mercredi 7 novembre 2018

Les Démocrates conquièrent la Chambre, les Républicains conservent le Sénat, mais Trump évoque "un immense succès"


La Libre Belgique (extraits)

Les résultats préliminaires des élections de mi-mandat aux USA sont "un immense succès" aux yeux du président américain Donald Trump dont le parti républicain conserve son emprise sur le Sénat mais perd le contrôle de la Chambre des représentants, selon les projections des médias américains. "Immense succès ce soir. Merci à vous tous!", a commenté sur Twitter le président républicain peu après les premières conclusions tirées par les médias américains sur le partage du pouvoir au Capitole entre les Démocrates et les Républicains.
Le scrutin est perçu comme un référendum pour ou contre l'actuel résident de la Maison Blanche deux ans après son élection.
Si la "vague bleue" démocrate ne semble pas avoir lieu, leur retour dans la majorité à la Chambre des représentants annonce toutefois une période de paralysie dans la politique américaine.

RASHIDA TLAIB, PREMIÈRE MUSULMANE AU CONGRÈS AMÉRICAIN
La démocrate Rashida Tlaib a été élue pour le Congrès américain dans l'Etat du Michigan. Elle est la première femme de religion musulmane à être désignée pour cette institution. Ilhan Omar, candidate au Minnesota qui porte le foulard, est également pressentie pour le Congrès pour cet Etat.
DEUX AMÉRINDIENNES ÉLUES POUR LA PREMIÈRE FOIS AU CONGRÈS
Avocate férue d'arts martiaux, Sharice Davids, ouvertement homosexuelle, l'a emporté dans des terres conservatrices face au républicain Kevin Yoder, selon les chaînes ABC et NBC. Agée de 38 ans, Mme Davids, élevée par une mère célibataire ancienne membre de l'armée, est diplômée d'un institut de formation publique et a passé un an à Washington au sein de l'administration Obama. Deb Haaland, 57 ans, est quant à elle une mère célibataire issue de la tribu Laguna Pueblo, qui a vaincu l'alcoolisme et subsisté grâce à des bons d'alimentation. Dans une circonscription démocrate, elle a notamment fait campagne contre des élus qui, selon elle, ne représentent pas plus les Amérindiens que les autres minorités ou les millions de pauvres dans l'Amérique de Donald Trump. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'EMPRISE INCONTRÔLÉE DE DONALD TRUMP SUR LE POUVOIR C'EST FINI 

(D'après l'analyse de Richard Wolffe dans le Guardian).
Ses fidèles électeurs, c'est sûr, ne l'ont pas tous lâché. Les vieillards en colère sont toujours là, ils vocifèrent leurs insultes à l'adresse des migrants, des médias et de quiconque qui ne serait pas , comme eux, un vieillard en colère.
Les femmes blanches se sont divisées: 50-48  en faveur du mouvement anti-Trump. Le seul groupe d'âge où les républicains aient progressé est celui des plus de  65 ans et d'un point seulement.
Très divisées en 2016, les femmes  se sont assez nettement tournées vers les démocrates mardi.
Obama avait subi une lourde défaite à mi-parcours en 2010. Il a cependant été réélu deux ans plus tard. Mais il était sain d'esprit et normal et il s'efforça  de conquérir l'électorat modéré.
Trump restera Trump dans son obstination aveugle à ne pas vouloir changer, à ne montrer aucun signe de sa capacité d'apprentissage.
Les républicains auraient dû logiquement  engranger une victoire facile dans un contexte de paix et de prospérité relatives, avec un taux de chômage historiquement bas et des salaires en constante hausse. Mais à la Chambre les électeurs ont voulu imposer des limites électorales au racisme débridé  et à la rage  anti-immigrés de Trump,  à son sexisme éhonté.
Il s'avère que le soi-disant populisme trumpien  n'est après tout pas si populaire.
La vie va changer du tout au tout pour Donald Trump. Il ne le sait peut-être pas encore, mais il le découvrira bien vite. Sa défaite à la Chambre des représentants au profit des démocrates va mettre fin à deux années d'arbitraire et de refus du parti républicain de tolérer un contrôle sérieux de son administration.
L'emprise absolue et incontrôlée de Donald Trump sur le pouvoir va brusquement prendre fin et elle n'est pas prête de revenir de sitôt. Il n'y aura plus de réductions arbitraires  d'impôt pour les grandes entreprises, ni de réductions de la sécurité sociale et les soins de santé. Certes , il y aura certes plus de juges conservateurs.
Tant que les démocrates ne reconquerront  pas la présidence, ils ne pourront espérer réparer les blessures du Trumpisme.
Ce n'est pas un hasard si, parmi les démocrates qui ont gagné la Chambre, on compte autant de femmes.
Ce ne sera donc pas une surprise si demain les principaux candidats démocrates à la présidence seront des candidates. Les élections de 2018 n'ont pas provoqué la vague bleue tant espérée par les démocrates, mais un glissement de terrain induit principalement par les électrices et les candidates, surtout du côté démocrate.
Hillary Clinton ne doit pas être mécontente. Angela Merkel non plus.
MG

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