rien contre ce qui les menace et les populistes sont aussi suicidaires que les atlantistes béats.
Il serait donc criminel (et je pèse mes mots) pour les dirigeants européens de ne pas s’y préparer ensemble. De ne pas tout faire pour que leurs armées n’aient plus besoin de technologies américaines pour fonctionner ; de créer les conditions d’une défense commune à leurs frontières terrestres et maritimes. De disposer de moyens d’informations indépendants des satellites et des câbles sous-marins américains.
Le fédéralisme européen, que seul propose le président français n’est plus une option parmi d’autre. Il est en train de devenir la condition nécessaire de la survie des cultures de notre continent.
j@attali.com



vendredi 18 mai 2018

Le ramadan commencera jeudi pour les musulmans de Belgique

Le Vif
"Le jeûne du mois de Ramadan débutera cette année ce jeudi 17 mai 2018", a annoncé mardi soir l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB).
Dans certains pays, le ramadan commencera déjà mercredi. En Belgique, le Conseil des Théologiens s'est réuni mardi soir et a fixé à jeudi le début de cette période. "L'EMB et son Conseil des Théologiens adressent leurs meilleurs voeux à toute la communauté musulmane de Belgique et souhaitent que ce mois sacré s'inscrive dans la piété, l'entraide et le dialogue avec toutes les composantes de la société belge", a indiqué l'organe représentatif du culte islamique. Le ramadan est le neuvième mois du calendrier lunaire arabe, déterminé localement en fonction de l'observation de la lune.
Il s'agit d'une période de prière et de jeûne, qui constitue l'un des piliers de l'islam. Pendant toute sa durée, à l'exception des personnes les plus fragiles, les croyants doivent s'abstenir de manger, boire, fumer et avoir des rapports sexuels du lever au coucher du soleil. Le ramadan se termine avec la fête de l'Aïd Al Fitr, la fête de rupture du jeûne. L'an dernier, il avait eu lieu du 27 mai au 25 juin.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RAMADAN : C’EST LE CALENDRIER QUI FAIT FOI !

Arrêtez de prendre les musulmans pour des idiots !
Le mois de ramadan étant le mois du jeûne pour les musulmans, on pourrait logiquement s’imaginer que celui-ci commence le premier jour de ce mois pour se terminer le dernier jour de ce même mois. Eh bien, non ! Une fois de plus, on prend les musulmans pour des idiots ! Si dans certains pays, le ramadan commencera bien mercredi 16 mai 2018, en Belgique, le Conseil des Théologiens de l’EMB[1] a fixé à jeudi 17 mai, le début de cette période, soit avec un jour de retard.
TOUT ÇA POUR ÇA !
Tout comme ce sont les médecins qui soignent les gens et pas les maréchaux-ferrants, ce sont les astronomes et non les théologiens qui étudient la lune ! Par conséquent, pour connaître le début du mois de ramadan, il suffit de regarder son calendrier : le premier jour du mois de ramadan 1439 (calendrier lunaire Hégirien) correspond bien au mercredi 16 mai 2018 (calendrier solaire Grégorien). Tous les calendriers de la planète l’attestent, même celui du Centre islamique et culturel de Belgique !
Outre le fait qu’il ne peut y avoir deux dates différentes pour le début du même mois, cette situation qui se répète chaque année, décrédibilise à de manière magistrale un organisme censé gérer le culte islamique en Belgique ! Que penser de gens, qualifiés de « théologiens », qui ne sont même pas capable de consulter un simple calendrier ? Mieux que ça, sur Internet, on peut même avoir l’heure exacte, à la seconde près tout de même, de la nouvelle lune[2].
Alors que tout semble évident pour les onze autres mois du calendrier lunaire musulman, pourquoi se pose-t-il un problème dit de « doute » pour le mois de ramadan ? Rappelons que le calendrier lunaire, comme son nom l’indique, est basé sur le cycle de la lune qui est bien connu, et ce depuis longtemps, des astronomes spécialisés qui, à l’ère de l’informatique, peuvent prévoir les nouvelles lunaisons bien à l’avance et à la seconde près !
Les fameux jours de doute qui, historiquement, concernaient le début du jeûne basé sur l’apparition de la nouvelle lune dans le ciel extrêmement pur de l’Arabie du VIIème siècle et sa perception de visu par les musulmans à une époque où les moyens techniques et de communication ne permettaient pas de faire autrement, se sont transformés à notre époque en jours de doute concernant le début et la fin du mois de ramadan lui-même, ce qui constitue, il faut le reconnaître, une incroyable régression.
Cette situation des plus ridicules entraîne des musulmans vivant dans un même pays, dans un même quartier, voire sous le même toit, à commencer et à terminer leur jeûne rituel à des dates différentes comme s’il y avait un cycle lunaire différent pour chacun d’entre eux !
De deux choses l’une : soit les données de l’astronomie s’appliquent aux douze mois de l’année lunaire pour donner un calendrier digne de ce nom, soit ce calendrier se construit au jour le jour, en fonction d’on ne sait quel improbable critère, ce qui ferait des musulmans la seule communauté au monde dépourvue d’un calendrier annuel !
Par ailleurs, l’horaire des prières rituelles, établi en fonction du cycle du soleil, est déterminé à l’avance. Le cycle solaire serait-il plus fiable ou moins fantaisiste que celui de la lune ?
Autrement dit, quel est l’intérêt de se baser sur le cycle de la lune si celui-ci n’est pas fiable pour dater son Histoire ? Quant au Coran, il incite de manière tout à fait explicite à ce calcul astronomique :
« C’est Lui qui a fait du soleil un flamboiement, de la lune une lumière, qu’Il mesure en stations pour vous faire connaître le nombre des ans et le calcul. Dieu n’a créé tout cela que dans le Vrai. Il explicite Ses signes pour ceux capables de connaître. » (X, 5)
On m’objectera que le Coran recommande à « quiconque parmi vous sera témoin de la naissance de ce mois, le jeûnera » (II, 185). À ce jeu-là, je vous réponds que le Coran demande juste deux versets plus loin : « Mangez et buvez jusqu’à ce qu’un fil blanc se laisse par vous distinguer d’un fil noir » (II, 187).
Cet exercice de style coranique porte un nom : la métaphore ! La preuve : vous en connaissez beaucoup, des musulmans qui sortent leurs ficelles blanches et noires à l’aurore pour savoir s’ils doivent commencer à jeûner ? Alors, quitte à avoir une lecture littéraliste du Coran, autant l’avoir pour tous les versets !
Si l’on pousse cette logique à son paroxysme, il faudrait attendre de consulter un « conseil de théologiens » avant de déclarer la naissance ou la mort de quelqu’un qui naît ou qui meurt le premier jour du mois de ramadan ! Celui qui veut prendre ses congés annuels durant le mois de ramadan, doit-il attendre de voir la première lune de ce mois avant de solliciter son congé ?
Tout cela est évidemment ridicule et va à l’encontre du cours même de la vie alors que le Coran précise – dans le même verset qui concerne la naissance du mois de ramadan –, que « Dieu n’exige de vous que l’aisé, Il n’exige pas de vous le malaisé » (II, 185) !
Nous voilà une fois de plus face à un bel exemple de lecture radicale du Coran, alors même que l’on n’a pas encore digéré le fameux manifeste « contre le nouvel antisémitisme en France » qui est censé trouver sa justification dans le texte fondateur de l’islam. Cela fait tout de même beaucoup en peu de temps !
LE CORAN APPELLE À L’EXERCICE DE LA RAISON
Si cela a échappé aux théologiens de l’EMB, je leur rappelle que le Coran exhorte, notamment dans le magnifique récit de Joseph (sourate Youssouf) avant tout à l’exercice de la raison :
« Nous l’avons fait descendre en forme de Coran arabe, escomptant que vous raisonniez.
Dis : “Ceci est mon chemin. J’appelle à Dieu dans la clairvoyance, moi et tous ceux qui me suivent ˮ. » XII, 2, 108)
Le calendrier est en réalité une affaire de conventions. Par conséquent, il est grand temps que les musulmans se mettent d’accord sur une méthode aussi simple : c’est une question de crédibilité et de bon sens.
Ali DADDY

mardi 15 mai 2018

L'attaque de Paris relance la question des fichés S

Par   Jean-Marc Leclerc 
Figaro

Le tueur au couteau avait été entendu il y a un an par la police pour son réseau douteux. Le système antiterroriste reste perfectible.
Khamzat Azimov (connu également sous le prénom de Hassan), 21 ans, barbe fournie, né en Tchétchénie en 1997, naturalisé français en 2010, fiché S depuis l'été 2016 et même inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste (FSPRT) créé sous Hollande… Le terroriste au couteau, qui a tué samedi un passant de 29 ans et fait quatre blessés, dont deux graves, dans le quartier de l'Opéra, à Paris, avant d'être abattu par une simple patrouille police secours, a le profil type pour relancer une polémique.
Dans le rapport de police transmis au ministre de l'Intérieur aussitôt après les faits, il est spécifié: «Dix-huit témoins des faits, dont certains avaient été regroupés au poste de police de la place Vendôme, ont été recensés, parmi lesquels certains ont indiqué avoir entendu crier “Allah Akbar”.»
Déjà à droite, des voix s'élèvent pour demander pourquoi, malgré de nombreux cas similaires, rien n'est fait en France pour durcir le régime appliqué à ces suspects de sympathies terroristes que l'on inscrit vaguement dans des fichiers, au risque de sous-estimer leur dangerosité et de causer encore plus de victimes. Ce à quoi les experts policiers répondent qu'une fiche S n'est pas une condamnation, qu'elle est une simple mise en attention, un signalement fait à tous les services requis pour rassembler précisément des renseignements sur le suspect. On sait que, sur les plus de 20.000 personnes fichées S, celles en lien avec l'islamisme radical sont environ 12.000, dont un tiers dans le «haut du spectre». Le 29 juin 2015 (137 jours avant le Bataclan), le juge Marc Trévidic, connu pour son franc-parler, avait déjà mis en garde: «Multiplier les écoutes et les fiches S de signalement des djihadistes ne sert à rien si l'exploitation judiciaire ne suit pas.»
«IL N'A FAIT QUE NAÎTRE EN TCHÉTCHÉNIE, MAIS IL A GRANDI ET A FORMÉ SA PERSONNALITÉ, SES OPINIONS ET SES CONVICTIONS AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE»
Azimov est arrivé en France avec ses parents au début des années 2000. Il a d'abord grandi à Nice, puis à Strasbourg, dans le quartier populaire d'Elsau, où vit une importante communauté tchétchène. En 2004, sa famille bénéficie du statut de réfugiés. La mère obtient la nationalité française six ans plus tard. Ce qui permet au fils de devenir français la même année. La demande de naturalisation du père, séparé de sa femme, est, quant à elle, refusée.
Ses parents se sont ensuite remis ensemble. Ils vivaient dans le XVIIIe arrondissement de Paris, rue Pajol. Ils ont été placés dimanche matin en garde à vue. La perquisition de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) dans leur appartement n'a rien donné de très concluant, selon une source policière. Les parents seraient de pauvres gens «totalement dépassés». Un ami de l'auteur de l'attaque a aussi été placé en garde à vue en début d'après-midi à Strasbourg.
(...)Son nom était régulièrement évoqué dans les groupes d'évaluation départementaux (GED), chargés d'estimer le degré de radicalisation des personnes inscrites au FSPRT. Son comportement et ses activités sur les réseaux sociaux n'avaient pas inquiété outre mesure.
Comment a-t-on pu le louper? Pour l'ancien patron du Raid, le député LaREM Jean-Michel Fauvergue, le problème depuis quelque temps en France est que «ceux qui ont commis des attentats étaient dans le bas du spectre» antiterroriste. Bref, des personnages dont le passage à l'acte fut aussi soudain qu'imprévisible pour les autorités.
Gérard Collomb a aussi concédé qu'il était «compliqué de pouvoir prévenir» ce type d'attentats. Éternel refrain du risque zéro qui n'existe pas.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SERIE NOIRE

La série noire continue et voici que ressurgit la polémique sur les fichés S que d'aucuns voudraient voir derrière les verrous.
D'autres font valoir ,non sans raison, que la majorité des terroristes se sont précisément radicalisés en prison. "Le Point" est affirmatif: " il est parfaitement possible d'expulser un individu ayant acquis la nationalité française à la condition de respecter un processus qui peut s'avérer long. Par ailleurs, la qualification d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste peut suffire à déchoir un individu de sa nationalité française, encore faut-il que cette déchéance soit proportionnée. En matière de terrorisme, plusieurs décisions constitutionnelles (1996 et 2014) ont confirmé cette possibilité.
" En définitive, l'expulsion d'individus présentant une menace grave pour notre société a toujours été possible et appliquée à la condition de respecter un processus, certes, long, mais garantissant les droits de chaque individu."
Une  autre solution: la "déradicalisation".  Celle-ci, pour être efficace,  ne peut se fonder que sur une lecture critique du Coran.  Mais cela exige un personnel d'imams et de "déradicalisateurs" solidement formés en Europe et non pas importés d'Arabie, du Maghreb ou de Turquie. Quand le comprendra-ton?
MG


ATTENTATS : CE QU'ON PEUT RÉELLEMENT FAIRE DES FICHÉS S

TRIBUNE. Les expulser, les enfermer ou les déchoir de leur nationalité, voici ce que l'État peut juridiquement faire de ces individus radicalisés.
PAR DRISS AÏT-YOUSSEF* LE POINT

La société s'est faite à l'idée que la menace qui pèse sur le pays n'est pas près de s'estomper. La résilience commence à gagner les esprits, même si l'indignation, après un attentat, est toujours aussi forte. Comment répondre efficacement à la menace terroriste ? Pour montrer sa fermeté face à ces événements dramatiques, une partie de la classe politique réclame des mesures fortes. Qu'en est-il juridiquement de leur validité ? Ces propositions visent, essentiellement, à prévenir la commission de nouveaux attentats en procédant, par exemple, à l'enfermement administratif ou à l'expulsion des individus fichés S.
Au-delà des postures politiques, il apparaît indispensable de resituer la création et l'objectif de certains fichiers de police en particulier celui recensant les personnes connues pour leur radicalisation à caractère islamiste.
LES FICHIERS DE POLICE
La loi du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés consacre dans son article 26 la possibilité pour la puissance publique de mettre en œuvre des traitements à caractère personnel qui intéressent la sûreté de l'État, la défense ou la sécurité publique. Théoriquement, le ministère compétent prend un arrêté après avis de la Cnil pour autoriser la création du fichier. Dans certains cas et au regard de la sensibilité de certaines données, la publication peut être dispensée par un décret pris par le Conseil d'État. C'est le cas du fichier pour le signalement pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) et du fichier S.
S'agissant d'abord du FSPRT, c'est par un décret du 7 octobre 2016 qu'il a été créé. Ce fichier comprend environ 20 000 noms. Il contient, l'identité de la personne, sa localisation et ses antécédents judiciaires. Les agents de l'unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) peuvent alimenter ce fichier avec les agents du Centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR). Les individus figurant sur ce fichier ne présentent pas tous une menace. D'ailleurs, une partie d'entre eux ont un dossier « clôturé » ou en « veille ». Ils demeurent tout de même dans le fichier ou alors ils sont attribués à un service par précaution.
Un autre fichier, dit FPR (fichier des personnes recherchées) est régulièrement cité. En effet, les individus figurant dans ce traitement de données et faisant l'objet d'une fiche S sont la principale cible des mesures politiques. Pour une partie de l'opposition, notamment LR et FN, figurer dans le FPR suffit à démontrer la dangerosité de l'individu et justifie in fine une mesure d'enfermement ou d'éloignement.
EST-IL POSSIBLE D'ENFERMER UN FICHÉ S ?
Certains élus préconisent l'enfermement dans un centre de rétention administrative pour une durée indéterminée des personnes fichées S, afin de prévenir la commission de nouveaux attentats. Le Conseil d'État sollicité à ce sujet a rappelé à bon droit dans un avis du 17 décembre 2015, et selon les articles 7 et 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qu'un individu ne peut être détenu que dans des cas prévus par la loi et que l'arrestation d'un individu avant son jugement ne doit pas être disproportionnée.
Par ailleurs, les juges administratifs se réfèrent à l'article 66 de la Constitution pour placer le juge judiciaire comme étant le gardien de la liberté individuelle. En d'autres termes, il n'y a que le juge judiciaire qui peut porter atteinte à une liberté fondamentale.
Les déclarations politiques sont d'autant plus gênantes que personne ne précise la durée de détention même s'il est admis que l'enfermement à des fins de police administrative peut s'opérer pour une très courte durée, comme en matière de mesure de dégrisement d'ivresse publique.
L'état d'urgence donnait la possibilité au ministre de l'Intérieur de procéder à des assignations à résidence d'individu dont « il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre public ». Toutefois, l'individu restait libre de se mouvoir 12 heures sur 24, ce qui n'est pas le cas de la mesure analysée.
L'intervention du juge judiciaire n'a que pour objet de lutter contre des mesures arbitraires d'enfermement. On peut d'ailleurs s'interroger sur certaines mesures de l'état d'urgence qui, d'après une déclaration du procureur de la République Molins, n'ont pas permis directement de déjouer d'attentat. À défaut de pouvoir enfermer ces individus, certaines voix s'élèvent pour réclamer leur expulsion. Encore faut-il distinguer les Français des étrangers.
PEUT-ON EXPULSER UN INDIVIDU FICHÉ S DE NATIONALITÉ FRANÇAISE ?
L'autre question est de savoir s'il est possible d'expulser les individus faisant l'objet d'une fiche S. Il convient, dès lors, de distinguer ceux ayant acquis la nationalité française et les étrangers.
En premier lieu, il convient de rappeler qu'on ne peut expulser un Français ayant acquis la nationalité française sans préalablement le déchoir de son statut de Français. Dans le même temps, cette déchéance ne peut s'opérer que sous certaines conditions fixées par les articles 25 et 25.1 du Code civil, qui organise les conditions de déchéance de la nationalité pour un individu ayant été reconnu coupable d'acte de terrorisme.
Il est donc possible d'expulser un Français naturalisé. Il faudra au préalable qu'il ait été condamné définitivement pour des faits entrant dans les conditions du 1° de l'article 25 du Code civil, à la suite de quoi le gouvernement, après avis du Conseil d'État, pourra prononcer une mesure de déchéance. Cela ne signifie pas pour autant son expulsion comme l'indique une décision du Conseil d'État du 26 septembre 2007. Il faudra, pour cela, que le préfet saisisse la commission d'expulsion départementale pour avis après quoi l'autorité administrative pourra procéder à son expulsion.
En deuxième lieu, le traitement d'un étranger ayant acquis la nationalité française et un individu né sur le territoire est identique, selon une décision du Conseil constitutionnel (cons.13). Pour autant, l'expulsion d'un Français ne disposant que d'une seule nationalité n'est pas possible. En effet, l'article 25 du Code civil précise que cette déchéance ne peut avoir lieu si elle a « pour résultat de le rendre apatride  ».
En conclusion, il est parfaitement possible d'expulser un individu ayant acquis la nationalité française à la condition de respecter un processus qui peut s'avérer long. Par ailleurs, la qualification d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste peut suffire à déchoir un individu de sa nationalité française, encore faut-il que cette déchéance soit proportionnée. En matière de terrorisme, plusieurs décisions constitutionnelles (1996 et 2014) ont confirmé cette possibilité.
(...) En définitive, l'expulsion d'individus présentant une menace grave pour notre société a toujours été possible et appliquée à la condition de respecter un processus, certes, long, mais garantissant les droits de chaque individu.

lundi 14 mai 2018

Grande Mosquée: Ducarme appelle la justice à "faire respecter les règles"

Le Vif
Source: Belga

Le ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture, et de l'Intégration sociale, Denis Ducarme, a appelé dimanche la justice à "faire respecter les règles" en matière de respect de l'état de droit après les révélations sur le contenu de la formation des imams dispensée en arabe au sein de l'école du Centre islamique et culturel de Belgique (CICB), qui abrite la Grande Mosquée de Bruxelles.
BELGA/Nicolas Maeterlinck
"On est en droit d'attendre de nos autorités judiciaires qu'elles ne soient pas timides sur un dossier comme celui-là", a-t-il affirmé lors de l'émission L'Invité de la chaîne de télévision privée RTL-TVi.
"On ne doit pas être timide par rapport à des comportements islamistes. Il faut (...) qu'on ne recommette pas les erreurs du passé en la matière. Quand vous avez des dérives telles que celles-là, il faut que les autorités judiciaires fassent respecter nos règles", a ajouté M. Ducarme (MR).
"Cela fait quinze ans que je dis que dans ce pays il y a des problèmes au niveau de la formation des imams, mais pas tous. L'islamisme, c'est la peste", a encore dit le ministre libéral.
Selon un rapport de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM) dévoilé mercredi par plusieurs médias, la formation des imams dispensée au sein du CICB incite les fidèles à se lancer dans le djihad armé, à persécuter les homosexuels et à tenir des propos antisémites.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY. 
DON'T CHANGE A WINNING TEAM

Cela fait plus de huit ans que DiverCity embouche vainement cette trompette: les imams, les professeurs de religion islamiques  et autres aumôniers de prison doivent être formés par nos universités et non pas être importés du Maghreb, d'Arabie ou de Turquie.
L'ancien président de l'exécutif des musulmans semblait partager ce point de vie.
Quand à son successeur, il fait  apparemment allégeance directe à Erdogan.
On ne change pas d'attelage au milieu du gué. Il est fascinant de constater que le communautarisme nationaliste, en l'occurrence turc veille à toute force prendre le dessus sur l'excellence.
La Belgique a besoin d'un islam de Belgique qui soit compatible avec les valeurs du pays d'accueil.
Le vif titre: "islam modéré en danger ?"
(...) "Une alliance turco-salafiste a réussi à porter un nouveau président turc à la tête de l'Exécutif des musulmans de Belgique. Comme en France, la Turquie d'Erdogan veut s'imposer dans l'islam institutionnel."
Ce n'est pas précisément une bonne nouvelle.
MG


L'EXÉCUTIF DES MUSULMANS DE BELGIQUE A UN NOUVEAU PRÉSIDENT
Le Vif
L'Exécutif des musulmans de Belgique a désigné un nouveau président à l'issue d'une réunion, vendredi soir, indique la RTBF sur son site internet. Mehmet Ustun, responsable de la mosquée Sultan Ahmet à Heusden-Zolder (Limbourg) succède à Salah Echallaoui.
Mehmet Ustun © Belga
M. Echallaoui était en poste depuis 2016. Il poursuit en tant que vice-président francophone de l'institution, tandis que Bayram Saatci devient vice-président néerlandophone.
L'EMB était en proie à des tensions internes depuis plusieurs semaines. Le Vif évoquait vendredi une pression des courants plus rigoriste et de l'aile turque pro-Erdogan. Selon d'autres sources, il est surtout question de dissensions liées à l'illégalité du statut du président sortant. Salah Echallaoui qui n'est pas membre élu de l'EMB avait succédé à Nourredine Smaïli en 2016 alors que le mandat de ce dernier était toujours en cours.


LE PRÉSIDENT DE L’EXÉCUTIF DES MUSULMANS DE BELGIQUE SUR LA SELLETTE
Le Soir
. La branche turque souhaite reprendre la présidence de l’Exécutif des Musulmans de Belgique occupée par Salah Echallaoui depuis deux ans.

En 2014, l’Exécutif a été renouvelé pour trois ans par l’Assemblée générale. Or, en 2016, lorsque Noureddine Smaili, président désigné en 2014, a fait un pas de côté, Salah Echallaoui a accepté un mandat de « minimum deux ans », ce qui rebattait les cartes du règlement. Le 2 avril dernier, ces deux années sont arrivées à échéance. La frange turque réclame donc son « droit » à prendre ses responsabilités à la tête de l’institution.
UN PARTENAIRE APPRÉCIÉ DES AUTORITÉS
Or, à bonne source, l’actuel président ne souhaite pas quitter ses fonctions. Les autorités officielles n’en sont certainement pas plus désireuses, même si elles ne peuvent intervenir dans ce processus. Salah Echallaoui, porteur d’un islam modéré, est en effet devenu un partenaire apprécié au cabinet du minisitre de la Justice, Koen Geens, mais aussi au cabinet Marcourt, en Fédération Wallonie Bruxelles. Diplomate discret mais non moins déterminé, il a entamé depuis deux ans une série de réformes au sein de son institution. Il manœuvre notamment en coulisses pour une refonte du conseil des théologiens, souhaite créer une fonction de prédicatrice, ainsi qu’un institut pour former les imams en Belgique. Preuve de la confiance qui lui est accordée, les autorités souhaitent que l’EMB reprenne la gestion de la Grande Mosquée, dont la Convention avec l’Arabie Saoudite vient d’être rompue par l’Etat fédéral. Il est également partie prenante de l’Institut de promotion des formations sur l’islam, aussi appelé « Institut Marcourt », mis en place au début de l’année académique côté francophone.
LE RISQUE : UNE IMPLOSION DE L’INSTITUTION
(...)Le risque : provoquer un clash et une scission, voire l’explosion de l’Exécutif si les Turcs, reliés à la Diyanet, soit le ministère des affaires religieuses en Turquie, quittent la table. L’équipe actuelle souhaiterait trouver une voie médiane pour ne pas mettre à mal l’institution, qui a déjà vécu par le passé de nombreuses années chaotiques.

samedi 12 mai 2018

Accord entre le fédéral et les communes de Bruxelles concernant les migrants à la Gare du Nord


L’accord vise à intensifier l’approche du problème.
Un accord de principe a été trouvé concernant la présence de nombreux migrants, en transit en Belgique, à proximité de la Gare du Nord à Bruxelles, entre le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et les bourgmestres de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) et de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (DéFI). L’accord vise à intensifier l’approche du problème. Mercredi, la police fédérale et les polices locales auront pour mission d’élaborer un plan opérationnel, indique lundi Jan Jambon sur son compte Twitter.
Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) se sont réunis lundi avec les services de police locale et fédérale ainsi que l’Office des étrangers pour évoquer la présence de nombreux migrants, en transit en Belgique, à proximité de la Gare du Nord à Bruxelles.
Après la fin du plan hivernal, la Région bruxelloise a annoncé jeudi qu’elle soutiendra la réouverture, pour compte du gouvernement fédéral, d’un centre d’accueil à Haren afin d’abriter les nombreuses personnes sans logement, dont certaines dépourvues de titre de séjour valable, qui errent dans les alentours de la Gare du Nord.
« 0 EUROS »
Le secrétaire d’Etat Francken a répliqué vendredi que le fédéral ne soutiendrait pas cette réouverture. «0 euro», a-t-il répondu sur Twitter, rendant les bourgmestres et policiers bruxellois responsables de la situation.
Accusé par Theo Francken de mener «un petit jeu électoraliste», le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (DéFI) a au contraire fustigé la stratégie de la N-VA et de son secrétaire d’Etat dans ce dossier. «Theo Francken et la N-VA sont très forts dans les tweets, mais faibles sur le terrain», a-t-il lâché.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ELECTORALISME DE PART ET D'AUTRE 

Il est clair que ces déclarations relèvent de la com. et visent à caresser l'électorat dans le sens du poil. C'est de bonne guerre tant du côté de Francken que de celui de Clerfayt. La campagne électorale communale sera dure et les prochaines élections fédérales/régionales (2019) seront sans pitié.


jeudi 10 mai 2018

Que fêtent les chrétiens en ce jeudi de l'Ascension ?

Le Figaro
• Par   Jean-Marie Guénois

FOCUS - Selon le catéchisme de l'Église catholique, l'Ascension du Christ «marque l'entrée définitive de l'humanité de Jésus dans le domaine céleste de Dieu d'où il reviendra».
L'Ascension est un pont prisé du mois de mai. Très pratique, cette fête chrétienne tombe toujours un jeudi puisqu'elle est célébrée quarante jours après Pâques. Mais rien n'empêcherait la conférence des évêques de France de décider qu'elle soit désormais fêtée un… dimanche!
C'est déjà le cas dans des pays très catholiques comme l'Italie ou l'Espagne. Mais aussi aux États-Unis. Au cours des années 70, et avec l'accord du Vatican, les évêques de ces Églises ont décidé de fêter l'Ascension le dimanche qui suit ce jeudi, soit quarante-trois jours après Pâques. Pourquoi? Par esprit civique précisément afin d'éviter un… pont et une cessation d'activité pour la société!
Dans le contexte d'ultralaïcité française - chasse aux crèches de Noël ou autres croix des portes des cimetières -, il serait très intéressant d'observer les réactions politiques si l'Église de France décidait de ne plus fêter l'Ascension un jeudi! Verrait-on se lever une défense laïque pour le maintien d'une fête pourtant très chrétienne?
Aucun évêque de France n'oserait toutefois formuler cette idée. Dans l'Hexagone, le pont de l'Ascension a donc encore de beaux jours devant lui. Il est une institution comme en Autriche, Allemagne, Suisse, Islande, où le sens de la fête religieuse ne s'est toutefois pas perdu comme en France. Il existe aussi en Indonésie, pourtant premier pays musulman du monde mais où la communauté chrétienne est respectée…
«ET IL MONTA AU CIEL»
Mais que fêtent les chrétiens ce jeudi de «l'Ascension»? Un point essentiel de leur foi même s'il est difficile à concevoir. Au point que bon nombre de protestants réformés ont tendance à laisser tomber cette célébration en désuétude.
Tout part de la Bible. Selon deux récits des Évangiles - Marc (chapitre 16, verset 19) ; Luc (chapitre 24, verset 51) - et selon un récit des actes des apôtres (chapitre 1, versets 6-11), le Christ est «monté aux cieux» après avoir été «ressuscité des morts». Le «credo» qui est résumé de la foi chrétienne écrit noir sur blanc à propos du Christ: «Et il monta au ciel». Et ce dans sa version la plus œcuménique, le «symbole de Nicée» commun aux trois confessions chrétiennes, catholique, orthodoxe et protestante.
Voici ce que dit l'évangéliste Marc: «Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu.».

Encore plus précis, voici ce que relatent les actes des apôtres: «C'est à eux (les apôtres, ndlr) qu'il s'était montré vivant (Le Christ, ndlr) après sa Passion: il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu. (…) Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient: “Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël?” Jésus répondit: “(…) vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée”. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient: “Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel”.»
Le catéchisme de l'Église catholique définit donc la fête de l'Ascension du Christ comme suit: «Elle marque l'entrée définitive de l'humanité de Jésus dans le domaine céleste de Dieu d'où il reviendra». (n°665)
Le jour de l'Ascension est célébré comme un dimanche dans les églises même si aucun acte liturgique particulier n'est prévu lors de la célébration de la messe. C'est une fête de «précepte» qui sous-entend «l'obligation» pour les pratiquants de se rendre à la messe et de vivre ce jour-là comme un dimanche chômé. À la messe, seul le choix des lectures de l'Évangile et des actes des apôtres, relatant cet épisode de la vie du Christ selon la foi chrétienne, marque cette grande fête avec une homélie du prêtre sur ce thème. Dans les monastères le thème de l'Ascension apparaît aussi dans les choix de textes chantés, priés, médités pendant les offices du jour et de la nuit.
NE PAS CONFONDRE «ASCENSION» ET «ASSOMPTION»
Comme l'indique le texte des actes des apôtres, la fête de l'Ascension précède de dix jours dans l'Église la fête de la Pentecôte. Elle marque la «descente de l'Esprit Saint» sur les apôtres et le début de leur prédication. Ce qui sera aussi le début de l'Église catholique: les apôtres sont délivrés de la peur et partent prêcher publiquement pour annoncer la résurrection du Christ.
Aspect moins connu, la fête de l'Ascension est liée à la Pentecôte mais tout autant à la croyance des Chrétiens dans le «retour» du Christ sur terre «à la fin des temps», comme le dit le credo, symbole de Nicée: «Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin.»
Dernier point: ne pas confondre Ascension avec Assomption. L'Assomption est fêtée le 15 août en mémoire de «l'endormissement» de la Vierge Marie, disent les orthodoxes avec élégance, pour signifier, selon la plus ancienne tradition, la mystérieuse «montée vers le Ciel» de la «Mère du Christ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DOGME CHRÉTIEN OU ÉTHIQUE CHRÉTIENNE?
“CHRISTIANITY IS MEANT ABOVE ALL TO BE PUT INTO PRACTICE,” 

"Au cours des années 70, et avec l'accord du Vatican, les évêques de ces Églises ont décidé de fêter l'Ascension le dimanche qui suit ce jeudi, soit quarante-trois jours après Pâques. Pourquoi? Par esprit civique précisément afin d'éviter un… pont et une cessation d'activité pour la société!
Dans le contexte d'ultralaïcité française - chasse aux crèches de Noël ou autres croix des portes des cimetières -, il serait très intéressant d'observer les réactions politiques si l'Église de France décidait de ne plus fêter l'Ascension un jeudi! Verrait-on se lever une défense laïque pour le maintien d'une fête pourtant très chrétienne?"
A l'évidence, ceci participe bien plus du dogme catholique que de l'éthique chrétienne.
Remarquons sans ironie et sans sarcasme que rares sont les jeunes qui savent ce qui justifie le jour de congé de l'ascension ainsi que  le "pont" qui y est souvent associé.  Le dogme c'est la croyance obligatoire en des choses que la raison a du mal à accréditer.
Ce qui est de nature à nous parler, deux mille ans après son décès, c'est l'humanité de Jésus, celle qui se manifeste à travers les paraboles ou les rencontres de ce "donneur d'alarme" avec des personnages très ordinaires: les douze pêcheurs du lac de Tibériade, une femme adultère, une samaritaine, un collecteur d'impôt, un centurion etc. 
L'Eglise a figé tout cela dans les dogmes  élaborés par des cerveaux théologiques compliqués et quelquefois carrément tordus.
Il serait temps, comme tente de le faire le pape François, ce Don Camilo au Vatican, de revenir à l'essentiel, la "foi décantée" comme disait Pierre de Locht: Mathieu XXV et  l'éthique du bon Samaritain.
Le pape débonnaire ne s'appelle pas François par accident.  Aucun pape n'a osé prendre ce nom depuis la mort de principal "imitateur" de Jésus. C'est dire qu'il entend incarner l'éthique chrétienne dans l'esprit du "fratello".   "He quickly became a global force in geopolitics, setting the agenda on climate change and care for migrants. World leaders wanted to be near him. Even non-Catholics adored him."
Il ne tarda donc pas à vouloir incarner l'éthique de Jésus et de son principal "imitateur" au grand dam des conservateurs du Vatican.
Cela va lui attirer la haine des conservateurs de la Curie. "Conservative forces arrayed against him within the Vatican have been emboldened, seeking to thwart him on multiple fronts."
"His supporters say that the backlash against his views has only made his voice more vital in the debate inside and outside the church over the issues he has chosen to highlight, like migrants, economic inequality and the environment."
Autrement dit, notre pape don Camilo malgré lui entend renouer avec le message éthique de Jésus de Nazareth et non pas avec celui du pontife réputé infaillible. 
“Christianity is meant above all to be put into practice,” the pope wrote.
“Hitler didn’t steal power,” Francis said. “His people voted for him and then he destroyed his people. That is the risk.”
La flèche acérée est destinée évidemment à Donald Trump qui ne l'aime vraiment pas.
De même que Pie XII fut le pape de l'anti communisme et Jean Paul II, le pape polonais  celui de l'anti soviétisme, le pape argentin semble vouloir incarner la figure du papale radicalement  anti populiste.
"Some of Francis’ supporters believe that he is uniquely prepared to face this rising populist tide because he understands it.
“Francis’ election prepared the church for precisely the challenges posed by the rise of populism and nationalism,” said Austen Ivereigh, the author of “The Great Reformer: Francis and the Making of a Radical Pope.”
"For anti-immigrant populists, the pope simply doesn’t get it.
But Francis seems comfortable with his new role as a lone voice in the populist wilderness."
"In the Casa Santa Marta, the residence he has chosen over the grand Apostolic Palace, Francis gave a homily about prophets.
“Sometimes truth is not easy to listen to,” Francis said, noting that “prophets have always had to deal with being persecuted for speaking the truth.”
“A prophet knows when to scold but knows also how to throw open the doors to hope,” he added. “A true prophet puts himself on the line.”
Pour le Coran - contre lequel tout le monde vitupère et que personne ne lit- les prophètes sont avant tout des donneurs d'alarme.
Abraham, Joseph, Moïse, même Jésus sont regardés comme des prophètes.
Le pape François serait-il de la trempe des grands lanceurs d'alerte?
MG 


POPE FRANCIS IN THE WILDERNESS
Supporters of Pope Francis say the backlash against his views has only made his voice more vital in the debate over the issues he has chosen to highlight, like migrants, economic inequality and the environment.CreditAngelo Carconi/EPA, via Shutterstock
By Jason Horowitz New York Times
VATICAN CITY — Five years ago, Pope Francis was elected to be an agent of change within a church shaken by scandals and the historic resignation of Benedict XVI. He quickly became a global force in geopolitics, setting the agenda on climate change and care for migrants. World leaders wanted to be near him. Even non-Catholics adored him.
Today, Francis is increasingly embattled. The political climate has shifted abruptly around the world, empowering populists and nationalists who oppose much of what he stands for. Conservative forces arrayed against him within the Vatican have been emboldened, seeking to thwart him on multiple fronts.
Yet a close look at his record since becoming pope and the strong reactions he has engendered also shows that Francis continues to get his way in reorienting the church. And his supporters say that the backlash against his views has only made his voice more vital in the debate inside and outside the church over the issues he has chosen to highlight, like migrants, economic inequality and the environment.
But even they concede that Francis’ message has fallen decidedly out of sync with the prevailing political times, in contrast to, say, Pope John Paul II, who provided the spiritual dimension for Ronald Reagan and Margaret Thatcher’s battle against communism.
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“This is the duty, even if it’s a losing effort,” Cardinal Gianfranco Ravasi, the head of the Vatican’s Pontifical Council for Culture, said of the pope’s role as a global conscience. He said the pope still reached a large audience and exercised power, even if “the world is going in another direction.”
Within the church, Francis, a Jesuit, has been assailed by conservatives threatened by his efforts to undo three decades of their domination, as well as by liberals who had hoped for even more. Both sides complain that the pope is taking the church in the wrong direction and that he has been ruthless with his opponents.
Lucetta Scaraffia, editor of the monthly magazine Women Church World, said that expectations among some secular liberals that Francis would ordain women were “unrealistic,” and that the pope had purposefully taken “little steps” to avoid engendering more resistance. Just this month, she pointed out, he appointed three women as consultants to the church’s doctrinal watchdog.
There has also been more widespread consensus on his failure to hold bishops accountable for clerical sex abuse. It is an issue in which — despite recent notable apologies — critics say he has demonstrated a remarkable tone deafness.
But it is Francis’ prioritizing of social justice over culture-war issues such as abortion that has caused the sharpest internal divisions, with a small but committed group of conservative cardinals publicly suggesting that he is a heretical autocrat leading the faithful toward confusion and schism.
“Dictators usually are not nice,” said H.J.A. Sire, the author of “The Dictator Pope,” one of several new books by conservative Catholics that criticize Francis’ effect on the church. “He is able to present this very subdued image, but people know behind the scenes he works very effectively to hit at his enemies.”
Conservatives, accustomed to getting their way over the past three decades,  speak of a culture of fear inside the Vatican — and worry about Jesuit spies reporting back to Francis.
They point to examples like Cardinal Gerhard Ludwig Müller, once the top doctrinal watchdog in the Roman Catholic Church.
Last year, the pope ordered Cardinal Müller, an ideological conservative who is often at odds with Francis, to fire three priests in his congregation. He said the pope did not give him a reason.
“I’m not able to understand all,” Cardinal Müller said at the time, when asked why Francis had sent them away. He added, “He’s the pope.”
Then the pope fired Cardinal Müller, and observers say he has since stripped the once-powerful Congregation for the Doctrine of the Faith, the protector of church orthodoxy, of its power, replacing it with his own council of loyal cardinals.
They also point to the way the pope has essentially sidelined Cardinal Robert Sarah of Guinea, the conservative leader of the Vatican office overseeing liturgy, and removed the conservative leader of the medieval Roman Catholic order the Knights of Malta.
When it was revealed that Mr. Sire, a member of the order, was the author of “The Dictator Pope,” which had been published under a pen name, he was suspended from the order by the new, pope-approved leader.
“It is an example of the way critics are persecuted under Pope Francis,” Mr. Sire said.
But the main rallying point for conservatives has been the doctrinal opposition to the pope’s exhortation, Amoris Laetitia, which contained a footnote that seemed to open the door for divorced and remarried Catholics to receive holy communion.
A small group of cardinals demanded a formal clarification from Francis, who has ignored them for years. Two of the cardinals have since died, but the group’s leader, the American cardinal Raymond Burke, has pushed on.
On a recent Saturday, Cardinal Burke sat on a panel in the basement of the Church Village hotel in Rome for a conference about confusion in the church. As he noted that the pope can “fall either into heresy or into the dereliction of his primary duty,” conservative supporters cheered him on.
“They matter: Catholics look to cardinals for moral leadership,” said the Rev. James Martin, an editor at large with the Jesuit magazine America and a papal appointee to the Vatican’s secretariat for communications.
But he said that the cardinals, not Pope Francis, were generating confusion in the church.
“The crashing irony is that some of the same people under John Paul II and Benedict XVI said that any disagreement with the pope is tantamount to dissent,” Father Martin said.
Francis usually lets his supporters do the trench fighting for him, but he seemed to have his conservative critics in mind for a major document released this month, in which he bemoaned the harsh attacks in Catholic media.
For a Christian, he wrote, helping migrants was no less holy than opposing abortion.
“Christianity is meant above all to be put into practice,” the pope wrote.
Francis appears to be winning the battle with his conservative critics, said Joshua J. McElwee, a Vatican correspondent with the National Catholic Reporter and co-editor of “A Pope Francis Lexicon,” a collection of essays about Pope Francis.
“He is one of the last absolute monarchs in the world, and what’s happening is he has a vision and he has time to put it in place,” Mr. McElwee said. “The longer he continues, the more likely these changes will be irrevocable.”
Outside the church is another story. Armed only with gestures and prayers, Francis has often found himself on the losing side.
Donald J. Trump, who Francis once suggested was “not Christian” for his desire to build a wall on the Mexican border, is in the White House. In Europe, increasingly authoritarian leaders — among them Andrzej Duda of Poland, Viktor Orban of Hungary and Vladimir V. Putin of Russia — style themselves as defenders of Christian Europe while barring the gates to migrants and refugees.
Closer to home, in Italy, elections in March rewarded the League, an explicitly anti-migrant, right-wing party led by Matteo Salvini. Mr. Salvini visits with Cardinal Burke and makes a point of referring to the pope’s conservative predecessor instead of Francis.

“Happy holy Christmas also to Pope Benedict, who recalled the right not only to emigrate but to not emigrate and defend our history and our culture,” Mr. Salvini said at a rally in Rome in December.
Francis has also made it clear that, globally speaking, he does not like the way things are going.
On the day that Mr. Trump was sworn in as president, the Spanish newspaper El País asked Francis if he was worried about populism, xenophobia and hatred. The pontiff responded with a reference to Hitler.
“Hitler didn’t steal power,” Francis said. “His people voted for him and then he destroyed his people. That is the risk.”
Some of Francis’ supporters believe that he is uniquely prepared to face this rising populist tide because he understands it.
“Francis’ election prepared the church for precisely the challenges posed by the rise of populism and nationalism,” said Austen Ivereigh, the author of “The Great Reformer: Francis and the Making of a Radical Pope.”
He said that Francis’ views were formed in Argentina by a Latin American strain of nationalism and populism focused more on standing up to multinational powers than a European nostalgia for a past of mythic purity.
Nevertheless, his economic critique of transnational powers allowed him to appreciate the grievances of frustrated and unemployed workers.
“He understands why people are angry at globalization,” Mr. Ivereigh said.
But whereas Pope Francis sees migrants — from Myanmar to Milan — as the primary victims of globalization and unrest, the nationalists on both sides of the Atlantic see them as a hostile, unsettling force.
For anti-immigrant populists, the pope simply doesn’t get it. The former Trump adviser Stephen K. Bannon, for example — himself a Catholic — likes to call Francis a communist for his economic policy and the pontiff from Davos for his cultural elitism.
In an interview after the Italian election, in which populist parties won the majority of the electorate’s support, Mr. Bannon said that the result was “a big no vote to the Vatican, not to Catholicism, but particularly these policies.” He rubbed his hands together as he added, “Which you know I got to love.”
But Francis seems comfortable with his new role as a lone voice in the populist wilderness.
This month in the Casa Santa Marta, the residence he has chosen over the grand Apostolic Palace, Francis gave a homily about prophets.
“Sometimes truth is not easy to listen to,” Francis said, noting that “prophets have always had to deal with being persecuted for speaking the truth.”
“A prophet knows when to scold but knows also how to throw open the doors to hope,” he added. “A true prophet puts himself on the line.”


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DON CAMILLO FACE À LA CURIE


mardi 8 mai 2018

Les policiers belges font quotidiennement du profilage ethnique, Jan Jambon réagit


"Je fais du profilage ethnique, c'est vrai, mais je ne vois pas comment je pourrais faire mon travail autrement. Sans discriminer, nous ne pourrions jamais arrêter personne." 
Ces derniers mois, Amnesty International a interrogé 48 fonctionnaires de police du pays sur les pratiques discriminatoires lors des contrôles d'identité.
Les agents manquent d'outils pour éviter le profilage ethnique, déplore l'ONG de défense des droits humains dans un rapport publié mercredi. Le profilage ethnique - c'est-à-dire le recours à des critères tels que la race ou l'origine nationale ou ethnique pour justifier des contrôles en l'absence de motifs objectifs ou raisonnables - est une forme de discrimination interdite par le droit international et belge.
En Belgique, il n'existe pas de statistiques sur le nombre de contrôles d'identité effectués, leurs raisons, leurs résultats et le profil des personnes visées. En vue d'objectiver le recours au profilage ethnique, Amnesty International a interrogé entre juin et janvier dernier 48 policiers (hauts responsables et agents de terrain) des zones de Bruxelles Capitale-Ixelles, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Midi, Charleroi, Liège, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Anvers, Genk et Malines-Willebroek.
L'organisation s'est également entretenue avec 20 personnes issues d'une minorité ethnique ainsi qu'avec des membres du cabinet du ministre de l'Intérieur, de la police fédérale, du Comité P ou encore d'Unia.
La moitié des policiers a admis un problème de profilage ethnique et la même proportion a décrit des pratiques douteuses. Si les agents savent que tout contrôle doit reposer sur un motif légitime, ils manquent de directives claires si bien qu'ils interprètent la loi de manière très large et se fient surtout à leur intuition. Mais ces intuitions sont souvent liées à des stéréotypes, que les agents contribuent consciemment ou non à perpétuer, regrettent les auteurs de l'étude.
"Si on passe dans une rue commerciale et qu'on voit une vieille dame de 80 ans faire du lèche-vitrine, on ne va pas y prêter attention. Si c'est un Marocain de 17 ans qui porte une casquette et qui a l'air nerveux, on va le contrôler. Peut-être qu'il a rendez-vous avec sa copine et que ça le stresse, ou alors il se prépare à braquer le magasin", a par exemple confié un inspecteur.
Trois zones de police (Malines-Willebroek, Bruxelles-Nord et Anvers) mettent actuellement en place une stratégie de lutte contre le profilage ethnique. Mais globalement, les formations et la supervision des fonctionnaires de police restent insuffisantes pour prévenir ce phénomène, estime l'ONG.
Or, effectuer des contrôles sans motif valable n'est pas efficace tandis que, pour les personnes contrôlées, l'impact n'est pas anodin. Beaucoup se sentent stigmatisées et finissent par se méfier de la police, d'où un cercle vicieux.
"Une fois, d'accord, mais si on t'arrête toutes les semaines pour un 'contrôle de routine', on se dit qu'il y a quelque chose qui ne va pas, non?", a ainsi raconté un jeune d'origine marocaine. "Inconsciemment, j'ai commencé à me comporter de manière suspecte. Quand je vois des agents, je détourne la tête, surtout à la gare, je regarde par terre, je ne passe pas à côté d'eux. Du coup, j'ai l'air plus suspect alors que je recherchais l'effet inverse", a observé un autre.
Amnesty International demande à la police et aux autorités belges de reconnaître l'ampleur du problème. Les policiers disposent d'une marge de manoeuvre discrétionnaire, et il est "compréhensible" qu'ils soient alertés par des situations comparables à des expériences passées. Mais "il est nécessaire, avant d'agir par intuition, de réfléchir de manière critique pour déterminer si un motif raisonnable invite à penser que quelque chose ne va pas, ou si le fonctionnaire a un comportement discriminatoire basé sur l'apparence physique. Pour ce faire, les fonctionnaires de police doivent être entraînés à réfléchir de manière critique et à juger leur propre jugement", recommande l'association.
Celle-ci prône aussi l'enregistrement systématique des données sur les contrôles d'identité ainsi que l'élaboration de directives claires sur les motifs légitimes de ces contrôles.
Son rapport, intitulé "On ne sait jamais, avec des gens comme vous", peut être consulté sur son site internet, www.amnesty.be.
Jan Jambon réagit et ne souhaite pas conserver les données des contrôles d'identité policiers
Le profilage ethnique ne fait pas partie de la politique de la police, assure le ministre de l'Intérieur Jan Jambon. Par la voix de son porte-parole, M. Jambon indique ne pas partager le constat selon lequel la police et les autorités politiques n'accorderaient pas suffisamment d'attention à la récurrence de contrôles d'identité discriminatoires. "Jamais un ministre de l'Intérieur n'a fait autant d'effort pour lutter contre le profilage ethnique", estime le porte-parole de Jan Jambon, Olivier Van Raemdonck. Les dangers de ce type d'intervention sont abordés lors des formations et plusieurs initiatives ont été prises ces dernières années. Ainsi, les agents de l'aéroport de Zaventem sont formés depuis 2014 au profilage prédictif (ou "behaviour detection"), une technique qui vise à détecter des situations suspectes sur la base d'indicateurs objectifs, souligne M. Van Raemdonck.
Ces formations de trois jours sont à présent étendues à tout le pays, ajoute-t-il. Avant de préciser que les autorités restent "ouvertes à toute amélioration", sachant que 45 à 50.000 agents travaillent pour la police intégrée et que certains pourraient être mieux sensibilisés à la problématique.
Mardi, Amnesty International a présenté son rapport sur le profilage ethnique au ministre Jambon, la veille de sa publication. Le ministre a assuré à l'ONG que le profilage ethnique n'est jamais une option. Il s'oppose cependant à l'enregistrement systématique des données sur les contrôles d'identité, que l'organisation de défense des droits humains recommande notamment pour éviter que des formes de discrimination restent invisibles.
Jan Jambon considère qu'il faut maintenir une relation de confiance avec les policiers. "Si des fautes sont commises, nous comptons sur le contrôle social interne pour corriger la situation et alerter si nécessaire. Un enregistrement des données pourrait avoir comme effet pervers d'entraver le travail des policiers parce qu'ils se méfieraient de l'administration", d'après son porte-parole. 

Belga


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CONTRÔLES STIGMATISANTS 

Il est clair que la majorité des contrôles relèvent du délit dit de "sale gueule": les agents manquent de directives claires, ils se fient surtout à leur intuition, souvent liées à des stéréotypes"
Amnesty International demande à la police et aux autorités belges de reconnaître l'ampleur du problème. "Les fonctionnaires de police doivent être entraînés à réfléchir de manière critique et à juger leur propre jugement."
"Les agents de l'aéroport de Zaventem sont formés depuis 2014 au profilage prédictif (ou "behaviour detection"), une technique qui vise à détecter des situations suspectes sur la base d'indicateurs objectifs." C'est assurément un pas dans la bonne direction
Il est clair que ces contrôles de routine , lorsqu'ils se répètent ont un effet stigmatisant absolument délétère.
Seul un supplément de formation est de nature à corriger cette situation pernicieuse.
Une fois de plus on en appelle à l'esprit critique. L'esprit critique ne devrait-il pas  être le fondement de toute éducation citoyenne et de toute formation?
MG






De Wever "a peut-être lui-même un peu perdu la niaque"


Le Vif

Source: Belga
La ministre de la Santé et des Affaires sociales Maggie De Block (Open VLD) ne se sent pas concernée par les propos du président de la N-VA Bart De Wever, d'après lequel le gouvernement fédéral aurait perdu la niaque. Selon elle, il n'y a aucun problème au sein de l'exécutif de Charles Michel.

"Je trouve que c'est un peu insultant pour ses ministres. Le vice-Premier Jan Jambon et Johan Van Overtveldt sont très actifs au gouvernement", a notamment déclaré Mme De Block, lors d'interviews sur Radio 1 et La Première. "C'est dommage pour eux que leur président pense qu'ils ne le sont plus", a-t-elle poursuivi.
La libérale flamande reconnaît que l'équipe gouvernementale n'est pas une bande d'amis, mais souligne que cela n'a jamais empêché une collaboration professionnelle. Elle s'étonne par ailleurs de la portée des déclarations de Bart De Wever, estimant "qu'une phrase de lui ne va pas changer la direction du gouvernement".
Le président des nationalistes flamands "a peut-être lui-même un peu perdu la niaque", a-t-elle encore lancé.
Quant aux déclarations de M. Van Overtveldt, qui préconisait récemment de nouvelles économies au sein de la sécurité sociale, Mme De Block a estimé que son département avait déjà fait des efforts importants et qu'elle ne se sentait donc pas concernée. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ICARE 

C'est comme Macron, il se démonétise doucement aux yeux de l'opinion. Une trop forte exposition aux rayons du soleil fait fondre la cire d'abeille des ailes d'Icare qui s'en approche trop. C'est vrai aussi pour Macron. Trop de communication tue la communication.
MG

lundi 7 mai 2018

"La société s'écroule et on regarde"


David Engels
Historien. Le Vif

En quelques années, la périphérie entière de l'Europe s'est transformée soit en champ de bataille, soit en bloc autoritaire - et l'Union européenne reste inactive.
Au Moyen-Orient, le christianisme est en train d'être éradiqué - et l'Occident s'en fiche. Alors que la population africaine explose, l'Europe, en déclin démographique, se transforme en gériatrie à ciel ouvert - et le monde politique reste muet. En Asie, grâce aux capitaux occidentaux, la Chine devient le nouvel hégémon mondial - et personne n'agit. Le parlementarisme n'est plus soutenu que par un quart des citoyens européens - et tout le monde l'ignore. En Belgique, plus de 90 % des citoyens estiment que nous fonçons " droit dans le mur " - et on fait comme si c'était normal. Les océans se noient dans les déchets - et aucune mesure sérieuse n'est prise. Notre système éducatif, jadis à la pointe du progrès, est en pleine décomposition - et le pédagogisme moderne fait tout pour enfoncer le clou. Dans tous les parlements européens, la montée des extrémistes traduit un mécontentement civil fondamental - et les gouvernements ne pensent qu'à prolonger l'agonie par l'inaction.
Bref, tout va très bien, madame la marquise, et il est difficile de ne pas comparer la crise des temps présents aux dernières années d'avant la Première Guerre mondiale, comme les décrit si magistralement Robert Musil dans son roman L'Homme sans qualités, tableau de la société austro-hongroise de l'an 1913 qui, comme la nôtre, " ne subsistait plus que par la force de l'habitude ". Le protagoniste se trouve au coeur d'une commission surréaliste chargée de préparer la célébration, en 1918, du 70e anniversaire de l'ascension au trône de l'empereur François-Joseph en tentant de formuler la " grande idée " du règne. Mais malgré la bonne volonté de tous les participants, l'initiative s'enlise rapidement : l'écart entre réalité et idéal, entre modernité et tradition est trop important, la peur d'offenser des minorités trop grande, l'inertie institutionnelle trop invétérée, la volonté des participants de sacrifier une partie de leurs propres intérêts trop faible...
Dès lors, l'éclatement de la guerre paraît comme l'orage rédempteur balayant les nombreuses contradictions internes d'une société ayant perdu à la fois le sens des réalités et la volonté de survivre, et crée enfin les conditions propres à l'émergence de la société " moderne " - cette société dont nous assistons aux derniers soubresauts. Car ne nous voilons pas la face : l'inertie institutionnalisée, le " bricolage " administratif, le " je-m'enfoutisme " général, le total manque de confiance dans le futur - tout cela n'est rien d'autre que le symptôme classique d'une situation de " fin de règne " où tout le monde attend enfin la mort d'un souverain moribond, sans pour autant avoir l'indélicatesse de proclamer trop tôt son successeur. Mais voilà le dilemme : à force d'attendre trop, on risque de voir non seulement toute une cour, mais parfois aussi toute une société balayée...
L'Homme sans qualités, tomes 1 et 2, par Robert Musil, trad. de l'allemand par Philippe Jaccottet, éd. du Seuil, 2011.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"LA FORCE DE L'HABITUDE"

"L'inertie institutionnalisée, le " bricolage " administratif, le " je-m'enfoutisme " général, le total manque de confiance dans le futur - tout cela n'est rien d'autre que le symptôme classique d'une situation de " fin de règne " où tout le monde attend enfin la mort d'un souverain moribond, sans pour autant avoir l'indélicatesse de proclamer trop tôt son successeur. Mais voilà le dilemme : à force d'attendre trop, on risque de voir non seulement toute une cour, mais parfois aussi toute une société balayée..."
Le souverain moribond dont parle Engels pourrait fort bien être notre chère démocratie européenne , fille ainée de la Grèce et  des Lumières.
Il est vrai que notre "système" donne quelquefois l'impression "de ne plus tenir que par la force de l'habitude".
Ce monsieur David Engels a des accents de Cassandre, fille de Priam et d'Hécube qui  reçut d'Apollon le don de dire l'avenir mais, comme elle se refusa à lui, il décréta que ses prédictions ne seront jamais crues, même de sa famille.
Son propos fait écho à ceux du camarade de combat du Engels historique: Karl Marx dont on célèbre le 200ème anniversaire de la naissance.
Attali nous rappelle que Marx a aussi vu l’importance, "du pillage de la nature, des mouvements migratoires et des dégâts de l’individualisme. Marx est un des premiers penseurs de la globalisation. Il reste un guide pour qui veut bien l’étudier sérieusement."
Observons attentivement l'ampleur que prend, 50 ans après mai 68, le groupe "Black blocs". "Ils étaient 150-200 au moment des manifestations contre la loi Travail. Ils sont 1.200 aujourd'hui. Combien seront-ils demain, si nous laissons faire ? "s'interroge un CRS aguerri.
Incarnant des principes des "nouveaux anarchistes" les black blocs fonctionnent sans hiérarchie, par regroupements ponctuels, le temps d’une manifestation. On y retrouve des anarchistes, des communistes, des écologistes, des féministes et des queers, des sociaux-démocrates en colère et des individus aux études, au chômage, occupant de petits boulots, etc. « Qui nous sommes est moins important que ce que nous voulons. Et nous voulons tout, pour tout le monde." Ces  partisans du "grand refus » (Marcuse) ont un point commun avec les jihadistes terroristes, leur haine de notre système démocratique.
S'ils devaient unir leurs forces, ce serait  un défi très sérieux pour l'avenir de notre société européenne démocratique . Mais l'Europe démocratique  est menacée par un autre challenge, celui des nationalistes anti migrants à la Victor Orban lequel menace de faire imploser l'Union européenne quand il en est le premier bénéficiaire en termes de subsides alloués. "Viktor Orban a précisé que son troisième mandat  serait voué à construire "une démocratie chrétienne enracinée dans la tradition européenne" et "à l'ancienne".
"À force d'attendre trop, on risque de voir toute une société balayée..."
MG 


KARL MARX, PLUS UTILE QUE JAMAIS.

Jacques Attali, (sur son blog)
Il y a deux siècles exactement en Allemagne naissait Karl Marx. Aucun penseur non religieux n’a jamais eu autant d’influence sur l’histoire réelle des hommes. Aucun n’a été aussi commenté, critiqué, par des gens qui n’avaient pas toujours fait l’effort de le lire.
Aussi, ceux qui en restent aux caricatures, ne veulent retenir de lui que les atrocités commises en son nom : des générations d’étudiants déformés, des millions d’espérances gâchées, des dizaines de révolutions détournées, autant de dictatures épouvantables et de massacres de masse. Encore aujourd’hui, bien des gens le citent à tort et à travers, pour faire une lecture sommaire et manichéenne de l’économie, ou pour prétendre qu’il justifie la dictature, ou même pour justifier leur antisémitisme, comme vient de le faire le triste Président de l’autorité palestinienne, (prétendant, à tort que, pour Marx, l’antisémitisme se justifierait par l’activité de préteurs à intérêt des communautés juives en Europe, oubliant que les juifs n’ont été admis en Europe chrétienne à partir de l’an mil qu’à condition de faire le métier de préteur, toujours contre leur gré).
Il serait pourtant si facile d’en revenir aux textes. Et ils ne manquent pas, certains plus faciles à lire que d’autres. On peut commencer par le génial « Manifeste du parti communiste », écrit en une semaine, il y a 170 ans. Et puis tant d’autres, avant d’aborder l’immense « Capital ». On comprendra alors que, pour Marx, la bourgeoisie est une classe formidablement novatrice, porteuse de progrès et de lumière, acteur majeur du progrès et de la liberté. Pour lui, le capitalisme constitue une libération par rapport aux modes de production antérieurs ; il en est à ses débuts, et rien ne sert de tenter d’enrayer sa marche, qui s’étendra jusqu’à ce qu’il soit global, c’est-à-dire qu’il concerne l’humanité toute entière, et tous les échanges de toutes les marchandises entre tous les hommes. Alors, il ne pourra que s’effondrer, dans une crise finale, qui laissera la place non à un système de répartition de la rareté, mais une société d’abondance absolue.
En attendant, la seule action politique à laquelle il croyait, c’était l’organisation mondiale des travailleurs, pour faire face à un capitalisme de plus en plus global et tenter d’en accélérer la crise en empêchant les actionnaires de récupérer l’essentiel de la plus-value créée par le travail des salariés.
En conséquence, pour lui, il ne peut y avoir de socialisme dans un seul pays ; et dans les dernières années de sa vie, il s’était même opposé à ce qui s’annonçait en Russie, qui n’était pas pour lui le meilleur pays pour entreprendre une révolution, qui ne pouvait, d’ailleurs, n’être que mondiale. Et pour comprendre ce qu’il nomme « la dictature du prolétariat », il faut lire ses réflexions sur la Commune de Paris ; on y verra que le régime qu’il nomme ainsi protège les libertés formelles et n’a rien à voir avec l’épouvantable système totalitaire né de la révolution soviétique.
On pourrait citer bien d’innombrables autres exemples de ses réflexions si prophétiques. Même sur des sujets apparemment aussi particuliers que la musique (ce qui l’amène à théoriser, un des tous premiers, l’économie immatérielle). Et d’autres, dont il a aussi vu l’importance, comme le pillage de la nature, les mouvements migratoires et les dégâts de l’individualisme.
De fait, quand on veut bien faire l’effort de pénétrer son œuvre, on en comprend l’incroyable actualité : Marx est un des premiers penseurs de la globalisation. Il reste un guide pour qui veut bien l’étudier sérieusement. Et qui veut bien comprendre que le socialisme ne se construit pas à la place du capitalisme, mais après lui.
Il nous apprend que toute dictature se nourrit de la caricature d’une pensée complexe. Et que, si on veut comprendre la globalisation et ses avatars à venir, on a intérêt à le lire, à le relire, et à se nourrir de l’espérance qu’il porte.
Naturellement, il n’est pas un guide unique, et bien d’autres pensées sont utiles pour comprendre l’avenir. A commencer par celles qui analysent en profondeur les passions humaines : c’est par un dialogue sans cesse renouvelé entre Marx et Shakespeare, et tant d’autres après eux, qu’on peut éclairer l’avenir.
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Bicentenaire de Karl Marx: l'auteur du Capital en dix dates
•Par   Alexis Feertchak  Figaro

CHRONOLOGIE - Celui qui donna son nom au marxisme et façonna profondément le 20e siècle par sa théorie de la révolution aurait eu deux siècles ce samedi. À cette occasion, retrouvez les dix dates qui ont marqué la vie et l'œuvre de ce philosophe aussi admiré que décrié.
● 1818: NAISSANCE EN ALLEMAGNE
Karl Marx naît le 5 mai à Trèves, dans le Royaume de Prusse, loin du mouvement ouvrier. Son père avocat, Heinrich Marx, descend d'une famille de rabbins ashkénazes, mais s'est converti au protestantisme peu avant la naissance de son fils, pour pouvoir exercer sa profession. C'est également le cas, quelques années plus tard, de sa mère, Henriette Pressbourg, issue d'une famille juive hollandaise.
● 1841: IL OBTIENT SON DOCTORAT EN PHILOSOPHIE
Il soutient en 1841 sa thèse sur Démocrite et Epicure. Ses années étudiantes à Berlin sont marquées par un engagement déjà politique. Il fait partie des «jeunes hégéliens» encore appelés «hégéliens de gauche», des disciples du philosophe allemand G. W. F. Hegel, dont ils reprennent la méthode dialectique, mais dans une forme révolutionnaire qui s'attaque tant à la religion - notamment chrétienne - qu'à la politique - notamment le régime de la Prusse impériale. En 1842, à Cologne, il devient rédacteur en chef d'un nouveau journal, La Gazette rhénane, mais son orientation révolutionnaire lui vaut d'être interdit dès 1843.
● 1843: MARIAGE AVEC JENNY VON WESTPHALEN
Il épouse cette année-là une amie d'enfance, originaire d'une famille de la noblesse rhénane, Jenny von Westphalen, dont le frère aîné, particulièrement conservateur, sera ministre de l'Intérieur en Prusse. Ils auront sept enfants, mais quatre d'entre eux mourront en bas âge. Cette même année, il s'installe à Paris pour fuir la censure.
● 1844: RENCONTRE AVEC ENGELS
C'est le début d'une grande amitié et d'une longue collaboration. À Paris, il rencontre le révolutionnaire Friedrich Engels, fils d'un riche industriel. En 1845, expulsé de France, Karl Marx se réfugie à Bruxelles, où il devient vice-président de l'Association démocratique de Bruxelles. Avec son ami Engels, il adhère aussi à la Ligue des communistes, pour laquelle ils publient en 1848 le célèbre Manifeste du parti communiste. On peut y lire ces mots célèbres: «Les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les idées de la classe dominante».
● 1848: RÉVOLUTION EN FRANCE PUIS EN ALLEMAGNE
En France, la révolution de 1848 entraîne la chute du roi Louis-Philippe. C'est l'occasion pour Marx de revenir à Paris, avant de rejoindre l'Allemagne quand la révolution s'y exporte. Mais celle-ci ne dure pas longtemps et il rejoint Londres en 1849, où il s'installe définitivement. Il y vit pauvrement, aidé financièrement par Engels. Il publie, en 1852, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, une critique de Napoléon III et de son coup d'État de 1851. On peut y lire notamment cette phrase célèbre, en référence à un autre coup d'État, celui de Napoléon 1er en 1799: «Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.»
● 1864: LA «PREMIÈRE INTERNATIONALE»
Le 28 septembre 1864, des syndicalistes britanniques organisent à Londres un congrès ouvrier qui a vocation à réunir leurs homologues de toute l'Europe. À cette occasion est créée l'Association internationale des Travailleurs (AIT), qui sera appelée ultérieurement la «Première internationale». Karl Marx y joue un rôle structurant puisqu'il publie à cette occasion une «Adresse inaugurale», dans laquelle il estime notamment que «l'émancipation définitive de la classe travailleuse» passera par «l'abolition définitive du salariat».
● 1867: PUBLICATION DE LA PREMIÈRE PARTIE DU CAPITAL
Au-delà de ses activités au sein de l'AIT, Marx se livre surtout à ses recherches en économie, en histoire et en philosophie. Il publiera au total une soixantaine d'ouvrages. Mais son ouvrage phare, pour lequel il a travaillé plus de vingt ans, reste Le Capital, dont il publie la première partie en 1867. Cette œuvre monumentale est, comme son sous-titre l'indique, une «critique de l'économie politique». Marx y décrit les contradictions inhérentes du capitalisme, qui le mèneront, selon lui, à son effondrement, et dénonce l'exploitation des classes laborieuses. Selon sa «théorie de la plus-value» développée à partir d'un concept du sociologue révolutionnaire Pierre-Joseph Proudhon, la bourgeoisie capte la plus-value du travail ouvrier, amassant toujours plus de capital.
Au-delà de son aspect économique, Le Capital a une forte dimension philosophique. Le moteur de l'histoire est, selon Marx, la lutte des classes. Dans ce cadre, le prolétariat doit s'unir à l'échelle internationale pour prendre le pouvoir et doit ensuite organiser une dictature pour abolir les classes sociales. Une fois achevée cette phase (supposée) transitoire, Marx imagine une nouvelle période de démocratie réelle où l'État, qui n'a plus lieu d'être, est aboli. C'est le communisme proprement dit, qui apparaît comme la fin ultime du projet marxiste, alors que le socialisme apparaît davantage comme le moyen d'y accéder.
● 1872: CONFLIT AVEC BAKOUNINE
En 1868, le révolutionnaire russe Mikhaïl Bakounine, théoricien de l'anarchisme, décide d'adhérer à l'Association internationale des Travailleurs. «Ma patrie maintenant, c'est l'Internationale, dont tu es l'un des principaux fondateurs. Tu vois donc, cher ami, que je suis ton disciple, et je suis fier de l'être», écrit-il à Marx. Cette idylle ne dure pas longtemps. Marx soupçonne Bakounine de vouloir devenir le «dictateur du mouvement ouvrier européen», ce dernier évoquant une possible «lutte à mort» avec son rival. Il y a, entre eux, un débat de fond. Les marxistes reprochent aux anarchistes de mettre la charrue avant les bœufs. Pour les premiers, l'anarchie n'est pas un moyen, mais une fin: après la dictature du prolétariat et l'abolition des classes, l'État peut disparaître, mais pas avant. La scission entre les deux groupes a lieu en 1872 à La Haye lors du VIIIe congrès de l'AIT.
● 1883: MORT À LONDRES
Quand il meurt à Londres, en 1883, à l'âge de 64 ans, Marx a déjà gagné une influence considérable, mais, en revanche, sur le plan politique, le «Première internationale» n'a pas survécu à ses luttes intestines. L'AIT est dissoute dès 1876.
● 1885-1894: PUBLICATION POSTHUME, PAR ENGELS, DE LA FIN DE LE CAPITAL
Engels a récupéré, à la mort de Marx, les brouillons de la fin du Capital. Il publie les livres 2 et 3 en 1885 et en 1894, formant ainsi le second tome de cette bible du communisme. En 1889, Engels fut aussi à l'origine de l'Internationale ouvrière, la «Deuxième internationale». Rétrospectivement, avec l'essor des régimes communistes au 20e siècle, Karl Marx apparaît comme l'un des philosophes les plus influents de l'histoire. «Les philosophes n'ont fait jusqu'ici qu'interpréter le monde, il s'agit maintenant de le transformer», écrivait-il dans ses Thèses sur Feuerbach. Une maxime qui s'est révélée partiellement exacte, pour le meilleur et pour le pire, même si, en la matière, sa possible responsabilité, quoiqu'indirecte, dans les crimes du communisme fait toujours l'objet d'inextricables débats idéologiques.


BUDGET DE L'UE : VIKTOR ORBAN NE VEUT PAS "UN SEUL CENTIME POUR LES MIGRANTS"
Le Vif
04/05/18 à 15:59 - Mise à jour à 15:58
Source: Belga
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a averti vendredi que Budapest n'hésiterait pas à opposer son veto au projet de budget post-Brexit de l'Union européenne.
Ce dernier propose notamment de lier le versement de fonds européens au respect de l'Etat de droit, mais aussi de débloquer des moyens pour l'intégration des migrants. "Pas un seul centime ne doit être donné pour les migrants", a prévenu le dirigeant ultranationaliste.
"Il doit y avoir unanimité, donc les Hongrois n'ont pas à s'inquiéter", a déclaré M. Orban lors d'une de ses interventions régulières à la radio publique hongroise. "Tant que les Hongrois ne donneront pas leur feu vert, il n'y aura pas de budget". Dans sa proposition de budget de l'UE pour la période 2021-2027, la Commission européenne a proposé d'établir un lien inédit entre versement des fonds européens à un pays et respect de l'Etat de droit.
Budapest - comme Varsovie - a été critiqué à de nombreuses reprises par l'exécutif européen pour avoir pris des mesures considérées comme portant atteinte aux normes démocratiques.
Jeudi, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto avait vivement réagi, qualifiant de "chantage" cette proposition basée selon lui sur des "critères subjectifs".
M. Orban, au pouvoir depuis 2010, a assuré vendredi que la Hongrie n'avait rien à craindre d'une évaluation basée sur le respect de l'Etat de droit, affirmant que le pays avait reçu un satisfecit de Bruxelles en 2013. "Nous pouvons être tranquilles", a dit le Premier ministre.
Il a en revanche promis de se montrer ferme sur la politique migratoire, dont il a fait son cheval de bataille: "Je ne soutiendrai pas un budget européen qui prendrait aux agriculteurs, ou à la recherche et au développement pour donner aux pays qui laissent entrer des migrants", a-t-il prévenu. "Pas un seul centime ne doit être donné pour les migrants", a insisté le dirigeant de 54 ans, ouvertement hostile à l'immigration musulmane en Europe. Membre de l'UE depuis 2004, la Hongrie fait partie des principaux bénéficiaires nets de fonds européens.
Réélu en avril avec une majorité des deux-tiers au parlement qui lui donne les coudées franches, Viktor Orban a indiqué dans la même interview que son troisième mandat d'affilée serait voué à construire "une démocratie chrétienne enracinée dans la tradition européenne" et "à l'ancienne".