mardi 28 août 2018

LA FORMATION DU PROCHAIN GOUVERNEMENT FÉDÉRAL SERA TRÈS SERRÉE




Jules Gheude
Essayiste politique in Le Vif

La formation du prochain gouvernement fédéral sera très serrée. Ce n'est pas nous qui le disons, mais Luc Van der Kelen, l'ancien éditorialiste de " Het Laatste Nieuws ", dans une opinion publiée sur Knack.
Bien qu'il soit aujourd'hui conseiller politique de B-Plus, cette association dont on connaît l'attachement à la Belgique, Luc Van der Kelen est conscient que la situation belge est extrêmement précaire : "Le problème en Belgique est en effet que la stabilité semble exister, mais qu'à chaque moment elle peut disparaître. En général, nous réglons cela avec une réforme de l'Etat, mais même cette merveilleuse méthode belge a ses limites. À un moment donné, il n'y aura en effet plus rien à réformer, parce que tout paraîtra avoir déjà été réformé. Nous approchons de ce stade à grands pas."
En 2010, la crise politique belge a duré 541 jours. Ceux qui se présentaient alors comme "demandeurs de rien" ont finalement accepté une sixième réforme de l'Etat, qui n'a fait que rendre le processus de décision plus complexe, voire, dans certains cas, impossible. Le 28 avril 2016, Jean Quatremer, le correspondant à Bruxelles du journal "Libération", constatait que "cinquante ans de lutte communautaire entre Flamands et Wallons et le détricotage de l'Etat central au profit des régions (six réformes constitutionnelles depuis 1970) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité."
A l'Open VLD, au MR et au CDH, des voix s'élèvent aujourd'hui pour souhaiter la refédéralisation de certaines compétences, dans un but de plus grande efficacité. Mais Luc Van der Kelen est formel : "Aujourd'hui, la chance est faible pour de grandes réformes administratives. Même pour la refédéralisation de certaines compétences, comme le commerce extérieur, ou pour l'introduction d'une circonscription électorale fédérale, ce qu'une organisation comme B-Plus continue de défendre. En Flandre, les partis flamingants, du Vlaams Belang à la N-VA en passant par le CD&V, n'y sont pas favorables. On trouve juste quelques voix positives chez les Jeunes CD&V."
Telle est, en effet, la réalité ! Aussi est-il vain de mener des combats d'arrière-garde, comme le fait, par exemple, Philippe Van Parijs (lui aussi membre de B-Plus) en proposant de diviser la Belgique en quatre régions (une flamande, une wallonne, une bruxelloise et une germanophone), avec l'usage de l'anglais comme trait d'union.
Luc Van der Kelen parle des partis flamingants. Il n'ignore pas que ceux-ci éprouvent une aversion profonde pour Bruxelles, région à part entière.
Luc Van der Kelen souligne aussi la position forte de la N-VA. Pour son président, Bart de Wever, Flamands et Wallons vivent sur deux planètes et constituent deux démocraties. Aussi veut-il que cet état de fait se reflète dans un projet confédéral : un niveau belge réduit à sa plus simple expression, avec deux Etats - la Flandre et la Wallonie - entre lesquels chaque Bruxellois devra choisir pour ce qui concerne les matières dites communautaires: impôt des personnes, système de sécurité sociale,... Bref, une Belgique transformée en coquille vide et qui ne manquerait pas d'apparaître très vite comme superflue.
N'oublions jamais que l'idée confédéraliste a été lancée, au début des années 90, par le ministre-président flamand Luc Van den Brande (un démocrate-chrétien) et qu'elle a été approuvée par le Parlement flamand en 1999. Comment le président du CD&V, Wouter Beke, pourrait-il aujourd'hui ne pas appuyer cette réforme, lui qui, le 22 septembre 2007, avait déclaré au journal québécois "Le Devoir" : "Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l'entend. (...) Si les francophones n'acceptent pas de lâcher du lest, nous n'aurons pas d'autre choix que l'indépendance."Voilà qui a le mérite de la clarté !
Luc Van der Kelen aborde alors le point crucial. Si les négociations aboutissent à une impasse, s'il y a peu d'alternatives, Bart De Wever peut mettre le confédéralisme sur la table. Le PS bloquera-t-il à nouveau ?
Aujourd'hui, Elio Di Rupo ne veut rien savoir de ce confédéralisme. Mais il était aussi contre la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, sans extension de Bruxelles. On sait ce qu'il en est advenu.
S'il analyse les sondages, Elio Di Rupo sait que le PS a de grandes chances de revenir au pouvoir wallon au lendemain des élections de l'an prochain. Luc Van der Kelen semble, lui aussi, convaincu de la chose : Si le MR (...) ne parvient pas à capitaliser sur sa position exceptionnelle, alors la coalition fédérale ne pourra conserver sa majorité et le gouvernement wallon risque de prendre la forme d'une coalition de gauche. (...) Pour Magnette, Di Rupo et consorts (...) le niveau fédéral arrive à une place secondaire. Gouverner dans sa propre région est primordial.
Mais Elio Di Rupo sait aussi que la Wallonie devra tirer son plan toute seule. L'extinction progressive des transferts financiers en provenance de Flandre - quelque 7 milliards d'euros - est, en effet, programmée. Une situation qui deviendra vite intenable pour la Wallonie et qui l'amènera à se serrer la ceinture.
En 1981, François Perin avait prédit cette évolution : Les Wallons pourraient se retrouver indépendants à leur corps défendant, contraints à une discipline dont ils n'ont aucune idée.
Dans l'esprit de la N-VA, le confédéralisme devrait être la dernière étape avant le séparatisme. L'article 1er de ses statuts évoque clairement l'émergence d'une République flamande souveraine.
Tenter de maintenir la Belgique par de nouvelles discussions interminables, serait donc insensé. Puisque la mort du royaume est programmée, passons directement à la phase finale! François Perin se plaisait à répéter : Le mort est mort et bien mort, mais on ne veut pas voir qu'il est mort !
Nous avons déjà eu l'occasion d'expliquer comment nous envisagions l'avenir de la Wallonie. Comme l'a confirmé le constitutionnaliste français Didier Maus, il serait parfaitement possible d'insérer dans la Constitution française un statut particulier d'intégration-autonomie, qui permettrait de conserver en l'état, au moins pour l'essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits "connexes", des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd'hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l'enseignement supérieur.
(1) Derniers ouvrages parus : "François Perin - Biographie", Editions Le Cri, 2015 et "Un Testament wallon - Les vérités dérangeantes", Mon Petit Editeur, 2016.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
2018 LES COMMUNALES; 2019 LES RÉGIONALES/FÉDÉRALES /EUROPÉENNES 
 
Permettez, cher lecteur, au Schaerbeekois récalcitrant de coiffer un instant sa casquette de DiverCity pour réagir à cette analyse hardie mais lucide de Jules Gheude.
On ne saurait, en effet, tout à fait séparer les divers scrutins qui vont influer sur le destin de la Belgique et de l'Europe. (les communales en octobre 2018; les régionales, fédérales et européennes en 2019)
Le scrutin communal anversois et celui de Bruxelles ne seront pas sans influencer ceux de 2019.
Il s'agit de décider si on entend renforcer le camp du MR, de Défi, du PS, du PTB  ou des Verts.
Certains francophones bruxellois seraient, dit-on, tentés de voter NVA aux communales, par dépit. Qu'ils prennent  bien conscience  que le projet confédéral de Bart de Wever est clairement  " une Belgique transformée en coquille vide et qui ne manquerait pas d'apparaître très vite comme superflue."
Les anciens de DiverCity savent que je suis un fan de Jules Gheude et que je partage ses analyses et son diagnostic du mal belge inspiré par la pensée géniale de feu François Perin.
Jules Gheude est sans doute un des meilleurs analystes du "détricotage de la Belgique". Il prédit et prône un "rattachisme" à la France le jour où la Flandre lâchera la Belgique définitivement. Il serait bon de s'y préparer mentalement car selon Gheude l'échéance se rapproche.
Pourquoi voter pour la liste MR citoyens à Schaerbeek? Fondamentalement parce qu'elle propose pour Schaerbeek une vision, ce qui apparemment fait le plus défaut à la liste du Bourgmestre et aux autres formations qui se présentent.
It takes three things to succeed: a vision to see the vigor to act and the heart to care
Trois choses sont nécessaires pour réussir: une vraie vision pour savoir où on va, l'énergie pour la concrétiser et l'empathie. 

Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant. (46°ème sur la liste du coup de pied de l'âne)
  
 
IT  TAKES THREE THINGS TO SUCCEED: A VISION TO SEE THE VIGOR TO ACT AND THE HEART TO CARE.
C'est le titre que j'ai donné à ma préface du Livre de Georges Verzin qui sera rendu public et diffusé jeudi.
Je vous la propose en guise de teaser d'un bouquin que vont dévorer les schaerbeekois motivés qui le trouveront dans les meilleurs librairies de Schaerbeek.
Cette petite phrase, je la trimbale  depuis des décennies dans ma mémoire. Elle dit en peu de mots presque tout de Gorges Verzin.
Elle souligne son souci d'une vision pour indiquer aux Schaerbeekois où aller. Georges nous esquisse avec son livre la voie vers un Schaerbeek plus rayonnant, plus convivial, bref plus schaerbeekois.  Elle dit, cette petite phrase l'importance de l'énergie et de la volonté à déployer pour réaliser la vision.  Le volontarisme de Verzin rappelle celui d'un Louis Bertrand.  S'il faut m'obstine est une de nos devises schaerbeekoises.  Pertinax sed fructifer. Obstiné comme l'âne, qui ne bute jamais deux fois sur la même pierre, et fertile comme le cerisier que l'on reconnaît à ses fruits.  Elle renvoie enfin au care, à la sensibilité facétieuse et au souci d'autrui  d'un Pogge boer en sarrau bleu et foulard rouge, éternellement accompagné de son âne, d'un Nasredine Hodja montant le sien  à l'envers et à l'agir bellement du Joseph biblique trahi par ses frères dans  la thora hébraïque et le Coran.
Ils font tous partie désormais de notre panthéon interculturel schaerbeekois, au même titre que l'âne emblématique. Acclamé en 1944 au balcon de la maison communale , le généralissime  Eisenhower, libérateur de Bruxelles, pointa du doigt un âne bâté sur la place Collignon. Je ne suis pas démocrate proteste le futur président républicain, l'éléphant est notre emblème, pas l'âne .. Cela fit beaucoup rire dans les caberdouches schaerbeekois. 
Le socialiste Louis Bertrand était en effet  de cette trempe et aussi le libéral  Henri Bergé recteur schaerbeekois de l'ULB à la même époque et après eux  le fringant Gaston Williot qui fut notre bourgmestre avant la très calamiteuse ère nolsienne. Georges Verzin qui signe ce livre est un peu tout ça. Municipaliste de cœur, notre Georges schaerbeekois sera le principal  pourfendeur du dragon Nols.
Elevé dans le sérail schaerbeekois, comme il le raconte ici avec une humilité touchante, notre vaillant Georges en connaît tous les détours.  Il a roulé sa bosse au Conseil communal au Collège et dans diverses sociétés dont l'œuvre du cancer et Axa.. .  Appelé au pouvoir par son électorat, il dirigea pendant douze ans la culture schaerbeekoise et les bibliothèques avec très peu de moyens financiers et  durant six ans  l'instruction .
Surtout, il fut longtemps et il demeure  la voix de l'opposition qui harangue inlassablement les édiles engoncées dans leurs certitudes et leur train train.  Il le demeure contre vents et marées.
Son livre nous renvoie à une époque où l'on comptait plus d'ânes dans les pâtures schaerbeekoises que de paroissiens dans les églises de la commune. D'aucuns diront que cela a peu changé.  Il nous rappelle temps où les peintres plantaient leurs chevalets  au grand air dans les vergers de cerisiers près d'un faubourg qui faisait penser à celui de Montmartre.
C'était avant que La Cité des Ecoles scharbeekoises ne servît de modèle à l'Europe entière, un peu comme le projet éducatif finlandais aujourd'hui.
Surtout, ce livre nous parle d'idées hardies pour le développement d'un Schaerbeek en devenir qui vaut mieux encore que tous ceux qui l'ont précédé. Un Schaerbeek utopique mais réaliste pratiquant une tolérance sécuritaire zéro, avec une  police et des  commerces de proximité, avec restos et bistros sympas , -il n'y an a pas encore assez- avec des  potagers bio, des  ruchers sur les toits, un parc Josaphat somptueux , véritable incubateur interculturel,  de belles façades Art nouveau et Art déco ravalées, un urbanisme élégant que d'autres communes nous envient, une situation géographique privilégiée,  des  pistes cyclables sécurisées,  de larges trottoirs, moins de sens iniques et des  zones trente à gogo; avec un art de vivre autrement la culture, les loisirs  et les sports  et l'inter culture seul et/ou ensemble, un enseignement différencié qui retrouverait sa légendaire qualité visant le développement harmonieux de chaque enfant dans une Cité des Ecoles régénérée avec un souci constant pour la jeunesse et nos séniors qu'on ne saurait oublier.
Je vous en souhaite bonne lecture et de l'inspiration pour mûrir un argumentaire largement déployé et choisir en connaissance de cause dans l'isoloir en octobre prochain.
Schaerbeekement vôtre,
Marc Guiot, pur produit de la Cité des Ecoles schaerbeekoise  




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