vendredi 10 août 2018

Grève historique chez Ryanair : 55.000 passagers concernés•


Cette escalade sociale chez Ryanair - qualifiée «d'inutile» par la compagnie - va considérablement perturber le trafic aérien ce vendredi dans cinq pays européens. Le Figaro fait le point.
La compagnie à bas coûts Ryanair fait face vendredi à un nouveau conflit social d'ampleur européenne, avec une première grève de pilotes coordonnées dans cinq pays pour obtenir de meilleures conditions de travail. Le débrayage, en pleine période de congés estivaux, concerne l'Allemagne, la Belgique, la Suède, l'Irlande et les Pays-Bas. Au total, plus de 55.000 passagers seront concernés, dont 42.000 pour l'Allemagne, selon la compagnie qui a promis aux voyageurs lésés un changement gratuit de réservation.
Ryanair a précisé que 85% de leurs vols seront assurés. «Plus de 2.000 vols opéreront normalement, transportant près de 400.000 passagers à travers l'Europe», a indiqué jeudi soir la compagnie irlandaise sur Twitter. Jeudi, un tribunal des Pays-Bas avait autorisé les pilotes néerlandais à se joindre au mouvement de grève. La compagnie, qui revendique 130 millions de clients annuels et dénonce une grève «inutile», a vu ces derniers mois le malaise social s'étendre à ses principales catégories de personnel en Europe.
Fin juillet, l'entreprise irlandaise avait affronté une grève du personnel de cabine en Espagne, Italie, Portugal et Belgique. Quelque 600 vols furent annulés touchant 100.000 passagers. L'impact de ce type de mouvements est bien plus important que des grèves nationales isolées lors desquelles la compagnie peut remplacer les grévistes par leurs collègues de pays voisins. Les tensions à Ryanair ont éclaté au grand jour à la suite d'un sérieux problème de planning de pilotes en septembre 2017, qui a entraîné un grave conflit et des annulations portant sur 20.000 vols.
300 EMPLOIS EN JEU
Cette crise a forcé Ryanair à reconnaître des syndicats dans plusieurs pays, ce que la compagnie avait toujours refusé. Mais souvent, le dialogue échoue, comme en Irlande où la compagnie a annoncé la semaine dernière le transfert à venir d'avions de Dublin vers la Pologne. 300 emplois sont en jeu. D'une manière générale, les syndicats reprochent à la compagnie sa politique salariale agressive, le recours à des contrats précaires et au dumping social. Ainsi, Ryanair impose quand il le peut, selon les syndicalistes, des contrats de travail irlandais plus flexibles aux personnels naviguant, même s'ils vivent ailleurs en Europe. Pour se justifier, la compagnie relève que la majeure partie du travail se fait à bord d'avions immatriculés en Irlande.
Ryanair, qui a connu une croissance considérable avec un bénéfice en 2018 prévu à plus de 1,25 milliard d'euros, se vante d'ailleurs d'avoir des «coûts bien moins élevés par passager que ses concurrents». Pour le syndicat de pilote allemand Vereinigung Cockpit (VC), il s'agit du fond du problème. Selon lui, Ryanair refuse toute augmentation de sa masse salariale, condamnant par là même les pourparlers. «Ryanair a exclu toute hausse de ces dépenses. Parallèlement, Ryanair n'a donné aucune indication sur les marges de manoeuvre pour trouver une solution. Ryanair est donc totalement responsable de l'escalade», a martelé mercredi le chef de VC Martin Locher.
Entre autres revendications, les syndicats demandent des hausses de salaire, l'intégration des intérimaires ou encore des contrats de travail du pays de résidence des pilotes. En Allemagne, le transporteur aérien a envoyé combattre en première ligne son directeur marketing, Kenny Jacobs, qui a qualifié cette grève d'»inutile», affirmant que les pilotes étaient mieux lotis que chez ses concurrents Easyjet et Norwegian. «Les salaires peuvent atteindre 190.000 euros par an et sont en moyenne de 150.000 euros par an. Ils ont reçu 20% d'augmentation de salaire cette année», a-t-il affirmé.
FAIRE DES ÉMULES EN EUROPE
Lors de la grève européenne des personnels de cabine, il avait aussi dénoncé des mouvement sociaux sans «aucune justification». Selon lui, Ryanair verse de très bons salaires dans «des pays présentant un fort taux de chômage des jeunes», référence à l'Italie ou l'Espagne. Les personnels de Ryanair peuvent en tout cas se targuer du soutien de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui regroupe 90 organisations nationales et dix fédérations européenne. «Je pense que c'est un signal à tous les groupes qui cherchent à opposer les salariés les uns aux autres», a estimé Peter Scherrer, secrétaire général de la CES, appelant à une multiplication de des débrayages transnationaux.
Il souhaite notamment une telle mobilisation «chez Amazon», où le malaise social semble aussi gagner du terrain à travers l'Europe. «Ainsi nous arriverons enfin à ce que nous voulons au niveau européen: des négociations sur les conditions de travail, des standards minimums», a souligné M. Scherrer à la radio-télévision allemande berlinoise RBB. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE GREVE EUROPENNE 

C'est sans doute une première. Une grève européenne, la démarche est héroïque et augure de nouvelles stratégies de combat. Certes Air France est menacée du même destin que la Sabena, trop généreuse avec son personnel et pas assez  rigoureuse sur la compression des coûts. Et le juste milieu? Ets-il vraiment impossible à trouver?
Le low cost a bouleversé nos habitudes de vacances au détriment du tourisme local. Pourquoi mourir d'ennui dans les Ardennes ou se gaver de glaces et de pâtisseries les jours de pluie à Ostende ou à Blankenberge, le seul endroit de Belgique où cela sent la gaufre en même temps que la frite, quand on peut pour le même prix bronzer à Ténériffe, à Benidorm ou même à Dubai?
"Le malaise social semble gagner du terrain à travers l'Europe. «Ainsi nous arriverons enfin à ce que nous voulons au niveau européen: des négociations sur les conditions de travail, des standards minimums», M. Scherrer.
Il se pourrait bien que cette grève qui va perturber les vacances de milliers d'Européens soit de nature à lancer un mouvement de solidarité à l'échelle européenne. Ce serait un premier pas vers une très nécessaire Europe sociale. qui tarde à voir le jour.
MG


LE PARADOXE DU TOURISME : LE VACANCIER À LA RECHERCHE D’AUTHENTICITÉ EST DEVENU CELUI QUI LA DÉTRUIT
JAN DE TROYER
OPINIONS
Une chronique de Jan De Troyer. La Libre Belgique


Avec 1,2 milliard de touristes, le vacancier à la recherche d’authenticité est devenu celui qui la détruit.


Après avoir vécu un début d’été sous l’emprise de la fièvre footballistique "Diables Rouges", nous sommes passés depuis peu à un état d’esprit plus classique pour la saison : celui du vacancier. Cela ne veut pas nécessairement dire à l’état de repos. L’ennui engendré par la prospérité nous pousse aux voyages toujours plus ambitieux et exigeants. Ceux qui se limitent aux plaisirs simples du littoral belge sont devenus minoritaires. Nous sommes toujours plus nombreux à partir vers des destinations lointaines, à la recherche de l’expérience ultime qui nous fera oublier, au moins pendant les vacances, la monotonie du quotidien. De cette façon, nous contribuons tous à l’explosion du tourisme, ce phénomène mondial qui pousse chaque année 1,2 milliard de personnes à quitter leur pays pour explorer des horizons plus ou moins exotiques. Qu’on le veuille ou non, pendant les vacances, nous sommes tous des touristes. Mais, ô paradoxe, une fois à destination, notre ambition consiste à tenter de ne pas côtoyer nos congénères. Secrètement, nous cultivons par moments l’illusion quasi sartrienne que "les touristes, c’est les autres". C’est une envie absurde, puisque la conséquence de notre désir commun de se soustraire pendant quelques jours à la banalité de l’existence fait que les escaliers de la fontaine de Trevi à Rome ressemblent de plus en plus à la tribune d’un stade de football, où il est impossible de prendre une photo sans qu’une Chinoise à la chevelure fluo ne vienne agiter sa perche à selfie dans l’image. Pour échapper à la bousculade autour du monument le plus lucratif au monde (on y repêche chaque année près de 1,4 million d’euros en petite monnaie) nous partons à la recherche du Graal contemporain : une trattoria fréquentée par les seuls autochtones.
Outre la fuite du quotidien, c’est la recherche de l’authenticité qui nous pousse à voyager, le rêve de découvrir les secrets du vrai Japon, de trouver le village berbère coupé de la civilisation, d’errer dans la savane authentiquement sauvage. On l’étale sur notre page Facebook pour faire partager l’expérience à nos amis. Ou, en fait, esprits retors que nous sommes, veut-on plutôt qu’ils nous envient ? L’utopie se transforme en chimère au passage de cette famille de lions indifférents, habitués aux touristes, à tel point qu’ils ne font même plus attention aux véhicules qui passent, nous privant du plaisir d’avoir le frisson de se sentir en danger.
La recherche de l’expérience authentique requiert le sacrifice. Deux années à l’avance, nous louons l’une des rares et coûteuses chambres dans ce lodge exclusif tout près du site de Machu Picchu. A 4 heures du matin, pour être absolument seuls dans la cité des Incas, on se balade dans un brouillard des Andes à couper au couteau, sans détecter la moindre silhouette des vestiges. Nous risquons notre vie parmi les plus hautes chaînes montagneuses du Pamir Tadjik, où les poids lourds foncent sur les routes poussiéreuses, sans la moindre considération pour les cyclotouristes. Il faut souffrir pour vivre des vacances inoubliables. Ni les guerres ni le terrorisme n’ont durablement diminué le nombre de voyages lointains. Tous munis d’une bonne conviction écologiste, nous poussons plusieurs fois par an nos valises à 4 roues dans les aéroports surpeuplés pour visiter l’autre bout de la planète. Les conséquences pour l’environnement sont évidemment catastrophiques. La pire des choses pour un joyau de la planète, c’est de se voir accorder le label "patrimoine mondial de l’Unesco". Ce lieu se videra dans les plus brefs délais des habitants normaux, incapables de payer les tarifs pratiqués par Airbnb. Les magasins pop-up de souvenirs remplaceront les boulangers et les bouchers, les bars seront reconvertis en restaurants "typiques". C’est tout le paradoxe du tourisme. Le vacancier à la recherche de l’authenticité est celui qui la détruit. En fuyant le quotidien, nous nous retrouvons dans la même logique économique que l’on voulait oublier pour quelques jours.
Jan De Troyer


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EST-CE IRRÉVERSIBLE?

Impossible de donner tort à Jan de Troyer. Son plaidoyer difficilement réfutable;
Nous sommes sans doute la pire génération qui ait peuplé la guerre, celle qui a fait le plus de dégât en un minimum de temps.
Est-ce irréversible?
J'ai revu "les vacances de monsieur Hulot" de Jacque Tatti. Comme Hulot, dans les années cinquante  le Français et le Belge moyen ne recherchaient pas les dépaysements exotiques et lointains.
Les vacances ( du latin « vacare », « être sans ») sont une période pendant laquelle une personne cesse ses activités habituelles. Le concept des vacances est lié à l'apparition des civilisations urbaines, contrairement au monde agricole qui, à cause du climat, ne dicte pas un rythme de travail continu tout au long de l'année. Au Moyen Âge, il existait déjà en Europe de l'Ouest des « vacances » qui correspondaient à la période des moissons en été où les universités fermaient pour permettre à tous d'aller travailler aux champs. Au XIXe siècle, les vacances se répandent dans toute l'aristocratie et la bourgeoisie d'Europe occidentale. Elles correspondaient donc à la période où les classes supérieures de la société quittaient leurs demeures principales (elles les laissaient vacantes) pour rejoindre des résidences secondaires, profiter de la nature (le romantisme est à son apogée) ou des bienfaits du climat marin ou montagnard pour la santé. Les Britanniques, dont l'économie était la plus florissante au monde, ont été les premiers à se tourner vers les stations balnéaires, d'abord sur leurs côtes, puis de l'autre côté de la Manche (à Deauville, Dinard, etc.) puis enfin dans le sud de la France, sur la Côte d'Azur (la Promenade des Anglais à Nice doit son nom aux nombreuses résidences où les Britanniques venaient passer les mois d'hiver) mais aussi à Biarritz.
L'essor de l'automobile et de la caravane a également été un moyen de partir en vacances.
À partir de la fin des années 1940, avec l'apparition des congés d'été, les vacances deviennent au contraire un moment où l'on bouge, où l'on voyage. Avec l'essor de la publicité, les vacances deviennent incontournables bien qu'elles restent inaccessibles à environ un foyer sur trois en 2009.  1936 (les premiers congés payés, 2 semaines, introduits par le gouvernement du Front populaire, 1956 (3e semaine de congés payés), 1969 et 1981 (4e et 5e semaines, respectivement).
À Hong Kong, Singapour et Taïwan, les vacances sont de sept jours par an. En ce qui concerne l'Amérique du Nord, cela peut varier entre 14 et 21 jours. En France, le nombre théorique de jours de congés payés annuels1 est de 25 (cinq semaines). En 2008, c'est légèrement moins que la moyenne de l'Union européenne (25,2 jours)2. La durée des congés payés atteint 30 jours en Allemagne et au Danemark, 33 jours en Suède2 (voir aussi la liste des minimums légaux pour les congés payés par pays (en)).
Nous sommes entrés subrepticement dans une société qui prône le loisir à tout crin, le loisir par la consommation.
La grande victime de cette évolution est la planète qui subit cette invasion  et cette surexploitation humaine de plein fouet.
Il fait aujourd'hui  beaucoup plus frais. C'est le moment ou jamais de réfléchiraux conséquences collectives de nos égarements consuméristes individuels.
MG


LA TERRE SE MEURT, NOUS LE SAVONS ET NOUS LE NIONS
CONTRIBUTION EXTERNE  La Libre Belgique
OPINION
41861
Une opinion de Geoffroy Dolphin, qui termine sont doctorat en économie/gestion à l'université de Cambridge (*).


La terre se meurt, et nous aussi. L’apathie de l’Homme face à la problématique du changement climatique est le symptôme d’un déni meurtrier et coupable.

"La terre a une peau et cette peau a des maladies; une de ces maladies s’appelle l’homme." (F. Nietzsche)
Bruxelles, 17 avril 1958. Treize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et au milieu des "Trente Glorieuses", la capitale belge accueille la première Exposition universelle d’après-guerre. Quarante-trois pays sont représentés et 42 millions de visiteurs enthousiastes et confiants s’y rendront pour célébrer la naissance d’une nouvelle modernité. Hélas, peu auront conscience que cette modernité a un prix et qu’elle n’est possible que par l’institutionnalisation d’une dégradation continue de leur environnement.
Ce prix, nous avons commencé à le payer. Cet été, de la Sibérie à l’Europe, en passant par la Californie et le Japon, l’hémisphère nord connaît des températures moyennes bien au-delà de celles enregistrées sur la période 1981-2010, comme le relate ici l’Organisation météorologique mondiale. Ces températures anormales ont déjà de multiples conséquences sur la vie quotidienne et la santé de millions d’êtres humains.
NOTRE GÉNÉRATION SAIT
Il n’en reste pas moins que l’inertie prévaut et que la transition, quand bien même elle serait amorcée, est jusqu’à présent trop lente pour prévenir un changement de température dangereux pour la survie de l’espèce humaine.
Mais là où la génération de 1958 peut légitimement plaider l’ignorance, cette ligne de défense nous est soustraite. La communauté scientifique a depuis longtemps, via le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec), clairement identifié un lien causal entre le niveau de concentration de CO2 dans l’atmosphère et la température moyenne du globe ainsi qu’attribué cette hausse de concentration aux activités humaines. (1)
L’apathie qui caractérise la réaction de l’Homme face à ce défi doit dès lors se comprendre comme le symptôme d’un déni meurtrier et coupable.
Meurtrier, d’abord, car ce déni est une déclaration de guerre qui ne dit pas son nom. Une guerre que nous menons contre nos enfants qui devront s’adapter, s’ils le peuvent, à un environnement plus hostile à la vie humaine; une guerre menée contre les populations les plus fragiles d’aujourd’hui, pour qui une sécheresse trop prolongée ou une mousson trop importante est synonyme de famine et de mort. Mais surtout, une guerre infâme que nous menons contre nous-mêmes, qui générons pour l’espèce humaine une menace existentielle que nous ne sommes pas certains de pouvoir surmonter.
Coupable, ensuite, parce qu’il m’est difficile de croire que l’Homme qui a développé cette modernité; celui qui, grâce à son travail acharné soigne des maladies que l’on pensait incurables; cet Homme, encore, qui a combattu la tyrannie et souffert dans ses geôles, parfois au prix de sa vie, pour gagner sa liberté et celle de ses semblables; cet Homme, enfin, dont le génie a envoyé ses pairs sur la lune; que cet Homme-là n’aurait pas les ressources nécessaires pour faire face à cette menace existentielle.
UNE TRANSFORMATION CHOISIE
Non, cet Homme-là choisit en connaissance de cause de poser les jalons de sa propre destruction. Il choisit de ne plus croire en sa capacité immense à se renouveler et à créer des mondes nouveaux.
Ce même Homme décide de sacrifier l’intérêt général sur l’autel des intérêts particuliers et coopte des leaders qui s’empresseront de faire de même. Il plébiscite une médiocrité qui finira par l’empêcher de se mobiliser pour engager le changement.
Si nous devions en rester là, alors vous me permettrez de paraphraser E. Zola et de vous dire que l’étoile de l’Humanité, si heureuse jusqu’ici, serait souillée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches.
Car cet état de fait que nous semblons accepter passivement n’a rien d’inéluctable. Il est le résultat de décisions libres, passées et présentes.
Nous pouvons donc aussi faire le choix de nous engager sur la voie d’une transformation radicale, certes ardue, mais ô combien nécessaire si nous voulons assurer notre survie collective. Une transformation qui impliquera nécessairement des bouleversements sociétaux profonds. Mais une transformation choisie vaut mieux qu’une adaptation forcée.
Et quand bien même celle-ci comporterait une part de risque, pourquoi la refuserions-nous cette fois alors que c’est celle-là même qui a permis le progrès continu de l’Humanité, que c’est la curiosité qui lui est associée qui nous a poussés vers de nouvelles terres et connaissances; et que c’est l’instabilité qui en découle qui a généré de nouveaux équilibres ?
La torpeur actuelle dans laquelle nous semblons plongés est d’autant plus incompréhensible que nous avons non seulement la capacité intellectuelle de mener cette transformation à bien mais aussi, aujourd’hui, les outils économiques et technologiques pour ce faire.
PROTESTER CONTRE L’APATHIE
Je ne saurais poursuivre sans prendre le risque trop grand d’une répétition stérile. Il est temps de conclure. J’accuse l’Homme de refuser d’accepter les conséquences de ses propres actes et de continuer d’agir comme si la menace qui pèse sur lui n’était qu’une lointaine chimère.
J’accuse les hommes de poursuivre méthodiquement la destruction de leur environnement et de leur espèce.
J’accuse les hommes de se cacher derrière le voile d’une prétendue impuissance alors qu’ils disposent, à l’inverse d’autres espèces, d’intelligence et de capacité d’agir.
J’accuse les hommes, ici et ailleurs, de choisir des dirigeants qui poursuivront l’iniquité comme une vertu et les enfumeront pour qu’ils se voient moins mourir.
La terre se meurt, et nous aussi. Il faudrait être fou pour espérer que la rédaction de ces quelques lignes change quoi que ce soit à cet état de fait. Mais elles expriment la protestation la plus vive contre l’apathie ambiante et l’idée malvenue que nous n’y pouvons rien.
(1) Groupe d’experts intergouvernmental sur l’évolution du climat (2013). Changements climatiques, les éléments scientifiques : Résumé à l’intention des décideurs. Disponible en ligne à l’adresse : http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar5/wg1/WG1AR5_SPM_brochure_fr.pdf
(*) Sa recherche porte essentiellement sur les politiques environnementales, en particulier taxation des émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre. Pour de plus amples informations : http://geoffroydolphin.eu

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"IL FAUDRAIT ÊTRE FOU POUR ESPÉRER QUE LA RÉDACTION DE CES QUELQUES LIGNES CHANGE QUOI QUE CE SOIT À CET ÉTAT DE FAIT. MAIS ELLES EXPRIMENT LA PROTESTATION LA PLUS VIVE CONTRE L’APATHIE AMBIANTE ET L’IDÉE MALVENUE QUE NOUS N’Y POUVONS RIEN"

Faux! Ces quelques lignes, bien  au contraire, sont de nature à nous réveiller. "Le sommeil de la raison engendre des monstres" disait Goya.
Le sommeil de la raison, c'est croire que le "low cost" nous apporte  le salut. "Tous unis contre la vie chère" est le slogan d'une chaine de distribution alimentaire law cost. On achète désormais le prix sans se préoccuper de la qualité. "Le prix s'oublie, la qualité reste" était autrefois le slogan de l'Union Economique une coopérative qui était obsédée non pas par le profit mais par le bien être de ses clients.
Les grandes surfaces Lidle et Aldi en tête se multiplient comme champignons sous la voûte et écrasent les prix en même temps que tous leurs concurrents. Leurs stratégie consiste , comme celle de Ryanair du reste,  à écraser les coûts et quelquefois au mépris de la sécurité et du bien être du personnel et en se montrant moins scrupuleux sur la qualité des produits ce qui est de nature à menacer la santé des consommateurs.
"On nous fait bouffer de la merde." (Jean-Pierre Coffe)  Au fil des années et des scandales alimentaires, la confiance s'effrite. Aujourd'hui, on ne mange pas, on bouffe. On ne sait plus trop ce qu'on ingurgite, des produits standardisés, insipides tout au long de l'année... Comment en est-on arrivé là ? Où sont passés les saveurs, le respect des denrées, des producteurs ? Comment est-il possible que du porc fermier d'Auvergne vienne de Bretagne ? Que l'on gave les poules de batterie de colorant et d'antibiotiques ? Que nos animaux partent se faire tuer en Allemagne pour revenir transformés en barquettes ? Que l'on soit obligé d'ajouter des vitamines au lait et des couleurs artificielles au fromage ? Pour vous aider à vous nourrir sainement, ce livre vous propose un vaste décryptage sur le monde alimentaire. 
«ARRÊTONS DE MANGER DE LA MERDE!»: LE RÉQUISITOIRE DE JEAN-PIERRE COFFE CONTRE LES HORREURS
"Fils d’une cuisinière et d’un maraîcher, Jean-Pierre Coffe savait de quoi il parlait.  Il a visité des dizaines d’usines, d’ateliers, d’artisans, des élevages et des abattoirs qui travaillent pour toutes les enseignes de l’agroalimentaire. Une évidence: le monde agricole s’est jeté dans le productivisme. Oublié le temps où le crémier vendait du lait à la louche, où le boucher faisait trier dans un abattoir de proximité des bêtes qu’il avait choisies au pré, et où les marchands de fruits et légumes ignoraient tout de la dessaisonalisation: ils vendaient des fruits cueillis à maturité par des producteurs respectueux.
Le combat de Jean-Pierre Coffe passait par la défense du bon, du sain, et du goût. Oui, le polémiste a joint l’utile à la parole en  cherchant à inverser la tendance: il n’y a pas de fatalité à se nourrir mal. Cessons de subir la loi du marketing et du mensonge. Redevenons maîtres de nos assiettes pour le bonheur de manger la vérité, tous les jours de notre vie." Nicolas de Rabaudy
L'été caniculaire que nous sommes en train de vivre est de nature à nous faire réfléchir massivement à ce que nous sommes en train de faire subir à la terre et surtout à ses habitants.
Il est temps de conclure.
"J’accuse l’Homme de refuser d’accepter les conséquences de ses propres actes et de continuer d’agir comme si la menace qui pèse sur lui n’était qu’une lointaine chimère.
J’accuse les hommes de poursuivre méthodiquement la destruction de leur environnement et de leur espèce.
J’accuse les hommes de se cacher derrière le voile d’une prétendue impuissance alors qu’ils disposent, à l’inverse d’autres espèces, d’intelligence et de capacité d’agir.
J’accuse les hommes, ici et ailleurs, de choisir des dirigeants qui poursuivront l’iniquité comme une vertu et les enfumeront pour qu’ils se voient moins mourir.
La terre se meurt, et nous aussi." Geoffroy Dolphin

On nous a demandé de trier nos déchets...Nous trions désormais bon gré mal gré nos déchets.
On nous demande de payer des impôts...Nous payons bon gré mal gré nos impôts.
On nous demande; pardon, les plus sages, les plus lucides d'entre nous nous invitent à décider de vivre autrement.
Jusqu'à quand seront ils des airains sonores, des timbales retentissantes, des voix qui prêchent dans le désert.
Nous avons besoin de ces donneurs d'alarme qui sont les prophètes des temps modernes.
Mais nous savons quel est le funeste sort que l'humanité a toujours réservé à ses prophètes.
MG 










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