samedi 27 octobre 2018

Olivier Chastel au «Soir»: «Le PS et Ecolo ne mesurent pas le danger du PTB»


Olivier Chastel met en garde contre tout dialogue avec l’extrême gauche. Et dévoile sa stratégie pour relancer le MR.

Le président du MR revient sur les résultats « contrastés » de son parti aux communales et provinciales, mais n’oublie pas le PS et Ecolo. Ils ont ouvert un dialogue avec le PTB ? « C’est très inquiétant pour la démocratie », tranche Olivier Chastel. « On ne m’enlèvera pas de l’idée que l’origine du PTB, sa revendication marxiste-communiste, tout cela représente un danger. » Le libéral met donc en garde: « Ceux qui parlent avec le PTB ne mesurent pas le danger que représente l’extrême gauche. Je pense que la manœuvre du PS est dangereuse, mais que dire d’Ecolo qui, ici et là, accepte ou a accepté de se mettre autour de la table? Un parti qui ne veut même pas se définir de gauche ou de droite et qui fraye avec le PTB ! J’attire l’attention de tous les électeurs qui ont rejoint Ecolo, et je leur dis : je suis terriblement inquiet de la dérive de ce parti ».
Voilà pour les adversaires. Mais concernant le MR, avec le recul d’une dizaine de jours depuis le 14 octobre, Olivier Chastel nuance sa première analyse du scrutin. «  Je l’ai dit le lundi midi et ne change pas d’analyse : nos résultats sont assez contrastés, nous dit-il. Mais nous devons tirer les enseignements d’un tel scrutin. Mon sentiment est un peu mitigé, puisqu’on a une difficulté à convaincre plus d’électeurs dans les grandes villes, spécifiquement à Bruxelles. Nous devons analyser la sociologie des grandes villes, la qualité de notre message, nous sommes en train de le faire. Je n’ose presque plus le dire, car on me reproche d’être dans le déni, mais le MR n’a jamais eu autant de bourgmestres (103), de majorités (66) et a un nombre d’élus (1.500 élus) et de majorités (170) similaire à 2012. On a donc gardé une forte implantation locale. Ce qui n’enlève rien au fait qu’on doit sans doute penser un peu différemment dans les grandes villes. »
Le lendemain du scrutin, il parlait d’«  excellent résultat  » en Wallonie et de « stabilisation  » à Bruxelles. Etait-ce la bonne communication ? «  Je n’ai pas dit que tout allait bien en Wallonie. Je ne sais pas si c’était la bonne communication, mais c’est le ressenti que j’en avais le lundi midi. Je n’enlève rien à ce que j’ai dit. Dix jours plus tard, mon impression est un peu plus contrastée. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"NOUS DEVONS ANALYSER LA SOCIOLOGIE DES GRANDES VILLES" 
Q
On ne peut pas dire que l'analyse du président du MR soit subtile.
J'ignore si ce libéral wallon habite à Bruxelles mais à l'évidence il n'entend pas grand chose à la sociologie de cette ville, la plus cosmopolite au monde après Dubai. On aimerait entendre sur ce sujet le Liégeois Didier Reynders, patron de la fédération bruxelloise mais, très curieusement, il se drape dans le silence.
Pour mémoire, le dialecte bruxellois y est devenu une langue morte: les derniers descendants de Bossemans et Coppenolle croupissent dans les homes où gisent dans les cimetières.  Bruxelles  brusselait autrefois mais cela est fini, bien fini. En revanche on y parle des dizaines de langues car la majorité des habitants sont venus d'ailleurs. Bruxelles est devenue une ville de nomades comme le montre l'article de la Libre qui suit. Les "nouveaux Bruxellois" comme les appelle La Libre ne sont pas naturellement enclins à voter MR. Les nouveaux Bruxellois sont jeunes et les jeunes ont le sait sont très préoccupés par la problématique de l'environnement dont se soucie fort peu le MR actuellement. Surtout, la proximité MR/N-VA au niveau fédéral insupporte une majorité de Bruxellois. Quant à la poussée du PTB qui préoccupe tellement Chastel, elle constitue un vote sanction à l'endroit du PS, lequel rompt partout les négociations avec le PTB après avoir fait mine de se rapprocher de lui.
De Wolf, le bourgmestre MR d'Etterbeek a plaidé pour un retour au libéralisme social (virage à gauche) et Destexhe a recommandé un virage sécuritaire à droite. Schepmans (Molenbeek) et Pivin (Koekelberg) ne disent rien.  Ce qui semble évident c'est que le nouveau paysage  sociologique de la capitale est très peu favorable au MR.  Le gros problème c'est que  "Les libéraux oublient qu'au sein des communautés issues de l'immigration, il existe un grand potentiel de voix libérales et que des indépendants et des cadres émargeant à la classe moyenne ne s'identifient pas au discours PS, Ptbiste ou même Ecolo." (Zeguendi).
Cela, il y a des années que nous le répétons mais à l'évidence
rares sont les libéraux à faire cette analyse qui pourtant s'impose.
Le Schaerbeekois Georges Verzin pour sa part en est persuadé.
MG



UN BRUXELLOIS SUR QUATRE HABITE LA CAPITALE DEPUIS MOINS DE CINQ ANS
BELGA La Libre Belgique 

Plus d'un Bruxellois sur quatre installé dans la Région en 2016 y résidait depuis moins de cinq ans, ressort-il des données publiées jeudi par l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse (Ibsa).
Ces nouveaux venus sont principalement des jeunes enfants et des adultes autour de la trentaine. Les "nouveaux Bruxellois" représentaient, en 2016, 27% des 1,2 million d'habitants qui peuplaient alors la capitale, pointe l'Ibsa, qui a analysé la distribution de la population bruxelloise sur base de son domicile en 2011.
En outre, 20% de ceux qui habitaient déjà Bruxelles vivaient auparavant dans un autre quartier. Près de la moitié des Bruxellois résidaient donc dans leur quartier depuis moins de cinq ans.
Les "nouveaux Bruxellois" sont majoritairement de jeunes enfants (0 à 4 ans) ainsi que des adultes à la fin de la vingtaine et au début de la trentaine. À partir de 40 ans, leur nombre décroît. Les plus de 70 ans ne sont quasiment pas représentés.
Les nouveaux venus optent plutôt pour des quartiers du centre, proches des institutions européennes ou des universités. Ainsi, le Quartier européen est composé à 70% de "nouveaux Bruxellois" et de "déjà-Bruxellois, nouveaux dans leur quartier".
Depuis le début de cette décennie, la population de la capitale augmente en moyenne de 14.000 personnes par an, soit un accroissement annuel moyen de 1,2 %.

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