mercredi 10 octobre 2018

"JOSAPHAT : UN PARC POUR TOUTES LES CULTURES EN TOUTES SAISONS"

      

Voici que s’installe désormais, petit à petit à Schaerbeek le mythe d’un parc Josaphat oasis interculturelle, véritable métaphore de la Cité Cosmopolite de demain.

Nous sommes en 1574, en plein orage historique, un zélé pèlerin, s’en revenait, anonyme, d’un long périple à Jérusalem
Soudain, il aperçoit avec la joie que l’on devinera, dans les lointains brumeux, les premiers contours de sa cité natale. Frappé de stupeur à la vue d’un paysage extraordinaire, il lâcha un cri de joie dont l’écho roula dans la vallée : « JOSAPHAT, JOSAPHAT ! » A ses pieds s’étendait au loin une vallée qui lui parut présenter une similitude miraculeuse avec la vallée du Josaphat qu’il avait parcourue maintes fois au cours de ses pérégrinations en terre sainte.

Ainsi donc, pour la première fois, le mythe prenait possession de la belle vallée du Rodebeek. Le phénomène se reproduira. Sous Léopold II le grand roi bâtisseur, aujourd’hui très contesté, on assista à la naissance d’un nouveau mythe, celui d’un parc sauvé par l’intervention du roi.  Le mythe de la vallée rustique, sylvestre transformée en parc, véritable sanctuaire paysagé prit le relais, Josaphat devenait une sorte de Central Park bruxellois, un poumon vert au sein de la « ville tentaculaire »(E Verhaeren).

Après le mythe de Schaerbeek Plage, le mythe du parc illuminé (1952-56) le mythe dévastateur du parc fou mis en scène par Jo Dekmine , le mythe passéiste de la grande fête des ânes au Josaphat, du temps de Francis Duriau, voici que s’installe désormais, petit à petit celui du parc oasis interculturel, véritable métaphore de la Cité Cosmopolite de demain.
Le parc Josaphat est dans l’imaginaire des Schaerbeekois la métaphore qui résume tout le folklore local, de la Cité des ânes au faubourg des artistes, Demain, si on le veut, le Josaphat deviendra la métaphore du dialogue entre les cultures et les civilisations, à l’instar des jardins du Generalife à Grenade ou de Central Park à New-York.

Avez-vous remarqué que les trois religions monothéistes se côtoient symboliquement dans l’ancienne vallée du Rodebeek , la religion hébraïque avec Josaphat et ,moins connu, Ahasverus, le Juif errant juché sur la façade du café le Central Park symbole de l’errance de la diaspora , de tous les nomadismes ; la religion chrétienne avec le pèlerin errant de Jérusalem et l’antique confrérie des archers de saint Sébastien martyr, l’islam avec la grande prière de deuil sur la pelouse.
Enfin, la laïcité avec Ulenspiegel, Thyl l’Espiègle sorti tout droit du cerveau libre penseur de Charles Decoster mais dont la charmante statue fut vandalisé par des iconoclastes : tout un symbole.
Le parc n’est donc pas seulement un lieu pour toutes les saisons de l’année, et de la vie mais aussi un havre en quelque sorte symbolique pour toutes les générations, toutes les convictions, toutes les langues, toutes les croyances.

N’y a-t-on pas organisé un immense rassemblement sur la grande pelouse du Tir à l’Arc à l’occasion des funérailles de la famille marocaine décimée par un forcené raciste ? Les représentants des trois religions monothéistes et aussi ceux des partis démocratiques et de la société civile avaient tenu à assister à cet hommage dont les images ont été retransmises dans le monde entier.
Il y a superposition de l’image du parc d’autrefois (celle d’une vallée du Josaphat pittoresque, un vrai faubourg pour artistes en mal d’inspiration) et l’image du parc aujourd’hui ( poumon vert rendu nécessaire par la progression menaçante de la ville tentaculaire) annonçant l’image du parc de demain, décontracté, mieux sécurisé, espace de détente mais aussi de rencontres, d’échanges, de dialogue.

Avec des pelouses accessibles aux enfants, aux amoureux et aux piques niques familiaux à la méditerranéenne avec barbecue, méchouis et autres happenings qui auraient provoqué un coup de sang chez le flic en civil d’autrefois, armé de son seul feutre et de son sifflet à roulette, une sorte de bobby sans uniforme.
Il y a du pain sur la planche si on veut que le parc Josaphat redevienne un Parc pour toutes les saisons c’est à dire un lieu de détente intergénérationnel où comme autrefois, les anciens côtoient les enfants et les ados ; interculturel où se consomment les musiques du monde sur le kiosque, les saveurs du monde sur une terrasse esplanade et dans une laiterie complètement repensée, mise au goût du jour et exploitée dans l’esprit de Bruxelles- Plage qui fait un tabac l’été.

Peut-être à ce moment là reverrons-nous nos échevins et échevines, nos conseillers et conseillères en famille dans le parc et pas seulement à l’occasion du barnum médiatique du 21 juillet.

Tant que les autorités communales, que le Collège tout entier ne prendra pas ce problème à bras le corps, le beau Parc Josaphat ne redeviendra pas, malgré le demi milliard d’investissement de la Région et du Fédéral réunis, un Josaphat pour toutes les saisons, toutes les cultures, toutes les générations. 


Marc Guiot 23 ème sur la Liste MR Citoyens


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