mercredi 31 octobre 2018

Merkel annonce son retrait de la vie politique pour 2021

Par   Nicolas Barotte Figaro 

Tirant les conséquences d'une nouvelle défaite lors d'élections régionales, la chancelière allemande affirme qu'elle renoncera à tout mandat politique au-delà de cette date. Elle va par ailleurs quitter, au mois de décembre, la tête de la CDU, le parti conservateur qu'elle présidait depuis 18 ans.
MERKEL RENONCE À BRIGUER SA SUCCESSION À LA TÊTE DE LA CDU
Cette décision, annoncée au lendemain d'un nouveau revers lors des élections régionales en Hesse, marque le début de la fin pour la chancelière qui régnait depuis 18 ans sur le parti conservateur.
La fin d'Angela Merkel, longtemps annoncée, vient de commencer. Au lendemain d'un nouveau revers électoral de la CDU, qui a enregistré dimanche en Hesse son plus mauvais résultat depuis 50 ans, la chancelière a fait part de son intention de ne pas se représenter à la présidence du parti conservateur lors du congrès de décembre à Hambourg. Elle a également annoncé vouloir se retirer de la chancellerie à l'issue de son mandat en 2021. La combinaison des deux fonctions, chancelière et leader de la CDU, était pourtant le socle de son autorité. Mais la contestation est devenue trop forte au sein du parti et Angela Merkel n'a plus d'autre choix pour montrer qu'elle a compris le message de colère des électeurs. Au sein du parti conservateur, qu'elle avait conquis en faisant chuter Helmut Kohl, une page de 18 ans va se tourner.

Mal réélue en septembre 2017 pour un quatrième mandat, avec seulement 33%, à la tête d'une fragile coalition mise laborieusement sur pied en mars dernier, déstabilisée par la faiblesse de ses alliés, le SPD et la CSU, qui ont aussi enregistré des échecs locaux, comme en Bavière le 14 octobre, Angela Merkel est plus affaiblie que jamais.

LA BATAILLE POUR LA SUCCESSION D'ANGELA MERKEL EST OUVERTE
Jusqu'à présent, Angela Merkel avait résisté aux assauts au nom d'un principe de stabilité.
La bataille pour la succession d'Angela Merkel est officiellement ouverte. Trois renoms reviennent pour l'instant comme candidats potentiels: Annegret Kramp-Karrenbauer, la secrétaire générale de la CDU, proche de Merkel, Jens Spahn, leader de l'aile conservatrice, Armin Laschet, un poids lourd régional, ministre président de Westphalie-Rhénanie du Nord.
Les prochains mois s'annoncent houleux pour Angela Merkel. Le SPD, plongé dans une crise encore plus grave et menacé d'être dépassé au niveau national par les Verts et la droite radicale de l'AfD, réclame une nouvelle «feuille de route» au gouvernement qui conditionnera sa participation à la coalition. Des élections régionales en ex-Allemagne de l'Est à l'été 2019, en Saxe notamment, pourraient aussi virer au cauchemar pour les conservateurs: la progression de l'Alternative für Deutschland, créditée d'un quart des voix, pourrait rendre la région ingouvernable. L'horizon de la grande coalition se compte en mois.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"AU DELA DE CETTE LIMITE LE TICKET D'ANGELA N'EST PLUS VALABLE" 

Le déclin d'Angela Merkel, annoncé depuis longtemps , vient de commencer. Au lendemain d'un nouveau revers électoral de la CDU, qui a enregistré dimanche en Hesse son plus mauvais résultat depuis 50 ans, la chancelière a fait part de son intention de ne pas se représenter à la présidence du parti conservateur lors du congrès de décembre à Hambourg. Elle a également annoncé vouloir se retirer de la chancellerie à l'issue de son mandat en 2021. La combinaison des deux fonctions, chancelière et leader de la CDU, était pourtant le socle de son autorité. Mais la contestation est devenue trop forte au sein du parti et Angela Merkel n'a plus d'autre choix pour montrer qu'elle a compris le message de colère des électeurs. Au sein du parti conservateur, qu'elle avait conquis en faisant chuter Helmut Kohl, une page de 18 ans va se tourner.
Mal réélue en septembre 2017 pour un quatrième mandat, avec seulement 33%, à la tête d'une fragile coalition mise laborieusement sur pied en mars dernier, déstabilisée par la faiblesse de ses alliés, le SPD et la CSU, qui ont aussi enregistré des échecs locaux, comme en Bavière le 14 octobre, Angela Merkel est plus affaiblie que jamais.

Jusqu'à présent, Angela Merkel avait résisté aux assauts au nom d'un principe de stabilité.
Les prochains mois s'annoncent houleux pour Angela Merkel pour la République Fédérale allemande et par voie de conséquence pour l'Europe déstabilisée par le nationalisme populiste très hostile à Bruxelles.
Le SPD, plongé dans une crise encore plus grave et menacé d'être dépassé au niveau national par les Verts et la droite radicale de l'AfD, réclame une nouvelle «feuille de route» au gouvernement qui conditionnera sa participation à la coalition. Des élections régionales en ex-Allemagne de l'Est à l'été 2019, en Saxe notamment, pourraient aussi virer au cauchemar pour les conservateurs: la progression de l'Alternativ für Deutschland, créditée d'un quart des voix, pourrait rendre la région ingouvernable. L'avenir de la grande coalition se compte en mois.
ANGELA MERKEL SE SENT LARGUÉE.
Chez les partisans de l'AfD, elle est devenue une véritable tête de Turc sur laquelle toute la rage se projette comme sur Hillary Clinton, aux Etats-Unis, à une certaine époque.
Les Verts ont le vent en poupe parce qu'ils sont évidemment politiquement en phase avec l'esprit du temps, de plus en plus affirmé dans les milieux métropolitains urbains. Mais aussi parce qu'ils ont réussi le changement de génération. Le FDP (les libéraux), quant à lui s'est réduit comme peau de chagrin.
On l'appelait volontiers  la femme la plus puissante du monde ("Forbes") C'est que Angela Merkel est à la tête du gouvernement allemand depuis 2005. Mais après les récentes élections au Bundestag à l'automne 2017, l'Euroeuphorie s'est évaporée. La coalition de trop avec le SPD n'a pas réussi à décoller. Les récentes débâcles électorales en Bavière et en Hesse ont fait le reste. "Mutti"  est à bout de souffle.
Angela Dorothea Kasner est née le 17 juillet 1954. Papa Horst est théologien protestant, la mère est professeur de latin et d'anglais. La famille d'Angela  s'installe en RDA, la futur chancelière grandit à Templin dans le Brandebourg.
Elle obtiendra son doctorat en chimie en 1986.  Sa thèse est jugée "très bonne", en revanche dans la matière obligatoire "marxisme-léninisme", elle n'est jugée que "suffisante".
La carrière politique sans précédent de Mme Merkel a commencé en 1989. En mars 1990, elle devient porte-parole adjointe du gouvernement de la RDA de Lothar de Maiziere, qui recommandera Merkel auprès du chancelier Helmut Kohl pour la formation du premier gouvernement réunifié.
En 1991, Mme Merkel devient ministre de la Condition féminine et trois ans plus tard, elle passe au ministère de l'Environnement. Son arrivée au pouvoir  confirmera Merkel au sein du parti. Elle obtient  le Secrétariat général, après la défaite de la CDU lors des élections de 1998.
Un an plus tard, les chrétiens-démocrates sont ébranlés par l'affaire du financement occulte du parti., La "fille spirituelle de Kohl" se rebelle publiquement contre le "président d'honneur". En 2000 Angela Merkel devient chef du parti CDU.
Ses détracteurs les plus virulents se recrutent majoritairement à l'étranger : dans la crise de l'euro, ses ennemis n'ont pas hésité à la comparer à Hitler. Il est vrai que face à la crise de la dette, Merkel ne jure que par la "discipline budgétaire".
En Sarkozy, Merkel avait trouvé un partenaire  européen fiable mais avec François Hollande, la coordination avec le voisin devient plus difficile. Avec Macron elle se montrera assez réservée.
Les diplomates américains jugent Merkel comme "rarement créative" et "peu encline au risque".
Merkel qui n'a pas d'enfants est mariée au professeur de chimie Joachim Sauer depuis 1998. vit à Berlin-Mitte.
.En octobre 2013, la CDU/CSU a atteint 41,45 %, le SPD 25,7 %. Merkel forme une "grande coalition" avec Sigmar Gabriel, alors leader du SPD, et Horst Seehofer, leader du CSU, après l'expulsion du FDP du Bundestag.
Depuis la crise des réfugiés de 2015/2016, Merkel est de plus en plus critiquée. Elle fut éblouissante jusqu'au fameux "Wir schaffen das" a qui a suscité le scepticisme et la retenue chez de nombreuses personnes en Allemagne.
Le bruit a couru qu'elle succèderait volontiers à Jean Claude Juncker à la tête de l'Europe. Elle sait mieux que personne que ce n'est pas "exactly a soft job".
MG 

"MERKEL VA PERDRE DE SON AUTORITÉ ET L'UE RISQUE LA PARALYSIE"
Le Vif
La décision d'Angela Merkel de se retirer par étapes de la scène politique va fragiliser l'axe franco-allemand et risque de paralyser l'UE au moment où elle est confrontée à la montée des populismes anti-européens, selon plusieurs diplomates et analystes européens.
"Merkel va avoir moins d'autorité après avoir annoncé son départ", estime Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Schuman.
- "HORS COURSE" -
Outre son retrait progressif en Allemagne, Mme Merkel a précisé qu'elle ne briguerait aucun poste dans les institutions européennes.
"Maintenant (...), plus personne ne va l'écouter en Europe. Elle s'est mise hors course d'emblée", renchérit Sébastien Maillard, directeur de l'institut Jacques Delors Notre Europe.
"C'est un coup dur pour l'Europe", analyse-t-il. La retraite de la chancelière va hypothéquer les prochains grands rendez-vous européens, notamment le sommet de décembre consacré à la question migratoire, cheval de bataille d'Angela Merkel mais qui lui a coûté cher, et à la réforme de la zone euro, deux dossiers qui divisent les Etats membres.
"Rien ne se produira probablement avant les élections européennes. Il y a un risque de paralysie", prédit Julian Rappolt, analyste pour le European Policy Center.
La Commission européenne n'est pas de cet avis. "La décision d'Angela Merkel était attendue. Elle avait prévenu et cela ne change rien", a assuré à l'AFP un de ses responsables sous couvert de l'anonymat.
La Pologne a souhaité lundi que Mme Merkel puisse aller au terme de son mandat en insistant sur son rôle "stabilisateur".
"Elle est devenue un canard boiteux, mais je ne pense pas que l'UE va sombrer dans le chaos et l'instabilité, parce que ce sera un départ très lent", estime pour sa part Sudha David-Wilp, une des responsables du German Marshall Fund, centre de réflexion européen.
Mais une période d'incertitude s'est ouverte avec la question de la succession à la tête de la CDU.
"Si c'est sa dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer, c'est plutôt une bonne chose pour la relance de l'UE", estime Jean-Dominique Giuliani. "Elle est proche de la France et très européenne. Elle sera plus active que Merkel, qui a toujours joué en fond de court", a-t-il ajouté.
"Dans ce cas, il y a encore une chance que la chancelière puisse rester en fonctions jusqu'en 2021. Sinon, l'écart entre elle et son parti sera trop grand et ce sera la fin", analyse Julian Rappolt.
Le retrait de cette personnalité qui a pesé sur la politique européenne intervient à un moment très difficile. "L'Europe traverse une grave crise interne et ses fondations sont en train de s'effondrer" avec la montée des partis populistes anti-européens, a confié à l'AFP le représentant d'un Etat membre. "Il y a très peu de leadership en Europe. La plupart des dirigeants sont en difficulté et certains pays ont même basculé", a-t-il souligné.
- "PLUS TACTICIENNE QUE VISIONNAIRE" -
Le président français "Emmanuel Macron s'est efforcé de redonner un élan, mais ses initiatives n'ont pas trouvé beaucoup de soutien", confirme Julian Rappolt.
Angela Merkel ne l'a pas aidé. "Le moteur franco-allemand n'a pas démarré parce que la France n'a jamais eu de répondant de la part de la Chancelière. Elle a toujours temporisé, toujours été sur la défensive", affirme Sébastien Maillard.
"Il serait temps que l'Allemagne dise ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas", renchérit Jean-Dominique Giuliani.
"Maintenant que son autorité est entamée, les langues vont se délier. Je pense que son bilan sera assez négatif", soutient le président de la Fondation Schuman.
Ce jugement partagé par d'autres experts devrait ternir l'image d'une dirigeante pro-européenne, attachée à la solidarité entre les 28 et à la défense du multilatéralisme face au protectionnisme défendu par Donald Trump.
Sébastien Maillard est lui aussi très critique. "J'ai du mal à mettre son nom sur un acquis européen majeur. Angela Merkel n'a jamais eu de vision pour l'Europe. Elle était plus tacticienne que visionnaire", regrette-t-il.
"Elle a eu des attitudes déplorables comme la défense des voitures allemandes durant la guerre commerciale avec le président américain Donald Trump ou celle du diesel. Elle a défendu les intérêts commerciaux de l'Allemagne sans vision de ce que cela impliquait pour l'Europe", critique-t-il. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'UE RISQUE L'IMPLOSION EN 2019 

"Maintenant (...), plus personne ne va l'écouter en Europe. Angela Merkel s'est mise hors course ", commente Sébastien Maillard, directeur de l'institut Jacques Delors Notre Europe.
"C'est un coup dur pour l'Europe "Rien ne se produira probablement avant les élections européennes. Il y a un risque de paralysie", prédit Julian Rappolt, analyste pour le European Policy Center.
C'est dire combien les élections européennes risquent de porter un coup fatal à la construction européenne avec l'irrésistible montée en force des populismes nationalistes et souverainistes sur l'ensemble du vieux continent.
"L'Europe traverse une grave crise interne et ses fondations sont en train de s'effondrer" avec la montée des partis populistes anti-européens, a confié à l'AFP le représentant d'un Etat membre. "Il y a très peu de leadership en Europe. La plupart des dirigeants sont en difficulté et certains pays ont même basculé", a-t-il souligné.
Le duo Macron-Merkel a du plomb dans les deux ailes et il peine à prendre son envol. Si cela se trouve, la prochaine assemblée européenne sera anti-européenne. Poutine, Trump et Erdogan se frotteront les mains. Mais lisez plutôt la remarquable analyse de Natalie Nougayrède dans le Guardian que nous reproduisons ici à votre intention.
MG


THE REAL DANGER TO EUROPE? THE LOST SENSE OF A COMMON CAUSE

Natalie Nougayrède
From Munich to Milan, political narratives are driving citizens into ever more separated mindsets
‘People’s perceptions have drifted very far from the European “demos” or public dreamed of by the creators of the EU.’ Illustration: Sébastien Thibault
The biggest danger facing Europe isn’t so much Brexit, or even the “populist wave” sweeping the continent. It is the depressing fact that continental Europeans seem to be losing an appetite to even try to understand one another across national and cultural boundaries. Ignoring or even provoking your neighbour has become a new normal as countries become more and more inward looking.
In recent weeks, I’ve travelled to a number of European capitals. What I picked up is that a fragmentation of minds is under way, even though so many contemporary themes, from globalisation to migration, are the common concern of all Europeans. There is particular pathos to this as the centenary of the 1918 armistice approaches. With a key European parliament election just seven months away, the psychological divisions across the continent seem to be deepening, not diminishing.
This is not just about the tensions between populist and non-populist governments. We know that two camps are pitted against one another: on one side, Hungary’s “illiberal democrat” Viktor Orbán, Poland’s nationalist leadership, Italy’s far-right strongman, Matteo Salvini; on the other, France’s Emmanuel Macron, Germany’s Angela Merkel and the Netherlands’ prime minister, Mark Rutte. This will define the looming 2019 electoral clash. What’s less explored is how, at a grassroots level, people’s perceptions have drifted far from the European “demos” or public realm dreamed of by the creators of the EU.
We have entered a phase where Europeans are encouraged to turn against one another depending on their nationalities
Of course, all politics is inevitably local. And the dizzying volatility of national politics across the continent means that it’s hard enough to keep track of what’s going on in one’s own country – let alone try to seize the complexity of what’s happening elsewhere. There’s only so much news people can consume, and what’s on offer will often depict events through a national prism: social media have the potential to connect far and wide, but by now we’ve seen ample proof that algorithms favour confirmation bias, rather than opening up minds to different takes or sensitivities. In Europe’s patchwork of separate political cultures and distinct national memories, that technological backdrop arguably has an even more polarising effect than, say, in the US.
It’s true that, as anyone travelling from Tallinn to Berlin or Vienna to Belgrade will know, linguistic barriers aren’t what they used to be: the spread of English has provided Europe with a lingua franca, especially among the younger generations. The single market, free movement and the Erasmus student programme have helped millions become more aware of others across cultural boundaries. But those trends of convergence risk being outpaced by political narratives that seek to drive citizens into ever more separated national mindsets.
A few weeks ago, during a debate on Europe in Vienna’s Burgtheater, I made the point that the Austrian foreign minister Karin Kneissl’s association with the far-right Freedom party embodied precisely the danger Europe faces: the go-it-alone message and the danger of democratic backsliding that comes when xenophobic nationalist parties gain power. Sitting on the panel, Kneissl responded by criticising France for its failure to pull its weight by attending enough EU meetings; in other words, by attacking the country I’m from rather than by addressing the issue at hand. Of course, politicians with connections to nativist parties will easily ascribe one person’s opinion to their origins or their passport. Still, it was striking that a government minister whose country currently holds the presidency of the European council would seek to disqualify someone’s point of view by referring to that person’s identity or place of birth.
Something even more worrying is at work in Italy, whose leadership is fast taking the country back to something akin to neo-fascism (its deputy prime minister, Salvini, likes to quote Mussolini). Italy’s drift does not just create headaches for the EU as an organisation, it also sets the stage for growing popular resentment against other Europeans. Having come to power by stigmatising African and Muslim migrants, Salvini’s League has shifted to yet one more target: French and German opposition to Italian budget plans.
Historical resentments that were thought to be long forgotten are bubbling back to the surface. The Brexit conundrum hardly features in the daily preoccupations of continental Europeans, but what does get noticed is how some of the British discourse has started depicting the French as an arch-rival intent on creating as much pain as possible for Britons in their negotiation with the EU. Meanwhile in Poland, anti-German rhetoric is a regular feature of the ruling nationalist party’s narrative – complete with renewed calls for German second world war reparations. To think none of Europe’s intergovernmental squabbling trickles down to grassroots perceptions is perhaps naive.
The popular anger that populists feed on now seems to be deliberately channelled towards a growing list of targets, smoothing the path for what could amount to a European psychological “civil war”. Look at the chronology of recent years: first populists lashed out at the single currency and policies attached to it (Germany’s far-right AfD initially grew out of this in 2012); then came the targeting of migrants (the 2015 refugee crisis was a boon for extremists).
Populism is not the whole story – European politics is rewiring itself
Now we seem to have entered a phase where Europeans are encouraged to turn against one another, depending on their nationalities. Italy’s and Austria’s far-right governing parties may see eye to eye on many European issues, but that has not prevented the two countries from recently reigniting an old dispute over the region of South Tyrol. The paradox, of course, is that not since the end of the cold war have Europeans been confronted with a such a common set of shared challenges: Russia’s aggressiveness, Trump’s disparaging of alliances, climate change, migration, unregulated globalisation, the impact of the technological revolution: you name it. Five hundred million people living within a bloc that proclaimed in 1991 the advent of “EU citizenship” have arguably never shared such an intertwined destiny.
But the problems get discussed within national borders, far more than in cross-cultural or cross-regional ways. The hope is that next year’s European parliament election will open up a continental debate but it may be a long shot. One recent analysis, published by the Brussels-based Carnegie thinktank, warns that by creating a climate of fear, populist parties fuel “xenophobia toward other Europeans”, not just toward people coming from further afar. And there is no such thing as a widely used European public service media organisation that might help bridge perceptions.
The European project was created not only to secure peace among nation states, but to act as an antidote to hostility among its peoples, misunderstandings between them, and sheer ignorance of what neighbours care about and why. In his book Europe: A History, Norman Davies noted that with the transformations of 1989 (it will be the 30th anniversary next year), “the frontiers were open, and minds were opening up with them”. Now is the time to make sure minds aren’t closing up again.
• Natalie Nougayrède is a Guardian columnist






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mardi 30 octobre 2018

La cheffe de file du PS à Molenbeek Catherine Moureaux a annoncé lundi qu'un accord de majorité avait été trouvé dans cette commune de l'ouest de Bruxelles.

Le Vif

La cheffe de file du PS à Molenbeek Catherine Moureaux a annoncé lundi qu'un accord de majorité avait été trouvé dans cette commune de l'ouest de Bruxelles.
Le PS, qui a obtenu 17 sièges, va finalement s'allier au MR de la bourgmestre sortante Françoise Schepmans, qui détient quant à lui 13 sièges. La répartition des postes n'a pas encore été précisée, mais il y aura cinq échevins socialistes, pour quatre libéraux (ainsi que la présidence du CPAS). "Après l'échec des négociations avec EcoloSamen (3 sièges) et le PTB (7), il ne restait que deux alternatives", soit celle retenue ou une quadripartite, a commenté la future bourgmestre. Cette dernière option aurait cependant été "compliquée, avec quatre partis et une majorité d'un siège".
"Nous avons réfléchi avec la section locale du PS et décidé ce lundi matin de négocier avec le MR. Françoise Schepmans est quelqu'un de fidèle à sa commune, qui a accompli beaucoup, notamment en matière de culture. Nous passons donc d'une majorité (potentielle) de progrès (avec EcoloSamen et le PTB') à une majorité de stabilité."
La coalition aura "une assise large" de 30 sièges sur 45, a poursuivi Mme Moureaux. "Nous sommes deux femmes qui représentons la commune", a-t-elle insisté.
Pour Françoise Schepmans, qui a "pris acte" de la régression de son électorat, il n'y a "pas d'amertume". "Nous sommes la deuxième force à Molenbeek, nous avons mené un travail difficile durant six ans avec une majorité étroite. Une partie de la population était inquiète: le PTB peut faire peur. Cet accord va rassurer la majorité des Molenbeekois."
"AVEC DES PARTENAIRES SÉRIEUX, C'EST PLUS FACILE"
La bourgmestre sortante s'est refusée à tout commentaire sur son avenir personnel.
Les objectifs des partenaires sont les mêmes, ont encore assuré en choeur les deux femmes. "Il y aura du changement en matière d'enseignement, de jeunesse, de logement, de construction, de propreté et d'amélioration du cadre de vie", selon Mme Moureaux.
Concernant l'échec des négociations précédentes et la rapidité avec laquelle un accord avec le MR a pu être dégagé, la future bourgmestre a jugé qu'"avec des partenaires sérieux, c'est plus facile". Elle a fustigé les "mensonges et les manipulations du PTB", ajoutant qu'elle avait aussi "du mal avec les allers-retours d'Ecolo". "Nos deux partis avaient un vrai programme, des points communs, nous avons tranché les divergences et reformulé quand c'était nécessaire."
En termes de gouvernance, la création d'un bureau d'éthique et de transparence cher au PTB a quand même été retenue dans l'accord, tout comme la présentation du budget aux habitants, la mise en place d'un médiateur, la publicité des structures paracommunales, la transparence des recrutements ou encore le respect des balises fixées au conseil.
Ces engagements "auront même les applaudissements du PTB et d'Ecolo", prédit Mme Moureaux. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEUX FEMMES POUR DIRIGER UNE COMMUNE MACHO 

C'est plus qu'un scoop c'est carrément un bouleversement et un camouflet à La FGTB qui exigeait une tripartite PS/PTB/ECOLO.
Dommage pour écolo dont l'échevine Sarah Turine avait fourni un excellent boulot sur le plan interculturel. On imagine que cet accord symbolique MR/PS en annonce d'autres à Liège, à Charleroi et qui sait à la Région wallonne voire bruxelloise en mai 2019. Reste à deviner ce qui résultera des élections fédérales qui auront lieu le même jour.
Revenons à Molenbeek où deux femmes vont se retrouver à la tête d'une commune où les hommes aiment avoir tout à dire.
C'est un cas de figure tout à fait intéressant.
Commençons par nous demander si ces dames se mettront aussi facilement d'accord sur le sort du plan Kanal du ministre Jambon. Suspense.
MG


lundi 29 octobre 2018

Violence à l'école : les Français demandent plus d'autorité

Par  Guillaume de Dieuleveult  (Figaro)

SONDAGE - La vidéo d'un lycéen braquant son enseignante a choqué une large majorité des Français, selon une enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. Jean-Michel Blanquer suscite quant à lui toujours l'adhésion.
Un jeune homme pointant son pistolet vers le visage de son enseignante, qui, sous les quolibets, obtempère à ses ordres: diffusée sur les réseaux sociaux, cette vidéo a profondément choqué les Français, comme le souligne un sondage Odoxa réalisée pour Le Figaro et Franceinfo. Pour l'immense majorité des personnes interrogées (91 %), cette séquence révèle surtout un climat de violence généralisé dans les établissements scolaires. Un point de vue que les électeurs de La France insoumise, du PS et de LaREM partagent, mais dans une moindre proportion que ceux de LR ou du RN.
Apparu sur les réseaux sociaux à la suite de la diffusion de cette vidéo, le hashtag #Pasdevague, qui a fédéré les professeurs s'estimant lâchés par leur direction, a eu une assez grande résonance, puisque, sur Twitter, il a fait l'objet de 171.000 messages dans les deux jours qui ont suivi son lancement. Sur cette question, les enseignants bénéficient du soutien des Français: 80 % d'entre eux estiment qu'ils ne sont pas suffisamment soutenus par leur établissement, ni par le ministère de l'Éducation nationale (86 %).

«UN PLAN D'ACTION»
Paradoxe? Jean-Michel Blanquer, pour sa part, bénéficie toujours de leur soutien. Le ministre de l'Éducation nationale est jugé compétent (63 %), courageux (59 %), sympathique (57 %) et même conservateur (46 %), ce qui, du point de vue de Français demandeurs d'une école plus stricte, n'est sans doute pas un défaut. En matière de sécurité, le sondage souligne d'ailleurs qu'ils sont prêts à soutenir toutes sortes de mesures assez radicales: mise en place de surveillance vidéo aux abords des établissements, mais aussi à l'intérieur, sanctions financières pour les parents d'élèves violents, généralisation des portails de sécurité, fouilles des cartables et même présence, au sein des écoles, d'agents de sécurité. Toutes ces mesures sont majoritairement considérées comme «vraiment efficaces». Jean-Michel Blanquer est donc au diapason de l'opinion, lui qui défendait, jeudi sur CNews, la présence de policiers dans certaines écoles. Dans les jours qui avaient suivi la diffusion de cette vidéo, le gouvernement s'est aussi déclaré décidé à mettre en place un «plan d'action ambitieux visant à mettre un terme à de tels comportements». Sans surprise, il jouit dans ce domaine du soutien de 83 % des Français. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POLICIERS A L'ECOLE? NON! 

C'est bien évidemment une fausse bonne idée. Pourquoi pas des militaires, tant qu'on y est?
Ce qui est sûr c'est que beaucoup d'enseignants et surtout s'enseignantes vivent dans la peur des élèves récalcitrants- il y en a, on ne saurait le nier- et plus encore dans la crainte des représailles du groupe organisé qui communique sur les réseaux sociaux.
Comment restaurer le prestige de l'enseignant.e. dans un contexte où la violence s'invite partout, y compris à l'école?
Cette question semble sans réponse singulièrement dans les établissements scolaires fréquentés par une majorité d'élèves qui vivent l'exclusion sociale au quotidien et sont persuadés- à tort- qu'ils n'ont pas grand chose à perdre.
La balle est dans le camp de la société et plus singulièrement des partis politiques.
Dans l'entité Wallo Brux on allait voir ce qu'on allait voir avec le grand pari sur le Pacte d'Excellence. C'est tout vu!
Ce qu'on appelait jadis la discipline a du plomb dans l'aile.
Les sanctions semblent avoir peu d'impact sur les élèves les plus récalcitrants, très habiles à mobiliser leurs camarades de classe dans les manoeuvres d'obstruction à l'égard des enseignants les moins expérimentés. Mais on a le grand tort de sous-estimer le rôle essentiel des éducateurs et éducatrices qui sont le tampon entre élèves et enseignants un peu comme les sous-officiers le sont entre les hommes de troupes et ceux qui les commandent. Educateur, autrement dit pion, est un métier extrêmement difficile.
Certes, ils ont un rôle administratif essentiel relatif à la gestion des dossiers des élèves. Ils y consacrent  un temps précieux au détriment de leur rôle d'éducateur. En vérité ils éduquent fort peu et temporisent encore moins les tensions entre enseignant.e.s et enseigné.e.s.  C'est un des noeuds du problème.
Un chef d'école- je le fus pendant des décennies- sait ce qu'il doit à ses éducateurs et éducatrices: ce sont ses troupes de choc capables d'intervenir vite et efficacement pour désamorcer un conflit.
Pourquoi ne pas imaginer un système où les profs en difficulté puissent, via leur GSM faire appel en urgence à l'éducateur/trice?
Mais s'est-on demandé comment ces éducateurs sont formés?
En vérité ils sont recrutés sur base de leur diplôme: avoir accompli l'enseignement secondaire. C'est court, vraiment court.
Ne pourrait-on imaginer une formation de "surveillants éducateurs"? C'est ainsi pourtant qu'on les appelait jadis. Il s'agirait  de leur enseigner avec beaucoup de stage pratiques dans les écoles la psychologie de l'adolescent rebelle et surtout comment gérer et désamorcer sa violence.
Un chef d'établissement sûr de lui et déterminé, secondé par une poignée de surveillants éducateurs aguerris, doit être capable de faire face aux situations les plus tendues sans devoir faire appel à la police, aveu d'impuissance absolu. J'ai connu des surveillants éducateurs alcooliques ou sadiques ou laxistes. C'est une vraie calamité. Mais j'en ai connu de très réactifs et parfaitement maîtres d'eux. Ceux là étaient aussi très populaires parmi les élèves qui se sentaient sous leur protection.
Je ne comprends pas qu'on ne les forme pas soigneusement et surtout qu'on ne les rémunère pas en fonction du rôle clé qu'ils jouent dans une école. Il n'en demeure pas moins que le garant de l'autorité est et demeure le chef d'établissement.
On exige de lui trop de prestations administratives et pas assez de compétences pédagogiques et encore moins d 'entrainement à gérer les situations de crise extrême qu'il sera peu ou prou amené à surmonter dans une société où, -Attali explique pourquoi- la violence est de plus en, plus menaçante et omniprésente.
MG  


RETOUR DE LA VIOLENCE
Jacques Attali,
La violence est partout, aujourd’hui. On la retrouve dans toutes les dimensions de la société, et pas seulement en France. Contre les homosexuels, les journalistes, les professeurs, les hommes politiques, et tous ceux qui ont un peu de différence, d’influence, ou de pouvoir.
Beaucoup voudraient que nul ne puisse plus critiquer ou remettre en cause une autorité ; que tout soit lisse, uniforme, consensuel.
Rien n’est plus dangereux. D’abord, évidemment, pour la démocratie, où la force n’est jamais un argument. Et plus généralement, c’est toujours dans la discussion que se trouve la construction de solutions raisonnables.
A côté de ces manifestations de violence individuelle, d’autres sources sont en train de réapparaître, dans les relations internationales. Des sources de tension, qu’on croyait maîtrisées pour toujours, rouvrent des chemins vers l’enfer. Et même si toutes les statistiques officielles sont rassurantes, voulant démontrer que toutes les formes de violence sont au plus bas, les faits démontrent le contraire. Tant dans la violence privée que dans ce qui menace entre nations.
Ainsi, il faut prendre très au sérieux l’annonce par le président américain de sa volonté de sortir du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, un traité signé en 1987 par le dernier dirigeant de l’Union soviétique, Mikael Gorbatchev avec le président américain Ronald Reagan.
Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires en Europe de l’Est. Et par la décision américaine d’installer des fusées équivalentes en Allemagne de l’Ouest. Jusqu’à ce que la négociation ait conduit à démanteler ces armes, des deux côtés.
Donald Trump accuse la Russie de ne pas respecter ce traité « depuis de nombreuses années » Il se plaint en particulier du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée, selon Washington, dépasserait les 500 km, en violation du traité. Et d’annoncer que les Etats-Unis se mettraient à « développer aussi ces armes ».
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a rejeté ces accusations : « Non seulement nous ne violons pas le traité, mais nous le respectons de la façon la plus stricte », « Et nous avons fait preuve de patience au fil des années face à de flagrantes violations du traité par les Etats-Unis eux-mêmes ». Il a qualifié cette décision de « très dangereuse », qui, selon lui, «ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations ». Il a ajouté : Si les États-Unis continuent à agir « de façon maladroite et grossière » et à se retirer unilatéralement de traités internationaux, « alors nous n’aurons pas d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion, y compris impliquant de la technologie militaire ».
Mikhaïl Gorbatchev, signataire du traité il y a trente ans, est immédiatement sorti de sa réserve pour dénoncer « le manque de sagesse » du président américain actuel, appelant « tous ceux qui chérissent un monde sans armes nucléaires » à convaincre Washington de revenir sur sa décision, afin de « préserver la vie sur Terre ».
Berlin a réagi aussi en disant « regretter » le retrait des Etats-Unis du traité, et demandant qu’on en discute au sein de l’OTAN, car une telle décision ne saurait être unilatérale.
Si cela s’envenime, on pourrait imaginer l’installation de forces nucléaires tactiques américaines en Pologne, ce que la Russie ne pourra accepter. On peut craindre aussi la dénonciation du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021. On se retrouverait alors dans une situation équivalente à celle des années 1980, avec des armes infiniment plus sophistiquées.
Et ceux qui pensent que « c’était mieux avant », seront sur ce nouveau terrain, une fois de plus, contredit.
j@attali.com



dimanche 28 octobre 2018

"PS, PTB, Ecolo, reprenez les négociations!"

Le Vif 

Robert Vertenueil appelle la gauche dans sa globalité, Ecolo compris, à reprendre les pourparlers pour former des majorités progressistes, dans un entretien au Soir publié samedi. "Une fenêtre vient de s'ouvrir, la gauche a une responsabilité historique", dit le président de la FGTB.

Avant les élections, Robert Vertenueil avait appelé à constituer des majorités PS-Ecolo-PTB partout où ce serait possible. Devant les échecs des négociations à Charleroi, Liège, Molenbeek, Herstal ou La Louvière, le président de la FGTB remet les pendules à l'heure.
Il s'adresse à Ecolo: "Je constate qu'ils ont parfois privilégié des majorités progressistes, parfois d'autres, mais aussi que dans certains cas ils pouvaient aller avec le PS et ils ne l'ont pas fait. Quand des majorités progressistes sont possibles, ce n'est pas normal qu'ils préfèrent composer des majorités rétrogrades."
"UNE CERTAINE DÉFIANCE" POUR LE PS
Et au PS: "Vous avez perdu les élections, vous vous tassez un peu partout, même si - il faut le saluer - vous restez premier parti en Wallonie, aussi à Bruxelles. (...) Il n'en reste pas moins que le PS doit au moins comprendre qu'il y a une certaine défiance ou déception chez un certain nombre de gens de gauche, qui ont glissé vers le PTB ou Ecolo. Donc je dis: 'Tirez les bonnes leçons, acceptez que vos partenaires potentiels de gauche puissent avoir des exigences, vous devez être à l'écoute.'"


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
APOCALYPSE BELGIUM 

Un nombre considérable de syndicalistes s'éloignent du PS pour se rapprocher du PTB. Autrement dit la FGTB se "pétébise" et fait pression sur le PS pour qu'il privilégie les coalitions avec le PTB.
La PS fait mine d'obtempérer mais on sent bien qu'il renâcle.
Si la FGTB devait avoir gain de cause, des alliances PTB/PS devraient se négocier au niveau régional et communautaire en mai 2019 rendant le PS totalement infréquentable pour une NVA qui immanquablement fera la pluie et le beau temps en Flandre.  Bref, Apocalype Belgium, c'est pour mai prochain.
MG

samedi 27 octobre 2018

Olivier Chastel au «Soir»: «Le PS et Ecolo ne mesurent pas le danger du PTB»


Olivier Chastel met en garde contre tout dialogue avec l’extrême gauche. Et dévoile sa stratégie pour relancer le MR.

Le président du MR revient sur les résultats « contrastés » de son parti aux communales et provinciales, mais n’oublie pas le PS et Ecolo. Ils ont ouvert un dialogue avec le PTB ? « C’est très inquiétant pour la démocratie », tranche Olivier Chastel. « On ne m’enlèvera pas de l’idée que l’origine du PTB, sa revendication marxiste-communiste, tout cela représente un danger. » Le libéral met donc en garde: « Ceux qui parlent avec le PTB ne mesurent pas le danger que représente l’extrême gauche. Je pense que la manœuvre du PS est dangereuse, mais que dire d’Ecolo qui, ici et là, accepte ou a accepté de se mettre autour de la table? Un parti qui ne veut même pas se définir de gauche ou de droite et qui fraye avec le PTB ! J’attire l’attention de tous les électeurs qui ont rejoint Ecolo, et je leur dis : je suis terriblement inquiet de la dérive de ce parti ».
Voilà pour les adversaires. Mais concernant le MR, avec le recul d’une dizaine de jours depuis le 14 octobre, Olivier Chastel nuance sa première analyse du scrutin. «  Je l’ai dit le lundi midi et ne change pas d’analyse : nos résultats sont assez contrastés, nous dit-il. Mais nous devons tirer les enseignements d’un tel scrutin. Mon sentiment est un peu mitigé, puisqu’on a une difficulté à convaincre plus d’électeurs dans les grandes villes, spécifiquement à Bruxelles. Nous devons analyser la sociologie des grandes villes, la qualité de notre message, nous sommes en train de le faire. Je n’ose presque plus le dire, car on me reproche d’être dans le déni, mais le MR n’a jamais eu autant de bourgmestres (103), de majorités (66) et a un nombre d’élus (1.500 élus) et de majorités (170) similaire à 2012. On a donc gardé une forte implantation locale. Ce qui n’enlève rien au fait qu’on doit sans doute penser un peu différemment dans les grandes villes. »
Le lendemain du scrutin, il parlait d’«  excellent résultat  » en Wallonie et de « stabilisation  » à Bruxelles. Etait-ce la bonne communication ? «  Je n’ai pas dit que tout allait bien en Wallonie. Je ne sais pas si c’était la bonne communication, mais c’est le ressenti que j’en avais le lundi midi. Je n’enlève rien à ce que j’ai dit. Dix jours plus tard, mon impression est un peu plus contrastée. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"NOUS DEVONS ANALYSER LA SOCIOLOGIE DES GRANDES VILLES" 
Q
On ne peut pas dire que l'analyse du président du MR soit subtile.
J'ignore si ce libéral wallon habite à Bruxelles mais à l'évidence il n'entend pas grand chose à la sociologie de cette ville, la plus cosmopolite au monde après Dubai. On aimerait entendre sur ce sujet le Liégeois Didier Reynders, patron de la fédération bruxelloise mais, très curieusement, il se drape dans le silence.
Pour mémoire, le dialecte bruxellois y est devenu une langue morte: les derniers descendants de Bossemans et Coppenolle croupissent dans les homes où gisent dans les cimetières.  Bruxelles  brusselait autrefois mais cela est fini, bien fini. En revanche on y parle des dizaines de langues car la majorité des habitants sont venus d'ailleurs. Bruxelles est devenue une ville de nomades comme le montre l'article de la Libre qui suit. Les "nouveaux Bruxellois" comme les appelle La Libre ne sont pas naturellement enclins à voter MR. Les nouveaux Bruxellois sont jeunes et les jeunes ont le sait sont très préoccupés par la problématique de l'environnement dont se soucie fort peu le MR actuellement. Surtout, la proximité MR/N-VA au niveau fédéral insupporte une majorité de Bruxellois. Quant à la poussée du PTB qui préoccupe tellement Chastel, elle constitue un vote sanction à l'endroit du PS, lequel rompt partout les négociations avec le PTB après avoir fait mine de se rapprocher de lui.
De Wolf, le bourgmestre MR d'Etterbeek a plaidé pour un retour au libéralisme social (virage à gauche) et Destexhe a recommandé un virage sécuritaire à droite. Schepmans (Molenbeek) et Pivin (Koekelberg) ne disent rien.  Ce qui semble évident c'est que le nouveau paysage  sociologique de la capitale est très peu favorable au MR.  Le gros problème c'est que  "Les libéraux oublient qu'au sein des communautés issues de l'immigration, il existe un grand potentiel de voix libérales et que des indépendants et des cadres émargeant à la classe moyenne ne s'identifient pas au discours PS, Ptbiste ou même Ecolo." (Zeguendi).
Cela, il y a des années que nous le répétons mais à l'évidence
rares sont les libéraux à faire cette analyse qui pourtant s'impose.
Le Schaerbeekois Georges Verzin pour sa part en est persuadé.
MG



UN BRUXELLOIS SUR QUATRE HABITE LA CAPITALE DEPUIS MOINS DE CINQ ANS
BELGA La Libre Belgique 

Plus d'un Bruxellois sur quatre installé dans la Région en 2016 y résidait depuis moins de cinq ans, ressort-il des données publiées jeudi par l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse (Ibsa).
Ces nouveaux venus sont principalement des jeunes enfants et des adultes autour de la trentaine. Les "nouveaux Bruxellois" représentaient, en 2016, 27% des 1,2 million d'habitants qui peuplaient alors la capitale, pointe l'Ibsa, qui a analysé la distribution de la population bruxelloise sur base de son domicile en 2011.
En outre, 20% de ceux qui habitaient déjà Bruxelles vivaient auparavant dans un autre quartier. Près de la moitié des Bruxellois résidaient donc dans leur quartier depuis moins de cinq ans.
Les "nouveaux Bruxellois" sont majoritairement de jeunes enfants (0 à 4 ans) ainsi que des adultes à la fin de la vingtaine et au début de la trentaine. À partir de 40 ans, leur nombre décroît. Les plus de 70 ans ne sont quasiment pas représentés.
Les nouveaux venus optent plutôt pour des quartiers du centre, proches des institutions européennes ou des universités. Ainsi, le Quartier européen est composé à 70% de "nouveaux Bruxellois" et de "déjà-Bruxellois, nouveaux dans leur quartier".
Depuis le début de cette décennie, la population de la capitale augmente en moyenne de 14.000 personnes par an, soit un accroissement annuel moyen de 1,2 %.

jeudi 25 octobre 2018

Créteil: Macron juge "inacceptable" de menacer un professeur

Par  Le Figaro.fr avec AFP 
 
Emmanuel Macron a réagi samedi soir à la mise en garde à vue à Créteil d'un lycéen soupçonné d'avoir braqué sa professeure avec une arme en demandant que soient prises "toutes les mesures" pour bannir des écoles les menaces envers les enseignants.
"Menacer un professeur est inacceptable. J'ai demandé au ministre de l'Éducation nationale et au ministre de l'Intérieur de prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis et définitivement proscrits des écoles", a tweeté le président.

Les images, terribles, tournées jeudi montrent un adolescent debout dans une salle de classe, menaçant l'enseignante avec un pistolet en lui demandant de l'inscrire "présent" et non "absent" sur la feuille de présence. L'enseignante, assise devant un ordinateur semble plus lasse que paniquée, alors qu'un certain chahut est perceptible dans la classe. Elle a porté plainte le lendemain, accompagnée de sa hiérarchie, a indiqué le rectorat de Créteil.
L'arme est un pistolet à billes "de type airsoft", a précisé une source proche du dossier.


Les professeurs dénoncent l’abandon de leur hiérarchie avec le hashtag #pasdevague
Par Camille Lecuit • 
 
Les professeurs sont nombreux à condamner l’omerta entretenue depuis des années par l’institution scolaire. Crédits photo: shutterstock
Suite à la diffusion de la vidéo du lycéen braquant un professeur, les enseignants dénoncent en masse sur Twitter l’abandon de leur hiérarchie, face à la violence en milieu scolaire.
C’est le #MeToo des enseignants. Depuis quelques jours, le hashtag #Pas de vague a été relayé par des centaines de professeurs sur Twitter, dénonçant les violences dans les établissements et le manque de soutien de leur hiérarchie.
DES TÉMOIGNAGES PRÉOCCUPANTS
Ils sont nombreux à condamner l’omerta entretenue selon eux par l’institution scolaire et les chefs d’établissement. Selon ces tweets, les élèves responsables de ces violences «sont rarement renvoyés», la direction reproche aux professeurs d’être «trop susceptibles», de «prendre les choses trop à coeur», ou de «ne pas avoir fait de rapport qui atteste des faits», empêchant toute mesure répressive.
Je fais cours porte ouverte, un élève passe dans le couloir & crie "Madame M sale pute !"
Première réaction de la Principale "Vous avez peut-être mal entendu car ce n'est pas sa version des faits"
Heureusement que j'avais une douzaine de 6e comme temoins
Un jour un élève de 3ème me pète les clignotants arrières de ma moto ! Le chef d'établissement me demande de ne pas porter plainte et le collège remboursera la réparation !
Titularisation dans un collège "qui craint". Un élève me menace physiquement alors que je lui mets un mot dans le carnet.
Après un arrêt maladie, l'inspection me convoque. "Faut se blinder un peu mademoiselle. Y a pire. Retournez travailler."
J'ai démissionné.
On m'a craché dessus et on m'a menacé de me "castagner A la sortie". Punition : aucune. Je porte plainte. CDE: "bon j'ai posé 3 jours d'exclusion, mais vous êtes dans le répressif, pas dans l'éducatif

Les enseignants déplorent aussi l’inefficacité des conseils de disciplines, lorsqu’ils ne sont pas évités à tout prix par leur hiérarchie. Le manque d’autorité dont font preuve les établissements est aussi imputé aux parents, nombreux selon ces enseignants, à s’offusquer des sanctions et à faire pression sur la direction ou l’équipe pédagogique.


Après la diffusion de la vidéo d'un élève braquant son professeur avec une arme factice dans un lycée de Créteil, la parole du corps enseignant se libère, notamment sur les réseaux sociaux. Quatre femmes directement concernées témoignent.

«Un élève a craché sur le tableau lors de mon premier cours dans un collège de Romainville (Seine-Saint-Denis)», se souvient Hélène, 35 ans, professeure d’espagnol au collège. Cette enseignante rapporte l’incident à son principal. «Ne vous inquiétez pas, vous aurez bientôt des élèves absentéistes», lui rétorque ce dernier.
Ces situations de violence dans le milieu scolaire et l’absence de réactions de la hiérarchie font surface depuis la publication, le jeudi 18 octobre, de la vidéo d’un élève pointant une arme factice sur sa professeure. À travers le hashtag #PasDeVague, de nombreux enseignants témoignent d’agressions, insultes, incivilités, restées impunies voire étouffées par leur direction. Nous avons interrogé quatre enseignantes.
Des violences et une parole remise en cause
On banalise les violences et les actes d'incivilité
Marie, 35 ans
Nathalie, 36 ans, professeure d'anglais dans un lycée professionnel en Seine-Saint-Denis, a eu le droit à un «la prof d'anglais est un sale pute» crié depuis la cour d'école alors qu'elle était dans une salle de classe. Hélène aussi a eu une variante. «Après un conseil de classe, trois élèves m'ont insultée de grosse pute», affirme-t-elle. Dans les deux cas, une fois convoqués devant le principal, les collégiens ont nié les faits. «Le chef d’établissement m’a dit que «ma mémoire auditive ne faisait pas le poids contre leur parole», rapporte Hélène. Nathalie se voit dérouler le même argument.
Remise en cause de la parole des enseignants, minimisation des faits, manque de mesures disciplinaires, les témoignages vont tous dans le même sens. Si les premières années, les jeunes professeurs se révoltent et rapportent les incidents, l'expérience les pousse à accepter de plus en plus de situations difficiles. «Au début, je n'arrêtais pas de faire des rapports, mais quand vous êtes dans le métier depuis dix ans, vous êtes blasés. On banalise les violences et les actes d'incivilité», témoigne Hélène. «On finit par accepter l'inacceptable», regrette Marie, professeur d'histoire géographie du secondaire depuis 12 ans. Si les incidents n'épargnent aucun des deux sexes, ce sont les nouveaux titulaires qui sont le plus souvent cibles d'attaques. «Jeune prof, tu prends cher. Ta première année, c'est du bizutage», résume Hélène.
«J’ai eu très peur quand un élève de troisième qui voulait sortir de classe m’a plaqué contre la porte quand j’ai voulu l’empêcher de quitter la salle», se souvient Marie. C'était dans un collège de Créteil, dans le Val-de-Marne. Elle exerçait son métier depuis quatre ans. Sur Twitter, elle explique qu’elle a porté plainte trois fois face à des actes de violence ou des menaces de la part des élèves sans jamais être soutenue par sa direction. «Que fait-on dans ces cas ? On ne peut pas réagir. On fond en larmes, on va chez le principal, mais le plus souvent il nous reçoit pas, car il n'a pas le temps. On arrive à enseigner certes, mais à quel prix», déplore-t-elle.
"On a peur qu'on nous dise que l'on arrive pas à gérer notre classe"
Parfois, la situation se retourne carrément contre les professeurs. «On a peur que l'on dise qu'on n'arrive pas à gérer notre classe», assure Jenny, 28 ans, professeur de français dans un collège en Alsace. Cette jeune enseignante affirme avoir été lynchée par toute une classe quand elle a essayé d'instaurer un dialogue avec ses élèves. «Comme il y avait un mauvais climat, j'ai essayé de leur demander ce qui n'allait pas. Ils se sont tous lâchés contre moi en disant que j'étais trop petite, qu'ils ne m'aimaient pas», se souvient-elle. Jenny s'estime heureuse d'avoir été soutenue par sa hiérarchie, mais dans d'autres cas, ses collègues ont préféré garder le silence de peur que le chef d'établissement leur reproche leur manque d'autorité.
Absence de moyens, classes surchargées, volonté de la direction de garder une bonne réputation pour l'école, les raisons de l'omerta sont multiples selon ces témoignages. «Plus un établissement fait parler de lui en négatif, moins c'est bon pour le principal», avance Marie. Pour Hélène, les chefs d'établissement sont de moins en moins conscients de la réalité du métier de professeur. «Beaucoup ne savent plus ce que c'est que de faire cours devant une classe de 25 élèves», regrette-t-elle.
Mon métier n'est pas de faire de la discipline mais d'enseigner une discipline
Hélène, 35 ans
L'ampleur du phénomène #PasDeVague les étonne autant qu'il réjouît le corps enseignant. «Cela nous permet de dire les choses que l'on gardait pour soi et permet de prendre connaissance d'un phénomène», se réjouit Jenny. Selon elle, si le regard de la société change sur la profession, les élèves auront également plus de respect pour leurs enseignants. Nathalie n'est «pas convaincue que cela change quelque chose» et regrette la réaction de Jean-Michel Blanquer pour qui le principal responsable serait le téléphone portable. Encore une fois, les enseignants ont l'impression de ne pas être entendus.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES ENSEIGNANTS ONT L'IMPRESSION DE NE PAS ÊTRE ENTENDUS. 

Ca y est, les langues enfin se délient sur un problème vieux comme l'école: la discipline.
Autrefois elle était "de fer", au fil des décennies elle s'est effritée au point de disparaître totalement dans certaines écoles.
Les témoignages des profs de France sont accablants. L'indiscipline et l'arbitraire règnent aussi chez nous dans pas mal d'établissements scolaires. Nombreux sont les jeunes enseignant.e.s qui quittent le métier avant cinq ans  de galère.  Le taux d'absentéisme de certaines écoles secondaires est affolant. Tout se passe un peu comme si l'école était la ligne de fracture entre les valeurs de la société dite d'accueil et celles des élèves surtout quand la majorité d'entre eux sont issus de cultures de la diversité. Le choc des cultures exacerbe les tensions. L'école incubateur d'intégration théorique se transforme quelquefois en théâtre de la désintégration. Celle des jeunes profs esquintés par les tensions quotidiennes, celles de leurs élèves qui s'y déconstruisent plus qu'ils ne s'y "élèvent". Il s'agit bien là d'une dynamique délétère qui mène tout droit, si on y prend garde, à la décivilisation. Or la hiérarchie qui ne veut surtout "pas de vagues" souffle sur les braises et ce faisant alimente l'incendie. L'école brûle en silence dans l'indifférence générale. Les projets de pactes d'excellence n'y changeront rien. 
Chez nous la décision est prise. Les enseignants de Wallobrux seront formés désormais à l'université, en cinq ans.
Reste à savoir si c'est la solution miracle pour sauver un enseignement moribond et surtout s'il y aura  des candidats en suffisance pour remplir le contrat dans te telles conditions. Surtout, ces enseignants  universitaires seront-ils armés contre l'indiscipline et mieux rémunérés que leurs collègues du système ancien? Les Finlandais ont choisi de payer correctement leurs enseignants parfaitement formés et minutieusement sélectionnés. Surtout ils entendent les soutenir et les respecter.
J'ai assisté vendredi dernier à la séance académique de distribution de diplômes en psychologie et sciences de l'éducation. Elles étaient des centaines en toge noire et calot de master, très peu de garçons, vraiment. Certaines arboraient le foulard sous la toque à pompon.
On peut imaginer que désormais toutes les enseignantes et quelques enseignants rempliront ces conditions pour "faire le job". Est ce vraiment une garantie que ces profs d'un nouveau style viendront à bout de l'indiscipline et surtout de l'échec scolaire?
Dans son hommage académique à feu le professeur Carette, Le professeur Rey a lourdement insisté sur la nécessité de mieux comprendre "comment nos jeunes apprennent de la maternelle à la faculté". C'est en effet le noeud du problème: comprendre comment chacun apprend et par conséquent donner priorité à "apprendre à apprendre". "Les spécialistes s’accordent à dire que tous les Plans d’excellence de la terre ne déboucheront sur rien tant qu’on n’aura pas redonné aux enseignants un statut qui les fasse respecter, rendu leur fonction intellectuellement plus captivante et offert des perspectives de carrière."  «  Si vous devez opérer un choix entre des classes plus petites ou de meilleurs professeurs, optez clairement pour de meilleurs professeurs.  » (Béatrice Delvaux)
Cela en ma qualité d'ancien chef d'école je le sais depuis longtemps, depuis des décennies, en vérité.
Mais qu'on ne s'y trompe pas. Si nous ne parvenons pas à réformer l'école nous irons droit au déclin. Le processus a commencé il y a plus de trente ans.
"C’est dans la préparation des jeunes, à laquelle tout homme doit participer, que se trouve le gage, le seul, d’un avenir où la justice et le droit dans le travail solidaire l’emporteront sur la force et l’iniquité." Ovide Decroly
Observons que les Flamands s'en tirent nettement mieux que les francophones. Leur enseignement est assurément de meilleure qualité.
Nous reviendrons dans un prochain billet sur l'importance du projet éducatif lequel stipule, en principe, quel type de citoyen nous entendons former dans nos écoles.
MG



EH NON, TOUT LE MONDE NE PEUT PAS ÊTRE PROF
  
Hausser le niveau de formation est une étape indispensable. L’éditorial de Béatrice Delvaux. (Le Soir)

Pourquoi le statut social du professeur est-il si bas en Belgique ? Parce que tout le monde est persuadé qu’il pourrait lui aussi faire le job. Tirer vers le haut le statut du professeur est fondamental. » Ce conseil était donné en juin dernier par Andreas Schleicher, l’homme qui, depuis la direction « Education et Compétences » de l’OCDE, chapeaute les fameuses enquêtes Pisa constatant tous les trois ans à quel point la qualité de l’enseignement francophone belge est très moyenne.
C’est dire si ce que propose le nouveau décret est crucial, en faisant passer la durée de la formation de tous les enseignants à quatre ans minimum et par l’université et les hautes écoles.
Bruno Dalimonte.
Les spécialistes s’accordent à dire que tous les Plans d’excellence de la terre ne déboucheront sur rien tant qu’on n’aura pas redonné aux enseignants un statut qui les fasse respecter, rendu leur fonction intellectuellement plus captivante et offert des perspectives de carrière.
Andreas Schleicher, dans cette interview à L’Echo, était catégorique. L’argent n’est pas le problème, il suffit de réallouer les moyens en fonction des bonnes priorités : «  Si vous devez opérer un choix entre des classes plus petites ou de meilleurs professeurs, optez clairement pour de meilleurs professeurs.  »
Les bons et les très bons enseignants sont évidemment déjà la règle. A chaque fois d’ailleurs que nous les interrogeons sur ce qui fait qu’ils sont devenus ce qu’ils sont, acteurs, écrivains, hommes politiques ou scientifiques citent toujours un professeur ou un instituteur qui fut crucial pour leur parcours de vie. Mais aujourd’hui, la société doit leur rendre une sorte de lustre d’antan en les réinstallant à une place haute dans la hiérarchie des métiers et des statuts sociaux.
Hausser le niveau de formation est une étape indispensable : elle permet, remarque l’expert, de professionnaliser le cursus en faisant du professeur non seulement celui qui transmet le savoir, mais aussi un bon coach, un bon mentor ou un évaluateur. Attention, met-il en garde, à ne pas confiner cette formation à l’intérieur des murs de l’université. Et de citer la Finlande où les aspirants professeurs passent beaucoup de temps à faire leurs armes en classe entourés de mentors. C’est d’autant plus crucial en Belgique où les jeunes professeurs se plaignent de débarquer, sans y avoir été préparés, dans des classes de quartiers défavorisés.

L’allongement de la durée de la formation ne peut donc être qu’un début dans ce processus de revalorisation. Il ne servirait même à rien s’il n’était pas suivi de mesures ciblant cette fois la carrière de celui ou celle qui sortira désormais de l’université. Il faut ouvrir des perspectives à ces jeunes professeurs, martèle Andreas Schleicher, en prévoyant des changements de rôle au cours de leur carrière, discutés et planifiés avec la direction de l’établissement scolaire. Il faut également planifier des bols d’oxygène libérant les profs régulièrement de leurs salles de classe durant l’année et sur la durée de leur carrière : «  Il faut leur donner de la visibilité autant que des choses à voir.  » On en est aujourd’hui très éloignés.

mercredi 24 octobre 2018

Un échevinat intergénérationnel pour briser l'isolement des seniors ?

La Libre
CONTRIBUTION EXTERNE
OPINIONS
Une opinion de Marc Guiot (né en 1947) et de David Leys (né en 1988), respectivement préfet honoraire de l'athénée Fernand Blum et avocat.

Quel incroyable levier ! L’intergénérationnel aide les seniors à transmettre leur expérience de vie, leur savoir-être et leurs valeurs. En contrepartie, les juniors les aideront à jardiner, à bricoler ou à tirer un meilleur parti de leur smartphone.
Les seniors sont de plus en plus isolés, ils ont peu l’occasion d’interagir avec les jeunes actifs. Le dialogue intergénérationnel ne serait-il pas un moyen efficace pour briser cet isolement ?
L’intergénérationnel entend stimuler des interactions sociales entre les générations et favoriser leur mise en relation dynamique en vue de faciliter l’acquisition de nouvelles compétences. Les jeunes apprennent à mieux comprendre leurs aînés, les seniors à gérer leur inclination à la dépression, à surmonter leur propension à l’isolement en se ressourçant d’énergie positive.
La dynamique intergénérationnelle aidera les seniors à transmettre leur expérience de vie, le fameux savoir-être, et leurs valeurs. En contrepartie, les juniors les aideront à jardiner, à bricoler, à tirer un meilleur parti de leur smartphone, de leur ordinateur ou de leur tablette. C’est également une manière de combler un vide pour les enfants privés de grands-parents. Surtout, l’intergénérationnel est de nature à jouer un rôle essentiel dans le soutien scolaire dont sont privés la plupart des enfants et adolescents issus de la diversité.
Un devoir citoyen
Des ASBL bien inspirées (comme Moments Partagés à Liège ou Bras Dessus Bras Dessous à Forest et Uccle) ont réussi à créer des réseaux intergénérationnels en encourageant des relations de bon voisinage et de véritables réseaux d’entraide. De jeunes bénévoles vont rendre visite ou aider les seniors. Il est réjouissant de voir des juniors et des seniors se retrouver dans un club de tennis et échanger en toute décontraction. Les voisins choisissent de consacrer une heure de leur temps à un senior en fonction de leurs envies, besoins et disponibilités.
Observons que cette mobilisation de l’intergénérationnel est loin de convaincre tout le monde. Face au papy-boom (les représentants du baby-boom ont vieilli), il serait temps de regarder l’intergénérationnel comme un devoir citoyen pour gérer mieux le tsunami argenté.
L’organiser au niveau communal
Pour lancer le dialogue intergénérationnel, ne serait-il pas judicieux de l’organiser méthodiquement au niveau communal, par exemple en créant hardiment un échevinat intergénérationnel relayé par un conseil consultatif des aînés et des jeunes réunis ? Voilà une initiative téméraire à laquelle aucune commune ne semble songer.
Pourtant, elle permettrait de prendre en compte les préoccupations de l’ensemble des aînés résidant dans une commune mais aussi de tisser des liens entre citoyens de tous âges et de faciliter une participation active à la vie communale. Un périodique, voire un site internet, informeraient des activités culturelles, sportives et de loisirs de caractère intergénérationnel organisées par la cité.
Surtout, les seniors pourraient assurer ce soutien scolaire qui manque tellement à nos jeunes issus des classes les plus défavorisées. Le tutorat senior est à préférer aux leçons particulières pour lesquelles certains parents se saignent aux quatre veines et il viendrait compléter utilement l’action des écoles de devoir.
Par ailleurs, tous les seniors n’ont pas été initiés aux technologies de l’information et de la communication et à Internet. Les communes devraient leur assurer un meilleur accès numérique. La plupart des écoles et bibliothèques communales disposent de batteries d’ordinateurs. Ces appareils sont sous-utilisés le soir, le week-end et pendant les vacances. Ils ont été financés avec de l’argent public. La plupart des communes peuvent organiser massivement des formations informatiques via leur enseignement de promotion sociale.
Pour le surplus, les communes devraient prévoir plus de maisons dites Abbeyfield(NdlR : d’habitats groupés) dans lesquelles les habitants, en ce compris les seniors, participent activement à l’organisation de la maison et s’y répartissent les tâches et les responsabilités. Cette proposition de logements adaptés aux seniors s’inscrit dans une perspective intergénérationnelle qui pourrait constituer une alternative intéressante aux maisons de repos.
Créer des crédits-temps
Les médias parlent volontiers du vivre ensemble. Mais c’est surtout le faire ensemble qui doit être organisé au niveau communal en mettant en place une bourse des savoirs et des savoir-faire. Les juniors et les seniors pourraient s’échanger des crédits-temps. Par exemple, un chèque rémunérant une leçon d’anglais peut s’échanger contre un chèque baby-sitting ; un chèque "réparation du lave-linge" contre un chèque "leçon de néerlandais" ; un chèque "préparation d’un repas" contre un chèque "récit de voyage" ; un chèque "dégustation vin" contre un chèque "je remplis ta déclaration fiscale" ; un chèque "je te rédige ton courrier" contre un chèque "je lave ta voiture", etc.
L’intergénérationnel ne rentrera vraiment dans les mœurs que lorsque des initiatives telles que celles-ci seront entreprises au niveau communal.
Elles visent à permettre aux seniors de rester jeunes, actifs et autonomes le plus longtemps possible. Les générations ne sont pas concurrentes, elles sont complémentaires. La fracture sociale culturelle, numérique et générationnelle pourrait à l’évidence être diminuée grâce à l’intergénérationnel.
Les seniors sont le capital humain caché de nos cités. Ils ont du temps et du "savoir-être", de la sagesse et surtout de l’expérience de vie à transmettre. Les aînés actifs sont le joker des communes et sont un élément essentiel de leur gestion participative.
Contribution externe


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS

Cette carte blanche fut rédigée  en cours de campagne. La Libre en a reporté la décision car les auteurs étaient tous les deux candidats. Sage décision. Il n'en demeure pas moins que cette opinion reflète les convictions de la liste MR Citoyens de Schaerbeek et en particulier celle des cosignataires. Puisse un bourgmestre avisé la mettre en pratique dans sa commune.
MG

dimanche 21 octobre 2018

Catherine Moureaux propose "le sport" pour déradicaliser Molenbeek

La Libre Belgique

Sur le programme du PS molenbeekois, qui ne dit rien sur la lutte contre le terrorisme et les réseaux islamistes, Catherine Moureaux explique que sa réponse est d’" offrir un avenir à la jeunesse" de Molenbeek pour lutter contre la radicalisation. Le sport - " un vecteur d’intégration sociale et d’émancipation" - est l’une de ses priorités.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DERADICALISER PAR LE SPORT? UN LEURRE

C'est quoi cette blague. Molenbeek est gangrenée par le communautarisme et l'influence délétère des frères musulmans qui accordent tout leur soutien à la fille Moureaux. Et celle-ci de nous faire croire qu'un peu de sport est de nature à déradicaliser une jeunesse locale en roue libre.
Toutes celles et ceux qui ont été radicalisés en rue, dans les arrières mosquées ou sur internet, l'ont été par des versets coraniques isolés de leur contexte. Le discours radical ne saurait être déconstruit que par un contre-discours coranique éthique, autrement dit par la parole libératrice d'hommes et de femmes qui connaissent leur Coran et en comprennent toute la portée morale. Il en existe quelques uns, j'en ai rencontré à Schaerbeek mais les hommes et les femmes politiques ne leur font pas confiance et les jugent dans le meilleur des cas "non représentatifs". C'est franchement grotesque.
MG


"CE N'EST PAS SIMPLE": LES TENSIONS GRIMPENT ENTRE LE PS ET LE PTB
La Libre Belgique

Le climat ne semble pas être au beau fixe entre le PS et le PTB alors que les deux partis pourraient former des alliances dans certaines villes de Wallonie.
A CHARLEROI, LE BOURGMESTRE SORTANT, PAUL MAGNETTE (PS), A RENCONTRÉ JEUDI DES REPRÉSENTANTS DU PTB. "Ce n'est pas simple", a-t-il confié au journal "Le Soir".
Le socialiste reproche aux communistes de ne pas venir avec des propositions concrètes ou d'avancer des propositions relevant davantage de la Région. "En entrant et en sortant, ils disent exactement la même chose. On a l'impression qu'ils sont toujours en campagne", ajoute-t-il, tout en précisant qu'il veut "aller jusqu'au bout des choses" à condition "qu'eux aussi jouent le jeu".
Dimanche, sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi), la réponse de l'un des représentants du PTB à Charleroi, Germain Mugemangango, ne s'est pas fait attendre. "Il y a une forme de condescendance, de mépris. M. Magnette aime bien faire le professeur", a-t-il répliqué.
Aux yeux du bourgmestre carolorégien, dont le parti détient toujours la majorité absolue, le PTB doit réaliser qu'il ne peut obtenir 100% de son programme. "Si on rédige un programme de majorité, c'est un programme aux trois quarts PS et un quart PTB", avertit-il. Réponse du PTB: "On ne veut pas être la 5e roue du carrosse pour un projet qui n'est pas le nôtre".
Les choses ne semblent pas se passer tellement mieux à Liège, où le bourgmestre sortant, Willy Demeyer, consulte les différents partis avec lesquels il pourrait former une majorité. "On est dans un poker menteur qui ne me plaît pas trop", juge le député Raoul Hedebouw (PTB).
Tant le PS que le PTB attendent de l'autre qu'il joue franc jeu. M. Magnette appelle le parti de gauche radicale à choisir sa voie, entre un mélange de poujadisme et de populisme à la manière du Mouvement 5 étoiles en Italie et le sens des responsabilités à la manière de Syriza en Grèce, de Podemos en Espagne ou des communistes au Portugal.
"Le PTB ne veut pas devenir Syriza", a tranché M. Hedebouw. "C'est un parti qui se réclame de la gauche radicale et qui applique aujourd'hui l'austérité en Grèce".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE PS NAVIGUE A VUE ENTRE LE COMMUNAUTARISME MOLENBEEKOIS ET LES SIRÈNES DU PTB

Le vieux Dehousse n'a cessé de le marteler: c'est la FGTB qui induit les coalitions en Wallonie. Or, par la voix de son secrétaire général, le bouillant Thierry Bodson, la FGTB a exprimé très clairement sa préférence pour des coalitions très marquées à gauche: PS/PTB/ECOLO;
Le PS, quand il a la main, c'est à dire presque partout, fait donc mine d'explorer par priorité la martingale très marquée à gauche: à Bruxelles, à Liège, à Charleroi et aussi à Molenbeek.
On le voit avec des succès très mitigés. Le PS n'ignore pas que qu'un rapprochement PS/ PTB, s'il devait se reproduire et s'imposer au niveau fédéral, serait de nature à rendre impossible la formation du prochain gouvernement belge.
Bart de Wever en bon Machiavel n'attend que cela pour nous imposer son rêve de confédéralisme. Danger donc.
Mg

vendredi 19 octobre 2018

Le PS est (encore une fois) sauvé par les communautés musulmanes...

..dans les communes du centre bruxellois.

Zeguendi Bruxellois non peut-etre

A quelques encablures des élections communales, comme pour lancer un SOS aux musulmans, Close prend la place de l'imam dans une mosquée de Laeken
Avant Close ce fut Moureaux qui, flanqué de son toutou Chahid,
prononça le discours du vendredi à la mosquée Al Khalil
Que ce soit à Molenbeek, Bruxelles Ville, Saint Josse et même koekelbergh, fief de la dynastie néo libérale Pivin, le PS réussit à se maintenir et même à progresser à certains endroits.
A Molenbeek, les troupes aguerries de l'islam politique qui n'ont jamais remis en cause l'allégeance et la soumission à Philippe Moureaux, ont travaillé de très près les imams des mosquées de la commune.
Les Chahid (grand khoubziste devant l'éternel et promeneur en son temps du chien de Moureaux), Daif et autre Ikazbane ont effectué à un  rythme endiablé, un travail soutenu auprès des comités de gestion des 20 mosquées molenbeekoises.
Depuis plus d'un an, ils n'ont raté aucune prière du vendredi.....notamment à la mosquée mastodonte Al Khalil. Mais pas que!
Les cafés marocains du Molenbeek dit historique, fréquentés en exclusivité par les hommes marocco-musulmans ont été pris d'assaut par les commandos du PS.
Les commerces de ces quartiers ont également fait l'objet de visites de la part des mousquetaires du vieux Mollah.
Resultat: Arrivée en tête de la fille de l'ami de Tarik Ramadan et l'échec cuisant de Schepmans.
Quant à El Khannouss, présenté par les musulmans du PS comme un traître au maître et un félon, son avenir politique à Molenbeek est désormais définitivement compromis.
A Saint Josse, Kir a remporté haut la main la compétition grâce à la mobilisation sans précédent de sa communauté turque et l'appui des associations religieuses inféodés à l'Etat turc. (Diyanet, loups gris, Suleymanji, et les autres)
Kir a recueilli plus de 3600 voix sur son nom. Ce qui veut dire en clair, que les sous marins de l'état turc en Belgique ont très bien fait leur travail
A Bruxelles Ville, les visites aux mosquées, de Close, El Ktibi et d'autres communautaristes PS ont permis à ce parti de résister face à la vague verte qui a déferlé sur la capitale.
A Saint Gilles et malgré un tassement bien visible, le PS a réussi à sauver les meubles.
Quand on s'éloigne du territoire situé à l'intérieur de la Couronne du 19 ème siècle, ghettoiseé à jamais, on est obligé d'admettre que le PS perd de son influence.
Comme à Etterbeek où Madrane, bien que ministre, n'a pas réussi à sauver la position du parti. Il ne devra sa présence au sein du Collège que grâce à la bienveillance du libéral De Wolf.
J'aurais été à la place de De Wolf, un coup de pied au c...de Madrane aurait été ma première réaction au vu du rejet du MR par le PS dans quasi toutes les municipalités de la Capitale
Il en va de même à Ixelles où le PS se tasse et perd toute prétention au maiorat qui échoit à Écolo.
A Forest, c'est la bérezina pour le PS.
A Jette, Berchem Ste Agathe et les autres communes nettement moins ghettoisées, c'est un profil plus que bas qu'affiche le parti de Moureaux.
Schaerbeek, très grande municipalité comptant un taux très élevé de Belges de souche, échappe au PS notamment pour des raisons liées à des problèmes internes au PS
Evere renvoie l'ascenseur à Vervoort pour la ligné du métro qui passera en dessous de Schaerbeek et ralliera le territoire Everois.
L'ERREUR STRATÉGIQUE DU MR À BRUXELLES.
Elle est le loin l'époque où les libéraux régnaient en maîtres sur
les communes bruxelloises.
Avant l'arrivée de Moureaux dans les terres molenbeekoises, cette municipalité constituait l'un des bastions du PRL (devenu MR par la suite).
Le libéral De Donnéa régna comme un baron sur la commune de Bruxelles Ville.
Puis Patatra!
Que s'est il passé?
Le PRL comme son successeur le MR ont oublié qu'ils sont des partis de droite......
Une droite qui a cessé de s'assumer depuis que Louis Michel inventa au début de ce siècle, un drôle de concept : le libéralisme social, brisant ainsi la ligne qu'imprima jadis Jean Gol au PRL.
Un libéralisme qui mima et continue à le faire tant à Bruxelles qu'en Wallonie, la politique misérabiliste et immigrationniste du PS.
Le décès de Jacques Simonet finira par décapiter la sensibilité droitière libérale.
A tel point qu'il est devenu difficile de distinguer entre Charles Picqué et Debouverie à Saint Gilles ou Schepmans et Ikazbane à Molenbeek, ou entre Jacques Pivin et Laouej à Koekelbergh ou entre Clerckx et Kir à Saint Josse.
Le Cdh, parti chrétien de centre droit est tombé dans le même travers.
Le MR a abandonné ses référents de droite....Il s'est complexé et a cessé de parler des thèmes qui lui sont devenus interdits par la dictature intellectualiste et "islamiste" du PS.
Des thèmes comme l'insécurité, la remise des religions à la place qui devrait être la leur: c'est à dire le domestique et le privé.
De temps à autre, des personnalités libérales, comme Miller ou Ducarme tentent de remettre les pendules à l'heure et de rendre au MR ce qui est à la droite.
Les libéraux oublient qu'au sein des communautés issues de l'immigration, il existe un grand potentiel de voix libérales et que des indépendants et des cadres émargeant à la classe moyenne ne s'identifient pas au discours PS, Ptbiste ou même Ecolo.
Nous sommes face à une droite complexée, terrorisée à Bruxelles par les chiens enragés de l'islam politique et de l'immigrationnisme réfractaire à toute volonté d'intégration.
Un débat idéologique et philosophique doit intervenir au sein de ce parti de droite à Bruxelles .
..une droite présentement constipée et craintive.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MR À LA CROISÉE DES CHEMINS?

Bravo Zeguendi (Bruxellois, non peut-être)!
Son analyse d'une belle pertinence devrait être décortiquée à la loupe par les têtes pensantes du MR en toute lucidité.
Olivier Mouton est  dur à l'égard de Reynders, très dur même mais c'est sans doute mérité. Il est tout de même révoltant que Reynders aussi bien qu' Onkelinx, tous les deux liégeois, soient en charge du destin de Bruxelles. On imagine difficilement Charles Picqué en charge de la fédération de Liège ou de Charleroi.
Constatons pourtant que le Bruxellois rebelle et rouspéteur par nature accepte sans sourciller ce genre de situation.
Mais cela ne saurait continuer rester durer longtemps.
Ceci dit, reste la question essentielle celle de la droitisation du MR (thèse de Destexhe) et/ou son éventuel virage à gauche (le libéralisme social de Louis Michel revu par  De Wolf).
C'est une question essentielle à l'aube des élections dramatiques de 2019.
Je rejoins totalement Zegendi quand il affirme: Les libéraux oublient qu'au sein des communautés issues de l'immigration, il existe un grand potentiel de voix libérales et que des indépendants et des cadres émargeant à la classe moyenne ne s'identifient pas au discours PS, Ptbiste ou même Ecolo.
Malheureusement, trop rares sont me libéraux à faire cette analyse qui pourtant s'impose.
J'avoue que j'opterais personnellement pour un libéralisme résolument interculturel et ni de droite ni de gauche et soucieux de l'environnement de surcroît. Mais voilà, ceci n'engage que moi.
MG

•ALAIN DESTEXHE
DESTEXHE APPELLE LE MR À SE "DROITISER"
Par: rédaction 7 sur 7

Quelques heures après l'invitation du député-bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf à réorienter le MR vers un libéralisme plus social, après l'échec de dimanche à Bruxelles, le député bruxellois Alain Destexhe a fait acte de candidature pour tirer la liste du MR aux prochaines régionales dans la capitale. Pour celui-ci, le Mouvement Réformateur doit, au contraire, virer plus à droite pour sortir de l'ornière.
"Si le MR ne se droitise pas, il deviendra non pertinent dans le débat politique et, comme d'autres, contribuera à la fin de la Belgique", a répliqué mercredi soir Alain Destexhe, à Vincent De Wolf, via l'agence Belga.
"D'élections communales aux enjeux locaux, certains s'empressent de tirer des conclusions pour les élections régionales, fédérales et européennes et revendiquent même fièrement une sensibilité de gauche. Alors que les défis européens, belges et bruxellois sont énormes, les mêmes les ramènent à des questions de proximité, voire de simple clientélisme politique... Oubliés les attentats du 22 mars, les Bruxellois partis en Syrie, le fondamentalisme islamiste et l'intégration ratée; le système Moureaux triomphe à Molenbeek... Faisons comme s'il suffisait de se mettre en position de faire des accords avec ce PS là", a clamé l'élu conservateur.
Avec un MR plus à gauche, "la fin de la Belgique en sera accélérée"
A ses yeux, dans toute l'Europe "de formidables questions" se posent sur la mondialisation, le commerce international, l'immigration, l'identité, l'avenir de la civilisation, le maintien de la prospérité, l'avenir du modèle social et de la planète. "Toute l'Europe est parcourue par de profondes lignes de fractures et les citoyens attendent des réponses: le débat autour de ces questions est inévitable en 2019", a-t-il ajouté.
M. Destexhe juge également que tous les indicateurs dans une Région bruxelloise en déclin sont au rouge alors que des défis sont considérables: "déclin économique relatif, chute du revenu par habitant, pauvreté, mauvaise gestion, pléthore de structures publiques, lenteur administrative, pollution, immobilité, immigration non régulée et communautarisme".
"Les réponses à ces questions ne sont certainement pas de gauche... Si le MR devient un parti de centre gauche de plus, il deviendra non pertinent dans le débat et ses électeurs, encore nombreux et dans l'attente d'une ligne claire, le fuiront... La fin de la Belgique en sera accélérée...". Alain Destexhe appelle par conséquent le MR à "ne pas se tromper de débat et de positionnement dans la perspective de 2019 et à suivre l'exemple de la N-VA qui, partie de rien, est devenue en quelques années le premier parti politique du royaume, en affirmant sans complexe ses idées", a-t-il conclu.
Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express
OPINION
"Didier Reynders n'aide pas son parti. Ni à Bruxelles, ni au fédéral"
La responsabilité du patron du MR bruxellois est énorme dans la débâcle libérale. Une certitude : le vice-Premier n'aide pas son parti. Ni à Bruxelles, ni au fédéral.
Didier Reynders © BELGA
Il suffit de lire, à peine entre les lignes, l'interview accordée au Soir ce mercredi matin par le bourgmestre d'Uccle, Boris Dilliès, qui n'hésite pas à parler de "gigantesque taule" pour le MR à Bruxelles, en regrettant que la régionale ne se réunisse jamais. Ou de décoder la sortie de Vincent De Wolf, bourgmestre d'Etterbeek, qui annonce dans La Libre une initiative pour repenser le programme du parti et ne pas reproduire les mêmes erreurs aux régionales et fédérales du 26 mai prochain. C'est une certitude : la responsabilité de Didier Reynders, président de la fédération bruxelloise du MR, est pointée du doigt dans la débâcle libérale dans la capitale aux communales du week-end passé. Pourtant, le MR avait un boulevard devant lui après les affaires qui ont secoué la ville, pour ne pas parler du manque de vision révélé par la négligence des tunnels.
En ne préservant que deux bourgmestres sur six, précisément à Uccle et à Etterbeek, et en n'étant plus que le troisième parti de la Région, le MR a atteint la cote d'alerte, à huit mois des élections régionales et fédérales. Et ce n'est pas en pointant du doigt la sociologie de la ville en mutation ou l'attitude agressive des partis de gauche que le parti sortira la tête de l'eau. C'est un travail sur le fond de la doctrine qu'il faut mener, une stratégie de renouvellement des cadres qui est nécessaire, sans oublier de cultiver les contacts avec les autres partis : autant de choses qui incombent au patron. Et qui, visiblement, ont été négligées par Didier Reynders.
Diider Reynders n'a clairement pas le temps de tout faire entre ses fonctions de vice-Premier, de ministre des Affaires étrangères en permanence aux quatre coins du monde et de président de régionale
C'est comme si le MR se retrouvait replongé, alors que l'on entame la campagne en vue de la "mère de toutes les élections", dans les affres du passé. Quand la guerre des clans déchirait le parti, au début de la décennie. Que reprochaient alors Charles Michel et les siens à Didier Reynders, président et vice-Premier ? De s'enfermer dans sa tour d'ivoire, de s'entourer d'un clan et de ne pas être performant en raison de son cumul. Que constate-t-on, sept ans après ? Les mêmes pratiques. Le numéro un libéral bruxellois n'a clairement pas le temps de tout faire entre ses fonctions de vice-Premier, de ministre des Affaires étrangères en permanence aux quatre coins du monde et de président de régionale. Nul doute que cette question-là va bientôt être mise sur le tapis. Et si elle ne viendra sans doute pas de Charles Michel directement, elle émanera, on le voit déjà, par les expressions d'autres cadres du parti. Fussent-elles téléguidées discrètement depuis le "Seize".
Il y a urgence, à vrai dire. Car l'attitude du vice-Premier ministre fédéral du MR est un des maillons faibles des libéraux francophones depuis le début de la législature, au fédéral également. Pas seulement en raison des attaques émanant de l'opposition pour son rôle potentiel - mais jamais démontré - dans le Kazakhgate. C'est surtout le manque de soutien explicite de Didier Reynders à Charles Michel qui est criante, a fortiori dans les moments difficiles, quand la Suédoise a été au bord de la crise. Lorsque Elio Di Rupo était Premier ministre, sa vice-Première Laurette Onkelinx était la première à se battre à grands cris lorsque le PS était malmené. Ici, rien. Quand Didier Reynders le fait, occasionnellement, c'est du bout des lèvres. Quand il n'est pas en visite officielle à l'étranger.
L'homme, affirment certains - sans que lui-même ne l'ait jamais affirmé - estime que la vengeance est un plat qui se mange froid. Evincé de la présidence par Charles Michel, précédé par son rival au Seize, privé de Commission européenne par la CD&V Marianne Thyssen, ce poids lourd de la politique belge a, c'est vrai, des raisons de cultiver certaines rancoeurs. On l'imaginait mener en coulisses une stratégie de reconquête. On le disait occuper à renouer des liens avec les socialistes pour récupérer le pouvoir, à Bruxelles puis, qui sait, au fédéral. Trop occupé par les fastes de ses fonctions, aveuglé par ses proches, il a raté la première étape de son plan, dimanche dernier. Et à ce rythme-là, cette stratégie du pourrissement risque bien de coûter cher au MR, le 26 mai prochain. À moins que Didier Reynders ne démente les pronostics en réussissant un score monstre dans la capitale, démontrant que l'on a plus que jamais besoin de lui. Avouons-le : ce serait du Machiavel au carré.
Mais là, en attendant, le président Olivier Chastel et le Premier Charles Michel ont bien des raisons d'être mécontents. Et de lui faire savoir.

mercredi 17 octobre 2018

Communales 2018: une victoire oui, et après?

PAR BÉATRICE DELVAUX (Le Soir)

A les entendre, ils ont tous gagné. La rengaine est agaçante car elle ne vaut vraiment à l’issue des élections communales que pour deux partis côté francophone : Ecolo et le PTB. Le tout n’est cependant pas de gagner, encore faut-il savoir que faire de cette victoire. Durant les dernières heures, c’est un procès en sorcellerie qui a été fait à ces deux partis, présentés pour le premier comme un caprice récurrent des électeurs et pour le second comme un repaire d’anarcho-communistes allergiques aux responsabilités.
Et donc ? Les deux partis disent vouloir faire de la politique autrement et amener d’autres priorités dans la gestion publique. Ils en ont la possibilité, surtout Ecolo qui exercera le pouvoir via neuf bourgmestres et la participation à des majorités de villes emblématiques dont Bruxelles. Les élections communales donnent de vraies clés d’influence. Depuis plusieurs années désormais, nombre d’économistes, d’urbanistes, de scientifiques ou de sociologues en conviennent : C’EST À PARTIR DES VILLES ET DES COMMUNES QU’ON PEUT FAIRE CHANGER LE RAPPORT À L’ENVIRONNEMENT, À LA MOBILITÉ ET À LA CITOYENNETÉ, EN IMPOSANT DES CHOIX DRASTIQUES SUR LA PLACE DE LA VOITURE, L’INTERDÉPENDANCE DES MOYENS DE TRANSPORT, LE RAPPORT AU VÉLO ET AUX PIÉTONS. Une enquête récente du Standaard montrait ainsi l’impact décisif sur la qualité de l’air, des mesures « pro-piétons » prises à Gand. En matière d’intégration également, de solidarité et de sécurité dans l’espace public, d’accès à la culture et de création de nouveaux leviers économiques, les bourgmestres ont énormément de possibles entre les mains. ON A AINSI VU À MALINES, VILLE MULTICULTURELLE, COMMENT BART SOMERS A RÉUSSI À DÉVELOPPER UN MODÈLE DE COHÉSION SOCIALE PLÉBISCITÉ
ET MAINTENANT ?
Les Ecolos sont au pied du mur. Ils vont devoir former de nouveaux édiles communaux, développer des plans de transformation de nouvelles villes, mais ils peuvent désormais s’appuyer, au niveau communal, sur des expériences de pouvoir « en vrai », comme à Ottignies-Louvain-la-Neuve et Amay : les patrons verts y ont été reconduits à leurs postes. Mais c’est clair : à l’heure où les enjeux climatiques s’imposent à nous, les Ecolos doivent faire plus que gérer le local, ils doivent en faire un levier vers les autres niveaux de pouvoir.
Pour le PTB, l’équation est schizophrénique, mais elle l’est aussi pour le PS qui veut négocier avec eux à Molenbeek, Charleroi ou Liège. Participer au pouvoir peut légitimer les ultra-rouges et faire mal au PS, comme cela peut les banaliser et faire du tort à leur popularité. Refuser d’aller dans les majorités « offertes » peut les faire passer pour des vendeurs de boniments, ou tout autant comme des gens avec des convictions qui ne veulent pas faire n’importe quoi. Chacun doit aujourd’hui prendre son risque.
Le plus insupportable pour l’électeur serait que ces négociations se perdent dans les calculs tactiques, tellement éloignés de ce que ces deux partis, vert et ultra-rouge, ont associé à leur identité. 

"PS - PTB - ECOLO : LA GAUCHE LA PLUS 'SEXY' DU MONDE ?"
Claude Demelenne
essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche

Un peu partout, les populistes percent électoralement. Sauf en Belgique francophone, où la gauche est toujours plus dominante. Le trio PS - PTB - ECOLO incarne-t-il vraiment la gauche la plus 'sexy' du monde ?
(...)En Wallonie et à Bruxelles, l'extrême droite est folklorique. Pathétique.
UN BON BULLETIN DE SANTÉ
Autre exception : un peu partout, la gauche est en crise. Pas en Belgique francophone. Les partis de gauche - PS, PTB, ECOLO - affichent un bon bulletin de santé. (...)Les scores cumulés du trio PS - PTB - ECOLO, lors du scrutin de ce 14 octobre, sont édifiants : autour de 60% à Bruxelles-Ville, Molenbeek, Liège, Charleroi, Mons, Tournai, La Louvière... Des scores variant entre 70 et 80% à Seraing, Flémalle, Saint-Nicolas. Et même 83% à Herstal, 81% à Saint-Gilles...
A l'heure où des pans entiers de la social-démocratie s'effondrent, le PS reste le premier parti francophone. Il gère les plupart des grandes villes. Malgré quelques pénibles "affaires", il n'a" pas été victime du "dégagisme" ambiant et garde son statut de parti dominant.
Survitaminés, les écologistes francophones s'imposent comme le parti vert le plus performant en Europe, avec les "Grünen" allemands. Quant au PTB, il constitue un OVNI politique. (...)
POURQUOI LE TRIO PS - PTB - ECOLO PLAÎT-IL À L'ÉLECTEUR ? Pourquoi est-il si "sexy" ? Pour cinq raisons, qui expliquent au moins en partie les succès des trois gauches francophones.
1. Des partis proches du peuple.
2. Des partis new look. (...)Le PTB a rompu avec ses références staliniennes. ECOLO a renoué avec la social-écologie, longtemps portée par feu Jacky Morael.
3.Finies, les bisbrouilles internes.
Le PS est un parti uni. C'est l'un des grands acquis de la présidence d'Elio Di Rupo Il en va de même à ECOLO, où les assemblées générales en forme de tribunal populaire pour élus - toutes les têtes qui dépassaient étaient "coupées" - appartiennent au passé. Quant au PTB, il a lui aussi réglé ses problèmes internes. La vieille garde, adepte d'une soi-disant pureté révolutionnaire, semble avoir définitivement perdu la partie.
4. A bas le sectarisme ! Il fut un temps où le PS ne voyait d'autre issue que dans un scénario de croissance pure et dure. Où Ecolo ne jurait que par les écotaxes. Et où le PTB ressassait le slogan de l'ouverture des frontières. Sur ces questions comme sur plusieurs autres, les trois partis de gauche ont ôté leurs oeillères, cassant leur image sectaire dans l'opinion.
5. Personnalisation (pas) piège à cons? Jadis réticent à personnaliser ses campagnes électorales, ECOLO a viré sa cuti. Il en va de même du PTB, passé maître dans l'art de capitaliser sur le charisme de son homme-orchestre, Raoul Hedebouw. Quant au PS, il semble disposer d'un stock inépuisable de personnalités labellisées "bêtes de scène" (et de médias), à l'instar de Paul Magnette et Philippe Close, sans doute les deux socialistes ayant réalisé, ce 14 octobre, les scores socialistes les plus significatifs, à Charleroi et à Bruxelles.
?
La gauche "la plus sexy du monde" aura-t-elle la lucidité d'unir ses forces ? 
 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

LE MR EST LA PLUS GRANDE PRÉOCCUPATION DU GOUVERNEMENT SUÉDOIS, écrit le professeur Herman Matthijs après les élections du 14 octobre.
Et de préciser que le SP.A est le grand perdant en Flandre et c'est la deuxième fois d'affilé. Groen gagne partout. Le PVDA PTB fait une percée dans un certain nombre de villes. Néanmoins, ces deux partis n'ont pas connu la percée massive d'Ecolo et de la PTB en Wallonie et à Bruxelles.
Selon Mathijs, le vainqueur de dimanche dernier en Flandre est incontestablement le Vlaams Belang ressuscité de sa mort politique.
Le MR est le grand souci du gouvernement (la  suédoise). Les libéraux francophones sont chaos après ces élections locales dans la Région de Bruxelles-Capitale. Ils passent de 13 à 6 postes d'échevin. La préférence du PS va clairement aux coalitions de gauche, en collaboration avec Défi, Ecolo et la PTB. Autrement dit un nouveau mariage politique entre MR et PS est hors de question.
Les libéraux francophones sont handicapés de par leur position de seul parti francophone au sein de la suédoise fédérale.
Un gouvernement flamand pourra vraisemblablement être facilement formé en 2019. Mais le scrutin du  14 octobre a une fois de plus mis en évidence le comportement de vote de centre-droit en Flandre par contraste avec le réflexe électoral de gauche des deux autres régions. La formation d'un gouvernement fédéral risque donc de vbattre le record de 541 jours de formation du gouvernement en 2010-2011.
Et Mathijs de conclure: "Le MR sera vraisemblablement mis sur les bancs de l'opposition à Bruxelles et en  Wallonie par  le PS à la fin mai 2019. Très affaibli par ces élections le MR est n'aura pas beaucoup de temps pour se re-profiler."

La longue campagne pour les élections du 26 mai 2019 a commencé. Record à battre : 541 jours sans gouvernement. La Belgique fédérale risque d’être ingouvernable au soir des élections générales du 26 mai 2019. Ce jour-là, il s’agira de renouveler les députés fédéraux, régionaux et européens. Autant dire que les enjeux seront énormes.