mardi 4 septembre 2018

Il faut changer de monde, et vite


Laurent Sagalovitsch —
[BLOG, You will never hate alone] 

Nul besoin d'être un écolo exalté pour se rendre compte que nous faisons collectivement fausse route mais sommes-nous seulement capables de changer de paradigme? Rien n'est moins sûr.
C'est peu de dire que le monde ne tourne plus très rond. On pourrait même dire qu'il se précipite dans les abysses avec une telle rage que si nous n'y prenons garde, si nous ne nous ressaisissons pas, là, maintenant, de suite, il risque d'échapper à tout contrôle au point d'entraîner notre chute. Oui, aussi étrange et incongru que cela puisse paraître, d'une certaine manière, nous en sommes rendus à ce point de bascule, où tout est en train de se décider.
Il n'a pas fallu attendre l'intervention de Nicolas Hulot pour en prendre conscience mais sa sortie de l'autre jour aura au moins eu ce mérite: nous sommes en train de perdre la bataille de l'avenir. Nous avons tant sollicité cette planète, nous avons tant puisé dans ses richesses naturelles, nous avons tant profité et abusé de ses largesses pour satisfaire des besoins qui font de moins en moins sens que la terre ahane sous nos coups de boutoirs répétés; elle suffoque, elle se cabre, elle craquelle et arrivera le moment où à force d'être ainsi maltraitée, elle jettera l'éponge et, faute de munitions, renoncera à nous servir.
FOLIE CONSUMÉRISTE
Plus rien ne fait sens dans ce monde qui se délite à vitesse grand V. Imperturbables, nous continuons à aller dans nos vies comme si de rien n'était, vaincus par la force de l'habitude. Nous ne voulons renoncer à rien ni à notre mode de vie ni à notre folie consumériste et ce faisant, avec l'aplomb suicidaire du soldat qui monte au front sans fusil ni canon, aussi sûrement que nos étés deviennent de plus en plus chauds, nous courons à notre perte. Nous continuons à nous engraisser, nous continuons à nous pourvoir en bien de consommation aussi inutiles que futiles, nous continuons à courir derrière la chimère d'un progrès qui depuis bien longtemps a cessé d’œuvrer pour le bien commun, préférant se consacrer à l’appétit de quelques capitalistes voraces et bien souvent véreux, obsédés par l'idée de rentabilité.
À force, nous sommes devenus obèses. Nous sommes devenus hideux. Nous sommes devenus monstrueux. S'il nous restait un soupçon de lucidité, nous nous ferions honte. Nous n'avons plus aucun projet en commun, nous allons chacun dans notre coin, sourd à la misère de nos voisins; nous nous rapetissons sur nous-mêmes et bientôt, sous le poids combiné de nos égoïsmes, de nos lâchetés et de nos renoncements, nous crèverons comme des charognards dont personne ne pleurera la disparition. Nous ne valons plus rien si ce n'est le poids de nos portefeuilles qui nous servent à acheter des voitures, des écrans plats, des téléphones, des enceintes connectées, des consoles de jeux, tout ce fatras de la modernité qui se montre incapable de parler à nos cœurs et à nos âmes.
Nous ''netflixons'', nous ''facebookons'', nous ''tweetons'' à tout-va comme des automates décérébrés qui auraient perdu tout contact avec le monde réel: nous avons perdu le fil de nos aspirations profondes et, aveugles, nous errons dans des atmosphères viciées, polluées, saturées de fumées échappées de nos cœurs emmurés. Nous ne savons plus comment vivre. Jour après jour, nous subissons la loi de marchands peu scrupuleux qui, avec le consentement de nos gouvernants, parfois même avec leurs encouragements, continuent à nous vendre de la saloperie en boîte que nous ingurgitons comme des bêtes affamées et sans conscience, incapables que nous sommes de changer nos modes de consommation. Plus rien n'a de goût, de saveur, de parfum d'authenticité. Tout est faux, tronqué, corrompu, répétition de vieilles habitudes qui si un jour ont eu quelque utilité concourent désormais à notre perte.
AVACHISSEMENT DE LA PENSÉE
Nous avons tellement soif de fraîcheur, de pureté, de renouveau, de lumière, de légèreté, mais sitôt que ces demandes ô combien légitimes risquent de mettre en danger notre bon vieux confort occidental - cet avachissement de la pensée qui va de pair avec le rétrécissement de nos cœurs - nous y renonçons aussitôt et nous nous empressons de perpétuer un mode de vie qui nous tue à petit feu. Nous sommes inexcusables. Nous sommes rattrapés par nos vieux démons, par notre léthargie, par notre paresse, par notre incapacité à prendre en main notre destin, et si de temps en temps nous râlons, nous soupirons, nous protestons c'est pour mieux, dans la minute suivante, nous précipiter à la pompe à essence remplir le réservoir de nos illusions défuntes.
NOUS DISPARAISSONS.
Confusément, nous sentons bien que nous faisons fausse route. Face aux dérèglements successifs que nous subissons, nous avons parfois comme des sursauts, des étranglements d'indignation, des poussées d'urticaire mais que pèsent-elles face à la marche du monde, à la dictature des marchés, à l'appétit de lobbys industriels qui ricanent de nos états d'âmes, assurés qu'ils sont que, tôt ou tard, vaincus par nos addictions innombrables, nous rentrerons dans le rang pour mieux acheter leurs derniers produits.
Surtout, nous devenons de plus en plus bêtes, de plus en plus grossiers, de plus en plus vulgaires, de plus en plus méchants, pleins de petites haines recuites qui nous saturent le cerveau de leurs graisses épaisses, et si nous vivons plus longtemps, ce n'est point pour devenir poète de nos vies, mais pour mieux étrangler cette part d'humanité qu'il nous restait encore.


COMMENTAIRE DU SCHERBEEKOIS  RECALCITRANT
INDIGNEZ-VOUS!

Attention, le moment est vraiment venu de résister à la connerie ambiante qui est partout, y compris au sein de l'école, j'ose l'affirmer. 


LES 5 PRÉCEPTES D'INDIGNEZ-VOUS DE STÉPHANE HESSEL
LEXPRESS.fr a sélectionné cinq phrases choc de cet appel à l'indignation qui provoque espoir chez certains, et déchaîne les passions chez d'autres. 
1 - TROUVER UN MOTIF D'INDIGNATION
Il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l'indifférence, dire 'Je n'y peux rien, je me débrouille'." 
2 - CHANGER DE SYSTÈME ÉCONOMIQUE
"L'actuelle dictature internationale des marchés financiers (...) menace la paix et la démocratie." Dans Indignez-vous, l'auteur met en cause notre système économique, dénonçant les écarts de richesses grandissants. "L'écart entre les plus pauvres et les plus riches n'a jamais été aussi important: et la course à l'argent, la compétition, autant encouragée." Et de proposer comme alternative que "l'intérêt général" prime sur "l'intérêt particulier".
3 - METTRE FIN AU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN
Farouche défenseur de "la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie", l'ancien résistant s'est attiré les foudres de plusieurs associations en appelant au boycott des produits israéliens.." Après la publication de son ouvrage d'une vingtaine de pages, l'ancien résistant a été visé par trente plaintes pour antisémitisme.
4 - CHOISIR LA NON-VIOLENCE
Convaincu que l'avenir "appartient à la non-violence", Stéphane Hessel refuse d'excuser les "terroristes qui jettent des bombes". Mais il affirme qu'on "peut les comprendre". "On peut se dire que le terrorisme est une forme d'exaspération. Et que cette exaspération est un terme négatif. Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L'exaspération est un déni de l'espoir.
5 - ENDIGUER LE DÉCLIN DE NOTRE SOCIÉTÉ
D'importants progrès ont été faits depuis 1948, concède Stéphane Hessel. La décolonisation, la fin de l'apartheid, la chute du mur de Berlin... Mais cette tendance tend, selon lui, à s'inverser depuis les années 2000. "Les premières années du XXIe siècle ont été une période de recul. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer."


"MACRON DOIT TRANSFORMER LE DÉPART DE NICOLAS HULOT EN SURSAUT"
La Libre

Le président Emmanuel Macron doit se servir du départ de Nicolas Hulot pour surmonter "l'iceberg des conservatismes" et impulser un "sursaut" collectif en faveur de l'environnement, estime Daniel Cohn-Bendit, dont le nom circule pour remplacer Nicolas Hulot.
Le ministre démissionnaire de la Transition écologique Nicolas "Hulot s'est brisé sur l'iceberg du conservatisme et du court-termisme", écrit Daniel Cohn-Bendit. Dans une tribune publiée dimanche par le JDD. il précise que
"Il appartient à Emmanuel Macron, de comprendre le message qui leur est adressé par ce départ, de transformer celui-ci en sursaut, de s'en servir comme d'un tremplin pour porter la transformation résolue et bienveillante que le ministre de l'Écologie incarnait"
"Hulot voulait inscrire des trajectoires irréversibles vers un nouveau monde.
Il appellent Emmanuel Macron et son équipe à faire preuve de volonté politique pour faire changer la société.
, affirmant qu'ils "trouveront pour cela de nombreuses ressources dans la société française et européenne".


COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RÉCALCITRANT
LE SOUCI ÉCOLOGIQUE NE SAURAIT ÊTRE LE MONOPOLE DES VERTS ET DES ECOLOGISTES.

Il doit devenir la priorité de tous les partis qu'ils soient de droite, du centre ou de gauche. A Schaerbeek, certaines poubelles sont ramassées et vidées dans  une carriole tirée par deux puissants chevaux. C'est amusant, c'est sympa, c'est même très pédagogique mais il conviendrait de sensibiliser plus résolument les Schaerbeekois à l'écologie, singulièrement à l'école. Cela participe de l'engagement civique. Je me souviens avoir organisé, du temps où j'étais préfet de Blum, un nettoyage par mes élèves , du parc Josaphat, avec la complicité du service des travaux publics de Schaerbeek. Cela n'avait pas plu à tout le monde et pas mal d'enseignants et de parents ont renâclé. Ce serait à refaire que je le referais volontiers.  Je pense que les mentalités ont bien évolué, mais elles doivent évoluer davantage.  Vous me direz que l'école ne saurait s'occuper de tout. Certes, mais n'est-il pas urgent de sensibiliser les petits à la crise du réchauffement? Au vrai, ils le sont beaucoup plus que nous. Ils attendent un engagement de notre part.
Marc Guiot

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