samedi 29 septembre 2018

Ecole : “La Belgique est la championne du monde des inégalités !”


MAÏLI BERNAERTS  La Libre Belgique


En ce jour de fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Plateforme de lutte contre l’échec scolaire dresse un portrait au vitriol de l’enseignement belge... 

“Jamais, depuis que l’Ecole belge existe, les droits fondamentaux tels que définis dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 puis dans tous les textes en découlant, dont la Convention Internationale des Droits de l’Enfants n’ont été respectés dans notre pays. Nous avons près de deux siècles de retard à rattraper.”C’est le constat général dressé par la Plateforme de lutte contre l’échec scolaire à l’occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En ligne de mire : les inégalités sociales qui sont selon elle au coeur du système scolaire belge.
“Les enfants qui entrent dans nos écoles ont la chance, ou la malchance, selon qu’ils sont nés dans les milieux plus ou moins favorisés, de se retrouver face à un système scolaire qui fabrique d’importantes inégalités sociales dont nous sommes les champions du monde, toutes catégories confondues. Pire : l’école renforce les inégalités sociales. Dans notre système scolaire, selon que vous êtes nés de “puissants” ou de “misérables”, les jugements de cours d’école vous rendent gagnants ou corvéables à merci”, dénonce Jean-Pierre Coenen, président de la Ligue des Droits de l’Enfant et de la Plateforme de lutte contre l’échec scolaire.
 Maïli Bernaerts 




COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT 

Il est de bon ton de trouver notre enseignement inégalitaire.
Cela suscite au moins deux questions: c'est quoi exactement un enseignement inégalitaire? Un enseignement inégalitaire néglige les intérêts des élèves issus des classes sociales défavorisées.  Et la seconde question: comment compenser concrètement ces inégalités constatées? La réponse réside largement dans le soutien scolaire que nous prônons.
Tous les partis prônent l' égalité des chances. C'est une espèce de dogme ou si on préfère, de mantra.
En vérité l'égalité des chances est un leurre. Elle l'a du reste toujours été.
Il est clair que les enfants issus soit de milieux socio-professionnels favorisés soit de milieux enseignants réussissent beaucoup mieux que tous les autres.
On le sait, mais on perpétue par le système scolaire de telles inégalités que l'on renforce plus qu'on ne les rabote.
Quand j'étais élève, l'enseignement schaerbeekois était clairement élitaire mais il arrivait que des enfants doués rejoignent la course en tête à force de travail et d'efforts surhumains et surtout grâce à l'investissement de certaines enseignantes ou enseignants. 
Il n'y a pas d'exception à cette constatation.
SANS SOUTIEN SCOLAIRE, PAS DE RÉUSSITE POUR LA MAJORITÉ DES ÉLÈVES.
Les classes favorisées compensent par des leçons particulières, les enseignants aident leurs enfants à réussir. En revanche les défavorisés restent en rade: ils doivent affronter l'échec, le redoublement et pire, le décrochage scolaire, prélude à l'échec social.
Dans son discours d'ouverture de l'année académique, le recteur de l'Université d'Anvers, Herman Van Goethem, dénonce le fait  que notre enseignement renforce encore trop les inégalités.
Son discours, met en avant les défis de la " super-diversité ", auxquels les établissements d'enseignement des villes sont confrontés aujourd'hui et ils le seront davantage encore à l'avenir.
"Nulle part ailleurs en Europe l'écart entre les résultats scolaires des jeunes de parents autochtones et ceux de parents étrangers est aussi important qu'en Belgique."
Les solutions ?
La maîtrise de langue d'enseignement est l'outil la plus important pour combler le fossé éducatif. Ceux qui ne parlent pas néerlandais ou français à la maison ont deux fois plus de chances de quitter l'école sans diplôme. Nous n'avons pas besoin de moins, mais de plus de français à l'école". Il est donc essentiel  d'envoyer les enfants à la maternelle le plus tôt possible, " si nécessaire obligatoirement ".
Ajoutons à cela l'importance du soutien scolaire et on retrouve l'essentiel des propositions que fait Georges Verzin dans son livre  "Schaerbeek vaut mieux que Schaerbeek"
On y ajoutera la responsabilité de l'Echevinat de l'Instruction publique pour organiser une meilleure transition entre  l'enseignement primaire et secondaire.
Il y a gros effort à fournir de surcroît en vie de l'orientation et le choix des études, le soutien et le renforcement des futurs étudiants universitaires. Pour que Schaerbeek redevienne la Cité des Ecoles une vision pédagogique à long terme est nécessaire. Georges Verzin est le seul à Schaerbeek à incarner ce projet d'école communale de caractère public..
"Une école de plus en plus duale... se met en place. Les bonnes écoles (avec un droit d'inscription de plusieurs milliers d'euros) bénéficiant de beaucoup de moyens et des enseignants bien payés pour les riches, une mauvaise école pour ceux qui n'ont pas les moyens."
C'est contre cela que s'insurge la liste MR CITOYENS dans son souci de défense de l'école publique schaerbeekoises que Roger Nols avait essayé vainement de supprimer. 

Marc GUIOT 23 ème sur la liste MR CITOYENS

"UN DÉCRET CONDUISANT À UNE PRIVATISATION DE L'ÉCOLE PUBLIQUE"
Guy Martin Directeur général honoraire de l'enseignement et la formation de la Province de LIEGE (in le VIF, extraits)

La privatisation de l'enseignement est un processus engagé dans les années 80 dans tous les pays. La Belgique ne semble pas y échapper.

Le Gouvernement de la Communauté française a approuvé il y a quelques mois, dans la foulée du "Pacte d'excellence", un projet de décret qui va éloigner les élus du peuple de l'école publique.
L'enseignement, avant appelé enseignement de la Communauté française, ne dépendrait plus directement de ce pouvoir public. Il ne serait plus sous l'autorité directe du Gouvernement.
PILOTAGE OBLIGE !
(...)À brève échéance, seules resteront publiques, c'est à dire dans son sens le plus fort sous l'autorité d'élus du peuple via un exécutif, les écoles organisées par les communes et les provinces.
Mais à brève échéance seulement.
Car l'Objectif à travers cette nouvelle structure qui organiserait l'enseignement en déconcentration par aire c'est de fusionner les enseignements Communauté Provinces et Communes pour... rationaliser, économiser.
ET MIEUX FINANCER L'ENSEIGNEMENT PRIVÉ ...
Ce plan est présenté comme visant à donner plus de force et de souplesse à l'enseignement officiel ainsi rationalisé... alors qu'il agrandira la distance entre les élus du peuple et l'école publique et permettra de faire des économies qui serviront à mieux financer... l'enseignement privé.
.
(...)La porte est ouverte pour que l'école privée reçoive le même budget que l'ancienne école publique (tout en bénéficiant de soutiens complémentaires de parents fortunés).
La privatisation conduit à la marchandisation de l'enseignement.
"Désormais, on assiste à une vraie rupture avec la notion même de l'éducation comme un droit fondamental qui doit être assuré par le service public de l'État pour tout le monde".
LE DANGER DE LA PRIVATISATION DE L'ENSEIGNEMENT N'EST PLUS À DÉMONTRER ...
(...) "Une école de plus en plus duale... se met en place. Les bonnes écoles (avec un droit d'inscription de plusieurs milliers d'euros) bénéficiant de beaucoup de moyens et des enseignants bien payés pour les riches, une mauvaise école pour ceux qui n'ont pas les moyens."

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