lundi 7 mai 2018

"La société s'écroule et on regarde"


David Engels
Historien. Le Vif

En quelques années, la périphérie entière de l'Europe s'est transformée soit en champ de bataille, soit en bloc autoritaire - et l'Union européenne reste inactive.
Au Moyen-Orient, le christianisme est en train d'être éradiqué - et l'Occident s'en fiche. Alors que la population africaine explose, l'Europe, en déclin démographique, se transforme en gériatrie à ciel ouvert - et le monde politique reste muet. En Asie, grâce aux capitaux occidentaux, la Chine devient le nouvel hégémon mondial - et personne n'agit. Le parlementarisme n'est plus soutenu que par un quart des citoyens européens - et tout le monde l'ignore. En Belgique, plus de 90 % des citoyens estiment que nous fonçons " droit dans le mur " - et on fait comme si c'était normal. Les océans se noient dans les déchets - et aucune mesure sérieuse n'est prise. Notre système éducatif, jadis à la pointe du progrès, est en pleine décomposition - et le pédagogisme moderne fait tout pour enfoncer le clou. Dans tous les parlements européens, la montée des extrémistes traduit un mécontentement civil fondamental - et les gouvernements ne pensent qu'à prolonger l'agonie par l'inaction.
Bref, tout va très bien, madame la marquise, et il est difficile de ne pas comparer la crise des temps présents aux dernières années d'avant la Première Guerre mondiale, comme les décrit si magistralement Robert Musil dans son roman L'Homme sans qualités, tableau de la société austro-hongroise de l'an 1913 qui, comme la nôtre, " ne subsistait plus que par la force de l'habitude ". Le protagoniste se trouve au coeur d'une commission surréaliste chargée de préparer la célébration, en 1918, du 70e anniversaire de l'ascension au trône de l'empereur François-Joseph en tentant de formuler la " grande idée " du règne. Mais malgré la bonne volonté de tous les participants, l'initiative s'enlise rapidement : l'écart entre réalité et idéal, entre modernité et tradition est trop important, la peur d'offenser des minorités trop grande, l'inertie institutionnelle trop invétérée, la volonté des participants de sacrifier une partie de leurs propres intérêts trop faible...
Dès lors, l'éclatement de la guerre paraît comme l'orage rédempteur balayant les nombreuses contradictions internes d'une société ayant perdu à la fois le sens des réalités et la volonté de survivre, et crée enfin les conditions propres à l'émergence de la société " moderne " - cette société dont nous assistons aux derniers soubresauts. Car ne nous voilons pas la face : l'inertie institutionnalisée, le " bricolage " administratif, le " je-m'enfoutisme " général, le total manque de confiance dans le futur - tout cela n'est rien d'autre que le symptôme classique d'une situation de " fin de règne " où tout le monde attend enfin la mort d'un souverain moribond, sans pour autant avoir l'indélicatesse de proclamer trop tôt son successeur. Mais voilà le dilemme : à force d'attendre trop, on risque de voir non seulement toute une cour, mais parfois aussi toute une société balayée...
L'Homme sans qualités, tomes 1 et 2, par Robert Musil, trad. de l'allemand par Philippe Jaccottet, éd. du Seuil, 2011.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"LA FORCE DE L'HABITUDE"

"L'inertie institutionnalisée, le " bricolage " administratif, le " je-m'enfoutisme " général, le total manque de confiance dans le futur - tout cela n'est rien d'autre que le symptôme classique d'une situation de " fin de règne " où tout le monde attend enfin la mort d'un souverain moribond, sans pour autant avoir l'indélicatesse de proclamer trop tôt son successeur. Mais voilà le dilemme : à force d'attendre trop, on risque de voir non seulement toute une cour, mais parfois aussi toute une société balayée..."
Le souverain moribond dont parle Engels pourrait fort bien être notre chère démocratie européenne , fille ainée de la Grèce et  des Lumières.
Il est vrai que notre "système" donne quelquefois l'impression "de ne plus tenir que par la force de l'habitude".
Ce monsieur David Engels a des accents de Cassandre, fille de Priam et d'Hécube qui  reçut d'Apollon le don de dire l'avenir mais, comme elle se refusa à lui, il décréta que ses prédictions ne seront jamais crues, même de sa famille.
Son propos fait écho à ceux du camarade de combat du Engels historique: Karl Marx dont on célèbre le 200ème anniversaire de la naissance.
Attali nous rappelle que Marx a aussi vu l’importance, "du pillage de la nature, des mouvements migratoires et des dégâts de l’individualisme. Marx est un des premiers penseurs de la globalisation. Il reste un guide pour qui veut bien l’étudier sérieusement."
Observons attentivement l'ampleur que prend, 50 ans après mai 68, le groupe "Black blocs". "Ils étaient 150-200 au moment des manifestations contre la loi Travail. Ils sont 1.200 aujourd'hui. Combien seront-ils demain, si nous laissons faire ? "s'interroge un CRS aguerri.
Incarnant des principes des "nouveaux anarchistes" les black blocs fonctionnent sans hiérarchie, par regroupements ponctuels, le temps d’une manifestation. On y retrouve des anarchistes, des communistes, des écologistes, des féministes et des queers, des sociaux-démocrates en colère et des individus aux études, au chômage, occupant de petits boulots, etc. « Qui nous sommes est moins important que ce que nous voulons. Et nous voulons tout, pour tout le monde." Ces  partisans du "grand refus » (Marcuse) ont un point commun avec les jihadistes terroristes, leur haine de notre système démocratique.
S'ils devaient unir leurs forces, ce serait  un défi très sérieux pour l'avenir de notre société européenne démocratique . Mais l'Europe démocratique  est menacée par un autre challenge, celui des nationalistes anti migrants à la Victor Orban lequel menace de faire imploser l'Union européenne quand il en est le premier bénéficiaire en termes de subsides alloués. "Viktor Orban a précisé que son troisième mandat  serait voué à construire "une démocratie chrétienne enracinée dans la tradition européenne" et "à l'ancienne".
"À force d'attendre trop, on risque de voir toute une société balayée..."
MG 


KARL MARX, PLUS UTILE QUE JAMAIS.

Jacques Attali, (sur son blog)
Il y a deux siècles exactement en Allemagne naissait Karl Marx. Aucun penseur non religieux n’a jamais eu autant d’influence sur l’histoire réelle des hommes. Aucun n’a été aussi commenté, critiqué, par des gens qui n’avaient pas toujours fait l’effort de le lire.
Aussi, ceux qui en restent aux caricatures, ne veulent retenir de lui que les atrocités commises en son nom : des générations d’étudiants déformés, des millions d’espérances gâchées, des dizaines de révolutions détournées, autant de dictatures épouvantables et de massacres de masse. Encore aujourd’hui, bien des gens le citent à tort et à travers, pour faire une lecture sommaire et manichéenne de l’économie, ou pour prétendre qu’il justifie la dictature, ou même pour justifier leur antisémitisme, comme vient de le faire le triste Président de l’autorité palestinienne, (prétendant, à tort que, pour Marx, l’antisémitisme se justifierait par l’activité de préteurs à intérêt des communautés juives en Europe, oubliant que les juifs n’ont été admis en Europe chrétienne à partir de l’an mil qu’à condition de faire le métier de préteur, toujours contre leur gré).
Il serait pourtant si facile d’en revenir aux textes. Et ils ne manquent pas, certains plus faciles à lire que d’autres. On peut commencer par le génial « Manifeste du parti communiste », écrit en une semaine, il y a 170 ans. Et puis tant d’autres, avant d’aborder l’immense « Capital ». On comprendra alors que, pour Marx, la bourgeoisie est une classe formidablement novatrice, porteuse de progrès et de lumière, acteur majeur du progrès et de la liberté. Pour lui, le capitalisme constitue une libération par rapport aux modes de production antérieurs ; il en est à ses débuts, et rien ne sert de tenter d’enrayer sa marche, qui s’étendra jusqu’à ce qu’il soit global, c’est-à-dire qu’il concerne l’humanité toute entière, et tous les échanges de toutes les marchandises entre tous les hommes. Alors, il ne pourra que s’effondrer, dans une crise finale, qui laissera la place non à un système de répartition de la rareté, mais une société d’abondance absolue.
En attendant, la seule action politique à laquelle il croyait, c’était l’organisation mondiale des travailleurs, pour faire face à un capitalisme de plus en plus global et tenter d’en accélérer la crise en empêchant les actionnaires de récupérer l’essentiel de la plus-value créée par le travail des salariés.
En conséquence, pour lui, il ne peut y avoir de socialisme dans un seul pays ; et dans les dernières années de sa vie, il s’était même opposé à ce qui s’annonçait en Russie, qui n’était pas pour lui le meilleur pays pour entreprendre une révolution, qui ne pouvait, d’ailleurs, n’être que mondiale. Et pour comprendre ce qu’il nomme « la dictature du prolétariat », il faut lire ses réflexions sur la Commune de Paris ; on y verra que le régime qu’il nomme ainsi protège les libertés formelles et n’a rien à voir avec l’épouvantable système totalitaire né de la révolution soviétique.
On pourrait citer bien d’innombrables autres exemples de ses réflexions si prophétiques. Même sur des sujets apparemment aussi particuliers que la musique (ce qui l’amène à théoriser, un des tous premiers, l’économie immatérielle). Et d’autres, dont il a aussi vu l’importance, comme le pillage de la nature, les mouvements migratoires et les dégâts de l’individualisme.
De fait, quand on veut bien faire l’effort de pénétrer son œuvre, on en comprend l’incroyable actualité : Marx est un des premiers penseurs de la globalisation. Il reste un guide pour qui veut bien l’étudier sérieusement. Et qui veut bien comprendre que le socialisme ne se construit pas à la place du capitalisme, mais après lui.
Il nous apprend que toute dictature se nourrit de la caricature d’une pensée complexe. Et que, si on veut comprendre la globalisation et ses avatars à venir, on a intérêt à le lire, à le relire, et à se nourrir de l’espérance qu’il porte.
Naturellement, il n’est pas un guide unique, et bien d’autres pensées sont utiles pour comprendre l’avenir. A commencer par celles qui analysent en profondeur les passions humaines : c’est par un dialogue sans cesse renouvelé entre Marx et Shakespeare, et tant d’autres après eux, qu’on peut éclairer l’avenir.
j@attali.com



Bicentenaire de Karl Marx: l'auteur du Capital en dix dates
•Par   Alexis Feertchak  Figaro

CHRONOLOGIE - Celui qui donna son nom au marxisme et façonna profondément le 20e siècle par sa théorie de la révolution aurait eu deux siècles ce samedi. À cette occasion, retrouvez les dix dates qui ont marqué la vie et l'œuvre de ce philosophe aussi admiré que décrié.
● 1818: NAISSANCE EN ALLEMAGNE
Karl Marx naît le 5 mai à Trèves, dans le Royaume de Prusse, loin du mouvement ouvrier. Son père avocat, Heinrich Marx, descend d'une famille de rabbins ashkénazes, mais s'est converti au protestantisme peu avant la naissance de son fils, pour pouvoir exercer sa profession. C'est également le cas, quelques années plus tard, de sa mère, Henriette Pressbourg, issue d'une famille juive hollandaise.
● 1841: IL OBTIENT SON DOCTORAT EN PHILOSOPHIE
Il soutient en 1841 sa thèse sur Démocrite et Epicure. Ses années étudiantes à Berlin sont marquées par un engagement déjà politique. Il fait partie des «jeunes hégéliens» encore appelés «hégéliens de gauche», des disciples du philosophe allemand G. W. F. Hegel, dont ils reprennent la méthode dialectique, mais dans une forme révolutionnaire qui s'attaque tant à la religion - notamment chrétienne - qu'à la politique - notamment le régime de la Prusse impériale. En 1842, à Cologne, il devient rédacteur en chef d'un nouveau journal, La Gazette rhénane, mais son orientation révolutionnaire lui vaut d'être interdit dès 1843.
● 1843: MARIAGE AVEC JENNY VON WESTPHALEN
Il épouse cette année-là une amie d'enfance, originaire d'une famille de la noblesse rhénane, Jenny von Westphalen, dont le frère aîné, particulièrement conservateur, sera ministre de l'Intérieur en Prusse. Ils auront sept enfants, mais quatre d'entre eux mourront en bas âge. Cette même année, il s'installe à Paris pour fuir la censure.
● 1844: RENCONTRE AVEC ENGELS
C'est le début d'une grande amitié et d'une longue collaboration. À Paris, il rencontre le révolutionnaire Friedrich Engels, fils d'un riche industriel. En 1845, expulsé de France, Karl Marx se réfugie à Bruxelles, où il devient vice-président de l'Association démocratique de Bruxelles. Avec son ami Engels, il adhère aussi à la Ligue des communistes, pour laquelle ils publient en 1848 le célèbre Manifeste du parti communiste. On peut y lire ces mots célèbres: «Les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les idées de la classe dominante».
● 1848: RÉVOLUTION EN FRANCE PUIS EN ALLEMAGNE
En France, la révolution de 1848 entraîne la chute du roi Louis-Philippe. C'est l'occasion pour Marx de revenir à Paris, avant de rejoindre l'Allemagne quand la révolution s'y exporte. Mais celle-ci ne dure pas longtemps et il rejoint Londres en 1849, où il s'installe définitivement. Il y vit pauvrement, aidé financièrement par Engels. Il publie, en 1852, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, une critique de Napoléon III et de son coup d'État de 1851. On peut y lire notamment cette phrase célèbre, en référence à un autre coup d'État, celui de Napoléon 1er en 1799: «Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.»
● 1864: LA «PREMIÈRE INTERNATIONALE»
Le 28 septembre 1864, des syndicalistes britanniques organisent à Londres un congrès ouvrier qui a vocation à réunir leurs homologues de toute l'Europe. À cette occasion est créée l'Association internationale des Travailleurs (AIT), qui sera appelée ultérieurement la «Première internationale». Karl Marx y joue un rôle structurant puisqu'il publie à cette occasion une «Adresse inaugurale», dans laquelle il estime notamment que «l'émancipation définitive de la classe travailleuse» passera par «l'abolition définitive du salariat».
● 1867: PUBLICATION DE LA PREMIÈRE PARTIE DU CAPITAL
Au-delà de ses activités au sein de l'AIT, Marx se livre surtout à ses recherches en économie, en histoire et en philosophie. Il publiera au total une soixantaine d'ouvrages. Mais son ouvrage phare, pour lequel il a travaillé plus de vingt ans, reste Le Capital, dont il publie la première partie en 1867. Cette œuvre monumentale est, comme son sous-titre l'indique, une «critique de l'économie politique». Marx y décrit les contradictions inhérentes du capitalisme, qui le mèneront, selon lui, à son effondrement, et dénonce l'exploitation des classes laborieuses. Selon sa «théorie de la plus-value» développée à partir d'un concept du sociologue révolutionnaire Pierre-Joseph Proudhon, la bourgeoisie capte la plus-value du travail ouvrier, amassant toujours plus de capital.
Au-delà de son aspect économique, Le Capital a une forte dimension philosophique. Le moteur de l'histoire est, selon Marx, la lutte des classes. Dans ce cadre, le prolétariat doit s'unir à l'échelle internationale pour prendre le pouvoir et doit ensuite organiser une dictature pour abolir les classes sociales. Une fois achevée cette phase (supposée) transitoire, Marx imagine une nouvelle période de démocratie réelle où l'État, qui n'a plus lieu d'être, est aboli. C'est le communisme proprement dit, qui apparaît comme la fin ultime du projet marxiste, alors que le socialisme apparaît davantage comme le moyen d'y accéder.
● 1872: CONFLIT AVEC BAKOUNINE
En 1868, le révolutionnaire russe Mikhaïl Bakounine, théoricien de l'anarchisme, décide d'adhérer à l'Association internationale des Travailleurs. «Ma patrie maintenant, c'est l'Internationale, dont tu es l'un des principaux fondateurs. Tu vois donc, cher ami, que je suis ton disciple, et je suis fier de l'être», écrit-il à Marx. Cette idylle ne dure pas longtemps. Marx soupçonne Bakounine de vouloir devenir le «dictateur du mouvement ouvrier européen», ce dernier évoquant une possible «lutte à mort» avec son rival. Il y a, entre eux, un débat de fond. Les marxistes reprochent aux anarchistes de mettre la charrue avant les bœufs. Pour les premiers, l'anarchie n'est pas un moyen, mais une fin: après la dictature du prolétariat et l'abolition des classes, l'État peut disparaître, mais pas avant. La scission entre les deux groupes a lieu en 1872 à La Haye lors du VIIIe congrès de l'AIT.
● 1883: MORT À LONDRES
Quand il meurt à Londres, en 1883, à l'âge de 64 ans, Marx a déjà gagné une influence considérable, mais, en revanche, sur le plan politique, le «Première internationale» n'a pas survécu à ses luttes intestines. L'AIT est dissoute dès 1876.
● 1885-1894: PUBLICATION POSTHUME, PAR ENGELS, DE LA FIN DE LE CAPITAL
Engels a récupéré, à la mort de Marx, les brouillons de la fin du Capital. Il publie les livres 2 et 3 en 1885 et en 1894, formant ainsi le second tome de cette bible du communisme. En 1889, Engels fut aussi à l'origine de l'Internationale ouvrière, la «Deuxième internationale». Rétrospectivement, avec l'essor des régimes communistes au 20e siècle, Karl Marx apparaît comme l'un des philosophes les plus influents de l'histoire. «Les philosophes n'ont fait jusqu'ici qu'interpréter le monde, il s'agit maintenant de le transformer», écrivait-il dans ses Thèses sur Feuerbach. Une maxime qui s'est révélée partiellement exacte, pour le meilleur et pour le pire, même si, en la matière, sa possible responsabilité, quoiqu'indirecte, dans les crimes du communisme fait toujours l'objet d'inextricables débats idéologiques.


BUDGET DE L'UE : VIKTOR ORBAN NE VEUT PAS "UN SEUL CENTIME POUR LES MIGRANTS"
Le Vif
04/05/18 à 15:59 - Mise à jour à 15:58
Source: Belga
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a averti vendredi que Budapest n'hésiterait pas à opposer son veto au projet de budget post-Brexit de l'Union européenne.
Ce dernier propose notamment de lier le versement de fonds européens au respect de l'Etat de droit, mais aussi de débloquer des moyens pour l'intégration des migrants. "Pas un seul centime ne doit être donné pour les migrants", a prévenu le dirigeant ultranationaliste.
"Il doit y avoir unanimité, donc les Hongrois n'ont pas à s'inquiéter", a déclaré M. Orban lors d'une de ses interventions régulières à la radio publique hongroise. "Tant que les Hongrois ne donneront pas leur feu vert, il n'y aura pas de budget". Dans sa proposition de budget de l'UE pour la période 2021-2027, la Commission européenne a proposé d'établir un lien inédit entre versement des fonds européens à un pays et respect de l'Etat de droit.
Budapest - comme Varsovie - a été critiqué à de nombreuses reprises par l'exécutif européen pour avoir pris des mesures considérées comme portant atteinte aux normes démocratiques.
Jeudi, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto avait vivement réagi, qualifiant de "chantage" cette proposition basée selon lui sur des "critères subjectifs".
M. Orban, au pouvoir depuis 2010, a assuré vendredi que la Hongrie n'avait rien à craindre d'une évaluation basée sur le respect de l'Etat de droit, affirmant que le pays avait reçu un satisfecit de Bruxelles en 2013. "Nous pouvons être tranquilles", a dit le Premier ministre.
Il a en revanche promis de se montrer ferme sur la politique migratoire, dont il a fait son cheval de bataille: "Je ne soutiendrai pas un budget européen qui prendrait aux agriculteurs, ou à la recherche et au développement pour donner aux pays qui laissent entrer des migrants", a-t-il prévenu. "Pas un seul centime ne doit être donné pour les migrants", a insisté le dirigeant de 54 ans, ouvertement hostile à l'immigration musulmane en Europe. Membre de l'UE depuis 2004, la Hongrie fait partie des principaux bénéficiaires nets de fonds européens.
Réélu en avril avec une majorité des deux-tiers au parlement qui lui donne les coudées franches, Viktor Orban a indiqué dans la même interview que son troisième mandat d'affilée serait voué à construire "une démocratie chrétienne enracinée dans la tradition européenne" et "à l'ancienne".

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