mercredi 7 novembre 2018

Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue au Congrès et espoir de l'aile gauche du parti démocrate

Le Vif 

Pari gagné pour la nouvelle égérie de l'aile gauche du parti démocrate américain: Alexandria Ocasio-Cortez est devenue à 29 ans la plus jeune élue du Congrès, où elle devrait être la figure de proue d'une vague de femmes et de minorités prêtes à bousculer les élites pour défendre les "petites gens" à Washington.
"Ce soir, nous sommes entrés dans l'histoire", a lancé mardi la jeune New-Yorkaise d'origine hispanique à ses supporters, après sa large victoire --attendue-- sur son adversaire républicain Anthony Pappas, dans une circonscription new-yorkaise qui est un bastion démocrate.
"Ce n'est pas juste une campagne ou une journée électorale", mais "un mouvement plus large pour la justice économique, sociale et raciale", a-t-elle affirmé. "Il n'y a rien de noble à préserver un statu quo qui ne répond pas aux besoins des Américains qui travaillent!"
Ocasio-Cortez, née d'une mère portoricaine et d'un père américain, est devenue ces derniers mois une star de l'aile gauche du parti démocrate.
Sa victoire surprise lors de la primaire fin juin face à un baron de la Chambre des Représentants, Joe Crowley, a érigé du jour au lendemain cette jeune femme, qui revendique l'étiquette socialiste, au rang d'enfant prodige de la politique.
CAMPAGNE MODÈLE
Sa campagne est devenue un modèle pour tous les candidats à la gauche du parti démocrate.
Mardi soir encore, elle a lancé un message d'encouragement au candidat démocrate au Texas Beto O'Rourke, battu par le sénateur conservateur sortant, Ted Cruz, en déclarant: "nous arriverons à retourner le Texas, ce n'est qu'une question de temps!".
Après avoir lancé sa campagne en mai par un clip vidéo "maison" devenu viral, Ocasio-Cortez avait arpenté inlassablement sa circonscription avec deux mots d'ordre: rejet de tout financement des grands donateurs démocrates, et priorité aux classes moyennes avec des promesses de couverture santé universelle, d'universités publiques gratuites et de logements abordables.
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Des prises de position proches de celles du sénateur Bernie Sanders, pour lequel elle avait travaillé lors de la campagne présidentielle en 2016.
Le tout appuyé par les réseaux sociaux, son sourire généreux et un sens du contact capable de dérider les électeurs les plus apathiques, qu'elle a peaufiné en travaillant quatre ans comme serveuse dans un bar new-yorkais.
Sa réussite a rempli d'espoir de nombreux candidats issus de minorités --ethniques, religieuses ou sexuelles-- jusqu'ici peu représentées au Congrès.
D'autant qu'Alexandria Ocasio-Cortez ne s'est pas ménagée pour les soutenir: après sa victoire aux primaires, elle a sillonné les Etats-Unis pour appuyer leur campagne, souvent plus difficile à remporter que la sienne.
La chaîne Fox News comme le Comité national républicain n'hésitent pas à la diaboliser, la comparant au dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, et de nombreux "memes" circulent sur les réseaux sociaux pour la ridiculiser.
Même certains démocrates ont eu du mal à digérer son ascension fulgurante, voyant dans son socialisme revendiqué une menace pour leur parti.
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COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"LA QUESTION MAINTENANT EST DE SAVOIR SI SES IDÉES TRÈS À GAUCHE POURRONT SÉDUIRE UNE MAJORITÉ DE DÉMOCRATES. " (The Guardian) 

Une météorite vient d'ébranler le ciel trumpien. Elle est jeune, elle est belle, elle est femme, elle est latino et elle se proclame socialiste, résolument de gauche dans la ligne de papa Saunders. Alexandria Ocasio-Cortez,  est la benjamine du Congres: “Women like me aren’t supposed to run for office.”.
Des campagnes innovante, carrément révolutionnaires ont secoué cette élection, avec des candidat.e.s "historiques" qui ont bouleversé  le visage du Congrès et certaines assemblées locales  des États-Unis. Les femmes se sont présentées en nombre record: des Amérindiennes, des musulmanes, des Latinos, des immigrées, des militantes LGBT ont surgi de nulle part. Voilà qui augure d'un profond changement de la sociologie politique américaine dans les années à venir. C'est la grande leçon de cette élection à mis mandat.
MG


«Midterms» 2018 : les nouveaux visages de la politique américaine
Par   Le figaro.fr  

Les nouveaux visages du Congrès américain
Femmes, jeunes, représentants des minorités... Les élections législatives de mardi aux Etats-Unis permettent de renouveler largement le Congrès américain. Voici quelques nouveaux visages emblématiques.
FOCUS - Certaines «nouvelles têtes» ayant remporté mardi des sièges au Congrès américain ou comme gouverneurs incarnent particulièrement l'essor des minorités lors de ces élections de m-mandat.
 DEUX PREMIÈRES FEMMES MUSULMANES À LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS
Toutes deux démocrates, Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane à être élues au Congrès américain mardi à l'issue des «Midterms». Elles ont remporté chacune un siège à la Chambre des représentants, respectivement au Minnesota et dans le Michigan. «On a réussi, ensemble. Merci!», a tweeté Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, avant d'écrire à l'attention de Rashida Tlaib, née à Détroit de parents immigrés palestiniens: «J'ai hâte de siéger avec toi, inchallah».


Ilhan Omar, 36 ans, a fui enfant la guerre civile en Somalie pour les États-Unis, où elle s'est installée à l'adolescence à Minneapolis avant de devenir, déjà, élue locale de l'Assemblée de son État. Rashida Tlaib, Américano-Palestinienne de 42 ans, était assurée de gagner dans son fief démocrate du Michigan, où elle était seule en lice.
»» EN DIRECT - Midterms 2018: les démocrates remportent la Chambre des représentants
Minnesota: une réfugiée somalienne élue au Congrès
"Je me tiens ici devant vous ce soir... une première à bien des égards", déclare Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, après avoir remporté le siège de représentante du Minnesota lors des élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

● DEUX PREMIÈRES FEMMES AMÉRINDIENNES À LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS
Également démocrates, Sharice Davids et Deb Haaland, élues à la Chambre respectivement au Kansas et au Nouveau-Mexique, sont devenues les premières femmes amérindiennes à siéger au Congrès. Plus d'une dizaine d'hommes amérindiens avaient déjà été élus, mais jusque-là aucune femme issue des communautés autochtones. Cette année, les élections législatives avaient d'ailleurs enregistré un record de candidats amérindiens.

Avocate, férue d'arts martiaux et ouvertement homosexuelle, Sharice Davids, 38 ans, l'a emporté sur des terres conservatrices face au républicain Kevin Yoder. Élevée par une mère célibataire ancienne membre de l'armée, elle est diplômée d'un institut de formation publique et a passé un an à Washington au sein de l'administration Obama. Deb Haaland, 57 ans, est quant à elle une mère célibataire issue de la tribu Laguna Pueblo, qui a vaincu l'alcoolisme et subsisté grâce à des bons d'alimentation. «Je suis une femme, je suis une femme de couleur», disait la candidate durant la campagne en désignant son visage brun et ses longs cheveux noirs et lisses. «C'est ce genre de personnes qu'il faut au pouvoir actuellement pour faire avancer les questions qui comptent», martelait-elle lors de ses meetings.
● UN GOUVERNEUR HOMOSEXUEL AU COLORADO

Élu au Colorado, Jared Polis est devenu ce mercredi le premier gouverneur gay des États-Unis. Membre de la Chambre des représentants depuis 2008, âgé de 43 ans, il a battu le Républicain Walker Stapleton. Aucun des deux candidats n'avait fait de l'orientation sexuelle de Jared Polis un sujet dans la campagne électorale, soulignent plusieurs médias locaux. En 2015, Kate Brown était devenue la première gouverneur bisexuelle élue dans l'Oregon, et un autre gouverneur, Jim McGreevey, du New Jersey, avait dévoilé son homosexualité avant de démissionner en 2004. Jared Polis est, lui, le premier gouverneur à avoir été élu après avoir révélé son homosexualité.
Millionnaire et entrepreneur ayant fait fortune dans les nouvelles technologies, Jared Polis avait été admis à la prestigieuse université de Princeton alors qu'il n'avait encore que 16 ans, et pas encore terminé le lycée. «Ils m'ont pris parce qu'ils pensaient que j'étais prêt, et ils avaient raison», a-t-il déclaré à la presse, assurant qu'il aurait «perdu son temps» en restant un an de plus au lycée. Jared Polis, de confession juive, est né Jared Schutz à Boulder (Colorado) mais a changé de nom de famille à l'âge de 25 ans pour prendre celui de Polis, en l'honneur de sa grand-mère, selon lui.


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