vendredi 31 août 2018

Schaerbeek: Les riverains du quartier Louis Bertrand mécontents


RICHARD DE WULF, DH

Les riverains du quartier Louis Bertrand, à Schaerbeek, sont à bout. Ils ne supportent plus les nuisances massives et récurrentes cet été qui se déroulent sur l’espace vert situé devant la tour Brusilia, et ils ont décidé de le dénoncer.
Le comité de quartier a décidé de solliciter la commune afin de trouver une solution aux problèmes. Une membre du comité a d’ailleurs publié un message sur le groupe Facebook regroupant les habitants de Schaerbeek. "C’est vraiment la goutte d’eau. Une de nos membres a une vue directe sur la zone et moi je la vois depuis ma terrasse. La situation est problématique et nous voulons attirer l’attention des autorités là-dessus. On ne peut pas laisser la situation comme cela. Cette lettre a donc été envoyée au nom du comité dans ce but par une membre fondatrice", raconte un membre du comité de quartier.
Les habitants reprochent la présence massive de personnes qui ne sont pas encadrées, selon eux, par la commune. Ils pointent aussi la saleté qu’ils jugent importante sur la pelouse Louis Bertrand. "Depuis le début du beau temps, il y a des rassemblements sur la pelouse, c’est rempli de gens. C’est compréhensible avec le beau temps, mais cela crée de vrais problèmes. Il n’y a aucune surveillance. On ne voit ni gardiens de la paix, ni policiers. Les personnes restent là, parfois avec des enfants, jusqu’à 1 ou 2 heures du matin. Il y a aussi la problématique de la propreté. Il est bien normal que les gens profitent de l’espace vert, mais ils laissent beaucoup de déchets sur place. Ce n’est pas normal. Nous voulons alerter sur le fait que les choses se dégradent à cet endroit", commente la personne de contact du comité.
La commune est bien consciente de la situation et ne nie pas les problèmes occasionnés cet été. Le cabinet du bourgmestre explique d’ailleurs que des actions pour la propreté sont mises en œuvre sur la pelouse devant le Brusilia comme des opérations théâtrales de sensibilisation.
Le chef de cabinet, Marc Weber, explique également : "Il y a effectivement une occupation très importante de la pelouse devant le Brusilia cette année. C’est en lien avec la densité de population qui augmente et la canicule de ces derniers jours qui rendent difficile la vie à l’intérieur. Le service propreté de la commune est actif et passe très régulièrement pour nettoyer. Mais on ne peut pas être derrière tous les groupes présents sur la pelouse.
Richard De Wulf


COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT
LA VACANCE DE MONIEUR HULOT

Nicolas Hulot a remis sa démission. On pourrait dire et on pourrait croire que ceci n'a aucun rapport avec les pelouses saccagées et outragées de l'avenue Louis Bertrand.  Et on aurait tort. Très grand tort. Car on s’aveuglerait. Notre monde se démonde sous nos regards ébahis;  le réchauffement climatique est tel que nos habitudes se modifient  et que l'espace public change de fonction à Schaerbeek, au parc Maximilien, au parc de Bruxelles, au bois de la Cambre, partout...
Une missive a été envoyée à la commune par le comité de quartier.
Marc Weber, porte parole du Collège répond : "Il y a effectivement une occupation très importante de la pelouse devant le Brusilia cette année. C’est en lien avec la densité de population qui augmente et la canicule de ces derniers jours qui rendent difficile la vie à l’intérieur. Le service propreté de la commune est actif et passe très régulièrement pour nettoyer. Mais on ne peut pas être derrière tous les groupes présents sur la pelouse.
Gouverner c'est prévoir , cher monsieur Weber: c'est vrai à Schaerbeek, à petite échelle, c'est vrai  en Grèce ou en Californie où les forêts ont brûlé cet été.
Le Collège des Echevin et bourgmestre de Schaerbeek n'a rien prévu en l'occurrence. Tranquillos il est parti en vacances en s'en lavant les mains. Les riverains schaerbeekois  excédés par les incivilité d'autres Schaerbeekois s'en souviendront dans l'isoloir en octobre prochain. La vacance du pouvoir et celle de monsieur Hulot participent de la même logique celle de l'indifférence et de la banalisation. "Après moi les mouches". On banalise tout: l'insécurité est  balayée d'un revers de main. Les cambriolages? Que nenni! L'impossibilité  de se garer le soir? On va creuser un parking place Lehon. Le décrochage scolaire, le chômage des jeunes? On va inaugurer de nouveaux bâtiments scolaires et ouvrir une école Montessori!   Ben voyons! L'agonie du petit commerce de proximité? Organisons vite une petite braderie, une brocante peut-être?  C'est du grand n'importe quoi.
"La qualité de vie", le bien" vivre ensemble" ne sauraient faire l'économie d'une bonne gestion des espaces publics. Certes les espaces verts schaerbeekois  sont joliment entretenus. Mais quid de leur sécurisation, de leur surveillance, de leur animation?
Vacance du pouvoir! Vacance de monsieur Hulot! C'est du pareil au même.
La seule façon dans l’instant de rendre hommage à celui qui a décidé de renoncer au pouvoir commente Béatrice Delvaux dans le Soir «  pour ne pas devenir cynique et abaisser son seuil d’exigence  », est de reproduire ici son alerte au monde et de transmettre un peu de sa funeste mise en garde. Lisez ces mots, réécoutez cette interview : c’est nous qu’ils sont censés mettre en mouvement, alors qu’il est déjà un peu trop tard.
Lisez plutôt!
«  Je ne comprends pas que nous assistions les uns et les autres à la gestation d’une tragédie bien amorcée dans une forme d’indifférence. La planète est en train de devenir une étuve. Nos ressources naturelles s’épuisent. La biodiversité fond comme neige au soleil et ce n’est toujours pas appréhendé comme un enjeu prioritaire. Et surtout, on s’évertue à entretenir voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres. Nous avons basculé dans la tragédie climatique. Cet été, la Californie brûle, la Grèce brûle, l’Inde est sous inondation et nous aussi avons vécu une année terrible. Petit à petit, on s’accommode de la gravité et on se fait complice de la tragédie en cours de gestation. La pression à court terme sur les dirigeants est si forte qu’elle préempte leurs moyens d’agir à moyen et long terme. On reste avec l’illusion que l’enjeu est écologique alors qu’il est culturel, sociétal et civilisationnel. On ne s’est pas mis en ordre de marche pour l’aborder autrement. Les phénomènes nous explosent à la figure et nous nous en rendrons compte trop tard.  »
Prévenus. Nous sommes prévenus.  Schaerbeekoises , Schaerbeekois réveillez vous!
Nicolas Hulot  se retire, commente le journal Le Monde,  "en espérant, sans trop y croire, que ce geste provoquera un électrochoc et réveillera les consciences."
« Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non. Avons-nous commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? Non. A enrayer l’érosion de la biodiversité ? Non
« C’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? »
Posez- vous donc la question! 

Marc Guiot le Schaerbekois récalcitrant, très récalcitrant. 46ème sur la liste Verzin.

Comme en France, va-t-on imposer une dictée quotidienne dans nos classes ?


LA LIBRE BELGIQUE

En France, une dictée quotidienne sera imposée pour améliorer la maîtrise de la langue des élèves. Les jeunes Belges suivront-ils le même chemin ? Cela dépendra des écoles, où la dictée se pratique toujours, en fonction des souhaits de l'enseignant.
"Les dictées classiques et préparées par les élèves, dans les classes de Belgique, on en fait encore, répond Didier Nyssen, inspecteur de français, et président du groupe de travail qui prépare les épreuves externes en la matière. Elles ne sont donc pas interdites par l’inspection.


COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RÉCALCITRANT

Beaucoup me diront qu'il faut revenir à la dictée quotidienne, aux tables de multiplication récitées en coeur et certains ajouteront à l'uniforme scolaire. C'est ce que m'a dit un jour un échevin de l'instruction communale schaerbeekois. Il se reconnaîtra peut être, je ne dirai pas son nom. Non, ce n'était pas Georges Verzin, ni Mohammed Lahlali...
Certes, l'école communale schaerbeekoise était autrefois de qualité. Il est urgent de rehausser son prestige et surtout de restaurer son excellence. Mais pour y arriver ,  il ne saurait être question comme le fait Jean-Michel Blanquer, actuel ministre de l'éducation en France  de proposer les recettes d'avant-hier pour relever les défis de demain.
Il serait temps de passer radicalement à autre chose.

Je suis plongé dans la lecture de  "changez l'école" de Ken  Robinson" ce type génial au rire facétieux a fait 40 millions de likes  avec sa conférence Ted pleine d'humour et de bon sens que j'ai revue souvent sur You Tube: un vrai régal.
Il y a ceci qui résume bien sa pensée:: https://www.youtube.com/watch?v=0CW-QBvdgMM.  Allez y voir: vous allez adorer.
J'ai pu vérifier la pertinence du propos de Ken avec un gamin de dix ans qui a passé quelques jours avec moi à la campagne la semaine dernière: un surdoué hypercréatif  brouillé avec les tables de multiplication et allergique à la division. Il m'a appris mille choses dans cent domaines, m'a fait beaucoup rire mais il m'a quitté sans maitriser encore le 5X9 que pourtant j'avais tenté de lui expliquer l'an dernier: tu vois les neuf perches du potager? Plante y neuf graines  de haricots à la base de chacun des piquets. Cela nous fait combien de graines à planter? ....
On a en beaucoup parlé, le soir dans la serre à la lueur des bougies. Pourquoi ce blocage? C'est sans doute à cause de cette crétine d'instit qui m'a gueulé dessus il y a trois ans quand je ratais mes calculs. Oui peut être, allez savoir. Toujours est-il que malgré toute mon intuition pédagogique j'ai échoué dans ma tentative de remédiation. Pas fier le pépé.
Ovide Decroly, j'imagine a dû faire le même constat cent fois. mais il avait sur moi cette immense avantage: lui ne se flattait point d'être enseignant. Enseignangnan comme disait le comique canadien, éducastreur!

L’éducation ne se fait pas dans les hémicycles ni grâce à la rhétorique des politiciens. Elle résulte de ce qui se passe entre les élèves et les professeurs à l’école. – Ken Robinson

CHANGEZ L’ÉCOLE (PAR KEN ROBINSON) : 4 OBJECTIFS FONDAMENTAUX QUE L’ÉCOLE DEVRAIT REMPLIR

Dans son dernier livre Changez l’école, Ken Robinson propose quatre objectifs fondamentaux que l’école devrait remplir.
1.Economique
L’éducation devrait permettre aux élèves de devenir économiquement responsables et indépendants.
Pour Ken Robinson, il serait naïf de nier l’importance économique que revêt l’éducation pour les individus, les sociétés et les pays. Il écrit que, si les gouvernements investissent de telles sommes dans l’enseignement, c’est qu’ils ont bien conscience qu’une population éduquée contribue à la prospérité économique. Il continue en écrivant que tous les parents de la planète espèrent que l’éducation permettra à leurs enfants d’avoir leur indépendance économique.
Vu que le monde du travail connaît de profonds bouleversements, de quelle éducation les enfants ont-ils besoin pour y parvenir ?
On ne peut prédire quels types de métiers les élèves d’aujourd’hui exerceront dans cinq, dix ou quinze ans, à supposer qu’ils aient un travail. – Ken Robinson
Ken Robinson regrette que, en théorie, les systèmes éducatifs publics traditionnels prétendent favoriser des compétences clés comme la créativité, la communication, l’instruction civique ou encore des compétences interculturelles, mais que, en pratique, les fonctionnements proches du taylorisme éducatif ne leur laissent guère de place (sauf dans quelques classes d’enseignants passionnés ayant malheureusement tendance à faire exception).
Ainsi, Ken Robinson propose plusieurs axes de réflexion :
 sensibiliser les jeunes aux enjeux économiques globaux que sont le développement durable et la protection de l’environnement,
 cultiver la diversité des talents et des centres d’intérêt des élèves, (voilà qui est très "decrolyen")
 abolir la supériorité des cursus théoriques sur les cursus professionnels (qui ne doivent plus seulement être vus comme des voies de relégation mais également des voies activement choisies par des élèves quel que soit leur « niveau scolaire »),
 faire connaitre aux jeunes divers milieux professionnels.

2.Culturel
L’éducation devrait permettre aux élèves de comprendre et d’apprécier leur culture et de respecter celle des autres.
Ken Robinson écrit que la culture, autant que l’argent, la terre et le pouvoir, a toujours joué un rôle dans les conflits humains. Pour lui, avec l’augmentation de la population et du métissage culturel, respecter la diversité n’est pas seulement un choix éthique, mais un impératif pratique.
Là encore, Ken Robinson propose plusieurs axes de réflexion :
 aider les élèves à connaître leur culture,
 comprendre celle des autres ,
 transmettre un esprit de tolérance et de coexistence culturelles.
On peut rapprocher cette réflexion de Ken Robinson à celle de Edgar Morin. Pour ce dernier, le problème de la compréhension est devenu crucial pour les humains. A ce titre, le développement de la capacité de compréhension doit être une finalité de l’éducation. Le philosophe englobe deux types de compréhension :
 la compréhension intellectuelle (d’une idée, d’un texte, d’un ensemble, d’un système, des choses abstraites ou matérielles…)
 la compréhension humaine intersubjective (de soi et des autres)
Comprendre inclut nécessairement un processus d’empathie, d’identification et de projection. Toujours intersubjective, la compréhension nécessite ouverture, sympathie et générosité. – Edgar Morin
Edgar Morin cite plusieurs obstacles à la compréhension humaine, qu’on pourra présenter et expliquer aux enfants :
 les obstacles extérieurs
 le bruit, les parasites qui empêchent la transmission des informations
 la polysémie d’une notion, d’un mot
 l’ignorance des rites et coutumes de l’autre
 l’incompréhension des valeurs de l’autre
 l’incompréhension des impératifs éthiques de l’autre
 l’impossibilité de comprendre les idées ou arguments d’une autre vision du monde
 les obstacles intérieurs
 l’indifférence, le mépris
 l’égocentrisme, le mépris
 les mensonges à soi-même
 l’autojustification
 l’autoglorification
 l’ethnocentrisme
 le sociocentrisme
 l’incapacité à s’auto critiquer
 la fabrication et la condamnation de coupables
 la possession par une idée (qui donne la conviction absolue de sa vérité)
L’incompréhension de soi est une source très importante de l’incompréhension d’autrui. On se masque à soi-même ses carences et faiblesses, ce qui rend impitoyable pour les carences et les faiblesses d’autrui. D'où bien sûr l'importance du travail su soi
.
La pratique mentale de l’auto examen permanent de soi est nécessaire car la compréhension de nos propres faiblesses ou manques est la voie pour la compréhension de ceux d’autrui. Elle nous permet de ne pas nous poser en juges de toutes choses.- Edgar Morin
Edgar Morin affirme que la littérature et le cinéma aident à saisir la complexité de la nature humaine : c’est dans l’art que nous pourrons apprendre les plus grandes leçons de vie.

Cependant, la vraie compréhension n’est pas synonyme d’indifférence ou de scepticisme : « elle suppose une conviction, une foi, un choix éthique, et en même temps, l’acceptation que soient exprimés les idées, convictions, choix contraires aux nôtres. »
Il ne peut y avoir de progrès dans les relations entre individus, nations, cultures sans compréhensions mutuelles. – Edgar Morin

3.Social
L’éducation devrait permettre aux jeunes de devenir des citoyens actifs et empathiques.
Ken Robinson estime que les sociétés démocratiques tirent leurs forces de l’activité de la majorité de leurs citoyens, tant aux urnes qu’au sein de la société. L’école joue un rôle essentiel pour cultiver ce sentiment de citoyenneté. Pour autant, elle ne le remplira pas à coups de leçons théoriques d’éducation civique mais en appliquant ces principes dans son fonctionnement quotidien.
Là encore, Ken Robinson et Edgar Morin se rejoignent. Pour Edgar Morin, l’éthique du genre humain ne peut s’accomplir que dans la démocratie. L’éthique du genre humaine est consciente, citoyenne, active, et repose sur un pari dans l’incertain.
De même qu’il faut protéger la diversité des espèces pour sauvegarder la biosphère, il faut protéger celle des idées et des opinions, ainsi que la diversité des sources d’information (presse, médias) pour sauvegarder la vie démocratique. – Edgar Morin
La démocratie remplace les batailles physiques violentes par des batailles d’idées.
La politique en miettes perd la compréhension de la vie, des souffrances, des détresses, des solitudes, des besoins non quantifiables. Tout cela contribue à une gigantesque régression démocratique, les citoyens devenant dépossédés des problèmes fondamentaux de la cité. – Edgar Morin

4.Personnel
L’éducation devrait permettre aux jeunes d’appréhender leur monde intérieur autant que le monde qui les entoure.
On ne pourra atteindre aucun des autres objectifs si l’on oublie que l’éducation consiste à enrichir l’esprit et le coeur d’êtres vivants. – Ken Robinson
Ken Robinson insiste sur le fait que chaque élève est une personne qui a des espoirs, des talents, des peurs, des passions et des aspirations. Pour lui permettre de réussir, il faut d’abord le regarder comme un individu.
Robinson regrette que le programme scolaire classique se concentre presque exclusivement sur le monde qui nous entoure et ne prête guère attention à notre monde intérieur. Les problèmes humains que sont l’ennui, le désengagement, le stress, le harcèlement, la dépression ou encore le décrochage scolaire nécessitent des réponses humaines.

Les révolutions n’attendent pas la législation pour faire bouger les choses. Elles découlent de ce que font les gens au bas de l’échelle. L’éducation ne se fait pas dans les hémicycles ni grâce à la rhétorique des politiciens. Elle résulte de ce qui se passe entre les élèves et les professeurs à l’école. – Ken Robinson
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COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT
Si vous avez lu ce texte jusqu'au bout, c'est que vraiment la réforme de l'école vous tient à coeur. C'est j'imagine parce que vous avez des enfants ou petits enfants en âge d'école. C'est aussi , je le devine, parce que vous être très déçu de la médiocrité de l'enseignement qui leur  est dispensé, quel que soit le réseau qu'ils fréquentent. J'en ai vu des gamins et des gamines, des ados blessés que leurs parents en désespoir de cause m'ont confié après avoir tout essayé: dialogue avec les enseignants, leçons particulières, recours au psy, coaching, tutorat j'en passe et des meilleures. Mon diagnostic? L'enseignement schaerbeekois est profondément inégalitaire (on le savait) il est surtout inefficace et d'un formalisme confondant. Il est grand temps de donner un grand coup de pied dans la fourmilière et de repenser le projet éducatif de l'enseignement schaerbekois. Il ne s'agit pas de noircir un chiffon de papier que personne ne lit. Il s'agit bien au contraire d'élaborer une charte des priorités éducatives pour former les citoyens schaerbeekois de demain. Vite dit, mais comment faire? J'y reviendrai dans les jours qui viennent mais dans un esprit qui est celui de Ken Robinson et Edgar Morin.
Nous y reviendrons surtout avec des proposition concrètes. Ce qui est sûr c'est que Schaebeek a besoin d'un Echevin de l'Instruction publique visionnaire de la trempe et de la qualité de Gaston Williot autrefois. Non pas pour refaire de Gaston Williot mais pour inventer une pédagogie citoyenne, interculturelle s'appuyant sur une dynamique intergénérationnelle.  
Un défi que seul Georges Verzin est capable de relever!
Les révolutions n’attendent pas la législation pour faire bouger les choses. Elles découlent de ce que font les gens au bas de l’échelle. L’éducation ne se fait pas dans les hémicycles ni grâce à la rhétorique des politiciens. Elle résulte de ce qui se passe entre les élèves et les professeurs à l’école. – Ken Robinson
Ce qui manque à Schaerbeek c'est un Echevin de l'IP qui ose quitter son cabinet douillet pour apporter son message et son aide dans les salles de profs de ses nombreuses écoles.


Marc Guiot le scharbeekois récalcitrant partisan d'une rigueur scolaire à visage humain. Non je n'ai pas dit "le visage humain à la rigueur"




jeudi 30 août 2018

MÊME LES ADOLESCENTS S'INQUIÈTENT... DE LEUR ADDICTION À LEUR TÉLÉPHONE


La Libre

C'est le résultat d'une grande enquête lancée sur les comportements des ados US vis-à-vis des écrans et autres réseaux sociaux.

Pas facile la vie d'ados. On les croit insouciants, préoccupés presque uniquement par leur image dans la vie et surtout sur les réseaux sociaux, branchés sur des podcasts étranges ou écoutant de la musique qui ne s'écoute pas lorsque l'on a des oreilles de plus de 18 ans... Et de toute façon vissés avec un plaisir sans nom à leur smartphone.
Mais ces généralisations ne sont pas toutes vraies. Une étude portant sur les habitudes des ados US concernant les nouvelles technologies, réalisée par Pew Research, montre que les enfants essaient de négocier avec eux-même entre inquiétude (ils savent qu'ils passent trop de temps sur leur téléphone) et anxiété (lorsqu'ils sont séparés de leurs appareils).
Ainsi, d'après les chiffres de cette étude publiée ce mercredi, et explicitée par le site Wired, 54 % des adolescents américains âgés de 13 à 17 ans se disent inquiets de passer trop de temps au téléphone, 52 % ont pris des mesures pour réduire leur utilisation du téléphone et 57 % ont essayé de passer moins de temps sur les médias sociaux. Mais les efforts de réduction ne rendent pas nécessairement les adolescents plus heureux : 56 % des adolescents associent le fait d'être loin de leur téléphone à un sentiment d'anxiété, de solitude ou de bouleversement.
Des logiciels produisant des flashes de dopamine
Les résultats montrent pourtant que ceux qui s'inquiètent du temps excessif passé devant une écran ne sont pas plus susceptibles de changer leur comportement. Parmi ceux qui disent qu'ils passent trop de temps sur leur téléphone, 53% ont réduit leur utilisation du mobile. Ce n'est pas loin des 55% d'adolescents qui ont réduit leur présence devant un écran, et qui se disent anxieux à l'idée de passer, selon eux, trop peu ou pas assez de temps sur leur appareil mobile.
Les ados posent un regard lucide sur leurs comportements et ceux de leurs pairs : plus de neuf sur dix considèrent le fait de passer trop de temps en ligne comme "un problème" auquel font face les gens de leur âge et 6 sur 10 disent même que c'est un problème majeur.
Cette enquête arrive alors que l'on s'inquiète toujours plus des effets néfastes de la "dépendance à la technologie", en particulier chez les jeunes. Les critiques vont vers les plateformes technologiques qui auraient recours à des subterfuges design et à des logiciels "flash" déclenchant des hausses intermittentes de dopamine pour garder les utilisateurs collés à leurs écrans...


COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT

C'est une manière bien pessimiste et négative de voir les choses. Michel Serres , ce vieux jeune homme, philosophe et historien des sciences, réclame l’indulgence pour les jeunes, obligés de tout réinventer dans une société bouleversée par les nouvelles technologies.
Ce prof baroudeur, académicien pas tout à fait comme les autres, scrute les transformations du monde et des hommes de son œil bleu et bienveillant. Son sujet de prédilection : la jeune génération, qui grandit dans un monde bouleversé, en proie à des changements comparables à ceux de la fin de l’Antiquité. La planète change, ils changent aussi, ont tout à réinventer. «Soyons indulgents avec eux, ce sont des mutants», implore Michel Serres, par ailleurs sévère sur sa génération et la suivante, qui laisseront les sociétés occidentales en friche. 
IL ANNONCE QU’UN «NOUVEL HUMAIN» EST NÉ. QUI EST-IL ?
Il  le baptise Petite Poucette, pour sa capacité à envoyer des SMS avec son pouce. C’est l’écolier, l’étudiante d’aujourd’hui, qui vivent un tsunami tant le monde change autour d’eux. Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance. Il y a des centaines de petites Poucettes sur les bancs de nos écoles schaerbeekoises qui pianottent en classe en cachette.
SERRES:Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales.
Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Poucette, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !
C'est dire si l'école est dépassée.
Et pourtant, ce smartphone que la majorité des élèves trimbalent dans leur cartable est le plus formidable centre de documentation jamais imaginé par l'homme. Combien d'instituteur.trices. et profs schaerbekois (ou non schaerbeekois du reste) le sollicitent en classe comme encyclopédie capable de répondre à tout pourvu  qu'on sache l'utiliser à bon escient? Un jour Léna  ( 17 ans, élève au Collège Saint Michel) est arrivée désespérée chez moi. Motif: une interro d'histoire sur les totalitarismes des années 30. Le syllabus du prof était excellent mais le bonhomme se contentait de le lire en classe en pérorant. J'ai invité Léna à vérifier sur son smartphone et sa tablette chacun des termes rencontrés: chemises noires, SS, léninisme, Trotsky etc etc. Cela a pris deux heures , tout le syllabus y est passé. Le lendemain Léna à fait un 20/20 à l'intérro. Un instit peut parfaitement solliciter les tablettes ou les smartphones de ses élèves en classe au lieu de les interdire. Il s'agit bien d'apprivoiser l'outil pour en faire son serviteur et n'en point être l'esclave.
On m'a rapporté l'histoire d'un gamin de dix ans capable de jongler avec sa tablette mais incapable de lire ou de calculer. Interpellant, non?
Pour Serres, le grand tournant se situe dans les années 1965-1975, avec la coupure paysanne, quand la nature, notre mère, est devenue notre fille.
MAIS VOICI DONC QUE SURGIT LA  GRANDE QUESTION, POUR LES PARENTS ET LES ENSEIGNANTS : QUE TRANSMETTRE ENTRE GÉNÉRATIONS ?
Serres: "A la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi ! Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque. L’université vit une crise terrible, car le savoir, accessible partout et immédiatement, n’a plus le même statut. Et donc les relations entre élèves et enseignants ont changé. Mais personnellement, cela ne m’inquiète pas. Car j’ai compris avec le temps, en quarante ans d’enseignement, qu’on ne transmet pas quelque chose, mais soi. C’est le seul conseil que je suis en mesure de donner à mes successeurs et même aux parents : soyez vous-mêmes ! Mais ce n’est pas facile d’être soi-même.

On aimerait tellement que les écoles schaerbeekoises soient pionnières en l'occurrence. On en est vraiment loin mais on parle de réintroduire la dictée quotidienne. J'y reviendrai dans les jours qui viennent.
Mais c'est loin, très loin d'être le cas aujourd'hui, faute d'un projet éducatif et pédagogique audacieux. Je rêverais, pour ma part d'un échevin téméraire qui engage un ou ue formatrice de talent capable d'initier les enseignants à la maîtrise du smartphone ou de la tablette ou du tableau interactif.
Hélas on est vraiment très loin du compte et pas qu'à Schaerbeek..   

Serres: "La seule façon d’aborder les conséquences de tous ces changements, c’est de suspendre son jugement. Les idéalistes voient un progrès, les grognons, une catastrophe. Pour moi, ce n’est ni bien ni mal, ni un progrès ni une catastrophe, c’est la réalité et il faut faire avec. Mais nous, adultes, sommes responsables de l’être nouveau dont je parle, et si je devais le faire, le portrait que je tracerais des adultes ne serait pas flatteur. Petite Poucette, il faut lui accorder beaucoup de bienveillance, car elle entre dans l’ère de l’individu, seul au monde."
LES APPARTENANCES CULTURELLES N’ONT-ELLES PAS PRIS DE L’IMPORTANCE ?
Serres: "Ma Petite Poucette a des amis musulmans, sud-américains, chinois, elle les fréquente en classe et sur Facebook, chez elle, partout dans le vaste monde. Pendant combien de temps lui fera-t-on encore chanter «qu’un sang impur abreuve nos sillons» ?
Petite Poucette n’a rien à inventer, le virtuel est vieux comme le monde ! Ulysse et Don Quichotte étaient virtuels. Madame Bovary faisait l’amour virtuellement, et beaucoup mieux peut-être que la majorité de ses contemporains. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé.
La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes avec Facebook, aux lieux avec le GPS et Google Earth, aux savoirs avec Wikipédia. Rendez-vous compte que la planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun, quel progrès immense ! Nous habitons un nouvel espace… La Nouvelle-Zélande est ici, dans mon iPhone ! J’en suis encore tout ébloui !"
"Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Il évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu’on est passé de l’oral à l’écrit. Que foutaient nos neurones avant l’invention de l’écriture ? Les facultés cognitives et imaginatives ne sont pas stables chez l’homme, et c’est très intéressant. C’est en tout cas ma réponse aux vieux grognons qui accusent Petite Poucette de ne plus avoir de mémoire, ni d’esprit de synthèse. Ils jugent avec les facultés cognitives qui sont les leurs, sans admettre que le cerveau évolue physiquement."
Serres: "L’homme le plus cultivé du monde des générations précédentes, l’uomo di cultura, avait 10 000 ans de culture, plus un peu de préhistoire. Petite Poucette a derrière elle 15 milliards d’années, du big bang à l’homo sapiens, le Grand Récit n’est plus le même ! Et on est entrés dans l’ère de l’anthropocène et de l’hominescence, l’homme étant devenu l’acteur majeur du climat, des grands cycles de la nature. 
On aimerait que le prochain  Echevin de l'Instruction publique de Schaerbeek ait lu "changez l'école" de Ken Robinson, ce réformateur en herbe qui a été vu 40 millions de fois sur You Tube.  On aimerait surtout qu'il ne s'inspire pas du ministre ringuard et passéiste de l'Education en France, le sinistre  Jean- Michel Blanquer. J'y reviendrai à l'occasion de la rentrée scolaire.
La grande idée de l'Echevin de l'éducation schaerbeekois c'est d'ouvrir une école Montessori. Pourquoi Montessori, la pédagogue préférée de Mussolini? On se le demande. Il paraît qu'on est déjà sur liste d'attente, ce qui prouve qu'on attire à Schaerbeek les mouches avec du vinaigre. Mais assez pour aujourd'hui. Je reviendrai abondamment sur le sujet en cette semaine de rentrée scolaire.


Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant partisan d'une pédagogie à visage humain qui fasse un usage didactique  des nouvelles technologies plutôt que d'en interdire l'utilisation.

mardi 28 août 2018

LA FORMATION DU PROCHAIN GOUVERNEMENT FÉDÉRAL SERA TRÈS SERRÉE




Jules Gheude
Essayiste politique in Le Vif

La formation du prochain gouvernement fédéral sera très serrée. Ce n'est pas nous qui le disons, mais Luc Van der Kelen, l'ancien éditorialiste de " Het Laatste Nieuws ", dans une opinion publiée sur Knack.
Bien qu'il soit aujourd'hui conseiller politique de B-Plus, cette association dont on connaît l'attachement à la Belgique, Luc Van der Kelen est conscient que la situation belge est extrêmement précaire : "Le problème en Belgique est en effet que la stabilité semble exister, mais qu'à chaque moment elle peut disparaître. En général, nous réglons cela avec une réforme de l'Etat, mais même cette merveilleuse méthode belge a ses limites. À un moment donné, il n'y aura en effet plus rien à réformer, parce que tout paraîtra avoir déjà été réformé. Nous approchons de ce stade à grands pas."
En 2010, la crise politique belge a duré 541 jours. Ceux qui se présentaient alors comme "demandeurs de rien" ont finalement accepté une sixième réforme de l'Etat, qui n'a fait que rendre le processus de décision plus complexe, voire, dans certains cas, impossible. Le 28 avril 2016, Jean Quatremer, le correspondant à Bruxelles du journal "Libération", constatait que "cinquante ans de lutte communautaire entre Flamands et Wallons et le détricotage de l'Etat central au profit des régions (six réformes constitutionnelles depuis 1970) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité."
A l'Open VLD, au MR et au CDH, des voix s'élèvent aujourd'hui pour souhaiter la refédéralisation de certaines compétences, dans un but de plus grande efficacité. Mais Luc Van der Kelen est formel : "Aujourd'hui, la chance est faible pour de grandes réformes administratives. Même pour la refédéralisation de certaines compétences, comme le commerce extérieur, ou pour l'introduction d'une circonscription électorale fédérale, ce qu'une organisation comme B-Plus continue de défendre. En Flandre, les partis flamingants, du Vlaams Belang à la N-VA en passant par le CD&V, n'y sont pas favorables. On trouve juste quelques voix positives chez les Jeunes CD&V."
Telle est, en effet, la réalité ! Aussi est-il vain de mener des combats d'arrière-garde, comme le fait, par exemple, Philippe Van Parijs (lui aussi membre de B-Plus) en proposant de diviser la Belgique en quatre régions (une flamande, une wallonne, une bruxelloise et une germanophone), avec l'usage de l'anglais comme trait d'union.
Luc Van der Kelen parle des partis flamingants. Il n'ignore pas que ceux-ci éprouvent une aversion profonde pour Bruxelles, région à part entière.
Luc Van der Kelen souligne aussi la position forte de la N-VA. Pour son président, Bart de Wever, Flamands et Wallons vivent sur deux planètes et constituent deux démocraties. Aussi veut-il que cet état de fait se reflète dans un projet confédéral : un niveau belge réduit à sa plus simple expression, avec deux Etats - la Flandre et la Wallonie - entre lesquels chaque Bruxellois devra choisir pour ce qui concerne les matières dites communautaires: impôt des personnes, système de sécurité sociale,... Bref, une Belgique transformée en coquille vide et qui ne manquerait pas d'apparaître très vite comme superflue.
N'oublions jamais que l'idée confédéraliste a été lancée, au début des années 90, par le ministre-président flamand Luc Van den Brande (un démocrate-chrétien) et qu'elle a été approuvée par le Parlement flamand en 1999. Comment le président du CD&V, Wouter Beke, pourrait-il aujourd'hui ne pas appuyer cette réforme, lui qui, le 22 septembre 2007, avait déclaré au journal québécois "Le Devoir" : "Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l'entend. (...) Si les francophones n'acceptent pas de lâcher du lest, nous n'aurons pas d'autre choix que l'indépendance."Voilà qui a le mérite de la clarté !
Luc Van der Kelen aborde alors le point crucial. Si les négociations aboutissent à une impasse, s'il y a peu d'alternatives, Bart De Wever peut mettre le confédéralisme sur la table. Le PS bloquera-t-il à nouveau ?
Aujourd'hui, Elio Di Rupo ne veut rien savoir de ce confédéralisme. Mais il était aussi contre la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, sans extension de Bruxelles. On sait ce qu'il en est advenu.
S'il analyse les sondages, Elio Di Rupo sait que le PS a de grandes chances de revenir au pouvoir wallon au lendemain des élections de l'an prochain. Luc Van der Kelen semble, lui aussi, convaincu de la chose : Si le MR (...) ne parvient pas à capitaliser sur sa position exceptionnelle, alors la coalition fédérale ne pourra conserver sa majorité et le gouvernement wallon risque de prendre la forme d'une coalition de gauche. (...) Pour Magnette, Di Rupo et consorts (...) le niveau fédéral arrive à une place secondaire. Gouverner dans sa propre région est primordial.
Mais Elio Di Rupo sait aussi que la Wallonie devra tirer son plan toute seule. L'extinction progressive des transferts financiers en provenance de Flandre - quelque 7 milliards d'euros - est, en effet, programmée. Une situation qui deviendra vite intenable pour la Wallonie et qui l'amènera à se serrer la ceinture.
En 1981, François Perin avait prédit cette évolution : Les Wallons pourraient se retrouver indépendants à leur corps défendant, contraints à une discipline dont ils n'ont aucune idée.
Dans l'esprit de la N-VA, le confédéralisme devrait être la dernière étape avant le séparatisme. L'article 1er de ses statuts évoque clairement l'émergence d'une République flamande souveraine.
Tenter de maintenir la Belgique par de nouvelles discussions interminables, serait donc insensé. Puisque la mort du royaume est programmée, passons directement à la phase finale! François Perin se plaisait à répéter : Le mort est mort et bien mort, mais on ne veut pas voir qu'il est mort !
Nous avons déjà eu l'occasion d'expliquer comment nous envisagions l'avenir de la Wallonie. Comme l'a confirmé le constitutionnaliste français Didier Maus, il serait parfaitement possible d'insérer dans la Constitution française un statut particulier d'intégration-autonomie, qui permettrait de conserver en l'état, au moins pour l'essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits "connexes", des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd'hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l'enseignement supérieur.
(1) Derniers ouvrages parus : "François Perin - Biographie", Editions Le Cri, 2015 et "Un Testament wallon - Les vérités dérangeantes", Mon Petit Editeur, 2016.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
2018 LES COMMUNALES; 2019 LES RÉGIONALES/FÉDÉRALES /EUROPÉENNES 
 
Permettez, cher lecteur, au Schaerbeekois récalcitrant de coiffer un instant sa casquette de DiverCity pour réagir à cette analyse hardie mais lucide de Jules Gheude.
On ne saurait, en effet, tout à fait séparer les divers scrutins qui vont influer sur le destin de la Belgique et de l'Europe. (les communales en octobre 2018; les régionales, fédérales et européennes en 2019)
Le scrutin communal anversois et celui de Bruxelles ne seront pas sans influencer ceux de 2019.
Il s'agit de décider si on entend renforcer le camp du MR, de Défi, du PS, du PTB  ou des Verts.
Certains francophones bruxellois seraient, dit-on, tentés de voter NVA aux communales, par dépit. Qu'ils prennent  bien conscience  que le projet confédéral de Bart de Wever est clairement  " une Belgique transformée en coquille vide et qui ne manquerait pas d'apparaître très vite comme superflue."
Les anciens de DiverCity savent que je suis un fan de Jules Gheude et que je partage ses analyses et son diagnostic du mal belge inspiré par la pensée géniale de feu François Perin.
Jules Gheude est sans doute un des meilleurs analystes du "détricotage de la Belgique". Il prédit et prône un "rattachisme" à la France le jour où la Flandre lâchera la Belgique définitivement. Il serait bon de s'y préparer mentalement car selon Gheude l'échéance se rapproche.
Pourquoi voter pour la liste MR citoyens à Schaerbeek? Fondamentalement parce qu'elle propose pour Schaerbeek une vision, ce qui apparemment fait le plus défaut à la liste du Bourgmestre et aux autres formations qui se présentent.
It takes three things to succeed: a vision to see the vigor to act and the heart to care
Trois choses sont nécessaires pour réussir: une vraie vision pour savoir où on va, l'énergie pour la concrétiser et l'empathie. 

Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant. (46°ème sur la liste du coup de pied de l'âne)
  
 
IT  TAKES THREE THINGS TO SUCCEED: A VISION TO SEE THE VIGOR TO ACT AND THE HEART TO CARE.
C'est le titre que j'ai donné à ma préface du Livre de Georges Verzin qui sera rendu public et diffusé jeudi.
Je vous la propose en guise de teaser d'un bouquin que vont dévorer les schaerbeekois motivés qui le trouveront dans les meilleurs librairies de Schaerbeek.
Cette petite phrase, je la trimbale  depuis des décennies dans ma mémoire. Elle dit en peu de mots presque tout de Gorges Verzin.
Elle souligne son souci d'une vision pour indiquer aux Schaerbeekois où aller. Georges nous esquisse avec son livre la voie vers un Schaerbeek plus rayonnant, plus convivial, bref plus schaerbeekois.  Elle dit, cette petite phrase l'importance de l'énergie et de la volonté à déployer pour réaliser la vision.  Le volontarisme de Verzin rappelle celui d'un Louis Bertrand.  S'il faut m'obstine est une de nos devises schaerbeekoises.  Pertinax sed fructifer. Obstiné comme l'âne, qui ne bute jamais deux fois sur la même pierre, et fertile comme le cerisier que l'on reconnaît à ses fruits.  Elle renvoie enfin au care, à la sensibilité facétieuse et au souci d'autrui  d'un Pogge boer en sarrau bleu et foulard rouge, éternellement accompagné de son âne, d'un Nasredine Hodja montant le sien  à l'envers et à l'agir bellement du Joseph biblique trahi par ses frères dans  la thora hébraïque et le Coran.
Ils font tous partie désormais de notre panthéon interculturel schaerbeekois, au même titre que l'âne emblématique. Acclamé en 1944 au balcon de la maison communale , le généralissime  Eisenhower, libérateur de Bruxelles, pointa du doigt un âne bâté sur la place Collignon. Je ne suis pas démocrate proteste le futur président républicain, l'éléphant est notre emblème, pas l'âne .. Cela fit beaucoup rire dans les caberdouches schaerbeekois. 
Le socialiste Louis Bertrand était en effet  de cette trempe et aussi le libéral  Henri Bergé recteur schaerbeekois de l'ULB à la même époque et après eux  le fringant Gaston Williot qui fut notre bourgmestre avant la très calamiteuse ère nolsienne. Georges Verzin qui signe ce livre est un peu tout ça. Municipaliste de cœur, notre Georges schaerbeekois sera le principal  pourfendeur du dragon Nols.
Elevé dans le sérail schaerbeekois, comme il le raconte ici avec une humilité touchante, notre vaillant Georges en connaît tous les détours.  Il a roulé sa bosse au Conseil communal au Collège et dans diverses sociétés dont l'œuvre du cancer et Axa.. .  Appelé au pouvoir par son électorat, il dirigea pendant douze ans la culture schaerbeekoise et les bibliothèques avec très peu de moyens financiers et  durant six ans  l'instruction .
Surtout, il fut longtemps et il demeure  la voix de l'opposition qui harangue inlassablement les édiles engoncées dans leurs certitudes et leur train train.  Il le demeure contre vents et marées.
Son livre nous renvoie à une époque où l'on comptait plus d'ânes dans les pâtures schaerbeekoises que de paroissiens dans les églises de la commune. D'aucuns diront que cela a peu changé.  Il nous rappelle temps où les peintres plantaient leurs chevalets  au grand air dans les vergers de cerisiers près d'un faubourg qui faisait penser à celui de Montmartre.
C'était avant que La Cité des Ecoles scharbeekoises ne servît de modèle à l'Europe entière, un peu comme le projet éducatif finlandais aujourd'hui.
Surtout, ce livre nous parle d'idées hardies pour le développement d'un Schaerbeek en devenir qui vaut mieux encore que tous ceux qui l'ont précédé. Un Schaerbeek utopique mais réaliste pratiquant une tolérance sécuritaire zéro, avec une  police et des  commerces de proximité, avec restos et bistros sympas , -il n'y an a pas encore assez- avec des  potagers bio, des  ruchers sur les toits, un parc Josaphat somptueux , véritable incubateur interculturel,  de belles façades Art nouveau et Art déco ravalées, un urbanisme élégant que d'autres communes nous envient, une situation géographique privilégiée,  des  pistes cyclables sécurisées,  de larges trottoirs, moins de sens iniques et des  zones trente à gogo; avec un art de vivre autrement la culture, les loisirs  et les sports  et l'inter culture seul et/ou ensemble, un enseignement différencié qui retrouverait sa légendaire qualité visant le développement harmonieux de chaque enfant dans une Cité des Ecoles régénérée avec un souci constant pour la jeunesse et nos séniors qu'on ne saurait oublier.
Je vous en souhaite bonne lecture et de l'inspiration pour mûrir un argumentaire largement déployé et choisir en connaissance de cause dans l'isoloir en octobre prochain.
Schaerbeekement vôtre,
Marc Guiot, pur produit de la Cité des Ecoles schaerbeekoise  




COUP D'ENVOI DE LA CAMPAGNE : RÉUNIR POUR RÉUSSIR



Georges Verzin a réuni dimanche son équipe de 47 colistiers-24 hommes et autant de femmes- dans son jardin schaerbeekois avec la complicité de son épouse en hôtesse attentionnée et sous la régie attentive de Vincent Joassin, son  directeur de campagne, un jeune pro de la communication qui a décliné les grands axes d'une stratégie qui risque de surprendre les plus aguerris. On appellera cela "le coup de pied de l'âne" et cela risque de faire mal à quelques-uns qui ne s'y attendent pas vraiment et s'attendent à gagner la course en tête dans un fauteuil, comme autrefois le grand Eddy Merckx, éternel maillot jaune.
Pique-nique rustique sous le soleil de Schaerbeek et échanges fluides sur le mode interculturel et intergénérationnel, sous le signe des valeurs  soulignées par la harangue musclée du premier de cordée: Georges Verzin. Qui d'autre à Schaerbeek  serait capable de dire les choses avec pareil aplomb? RÉUNIR POUR RÉUSSIR! L'interculturel n'est pas seulement le message de la liste, c'est l'incarnation même de la liste et cela se saura bientôt. La liste Verzin c'est de toute évidence  l'interculturel ET l'intergénérationnel en marche.
Il est temps de changer Schaerbeek pour un mieux en sortant du ronron confortable de la majorité actuelle.
La liste est un orchestre bien rodé bien qu'il joue "uni sono "pour la première fois. Bien dirigé, il sonne juste et compte quelques virtuoses qui vont décoiffer.
Il lui reste à partir au combat "la fleur au fusil".
"Ah ça ira, ça ira!"
L'interculturel n'est pas seulement le message de la liste, c'est l'ADN de celles et ceux qui la composent et cela se saura très  bientôt.
Schaerbeekois, prenez dès maintenant connaissance de nos thèses! 

Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant, 46ème sur la liste MR CITOYENS


lundi 27 août 2018

Questionnaire


J'ai décidé, je l'ai dit, de transformer mon blog DiverCity en blog de campagne électorale y compris  sur les sujets tabous  qui fâchent.
Voici quelques questions  sur des dossiers clivants sans langue de bois.
Quelques questions me traversent l'esprit. 

1. Les vacances scolaires  touchent à leur fin. Votre activité professionnelle ne vous permet pas d'occuper vos enfants pendant deux mois. Êtes vous satisfaite par l'offre d'activités sportives et de loisirs que Schaerbeek offre aux jeunes? Quelle sont vos suggestions pour l'an prochain?
2. Êtes vous satisfaite de l'offre scolaire à Schaerbeek et plus précisément de l'enseignement qu'y reçoivent vos enfants?
3. Quid des garderies, des études dirigées, de leur prix, de la qualité du service?
4. Schaerbeek  a fait un énorme effort ces dernière années en matières de plaines de jeux et de mobilier urbain pour les enfants et les ados.  Est-ce suffisant selon vous, est-ce adéquat ou avez vous des suggestions à faire?
5. Êtes vous satisfait(e)s de l'enseignement que reçoivent vos enfants à Schaerbeek? Points forts et points faibles?
6. Ressentez-vous une ingérence de certains imams dans certaines mosquées?
7. En tant que jeune femme émancipée et libre ressentez vous des attitudes déplaisantes de la part de certains  jeunes hommes en rue et dans les espaces publics?
8. Le parc Josaphat a été rénové à grands frais par Irisnet. Le trouvez vous bien entretenu par la commune, vous y sentez-vous en sécurité? Participez vous aux activités qui y sont organisées?
9. Que pensez-vous de la magnifique Laiterie du Parc rénovée à grand frais et enfin ouverte au public?
10. Saint-Gilles est fière de son parvis aux nombreuses terrasses très animées en été; Ixelles se félicite de sa place Flagey qui vit intensément, de sa place de Londres, de son quartier Saint Boniface. Et Schaerbeek?
11. Participez vous à la vie culturelle de votre quartier, de votre commune. En êtes vous satisfaite?
12. Avez-vous jamais envisagé de changer de commune? Pourquoi? Pourquoi pas?
13. Que pensez vous de l'offre en café, restaurants, tea-rooms etc.?


Voici les réponses cash de la candidate Fanane AZMI

ÊTES VOUS SATISFAITE DE L'OFFRE SCOLAIRE À SCHAERBEEK ET PLUS PRÉCISÉMENT DE L'ENSEIGNEMENT QU'Y REÇOIVENT VOS ENFANTS?
Mes enfants ne fréquentent pas une école schaerbeekoise car je n’avais ni l’envie ni le temps de faire des recherches et enquêtes afin de choisir l’établissement qui correspondrait le mieux à mes enfants, j’ai donc décidé de les scolariser ailleurs, dans des écoles dont je connaissais la réputation via d’autres parents qui y avaient inscrits leurs enfants.

         RESSENTEZ VOUS UNE INGÉRENCE DE CERTAINS IMAMS DANS CERTAINES MOSQUÉES?
Je ne fréquente plus les mosquées depuis ma majorité, mais d’après ce que j’entends et constate, il me semble, que le problème est toujours le même depuis les années 80-90 (avant, je ne sais pas) ; malgré le fait que la communauté musulmane le nie fermement, mais cela est une autre histoire.

EN TANT QUE JEUNE FEMME ÉMANCIPÉE ET LIBRE RESSENTEZ VOUS DES ATTITUDES DÉPLAISANTES DE LA PART DE CERTAINS  JEUNES HOMMES EN RUE ET DANS LES ESPACES PUBLICS.
. Oui, très souvent. Je véhicule une image qui ne plaît pas à certains et ils n’hésitent pas à me le faire savoir par leurs insultes, crachats et autre signes agressifs, lorsque cela ne dégénère pas vers quelque chose de plus violent. J'aimerais le développer. Il s’agit d’un vaste sujet, il faudrait beaucoup de temps afin d’en parler de la manière la plus complète possible.  Il y a réellement un problème et on essaie de l’occulter, car malheureusement, les comportements que je dénonce sont le fait de certaines personnes que l’on veut éviter de « stigmatiser ». Or, il ne s’agit plus de stigmatiser ou d’avoir peur de stigmatiser qui que ce soit, il s’agit de trouver des solutions afin de régler ces problèmes.  Sinon, tout cela va vraiment empirer.
Peu importe qui vous êtes, envisagez-vous réellement de laisser vivre dans l’insécurité le reste de leur vie vos femmes et filles ? Vos sœurs ? Vos amies ? Arrêtez-vous un moment, et ne vous dites pas « cela ne me concerne pas », car oui cela vous concerne. Peut-être pas directement, peut-être pas aujourd’hui… Ou cela vous concerne mais vous minimisez le problème pour une raison ou une autre. Posez-vous la question et méditez dessus un moment, vous serez surpris de votre prise de conscience.

LE PARC JOSAPHAT A ÉTÉ RÉNOVÉ À GRANDS FRAIS PAR IRISNET. LE TROUVEZ VOUS BIEN ENTRETENU PAR LA COMMUNE, VOUS Y SENTEZ-VOUS EN SÉCURITÉ? PARTICIPEZ VOUS AUX ACTIVITÉS QUI Y SONT ORGANISÉES?
          J’aime le parc, nous avons la chance d’avoir un parc magnifique. Je participe à certaines activités lorsque l’occasion se présente

QUE PENSEZ VOUS DE LA MAGNIFIQUE LAITERIE DU PARC RÉNOVÉE À GRAND FRAIS ET ENFIN OUVERTE AU PUBLIC.
Trop chère, mauvaise utilisation de l’espace terrasse alors qu’il y a tellement de place, on peut faire mieux. Mais malgré cela, c’est un lieu central où les gens peuvent se retrouver. Maintenant, je doute que la mixité sociale, pourtant « chère » à nos élites, y soit recherchée.

SAINT-GILLES EST FIÈRE DE SON PARVIS AUX NOMBREUSES TERRASSES TRÈS ANIMÉES EN ÉTÉ; IXELLES EST FIÈRE DE SA PLACE FLAGEY QUI VIT INTENSÉMENT, DE SA PLACE DE LONDRES, DE SON QUARTIER SAINT BONIFACE. ET QUID DE SCHAERBEEK?  Il y a de très beaux endroits où l’on peut boire ou manger. Je fréquente plutôt la place des chasseurs ardennais ainsi que la brasserie Lalaing par habitude (oui, j’ai mes petites valeurs à moi haha). J’ai également découvert  avec des copains récemment, une ambiance jeune et décontractée. Je n’hésite évidemment pas à découvrir d’autres endroits. Cependant, dans le bas de Schaerbeek, l’offre n’y est pas si plaisante, et dans la plupart des endroits, on ne voit aucune femme, cela ne donne vraiment pas envie de s'y installer.

AVEZ VOUS JAMAIS ENVISAGÉ DE CHANGER DE COMMUNE? POURQUOI? POURQUOI PAS?
Oui, bien sûr. J’étais fatiguée des insultes intempestives et autres comportements, mais partir serait donner le pouvoir à ceux qui ne veulent pas du bien à la ville. Il me semble que le meilleur à faire est d’y rester et d’essayer de changer les choses. Peu importe qui nous sommes, nous avons la capacité d’apporter notre pierre à l’édifice, il suffit de se lancer. C'est pour cela que j'ai décidé de m'engager politiquement.







dimanche 26 août 2018

SCHAERBEEK VEUT "PROMOUVOIR LE VIVRE ENSEMBLE PAR LE FAIRE ENSEMBLE AU CARREFOUR DES GÉNÉRATIONS"SCHAERBEEK ENTEND DEVENIR LA CITE PILOTE DE LA DYNAMIQUE INTERGENERATIONELLE


Il est temps que la Commune de Schaerbeek prenne enfin conscience que ses seniors valides sont des trésors de compétence, d'expérience et d'intelligence par leur vécu et parce qu'ils ont vu et appris, parfois à leurs dépens.
Les seniors disposent du plus précieux de tous les capitaux: les seniors ont du temps.
Nos ainés actifs sont un joker, un élément essentiel de la vision pour un développement téméraire  de Schaerbeek. Seuls ils ne peuvent rien en synergie avec les jeunes tout leur devient possible ou presque.
Ce développement sera intergénérationnel ou il ne sera pas.
Créons une synergie entre jeunes Schaebeekois  fougueux et Schaerbeekois expérimentés "toujours" jeunes .
Innoveons hardiment  et créons un échevinat intergénérationnel ouvert aux  cadets et aux aînés.
Il s'agit  de valoriser le capital de temps, de compétence et d'expérience de nos seniors.
Leur plus grande ambition: rester jeunes, actifs et autonomes le plus longtemps possible, de préférence au service des plus jeunes générations, lesquelles ont beaucoup à leur apporter.
Beaucoup de jeunes retraités désirent  retrouver une activité.
Jeunes et moins jeunes  ne sont pas concurrents, mais complémentaires.
Quand ils travaillent ensemble, ils se révèlent plus innovateurs et inventifs.
Nous vivons une crise de la transmission: des valeurs, des savoirs et des savoir faire! Surmontons la!
Les seniors peuvent par exemple assurer le soutien scolaire qui manque tellement à nos jeunes élèves schaerbeekois. Le tutorat senior c'est  mieux que des leçons particulières pour lesquelles certains parents se saignent aux quatre veines.
Schaerbeek peut/doit devenir, la cité pilote de la dynamique intergénérationnelle.
Mais voici que le “baby boom” des années 50 se transforme en véritable  “Papy boom”. Tous les seniors n'ont malheureusement pas été initiés aux technologies de l'information et de la communication (TIC) et à Internet.
Nous voulons que la commune de Schaerbeek prenne l'initiative de leur donner tous accès au numérique.
Comment? Schaerbeek dispose de batteries d'ordinateurs , notamment à l'institut Frans Fischer de la rue de la Ruche. Ces appareils sont totalement inutilisés le soir, le week-end et pendant vacances. Ils ont été achetés avec de l'argent public Ils doivent devenir  accessibles aux seniors en dehors des heures scolaires.  Concrètement:  la Commune de Schaerbeek a la capacité d'organiser massivement des formations informatiques par le biais de son enseignement de Promotion Sociale.   Un partenariat peut également être organisé entre les pouvoirs locaux et le réseau associatif: les jeunes Schaerbeekois  enseigneront l'informatique aux Schaerbeekois toujours jeunes!.
Cela doit leur permettre de nouer des contacts, de participer aux activités de la commune et des milieux associatifs et surtout de sortir de l’isolement.


NOS  PRIORITÉS INTERGÉNÉRATIONNELLES  POUR LES ÉLECTIONS COMMUNALES 2018

1. Créons le premier échevinat intergénérationnel (avec attribution d’un budget significatif et affectation d’une administration propre.) (Il s'agirait de mettre un ou deux employés/ fonctionnaires à disposition de l'Echevinat qui devrait recruter une équipe de seniors bénévoles motivés.)
2. Créons le Conseil consultatif des aînés .
• pour faire connaître, comprendre et prendre en compte les besoins, les préoccupations et les droits de l’ensemble des aînés résidant dans la commune
• pour tisser des liens entre citoyens de tous âges
• pour  favoriser les échanges de savoir et de compétences.
3. Créons la maison de l'intergénérationnel. Il existe des maisons de jeunes, une maison des femmes, il manque un local réservé aux contacts intergénérationnels.
4. . Organisons la participation active de seniors à la vie communale dans un esprit interculturel et intergénérationnel. La participation, c'est l'avenir. Organisons la consultation des citoyens  sur leurs désirs et besoins réels. C'est au niveau local, que se tissent le plus solidement les liens de participation entre citoyens
5. créons un périodique pour les Seniors pour les informer des activités culturelles, sportives et de loisirs. Communiquer c'est vivre.
Créons  un site internet interactif qui soit  chargé de transmettre en temps réel un maximum d'informations concernant les seniors et les initiatives de caractère intergénérationnel. Interactif dans le sens où il transmettrait des infos aux seniors et il en relayerait d'autres : les seniors schaerbeekois parlent aux seniors et aux juniors de schaerbeekois.  
6. Proposons aux Seniors qui le souhaitent des repas et des soins à domicile de bonne qualité.   Si on veut que les Seniors restent le plus longtemps possible chez eux, il faut s'en donner les moyens et leur offrir une qualité de vie à la maison pour reporter aussi longtemps que possible le placement en maison de repos.
On ne déracine pas les vieux chênes sans les menacer.
7. Proposons des chèques-taxi aux Seniors privés de moyens de transport. Les seniors ont besoin de se déplacer autrement qu'en voiture, à vélo, à pied ou dans les transports en communs.
L'achat d'un minibus -de préférence vintage- pourrait être envisagé pour des transports collectifs. Il permettrait d'acheminer les seniors vers diverses activités organisées par la commune et au delà.
8. Proposons du logements adaptés aux Seniors: habitat groupé dans une perspective intergénérationnelle, colocation intergénérationnelle permettant aux étudiants, au budget limité, de trouver une alternative innovante et enrichissante à leur problème de logement. Ce style de cohabitation, permet de recréer du lien social et d’améliorer la compréhension et le respect entre les générations...
9. Pas de vivre ensemble sans faire ensemble : à l'école mais dans d'autres domaines et notamment le sport  (coaching sportif) et la culture (seniors conteurs, témoins d'une autre époque aujourd'hui dévalorisée ou simplement incomprise à cause de l'obsession de l'immédiateté) .
Comment?
• Organiser au niveau communal une véritable bourse des savoirs et des savoir faire. On y échangerait des crédit temps. Je m'explique. Un chèque rémunérant une leçon d'anglais peut s'échanger contre un chèque baby sitting; un chèque réparation du lave linge contre un chèque leçon d'anglais; un chèque préparation d'un repas contre un chèque récit de voyage; un chèque dégustation vin contre un chèque "je remplis ta déclaration fiscale"; un chèque je te rédige ton courrier contre un chèque je lave ta voiture etc etc.
• Encourageons la présence des grands-parents dans le Conseil des écoles Les seniors sont, pour un grand nombre d'entre eux, des éducateurs expérimentés capables de socialiser des jeunes en décrochage et de les remettre sur la bonne voie.
• personne mieux équipée qu'une mère de famille qui a fait réussir ses enfants dans l'enseignement supérieur, pour aider des jeunes menacés par le décrochage scolaire, prélude au décrochage scolaire

10. ACTIVITES À ENVISAGER:
• club d'échecs
• club de bridge
• club de scrabble
• club de lecture
• Atelier d'écriture (
• club informatique
• club de photo  
• club des bricoleurs
• club/festival des conteurs interculturels  
• aide aux devoirs et méthode de travail
• café philosophique et citoyen.
• tables de conversation anglaise:
• tables de conversation néerlandaise avec de kriekelaar.
• gym troisième âge parcours de santé
• natation au neptunium: idem gym 3ème âge. 
• club et bourse des réparateurs
• conseils de gestion, fiscalité, rénovation, primes
• dégustation de bière
• dégustation de vins
• conseil du troisième âge
• club de marcheurs
• club expos une expo par semaine
• tir à l'arc au Josaphat
• pétanque
• golf
• tir à l'arc
• club des pêcheurs à la ligne (vider les étangs avec un concours de pêche annuel)
• danses de salon
• scarenbeca  folklore
• club de mélomanes  (concert reine élis, musique intercult)
• club des philatélistes et numismates
• créer avec l'académie de musique un orchestre interculturel et intergénérationnel

11. INCUBAATEURS INTERCULTURELS ET INTEGENERATIONELS SOUS UTILISÉS.

• Les écoles scharebeekoises assez richement équipées et pourvues, du moins pour les plus anciennes d'entres elles de vastes préaux capables d'abriter et d'accueillir -comme les églises- des centaines de Schaerbeekois pour des festivités, des repas collectifs, des spectacles et évidement les distributions des prix annuelles.
• le parc Josaphat: C'est l'un de plus beaux des 19 communes. Les dimanches d'été il grouille de monde et constitue un véritable incubateur interculturel et intergénérationnel.  Il conviendrait d'y organiser au moins une fois par an un dimanche de pêche autorisée en synargie avec les club de pêche locaux et sur une base intergénérationnelle avec un concours récompensant les meilleurs prises.
• l'orangerie située en face de la nouvelle Laiterie est franchement sous utilisée. Elle pourrait, moyennant de faibles aménagements devenir la maison des seniors où se centralise l'organisation des activités organisées par l'échevinat inter générationnel.  
• au kiosk: il conviendrait d'organiser l'été un festival  de musiques du monde
• a l'esplanade : organiser les samedis un marché bio.  Il faudrait y organiser en été de vastes dégustation de nourritures du monde. L'interculturel se développe par la musique et par la gastronomie. Y organiser également sur le modèle des marchés de Noël un festival et un marché de l'artisanat et des arts interculturels.
• dans la petite maison du parc: créer un club de joueurs de cartes. de même que sur les tables restaurées (près de la statue de Borée) conçues à cet effet.
• au club de golf miniature: organiser un trophée intergénérationnel ouverts au jeunes de 7 à 77 ans et plus.
• au tir a l4arc Saint Sébastien: Proposer une formation de tir à l'arc pour les ainés et les jeunes et renouer de la sorte avec une tradition ancienne.
• A la Maison des Arts et des Cultures: organiser des expositions d'arts de toutes les cultures présentes sur le territoire de la commune. Egalement à la salle du musée de la Maison communale et dans le préau supérieur de La Ruche qui est pour vu de cimaises et d'un éclairage d'exposition rarement employé.
• Dans son estaminet: festival des conteurs interculturels et aussi activités mettant l'accent sur l'histoire et le folklore schaerbeekois.
• a la ruche: y organiser les ateliers informatiques et utiliser  le magnifique restaurant pour des rencontres et des dégustations de vin.
• les préaux a Renan: peuvent accueillir des centaines de schaerbeekois par exemple pour un banquet interculturel. Un tournoi d'éloquence (songeons au film con brio) un concours de chats interculturel
• les préaux a Roodebeek: idem
• l'immense préau de l'Ecole 1 rue Josaphat : il n'est pratiquement jamais utilisé. Il a une capacité de plusieurs milliers de personnes à condition d'y acheminer les chaises communales et une estrade via les services des travaux de la commune. On y a organisé une fête turque des enfants qui eut un succès immense.
• la serre du parc: y organiser les activités de jardinage intergénérationnel.
• dans les theâtres: Organiser à côté du théâtre jeunesse des activités théâtrales intergénérationnelles.
• à  saint Servais: Organiser un festival de musique interculturel intergénérationnel. Imaginer un concours de la meilleure chanson ethnique.
• à Sainte Marie: Transformer cet édifice sous utilisé en un lieu pluri culturele en synergie avec les Halles de Scchaerbeek. En faire le premier lieu interconvictionnel d'Europe.
• au musée de la bière: des dégustations de bières belges et du monde.
• à la maison Autrique: y accueillir des exposition architecturales du monde entier mais singulièrement du Maroc/Turquie/Portugal/Albanie etc. 
• dans les bibliothèques: accueillir diverses activités notamment interculturelles et d'écoles des devoirs.
• à Pater Baudry
• au neptunium: gym aquatique pour les séniors
• centre culturel De Locht
• à la maison des femmes: cuisines du monde et débats interculturels du vendredi, après le marché.

EN UN MOT:
On parle toujours du vivre ensemble.
Proposons plutôt le faire ensemble! 
Certaines initiatives de ce genre sont organisées dans diverses villes et commune du royaume. Il n'existe aucune ville ou cité où  la dynamique intergénérationnelle soit mise en place d'une manière systématique à l' initiative de la commune. 
C'est en cela que Schaerbeek peut et doit se démarquer des autres communes.
De même que nous voulons transformer la maison des Arts en maison des Arts et des cultures au carrefour de la diversité, de la même manière nous proposons de fusionner en un seul échevinat à vocation intergénérationnelle les échevinats de la jeunesse et des seniors. 
Schaerbeek,  Bruxelles, comme Marseille ou Berlin est un véritable phare transculturel . C'est un atout majeur au sein d'une Europe mondialisée. Un atout que nous envient la Flandre et la Wallonie lesquelles  se plaisent à dénigrer le caractère cosmopolite de la Capitale des Belges et des Européens. Donnons lui une dimension  supplémentaire de caractère trans générationnel.
Il est urgent de redresser la tête et de prendre toute la mesure de cet atout majeur pour les décennies à venir.
Nos villes ne seront vivables demain que pour autant qu'on  mette un frein au trafic automobile, qu'on repense radicalement la mobilité  et qu'on repense et redessine les espaces publics en véritables lieux de rencontre des cultures et des générations. Schaerbeek avec ses magnifiques espaces publics pourrait jouer un rôle pilote dans ce domaine. Que l'on s'inspire enfin des  exemples de Gand, de Séville, de Bordeaux, de Montpellier.
  Schaerbeek doit devenir la Cité pilote intergénérationnelle. 


Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant (n°46 sur la liste Verzin) 



samedi 25 août 2018

LE COUP DE PIED DE L'ÂNE



L'âne, tout le monde le sait, est l'animal fétiche de Schaerbeek la Cité des ânes: référence à une époque où les maraîchers de Schaerbeek transportaient leurs légumes à dos d'âne par le Ezelweg, le chemin des ânes (l'actuelle rue Josaphat) avant de  rejoindre la rue Royale à Bruxelles en direction du marché de la Grand Place.
On comptait autrefois plus d'ânes dans les pâturages schaerbeekois que de paroissiens à Saint-Servais. Il est temps que les ânes récalcitrants qui ne sont pas des moutons de Panurge se rebiffent et ruent dans les brancards!
Quand les sabots des ânes heurtaient à l'aube le pavé réveillant les bourgeois de la rue Royale ils s'exclamaient : d'eizels van Schoerbeik zaan do. Les ânes de Schaerbeek sont là! Il est temps de se lever  C'est que les boers schaerbeekois, ces manants  transportaient aussi moultes sacs de blé moulu dans le meuneries du Maelbeek (le ruisseau à  moudre qui prend sa source à l'abbaye du Bois de la Cambre et traverse les étangs d'Ixelles (la place Flagey était un mini lac que l'on assécha) du Square Marie Louise et du parc Léopold avant de rejoindre les étangs de Schaerbeek au parc Josaphat et se jetter ensuite dans le Senne.  A ne pas confondre avec le Molenbeek, le ruisseau aux moulins.
En 1944, le généralissime Eisenhower, libérateur de Bruxelles, est invité  à la maison communale de Schaerbeek. Les Schaerbeekois libérés réunis en masse sur la place Collignon lui font une ovation magistrale. Il remarque dans la foule un âne paré de vert et blanc, les couleurs de Schaerbeek. Vous vous trompez dit Eisenhower, je ne suis pas démocrate, mon emblème n'est pas l'âne mais l'éléphant.
Mais attention, l'âne est aussi l'animal fétiche du monde méditerranéen pensez donc à l'âne d'Ali Baba, au Turc Nasreddine Hoca (prononcez Hodja) assis volontiers sur le sien à l'envers, par distraction. Lui, Ali Baba  et Pogge boer qui jamais ne se séparait du sien sont cousins. Non pas cousins germains mais cousins latins, méditerranéens. Joli clin d'oeil interculturel, non?
Le blog la Cité des ânes par et pour 1030 nous apprend que Dans le cadre du jumelage entre Beyoglu (Istanbul) et Schaerbeek, les autorités de la ville turque ont voulu offrir à la commune bruxelloise un symbole : une œuvre d’art à placer dans la « Petite Anatolie », près de la chaussée de Haecht. « Le 18 novembre 2003, le Consulat Général de Turquie propose que l’œuvre soit sculptée par le Directorat Général des Beaux-Arts dépendant du Ministère de la Culture et du Tourisme. Elle est inaugurée le 23 septembre 2006, à deux pas de la place Liedts, au croisement des rues Gallait, Rubens et Vandenmeersch.


Il s’agit de la statue de Nasreddine Hoca (prononcez Hodja) assis sur son âne : philosophe populaire turc connu pour son humour et ses enseignements absurdes. A peine huit ans après son inauguration, la statue en fibre de verre et en résine synthétique (bakélite) a malheureusement déjà bien souffert … Le service du patrimoine cherche depuis quelques temps à collecter les fonds nécessaire à sa rénovation.
En attendant, je voudrais vous raconter deux histoires de Nasreddine. A vous de me dire à quoi ou à qui cela vous fait penser...

Nasreddine traverse un fleuve en compagnie d’un grand professeur, un grand grammairien. Celui-ci demande à Nasreddine : « As-tu appris la grammaire? ». Nasreddine lui fait signe que non. « Eh bien, tu as perdu la moitié de ta vie » lui répond le grammairien. Nasreddine est vexé, mais continue à ramer en silence pour rejoindre l’autre rive. Soudain, le bateau se retrouve pris dans la tempête et se renverse. La grammairien s’agite, boit la tasse, appelle à l’aide. Nasreddine lui demande : « Tu n’as pas appris à nager? ». Le grammairien lui fait signe que non. Nasreddine lui répond: « Eh bien, tu as perdu toute ta vie ».
Nasreddine était devenu juge à Akşehir. Un homme vint se plaindre d’un autre. « Tu as raison », lui dit-il, après l’avoir écouté. L’autre homme arriva le lendemain et raconta le contentieux à sa façon. « Toi aussi, tu as raison », répondit Hodja. Sa femme qui avait entendu les deux versions se scandalisa : « Hodja ! Quelle est cette justice ? Un juge qui donne raison à l’un, puis à l’autre ». Après avoir réfléchi un moment, Nasreddin se retourna vers sa femme et lui dit : « Chérie, toi aussi, tu as raison ! »

Cela fait penser à Pogge, évidemment. Il existe à Schaerbeek une figure de la sagesse populaire – récemment sortie de l’oubli – qui est également représentée en compagnie d’un âne, et qui tranche également les conflits en disant « alles es just». Ce personnage, c’est Pierre De Cruyer (1821-1890), alias Pogge.
En 1883, l’époque de son veuvage, il fréquenta plus assidûment les estaminets des environs et consommait inlassablement nombre de verres de Geuze ou de faro, en compagnie de son fidèle ami Jean Parici. Au soir de sa vie, notre héros, assis devant son porche attendait les visiteurs. Il « rendait souvent justice » à tous ceux qui recouraient à ses lumières , accentuant son irrévocable sentence par « Alles es just » (tout est juste), d’un invariable geste latéral du bras droit.
L'histoire de la statue de Pogge n'est pas banale non plus. Le doyen de saint Servais avait commandé à un artiste schaerbeekois une statue, du pape Léon XIII récemment intronisé par le conclave. Quand le sculpteur la livra, le doyen la refusa tout net. Il ne la trouvait pas assez ressemblante.  Il s'en suivi une  querelle si vive que l'un des protagoniste heurta la statue qui se brisa au sol. Deux Schaerbeekois facétieux récupérèrent les morceaux de la posture qu'il recollèrent rentrés chez eux. Ils entourèrent le col romain du pape Léon d'un foulard à pois, coiffèrent le pontife d'une casquette, l'habillèrent d'un sarreau et installèrent un petit mécanisme qui fonctionne toujours et qui lui fait agiter le bras. "Alles es just". 

Et le blog La Cité des ânes de commenter de façon très pertinente:
Cette statue a été vandalisée dès sa pose… elle ne plaît pas à grand monde toutes origines confondues… cet espace est inapproprié, il valait mieux ne pas amputer les entrées des rues Rubens et Vandermeersch par un espace « en béton », avec des bancs qui ne sont jamais occupés par les gens du quartier…Les enfants dont les parents attendent le tram, jouent et montent sur la statue… mieux vaut un petit espace vert, une aire de jeux…Esthétiquement, les matériaux de la statue et les pierres environnantes ne sont pas une plus value pour le quartier, mais un endroit enclavé qui laisse la place aux dépôts clandestins, des voitures s’arrêtent et balancent leurs détritus. Le stationnement, interdit au coin, n’est pas respecté, des gens vont faire leurs courses dans les commerces des environs en bloquant l’accès à la rue Vandermeersh pour les camions de Bruxelles Propreté mais, plus grave encore, pour les camions des pompiers et les ambulances ce qui a déjà posé problèmes à plusieurs reprises..; parfois une voiture n’a pas le passage tant les véhicules débordent…. Quant à investir, autant repenser cet espace et poser la statue dans un parc public (Josaphat) ou sur une place beaucoup plus vaste… Si elle se veut le symbole d’une communauté, elle n’est pas perçue comme telle par toute la communauté turque qui y voit aussi, une stigmatisation du quartier… alors que bon nombre de communautés y vivent dans une citoyenneté toute schaerbeekoise…
Bel exemple de la gouvernance brouillone du Collège en place. L'électeur jugera avec son bulletin en octobre prochain!.

Revenons à l'âne, cet  animal courageux et obstiné: pertinax sed fructifer. Obstiné comme l'âne dit la devise des Schaerbeekois et fécond comme les cerises.
S'il faut, il s'obstine!  C'est ma devise de Schaerbekois récalcitrant! Surtout retenons qu' un âne ne bute jamais deux fois sur la même pierre!  Il lui arrive lorsque le bât le blesse (le bât c'est une espèce de selle qui sert  à le charger)  de donner le coup de pied de l'âne.
C'est exactement ce que fait la liste Verzin donner le coup de pied de l'âne à la gestion du Collège sortant. Peut mieux faire. La liste fait des suggestions très concrètes en ce sens. Lisez-les plutôt. Ca vaut franchement le coup. Vous avez tout le temps  avant d'aller voter en octobre prochain.
Le coup de pied de l'âne a intérêt à être franchement violent.
C'est jouable.
L'origine de la locution est attribuée à Jean de la Fontaine qui lui même aurait repris une phrase de Phèdre indiquant que le lion est effondré rien qu'à l'idée que l'âne peut le frapper.



L'expression « le coup de pied de l'âne» se rattache à la fable intitulée « Le lion devenu vieux ».  Quand il voit l'âne s'apprêter à lui donner un coup de sabot, la mesure lui paraissant comble, il se met à protester : «Ah ! c'est trop, lui dit-il : je voulais bien mourir ; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.» . Depuis on utilise cette expression pour renforcer l'idée du coup du faible sur le fort: David contre Goliath , Georges contre Bernard!  C'est dire si la métaphore est pertinente et puissante. Elle parlera même  aux Schaerbeekois qui ignorent tout de Jean de la Fontaine.
L'âne récalcitrant ou non est l'animal emblématique non seulement des Schaerbeekois de souche mais aussi des Schaerbeekois issus de la diversité.
"Pertinax sed fructifer. Obstiné comme l'âne, qui ne bute jamais deux fois sur la même pierre, et fertile comme le cerisier que l'on reconnaît à ses fruits.  L'âne renvoie à la sensibilité facétieuse et au souci d'autrui  d'un Pogge boer en sarrau bleu et foulard rouge, éternellement accompagné de son âne, d'un Nasredine Hodja montant le sien  à l'envers et à l'agir bellement du Joseph biblique trahi
L'histoire de la statue de Pogge n'est pas banale non plus. Le doyen de saint Servais avait commandé à un artiste schaerbeekois une statue du pape Léon XIII. Quand le sculpteur la livra, le doyen la refusa tout de go. Il s'en suivi une  querelle si vive que l'un des protagoniste heurta la statue qui se brisa au sol. Deux Scharbeekois facétieux récupérèrent les morceaux qu'il recollèrent rentrés chez eux. Ils entourèrent le col romain de léon d'un foulard à pois, coiffèrent le pontife d'une casquette, l'habillèrent d'un sareau et installèrent un petit mécanisme qui fonctionne toujours et lui font agiter le bras. "Alles es just". 


Serait-il incongru que Georges Verzin traverse l'un ou l'autre marché schaerbeekois habillé en Pogge accompagné d'un âne bâté-un vrai- chargé de tracts que distribueraient trois ou quatre candidats en T shirt bleu avec le sigle de l'âne qui rue?


Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant (le n°46, avant dernier de la liste, n'oubliez pas mais vous avez trois mois pour y réfléchir)

vendredi 24 août 2018

UNE UTOPIE REALISTE POUR RÉENCHANTER SCHAERBEEK


RÉFLÉCHIR À CE QUI S’EST PASSÉ ET PENSER L’AVENIR (G Verzin) . 

Suite à une longue conversation avec une jeune sexagénaire schaebeekoise plutôt bobo intello, artiste rebelle et échevelée (il y en a plus qu'on imagine) qui adore sa maison et son jardin au coeur  du quartier des fleurs, mais s'y "emmerde comme un âne mort", au point qu'elle envisage sérieusement de quitter la commune, j'ai réfléchi à l'offre de loisirs à Schaerbeek et me suis rendue compte qu'elle était fort déficitaire notamment par rapport à Ixelles ou Saint-Gilles." Suite à cet échange et des conversations avec des seniors de ma génération je me suis dit qu'il serait bon de réfléchir sérieusement à la  question du loisir à Schaerbeek. Quels loisirs pour quels Schaerbeekois, de quel âge,  avec quels profils socio-culturels dans quels lieux, dans quel but, avec qui, comment et surtout avec quels budgets?
Question: a-t-on jamais pensé à Schaerbeek la question des loisirs autrement qu'en termes purement occupationnels et quelles conclusions en a-t-on tiré? On ne peut pas dire que la majorité sortante s'en soit beaucoup soucié. Quant aux nolsistes et post nolsistes de naguère, c'était le cadet de leurs soucis. 

Commençons par les plus jeunes: l'offre de l'"Oeuvre des Colonies Scolaires" dont Georges Verzin a conservé la gestion  mériterait un solide dépoussiérage au niveau des contenus. N'est il pas essentiel d'occuper nos gamines et gamins pendant les congés scolaires et en profiter pour organiser pour eux  un vrai rattrapage scolaire et social? Je me souviens que lorsque préfet,  je confiais  des heures de rattrapage à un.e. prof la réaction était toujours: je suis punie(e)? Ils détestaient ça  et il fallait expliquer longuement en quoi c'était essentiel.
Je me souviens vaguement aussi  d'un slogan prôné par l'actuelle majorité "Schaerbeek a du talent, les Schaerbeekois ont du talent" . Mais que fait la commune de ce talent, surtout que fait-elle pour le développer?
La commune a entrepris pas mal de choses de choses, j'en conviens, et quelquefois elle les fait même bien.  Je songe notamment à l'entretien des espaces verts et aux contrats de quartiers. Toutefois si elle s'est beaucoup souciée de l'instruction publique autrefois, un peu moins aujourd'hui,  elle n'en a pas assez fait pour le bien-être et le bien vivre des Schaerbeekois.
Je voudrais évoquer deux ou trois souvenirs de gamin de Schaerbeek. Le théâtre de marionnettes de monsieur Bartholeyns à l'école 9 dite Ecole heureuse. On fabriquait nos propres marionnettes  en chiffons et nos mères les habillaient en cousant des robes gaines , nos pères nous aidaient à rédiger des dialogues : c'était fabuleux.  Je me souviens de la chorale et des séances de cinéma à l'école 9, animée par le même instit et aussi des séances de western au Century le mercredi après-midi. Le cinéma était bourré et on adorait ça.
Je me souviens avoir vu à l'athénée: Fanfan la tulipe, l'Ecole buissonnière, Nacht und Nebel.  La grande Illusion. Je me souviens de la naissance de l'Esprit Frappeur dans une classe préfabriquée et la réaction du préfet Berré qui autorisa ensuite la grande soirée littéraire organisé par trois rhétoriciens: Jacques De Decker, Lheureux et Beerenboom,  de la conférence de Raymond Rifflet sur l'existentialisme dont JDD dira que ce fut son chemin de Damas à l'envers. La Cantatrice chauve, le Ménage de Caroline de Ghelderode, montés dans la salle de F Blum.
Je me souviens de la classe de cinéma d'André Delvaux, le club cinéma qu'il anima aux Beaux-Arts à la demande du préfet. Je me souviens du Blum Times, journal scolaire subversif dont je fus, jeune professeur, l'éditeur irresponsable aux dires du Préfet de l'époque, je me souviens des Jeunesses scientifiques et des Jeunesses musicales. Je me souviens des conférences de l'Extension de l'ULB, des Midis pédagogiques Berré que j'organisais à l'école normale de Schaerbeek. Je me souviens  les tables rondes interculturelles organisées à la Ruche. Je me souviens du parascolaire de théâtre de madame Colaris, des tables d'orientation scolaire Lycée -Athénée. des expos de la Ruche, des concerts de guitare sèche à la Ruche.
Tout cela a contribué à mon "bien être schaerbeekois" et  fut organisé à très petit budget.
Je me souviens des Le Parc illuminé et le Parc fou, de la fête des ânes qui attira 20.000 personnes au Josaphat. De Bob Dylan au stade du Crossing. Et je ne suis pas près d'oublier les dominicales de Gaston Williot à la Maison des Arts.
Vous me direz que ce ne sont là que des souvenirs de vieux monsieur nostalgique.
Traçons une ligne et pensons l'avenir.
J'ai pris un carnet vierge et me suis installé à une table de la Laiterie du parc Josaphat pour inventorier les lieux accessibles , les activités à y organiser, les synergies possibles avec la RTBF, l'ULB Saint Louis, les Halles de Schaerbeek l'église Saint Servais et surtout Sainte Marie.  (les anciens cinémas).
Je vous propose de parcourir ensemble mon carnet.
LES  LIEUX COMMUNAUX À ANIMER:
1. La parc Josaphat
2. sa laiterie reconstruite en matériaux robustes  enfin réouverte au public
3. son orangerie
4. ses deux maisonnettes
5. son kiosque et son esplanade magique: la plus belle des 19communes
6. le musée de la bière
7. la maison des femmes
8. le centre culturel de la rue De Locht
9. la maison des Arts et son estaminet fabuleux, ses jardins.
10. l'école industrielle de la rue de la Ruche, ses cimaises à éclairage son restaurant Art nouveau.
LES LIEUX MIXTES
11. le golf miniature
12. le Saint Sébastien
13. l'autre buvette du haut du parc
14. La buvette du Terdelt
15. la buvette du Neptunium
LES LIEUX PRIVÉS SOUS-EXPLOITÉS
1. Cocoza
2. Espérance
3. bouillon de culture
4. etc etc
Serait ce vraiment compliqué d'y organiser des CLUBS et des  ATELIERS loisirs intergénérationnels?
Par exemple:
• un club de bridge et /ou d'échecs comme autrefois au Greenwich, rue Pleetings
• cun lub de lecture et de rencontres littéraires.
• un club des arts de la parole (avec l'académie St Josse Schaerbeek)
• un ateliers d'écriture
• un ateliers d'impro
• un atelier scrabble
• atelier informatique (avec la promotion sociale)
• un ateliers de cuisine
• un atelier théâtre (avec les milieux théâtraux)
• un atelier bricolage  (avec l'aide de Brico)
• tables de conversation anglais /néerlandais (échevinat flamand et Emmanuel Hiel) 
• café philo
• dégustation vin (avec Delhaise)
• dégustation bière (au musée de la bière)
• club interculturel
• club des mélomanes
• atelier potager (avec l'aide du service plantations)
• activité exploration du monde ou similaires
• le sport au sens large
• relancer une activité tir à l'arc.
SYNERGIES POSSIBLES AVEC
• Les bibliothèque
• le service des plantations
• la Maison des Arts et l'échevinat culture
• l'échevinat des sports
• l'échevinat des classes moyennes
• RTBF (les concerts de guitare à la Ruche).
• l'académie de musique
• la promotion sociale de Schaerbeek
• nos deux académies
• ext ension de l'ULB
• Saint Louis et Ucl
• les théâtres schaerbeekois
• le service des plantations
• les écoles
• les associations seniors.
• Le tissu associatif. etc

PENSER LE LOISIR SENIOR
• pétanque
• natation adaptée
• rencontres culturelles/ musicales
• dégustation vin et bière
• bridge
• échecs
LOISIRS JEUNES
• repenser toute l'offre sportive comme alternative au désoeuvrement
• créer dans le cadre de l'oeuvre des colonies scolaires
• une école des parents
• un atelier méthode de travail où on apprenne à développer les aptitudes: la mémoire, l'analyse et l'observation la synthèse, la résolution de problèmes, la recherche d'info, la communication, la résolution de problèmes et surtout la bonne gestion  de son temps. Former des autodidactes
• Repenser les activités de vacances et congés qui sont un casse tête pour les parents.
• Activités français pour étranger
• néerlandais parlé
• anglais : du globish à l'English
• un cinéclub jeunes
• comment regrouper tous les parascolaires de la commune
LOISIRS CHÔMEURS ET DESOEVRES
• avec le CPAS et la promotion sociale de Schaerbeek.
• hommes et femmes dits "inutiles"
• formations diverses avec la promotion sociale
PRINCIPES GÉNÉRAUX ET GÉNÉREUX
• Il faut impérativement que ce soit convivial
• que cela ne coûte pas cher
• que cela permettre d'optimaliser les formidables outils bâtiments (stades, écoles, Neptunium, centres divers)
• que cela procure du plaisir de la bienveillance du dialogue.
• que cela fasse la, promotion du bien vivre ensemble et de l'interculturel
• la démocratie est menacée de faillite.
• allons vers les gens, écoutons-les
• faisons participer les citoyens.
• répondons à leurs attentes. Interrogeons les sur leurs attentes.
• Soyons à leur écoute/à leur service
• cela n'a jamais été fait
C'est cela le rôle de la commune: être vraiment au service des Schaerbeekois pour contribuer à la qualité de vie et au bien être  dans un esprit de participation citoyenne et intergénérationelle. J'y reviendrai. 

Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant. (n°46, l'avant dernier)


jeudi 23 août 2018

Faut-il aller loin pour voyager ?




CONTRIBUTION EXTERNE 
La Libre

Une opinion de Clément Trouveroy, étudiant en Master à la Louvain School of Management et membre de la conférence Olivaint, centre interuniversitaire de formation politique.

LES VOYAGES LOINTAINS PEUVENT GÉNÉRER DU STRESS PLUTÔT QUE DE SATISFAIRE UN BESOIN D’ÉVASION, AU FOND PLUS SIMPLE ET PLUS ÉLÉMENTAIRE.

Faut-il aller loin pour voyager ? Qui parmi vous n’a jamais rêvé à une autre vie que la sienne ? Vous êtes prisonnier des bouchons du matin, vous êtes rongé par le stress des réunions de travail en journée et condamné à l’insomnie le soir… Vous n’avez dès lors plus qu’une idée en tête : voyager. Mais, au fond, qu’est-ce que voyager ?
Lorsque nous parlons de voyage, nous songeons d’abord à un déplacement physique dans l’espace. Un mouvement qui débouche sur la découverte d’autres peuples, contrées et cultures. Vous êtes sans doute nombreux à avoir ainsi déjà quitté votre pays pour vous émerveiller devant des paysages époustouflants, vous laisser surprendre par des mets et arômes exotiques ou encore refaire le monde sous un ciel étoilé avec des étrangers. Ce type de voyage, légitime mais réservé à ceux qui en ont les moyens, peut vite devenir une habitude, un réflexe, voire une manière de prouver sa réussite sociale, avec le risque de vous mettre la pression plutôt que de satisfaire chez vous un besoin d’évasion au fond plus simple et plus élémentaire. Une pression pour échapper à la pression, quel paradoxe !
UNE COURSE CONTRE LA MONTRE
En effet, les moyens de transport de nos jours, toujours performants, ont bouleversé notre expérience du voyage. Vous ne prenez plus le temps de voyager. Au contraire, votre escapade est davantage une course contre la montre car vous ne pouvez pas "perdre de temps". L’important est d’arriver le plus rapidement possible à destination. Ainsi, ce voyage vous replonge en quelque sorte dans le stress qu’il est censé vous aider à fuir.
Vous me rétorquerez que, malgré le stress du déplacement, les voyages forment la jeunesse. Une étude réalisée par des chercheurs allemands en 2013 sur des étudiants Erasmus a d’ailleurs démontré que ceux-ci développaient, grâce à leur séjour à l’étranger, des aptitudes telles que la débrouillardise, la sociabilité, l’ouverture d’esprit. Toutefois, que deviennent ces qualités si, au retour de son voyage, le jeune reprend une vie sédentaire, conformiste et égocentrique ? C’est pourquoi nous pouvons nous demander si l’éloignement physique est bien la seule manière de s’évader, d’éveiller ses cinq sens ainsi que d’ouvrir durablement son esprit et son cœur à l’altérité.
IL FAUT CRÉER L’EXPÉRIENCE PRÈS DE CHEZ SOI
Un voyage lointain n’est enrichissant que si le voyageur est disposé à se laisser transformer par son expérience. A défaut, le voyage risque de n’être pour lui qu’une poursuite onéreuse de ses habitudes mais sous d’autres latitudes. "A quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat", disait Sénèque.
Sortir de chez soi, quitter sa routine et sa zone de confort, oui ! Mais sans nécessairement viser des destinations lointaines. Au contraire, en recherchant et en créant l’expérience inédite au quotidien et autour de chez soi.
Pour cela, nos cinq sens sont de formidables moyens de transport vers des univers aux couleurs, parfums, sonorités et sensations uniques… Pourquoi ne pas les emprunter plus souvent ? Pourquoi n’iriez-vous pas respirer à pleins poumons les senteurs de la forêt après l’orage ? Pourquoi n’iriez-vous pas écouter le chant des oiseaux au bord d’un ruisseau ou vous promener pieds nus dans l’herbe au coucher du soleil ? Qui, parmi vous, s’adonne à ce type d’évasion au moins… une fois par semaine ? Vous voulez sortir de votre zone de confort ? Très bien. Allez vous lier d’amitié avec un réfugié du parc Maximilien. Il a, lui, tant de voyages à vous raconter ! Engagez la conversation avec votre voisin au concert, au cinéma, au foot, dans le tram ou tout simplement celui de votre rue ? Si votre démarche est concluante, vous serez fier de vous, encore plus extraverti et plus confiant qu’un étudiant Erasmus.
LA LECTURE EST UN VOYAGE
Vous recherchez vraiment l’évasion ? Plongez-vous dans la lecture d’un roman passionnant ! Le lecteur mais aussi le spectateur ou visiteur, lorsqu’il referme le livre ou quitte la salle de spectacle peut lui aussi avoir le sentiment de revenir d’un voyage lointain. Ce dépaysement a le pouvoir de l’émouvoir en stimulant son enthousiasme, son empathie ou son imagination. Comme disait Joseph Joubert, l’imagination a fait plus de découvertes que les yeux. Ce décentrement élargit aussi sa connaissance du monde et enrichit le dialogue qu’il entretient avec lui-même et avec les autres.
Quel voyage, n’est-ce pas ? Votre sentiment d’évasion et de détente ainsi que l’éveil de vos sens sont une destination. Utilisez avant votre imagination, votre audace et votre curiosité comme carburant pour l’atteindre plutôt que la voiture, l’avion ou le bateau. Je conclurai par cette citation de Marcel Proust qui disait : "Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux." 


COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT
SUMMER IN SCHAERBEEK: A CHANGE IS AS GOOD AS A HOLIDAY

Il faut créer l’expérience près de chez soi;
Que diriez-vous d'un été à Schaerbeek quand les Schaerbeekois dits  "de souche" s'évadent au loin  avec les vols "low cost", quand les  Turcs s'en sont retournés nombreux en Turquie, les Marocains en masse au Maroc, les Albanais en Albanie et que les rues sont désertes, qu'il y a moyen de parquer sa voiture aisément, que les parcs sont peu fréquentés, les terrasses de café accueillantes. Mais voilà, la maison communale tourne au ralenti et en dehors de l'"Oeuvre des colonies scolaires", pas grand chose n'est fait pour les jeunes et les moins jeunes. Certes , le golf miniature est accessible mais quid des clubs sportifs et desateliers de loisir? Vous avez dit atelier de loisirs?
L'offre de loisirs pour les seniors est pratiquement nulle. C'est là que nous avons des propositions à faire. A change is as good as a holiday disent les Anglais.
Nous y reviendrons demain avec des propositions concrètes.

Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant. (n°46, l'avant dernier)