samedi 15 décembre 2018

Bart De Wever favorable à des élections anticipées


Le Vif 

"Une demi-année d'arrêt complet et ce feuilleton au parlement (sur la question d'un vote de confiance ou non pour le gouvernement désormais minoritaire dirigé par le Premier ministre Charles Michel) qui ne peut qu'alimenter l'anti-politique, ce n'est démocratiquement pas la meilleure solution. Il faut écouter le peuple. Et je ne pense pas que le peuple veut voir cela pendant des mois", explique le président des nationalistes flamands, une semaine après la démission des ministres N-VA de l'équipe fédérale.
"Je ne suis pas partisan d'élections anticipées (...) mais si ce gouvernement (minoritaire) veut mener une (autre) politique en terme de migration, il ne faut pas venir me demander quoi que ce soit", a déclaré M. De Wever lors de l'émission "De afspraak op vrijdag" de VTM.
Il a ainsi placé le Premier ministre devant un choix: "ou les partis Marrakech ou la N-VA". Mais il faudra dans ce cas écouter les souhaits du parti nationaliste, a-t-il précisé.
Le président du parti nationaliste a ainsi jugé "impardonnable" que la nouvelle ministre de l'Asile et de la Migration, Maggie De Block (Open Vld), ait supprimé le quota limitant quotidiennement le nombre de candidats à l'asile en Belgique accueillis au centre d'accueil du Petit-Château, le long du canal à Bruxelles et ait renoncé à une campagne de dissuasion sur internet.
Cette sorte de politique "Marrakech" ou "de frontières ouvertes" doit cesser, a-t-il insisté.
M. De Wever s'adresse aussi aux milieux des affaires, qui a reproché à la N-VA d'avoir "débranché la prise" alors qu'il restait du travail à réaliser sur le plan socio-économique avant les élections, toujours en principe fixées au 26 mai, tout comme des régionales et des européennes.
"Je pense que je peux maintenant avoir plus d'influence qui si j'étais resté (au sein de la majorité gouvernementale) et si j'avais plié sous le poids de cette coalition Marrakech pour être écrasé", a ajouté le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers.
Il ne cache pas non plus que cette crise a laissé des traces. "La façon dont les anciens partenaires de la coalition nous ont poussés (dehors) m'a impressionné. Le discours du Premier ministre (lundi devant la conférence intergouvernementale des Nations unies sur le Pacte mondial sur les Migrations, ndlr) sur le mauvais côté de l'histoire a également causé des blessures. Mais bon, la question est désormais: comment retrouver la route de la gouvernance du pays ou éventuellement une autre solution?", se demande M. De Wever.
"Cela apparaîtra dans les jours à venir", a-t-il encore souligné. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IMPOSSIBILITÉ DE GOUVERNER? 

« La lecture des interviews de la N-VA me laisse penser que manifestement elle avait tout orchestré pour faire chuter le gouvernement et provoquer des élections anticipées avec le PS », a réagi sur Twitter Olivier Chastel.
La manoeuvre stratégique de Bart De Wever est lumineuse et imparable: faire la démonstration que la Belgique est devenue ingouvernable. Il est à craindre en effet que désormais elle le soit.
Dans le climat actuel, l'opinion publique flamande, volontiers identitaire et souverainiste, ne manquera pas de se raidir contre ceux que De Wever diabolise avec mépris  en les qualifiant de "coalition Marrakech". La marche "noire" de dimanche contre le pacte migratoire participe de cette stratégie.
Il est plus que probable que des élections anticipées déboucheront sur une impossibilité de former une majorité fédérale ce qui va paralyser le pays. Mais l'incapacité du gouvernement minoritaire Michel 2 (MR/CD&V/VLD) d'obtenir des majorités sans l'appui extérieur (soit de la NVA qui le snobe, soit de la gauche coalisée contre lui et qui a juré sa perte) risque de le condamner à n'être qu'un gouvernement d'affaires courantes jusqu'au  26 mai. Dans les deux cas, l'impossibilité de gouverner est clairement révélée et il ne restera à De Wever qu'à imposer le confédéralisme ce qui a toujours été son rêve, sa secrète priorité et le core business de son parti dont la première priorité est de détacher la Flandre du royaume de Belgique. Jan Jambon (N-VA): “We zullen het communautaire weer op tafel leggen.”
Bref on peut déjà imprimer les faire parts  du décès de la Belgique fédérale et se préparer à organiser le divorce entre la Flandre indépendantiste et la Belgique résiduelle autrement dit Wallobrux.
Nous ne disons pas autre chose depuis des semaines, des mois, des années. Bye Bye Belgium c'est pour 2019.
Il est clair que le thème majeur de la campagne risque fort d'être la problématique de l'immigration. Idem pour les élections européennes. A moins que le mouvement des de gilets jaunes ne prenne en Beglique des proportions comparables à ce qu'il est devenu en France: le parti des mécontents.
MG

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