mardi 25 décembre 2018

Voici le discours de Noël du roi Philippe

Les fêtes de Noël et de nouvel an sont l’occasion idéale de prendre du recul, d’arrêter notre course à la poursuite du temps. De faire le point. Mais aussi de se souvenir que la vie est un chemin que nous ne faisons pas seuls, mais avec des compagnons de route, qui, comme nous, ont besoin d’une présence, d’une écoute et de conseils.
Pour la plupart d’entre nous, les fêtes de fin d’année sont des moments de retrouvailles et de partage, des moments où l’on prend du temps avec des proches. En particulier pour ceux qui traversent de lourdes épreuves, connaissent la solitude, ou qui ont perdu un être cher, la présence et l’écoute d’un proche a une valeur inestimable.
Cette période festive est l’occasion d’avoir une attention particulière pour les plus fragiles de notre société. Mais aussi pour tous ceux qui les entourent et les accompagnent avec soin et dévouement, pour qu’ils puissent vivre dignement.
Avec ceux qui ont des enfants, nous avons en commun, la Reine et moi, le désir de vivre avec eux des moments vrais, de réelle présence les uns pour les autres. Nous savons à quel point ils sont importants, mais aussi à quel point il est facile qu’ils nous échappent. Ce sont des moments où l’on peut recevoir nos enfants tels qu’ils sont et avoir la joie de les redécouvrir.
Des moments aussi où ils peuvent se rendre compte que nous, parents, et tous ceux qui œuvrent pour leur éducation, sommes également vulnérables. Ils comprendront que notre force intérieure se construit en surmontant les difficultés et non en s’y enfermant ou en les évitant. C’est grâce à cette force intérieure que nous pouvons réellement nous ouvrir aux autres et assumer nos responsabilités.
Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd’hui nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l’intérêt du pays et de la population.
Les inégalités, la pauvreté, l’intolérance, le changement climatique, sont des questions qui demandent des réponses exhaustives. Ces problèmes cruciaux de notre société demandent de notre part à tous écoute et ouverture, courage et esprit d’initiative.
La démocratie exige cette écoute et ce dialogue. Préparons-nous aux élections fédérales, régionales et européennes en tenant des débats ouverts et vrais, où l’on se respecte. Car le moment du vote doit être le résultat d’une mûre réflexion.
"Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulèverai la Terre", disait Archimède. Habiter pleinement notre temps, cultiver une force intérieure qui nous ouvre aux autres, ce sont ces points fixes et ces leviers qui peuvent nous faire soulever des montagnes.
La Reine et moi et toute notre famille vous souhaitons une joyeuse fête de Noël et une bonne et heureuse nouvelle année.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEUX DISCOURS POUR LE PRIX D’UN. 

Ecrit en pleine crise politique, alors que la N-VA avait déjà quitté le navire gouvernemental le discours royal a été enregistré lundi dernier. Ce que nous avons entendu est sans doute une seconde version dans laquelle  Philippe aborde le sujet de cette défection par fines allusions.  Pas directement sur le fond puisque le Roi se doit d'être constitutionnellement neutre politiquement. Philippe a toutefois  eu à coeur de lancer un appel à la préservation de l’intérêt général.
Voilà qui assurément nécessita de modifier le discours. Voilà qui est carrément surréaliste! Pauvre Philippe. Déjà que ce souverain pataud marche sur le oeufs avec des prudences de sioux.
Quelle sera la place et le rôle du roi dans une Belgique confédéraliste? La question n'est pas encore d'actualité mais après le 26 mai?
"Un message  plus audacieux que les années précédentes", observe le politologue Dave Sinardet (VUB), constatant dans le Vif que ce genre de discours est un difficile exercice d'équilibre pour le souverain qui doit rester au-dessus de la mêlée politique tout en ayant un message suffisamment fort que pour ne pas passer inaperçu.
"Agir dans l'intérêt du pays et de la population."  "Les inégalités, la pauvreté, l'intolérance et le changement climatique sont des questions qui demandent des réponses exhaustives".
"Ces thèmes  renvoient implicitement aux contestations et manifestations des derniers mois et notamment au mouvement des gilets jaunes et à la marche pour le climat", selon le politologue.
"J'ai confiance dans le fait que nous resterons unis, citoyens d'un pays ouvert, où la grande majorité des compatriotes d'origine étrangère ont saisi les chances qui leur étaient offertes et partagent les valeurs de notre pays. Ils sont les fils et les filles de ce pays. Ne confondons pas ceux qui dévoient leur religion avec ceux qui la pratiquent dans le respect des valeurs universelles de l'humanité", devait rappeler le roi.
"Mais sur la migration, qui est quand même à l'origine de la chute du gouvernement, il se tait", analyse encore le politologue.
Le Roi se réfère, de manière plutôt inhabituelle, à la récente crise politique qui a entrainé la démission du gouvernement fédéral, qu'il a chargé d'expédier les affaires courantes. "Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd'hui nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l'intérêt du pays et de la population", déclare Philippe.
Le souverain appelle au dialogue et au respect mutuel. "La démocratie exige cette écoute et ce dialogue."
Le Roi rappelle également que cette période festive "est l'occasion d'avoir une attention particulière pour les plus fragiles de notre société" ainsi que pour ceux qui les entourent et les accompagnent "avec soin et dévouement".
"Ils comprendront que notre force intérieure se construit en surmontant les difficultés et non en s'y enfermant ou en les évitant. C'est grâce à cette force intérieure que nous pouvons réellement nous ouvrir aux autres et assumer nos responsabilités." "'Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulèverai la Terre', disait Archimède. Habiter pleinement notre temps, cultiver une force intérieure qui nous ouvre aux autres, ce sont ces points fixes et ces leviers qui peuvent nous faire soulever des montagnes", conclut le souverain.
Intéressant: ne disait-on pas jadis en terre catholique que seule la foi est capable de soulever des montagne...
MG

LE PAPE CRITIQUE «LA VORACITÉ CONSUMÉRISTE» DE L'HUMANITÉ
•Par  Le Figaro.fr avec AFP
Le pape François a vivement critiqué lundi soir la "voracité consumériste" des hommes, en les appelant à réfléchir au sens spirituel de leur vie et au partage avec les plus pauvres, dans son homélie de Noël. "L'homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie"(...) Une insatiable voracité traverse l'histoire humaine, jusqu'aux paradoxes d'aujourd'hui; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d'autres n'ont pas de pain pour vivre", a-t-il souligné, s'exprimant sous le baldaquin dessiné par le Bernin, où seul le souverain pontife est autorisé à célébrer la messe. "On doit dépasser le sommet de l'égoïsme, il ne faut pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme", a encore plaidé François lors de la messe de la nuit de Noël, qui commémore la naissance de Jésus de Nazareth placé dans une mangeoire dans la tradition chrétienne.
"Le petit corps de l'Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie: non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner", a plaidé le pape, rappelant que le nom "Bethléem" signifie "maison du pain". "Demandons-nous : ai-je vraiment besoin de beaucoup de choses, de recettes compliquées pour vivre? Est-ce j'arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple? Demandons-nous: à Noël, est-ce je partage mon pain avec celui qui n'en a pas?", a égrainé le souverain pontife.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAROLE D'ÉVANGILE

Plutôt que de s'empiffrer des restes de foie gras, de dinde farcie et de bûche de Noël dégoulinante de crème, plutôt que de râler sur les cadeaux reçus et de se préparer à les refiler ou à les revendre, il ne serait sans doute pas inutile  de relire en ce 25 décembre, croyant ou non, chrétien, athée, juif ou musulman, les versets que Mathieu consacre à la naissance de Jésus. On s'apercevra, ce faisant, du caractère éminemment éthique du texte chrétien fondateur. Et puisqu'on est dans Mathieu qu'on en profite donc pour méditer Mathieu XXV que Pierre de Locht regardait dans son indépassable "foi décantée" comme le centre de gravité du message de Jésus.
MG

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