samedi 1 décembre 2018

Les gilets jaunes laissent la population flamande quasi indifférente"


Joyce Azar Le Vif 

Il y a une semaine, le député de 81 ans, Herman De Croo (Open VLD), annonçait en direct, et non sans fierté, qu'il ne toucherait pas aux 376 000 euros d'indemnité de départ auxquels il a droit. Sa décision faisait suite à la vague de critiques que s'étaient attirées, quelques jours plus tôt, le ministre flamand de la Santé, Jo Vandeurzen (CD&V), et son collègue de parti Pieter De Crem.
Annonçant leur retrait de la vie politique, les deux hommes avaient indiqué qu'ils ne se priveraient pas du joli bonus auquel ils ont droit. Des sommes considérables, qui ont indigné une partie de l'opinion publique flamande, plus affectée, semble-t-il, par ce généreux régime de sortie que par la hausse des prix du carburant. Alors qu'au sud, le mouvement des gilets jaunes a enflammé certaines provinces, force est de constater qu'il a laissé la population flamande quasi indifférente.
" On ne vit décidément pas dans le même pays ", a-t-on pu entendre ici et là, en réaction à ce contraste. Si l'affirmation n'est pas encore tout à fait une réalité, elle devient de plus en plus difficile à contredire. Les raisons mêmes de l'absence de contestation en Flandre illustrent ces disparités interrégionales. En Wallonie, les salaires sont moins élevés, et les travailleurs bénéficient bien plus rarement d'une voiture de société, et donc d'une carte essence. Le réseau des transports en commun y est moins développé, et l'usage du vélo demeure occasionnel. Alors que les véhicules diesel sont moins présents sur les routes flamandes, à la suite des politiques de dissuasion, ils restent fortement utilisés au sud, où l'ancienneté du parc automobile engendre, en outre, une consommation accrue d'un carburant toujours plus cher.
Les Flamands ne seront pas pour autant protégés des éventuelles conséquences de la contestation wallonne.
Au niveau médiatique, certaines rédactions flamandes ont parfois donné l'impression de parler du mouvement wallon des gilets jaunes comme d'un sujet d'actualité internationale. " La Belgique francophone est politiquement et culturellement une sorte de périphérie parisienne plutôt qu'une entité belge ", a pour sa part commenté l'éditorialiste du site Newsmonkey, Wouter Verschelden. Le journaliste politique va jusqu'à évoquer un " manque d'identité belge " au sud du pays. Une situation qui, selon lui, est en grande partie liée à la manière dont les médias fonctionnent des deux côtés de la frontière linguistique, et à la différence de moyens financiers consacrés aux productions propres. Résultat : alors que les Flamands sont de moins en moins à l'écoute de ce qui se passe chez leurs voisins néerlandais, les francophones ont les yeux toujours plus rivés vers la France, d'où provient le fameux mouvement des gilets jaunes. Face à " l'absence d'émissions d'actualité de qualité ", Wouter Verschelden constate que " le débat public en Belgique francophone est bien plus souvent mené depuis les studios parisiens que depuis Bruxelles ".
Si, en Belgique, les communautés linguistiques semblent vivre dans des bulles politiques, économiques, et médiatiques distinctes, les Flamands ne seront pas pour autant protégés des éventuelles conséquences de la contestation wallonne. Des retombées que les défenseurs de l'autonomie régionale ne se priveront pas d'ajouter à leur liste d'arguments.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES GILETS JAUNES DE FRANCE, DE NAVARRE ET ...DE WALLONIE 

Ceci n'est pas un plaidoyer rattachiste au sens ou Magritte donnait à son célèbre tableau: "ceci n'est pas  une pipe". Si on suit bien le raisonnement de Joyce Azar, l'évaporation de la Belgique c'est pour demain. " Les Flamands sont de moins en moins à l'écoute de ce qui se passe chez leurs voisins néerlandais, les francophones ont les yeux toujours plus rivés vers la France, d'où provient le fameux mouvement des gilets jaunes".
L'explication: " le débat public en Belgique francophone est bien plus souvent mené depuis les studios parisiens que depuis Bruxelles ".
C'est dire si  les "points de vue"  (ces lieux d'où on observe le réel) s'éloignent d'année en année. On s'étonnera que Jules Geudhe, le rattachiste de service, n'ait pas encore signé une carte blanche sur le sujet.  " On ne vit décidément pas dans le même pays Si l'affirmation n'est pas encore tout à fait une réalité, elle devient de plus en plus difficile à contredire."
Les raisons mêmes de l'absence de contestation en Flandre illustrent ces disparités interrégionales. En Wallonie, les salaires sont moins élevés, et les travailleurs bénéficient bien plus rarement d'une voiture de société, et donc d'une carte essence. Le réseau des transports en commun y est moins développé, et l'usage du vélo demeure occasionnel
Pour l'inventeur de la "France périphérique", le géographe Christophe Guilluy, le mouvement des gilets jaunes est une façon pour les perdants de la mondialisation de se faire entendre des gagnants.
Les Wallons sont à l'évidence de grands perdants de la mondialisation, les Flamands beaucoup moins.
Le géographe Christophe Guilluy, spécialiste d'une " France périphérique " bien représentée dans les gilets jaunes et auteur du livre "No Society" prédit " La fin de la classe moyenne occidentale.
En Flandre la classe moyenne qui massivement vote en faveur de la N-VA se sent moins menacée dans sa peospérité et sa survie. Tout indique que les transferts de  solidarité vers la Wallonie et Bruxelles lui seront de plus en plus insupportables. La fin de la Belgique est programmée pour l'après 26 mai 2019. Notez  bien cette date  dans vos nouveaux agendas.
MG
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NO SOCIETY LA FIN DE LA CLASSE MOYENNE OCCIDENTALE
«There is no society» : la société, ça n’existe pas. C’est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales. Il a pour conséquence la grande sécession du monde d’en haut qui, en abandonnant le bien commun, plonge les pays occidentaux dans le chaos de la société relative. La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous fait basculer dans l’a-société.
La vague populiste qui traverse le monde occidental n’est que la partie visible d’un soft power des classes populaires qui contraindra le monde d’en haut à rejoindre le mouvement réel de la société ou bien à disparaître.


«GILETS JAUNES» : MÉLENCHON PRÔNE «UN VOTE DÉMOCRATIQUE» POUR SORTIR DE LA CRISE
Par   Le Scan Politique

LE SCAN POLITIQUE - Le leader de La France insoumise «craint» que le gouvernement «veuille jouer le pourissement». «Ça serait une erreur monstrueuse», estime-t-il.
Jean-Luc Mélenchon met la pression sur l'exécutif et évoque une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale. Depuis Marseille, le leader de la France insoumise s'est félicité samedi de la nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes. «Je vois que les gens ne baissent pas en détermination», a-t-il dit à la presse. Et d'ironiser: «Monsieur Macron a écrit un livre qui s'appelait Révolution, il était prémonitoire, parce que c'est bien ce qu'il a réussi à déclencher. Mais pas celle qu'il croyait. Ce n'est pas une révolution libérale que l'on a sous les yeux, c'est une révolution populaire, citoyenne.»
 «Il faut qu'Emmanuel Macron cède, c'est la solution la plus raisonnable pour avoir une sortie pacifique et tranquille», a déclaré le député des Bouches-du-Rhône qui prône «la suppression de la surtaxe sur les carburants». «S'il a besoin d'argent pour remettre son budget en équilibre, il reprend l'ancien l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), et voilà l'affaire est dite», a proposé Jean-Luc Mélenchon. «Mais apparemment il traîne, ça va être de plus en plus compliqué», a prédit l'ancien candidat à l'élection présidentielle.
«On dissout»
Et de s'interroger devant les médias: «Maintenant quelles sont les possibilités» pour le gouvernement? «Un, espérer que ça meurt de sa belle mort en espérant que les gens finissent par se fatiguer? A mon avis c'est une vue de l'esprit, les gens vont devenir enragés», a-t-il d'abord jugé.
«La deuxième possibilité c'est de donner satisfaction à la revendication. C'est comme ça quand le rapport de force n'est pas bon, vous cédez», a-t-il poursuivi avant d'évoquer «une troisième possibilité». «Personne ne veut céder. Ni les gens dans la rue, ni le gouvernement. Les deux ont une légitimité, il faut l'admettre donc on a presque un phénomène de double pouvoir.
Dans ce cas là, quand on est dans un pays démocratique, on vote. Donc on dissout (l'Assemblée nationale). Que voulez vous faire d'autre? Mais je ne crois pas qu'Emmanuel Macron ose faire ça. Donc je crains qu'il veuille jouer le pourrissement, ce qui serait une erreur monstrueuse», a affirmé Jean-Luc Mélenchon.
Si le député «ne demande rien», il a estimé qu'il «vaut mieux un vote démocratique qui permet de vider l'abcès, que des situations de pourrissement où, de semaine en semaine, monte la rancoeur et le rejet de tout». De son côté, il a annoncé que le groupe de la France insoumise à l'Assemblée nationale allait «déposer une motion de censure».





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