dimanche 19 août 2018

"REUNIR POUR REUSSIR"


IT ALWAYS SEEMS IMPOSSIBLE UNTIL IT IS DONE.  (NELSON MANDELA).

Réunir pour réussir! Il  veut dire quoi ce slogan arrogant et ambitieux de la liste Verzin?
Ras le bol de tout ce qui divise les jeunes et les seniors, les classes sociales, les ethnies, les convictions, le haut et la bas de la commune, les Schaerbeekois de souche et d'adoption, la gauche et la droite le pouvoir en place et l'opposition.  etc. etc.
Il est temps de prôner le dialogue! Dialogue des convictions, des cultures, des religions. De créer à Schaerbeek des incubateurs interculturels et aussi et surtout intergénérationnels, autrement dit des lieux où on se rencontre, où l'on échange et où on se découvre. Il y en a quelques uns, mais franchement, il y en a  trop peu. Quand j'atterris à la terrasse de l'Espérance ou du Central Park ou de Côté Goût il y a toujours quelqu'un pour tailler une parlotte interculturelle ou intergénérationnelle. J'adore.
Il conviendrait de multiplier les interactions positives pour promouvoir ce dialogue interculturel.   D'abord sur le plan  individuel.  C'est à ce niveau que cela fonctionne le mieux. Disons le moins mal!  Cette démarche volontariste, qu'on se le dise, ne va jamais de soi. Ell exige en effet un effort de soi et aussi de l'autre: sur le lieu de travail, dans l'espace public et surtout à l'école. L'enseignement doit être idéalement  un vrai incubateur interculturel. Y parvient-il?  Quelquefois mais pas toujours.
Un ancien recteur de l'ULB me faisait remarquer qu'il gardait un souvenir fort d'une conférence donnée à l'athénée Blum/ Roodebeek..
Il avait été frappé par la sérénité du climat cosmopolite  et le respect de la diversité qui y régnait et cela l'a profondément marqué.
Ne sommes-nous pas le fruit de nos  rencontres ?  me dit un jour feu Albert Jacquard. Cette pensée me hante.
Chaque fois que je suis entré franchement en dialogue avec un ou une Schaerbeekoise issu(e) de la diversité, j'ai été amené à relativiser mon point de vue. Autrement dit à revoir le point d'où je regarde la réalité. Ceci dit, il est beaucoup plus difficile de tenter de réunir les points de vues collectifs . Réunir pour réussir est forcément un vrai défi. Les défis, ça a toujours été ma tasse de thé.
C'est ce qui me plait dans la démarche de l'équipe Verzin qui est-de fait "interculturelle et intergénérationnelle" et c'est pour cela aussi  que j'y adhère avec enthousiasme.
Il est plus difficile, on le sait de construire des ponts que des murs. Des ponts qui tiennent évidemment!  Le mur de Chine, le Limes romain et le mur de Berlin n'ont finalement pas arrêté grand monde. Celui de Trump sera aussi poreux que les autres.
Mais insistons là-dessus: le dialogue inter convictionnel ne va jamais vraiment de soi.
Nous sommes aujourd'hui dans un moment tout à fait particulier, symptomatique de la nécessité d'engager et de mener un dialogue interconvictionnel. (JP Hecq)
Il est donc grand temps que les pensées humanistes de toutes tendances et les humanistes de tous bords qui les incarnent (croyants, incroyants ou agnostiques libres penseurs) se rencontrent pour assumer et assurer le vivre ensemble dont chacun rêve localement et globalement. Réunir pour réussir, c'est j'en suis très conscient, aller carrément à contre courant! Mais à quoi bon suivre le troupeau bêlant qui court à l'abattoir. Il s'agit au contraire de ruer dans les brancards. L'âne qui rue dans les brancards c'est le contraire de la parabole des aveugles  ou du mythe des moutons de Panurge.
La migration, ce visage humain de la globalisation, est rapidement en train de changer nos villes. La superdivesité est devenue le trait marquant des villes globalisées européennes (Dirk Geldof).  C'est une évidence, le Schaerbeek des années soixante de mon enfance était radicalement différent de celui d'aujourd'hui.
Le retour du religieux est partout observable et il ne concerne pa seulement l'univers musulman. On l'observe en Inde, en Israël, chez les évangélistes anglo-saxons et en Russie. C'est un phénomène planétaire et galopant. "Si le choc des cultures est une réalité observable partout dans le monde en revanche l'esprit de dialogue progresse . Il s'agit d'une nouveauté que notre génération est la première à vivre" (Jan De Volder).
Enfin une bonne nouvelle! La sympathie aide beaucoup dans dialogue personnel de caractère interconvictionnel. Chacun d'entre nous à pu l'expérimenter. Mais attention: vouloir vivre ensemble exige de "faire" et de "construire" ensemble, ce qui se révèle urgent face aux barbaries montantes. Construire ensemble est compliqué et semble à beaucoup impossible. Cela commence pourtant par une parlotte au café, dans la file à la banque ou à la poste, au restaurant... "It always seems impossible until it is done."  (Nelson Mandela).
En clair, il faut pouvoir/vouloir accepter les différences et s'en nourrir."Le plus grand dénominateur , c'est le respect de la personne humaine." (Benoît Van Der Meerschen) Mais la diversité est perçue par beaucoup comme une menace quand elle est, à bien des égards,  une vraie richesse.
Dialoguer me dira-ton mais pourquoi faire et avec qui?
Il faut en tous cas être dans "le parler vrai" en osant retourner toutes les cartes y compris celles de la divergence.
Il s'agit d'abord de "vivre avec l'autre" avant de tenter "le vivre ensemble". Cela veut dire comprendre ses paradigmes sans essayer de convertir le partenaire à la vérité de nos propres convictions. Autrement dit, il est grand temps de remplacer l'inconsistante tolérance par une juste connaissance de l'autre et des valeurs qui animent sa vie. C'est le seul but utile des dialogues interconvictionnels si on veut éviter que l'échange  se réduise à atténuer une animosité jamais vraiment éteinte.
Il s'agit bien de permettre à chacun de se poser les bonnes questions sur l'autre. Questionnement de l'autre mais aussi questionnement de sa propre tradition. C'est que je m'en suis posé des questions depuis l'arrivée massive des immigrations à Schaerbeek, depuis l'ère nolsienne qui était du "trumpisme" avant la lettre.
Il ne s'agit pas de trouver coûte que coûte un terrain commun au niveau "dogmatique" mais d'essayer de se mettre d'accord sur le plan éthique. Habermas a raison de prôner une éthique de la communication autrement dit du dialogue. Tout le monde n'a pas lu Habermas  mais chacun est capable de dialoguer et de se soumettre à l'éthique commune et partagée.
Cela exige de la sincérité de part et d'autre, de la symétrie et une franche liberté. Il s'agit de transformer une dynamique de mépris en dynamique de l'estime et du respect réciproque. C'est très compliqué mais ce n'est pas impossible à qui le veut vraiment.
C'est la condition sine qua non pour passer du "vivre ensemble" à un "construire ensemble, quelles que soient nos différences.
Les convictions s'installent dans la petite enfance. les convictions s'installent au sein des familles mais aussi à l'école.
Mais que fait l'école pour enseigner l'éthique? Mes instituteurs schaerbeekois et mes profs de Blum m'ont enseigné l'éthique, très jeune et surtout l'esprit critique. Leurs successeurs actuels seraient bien inspirés d'y revenir face aux coups de boutoir de l'intégrisme montant.
Le chemin du dialogue est un chemin difficile. Il passe nécessairement par des projets concrets à réaliser ensemble.
Ce sont des défis. La liste Verzin veut poser la question essentielle: Comme fait on pour vivre ensemble demain? Comment fait on quand nos sociétés deviennent de plus en plus complexes, multiculturelles et multireligieuses?
Gandhi: "Si la haine répond à la haine, comment la haine peut elle finir?"
Le dialogue est dans l'adn de la liste: accueil, écoute et propositions concrètes et constructives
"Pour notre liste MR & CITOYENS, il faut cesser de diviser les habitants et les quartiers, il faut réunir tous les Schaerbeekois, les mettre sur un pied d'égalité, en droits et aussi en devoirs. Réduire la fiscalité bien sûr; revoir la mobilité et le stationnement , évidemment; agir efficacement sur la propreté dans tous les quartiers, rénover les logements sociaux et promouvoir le logement moyen, absolument!
Facile à dire mais beaucoup plus difficile à faire car cela va à contre courant de notre pente naturelle.
"Nous nous engageons, quant à nous, à prendre toutes et tous  nos responsabilités! nous proposons aux schaerbeekois un NOUVEAU CONTRAT SOCIAL fondé sur les valeurs universelles, le respect mutuel, l'émancipation des plus faibles par l'éducation et la culture pour qu'enfin, la paix et l'harmonie règnent en maître dans tous les quartiers."
Il y a certes  ghetto turc, un ghetto marocain, albanais... mais aussi le ghetto des aristos cathos avec ou sans  particules...le ghetto des Flamands, le ghetto des libres penseurs etc.
Il existe diverses manières de vivre ensemble en coexistence à l’échelle d’un bistro, d’une école, d’une clinique, d’un quartier, d’un centre (inter)culturel, d’une commune, d’une ville, d’une région ou à l’échelle européenne, voire même planétaire. Mais, l’heure, hélas est aujourd’hui plutôt à la méfiance, à la frilosité, à la crispation.

La dynamique interculturelle, pour laquelle nous militons ne peut que se vivre comme une alternative au repli identitaire et sécuritaire. Car il s’agit, avant tout autre chose, d’un pari sur la coopération plutôt que la compétition, d’une riposte volontariste à l’obsession angoissée, à la méfiance. Un pari sur de la rencontre, sur l’échange interculturel à l’ère du soupçon généralisé. C’est vouloir faire « avec » l’altérité plutôt que «contre elle», de construire des passerelles plutôt que des murailles, du dialogue plutôt que de la crispation.
L’engagement multiculturel se limite au constat de coexistence, entre des porteurs d’identités culturelles différentes. On parlera donc de la «multiculturalité» d’une ville d’un quartier, d une école, d’une université ou d’un hôpital…
L’interculturalité c’est vraiment tout autre chose. En effet, l’interculturalité participe d’un processus dynamique fait d’interactions et de rencontres, de relations entre des groupes ou des individus porteurs d’identités culturelles diverses.
L’avenir de Bruxelles est interculturel. Le Belge a plus qu’une prédisposition pour ça, il baigne dans l’interculturel depuis toujours c’est un peu sa culture. Il en a vu passer des armées, des occupants, des marchands, des voyageurs.

Il ne suffit pas qu’il y ait multiplicité pour que se produisent ces interactions. En vérité, rien jamais ne se fait et ne se fera spontanément c'est-à-dire en dehors d’un projet volontariste, porté par des groupes ou beaucoup plus souvent par des individus audacieux, originaux pionniers créatifs et forcément altruistes et généreux. Ils pratiquent l’interculturel souvent sans le savoir avec leurs tripes et leur cœur dans des lieux où règne une sagesse faite de réalisme et de bon sens.
Oui, de tels lieux existent à Bruxelles! Créés et animés par des pionniers du vivre ensemble. Des hommes et des femmes qui, spontanément, se mettent en projet pour que les choses changent, se mettre en quête d une autre mentalité et une autre façon de vivre ensemble.

L’interculturel se vit entre sujets cosmopolites (incarnant une pluralité d’identités et de cultures) pratiquant ce que Mithad le pharmacien turc de la chaussée d'Haecht  appelle joliment «le regard aimant». Entre sujets capables de se mettre franchement à la place de l’autre, de développer une relation empathique, de se projeter dans une autre perspective que celle de sa communauté propre.

«Boire et manger ensemble sont les mamelles de l’interculturel». Le bistro est le lieu public par excellence, mais le bistro a beaucoup changé depuis l’introduction de la télévision et d’Internet qui transforme les rapports humains en profondeur.
It always seems impossible until it is done.  (Nelson Mandela).

Marc Guiot Schaerbeekois récalcitrant, n° 46 sur la liste MR Cotoyens de Georges Verzin 

Aucun commentaire: