jeudi 6 décembre 2018

Des «appels à tuer»


Figaro
Les services de renseignement auraient carrément signalé à l'Élysée des «appels à tuer et à se munir d'armes à feu pour s'en prendre à des parlementaires, au gouvernement, à l'exécutif et aux forces de l'ordre». Selon nos informations, un ministère important a même reçu consigne d'interdire à ses personnels et aux ministres concernés de se rendre sur leur lieu de travail ce week-end. «Ce sont des putschistes. On est dans une tentative putschiste», avance-t-on le plus sérieusement du monde au palais présidentiel.
Une chose est sûre, l'«acte IV» du mouvement des «gilets jaunes» peut être un tournant si Paris s'embrase à nouveau. «S'il y a dix morts ce week-end, il n'est pas sûr qu'on puisse garder le ministre de l'Intérieur», glisse un proche du chef de l'État. La perspective d'un remaniement nettement plus large commence à circuler de façon insistante. Au point de changer de premier ministre? «Dans le meilleur des cas, il faudra un nouveau gouvernement avant les élections européennes. Dans le pire, avant Noël», lâche un macroniste du premier cercle. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ÉMULATION RÉVOLUTIONNAIRE!
MACRON BOUC EMISSAIRE?

Selon les médias français, l’Elysée s’attend à de nouvelles échauffourées samedi 8 décembre à Paris, en marge du mouvement des « gilets jaunes ». Le gouvernement craint qu’un « noyau dur de plusieurs milliers de personnes » vienne dans la capitale « pour casser et pour tuer (Le Soir)
Le "c'est dans l'air" d'hier soir sur la Cinq n'était guère rassurant. Alain Bauer, grand spécialiste de la sécurité, se montra sarcastique et décapant. Samedi sera sans doute le plus black de quatre saterdays successifs, le samedi de tous les dangers, de tous les dérapages possibles. A l'évidence les services de sécurité ont au moins une guerre de retard. Surtout, il manque des effectifs policiers victimes des coupes sombres dans le budget public: quelle ironie.
Partout s'élève la voix du café du commerce et en France, Macron concentre toutes les rancœurs sur sa personne symbolique ce qui fait de lui un parfait "bouc émissaire" selon la théorie de René Girard.
Girard observait que les institutions modernes "perdent de plus en plus  leur capacité à réguler la société, elles cessent même carrément  de fonctionner. L'individu y perd sa place, il a le sentiment qu'il n'y est pas reconnu en fonction de ses valeurs." Conséquences:  perte de culture, de repères culturels et surtout perte du pouvoir d'achat. Les gilets jaunes se sentent victimes de la "rage taxatoire" de l'Etat.
La bouc émissaire- incarne la différence radicale Il revêt symboliquement le costume de la différence. La victime-émissaire a généralement des traits extraordinaire dans un monde où l'indifférenciation règne en maître en l'occurrence celui des Français moyens en gilet jaune.
Le bouc-émissaire est alors accusé d'être la cause de toutes les  frustrations réelles ou supposées de la collectivité en souffrance.
Les  frustrés ont besoin d'un bouc-émissaire pour fonder un lien collectif et surtout  pour se sentir valorisés et reconnus.
René Girard faisait de Jésus le bouc-émissaire par excellence. Supérieur en tout - plus beau, plus sage, plus intelligent et bien sûr plus divin - il a été crucifié sur l'autel de la peur pour le salut de tous: "agnus dei qui tollis peccata mundi"
Louis XVI  a perdu sa tête sous le coup d'une condamnation populaire. Les deux ont consenti à être sacrifiés pour le sauvetage de tous.
Emmanuel Macron n'est il pas ressenti, lui aussi  par la masse indifférenciée des gilets jaunes comme la cause unique  et symbolique de toutes leurs frustrations?
Il est jeune, beau gosse,  intelligent, brillant, certes, mais surtout, il ne se révèle pas l'homme de caractère que les Français paumés attendent, incapable d'affronter cette fronde qui, à bien des égards, a des relents qui rappellent ceux de 1789.
Même DSK s'en inquiète désormais. Dommage qu'il se soit décrédibilisé car du caractère il en a, lui.
Il n'est pas banal de chuter en deux ans à peine de l'Elysée jupitérien au statut peu enviable de bouc émissaire. Icare lui aussi s'était brûlé les ailes en voulant s'approcher trop du soleil. 
MG 


DOMINIQUE STRAUSS-KAHN LANCE UN CLUB DE RÉFLEXION POUR RÉFLÉCHIR À L'AVENIR
RTL
ENJEUX L’objectif ? Créer une structure composée d’intellectuels, de syndicalistes, de dirigeants d’entreprises et d’économistes pour définir les futurs grands thèmes de société…

Il fait son grand retour sur le devant de la scène médiatique. Dominique Strauss-Kahn, discret depuis l’affaire du Sofitel à New York en 2011 où il a été accusé d’agression sexuelle et de tentative de viol, a lancé, lundi soir, un club de réflexion pour penser à l’horizon 2025-2050, explique le Parisien.
Mais l’ancien ministre de l’Economie est clair, ce nouveau « club d’élaboration » d’une pensée progressiste n’est pas l’occasion de relancer sa carrière politique. « Rien ne m’agace plus que le maintien de sexagénaires qui visiblement ont du mal à quitter la scène », a déclaré DSK devant les 80 personnes réunies pour la soirée de lancement, dans les locaux d’une start-up du Xe arrondissement.
« DE GRANDS CHAMPS SONT DÉLAISSÉS PAR LA RÉFLEXION »
« C’est tout sauf un retour en politique active, mais comme il est toujours intéressé par le politique et qu’il est souvent sollicité, il a décidé de lancer ce lieu d’élaboration collective d’un projet réformiste », a expliqué Laurent Azoulai, un de ses proches, au Parisien. « Dominique fait don de son corps », a-t-il ajouté.
L’objectif ? Créer une structure composée d’intellectuels, de syndicalistes, de dirigeants d’entreprises et d’économistes pour définir les grands thèmes 2025-2050. « De grands champs sont délaissés par la réflexion, pas seulement en France », a déclaré DSK évoquant, entre autres, la répartition des richesses, l’allongement de l’espérance de vie et ses conséquences ou encore la démocratie parlementaire.
DSK SE DIT « DÉSESPÉRÉ DE NE PAS VOIR DE VRAIS DÉBATS »
« Il faut absolument préparer les éléments de réflexion de ce que sera l’avenir, que visiblement le parti majoritaire à l’Assemblée ne prépare pas », a-t-il lancé, avouant être « désespéré de ne pas voir de vrais débats ». « Ça vaut la peine d’essayer de comprendre ce qui se passe », a-t-il ajouté. 


"GILETS JAUNES": LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS CRAINT UNE EXPLOSION DE VIOLENCE SAMEDI
Le Vif 

L'exécutif français s'évertue encore jeudi à convaincre qu'il a entendu et compris la "colère insaisissable et incontrôlable" des "gilets jaunes", à deux jours d'une nouvelle mobilisation qui fait craindre une explosion de violence.
Des dizaines d'appels à manifester samedi à Paris se concurrencent sur les réseaux sociaux, donnant pour la plupart rendez-vous sur les Champs-Elysées, qui a été le théâtre de scènes d'émeutes le 1er décembre.
L'Elysée craint "une très grande violence" samedi, a déclaré le palais présidentiel mercredi soir, peu après que le gouvernement avait fait un geste qu'il espère décisif en renonçant "pour l'année 2019" aux augmentations de taxes sur les carburants, ce qui était la revendication à l'origine du mouvement des "gilets jaunes".
Jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe poursuit au Sénat un débat engagé mercredi à l'Assemblée pour défendre les mesures prises en urgence: outre l'annulation pour l'heure de la taxe carbone, il s'agit d'un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver, et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été.
Édouard Philippe a également jugé "nécessaire" un débat sur la réforme de l'Impôt sur la fortune (ISF) - que le président Emmanuel Macron exclut de remettre en place.
Toutes ces annonces répondent à des demandes des "gilets jaunes". Mais pour près de huit Français sur dix (78%), les annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes exprimées par les "gilets jaunes", selon un sondage Elabe diffusé mercredi, alors qu'il n'était question que d'un moratoire de six mois. Le chef du gouvernement n'a pu que reconnaître mercredi que la "colère est demeurée insaisissable et incontrôlable".
"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions", a relayé devant les députés Edouard Philippe: "Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes et citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent."
L'exécutif redoute avant tout une nouvelle explosion de violences ce week-end, et une extension de la colère à d'autres secteurs, au moment où la FNSEA annonce que les agriculteurs vont eux aussi se mobiliser. Les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé pour leur part à la grève à partir de dimanche soir pour une durée indéterminée. La situation est également tendue dans les lycées.
Partout en France, les appels à se mobiliser une nouvelle fois samedi se multiplient et le ministère de l'Intérieur fait état d'une "mobilisation de la part de l'ultradroite et de l'ultragauche".
De même source, "on constate une vraie radicalisation de certains +gilets jaunes+, comme on a pu le voir dans les comparutions immédiates depuis lundi mais aussi dans leurs propos. Ils se radicalisent par la violence et politiquement."
Sur les réseaux sociaux, les mots d'ordre évoquent un renversement des institutions: "dissolution de l'Assemblée nationale", "Manu, on arrive !", "Pot de départ de Macron !", ou encore "Tous à la Bastille".
Même tonalité auprès de "gilets jaunes" interrogés par l'AFP mercredi sur un rond-point à Augny (Moselle), près de Metz.
"J'ai 700€ de retraite... on veut vivre, les gens veulent vivre de leur travail", a témoigné Joël, 66 ans, un retraité du bâtiment, qui n'avait plus manifesté depuis mai 1968: "Macron, il a donné un coup de pied dans la fourmilière, les gens ont cru qu'il allait changer les choses et améliorer leur pouvoir d'achat, et c'est l'inverse qui s'est passé".
Pour Sylvain, 63 ans, militaire retraité, le président "nous prend pour des pigeons, des imbéciles. S'il faut aller le chercher à l'Elysée, on ira. Tant qu'il sera là, ça ne changera pas. C'est un imposteur, un menteur, il nous méprise".
A Dole, Fabrice Schlegel, un promoteur immobilier de 45 ans qui est l'un des premiers leaders des "gilets jaunes" dans sa ville, s'est montré visiblement de plus en plus inquiet de la tournure des choses.
"Je ne sens pas les choses très bien, IL Y A UNE ÉMULATION RÉVOLUTIONNAIRE, mais comment les Français lambda vont-ils réagir face à cela ?", a-t-il répondu à l'AFP: Je suis très inquiet, on a des revendications gauchistes, on ne pense plus à celui qui n'a pas assez, on pense à celui qui a trop. Quand je vois que sur des barrages quand une grosse voiture arrive, certains veulent l'arrêter et la cibler plus particulièrement...".

AFP




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