mardi 7 août 2018

Sécheresse: les kayaks interdits sur tous les cours d’eau wallons


Par Julien Bosseler Le Soir
La réunion de crise wallonne sur la sécheresse accouche de plusieurs mesures temporaires. On ne pourra plus pratiquer le kayak sur les cours d’eau non-naviguables jusqu’à nouvel ordre. Et neuf communes supplémentaires devront utiliser l’eau avec parcimonie.

Ce lundi après-midi, au Centre de crise régional à Namur, s’est tenue une réunion de crise portant sur la sécheresse en Wallonie. Au terme de deux heures et demie de partage d’informations entre les différents acteurs de l’eau en Région wallonne (et bruxelloise), il est ressorti que « la situation est sous contrôle. Le groupe d’experts est peu alarmiste. On est loin de la catastrophe. D’autant que l’Institut royal météorologique annonce de la pluie pour cette semaine, »indique le cabinet de Carlo Di Antonio (CDH). Cependant, le ministre wallon de l’Environnement a décrété deux mesures à prise d’effet immédiate.
Kayaks. Leur circulation était déjà interdite, notamment sur une portion de la Lesse. Vu la baisse du niveau des cours d’eau en Wallonie, cette interdiction est généralisée dès ce lundi après-midi et restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Cette décision tombe sous le sens : il est devenu difficile de pratiquer ce sport sans racler le sol à de nombreux endroits, ce qui occasionne des dégâts aux kayaks, constatent les loueurs. Il est aussi à craindre que la faune et la flore pâtissent de ce sport très populaire en été.
Eau potable. Neuf communes vont se voir signifier la nécessité de consommer l’eau courante avec parcimonie pour prévenir toute pénurie. Il s’agit de Beauraing, Durbuy, Ferrières, Floreffe, Gesves, Houyet, Ohey, Sprimont et Vielsalm. Elles rejoignent six autres communes déjà sous restriction : Gouvy, Havelange, Hotton, Rochefort, Somme-Leuze et Stoumont. Leurs habitants sont priés de ne pas arroser leur pelouse, de laver leur voiture ou de remplir leur piscine. Cela dit, souligne le cabinet du ministre Di Antonio, la Wallonie dispose encore de bonnes réserves en eau. « Elles sont loin d’être épuisées. »
Pêche. Par ailleurs, peu avant la réunion de crise, René Collin, ministre wallon de la Nature, a décidé d’interdire temporairement la pêche dans toutes les eaux vives, à l’exception du bassin de la Dyle-Gette. Il en va en effet du maintien des populations piscicoles en cette période de fortes chaleurs. Cette interdiction ne frappe pas les eaux calmes et mixtes, du moins pour le moment.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TROP DE KAYAK TUE LE KAYAK 

La surexploitation de la Lesse par des loueurs de kayaks peu scrupuleux au nez et à la barbe de la région wallonne est un scandale écologique et social.
Mais ce n'est rien au regard de la surexploitation de la planète par l'homme et sa civilisation technologique qui a réussi à éliminer plus de 80 % des espèces vivantes sauvages semant partout la mort et la désolation. Certes l'homme a éliminé la famine, la peste et autres maladies du genre et il est en mesure de réduire la pauvreté. Mais à quel prix? Au prix de la destruction de la planète qui est en train de se venger en brouillant le logiciel du climat. Oui nous avons chaud cet été, plus chaud qu'en 19 76 mais moins qu'en 1947 diront les plus optimistes: ces insensés qui refusent de croire à la fatalité du réchauffement climatique. Je déconseille aux âmes sensibles la lecture de l'article suivant. Il est tout simplement apocalyptique.
MG



COMMENT LA TERRE POURRAIT BASCULER VERS UN CLIMAT INCONTRÔLABLE
Le Vif
Même si l'humanité réduit les émissions de gaz à effet de serre comme prévu par l'accord de Paris, la planète elle-même pourrait perturber les efforts des hommes et basculer dans un état durable d'étuve, selon une étude publiée lundi.

Avec un tel scénario, la température moyenne de la Terre pourrait se stabiliser à +4°C ou +5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, bien au-delà de l'objectif de l'accord de Paris sur le climat (+2°C maximum), selon cette étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Les émissions de gaz à effet de serre ont déjà provoqué une hausse de 1°C de la température moyenne de la Terre, augmentant les probabilités et l'intensité des canicules, des sécheresses ou des tempêtes.
POINTS DE BASCULE
Les scientifiques décrivent dix aspects distincts du "système Terre" aujourd'hui neutres ou bénéfiques mais qui pourraient devenir néfastes, provoquant plus de rejets de CO2 et de méthane dans l'atmosphère que toutes les activités humaines combinées.
Ces points de bascule sont liés à des températures au-delà desquelles la libération de ces gaz serait inéluctable. "Quand un seuil critique est atteint, le processus de réactions s'auto-entretient", note l'étude, qui s'inquiète que la Terre puisse approcher un seuil la condamnant à devenir une étuve.
"PUITS DE CARBONE" AFFAIBLIS
Les forêts et les océans ont absorbé ces dernières décennies plus de la moitié des émissions de carbone.
Mais les forêts rétrécissent et les océans montrent des signes de saturation en CO2, selon de récentes études. Leur rôle d'éponge risque de s'affaiblir.
PERMAFROST
Le méthane et le CO2 emprisonnés dans le permafrost, sol censé être gelé en permanence en Russie ou au Canada, correspond à environ 15 années d'émissions humaines.
En cas de dégel, ces gaz relâchés -- pour l'instant en quantité négligeable-- accélèreraient le réchauffement, libérant encore plus de gaz.
De manière similaire, les hydrates de méthane, composés ayant l'apparence de la glace présents dans les fonds marins, sont également vulnérables au réchauffement, mais les scientifiques ne savent pas à quel rythme. Ils sont suspectés d'être à l'origine d'épisodes rapides de réchauffement il y a plusieurs millions d'années.
DÉPÉRISSEMENT DES FORÊTS
Un réchauffement de 3°C pourrait condamner à terme au dépérissement 40% de la forêt amazonienne, selon une récente étude.
Et les incendies, pas pris en compte dans ce modèle, pourraient accélérer cette destruction susceptible de relâcher dans l'atmosphère des milliards de tonnes de CO2.
MOINS DE BANQUISE
Le miroir blanc glacé de la banquise renvoie 80% des rayonnements du soleil. Mais avec la fonte de cette glace de mer, l'océan qui la remplace absorbe à l'inverse 80% de ces radiations, accélérant le réchauffement.
Dans l'Arctique, le premier été sans banquise devrait avoir lieu avant le milieu du siècle. Une situation susceptible de se reproduire tous les quatre ans dans un monde à +2°C.
CALOTTE GLACIAIRE
Les scientifiques s'accordent pour dire qu'il existe une température de bascule au delà de laquelle la calotte glaciaire recouvrant la terre de l'Antarctique ouest et du Groenland fondra. Mais leurs estimations sur cette température varient entre +1°C et +3°C.
L'autre question ouverte est le temps que cette glace mettra à fondre, libérant des volumes énormes d'eau douce dans les océans.
Les conséquences seraient dévastatrices: deux-tiers des mégalopoles sont installées moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme les plaines agricoles qui les nourrissent.
La fonte des glaces de l'Antarctique Ouest et du Groenland conduirait à une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. La calotte de l'Antarctique Est, plus sensible au réchauffement qu'estimé précédemment, représente 12 mètres potentiels supplémentaires.
EFFET DOMINO
Tous ces mécanismes sont interconnectés, selon les auteurs de l'étude, et l'un d'entre eux pourrait en déclencher un autre, puis un autre.
"Ces événements en cascade pourraient pousser le système Terre dans son ensemble dans un nouveau mode de fonctionnement", note Hans Joachim Schellnhuber, coauteur et directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, qui avait précédemment estimé qu'une Terre à +4 ou +5°C ne pourrait pas abriter plus d'un milliard de personnes.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHANGEONS NOTRE MODE DE VIE!
Tous ces mécanismes sont interconnectés, selon les auteurs de l'étude, et l'un d'entre eux pourrait en déclencher un autre, puis un autre. "Ces événements en cascade pourraient pousser le système Terre dans son ensemble dans un nouveau mode de fonctionnement.
Ce réchauffement délétère est, de toute évidence,  le fait de l'homme et de sa civilisation. A quoi bon le nier!
La seule question qui se pose est de se demander si l'homme civilisé aura la génie, l'intelligence et surtout la volonté et la sagesse de renverser la vapeur.
Oui tout à commencé précisément par l'énergie "vapeur" qui a entraîné les révolutions industrielles lesquelles ont induit le pillage des ressources en carbone de la planète. Mes voisins ont choisi délibérément de vivre autrement: sans automobile, sans électricité, sans frigo et en se chauffant essentiellement au bois comme les quakers d'autrefois. Les quakers ont pratiqué jadis cette simplicité dans leur habillement, dans leur langage et dans leur style de vie.  On les considérait  comme des « gens étranges » (Peculiar People). Traditionnellement, il s'agissait pour eux de contrer "l'expression de la vanité et de la supériorité, le conformisme et le gaspillage associés aux changements de mode. "
Comme bien d'autres aspects de la vie quaker, la pratique de la « simplicité » a évolué avec le temps, même si les principes de base sont restés valides:  simplicité, égalité et intégrité sont leurs valeurs guides. Gandhi, sans être leur disciple a prôné la sobriété et l'obligation de se"changer" en profondeur.
Aujourd'hui, Pierre Rabhi  propose de vivre mieux avec moins. Il  prône la sobriété heureuse
La sobriété heureuse: qu’est-ce donc ? "La simplicité volontaire, un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation, ainsi que les impacts de cette dernière, en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs définies comme « essentielles ». Cet engagement personnel et/ou associatif découle de multiples motivations."
Comment pouvons-nous, simples citoyens du monde, « être le changement que nous souhaitons voir dans le monde » comme le dit si justement M. Gandhi.
Notamment en nous posant les questions suivantes :
– comment  discerner le nécessaire du superflu ?
–  ai-je suffisamment de temps pour m’enrichir non pas matériellement, mais sur le plan intellectuel, social, spirituel ?
–  suis-je heureux dans ce que je fais ?
–  suis-je en accord avec mes valeurs, mes attentes, mes perspectives de vie ?
– comment réduire mon empreinte sur l’environnement pour conserver au mieux notre cadre de vie et le transmettre en bon état aux futures génération ?
– comment ne pas participer à l’exploitation des Hommes et ne pas la cautionner ?
N’oublions pas, nous sommes des « consom’acteurs » et nos pouvoirs sont nombreux et puissants. Bien plus que nous le pensons.
Sortir du moule de la société n’est pas chose facile, et c’est sûr, nous serons confrontés à de nombreuses difficultés. Cela nécessite du courage et de la persévérance. Il ne faudra pas fléchir face aux moqueries de ceux qui ne comprendront pas cette démarche qui est celle des mes voisins directs. Cela exige infiniment de patience et surtout de pédagogie pour sortir du modèle consumériste qui guide nos vies et nos sociétés. Il y a une alternative à la course à la croissance. La croissance infinie dans un monde fini n’a pas de sens.  Changeons donc !
C'est vite dit évidemment. D'aucuns diront même que cela va sans dire. Rien n'est plus faux. C'est aller au contraire à contre courant, comme font mes voisins, des jeunes Flamands qui ont fui la Flandre américanisée de Bart De Wever pour s'installer en bord de Meuse wallonne  dans une belle bicoque en ruine où ils vivent chichement mais heureux dans  la sobriété heureuse.
A terme, ils nous faudra tous faire comme eux ou l'humanité ne tardera pas à disparaître face au triomphe de la mort comme dans le tableau prophétique de Pierre Bruegel, le grand donneur d'alarme. "Tu ne feras pas dégât sur terre" avertit le coran!
MG

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