mercredi 12 septembre 2018

BIENNALE DE VENISE : LE CONCEPT DE "CULTURE NATIONALE" EST DÉPASSÉ


OPINIONS
Une opinion de Martin Bailly, étudiant de Master 2 en sciences politiques à l'ULB. La Libre Belgique

CHOISIR DES ARTISTES FLAMANDS POUR LA BIENNALE DE VENISE EST UN MESSAGE POLITIQUE FORT ET COHÉRENT.
En 2018, des responsables politiques et culturels s’indignent encore d’une "flamandisation" de la Culture. En envoyant des plasticiens bruxellois (issus de la Flandre), la ministre Greoli envoie un signal fort.
L’espace artistique ne doit-il pas justement s’affranchir de la doxa (politique) afin de s’épanouir ? Le champ culturel n’est-il pas perméable aux frontières linguistiques ? L’émancipation n’est-elle pas le creuset, le sel de la création artistique ?
Outre la dimension passéiste des "pavillons nationaux" du festival vénitien, il semble qu’une ouverture à l’altérité, à l’autre est le signe d’une prise de conscience collective des réalités politiques et culturelles contemporaines. Si le concept d’Etat-nation n’est que peu opérant aujourd’hui, le concept de "culture nationale", lui, est bel et bien dépassé.
Il m’apparaît curieux que ces "pros" de la Culture remettent en cause cette décision. Alors que semble critiquer cette opinion publiée dans "De Morgen" et "La Libre Belgique" ? Il semblerait que ce soit la décision politique.
La verticalité de la décision politique sur la "sacro-sainte" Culture n’est pas au goût de tous. Un débat peut exister sur la capacité d’une personne (le/la ministre) à apprécier le travail d’un artiste. Bien que ce dernier soit généralement entouré d’un jury de professionnels et de conseillers, la décision finale relève in fine de l’exécuteur politique. Nous sommes au cœur du problème : la politique ne semble pas compétente en matière culturelle.
Cultivant un "entre soi" nauséabond, cette carte blanche prône une culture communautaire (à défaut d’être nationale) où se regardent en chien de faïence artistes et citoyens de chaque communauté ! Allons plus loin, elle sous-entend, remettant en question la capacité politique, que la Culture n’est affaire que de professionnels. Les cosignataires de cette tribune cultivent une endogamie élitiste dans le champ artistique. Enfin, à aucun moment, les cosignataires n’évoquent le citoyen-spectateur. Ce dernier est pourtant (quasi toujours) la finalité de toute création artistique. Il est ici oublié.
A contrario des propos soutenus dans cette carte blanche, ce choix politique fort ne serait-il pas "la pierre angulaire d’une politique culturelle cohérente" ? Cette vision ouverte de la Culture semble bien mieux coller aux réalités de notre temps. En s’affranchissant des règles et des codes, la proposition d’envoyer des plasticiens (non issus de la FWB) ne révèle-t-il pas quelque chose de l’époque ? D’une part qu’un artiste n’est plus (l’a-t-il seulement été ?) borné à des limites géographiques et qu’il a, comme son œuvre, une finalité universelle. D’autre part, qu’il est temps pour le fédéralisme belge d’atteindre son âge de raison et d’enfin coopérer.
J’espère de tout cœur que cette carte blanche soit le chant du cygne d’une pensée politique culturelle surannée et que les efforts de coopération entre les communautés s’approfondissent.


COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT
SCHAERBEEK VEUT UN ÉCHEVIN "DES" CULTURES 

Il y a longtemps qu'on ne parle plus de culture belge. La "belgitude" comme la nostalgie n'est plus guère ce qu'elle était. Le wagon culturel francophone est solidement arrimé à la locomotive parisienne tandis que les Flamands font tout ce qu'ils peuvent pour imposer leur différence. C'est ce que les Flamands critiques, (il y en a beaucoup, surtout à Bruxelles, et beaucoup vivent en exil en terre Wallonne) appellent la "Nieuwe Vlaamse Arrogantie" (NVA).
Georges Verzin et sa liste demandent que son successeur ne soit pas en charge  de la culture mais "des" cultures. Autrement que son échevinat soit celui de l'interculturel. Bruxelles/Schaerbeek sera cosmopolite comme Marseille, Londres ou Berlin. C'est à dire que Schaerbeek sera interculturelle ou ne sera pas. Roger Nols avait, lui aussi, privilégié le monoculturalisme. Il n'avait que mépris pour la culture et la sensibilité flamande et je ne parle pas de son allergie à l'égard de la diversité. On a vu ce que nous a réservé la gestion de ce Salvini avant la lettre, ami intime de Jean Marie Le Pen.
Revenons à la biennale vénitienne et à la polémique qu'elle génère  chez nous.  Un petit flash back devrait nous aider à relativiser les choses.    Rogier de La Pasture, dit en flamand Rogier van der Weyden, est un peintre appartenant au mouvement des primitifs flamands, un pur Wallon né en 1399 ou 1400 à Tournai et mort le 18 juin 1464 à Bruxelles.
Originaire de Tournai, il s'installe à Bruxelles en 1435 et devient peintre officiel de la ville. Il répond par ailleurs à de nombreuses commandes des ducs de Bourgogne et de leur entourage. Il effectue un voyage en Italie vers 1450 où il acquiert une certaine renommée.
Né Rogier de La Pasture, il fit traduire littéralement son nom dans sa version flamande « van der Weyden » lors de son installation à Bruxelles en 14351. La dénomination de Rogier van der Weyden retenue actuellement provient d'un acte notarié signé par le peintre. Il a pourtant continué de signer Rogier de La Pasture dans un autre acte notarié lors de l'héritage d'une tante à Tournai. On le voit: Nil novi sub sole.
J’espére de tout cœur que cette carte blanche "soit le chant du cygne d’une pensée politique culturelle surannée et que les efforts de coopération entre les communautés s’approfondissent."
Le communautarisme culturel à la belge est l'expression surannée  d'un égarement et d'un aveuglement culturel qui affecte la gente politique en place. Il est temps de passer résolument à autre chose, c'est à dire l'interculturel.
L'interculturel et l'intergénérationnel sont les mamelles de l'ânesse schaerbekoise récalcitrante. 
 
Marc Guiot 46 ème sur la liste MR CITOYENNE, la liste de l'âne qui rue.

Aucun commentaire: