jeudi 6 septembre 2018

La démocratie n'est plus une fête : "Pas simple de trouver des gens qui veulent figurer sur une liste"


Ewald Pironet
Ewald Pironet est rédacteur du Knack. (extraits)
Source: Knack


En Flandre, jamais encore, les partis politiques n'ont eu autant de mal à composer les listes électorales que pour les élections locales du mois prochain. Et malgré le vote obligatoire, de moins en moins de personnes votent aux élections locales. La politique municipale a toujours attiré le plus d'attention, mais maintenant, de plus en plus de citoyens décrochent.
l'Open VLD à Torhout a présenté une liste complète à l'électeur. Elle a alors obtenu 6% des voix, soit un siège pour le conseil communal.
"La plupart des 27 personnes qui figuraient sur notre liste à ce moment-là ont abandonné", explique Stofferis. "Ils sont déçus par la politique locale. Trouver de nouveaux candidats n'est pas facile. L'un ne veut pas avouer sa couleur politique, l'autre dit que ce n'est pas compatible avec son travail, un troisième dit que de toute façon il ne peut rien changer."
"Mais c'est vrai qu'il est plus difficile de trouver des gens", explique son père, Piet Wostyn, fabricant de moutarde, qui a fait ses preuves à l'Open VLD Torhout. "On l'entend et on le voit dans tous les partis."
Il n'y a pas qu'à Torhout qu'on assiste à ce phénomène. Bien sûr, les partis qui sont dans le camp perdant ont plus de difficultés que ceux qui baignent dans l'ambiance gagnante, mais on entend presque partout qu'il faut de plus en plus d'efforts pour établir une liste de candidats de valeur. À Londerzeel, où le CD&V est au pouvoir depuis des décennies, la liste a dû être complétée par une mère et sa fille, à Knokke, sp.a et Groen forment un cartel qui cherche encore du monde, Groen Oudsbergen a même posté un message sur Facebook clamant que le département est à la recherche de "gens d'action et d'audacieux", à Courtrai le CD&V a eu du mal à établir une liste digne de ce nom, à Maldegem il n'y a même plus de liste sp.a...
Tant Matthijs que ses collègues Herwig Reynaert (UGent), Johan Ackaert (UHasselt) et Filip De Rynck (UGent), qui suivent de près les élections locales en leur qualité de politologues, confirment de manière indépendante ce que les politiciens de tous les partis sur le terrain disent de manière anonyme : il n'a jamais été aussi difficile de former des listes électorales à part entière.
MANQUE DE FEMMES
Les partis politiques doivent non seulement trouver beaucoup de gens pour leurs listes électorales, mais il faut également une bonne répartition hommes-femmes. Selon le décret électoral, le premier candidat (la tête de liste) et le second candidat ne peuvent pas être du même sexe et plus important pour la formation de listes: pour la liste complète, le nombre de candidats d'un sexe ne peut être supérieur au nombre de candidats du sexe opposé. En bref, à un candidat près, il faut autant d'hommes et de femmes sur la liste. "Ce n'était déjà pas facile de trouver des candidats masculins, mais trouver des femmes qui veulent figurer sur la liste est encore beaucoup plus difficile", déclare Yves Stofferis, ancien président d'Open VLD Torhout. Une phrase que l'on entend partout.
LA POLITIQUE COMME SOUFFRE-DOULEUR
La recherche de plus en plus difficile de candidats n'est pas seulement liée à un manque de femmes, mais aussi à un nouveau phénomène: la politique des partis locaux attire moins les gens. Pendant longtemps, le citoyen s'est senti plus impliqué dans la politique communale.
Hormis la formation difficile de listes, on le voit clairement au nombre croissant de personnes qui ne votent pas aux élections communales alors que le vote est obligatoire. Pendant des décennies, 5 à 6% des électeurs manquaient à l'appel. En 2006, 5,6% des électeurs flamands en droit de voter ne l'ont pas fait. En 2012, 11,7% des électeurs ont manqué à leur devoir, soit le double. Ajoutez à cela les votes blancs et nuls de 3,5% et vous vous retrouvez avec 15% des électeurs flamands qui ne se sont pas prononcés lors des précédentes élections communales.
Les chiffres sont d'ailleurs comparables pour l'ensemble de la Belgique: en 2012, 10,3% n'ont pas voté, 4,7% ont voté blanc ou de manière non valide. Plus d'un million d'électeurs inscrits n'ont donc pas voté aux précédentes élections communales.
Le ver est dans le fruit, les gens se sentent moins concernés par la politique communale.  Ce n'est pas bon pour notre démocratie. "
En tant que client, l'habitant est satisfait, on l'aide aimablement et rapidement au guichet. Mais est-il également satisfait en tant que citoyen? L'administration communale répond-elle aux souhaits, attentes et craintes de ses citoyens? Comment implique-t-on les citoyens dans les discussions et les politiques? Sur ce plan-là, de nombreux conseils communaux et de collèges d'échevins manquent à leur devoir. Les mandataires locaux doivent balayer devant leur porte."




COMMENTAIRE DU SCHAERBEEKOIS RECALCITRANT
UNE LISTE QUI EST À LA FÊTE ET QUI VA DECOIFFER

Et oui, la démocratie locale est en crise, comme l'école, comme la justice, comme le capitalisme, on continue...
Il se dit que dans les 19 communes on observe le même phénomène: la difficulté extrême de constituer des listes complètes. Il faudrait vérifier.
En tous les cas, la liste schaerbeekoise  MR/CITOYENS de Georges 
Verzin est complète et, croyez-moi, elle va décoiffer car elle incarne très précisément les idées qu'elle défend: parité et égalité hommes-femmes, évidemment, il ne manquerait plus que ça.  Mais aussi et surtout une double dynamique intergénérationnelle et interculturelle cela va sans dire. Des mots des mots et encore des mots me direz vous...Pas du tout! Il s'agit de 24 hommes et 23 femmes qui rêvent d'un vrai "vivre ensemble" et sont prêts à "faire avec vous et pour vous des choses ensemble" pour y parvenir. C'est très nouveau et cela mérite un coup de projecteur. 
Cela fait trente ans que je milite pour développer la dimension franchement cosmopolite et inter0convictionnelle de la cité des ânes.
Certes j'ai développé au fil des ans de véritables amitiés transculturelles. Je dis transculturelles car elles ont chacune débouché sur une prise de conscience de nos différences, un respect pour la spécificité de chacun et chacune de mes interlocuteurs. Oui nous sommes le "fruit de nos rencontres" comme me le confia un jour Albert Jacquard, rencontré à l'occasion d'un conférence débat.  Croyez-moi, j'ai trouvé chez Georges Verzin des colistiers engagés dans cette démarche qui me tient à coeur et qui est depuis dix ans la raison d'être de DiverCity. Idem pour l'intergénérationnel qui est inscrit dans l'ADN de cette liste. Je ne connais pas les candidats des autres partis mais il m'étonnerait franchement qu'ils rassemblent les ingrédients d'un  cocktail aussi cosmopolite et enthousiasmant.
Il leur reste à devenir les porteurs de rêve de tous les habitants de notre belle commune. Ils vous invitent donc à tisser avec eux un nouveau projet schaerbeekois sur le thème: réunir pour réussir. 


Marc Guiot, le Schaerbeekois qui porte le numéro 46 sur un total  de 47 candidats inscrits sur la liste de l'âne  récalcitrant.

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