samedi 18 août 2018

QUI SUIS-JE? UN SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT, CRITIQUE ET ENGAGÉ!






Je suis un vieux Schaerbeekois récalcitrant et volontiers contestataire qui se flatte d'être un pur produit de l'enseignement communal schaerbeekois que j'ai rejoint à cinq ans en 1952 à l'école maternelle Grande Rue au Bois. J'ai fait mes primaires à l'Ecole Heureuse (école n° 9 avenue Dailly ) entre 1952 et 1959 dans la classe A de Jean Temmerman, un instit austère et rigoureux qui enseignait en complet veston bleu nuit. On hissait le drapeau belge tous les samedis à la sortie des classes et on déposait une gerbe de chrisanthèmes en chantant tous la Brabançonne a gorge déployée devant le monument aux morts des deux guerres, la veille du 11 novembre. Marcel Spaepen, mon instit de quatrième, dirigeait la bibliothèque communale de l'école 10. Ma mère lisait énormément, moi pas du tout. Il me fit découvrir Bob Morane et la pompe à lecture fut aussitôt amorcée.  Depuis je lis. Il y avait alors presque autant de cinémas de quartier que de paroisses locales.  On s'y rendait en famille le samedi soir. Ma culture est plus cinématographique que littéraire. La télé est arrivée chez nous en 1959. Elle a tout bouleversé.
A cette époque le bourgmestre libéral Gaston Williot proposa aux Schaerbeekois l'illumination nocturne du Parc Josaphat. C'était magique. Les Schaerbeekois s'y retrouvaient les soirs d'été.  G Williot avait dirigé de main de main de maître l'enseignement communal schaerbeekois en qualité d'échevin pendant plus d'une décennie.
Diplômé de Charles Buls, il était instit de formation et journaliste de profession, ce qui lui permit de devenir rédac chef de la Dernière Heure, le journal libéral de l'époque. Le dimanche matin, il recevait les Schaerbeekois, un verre de whisky à la main, à la Maison des Arts où, gamin, j'eus l'occasion avec mon ami Jacques De Deckr devenu depuis secrétaire perpétuel de l'Académie, de bavarder avec Michèle Morgan, Michel Simon, René Magritte, André Delvaux  et bien d'autres artistes phares  dont les noms aujourd'hui m'échappent.  En 1959, quand j'arrive à l'athénée Blum   (du nom d'un ancien bourgmestre de Schaerbeek) Aris Berré en était alors le préfet. Il fallait avoir plus de 80 % dans le primaire pour y être inscrit.
" Messieurs," nous lança-t-il  de sa voix métallique, du haut perron de la cour des petits, au premier jour de classe, "vous allez passer ici six ans de votre vie; sept peut être; huit pour certains. Mais quand vous sortirez d'ici vous serez capables de résister à tout. "  Il disait vrai, c'était la rigueur avant tout. J'y ai appris à apprendre et surtout à penser sans garde-fou,comme dit Hannah Arendt dont me parlait déjà mon prof de néerlandais, qui ira ensuite enseigner la philo à l'ULB . J'y fus prof à mon tour , et éventuellement préfet . Le slogan était alors "Enseigenement schaerbeekois, enseignement de qualité" Préfet, j'ai plaidé pour un rénové musclé et en faveur de la rigueur à visage humain. J'ai pu me rendre compte récemment en suivant trois adolescents dans leur cursus que ce cap est toujours suivi par une équipe enseignante motivée et ambitieuse. Mais voilà, le décret inscription rend le recrutement scolaire plus aléatoire,  ce qui est à l'avantage des élèves issus de la diversité. Mais attention, je ne propose pas, comme le souhaite le ministre de l'education nationale française Jean Michel  Blanquer, de revenir à l'école d'autrefois. Il est temps de faire du neuf et les moyens  financiers et pédagogiques ne manquent pas. Seulement,  cela ronronne un peu du côté de l'échevinat de l'Instruction Publique depuis qu'il se déclare Echevinat de l'education  et de son administration qui, certes, gère proprement les  briques et le bâtis scolaire. C'est là une condition nécessaire mais non suffisante comme aurait dit mon prof de math. Cela manque franchement d'idées et de projets. Pour faire simple, il serait grand temps qu'on apprenne vraiment à nos jeunes à apprendre si on veut sérieusement réduire l'échec et éviter les redoublements et, surtout,  le drame des décrochages scolaires et sociaux. Je tenterai d'expliquer comment.
Guy Cuvellier, qui fut un des meilleurs instits schaerbeerkois me donna autrefois  sa recette. Ma vie d'enseignant a changé, me dit-il, le jour où j'ai compris qu'il ne fallait pas que je sois du côté de la matière  à enseigner face à la classe mais du côté des élèves face à la sacro-sainte matière.
J'y reviendrai, si vous le voulez bien..
Je n'ai aucune ambition politique personnelle. J'ai passé l'âge, mais j'entends bien défendre un candidat aguérri et expérimenté, engagé dans le créneau citoyen et libéral,  amoureux de Schaerbeek et déterminé à y promouvoir une meilleure  qualité de vivre ensemble. Je vous invite à nous rejoindre dans cette démarche.

Marc Guiot, citoyen Schaerbeekois récalcitrant

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