samedi 25 août 2018

LE COUP DE PIED DE L'ÂNE



L'âne, tout le monde le sait, est l'animal fétiche de Schaerbeek la Cité des ânes: référence à une époque où les maraîchers de Schaerbeek transportaient leurs légumes à dos d'âne par le Ezelweg, le chemin des ânes (l'actuelle rue Josaphat) avant de  rejoindre la rue Royale à Bruxelles en direction du marché de la Grand Place.
On comptait autrefois plus d'ânes dans les pâturages schaerbeekois que de paroissiens à Saint-Servais. Il est temps que les ânes récalcitrants qui ne sont pas des moutons de Panurge se rebiffent et ruent dans les brancards!
Quand les sabots des ânes heurtaient à l'aube le pavé réveillant les bourgeois de la rue Royale ils s'exclamaient : d'eizels van Schoerbeik zaan do. Les ânes de Schaerbeek sont là! Il est temps de se lever  C'est que les boers schaerbeekois, ces manants  transportaient aussi moultes sacs de blé moulu dans le meuneries du Maelbeek (le ruisseau à  moudre qui prend sa source à l'abbaye du Bois de la Cambre et traverse les étangs d'Ixelles (la place Flagey était un mini lac que l'on assécha) du Square Marie Louise et du parc Léopold avant de rejoindre les étangs de Schaerbeek au parc Josaphat et se jetter ensuite dans le Senne.  A ne pas confondre avec le Molenbeek, le ruisseau aux moulins.
En 1944, le généralissime Eisenhower, libérateur de Bruxelles, est invité  à la maison communale de Schaerbeek. Les Schaerbeekois libérés réunis en masse sur la place Collignon lui font une ovation magistrale. Il remarque dans la foule un âne paré de vert et blanc, les couleurs de Schaerbeek. Vous vous trompez dit Eisenhower, je ne suis pas démocrate, mon emblème n'est pas l'âne mais l'éléphant.
Mais attention, l'âne est aussi l'animal fétiche du monde méditerranéen pensez donc à l'âne d'Ali Baba, au Turc Nasreddine Hoca (prononcez Hodja) assis volontiers sur le sien à l'envers, par distraction. Lui, Ali Baba  et Pogge boer qui jamais ne se séparait du sien sont cousins. Non pas cousins germains mais cousins latins, méditerranéens. Joli clin d'oeil interculturel, non?
Le blog la Cité des ânes par et pour 1030 nous apprend que Dans le cadre du jumelage entre Beyoglu (Istanbul) et Schaerbeek, les autorités de la ville turque ont voulu offrir à la commune bruxelloise un symbole : une œuvre d’art à placer dans la « Petite Anatolie », près de la chaussée de Haecht. « Le 18 novembre 2003, le Consulat Général de Turquie propose que l’œuvre soit sculptée par le Directorat Général des Beaux-Arts dépendant du Ministère de la Culture et du Tourisme. Elle est inaugurée le 23 septembre 2006, à deux pas de la place Liedts, au croisement des rues Gallait, Rubens et Vandenmeersch.


Il s’agit de la statue de Nasreddine Hoca (prononcez Hodja) assis sur son âne : philosophe populaire turc connu pour son humour et ses enseignements absurdes. A peine huit ans après son inauguration, la statue en fibre de verre et en résine synthétique (bakélite) a malheureusement déjà bien souffert … Le service du patrimoine cherche depuis quelques temps à collecter les fonds nécessaire à sa rénovation.
En attendant, je voudrais vous raconter deux histoires de Nasreddine. A vous de me dire à quoi ou à qui cela vous fait penser...

Nasreddine traverse un fleuve en compagnie d’un grand professeur, un grand grammairien. Celui-ci demande à Nasreddine : « As-tu appris la grammaire? ». Nasreddine lui fait signe que non. « Eh bien, tu as perdu la moitié de ta vie » lui répond le grammairien. Nasreddine est vexé, mais continue à ramer en silence pour rejoindre l’autre rive. Soudain, le bateau se retrouve pris dans la tempête et se renverse. La grammairien s’agite, boit la tasse, appelle à l’aide. Nasreddine lui demande : « Tu n’as pas appris à nager? ». Le grammairien lui fait signe que non. Nasreddine lui répond: « Eh bien, tu as perdu toute ta vie ».
Nasreddine était devenu juge à Akşehir. Un homme vint se plaindre d’un autre. « Tu as raison », lui dit-il, après l’avoir écouté. L’autre homme arriva le lendemain et raconta le contentieux à sa façon. « Toi aussi, tu as raison », répondit Hodja. Sa femme qui avait entendu les deux versions se scandalisa : « Hodja ! Quelle est cette justice ? Un juge qui donne raison à l’un, puis à l’autre ». Après avoir réfléchi un moment, Nasreddin se retourna vers sa femme et lui dit : « Chérie, toi aussi, tu as raison ! »

Cela fait penser à Pogge, évidemment. Il existe à Schaerbeek une figure de la sagesse populaire – récemment sortie de l’oubli – qui est également représentée en compagnie d’un âne, et qui tranche également les conflits en disant « alles es just». Ce personnage, c’est Pierre De Cruyer (1821-1890), alias Pogge.
En 1883, l’époque de son veuvage, il fréquenta plus assidûment les estaminets des environs et consommait inlassablement nombre de verres de Geuze ou de faro, en compagnie de son fidèle ami Jean Parici. Au soir de sa vie, notre héros, assis devant son porche attendait les visiteurs. Il « rendait souvent justice » à tous ceux qui recouraient à ses lumières , accentuant son irrévocable sentence par « Alles es just » (tout est juste), d’un invariable geste latéral du bras droit.
L'histoire de la statue de Pogge n'est pas banale non plus. Le doyen de saint Servais avait commandé à un artiste schaerbeekois une statue, du pape Léon XIII récemment intronisé par le conclave. Quand le sculpteur la livra, le doyen la refusa tout net. Il ne la trouvait pas assez ressemblante.  Il s'en suivi une  querelle si vive que l'un des protagoniste heurta la statue qui se brisa au sol. Deux Schaerbeekois facétieux récupérèrent les morceaux de la posture qu'il recollèrent rentrés chez eux. Ils entourèrent le col romain du pape Léon d'un foulard à pois, coiffèrent le pontife d'une casquette, l'habillèrent d'un sarreau et installèrent un petit mécanisme qui fonctionne toujours et qui lui fait agiter le bras. "Alles es just". 

Et le blog La Cité des ânes de commenter de façon très pertinente:
Cette statue a été vandalisée dès sa pose… elle ne plaît pas à grand monde toutes origines confondues… cet espace est inapproprié, il valait mieux ne pas amputer les entrées des rues Rubens et Vandermeersch par un espace « en béton », avec des bancs qui ne sont jamais occupés par les gens du quartier…Les enfants dont les parents attendent le tram, jouent et montent sur la statue… mieux vaut un petit espace vert, une aire de jeux…Esthétiquement, les matériaux de la statue et les pierres environnantes ne sont pas une plus value pour le quartier, mais un endroit enclavé qui laisse la place aux dépôts clandestins, des voitures s’arrêtent et balancent leurs détritus. Le stationnement, interdit au coin, n’est pas respecté, des gens vont faire leurs courses dans les commerces des environs en bloquant l’accès à la rue Vandermeersh pour les camions de Bruxelles Propreté mais, plus grave encore, pour les camions des pompiers et les ambulances ce qui a déjà posé problèmes à plusieurs reprises..; parfois une voiture n’a pas le passage tant les véhicules débordent…. Quant à investir, autant repenser cet espace et poser la statue dans un parc public (Josaphat) ou sur une place beaucoup plus vaste… Si elle se veut le symbole d’une communauté, elle n’est pas perçue comme telle par toute la communauté turque qui y voit aussi, une stigmatisation du quartier… alors que bon nombre de communautés y vivent dans une citoyenneté toute schaerbeekoise…
Bel exemple de la gouvernance brouillone du Collège en place. L'électeur jugera avec son bulletin en octobre prochain!.

Revenons à l'âne, cet  animal courageux et obstiné: pertinax sed fructifer. Obstiné comme l'âne dit la devise des Schaerbeekois et fécond comme les cerises.
S'il faut, il s'obstine!  C'est ma devise de Schaerbekois récalcitrant! Surtout retenons qu' un âne ne bute jamais deux fois sur la même pierre!  Il lui arrive lorsque le bât le blesse (le bât c'est une espèce de selle qui sert  à le charger)  de donner le coup de pied de l'âne.
C'est exactement ce que fait la liste Verzin donner le coup de pied de l'âne à la gestion du Collège sortant. Peut mieux faire. La liste fait des suggestions très concrètes en ce sens. Lisez-les plutôt. Ca vaut franchement le coup. Vous avez tout le temps  avant d'aller voter en octobre prochain.
Le coup de pied de l'âne a intérêt à être franchement violent.
C'est jouable.
L'origine de la locution est attribuée à Jean de la Fontaine qui lui même aurait repris une phrase de Phèdre indiquant que le lion est effondré rien qu'à l'idée que l'âne peut le frapper.



L'expression « le coup de pied de l'âne» se rattache à la fable intitulée « Le lion devenu vieux ».  Quand il voit l'âne s'apprêter à lui donner un coup de sabot, la mesure lui paraissant comble, il se met à protester : «Ah ! c'est trop, lui dit-il : je voulais bien mourir ; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.» . Depuis on utilise cette expression pour renforcer l'idée du coup du faible sur le fort: David contre Goliath , Georges contre Bernard!  C'est dire si la métaphore est pertinente et puissante. Elle parlera même  aux Schaerbeekois qui ignorent tout de Jean de la Fontaine.
L'âne récalcitrant ou non est l'animal emblématique non seulement des Schaerbeekois de souche mais aussi des Schaerbeekois issus de la diversité.
"Pertinax sed fructifer. Obstiné comme l'âne, qui ne bute jamais deux fois sur la même pierre, et fertile comme le cerisier que l'on reconnaît à ses fruits.  L'âne renvoie à la sensibilité facétieuse et au souci d'autrui  d'un Pogge boer en sarrau bleu et foulard rouge, éternellement accompagné de son âne, d'un Nasredine Hodja montant le sien  à l'envers et à l'agir bellement du Joseph biblique trahi
L'histoire de la statue de Pogge n'est pas banale non plus. Le doyen de saint Servais avait commandé à un artiste schaerbeekois une statue du pape Léon XIII. Quand le sculpteur la livra, le doyen la refusa tout de go. Il s'en suivi une  querelle si vive que l'un des protagoniste heurta la statue qui se brisa au sol. Deux Scharbeekois facétieux récupérèrent les morceaux qu'il recollèrent rentrés chez eux. Ils entourèrent le col romain de léon d'un foulard à pois, coiffèrent le pontife d'une casquette, l'habillèrent d'un sareau et installèrent un petit mécanisme qui fonctionne toujours et lui font agiter le bras. "Alles es just". 


Serait-il incongru que Georges Verzin traverse l'un ou l'autre marché schaerbeekois habillé en Pogge accompagné d'un âne bâté-un vrai- chargé de tracts que distribueraient trois ou quatre candidats en T shirt bleu avec le sigle de l'âne qui rue?


Marc Guiot, le Schaerbeekois récalcitrant (le n°46, avant dernier de la liste, n'oubliez pas mais vous avez trois mois pour y réfléchir)

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