mercredi 12 septembre 2018

Fini le temps où les nationalistes flamands ignoraient la capitale.


Le Soir
Leur objectif: entrer dans la majorité régionale en 2019. Un scénario redouté par les francophones, MR excepté. Répétition générale avec les communales.
Bien chez soi dans un Bruxelles sûr et prospère.» Ce slogan de campagne, la N-VA le décline dans 13 communes bruxelloises sur 19. Objectif avoué: «Peser sur les décisions communales», résume Karl Vanlouwe, député flamand, tête de liste à Ganshoren. Ambition masquée: faire du scrutin local un test et surtout un tremplin pour les régionales de 2019. Décodage d’une stratégie en deux temps.
BRUXELLES, UNE NOUVELLE PRIORITÉ
C’est un changement notable dans la parole nationaliste: Bruxelles est une cible électorale. «C’est vrai qu’en 2014, on ne tenait pas ce discours», reconnaît-on au parti. Un effet collatéral des négociations interminables de 2010, qui avaient fait de la capitale un obstacle insurmontable à la régionalisation d’une série de compétences (Justice, une partie de la Sécu...). Du coup, le parti de Bart De Wever avait semblé renoncer peu à peu à Bruxelles, privilégiant le combat autonomiste flamand.
Mais, aujourd’hui, changement de cap. «Parce qu’entre-temps, on a l’expérience et le poids électoral qui nous font dire qu’on peut peser là aussi», assume cette voix qui compte en interne. «Jan Jambon et Theo Francken mesurent chaque jour combien il serait utile que la N-VA puisse appliquer ses recettes dans la capitale aussi», insiste cette autre source. «La N-VA voit désormais le gouvernement bruxellois comme un levier majeur, pour évacuer une partie de ses frustrations sur le fonctionnement de la Région, et de la Belgique», confirme le politologue Carl Devos. «Bruxelles, c’est l’épicentre de la Belgique. Donc, un des moyens de faire bouger les lignes en Belgique, c’est via Bruxelles, complète son confrère Pascal Delwit. Ils veulent investir Bruxelles et réaliser un gros score aux régionales.»
C’est donc en mai prochain que tout se jouera vraiment. Mais les élections communales servent indéniablement de répétition générale.
DU SUR-MESURE POUR LA CAPITALE
Voilà de nombreux mois que la N-VA prépare son offensive bruxelloise. Avant l’été, Theo Francken est venu présenter les têtes de liste, Jan Jambon le programme. Les deux machines à voix du parti sont les visages de la campagne, omniprésents sur les visuels (flyers, pubs...).
Quoi de plus logique puisque, dans notre dernier baromètre, le vice-Premier était le cinquième homme politique le plus populaire à Bruxelles, juste devant son secrétaire d’Etat? «Les gens apprécient leur droiture et leur efficacité», assure Karl Vanlouwe. «Ils incarnent ce qu’est la N-VA, abonde Cieltje Van Achter, tête de liste à Schaerbeek. Ils osent nommer les choses, ils ont des solutions et ils les mettent en œuvre.» Une trilogie érigée en élément de langage que martèlent inlassablement les candidats.
Lesquels parlent sécurité, sécurité, et encore sécurité, puis gouvernance et propreté. «Et la fin du vieux PS. On veut que Bruxelles soit gérée de manière plus simple, plus efficace, dans la transparence», avance Karl Vanlouwe. «La défense des néerlandophones aussi, embraie Liesbeth Dhaene, cheffe de file à Auderghem. Nous voulons une école communale et une crèche néerlandophones.» «A Molenbeek, les gens ont expérimenté le laisser-faire pendant des décennies; aujourd’hui, ils veulent un nettoyage de la commune, pour que son image change», détaille Laurent Mutambayi, tête de liste à Molenbeek et conseiller de Theo Francken.
Sans surprise, le communautaire n’est pas mis en avant. Au contraire, la N-VA répète à l’envi qu’elle fait campagne auprès de tous les Bruxellois, en français aussi. «Certains nous demandent d’expliquer notre programme, reconnaît Cieltje Van Achter. C’est logique. J’explique alors notre vision de Bruxelles, la fusion des zones de police et des communes, le projet confédéral.» «Parfois, sur le terrain, on me dit: «Sans votre article premier, la fin de la Belgique, je voterais pour vous» , raconte Laurent Mutambayi. Je prends alors le temps d’expliquer et les gens se rendent compte que ce qu’on dit est différent de ce qu’ils lisent dans les médias francophones.»
Dans une des villes éminemment cosmopolite, riche de 184 nationalités, la N-VA met aussi en veilleuse sa croisade identitaire, sa ligne dure sur la migration. «En réalité, tous les points très concrets de nos programmes sont basés sur les principes fondamentaux du parti, souligne Liesbeth Dhaene. Ce sont les droits et devoirs, les normes et valeurs, l’égalité hommes/femmes.» «C’est un point délicat dans une ville à la diversité aussi affirmée», confirme un fin connaisseur du parti.
L’INCONNUE DU 14 OCTOBRE
Les quatre têtes de liste N-VA rencontrées en ce début de campagne le répètent à l’unisson. «L’accueil est positif, jamais agressif.» «En 2012 , j’avais retrouvé ma voiture maculée de déjections canines, des affiches souillées, raconte Karl Vanlouwe. Cette fois, il y a plus d’ouverture, même chez les francophones.» «En 2014, j’avais ressenti beaucoup d’hostilité, se souvient Laurent Mutambayi. Comme si le fait de défendre la N-VA alors que je suis d’origine étrangère ne passait pas. On me claquait la porte au nez. Aujourd’hui, les gens sont d’accord de discuter.»
Reste que la N-VA n’est présente que dans 13 communes (contre 9 en 2012, lorsqu’ils avaient obtenu 6 élus –voir graphiques), avec des listes incomplètes, très majoritairement constituées de candidat(e)s inexpérimentés. Que le parti reste un parti flamand, aux thèses flamandes. Que l’électorat néerlandophone ne leur est pas acquis. Qu’il ne représente qu’une petite minorité. A moins de convaincre des francophones, priorité absolue pour 2019. 


COMMENTAIRE DU SCAHERBEEKOIS  RECALCITRANT
"LA N-VA VEUT  INVESTIR BRUXELLES ET RÉALISER UN GROS SCORE AUX RÉGIONALES". 
 
La N-VA entend bien convaincre un maximum de francophones de voter pour elle déjà aux communales. Sa priorité absolue: les élections de  2019.
"Leur objectif: entrer dans la majorité régionale en 2019. Un scénario redouté par les francophones, MR excepté. Répétition générale avec les communales."
Voilà une analyse tout à fait intéressante et qui donne froid dans le dos. Pour le dire autrement, la N-VA adopterait dans neuf communes et singulièrement à Schaerbeek en quelque sorte la stratégie et la tactique de son ancien ennemi juré Roger Nols.
Donc, si je comprends bien,  voter NVA à Schaerbeek c'est un peu y voter Nols avant-hier.
Well, well, well! 

Marc Guiot le Schaerbeekois récalcitrant 46ème sur la liste MR-Citoyens




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