samedi 13 octobre 2018

SCHAERBEEK, CITÉ DE TOUS LES POSSIBLES



SCHAERBEEK OU BIEN RIEN
en guise de conclusions d'une longue campagne 


Schaerbeek fascine par sa régénérescence, sa complexité et ses paradoxes.
Son évolution entre ville et campagne au dix-neuvième siècle, son essor urbain avant la première guerre mondiale, son déclin après 196O et son passage à l’extrême droite, 10 ans avant Toulon ou Orange n’aura pas été fatal à son évolution.  On l'a échappé belle.
Désormais, la Cité des ânes, des artistes et des écoles s'est régénérée grâce au retour des valeurs démocratiques (après l'épisode nolsiste), au volontarisme des Schaerbeekois et surtout au dynamisme d’une population jeune et pluriethnique.
Désormais, la partie se joue entre le bastion intégriste (islamistes et extrême droite) et le bastion humaniste  (les démocrates de toutes farines): comme l’Europe tout entière, Schaerbeek sera interculturelle ou ne sera pas !
Nous préconisons un surcroît d’audace. Soyons de bon compte, il n'y a pas que le trafic et le parking en rue qui posent problème à Schaerbeek comme nous le font croire les medias et la RTBF en particulier. 
Posons des actes forts et symboliques qui frappent les esprits, tels que  l'animation du mythique parc Josaphat magnifiquement rénové, assurons le retour tant attendu de la propreté dans les rues et les espaces publics mettons en place d'une politique de cohésion sociale fondée sur une priorité aux logements pour tous, à un enseignement de qualité adapté aux besoins de chacun, à un redéploiement des activités sportives et au dialogue interculturel et intergénérationnel  capable de jeter des ponts entre tous les citoyens. Ce n'est pas rien mais on en parle peu, trop peu selon nous. 
La cité des ânes a besoin d'un nouveau contrat citoyen, incarné par un Collège qui les rassure par son bon sens et son goût de l’innovation, par sa vision téméraire. Une vision ambitieuse pour les dix ans qui viennent, c'est exactement ce qui manque à Schaerbeek.
L’interculturel au sens large et l'intergénérationnel sont le dessein qui fera décoller Schaerbeek et l’élèvera au rang d’exemple pour toutes les cités d’Europe, y compris de l'Autriche, l'Italie ou la Hongrie radicalisées, la Bavière et  la Flandre profonde tétanisées par leurs démons identitaires.
Schaerbeek n’est pas encore à la mode comme Ixelles ou Saint-Gilles, quoi qu'en dise son bourgmestre actuel.  Cela ne saurait plus tarder. Le dialogue interculturel préconise la rencontre des multiples cultures qui bouillonnent dans le laboratoire de tous les possibles qu’est le Schaerbeek d’aujourd’hui. 
Nous entendons réunir pour réussir, réunir le haut et le bas de Schaerbeek, réunir les générations et les cultures, la droite et la gauche dans un programme inspiré d'une vision de salut public.

LE LABORATOIRE DE TOUS LES POSSIBLES
Il y a la culture des jeunes qui se cherchent dans les théâtres d’essai, les studios d’enregistrement ou plus simplement dans la rue,  ensuite la culture des anciens nourrie par leur vaste mémoire. Puis vient la culture rouge sociale et égalitaire et la verte culture de tous les défenseurs de la chlorophylle et la culture bleue pragmatique réaliste. Enfin, cerise sur le gâteau, la culture fraternelle arc-en-ciel, couleur de la nouvelle alliance citoyenne symbiose et synthèse des précédentes. Il ne faut pas oublier la culture économique innovante qui bouillonne ; dans le tissu des entreprises de communication et d’information qui font de la vallée du Maelbeek une silicone valley en devenir, la culture en mosaïque du tissu associatif, la culture audacieuse des Halles de Schaerbeek et des petits théâtres qui pullulent en silence, la culture des artistes photographes, peintres, graphistes, gens d’images, de son et des lettres qui recherchent la vallée du Josaphat pour son climat stimulant et enfin celle des laboratoires de nouvelles idées autour de Georges Verzin ? 
Les mélodies raï, rap, hip hop, nous habituent à des sonorités inouïes comme les rôtisseries grecques, turques, bosniaques et italiennes nous ont habitués à des saveurs nouvelles. Nous mangeons interculturel depuis des décennies, apprenons à penser, communiquer et agir de même. C'est un pas essentiel mais difficile à franchir.
Surtout commençons par communiquer interculturel tout en demeurant bien campés dans notre bonne langue française et notre identité de Schaerbeekois, arrimés au passé par la mémoire du folklore du temps des ânes, de celui des artistes du faubourg schaebeekois et de notre héritage européen.
A Schaerbeek, tout existe ou presque, côte à côte. Enfermés dans des ghettos étanches ethniques mais aussi sociaux, culturels, économiques,  idéologiques. Tout coexiste somme toutes assez pacifiquement.
Il nous manque un enchanteur Merlin ou une fée Morgane capable de faire communiquer tous ces mondes, toutes ces monades entre elles et de créer le mouvement, un mouvement d’engrenages de synergies, de symbioses interculturelles, inter sociales, inter ethniques, inter générationnelles, interconvictionnelles.
Imagine-t-on quelles formidables énergies vont libérer ces réactions en chaîne d’un genre nouveau ?
Demain, ce nouveau modèle schaerbeekois que nous proposons fera école et s’en ira nourrir d’autres cités, comme autrefois les produits de la terre schaerbeekoise transportés à dos d’ânes cheminaient vers le grand marché par les chemins sablonneux qui conduisaient à la capitale du pays, devenue depuis, capitale de l’Europe.
Pour affronter la complexité de la cité moderne, il faut de l’audace, de l’innovation et du courage politique. Etre audacieux c’est sortir de la politique stérile et dispendieuse du chaque échevinat pour soi, pour la remplacer par une politique globale et cohérente d’un collège d’échevins et bourgmestre soucieux de la gestion de la complexité et de la promotion de ce qui nous intéresse tous : le cadre et la qualité de la vie.
Le collège doit apprendre à fonctionner collégialement. Il doit cesser de se vivre comme une addition d’individualismes jaloux.
Il est temps et indispensable d'élaborer une stratégie globale, une véritable politique de la cité en dehors de laquelle on ne résoudra rien dans le long terme.
Tout se tient, tout est lié. L'insécurité se développe dans les zones les plus délabrées, les plus négligées, là où le décrochage scolaire, le chômage, la misère sont à leur comble.
Schaerbeek a besoin d’une politique volontariste, visant à la régénérer en améliorant globalement la qualité de la vie. Car la politique c’est d’abord penser aux autres, c’est promouvoir la qualité de la vie, les fraternités, les solidarités actives. Et c’est là le moyen le plus efficace de contrer tous les extrémismes. Reste à savoir comment s'y prendre...

VIVRE À SCHAERBEEK : CADRE DE VIE ET QUALITÉ DE LA VIE
Schaerbeek a besoin d’un contrat de citoyenneté, une forme de civisme actif et responsable qui lutte contre les nuisances et préconise une société plurielle, tolérante s’opposant à toute forme d’intégrisme de quelque nature qu'il soit aussi bien de caractère islamiste/ salafiste que de la droite extrême.
Nous suggérons que la commune prenne l’initiative de transformer la maison des Arts avec son charmant estaminet pour en faire une maison des cultures et accueillir régulièrement des créateurs de tous bords. Elle travaillera sinon en synergie avec les Halles de Schaerbeek et pourquoi pas le Botanique et le Kriekelaar, du moins en collaboration étroite avec la maison Autrique et le centre culturel de la rue de Locht, laboratoires potentiels de l’expression artistique d’avant-garde.
Les centres Pater Baudry, la cafétéria et les salons du Neptunium, s’efforceront de promouvoir les relations intergénérationnelles afin que nos juniors apprennent à apprécier nos aînés et cessent de les regarder comme des « petits vieux séniles », afin que les seniors appréhendent les jeunes autrement que comme les « crapuleux de leur stroche ».
L’église Royale Sainte-Marie, financée par tous et actuellement honteusement sous-utilisée, pourrait être transformée en centre culturel inter religieux ouvert à tous sans discrimination aucune. On y organiserait des expositions, débats, concerts, rencontres et autres évènements qui réuniront des chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, libres penseurs qui autrement ne se seraient jamais rencontrés. Et la mobilité me direz-vous, et le parking, cette plaie majeure? Ce n'est pas la peine de rêver: personne a court terme  n'a la solution, ni le bourgmestre et ses alliés, ni l'opposition. En revanche sur le plan de la qualité de vie, il y a énormément à faire et la majorité, très sûre d'elle même s'endort sur ses lauriers

UN ÉTAT D'ESPRIT
Schaerbeek va mieux. C'est indéniable. Elle s’est rénovée en profondeur. Les habitants eux-mêmes s’y sont mis. Tous ces efforts contribuent à renforcer la sécurité.
Mais en matière de sécurité, rien ne se fera d'un coup de baguette magique.
Une politique globale (urbanisme, éclairage, lutte contre les chancres, enseignement, parcs publics) couplée à des synergies entre le monde associatif, le public et le privé peut contribuer à restaurer un climat de sécurité
Davantage de dialogue et de convivialité - entre les générations, classes sociales, cultures et groupes ethniques par exemple - contribuerait à combattre la peur et à réduire les tensions et l'isolement. Cela exige de chacune et de chacun un effort considérable.
Ainsi et seulement ainsi pourront se créer entre Schaerbeekois de tous âges et de tous horizons, les solidarités qui font si cruellement défaut dans notre société actuelle.
Nous sommes partisans d’une police de proximité et une police citoyenne respectueuse des droits de l’homme et qui s’efforcera de se mettre dans la peau du citoyen et d’analyser ses attentes. La police est la garante des droits et des libertés fondamentales de l’individu.

POPULATION- LOGEMENT – URBANISME
Si Schaerbeek m'était conté
Comme Saint-Gilles, Ixelles ou Saint-Josse, Schaerbeek fut jusqu’au milieu du dix neuvième siècle un village rural. Il comptait alors plus d’ânes que l’ancienne église Saint Servais ne comptait de paroissiens. Cela, c’était le Schaerbeek un.
Notre commune a connu ensuite une période d’urbanisation intensive et de splendeur, particulièrement entre 1893, début de l’Art nouveau, et 1950, époque au cours de laquelle la bourgeoisie bruxelloise a définitivement quitté le centre de la ville, pour s'installer au-delà des remparts, et singulièrement dans le "poumon vert schaerbeekois".
Notre commune était autrefois tellement verte, qu'elle devint le "faubourg des artistes". Elle attira au milieu du 19ème siècle des créateurs pionniers, surtout des peintres et quelques littérateurs séduits par la présence sur son sol de vastes jardins, de vergers, qu'on pouvait acheter ou louer à prix modéré.
Très rapidement, Schaerbeek fut ensuite l'objet d'une spéculation foncière effrénée, et les artistes, contraints de quitter leur cité, ont cédé la place à une population plus bourgeoise, laquelle a voulu rivaliser de fastes, singulièrement dans la conception des façades.
On considère que plus d’un tiers du budget total d’une maison était consacré à l’enjolivement de la façade, laquelle était l’objet de concours extrêmement célèbres auxquels participaient des architectes, tels que Victor Horta, Gustave Strauven ou Henri Jacobs. A cette époque, il s'édifia à Schaerbeek un patrimoine immobilier d'une qualité exceptionnelle et presque miraculeusement préservé, comme le sublime parc Josaphat.
C’est ce que nous appellerons le Schaerbeek deux.
Ce Schaerbeek-là a été pensé, dessiné et tracé en rase campagne par des urbanistes de génie commandités par des hommes politiques visionnaires. Cette cohérence urbanistique demeurée intacte fascine encore aujourd’hui par son esthétique, sa rigueur et sa franche beauté.
On n'a jamais tant rêvé de la ville et de sa poésie que depuis quelques années. Il n’y manque plus, somme toute, qu’un bon plan de circulation draconien avec quelques piétonniers bien situés par exemple le long du parc Josaphat. On peut rêver deux jours avant le scrutin.
Correctement reliée au réseau autoroutier, ferroviaire et aérien du pays, notre commune a toujours constitué un emplacement idéal aussi bien pour les Schaerbeekois que pour les nombreuses sociétés petites ou grandes qui s’y installent.
Vivre à Schaerbeek permet d’économiser un temps précieux habituellement dévolu aux traditionnelles navettes ; temps que l’on pourra consacrer à sa famille, à son travail, aux autres ou plus simplement au développement de soi.
Les jeunes se plaisent à Schaerbeek et rénovent avec amour et goût d'anciennes demeures, appartements, lofts, ateliers en espaces de vie confortables, séduisants et souvent originaux. Ils apprécient l'animation des marchés, les petits bouchers, boulangers, verduriers… qui leur permettent de se nourrir et de se vêtir à moindre frais et ce qui ne gâche rien, vivre à Schaerbeek permet de se déplacer à pied ou à vélo et rend totalement inutile l'achat d'un véhicule. Malheureusement, les petits commerçants ne sont guère chouchoutés par nos édiles. Au contraire, ils sont soumis à toutes sortes de tracasseries administratives qui leur pourrissent tellement  la vie que beaucoup désertent la commune pour aller s'installer notamment à Evere. C'est un vrai drame et la majorité semble s'y désintéresser avec  une arrogante superbe.
Les prix de l’immobilier explosent dans la Région bruxelloise et à Schaerbeek en particulier. Que doit faire un jeune ménage schaerbeekois s’il veut se loger de façon décente et le cas échéant acquérir un logement ?
Bruxelles souffre d'un manque chronique de logements moyens, de logements sociaux et de logements publics. Il est impératif de rattraper ce formidable handicap. Sur les 19 communes, on compte en moyenne 30 % de bureaux vides. Demain, il faudra convaincre les promoteurs à les transformer autant que faire se peut en logements pour  multiplier l’offre de logements sur Bruxelles qui manque de terrains à bâtir. Cette politique de logement et d’urbanisme est de nature à renforcer la cohésion sociale
Si vous vivez dans un quartier déstructuré sans convivialité  votre qualité de vie s’en ressent. « Construisez nous des logements où nos enfants puissent étudier »,  disent les familles. Pas si simple d’assurer ce type d’intimité face à la propagation du bruit : surtout, cela a un coût et même les moyens budgétaires de le Région bruxelloise ne sont pas illimités et il demeure une tranche de population précarisée qui a beaucoup de mal à se loger.
Pour retenir les habitants il conviendra également de mener des actions volontaires pour préserver notre cadre de vie.
Il est essentiel que la nature conserve sa place dans la ville. Il s’agira de préserver les jardins qui constituent les intérieurs d’îlots et faire respecter la réglementation urbanistique qui interdit de transformer les petits espaces verts devant les habitations en parkings privés.
L’urbanisme et la qualité de la vie sont les meilleurs atouts pour donner à Schaerbeek un rayonnement européen. 

CULTURE – INTERCULTUREL
Le maillon faible de notre commune, demeure l’absence d’une véritable vie culturelle nocturne telle que l’on peut l’observer dans les communes qui donnent le ton.
Tout le monde le dit, on s’ennuie comme un rat mort à Schaerbeek une fois le soir tombé.
Faire vivre culturellement Schaerbeek le soir, ranimer sa vie nocturne par une politique sportive, culturelle et de promotion de la formation permanente c’est restaurer un climat convivial, de sérénité donc de sécurité pour tous.
Investir dans une politique de loisirs actifs et valorisants  selon une dynamique intergénérationnelle permettra aux citoyens de se construire et de développer au maximum leur meilleur potentiel.
Il s'agit là d'un projet audacieux mais les acteurs, créateurs, animateurs et aussi les lieux propices à de telles initiatives (préaux d'écoles, maison des arts, maison communale, centres culturels, bibliothèques…) ne manquent pas.
Il conviendra, dans cette vaste entreprise, de ne surtout pas négliger l’interculturel c’est-à-dire les multiples visages des cultures maghrébines, turques, balkaniques bref méditerranéennes. Toutes ces cultures coexistent mais ne communiquent que trop rarement, voire pas du tout entre elles. C'est précisément cela qu'il convient de changer. Quel défi!
Schaerbeek se doit de jeter des ponts, d’établir des traits d’union entre ces foisonnements multiculturels en vue de promouvoir une véritable démarche humaniste suscitant le dialogue des cultures, bref d’initier enfin l’interculturel. Tous les éléments permettant de déployer cette politique culturelle sont en place. Il manque juste cette petite étincelle qui est la marque de fabrique de la liste Verzin.
Les lieux ne manquent pas mais ils ne vivent pas. Il faudra les animer afin d’entraîner une dynamique intergénérationnelle, interculturelle voire même inter religieuse. J'écris ceci devant une tasse de café dans un sofa confortable de la laiterie du parc Josaphat. Une subtile lumière d'automne éclaire le feuillage roussi des platanes mordorés du parc si bien dessiné par Gallopin en 1901 et qui est aujourd'hui à sa plénitude. Le personnel est, comme le public originaire de la diversité. La musique est cubaine, la carte est exotique mais pas assez à mon gré. Un nouvel incubateur interculturel serait-il en train de naître ici?
Construire une société plurielle, tolérante, interculturelle, c’est lutter contre tous les intégrismes. Fondamentalement, c’est le contraire de l’intégrisme. New York, Londres, Paris et surtout Berlin et Marseille nous montrent l’exemple. L’interculturel est un formidable gisement culturel.
A l’instar de la politique sportive, la politique culturelle constitue un véritable levier pour transformer notre commune et contribue largement à améliorer la qualité de la vie et l’art de vivre des Schaerbeekois. Cela, le Collège sortant ne l'a pas vraiment compris.
L’identité bruxelloise n'est-elle pas traversée depuis des siècles par le levain interculturel ? Pour qui vit Bruxelles au quotidien, ceci est devenu une évidence tant pour les ambiances urbaines, les couleurs musicales, les saveurs culinaires, esthétiques, et artistiques. Tout à Schaerbeek participe de cette  dynamique à laquelle les jeunes qui se rencontrent dans les écoles, sont particulièrement attachés. Chacun d’entre eux est entraîné par cette interaction permanente jusque dans ses plus petits gestes quotidiens.
Schaerbeek a beaucoup changé et c’est tant mieux, n’en déplaise à ses détracteurs nostalgiques du temps où la capitale brusselait.
Il s’est créé au cours des quinze dernières années un véritable bouillon des cultures. La culture ne va pas vraiment de soi, le dialogue entre les cultures encore moins. Il faut commencer jeune très jeune.
Fondamentalement, les jeunes ont envie d’être pris au sérieux, d’être écoutés lorsqu’ils expriment leurs envies, leurs craintes, leurs enthousiasmes. Ils demandent à participer à l’organisation de l’école, à la vie des quartiers et à la gestion de la cité.
Ils revendiquent le droit à la qualité des loisirs, le droit de s’éclater sur des terrains de sports dignes de ce nom, le droit de disposer de lieux de qualité où se réunir en toute sécurité. Certes ils y ont droit, mais ces droits impliquent des devoirs : le devoir de se comporter en citoyens responsables et respectueux des autres, de l’environnement et des lieux publics.
Qu'on le veuille ou non les choses ont changé : les parents sont moins disponibles, la rue est devenue moins sûre et les loisirs de plus en plus envahissants. Désormais beaucoup de jeunes, livrés à eux-mêmes sont confrontés aux pièges de la violence, de l'alcoolisme, de la drogue et du désœuvrement.
Lorsque la société, ses institutions et le secteur privé ne parviennent plus à inclure, un autre modèle sociétal prend le relais : la bande contrôlée par des petits chefs manipulés par des trafiquants de seconde zone eux-mêmes encadrés et récupérés par des structures bien organisées de caractères mafieux . Voilà qui constitue un terreau redoutable et je ne parle pas de la tentation radicale.
Beaucoup reste encore à faire en matière de rénovation et de création d’infrastructures sportives dignes de ce nom.
Il faut valoriser et faire connaître la « culture jeune ».
Nous préconisons les ateliers d’écriture, le théâtre pour et par les jeunes, nous préconisons  des mosquées, églises, temples, synagogues et autres maisons de la laïcité ouvertes au dialogue, à la communication interculturelle, interreligieuse, interethnique. Ouvertes à la musique, à la critique, aux débats, bref à l'échange.
Il ne s’agit pas de renvoyer les jeunes dos à dos mais bien de les réunir autour de projets qui les concernent et dans lesquels ils apprennent à respecter l’autre, sa culture, sa différence, sa religion. 
 
C’est cela le défi interculturel et le pari intergénérationnel.
C’est cela le pari schaerbeekois pour demain et non pas le discours exclusivement sécuritaire.
C’est en effet à la commune qu’il appartient de prendre des initiatives d’abord pour que les jeunes s’épanouissent sur son territoire, dans ses écoles, ses installations sportives, culturelles et de loisir, ensuite pour qu’enfin ils se rencontrent et sortent de leurs ghettos. 

ENSEIGNEMENT : RIGUEUR ET CRÉATIVITÉ
L'enseignement communal schaerbeekois fut de tout temps un enseignement de pointe visant l'excellence il doit s’efforcer de le redevenir.
Schaerbeek constitue le deuxième réseau communal le plus important du pays et assurément l'un des plus diversifiés.
En vue de rencontrer davantage les besoins de la société et de réduire le décalage entre l'enseignement et le monde économique et social, il conviendra de développer de manière créative et efficace de nouvelles synergies avec l'entreprise et le monde associatif et ce pour dynamiser notre enseignement technique et professionnel trop longtemps négligé.
Le seul souci de rigueur et d'exigence ne résoudra pas tout. Encore faudra-t-il que l’on crée pour les élèves en difficulté, des écoles de devoirs dignes de ce nom en collaboration avec les familles, les seniors qui ont du temps et de l'expérience et les enseignants.  Le soutien scolaire pourrait et devrait en effet  être organisé avec l'aide des séniors. C'est une de nos priorités.
Il est urgent aussi de réconcilier les parents, l’école et les enfants.
A l'avenir, il conviendra de mêler davantage les parents à la vie de l'école. Il est nécessaire qu’ils soient « dans le coup ». Les méthodes employées à l'école ne peuvent être efficaces que si elles sont comprises et acceptées de tous.
Sans cohérence entre l'éducation de la maison et l’instruction scolaire, on n’arrivera à rien.
Pour y arriver, nous entendons améliorer :
a. Les normes des classes maternelles et faire en sorte que celles-ci accueillent un maximum de vingt élèves surtout dans les premières années. Ceci exige un sacrifice financier important mais constitue à nos yeux un investissement éducatif prioritaire.
b. L'accueil des enfants dans les écoles pendant les congés scolaires. A l'avenir, les activités parascolaires doivent être largement développées pour assurer un meilleur épanouissement de la personnalité et du caractère des jeunes et lutter ainsi efficacement contre le décrochage scolaire et les pièges de la rue. Le déploiement des activités sportives et culturelles constitue, en parfaite symbiose avec l'enseignement, la meilleure forme d'intégration du jeune citoyen dans sa commune.
Il faudra également lutter et peut-être par priorité contre les garderies T.V.
c. La qualité des études dirigées tant dans le primaire que dans le secondaire. Il est essentiel à une époque où la plupart des mamans sont retenues par leurs obligations professionnelles de permettre aux élèves d'accomplir leurs tâches scolaires (devoirs et leçons) dans les classes en bénéficiant de l'aide d'enseignants qualifiés et disponibles.
Les études dirigées doivent être autre chose que des garderies ou des simples « parkings d'enfants ». Il faut en effet que, grâce à l'organisation de petits groupes assistés par des enseignants, les élèves puissent bénéficier de conditions de confort et d'assistance équivalentes à celles dont disposent les enfants qui ont la chance d'être aidés à domicile par leurs parents. Nous sommes persuadés que les  jeunes pensionnés pourraient venir efficacement apporter un soutien scolaire efficace aux enfants et aux adolescents en difficultés scolaires.    Dans l'enseignement secondaire nous prônons l'organisation de cercles de remédiation. Il s'agit de cellules de remédiation organisées par matière, animées par des formateurs de terrain. Véritables ateliers de gestion du temps et de méthode de travail, les élèves y apprennent à travailler en équipe, à se soutenir mutuellement, à surmonter leurs inhibitions, à développer leur potentiel et surtout leur méthode de travail, clef de la réussite.
Précisons que le tutorat, c'est-à-dire l'assistance apportée par un aîné doué à un élève plus jeune ou moins doué, peut jouer un rôle extrêmement efficace. En effet, la rémédiation n'est pas une démarche d'enseignement mais doit viser à faciliter l'apprentissage et l’intégration. Personne mieux qu'un jeune ne peut aider un autre jeune dans sa démarche d'apprentissage ne fût-ce que par l'exploitation des trucs, ficelles et tuyaux en tous genres. Pour le formateur chargé des ateliers de rémédiation, les tuteurs seniors peuvent toutefois se révéler  des alliés et des assistants privilégiés. Pour le tuteur c'est aussi une manière de se valoriser et de mieux ancrer, voire mieux exploiter ses propres acquis.
La création dans chaque école d'un centre de documentation informatisé connecté au monde par Internet et organisé en salle de ressources. Il serait en effet idéal que chaque école possède une salle de ce type si l'on veut que les élèves n'aient pas à se disperser en dehors de l'établissement pour quérir l'information nécessaire en toute autonomie.
d. L'utilisation et le développement des salles d'informatique existant dans certaines écoles. Nous pensons que tous nos élèves doivent recevoir une solide formation en informatique car il est bien établi que les analphabètes de demain sont ceux qui ne maîtriseront pas l’outil informatique.
e. La propreté dans nos écoles communales. Tout le monde sera d'accord pour dire qu'il convient d'engager du personnel supplémentaire afin que nos écoles redeviennent encore plus propres et plus accueillantes ; ceci pour améliorer le cadre de vie et par conséquent la qualité de la vie.
Il faut également permettre aux adultes, en organisant des cours de promotion sociale de qualité, de saisir une deuxième chance ou encore de se spécialiser pour mieux se défendre sur le marché du travail.
Les nouveaux emplois ne sont pas obtenus par les Bruxellois ; trois cent cinquante milles navetteurs débarquent quotidiennement à Bruxelles. Cette inadaptation de l'offre à la demande pose le problème de la formation et de la qualification de la main-d'œuvre. La formation bien ciblée au carrefour de l'offre et de la demande constitue donc bien le créneau que Schaerbeek doit développer si elle entend créer des emplois de proximité.
Il existait, il y a douze, un hiatus entre le relatif confort dont bénéficiaient les écoles du haut de Schaerbeek et celles du bas. Il a été largement comblé par une politique de travaux de restaurations lourdes qui a entraîné des investissements considérables. Le résultat est remarquable. Mais tout reste à faire sur le plan pédagogique.
Globalement il faut attirer toujours plus d’élèves dans le réseau communal et ce par une politique pédagogique audacieuse, efficace et créative.

La maîtrise de la langue et la communication orale.
La très grande majorité des enfants issus de la diversité - mais pas seulement eux - ont beaucoup de mal à se concentrer sur une tâche scolaire. Ils ont l’habitude de s’exprimer tous ensemble, sans se préoccuper de leurs camarades, de l’enseignant. Ils parlent souvent à tort et à travers et de façon chaotique.
Trop peu d’enfants comprennent les consignes des devoirs demandés par les enseignants qui prennent souvent la forme de photocopies d’exercices tirés de manuels scolaires et qui ne nous paraissent pas toujours adaptés au niveau des enfants.
Pourquoi ?  Simplement parce que les enfants sont incapables de comprendre, tantôt l’énoncé d’un problème, tantôt les formulations d’un questionnaire visant à vérifier la compréhension d’un petit texte vu en classe préalablement, tantôt un exercice de système métrique.
En 1905, la Cité des Ecoles était à la pointe du progrès, faisons en sorte que, par notre créativité, notre souci de qualité totale, d'innovation réaliste, il en soit toujours ainsi.

POLITIQUE DE LA CITÉ, POLITIQUE GLOBALE ET GESTION DE LA COMPLEXITÉ
On ne résoudra rien dans le long terme en dehors d'une stratégie globale ou si l’on préfère sans une véritable politique de la cité.

Gérer la complexité c’est dégager une vision.

DÉSORMAIS, LA PARTIE SE JOUE ENTRE LE BASTION INTÉGRISTE ET LE BASTION HUMANISTE. 

Il s’agit donc bien de faire front à l’islamisme, au fondamentalisme et à tous les intégrismes, de gauche, de droite et d’extrême droite.
Schaerbeek est un territoire contrasté où vivent des citoyens de tous âges, de toutes confessions, de toutes origines, de toutes conditions et de toutes convictions dans des quartiers populaires et bourgeois en bonne harmonie.
Tout existe à Schaerbeek et s’y côtoie. Le grand défi est d’organiser des synergies entre tous ces ghettos : le ghetto des riches et le ghetto des exclus, les ghettos chrétiens, musulmans, les ghettos jeunes et les ghettos vieux, le ghetto des conservateurs et celui des innovateurs. 
 
Le défi c'est de RÉUNIR POUR RÉUSSIR. 

Et si c'est est possible à Schaerbeek , ça doit l’être partout ailleurs en Europe.
Ce sera mon dernier mot de campagne. 

Merci de m'avoir lu et suivi dans mes rêves schaerbeekois les plus échevelés.
Je n'ai pas tout dit mais presque. J'ai beaucoup appris au cours de ces semaines de campagne, sur le climat qui règne à Schaerbeek, sur le profil de mes colistiers qui me bluffent par leur manière hardie de penser la Cité mais aussi sur la susceptibilité  à fleur de peau de certaines et certains. Une belle expérience. Pardon si je me suis répété plus d'une fois...
J'ai aussi pu mesurer la formidable combativité et la magnifique  capacité de résilience de Georges Verzin, notre premier de cordée.
La suite et la conclusion: dans l'isoloir.

MARC GUIOT 23ÈME. Récalcitrant je suis, récalcitrant je demeure. 
Et s'il faut m'obstinerai.

   



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