mercredi 31 octobre 2018

Merkel annonce son retrait de la vie politique pour 2021

Par   Nicolas Barotte Figaro 

Tirant les conséquences d'une nouvelle défaite lors d'élections régionales, la chancelière allemande affirme qu'elle renoncera à tout mandat politique au-delà de cette date. Elle va par ailleurs quitter, au mois de décembre, la tête de la CDU, le parti conservateur qu'elle présidait depuis 18 ans.
MERKEL RENONCE À BRIGUER SA SUCCESSION À LA TÊTE DE LA CDU
Cette décision, annoncée au lendemain d'un nouveau revers lors des élections régionales en Hesse, marque le début de la fin pour la chancelière qui régnait depuis 18 ans sur le parti conservateur.
La fin d'Angela Merkel, longtemps annoncée, vient de commencer. Au lendemain d'un nouveau revers électoral de la CDU, qui a enregistré dimanche en Hesse son plus mauvais résultat depuis 50 ans, la chancelière a fait part de son intention de ne pas se représenter à la présidence du parti conservateur lors du congrès de décembre à Hambourg. Elle a également annoncé vouloir se retirer de la chancellerie à l'issue de son mandat en 2021. La combinaison des deux fonctions, chancelière et leader de la CDU, était pourtant le socle de son autorité. Mais la contestation est devenue trop forte au sein du parti et Angela Merkel n'a plus d'autre choix pour montrer qu'elle a compris le message de colère des électeurs. Au sein du parti conservateur, qu'elle avait conquis en faisant chuter Helmut Kohl, une page de 18 ans va se tourner.

Mal réélue en septembre 2017 pour un quatrième mandat, avec seulement 33%, à la tête d'une fragile coalition mise laborieusement sur pied en mars dernier, déstabilisée par la faiblesse de ses alliés, le SPD et la CSU, qui ont aussi enregistré des échecs locaux, comme en Bavière le 14 octobre, Angela Merkel est plus affaiblie que jamais.

LA BATAILLE POUR LA SUCCESSION D'ANGELA MERKEL EST OUVERTE
Jusqu'à présent, Angela Merkel avait résisté aux assauts au nom d'un principe de stabilité.
La bataille pour la succession d'Angela Merkel est officiellement ouverte. Trois renoms reviennent pour l'instant comme candidats potentiels: Annegret Kramp-Karrenbauer, la secrétaire générale de la CDU, proche de Merkel, Jens Spahn, leader de l'aile conservatrice, Armin Laschet, un poids lourd régional, ministre président de Westphalie-Rhénanie du Nord.
Les prochains mois s'annoncent houleux pour Angela Merkel. Le SPD, plongé dans une crise encore plus grave et menacé d'être dépassé au niveau national par les Verts et la droite radicale de l'AfD, réclame une nouvelle «feuille de route» au gouvernement qui conditionnera sa participation à la coalition. Des élections régionales en ex-Allemagne de l'Est à l'été 2019, en Saxe notamment, pourraient aussi virer au cauchemar pour les conservateurs: la progression de l'Alternative für Deutschland, créditée d'un quart des voix, pourrait rendre la région ingouvernable. L'horizon de la grande coalition se compte en mois.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"AU DELA DE CETTE LIMITE LE TICKET D'ANGELA N'EST PLUS VALABLE" 

Le déclin d'Angela Merkel, annoncé depuis longtemps , vient de commencer. Au lendemain d'un nouveau revers électoral de la CDU, qui a enregistré dimanche en Hesse son plus mauvais résultat depuis 50 ans, la chancelière a fait part de son intention de ne pas se représenter à la présidence du parti conservateur lors du congrès de décembre à Hambourg. Elle a également annoncé vouloir se retirer de la chancellerie à l'issue de son mandat en 2021. La combinaison des deux fonctions, chancelière et leader de la CDU, était pourtant le socle de son autorité. Mais la contestation est devenue trop forte au sein du parti et Angela Merkel n'a plus d'autre choix pour montrer qu'elle a compris le message de colère des électeurs. Au sein du parti conservateur, qu'elle avait conquis en faisant chuter Helmut Kohl, une page de 18 ans va se tourner.
Mal réélue en septembre 2017 pour un quatrième mandat, avec seulement 33%, à la tête d'une fragile coalition mise laborieusement sur pied en mars dernier, déstabilisée par la faiblesse de ses alliés, le SPD et la CSU, qui ont aussi enregistré des échecs locaux, comme en Bavière le 14 octobre, Angela Merkel est plus affaiblie que jamais.

Jusqu'à présent, Angela Merkel avait résisté aux assauts au nom d'un principe de stabilité.
Les prochains mois s'annoncent houleux pour Angela Merkel pour la République Fédérale allemande et par voie de conséquence pour l'Europe déstabilisée par le nationalisme populiste très hostile à Bruxelles.
Le SPD, plongé dans une crise encore plus grave et menacé d'être dépassé au niveau national par les Verts et la droite radicale de l'AfD, réclame une nouvelle «feuille de route» au gouvernement qui conditionnera sa participation à la coalition. Des élections régionales en ex-Allemagne de l'Est à l'été 2019, en Saxe notamment, pourraient aussi virer au cauchemar pour les conservateurs: la progression de l'Alternativ für Deutschland, créditée d'un quart des voix, pourrait rendre la région ingouvernable. L'avenir de la grande coalition se compte en mois.
ANGELA MERKEL SE SENT LARGUÉE.
Chez les partisans de l'AfD, elle est devenue une véritable tête de Turc sur laquelle toute la rage se projette comme sur Hillary Clinton, aux Etats-Unis, à une certaine époque.
Les Verts ont le vent en poupe parce qu'ils sont évidemment politiquement en phase avec l'esprit du temps, de plus en plus affirmé dans les milieux métropolitains urbains. Mais aussi parce qu'ils ont réussi le changement de génération. Le FDP (les libéraux), quant à lui s'est réduit comme peau de chagrin.
On l'appelait volontiers  la femme la plus puissante du monde ("Forbes") C'est que Angela Merkel est à la tête du gouvernement allemand depuis 2005. Mais après les récentes élections au Bundestag à l'automne 2017, l'Euroeuphorie s'est évaporée. La coalition de trop avec le SPD n'a pas réussi à décoller. Les récentes débâcles électorales en Bavière et en Hesse ont fait le reste. "Mutti"  est à bout de souffle.
Angela Dorothea Kasner est née le 17 juillet 1954. Papa Horst est théologien protestant, la mère est professeur de latin et d'anglais. La famille d'Angela  s'installe en RDA, la futur chancelière grandit à Templin dans le Brandebourg.
Elle obtiendra son doctorat en chimie en 1986.  Sa thèse est jugée "très bonne", en revanche dans la matière obligatoire "marxisme-léninisme", elle n'est jugée que "suffisante".
La carrière politique sans précédent de Mme Merkel a commencé en 1989. En mars 1990, elle devient porte-parole adjointe du gouvernement de la RDA de Lothar de Maiziere, qui recommandera Merkel auprès du chancelier Helmut Kohl pour la formation du premier gouvernement réunifié.
En 1991, Mme Merkel devient ministre de la Condition féminine et trois ans plus tard, elle passe au ministère de l'Environnement. Son arrivée au pouvoir  confirmera Merkel au sein du parti. Elle obtient  le Secrétariat général, après la défaite de la CDU lors des élections de 1998.
Un an plus tard, les chrétiens-démocrates sont ébranlés par l'affaire du financement occulte du parti., La "fille spirituelle de Kohl" se rebelle publiquement contre le "président d'honneur". En 2000 Angela Merkel devient chef du parti CDU.
Ses détracteurs les plus virulents se recrutent majoritairement à l'étranger : dans la crise de l'euro, ses ennemis n'ont pas hésité à la comparer à Hitler. Il est vrai que face à la crise de la dette, Merkel ne jure que par la "discipline budgétaire".
En Sarkozy, Merkel avait trouvé un partenaire  européen fiable mais avec François Hollande, la coordination avec le voisin devient plus difficile. Avec Macron elle se montrera assez réservée.
Les diplomates américains jugent Merkel comme "rarement créative" et "peu encline au risque".
Merkel qui n'a pas d'enfants est mariée au professeur de chimie Joachim Sauer depuis 1998. vit à Berlin-Mitte.
.En octobre 2013, la CDU/CSU a atteint 41,45 %, le SPD 25,7 %. Merkel forme une "grande coalition" avec Sigmar Gabriel, alors leader du SPD, et Horst Seehofer, leader du CSU, après l'expulsion du FDP du Bundestag.
Depuis la crise des réfugiés de 2015/2016, Merkel est de plus en plus critiquée. Elle fut éblouissante jusqu'au fameux "Wir schaffen das" a qui a suscité le scepticisme et la retenue chez de nombreuses personnes en Allemagne.
Le bruit a couru qu'elle succèderait volontiers à Jean Claude Juncker à la tête de l'Europe. Elle sait mieux que personne que ce n'est pas "exactly a soft job".
MG 

"MERKEL VA PERDRE DE SON AUTORITÉ ET L'UE RISQUE LA PARALYSIE"
Le Vif
La décision d'Angela Merkel de se retirer par étapes de la scène politique va fragiliser l'axe franco-allemand et risque de paralyser l'UE au moment où elle est confrontée à la montée des populismes anti-européens, selon plusieurs diplomates et analystes européens.
"Merkel va avoir moins d'autorité après avoir annoncé son départ", estime Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Schuman.
- "HORS COURSE" -
Outre son retrait progressif en Allemagne, Mme Merkel a précisé qu'elle ne briguerait aucun poste dans les institutions européennes.
"Maintenant (...), plus personne ne va l'écouter en Europe. Elle s'est mise hors course d'emblée", renchérit Sébastien Maillard, directeur de l'institut Jacques Delors Notre Europe.
"C'est un coup dur pour l'Europe", analyse-t-il. La retraite de la chancelière va hypothéquer les prochains grands rendez-vous européens, notamment le sommet de décembre consacré à la question migratoire, cheval de bataille d'Angela Merkel mais qui lui a coûté cher, et à la réforme de la zone euro, deux dossiers qui divisent les Etats membres.
"Rien ne se produira probablement avant les élections européennes. Il y a un risque de paralysie", prédit Julian Rappolt, analyste pour le European Policy Center.
La Commission européenne n'est pas de cet avis. "La décision d'Angela Merkel était attendue. Elle avait prévenu et cela ne change rien", a assuré à l'AFP un de ses responsables sous couvert de l'anonymat.
La Pologne a souhaité lundi que Mme Merkel puisse aller au terme de son mandat en insistant sur son rôle "stabilisateur".
"Elle est devenue un canard boiteux, mais je ne pense pas que l'UE va sombrer dans le chaos et l'instabilité, parce que ce sera un départ très lent", estime pour sa part Sudha David-Wilp, une des responsables du German Marshall Fund, centre de réflexion européen.
Mais une période d'incertitude s'est ouverte avec la question de la succession à la tête de la CDU.
"Si c'est sa dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer, c'est plutôt une bonne chose pour la relance de l'UE", estime Jean-Dominique Giuliani. "Elle est proche de la France et très européenne. Elle sera plus active que Merkel, qui a toujours joué en fond de court", a-t-il ajouté.
"Dans ce cas, il y a encore une chance que la chancelière puisse rester en fonctions jusqu'en 2021. Sinon, l'écart entre elle et son parti sera trop grand et ce sera la fin", analyse Julian Rappolt.
Le retrait de cette personnalité qui a pesé sur la politique européenne intervient à un moment très difficile. "L'Europe traverse une grave crise interne et ses fondations sont en train de s'effondrer" avec la montée des partis populistes anti-européens, a confié à l'AFP le représentant d'un Etat membre. "Il y a très peu de leadership en Europe. La plupart des dirigeants sont en difficulté et certains pays ont même basculé", a-t-il souligné.
- "PLUS TACTICIENNE QUE VISIONNAIRE" -
Le président français "Emmanuel Macron s'est efforcé de redonner un élan, mais ses initiatives n'ont pas trouvé beaucoup de soutien", confirme Julian Rappolt.
Angela Merkel ne l'a pas aidé. "Le moteur franco-allemand n'a pas démarré parce que la France n'a jamais eu de répondant de la part de la Chancelière. Elle a toujours temporisé, toujours été sur la défensive", affirme Sébastien Maillard.
"Il serait temps que l'Allemagne dise ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas", renchérit Jean-Dominique Giuliani.
"Maintenant que son autorité est entamée, les langues vont se délier. Je pense que son bilan sera assez négatif", soutient le président de la Fondation Schuman.
Ce jugement partagé par d'autres experts devrait ternir l'image d'une dirigeante pro-européenne, attachée à la solidarité entre les 28 et à la défense du multilatéralisme face au protectionnisme défendu par Donald Trump.
Sébastien Maillard est lui aussi très critique. "J'ai du mal à mettre son nom sur un acquis européen majeur. Angela Merkel n'a jamais eu de vision pour l'Europe. Elle était plus tacticienne que visionnaire", regrette-t-il.
"Elle a eu des attitudes déplorables comme la défense des voitures allemandes durant la guerre commerciale avec le président américain Donald Trump ou celle du diesel. Elle a défendu les intérêts commerciaux de l'Allemagne sans vision de ce que cela impliquait pour l'Europe", critique-t-il. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'UE RISQUE L'IMPLOSION EN 2019 

"Maintenant (...), plus personne ne va l'écouter en Europe. Angela Merkel s'est mise hors course ", commente Sébastien Maillard, directeur de l'institut Jacques Delors Notre Europe.
"C'est un coup dur pour l'Europe "Rien ne se produira probablement avant les élections européennes. Il y a un risque de paralysie", prédit Julian Rappolt, analyste pour le European Policy Center.
C'est dire combien les élections européennes risquent de porter un coup fatal à la construction européenne avec l'irrésistible montée en force des populismes nationalistes et souverainistes sur l'ensemble du vieux continent.
"L'Europe traverse une grave crise interne et ses fondations sont en train de s'effondrer" avec la montée des partis populistes anti-européens, a confié à l'AFP le représentant d'un Etat membre. "Il y a très peu de leadership en Europe. La plupart des dirigeants sont en difficulté et certains pays ont même basculé", a-t-il souligné.
Le duo Macron-Merkel a du plomb dans les deux ailes et il peine à prendre son envol. Si cela se trouve, la prochaine assemblée européenne sera anti-européenne. Poutine, Trump et Erdogan se frotteront les mains. Mais lisez plutôt la remarquable analyse de Natalie Nougayrède dans le Guardian que nous reproduisons ici à votre intention.
MG


THE REAL DANGER TO EUROPE? THE LOST SENSE OF A COMMON CAUSE

Natalie Nougayrède
From Munich to Milan, political narratives are driving citizens into ever more separated mindsets
‘People’s perceptions have drifted very far from the European “demos” or public dreamed of by the creators of the EU.’ Illustration: Sébastien Thibault
The biggest danger facing Europe isn’t so much Brexit, or even the “populist wave” sweeping the continent. It is the depressing fact that continental Europeans seem to be losing an appetite to even try to understand one another across national and cultural boundaries. Ignoring or even provoking your neighbour has become a new normal as countries become more and more inward looking.
In recent weeks, I’ve travelled to a number of European capitals. What I picked up is that a fragmentation of minds is under way, even though so many contemporary themes, from globalisation to migration, are the common concern of all Europeans. There is particular pathos to this as the centenary of the 1918 armistice approaches. With a key European parliament election just seven months away, the psychological divisions across the continent seem to be deepening, not diminishing.
This is not just about the tensions between populist and non-populist governments. We know that two camps are pitted against one another: on one side, Hungary’s “illiberal democrat” Viktor Orbán, Poland’s nationalist leadership, Italy’s far-right strongman, Matteo Salvini; on the other, France’s Emmanuel Macron, Germany’s Angela Merkel and the Netherlands’ prime minister, Mark Rutte. This will define the looming 2019 electoral clash. What’s less explored is how, at a grassroots level, people’s perceptions have drifted far from the European “demos” or public realm dreamed of by the creators of the EU.
We have entered a phase where Europeans are encouraged to turn against one another depending on their nationalities
Of course, all politics is inevitably local. And the dizzying volatility of national politics across the continent means that it’s hard enough to keep track of what’s going on in one’s own country – let alone try to seize the complexity of what’s happening elsewhere. There’s only so much news people can consume, and what’s on offer will often depict events through a national prism: social media have the potential to connect far and wide, but by now we’ve seen ample proof that algorithms favour confirmation bias, rather than opening up minds to different takes or sensitivities. In Europe’s patchwork of separate political cultures and distinct national memories, that technological backdrop arguably has an even more polarising effect than, say, in the US.
It’s true that, as anyone travelling from Tallinn to Berlin or Vienna to Belgrade will know, linguistic barriers aren’t what they used to be: the spread of English has provided Europe with a lingua franca, especially among the younger generations. The single market, free movement and the Erasmus student programme have helped millions become more aware of others across cultural boundaries. But those trends of convergence risk being outpaced by political narratives that seek to drive citizens into ever more separated national mindsets.
A few weeks ago, during a debate on Europe in Vienna’s Burgtheater, I made the point that the Austrian foreign minister Karin Kneissl’s association with the far-right Freedom party embodied precisely the danger Europe faces: the go-it-alone message and the danger of democratic backsliding that comes when xenophobic nationalist parties gain power. Sitting on the panel, Kneissl responded by criticising France for its failure to pull its weight by attending enough EU meetings; in other words, by attacking the country I’m from rather than by addressing the issue at hand. Of course, politicians with connections to nativist parties will easily ascribe one person’s opinion to their origins or their passport. Still, it was striking that a government minister whose country currently holds the presidency of the European council would seek to disqualify someone’s point of view by referring to that person’s identity or place of birth.
Something even more worrying is at work in Italy, whose leadership is fast taking the country back to something akin to neo-fascism (its deputy prime minister, Salvini, likes to quote Mussolini). Italy’s drift does not just create headaches for the EU as an organisation, it also sets the stage for growing popular resentment against other Europeans. Having come to power by stigmatising African and Muslim migrants, Salvini’s League has shifted to yet one more target: French and German opposition to Italian budget plans.
Historical resentments that were thought to be long forgotten are bubbling back to the surface. The Brexit conundrum hardly features in the daily preoccupations of continental Europeans, but what does get noticed is how some of the British discourse has started depicting the French as an arch-rival intent on creating as much pain as possible for Britons in their negotiation with the EU. Meanwhile in Poland, anti-German rhetoric is a regular feature of the ruling nationalist party’s narrative – complete with renewed calls for German second world war reparations. To think none of Europe’s intergovernmental squabbling trickles down to grassroots perceptions is perhaps naive.
The popular anger that populists feed on now seems to be deliberately channelled towards a growing list of targets, smoothing the path for what could amount to a European psychological “civil war”. Look at the chronology of recent years: first populists lashed out at the single currency and policies attached to it (Germany’s far-right AfD initially grew out of this in 2012); then came the targeting of migrants (the 2015 refugee crisis was a boon for extremists).
Populism is not the whole story – European politics is rewiring itself
Now we seem to have entered a phase where Europeans are encouraged to turn against one another, depending on their nationalities. Italy’s and Austria’s far-right governing parties may see eye to eye on many European issues, but that has not prevented the two countries from recently reigniting an old dispute over the region of South Tyrol. The paradox, of course, is that not since the end of the cold war have Europeans been confronted with a such a common set of shared challenges: Russia’s aggressiveness, Trump’s disparaging of alliances, climate change, migration, unregulated globalisation, the impact of the technological revolution: you name it. Five hundred million people living within a bloc that proclaimed in 1991 the advent of “EU citizenship” have arguably never shared such an intertwined destiny.
But the problems get discussed within national borders, far more than in cross-cultural or cross-regional ways. The hope is that next year’s European parliament election will open up a continental debate but it may be a long shot. One recent analysis, published by the Brussels-based Carnegie thinktank, warns that by creating a climate of fear, populist parties fuel “xenophobia toward other Europeans”, not just toward people coming from further afar. And there is no such thing as a widely used European public service media organisation that might help bridge perceptions.
The European project was created not only to secure peace among nation states, but to act as an antidote to hostility among its peoples, misunderstandings between them, and sheer ignorance of what neighbours care about and why. In his book Europe: A History, Norman Davies noted that with the transformations of 1989 (it will be the 30th anniversary next year), “the frontiers were open, and minds were opening up with them”. Now is the time to make sure minds aren’t closing up again.
• Natalie Nougayrède is a Guardian columnist






.

Aucun commentaire: