mercredi 5 décembre 2018

«Nous appelons à un Grenelle de la fiscalité» : quand Riester oublie qu'il est aussi ministre


• Par   Arthur Berdah , Figaro

Reçu par Édouard Philippe en tant que leader d'Agir, le ministre de la Culture a exigé «un geste d'ouverture fort» du premier ministre et «un Grenelle de la fiscalité et de la dépense publique».
C'est ce qui s'appelle marquer un but contre son camp... Voire se tirer une balle dans le pied. Reçu ce lundi à Matignon - dans le cadre des consultations menées par Édouard Philippe pour tenter de trouver une réponse à la crise des «gilets jaunes» -, le ministre de la Culture Franck Riester, président d'Agir, s'est exprimé à sa sortie de l'Hôtel du premier ministre. Selon l'élu francilien, le chef du gouvernement lui a dans un premier temps confirmé «qu'il allait annoncer un geste d'ouverture fort dans les prochains jours».

Le quadragénaire a ensuite poursuivi sa déclaration en agissant comme s'il n'appartenait pas au gouvernement. «Nous appelons à un Grenelle de la fiscalité et de la dépense publique pour faire en sorte que nous puissions bâtir une fiscalité parce qu'il y a un (réel) ras-le-bol fiscal perçu par les Français depuis très longtemps», a-t-il plaidé, réclamant «une fiscalité plus simple au service d'une croissance plus juste en améliorant le pouvoir d'achat des Français».

#GiletsJaunes : @franckriester et @agir_officiel réclament un "geste d'ouverture fort" et un "grenelle de la fiscalité et de la dépense publique".

Un propos étonnant dans la mesure où, au début de la crise des «gilets jaunes», Emmanuel Macron avait fait savoir à son entourage qu'il refuserait justement d'avoir recours à ce type de table ronde ou de grand-messe, devenue habituelle pour répondre à chaque complication dans «l'ancien monde». À la place, le chef de l'État avait préféré annoncer, mardi, la création d'un «Haut conseil pour le climat» réunissant notamment des élus, des syndicats, des ONG et des associations.
À travers cette sortie, Franck Riester semble donc faire passer son engagement au sein d'Agir - le parti de droite «Macron-compatible» qu'il co-préside - avant la solidarité gouvernementale pourtant intrinsèque à sa fonction. Reste toutefois à savoir dans quelle mesure les propositions qu'il a formulées à sa sortie du bureau d'Édouard Philippe ont été, ou non, concertées avec le chef du gouvernement, voire avec le chef de l'État. Ces derniers doivent d'ailleurs faire des annonces dans les prochains jours.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ORGANISER DES ETATS GENERAUX SUR LA FISCALITE ET LES SERVICES PUBLICS?

Franck Riester, nouveau ministre de la culture de Macron s'est engagé mordicus  dans cette direction.
«Nous appelons à un Grenelle de la fiscalité et de la dépense publique pour faire en sorte que nous puissions bâtir une fiscalité parce qu'il y a un (réel) ras-le-bol fiscal perçu par les Français depuis très longtemps», a-t-il plaidé, réclamant «une fiscalité plus simple au service d'une croissance plus juste en améliorant le pouvoir d'achat des Français»
Le Figaro commente: "Franck Riester oublie qu'il est aussi ministre de la Culture du gouvernement Philippe."
Et d'ajouter après les propositions de Philippe rejetées par les gilets jaunes:  "Le mouvement des «gilets jaunes» et ses débordements viennent rappeler au monde entier les contradictions des Français, qui réclament toujours plus de services à l'État, mais qui hurlent dès qu'il s'agit de les financer."

Pour rappel, les accords de Grenelle ont mis fin à la crise de mai 68.
Concertée ou non avec le chef du gouvernement, voire avec le chef de l'État, cette annonce constitue une avancée surprenante mais   considérable. L'initiative de ce ministre de la culture est franchement inattendue.
Il nous semble en toute candeur que seuls des Etats Généraux sur la fiscalité et les services publics seraient de nature à mettre fin à cette crise majeure de la société française et de déboucher sur les prémisses d' nouveau pacte ou contrat social.  Y seraient associés les politiques (majorité et opposition) les partenaires sociaux (organisations patronales et syndicales ) et la société civile (notamment les gilets jaunes).
Il semble en effet  urgent de se pencher sur la dimension éthique de la fiscalité. Cela vaut également pour la Belgique.
Le citoyen lambda répugne de plus en plus à voter et à contribuer par l'impôt. Ne se vit-il pas d'abord désormais comme un consommateur lambda bridé par la rage taxatoire dans sa fringale consommatrice?
Il est grand temps de réfléchir collectivement à la problématique de l'équité fiscale.
Il serait en effet souhaitable que  les citoyens s’emparent enfin  du débat sur la fiscalité. en vue de faire  propositions  concrètes  pour une imposition plus juste.
Un vrai Big Bang fiscal ne serait-il pas  un préalable nécessaire pour restaurer la confiance d'une opinion publique de plus en plus déboussolée?
CÈDERA OU CÈDERA PAS
Macron  cèdera sans doute après le prochain Black Saterday parisien qui sera sans doute pire que tout. Le Président a en effet concédé trop peu, trop tard. (MG)
Je souhaite bien du courage à un candidat à l'Elysée promettant aux Français qu'il va les appauvrir pour enrichir la France.
Pourtant, c'est le sens même de la fiscalité républicaine: elle appauvrit des individus pour enrichir la collectivité. Elle prend à tous pour donner au tout, transforme le bien privé en bien public.
Ce que je donne d'une main, je le reçois de l'autre, et, dans ce passage d'une main (privée) à l'autre (publique), le bien change de nature. Le problème du consentement à l'impôt surgit dès lors que je n'arrive plus à dédoubler ma personnalité: si je ne saisis plus que les biens publics qui m'entourent, m'appartiennent en tant que citoyen, alors je ne peux plus consentir à être appauvri en tant qu'homme.
La transmutation qui s'opère à travers l'impôt est aujourd'hui incomprise car la notion même de bien public ne fait plus de sens. " (Raphaël Glücksman,: les enfants du vide p. 128.)


"GILETS JAUNES" : LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE ARRIÈRE
LE CLIN D'ŒIL DE SERGE RAFFY. Douloureux paradoxe : la République en Marche est en panne. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est qu’une bulle spéculative politique inventée par Macron.
Par Serge Raffy Nouvel Obs

Depuis quelque temps, le social-démocrate que je suis éprouve un malaise. Dans de nombreux débats, télévisés ou autres, je me suis retrouvé dans le rôle du défenseur de l'ordre républicain, de l'Etat de droit, face à des confrères supposés conservateurs qui applaudissaient à tout rompre les Robin des bois des ronds-points et des zones commerciales.
Ils comprenaient la violence du mouvement, s'extasiaient devant l'irruption du peuple en colère. Ces thuriféraires béats devant cette nouvelle forme de populisme n'étaient pas gênés par les slogans insurrectionnels, souvent antirépublicains, proférés çà et là. La droite avait son Mai-68 à rebours et rêvait d'une éviction sans sommation de l'hôte de l'Elysée.
ET LE SUFFRAGE UNIVERSEL ?
Macron démission ? Et le suffrage universel ? Oublié, jeté aux orties ? Ces outlaws en loden étaient-ils des complices conscients de ce délitement de la République ? Comment ne voyaient-ils pas l'affaiblissement d'un pouvoir plus que fragilisé par ce qu'il faut bien qualifier de mouvement émeutier ? Un gouvernement si affaibli, si seul, sans doute en grande partie par la pratique du pouvoir un brin solitaire du chef de l'Etat, mais aussi parce qu'il vivait dans une forme d'aveuglement face au réel.
On a vécu ces scènes ubuesques où des porte-parole des "gilets jaunes", menacés de mort par leurs propres troupes, sont reçus à Matignon par un Premier ministre sans feuille de route. Un des malheureux visiteurs d'Edouard Philippe a été contraint de partir par une porte dérobée et de jouer les anonymes. Quelle scène de film ! Comment un élu de la République, un Premier ministre, a-t-il pu se prêter à pareille pantomime ? Quelle représentativité avait donc ces hommes ? Terrible aveu de faiblesse.
Philippe les "gilets jaunes", les coulisses d'un impossible rendez-vous
On a ainsi vécu minute par minute l'incapacité du gouvernement à trancher et à défendre l'Etat de droit, en particulier sur les Champs-Elysées, devenus une zone de guérilla urbaine. Et donc de non-droit. Idée simple : comment a-t-on pu autoriser une manifestation qui n'en était pas une, lancée par des porte-paroles sans mandat officiel et qui ne demandaient pas d'autorisation aux autorités de la République ? Loufoque et pathétique.
Un coq sans tête
Etrange mouvement que celui des "gilets jaunes" où la menace et les slogans guerriers, voire criminels, sont acceptés sans ciller, ou alors du bout des lèvres. Napoléon, pour préparer son putsch du 2 décembre 1851, avait mis en place une organisation émeutière destinée à déstabiliser la IIe République. Cette fois, en 2018, le mouvement est spontané mais tout aussi dangereux. C'est un coq sans tête, une machine hétéroclite qui, pour l'instant, n'a pas encore trouvé de débouché politique, car ses leaders sur les réseaux sociaux, porte-parole déclarés ou spontanés, veulent continuer la fête.
Beaucoup sont sincères. Des retraités, des mères de famille, des chômeurs, découvrent la convivialité, l'échange sur leurs barrages, un regain de citoyenneté. Ce n'est pas rien. Leur problème : ils ont face à eux des députés LREM dépassés par les événements, enkystés dans les éléments de langage préparés au sommet, plus technocratiques, tu meurs.
"Manu, sois disruptif, lâche prise !"
Douloureux paradoxe : La République en Marche est en panne, elle n'a pas vraiment fait avancer la cause de la République. Au contraire. Pourquoi ? Parce qu'elle n'existe pas. Elle n'est qu'une bulle spéculative politique inventée par Emmanuel Macron. Tout le monde sait que le président de la République n'a que peu d'appétence pour les organisations politiques. C'est même son mantra.
Mais il est grand temps que son armée de godillots, qui parlent comme les fonctionnaires de Bercy, fasse sa mue, et devienne un vrai parti politique, que cela plaise ou non à son fondateur. Il y va de sa survie. Et aussi de l'intérêt du pays.
Serge Raffy

UN NOUVEAU RASSEMBLEMENT DE "GILETS JAUNES" ANNONCÉ SAMEDI À BRUXELLES
BELGA BELGIQUE
Selon plusieurs informations qui circulent sur les réseaux sociaux, certains groupes de gilets jaunes appellent à un nouveau rassemblement samedi au rond-point Schuman à Bruxelles.
La police locale précise toutefois n'avoir reçu aucune demande d'autorisation de manifester de leur part. D'après un des groupes Facebook des gilets jaunes, certains de ces derniers appellent à un rassemblement samedi prochain sur le rond-point Schuman à 11h00. Cette manifestation se ferait en collaboration avec des groupes de Charleroi, Mons, Liège, Namur, Tournai et Bruxelles, mais également des motards, camionneurs et agriculteurs.
Parmi les revendications affichées sur cette page Facebook, on retrouve l'exigence d'une double indexation immédiate des salaires, d'une augmentation des salaires minimaux au seuil de pauvreté, d'une introduction du droit du peuple à révoquer ses élus ainsi qu'à celle du référendum.
La baisse des accises et de la TVA sur l'électricité, l'augmentation de l'offre de transports publics, la démocratie participative et l'institution de lieux d'expression du pouvoir citoyen, le renforcement des services publics, la fin des coupes budgétaires et des investissements conséquents dans la lutte contre la fraude fiscale comptent également parmi leurs demandes.

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