mercredi 22 mai 2019

Michel: "à force d'exclusives, on va rendre le pays ingouvernable"


Le Vif 

Le président du MR Charles Michel a mis en garde mardi contre l'édiction d'exclusives entre partis avant les élections, car elles risquent à ses yeux de rendre le pays ingouvernable.
Il réagissait aux propos du co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet qui, sur Bel-RTL, a répété mardi matin qu'il n'y avait "pas de compromis possible" entre son parti et la N-VA. Dans L'Echo, le président du cdH Maxime Prévôt assurait quant à lui que, "en aucun cas", son parti ne voulait contribuer à la mise en place d'un gouvernement avec la N-VA. "Une fois pour toutes, ce sera avec le PS sans la N-VA, ou bien avec la N-VA sans le PS", avaient clarifié ce week-end les socialistes.
"Ce qui compte, c'est le projet d'un gouvernement stable, qui donne la capacité à poursuivre des réformes économiques et sociales pour le pays", a répondu M. Michel, lors d'une visite de campagne avec l'Open Vld au centre de Bruxelles. "Ce qui compte, ce ne sont pas des exclusives contre l'un ou l'autre partenaire, mais savoir avec quel partenaire, le 27 mai, on peut mettre en oeuvre un programme qui corresponde aux engagement de l'Open Vld et du MR. A force d'exclusives, on va rendre le pays ingouvernable, et l'on sera à nouveau à 541 jours de crise", a ajouté le Premier ministre du gouvernement démissionnaire.
La présidente de l'Open Vld, Gwendolyne Rutten, a abondé dans ce sens, rappelant toutefois les exclusives que mettent les libéraux contre les partis extrémistes. "Nous ne voulons pas nous diriger vers des blocages. Nous avons déjà perdu un an en 2019, nous ne pouvons pas perdre du temps en 2020", a-t-elle dit, en évoquant le régime d'affaires courantes dont doit se contenter la coalition MR-CD&V-Open Vld depuis le départ de la N-VA du gouvernement fédéral.
Les libéraux flamands et francophones s'étaient réunis mardi midi devant une friterie de la place de la Monnaie, au coeur de Bruxelles, pour réaffirmer leurs points communs. Ils ont mis l'accent sur cinq priorités: une augmentation du salaire net d'au moins 1.000 euros par an, une pension d'au moins 1.500 euros par mois, le soutien aux entrepreneurs (extension de la suppression des cotisations sociales aux 2e et 3e emplois créés), la conciliation entre vie professionnelle et familiale et l'investissement dans l'innovation et le climat.
"Les libéraux forment le ciment de la stabilité du pays", ont martelé Mme Rutten et M. Michel, trois jours après que M. Michel et le président du CD&V Wouter Beke ont réaffirmé leur volonté de poursuivre l'axe socio-économique qu'ils forment depuis 2014.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BELGIQUE INGOUVERNABLE APRÈS LE 26 MAI ? 

"A force d'exclusives, on va rendre le pays ingouvernable, et l'on sera à nouveau à 541 jours de crise" (Ch. Michel)
"Un sondage publié vendredi pour Le Soir, RTL-TVI, VTM et Het Laatste Nieuws a fait apparaître que la Suédoise n'aurait plus la majorité à la Chambre, même avec l'appoint du cdH. Une coalition émergente serait l'arc-en-ciel, composé des socialistes, des écologistes et des libéraux, et donc sans les partis chrétiens. Mais cette coalition serait minoritaire du côté flamand. "
C'est donc hors de question! Et avec les partis chrétiens? La coalition demeure minoritaire en Flandre. C'est dire si cela ferait monter le Belang...
Bref, pour le dire platement on fonce tout droit dans l'impasse! DiverCity voit venir la catastrophe depuis des mois. Ce qui nous frappe le plus c'est la grande nervosité de Bart De Wever qui semble soudain pris de panique et lâché par sa légendaire baraka.
Là où il y a une impasse, il ya issue, dit le proverbe chinois. Certes mais franchement, je ne vois pas l'issue, pas même dans un "tous contre la NVA" dont rêve évidemment le Vlaams Belang qui monte, qui monte...
MG





Verhofstadt met au défi Salvini de débattre sur les liens extrême-droite/Russie


Le Vif 

Pour le chef de file des libéraux européens Guy Verhofstadt, Matteo Salvini doit, "en tant que leader de l'extrême droite en Europe", s'expliquer clairement sur les liens entre l'extrême-droite européenne et la Russie.
"Les gens ont le droit de savoir quel plan diabolique vous avez en tête", a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur Twitter.
"J'ai déjà eu une discussion avec Conte - le président du Conseil italien, ndlr - mais nous savons tous que vous êtes le vrai patron du gouvernement italien. Vous vous profilez également comme leader de l'extrême-droite en Europe.
Puisque vous et vos amis Le Pen, Strache et Orban conspirez avec Poutine et que vous êtes payés par lui pour mettre l'Europe à terre, je vous mets au défi de débattre. Les gens ont le droit de savoir quel plan diabolique vous avez en tête. Dites ce que vous voulez faire. Un débat à Bruxelles ou en Italie. J'y serai", a assuré Guy Verhofstadt. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE FOND DE L'AIR EST BRUN 

Les élections européennes vont se dérouler dans un climat délétère. L'extrême droite vise une double cible: l'Europe qu'elle exècre ("vous et vos amis Le Pen, Strache et Orban conspirez avec Poutine et vous êtes payés par lui pour mettre l'Europe à terre") et la démocratie qu'elle utilise comme autrefois Hitler comme tremplin pour se hisser au pouvoir et imposer la "peuplecratie" ( c'est le titre de l'excellent bouquin de Marc Lazar) au pire la "démocrature" qui règne déjà en Russie, en Turquie et d'une certaine manière aux Etats Unis. Est ce cela qu'on veut? Contre la lepénisation qui gangraine les esprits dans l'Europe entière il faut apporter son soutien à des candidats qui comme Verhofstadt ou Magnette ont des convictions européennes fortes. Bien sûr, nobody is perfect. I must be Nobody!
MG


mardi 21 mai 2019

Theo Francken: "Si les Wallons votent à gauche, ce sera le confédéralisme"


Le Vif 

Si les Wallons votent "à fond à gauche" lors des élections de dimanche, il sera alors "nécessaire" de négocier le confédéralisme, prévient lundi Theo Francken, tête de liste N-VA en Brabant flamand, dans les colonnes de la Dernière Heure. "Ils ne doivent pas s'étonner que la Flandre (...) dise: ça suffit."
"On va d'abord gagner les élections et puis on verra. Mais si les Wallons votent à fond à gauche, ils ne doivent pas être étonnés que la Flandre, qui vote à droite, dise: chers amis, ça suffit. Alors, ce sera nécessaire d'avoir le confédéralisme. Cela n'a plus de sens de négocier pendant des mois dans des châteaux", déclare l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, dans une menace à peine voilée. "Si la droite gagne en Wallonie, il y aura, bien sûr, plus de possibilités pour travailler ensemble", dit-il encore. 

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE 

Décidément ce parti aux abois, talonné par un Belang offensif dit une chose: "il n'y aura pas de confédéralisme" (dimanche chez Deborsu) et son contraire "si les Wallons votent à gauche: confédéralisme!."(Francken)
Les populistes  ne sont-ils pas les champions des contre vérités?
Il nous reste à nous consoler de vivre un dernier cocorico belgo belge avec la prestation magnifique de la candidate belge au Reine Elisabeth en présence de leurs majestés venus assister à sa prestation dans leur carrosse Mercedes hybride blindé à 500.000  euro TVA comprise.
Mais où donc est passée la princesse Elisabeth? Elle étudie avec zèle, en anglais dans un collège austère au coeur du pays de Galles.
"Musicienne intègre et pudique, la violoniste belge Huang aura réussi à faire oublier au public de Bozar qu’il s’agissait d’un concours…"
Ah si la Belgique pouvait gagner samedi le concours de violon, cela la consolerait peut être du dimanche noir qui l'attend...
MG 
 
FINALE DU CONCOURS REINE ELISABETH: FABULEUX ! HUANG RESSUSCITE DVORAK
MUSIQUE / FESTIVALS
Noblesse et élégance de la candidate belge dans son concerto comme dans l’imposé.
Il y a chez Sylvia Huang un calme – apparent en tout cas – et une maturité qui impressionnent. Tranquille, posée dans sa longue robe émeraude, la jeune violoniste belge laisse l’orchestre ouvrir les premières mesures aux réminiscences korngoldiennes de Fidl de Kimmo Hakola en attendant sereinement son entrée. Les premiers traits virtuoses sont donnés avec une grande netteté, dans un style bien moins guerrier et paroxystique que celui de Luke Hsu. Cette approche beaucoup plus lyrique fait notamment merveille dans le passage où le violon dialogue avec les harpes et le célesta, mais c’est toute l’exécution de l’imposé qui se verra ainsi portée au niveau d’une véritable œuvre de concert plus qu’un simple exercice de virtuosité Même si la Belge accompagne les traits finaux des coups de talon prescrits.
Voici près d’un demi-siècle que le concerto en la mineur opus 53 de Dvorak n’avait plus été donné en finale du Concours Reine Elisabeth : c’était en 1971, avec l’Australien Geoffrey Michaels. Pourtant, dès les premières mesures, on se dit qu’on ne comprend pas comment on a pu se passer depuis si longtemps de ce beau concerto qui n’a presque rien à envier au célèbre concerto pour violoncelle que le compositeur tchèque allait écrire quinze ans plus tard. Il y a dans l’allegro non troppo initial une noblesse élégante qui sied parfaitement à l’archet maîtrisé et raffiné de la candidate belge. L’œuvre permet au soliste de montrer l’étendue de sa palette de nuances, et Huang excelle, notamment dans l’adagio central, à apporter la délicatesse et le lyrisme requis. Ce qui ne l’empêche pas, bien au contraire, de donner à l’allegro giocoso final tout l’éclat jouissif requis, nonobstant quelques légers signes de fatigue . Rien d’ostentatoire, et moins encore de vulgaire dans ce jeu qui donne à entendre l’expressivité avant la virtuosité, le chant avant l’instrument : musicienne intègre et pudique, la violoniste belge aura réussi à faire oublier au public de Bozar qu’il s’agissait d’un concours…
Nicolas Blanmont (La Libre Belgique)


‘Vlaamse jeugd is rechtser dan men denkt’


De Standaard 

Verslaat Vlaams Belang straks Groen als winnaar van de verkiezingen? Tom Van Grieken heeft er alle vertrouwen in. ‘De Anuna De Wevers vormen een minderheid. Deze verkiezingen draaien rond migratie.’
VAN ONZE REDACTEUR BART BRINCKMAN 

GENT/ANTWERPEN          
‘Rechts is cool. Voor mij is rechts altijd cool geweest. Maar dit heb ik nog nooit gezien. Hiervan durfde ik niet te dromen.’ Tom Van Grieken monstert de overrompeling in café De Hoeve, de zeventiende halte van Tom op Toer. Tientallen studenten drummen aan de deur. Ze zien er allemaal heel gewoon uit. Skinheads of de spreekwoordelijke pet en linten zijn nergens te bekennen. Zelfs de blauwe T-shirts van Schild & Vrienden zitten in de was.
Aan de overkant van de Sint-Pieters¬nieuwstraat houden dertig tegenbetogers een stilzwijgende sit-in. Driehonderd kelen trakteren hen op ‘linkse ratten, rol uw matten’. Dertig jaar geleden waren de numerieke verhoudingen resoluut omgekeerd. De voorzitter van Vlaams Belang kan zijn pret niet op. ‘Vanavond is het linkse Gent van ons.’
‘Ik ga hier niet weg voor ik van Tom en Dries een hand heb gekregen’, overtuigt een student zijn gezelschap om de drukte te trotseren. De vertoning ademt een zekere Tom en Dries-mania. Na wat korte toespraken trekken Van Grieken en Dries Van Langenhove de straat op. Een langgerekte fotosessie volgt, bij het vrouwelijke gezelschap buigen hun hoofden wat schever. ‘Dit gaat niet over verkiezingen winnen’, schreeuwt hij zijn toeschouwers toe. ‘Die winnen we. Dit gaat over ons land. Het wordt hoog tijd dat er een partij opstaat die onze mensen beschermt,
herhaalt zijn boodschap. Maar een waarschuwing ontbreekt niet. De peilingen mogen dan met bijna 15 procent in het zenit staan, de laatste week mag de aandacht niet verslappen.
‘We zijn door de woestijn gegaan en hebben bij momenten de kamelen zelf op onze rug moeten dragen’
Buiten zoeken aanwezigen verkoeling uit de claustrofobische en oververhitte discotheek. Een koppel zeventigers verzinnebeeldt het succes. Zij werkte 42 jaar in een ziekenhuis, haar pensioen is karig. Hij vreest dat een ‘miljard Afrikanen’ naar Europa afzakt waardoor de blanke bevolking een curiosum wordt. Voor Van Grieken werd de combinatie van migratie en linkse sociaaleconomische recepten een ‘heilige graal’.
JONGE DERTIGERS
‘We hebben ons de afgelopen jaren opnieuw in de politieke arena geknokt. We zijn door de woestijn gegaan en hebben bij momenten de kamelen zelf op onze rug moeten dragen.’ Zo kijkt Van Grieken tegenwoordig terug op zijn voorzitterschap. Vijf jaar geleden reed het succes van de N-VA zijn partij in de vernieling. Gerolf Annemans gooide als voorzitter de handdoek in de ring. Het was nu aan de jongeren. De voormalige jongerenvoorzitter, toen 28 jaar, werd voor de leeuwen gegooid.
Niemand gaf een cent voor zijn succes. De N-VA-machtsgreep leek definitief. Aanvankelijk gaven de peilingen ook geen krimp. Maar Van Grieken stippelde zijn koers consequent uit. Hij ging op zoek naar nieuwe mensen, nieuwe thema’s en een nieuwe stijl. Vijf jaar later kan hij concluderen dat de mayonaise heeft gepakt.

De generatiewissel verliep zonder grote wrijvingen, al werden sommigen (Jan Penris, Frank Creyelman) die op een herkansing hoopten, teleurgesteld. In de Kamer marcheert straks een hoop dertigers binnen, met Van Grieken op kop en in zijn kielzog ambitieuze nieuwelingen zoals Van Langenhove en de West-Vlaamse neofiet Wouter Vermeersch. De voorzitter maakt van de Kamer een speerpunt van de politieke actie waarbij hij het migratiethema van Filip Dewinter zal overnemen. Ook andere jonge Turken dienen zich aan. Tom Vandendriessche, eerste opvolger voor Europa, is een wissel voor de toekomst.
Dewinter verhuist terug naar het Vlaams Parlement. Van Grieken loopt niet al te hoog op met de strapatsen van de Antwerpenaar. Zo kan de manier waarop Dewinter campagne voert met een ‘Go Back-bus’ hem niet bekoren. Maar er groeide een verstandhouding waarbij de voorzitter zich zo min mogelijk moeit met de Antwerpse geplogenheden. Dewinter zelf denkt nog niet aan zijn pensioen. Hij kondigde al tien keer aan dat Sam Van Rooy zijn rol in de Antwerpse gemeenteraad overneemt. Van Grieken stelt met enige ironie vast – ‘u moet hem mij niet leren kennen’ – dat Dewinter nog steeds fractieleider is.
Hoewel de perceptie het tegenovergestelde suggereert, probeert Vlaams Belang het aureool van een one-issuepartij af te schudden. Van Grieken verbreedde de thematieken. Behalve de aandacht voor sociaal¬economische punten (pensioen, verlaging btw op elektriciteit) gaat er steeds meer aandacht naar onderwijs. De veelheid aan onderwerpen gaat ten koste van de fixatie op de islam, al vormt Dewinter daar de uitzondering op de regel.
Tenslotte slaat Van Grieken een andere toon aan, ‘tegen het systeem, niet tegen de instellingen’. Hij zoekt minder de provocatie. ‘Radicaal maar niet marginaal’, zo zegt hij zelf. Zijn soepele tong houdt hem vooralsnog op de weg. Debatten bereidt hij goed voor, voor een bon mot draait hij zijn hand niet om. ‘Ons imago van extremist is verbeterd, mede dankzij de sociale media. Voortaan kunnen we onze boodschap ongefilterd brengen’, legt hij uit aan enkele Gentse studenten die smeken om een selfie.
SCHILD & VRIENDEN
Onlangs keuvelde Van Grieken met N-VA-voorzitter Bart De Wever in de marge van een debat. ‘Hij leek niet enthousiast, klaagde dat er in de campagne niet echt een thema bovendreef. Ik dacht bij mezelf: daar merk ik nu eens niets van.’ Voor de Belang-voorzitter staan deze verkiezingen in het teken van migratie. Dat blijft voor hem de belangrijkste reden voor het succes. Al hielpen de ‘teleurstellende resultaten van de N-VA’ in zijn ogen meer dan een handje bij de wedergeboorte.
De gemeenteraadsverkiezingen gaven een eerste indicatie van de kanteling. In de meeste provincies kon Vlaams Belang opnieuw dubbele cijfers voorleggen, al bleef het cordon in alle gemeenten overeind. Maar het succes van Tom op Toer bij rechtse jongeren – geenszins partijleden – en de sterke prestaties van kandidaten in school-debatten wijzen op een diepere omslag.
Van Grieken: ‘De Vlaamse jeugd is altijd rechtser geweest dan wordt aangenomen. De Anuna De Wevers van deze wereld vormen slechts een minderheid.’ Volgens de voorzitter gaan Vlaamse jongeren steeds sterker op zoek naar hun roots. ‘In tegenstelling tot vorige generaties groeien ze op in een superdiverse samenleving. Als de anderen een hoofddoek dragen, willen ook zij hun identiteit beleven.’
Daarbij verovert Vlaams Belang steeds meer de perifere gebieden. In de groot¬steden lijkt de groeimarge beperkt, onder meer door de demografische realiteit. Maar steeds meer kleinere steden worden geconfronteerd met migranten of zelfs transmigranten. Dat opent voor de partij perspectieven in provincies als West-Vlaanderen en Oost-Vlaanderen of een regio als de Kempen. Zo’n evolutie weegt zwaarder door dan het instant succes rond Marrakech of het rekeningrijden dat de N-VA dwong tot bochtenwerk.
Voor dat jonge volkje zijn Van Grieken en Van Langenhove aantrekkelijke rebellen. Net zoals de veroordeling van het Vlaams Blok in 2004 voor racisme de basis legde voor een eclatante overwinning (24 procent), profiteert de Schild & Vrienden¬voorman van de Panorama ¬reportage. Nochtans onthulde die reportage hoe binnen zijn extreemrechtse jongerenorganisatie racistische, antisemitische en vrouwonvriendelijke grappen en memes de ronde doen. Van Grieken hoopt dat Van Langenhove in Brabant een tweede zetel kan binnenhalen. Maar zijn toprendement wordt pas over vijf jaar verwacht. Van Langenhove zal dan nog maar dertig zijn en lid van de partij.
MET DE HULP VAN THEO
Gemakshalve wordt aangenomen dat Vlaams Belang en de N-VA communicerende vaten zijn. Het onderzoek van TNS-media (die de peiling voor VRT/De Standaard verzorgt) geeft dat ook aan. Maar de partij wint eveneens van Open VLD en van de SP.A. In de grote steden liepen de arbeiders twintig jaar geleden over naar radicaal-rechts. Maar de problemen met transmigranten in West-Vlaanderen brengen ook daar een verschuiving op gang. In Limburg hoopt Vlaams Belang te profiteren van het gebrek aan sterke socialistische lijsttrekkers.
Enkele beslissingen kwamen stevig binnen bij N-VA-kiezers die in 2014 de Belang-stal hadden verlaten. De manier waarop de partij in Ninove Guy D’Haeseleer veroordeelde tot de oppositie, sloeg hen met verstomming. Ook de plotse keuze voor de SP.A in Antwerpen blijft niet zonder gevolg. De N-VA kon in vijftien gemeenten (waaronder Antwerpen) een meerderheid met Vlaams Belang vormen, maar is vandaag in de praktijk de sterkste behoeder van het cordon.
Wellicht draagt Theo Francken de grootste verantwoordelijkheid voor de remonte van Vlaams Belang. Zijn stevige taalgebruik rond migratie schurkte aan bij dat van het Belang, hij effende het terrein, hij de¬douaneerde een bepaalde attitude. Maar de voormalige staatssecretaris van Asiel droeg vooral verantwoordelijkheid. Ondanks zijn getwitter komen elk jaar 130.000 buitenlanders het land binnen. Zijn terugkeercijfers (op die van veroordeelde sans-papiers na) bleven zeer teleurstellend. Vlaams Belang exploiteert het verschil tussen woord en daad.
Hoewel, Vlaams Belang zet de N-VA steeds weg als een neoliberale, hardvochtige partij. Meteen vormde het idee van De Wever om de wettelijke pensioenleeftijd te koppelen aan de levensverwachting een gedroomd moment om via de sociale media een creatieve pancarte te verspreiden. ‘Hoe lang wordt u hier al verpleegd?’, vraagt de N-VA-voorzitter aan een bejaarde dame. Ze antwoordt met een glimlach. ‘Ik werk hier.’ 

"LA JEUNESSE FLAMANDE EST PLUS DROITIÈRE  QU'ON NE LE PENSE. (extraits)
Le Vlaams Belang battra-t-il bientôt Groen et sera proclamé vainqueur des élections ? Le président Tom Van Grieken a toute confiance en son parti. Les Anuna De Wevers (la jeune molitante flamande pour le climat) sont une minorité. Ces élections vont tourner autour de  la migration.
Il est grand temps qu'un parti se lève pour protéger notre peuple.
Les sondages sont peut-être au zénith avec près de 15 %, mais l'attention ne doit pas faiblir au cours de la dernière semaine.
‘JEUNES TRENTENAIRES
"Nous avons traversé le désert et avons parfois dû porter les chameaux nous-mêmes sur le dos. C'est ainsi que Van Greeks revient sur sa présidence aujourd'hui. Il y a cinq ans, le succès du N-VA a ruiné les espoirs de  son parti. Gerolf Annemans, en tant que président, a jeté l'éponge. C'était aux jeunes de prendre le relais.
Ancien président des jeunes du Belang, alors âgé de 28 ans,  Van Grieken a été jeté dans la fosse aux lions.
Personne ne donnait cher de sa paeu. Le coup d'Etat de la N-VA semblait irréversible,  définitif. Mais Van Grieken  fait beaucoup de chemin depuis.
Il s'est mis à la recherche de nouvelles têtes, de nouveaux thèmes et d'un style nouveau. Cinq ans plus tard, il peut conclure que la mayonnaise apris..
De nombreux trentenaires entreront dans l'hémicycle, avec Van Grieken en tête et dans son sillage des ambitieux tels que Van Langenhove et Wouter Vermeersch.
Le Président fait de l'Assemblée un fer de lance de son action politique  autour du thème de la migration cher à  Filip Dewinter.
La thématique du Belang  s'est élargie. Outre l'attention portée aux questions socio-économiques (retraite, réduction de la TVA sur l'électricité), l'éducation fait l'objet d'une attention de plus en plus sérieuse. La multitude des sujets se fait aux dépens de la fixation sur l'Islam. Dewinter  est l'exception à cette règle.
Van Grieken se dit "contre le système, pas contre les institutions". Il cherche moins de provocation que Dewinter. "Radical, mais pas marginal", dit-il de lui-même. "Notre image de l'extrémiste s'est améliorée grâce aux médias sociaux". A partir de maintenant, nous pouvons apporter notre message sans fards ", explique-t-il à quelques étudiants gantois qui lui mendient un selfie.
SCHILD EN VRIENDEN
Pour le président de Belang, ces élections tourneront essentiellement  autour de la question des migrations, la raison la plus importante de son  formidable succès.
Van Grieken : " Les jeunes de Flandre ont toujours été plus à droite qu'on n'imagine et  de plus en plus à la recherche de leurs racines. Contrairement aux générations précédentes, ils grandissent dans une société très diversifiée. "Si les autres portent le foulard, les Flamands  aussi veulent vivre leur identité".
Le Vlaams Belang conquiert de plus en plus de régions périphériques. Dans les grandes villes, la marge de croissance semble limitée, en partie à cause de la réalité démographique. Mais de plus en plus de petites villes sont confrontées à des migrants ou même à des transmigrants. Van Grieken et Van Langenhove sont des profiles  rebelles attirants pour ces jeunes. Tout comme la condamnation du Vlaams Blok en 2004 pour racisme a jeté les bases d'une victoire retentissante (24%), la saga médiatique autour de Schild & Vrienden voorman bénéficie largement au parti.
AVEC L'AIDE DE THÉO
Pour des raisons de commodité, on imagine volontiers que le Vlaams Belang et le N-VA sont des vases communicants. Les recherches menées par TNS-media (qui réalise l'enquête pour VRT/De Standaard) l'indiquent également. Mais le parti mord aussi sur l'Open VLD et le SP.A.
C'est probablement  Theo Francken qui porte la plus grande responsabilité dans la remontée du Vlaams Belang. Son langage dru sur la migration a défriché le terrain.
Mais l'ancien Secrétaire d'Etat à l'asile n'e pas empêché que  130 000 étrangers entrent dans le pays chaque année. Ses chiffres de rapatriement (à l'exception de ceux des sans-papiers condamnés) sont très décevants. Le Vlaams Belang exploite la différence entre parole et action. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE BELANG? UN PARTI QUI MONTE, MONTE, MONTE 

La résistible ascension du Belang, qui a pris un fameux coup de jeune grâce à son président, se fera  au détriment d'une NVA qui chèvre choute et du VLD, voire de la SPa. Il faut s'attendre à une vague brune d'une très grand amplitude en Flandre et sans doute d'un bon score de Destexhe à Bruxelles. De quoi affaiblir et la NVA et le MR qui auront du mal à renégocier une suédoise. Les tribulations de monsieur Kir et les égarements électoraux communautaristes  d'Ecolo à Bruxelles sont pain bénit pour ces extrémistes de droite. On va se réveiller lundi avec une solide gueule de bois. Emmanuel Macron aussi me direz vous...
C'est plus que vraisemblable, malgré le scandale provoqué par  le dérapage du camarade autrichien, les Le Pen, Wilders, Van Grieken et autres Salvini ont le vent en poupe.
Pauvre Europe.
MG


Plan Canal: Emir Kir compare le fichage des enfants fréquentant une école coranique au fichage des juifs

La Libre

En avril dernier, il avait déjà comparé le fichage du plan Canal au fichage des juifs.
Dans un tract distribué en langue turque, le bourgmestre socialiste de Saint-Josse et 3e candidat bruxellois à la Chambre a de nouveau accusé le gouvernement fédéral et plus particulièrement la N-VA d'avoir fait la chasse aux musulmans lors du plan Canal. Les libéraux ont rapidement qualifié ce tract de "communautariste et clientéliste". Ce n'est pas la première fois que le socialiste accuse le gouvernement sortant d'avoir visé les musulmans de Bruxelles lors de la mise en place du plan Canal. En avril dernier, à l'occasion d'une interview accordée à la chaîne de télévision Al Arabiya, il avait été plus loin encore, assumant totalement ses propos.
Pour mémoire, il avait comparé l’action menée par le gouvernement Michel dans le cadre de la mise en place du plan Canal à “une autre période sombre de notre histoire européenne où les Allemands avaient commencé à faire du fichage pour connaître l’identité des Juifs avant de les envoyer dans les camps de la mort”. Des propos chocs qui suscitent un tollé sur les réseaux sociaux.
L’élu socialiste avait confirmé son propos. “J’étais scandalisé ! Je n’ai jamais comparé la Belgique à l’Allemagne du 3e Reich”, relativisait-il, précisant dans la foulée qu’Al Arabiya faisait une série d’interviews-portraits de plusieurs bourgmestres bruxellois dont Ahmed Laaouej (PS) ou Pierre Kompany (CDH). “J’ai dit que le fichage des enfants fréquentant les écoles coraniques bruxelloises opéré au début du plan Canal me rappelait cette période de l’histoire.”
Il démentait par contre le fait d’avoir plaidé pour le wahhabisme, comme certains l’avaient déclaré dans la presse. “Cela a visiblement été mal interprété. J’ai dénoncé, comme je l’ai régulièrement fait à la Chambre, le plan Canal. Ce plan dit que la fraude sociale mène au terrorisme international. J’ai toujours dénoncé cette approche fédérale, que j’estime à côté de la plaque. Ce gouvernement a utilisé de manière abusive les services de l’État pour opérer un contrôle systématique de personnes essentiellement issues de l’immigration, de musulmans. On ne peut pas utiliser les services de l’État pour contrôler systématiquement une population selon ses origines sociales ou ethniques.”
“Quant au fichage des enfants fréquentant les écoles coraniques… Franchement, ce n’est pas rien. C’est très grave ! Oui, cela me rappelle une période sombre de notre histoire européenne ! Je le dis et le redis ! Si l’on remet mes propos dans leur contexte, ceci n’est que fausse polémique.”
Meilleure preuve pour Emir Kir : “J’ai réuni des représentants du culte musulman anderlechtois et molenbeekois et le ministre de l’Intérieur de l’époque Jan Jambon (N-VA) pour une médiation. Nous lui avons demandé d’arrêter ce fichage systématique, il l’a fait… Nous avons aussi demandé que cessent les interventions policières dans les mosquées le jour de la prière du vendredi… Avec leurs chaussures sur la moquette… Quelle indignité !”
M. L. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HONTE SUR LE PARTI QUI COUVRE CELA 

Il se dit qu'il maîtrise ses dossiers et serait intelligent et gros travailleur. So what! Honte sur le parti qui couvre ce genre d'individu  dévoré d'ambition qui utilise la politique à des fins purement  narcissiques.
C'est du Nolsisme à l'envers et cela déshonore la démocratie.
Surtout cela donne des arguments aux partisans de plus en plus nombreux de l'anti politique.  Il n'a donc pas assez de son traitement de bourgmestre, il lui faut cumuler celui de député. Il est prêt à tout pour faire toujours plus de voix.
Les Turcs sont donc turcs avant que d'être belges. Ils vivent en autarcie et forment à Saint Josse et Schaerbeek une sorte d'archipel comme ceux qu'observe Jérôme Fourquet en France. Mais attention les Kurdes appartiennent à une autre galaxie et votent pour d'autres têtes.  On aimerait connaître la réaction du grand chef Di Rupo qui, il faut lui rendre justice,  bien que d'origine italienne ne s'est jamais adressé à ses compatriotes belges en italien. Il faut bien voir que sur les vitrines des commerces et des café de Saint Josse on ne voit rien d'autre que des têtes de Turc. C'est, qu'on le veuille ou non, du racisme à l'envers.  Ce tract fera les choux gras de la liste Destexhe et du Belang à Bruxelles . Bravo monsieur Kir, vous avez fait très fort.
MG

lundi 20 mai 2019

La N-VA est-elle prête à mettre de côté le confédéralisme? Elle fixe ses conditions

La Libre Belgique

La vice-présidente du parti a affirmé ce dimanche midi que les nationalistes pourraient mettre au frigo leur principale préoccupation mais à une condition.
Réunies pour un débat Nord-Sud sur RTL, des personnalités des différentes formations politiques ont abordé des points importants ce dimanche midi à une semaine des élections fédérales, régionales et européennes. Notamment présents sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, Kristof Calvo (Groen), Paul Magnette (PS), Koen Geens (CD&V), Raoul Hedebouw (PTB), Didier Reynders (MR) et Cieltje Van Achter (N-VA) ont discuté climat, emploi, impôt sur la fortune et... confédéralisme.
Mais si les discussions sont allées bon train, certaines interventions se sont démarquées des autres. On retient ainsi la sortie de la vice-présidente de la N-VA, Cieltje Van Achter. Cette dernière a affirmé que, si une suédoise bis était formée, son parti ne remettrait pas le confédéralisme sur la table. "Si on peut avoir une politique de centre-droit, c'est ce que nous voulons, on est d'accord de continuer avec la Suédoise", a expliqué la nationaliste flamande.
Cette déclaration a interpellé sur le plateau. Interrogée par Christophe Deboursu aux commandes du débat, Cieltje Van Achter l'a répété: "Si on peut avoir la politique qu'on veut, il n'y aura pas de confédéralisme". Mais pour cela, la N-VA veut une "politique de réforme". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"QUI  GAGNE DE L'ARGENT SE DOIT DE LE REDISTRIBUER." (De Wever)

C'est un scoop et assurément un tournant dans la campagne comme l'a tout de suite compris Christophe Deborsu en direct sur RTL.
Se rendant compte que l'avance de son parti est de plus en plus grignotée par le Vlaams Belang qui bénéficie de ce vent froid de populisme qui glace le climat politique européen, Bart De Wever met de l'eau dans son vin plutôt que de faire monter les enchères communautaire avec le Belang.
Intelligent comme, il est il a compris également qu'il ne réussirait pas à attirer le MR et le CDh (de plus en plus proche du CD&V) dans une aventure confédéraliste. La NVA semble terrifiée à l'idée  d'être reléguée dans l'opposition à la chambre.
En larguant son obsession confédéraliste, elle  redevient fréquentable pour les libéraux francophones. Reste à savoir quel sort l'électeur bruxellois et wallon réservera dimanche prochain au MR.
Cela demeure la grande inconnue de ce redoutable scrutin. On lira avec un mélange d'intérêt et d'amusement la carte blanche  d'Aubry Touriel, un journaliste wallon  qui a passé trois ans avec les militants de la N-VA et fait du parti une radioscopie assez surprenante.
MG

BART DE WEVER: 'WE WILLEN GEEN RADICALE SPLITSING'
Knack
In een gesprek met De Zondag zet N-VA-voorzitter Bart De Wever in aanloop naar de verkiezingen de ideologische krijtlijnen van zijn partij uit. 'Wie geld verdient, moet herverdelen.'
Bart De Wever (48), is inmiddels al vijftien jaar voorzitter van de Nieuw-Vlaamse Alliantie. In een interview met De Zondag, in de aanloop naar de Europese, federale en regionale verkiezingen van volgende week, zet De Wever in op de Vlaamse identiteit als verkiezingsthema.
HET CONSERVATISME, IS DAT DE IDEOLOGIE VAN UW PARTIJ?
BART DE WEVER: Dat is zeker zo, of toch in filosofische zin. Al zullen sommige partijleden dat niet graag horen. Het woord is helaas vervuild geraakt. Veel mensen denken dat een conservatief tegen verandering is. Dat is niet waar. Ons maatschappijbeeld vertrekt vanuit de gemeenschap. Die bestaat uit vele kringen: het gezin, de wijk, de jeugdbeweging, de stad en op het hogere niveau Vlaanderen. Die gemeenschap moet de samenleving ordenen. Dat is het fundamentele verschil met andere ideologieën.
Het liberalisme vertrekt vanuit het individu, het socialisme vanuit de staat. Liberalisme mondt trouwens uit in socialisme. Vrije individuen gaan onvermijdelijk botsen. Een overheid is dus nodig om dat te reguleren. Dat terzijde. Wij kijken naar de gemeenschap. Die moet sterk en gezond zijn, want alleen dan kan een samenleving overleven. De overheid moet daar mee voor zorgen.
U DOET DENKEN AAN CD&V.
DE WEVER: Wij zijn ideologisch verwant, ja. Wat is het verschil? Een gemeenschap heeft lijm nodig. CD&V kijkt daarvoor naar de katholieke zuil. Wij kijken naar de gedeelde identiteit. Identiteit kan de gemeenschap van zeven miljoen Vlamingen binden.
IN HET VERLEDEN LEIDDE EEN IDENTITEITSDISCOURS VAAK TOT GRUWEL. WAAROM ZOU DAT MET U ANDERS ZIJN?
DE WEVER: (droog) Ah, de dark side. Daar is ze. Een identiteitsdiscours wordt gevaarlijk als die identiteit gezien wordt als een absolute waarde. Dat was zo in het oude Griekenland: je was ofwel Griek ofwel barbaar. Wij geloven echter dat een gemeenschap dynamisch is én nieuwe groepen kan opnemen. Dat betekent ook dat identiteit evolueert.
KAN EEN HOOFDDOEK OOIT DEEL UITMAKEN VAN ONZE IDENTITEIT?
DE WEVER: Dat kan. Ik durf dat niet uit te sluiten. Een identiteit is namelijk het gevolg van een dialoog tussen veel mensen. Ik heb maar één stem. Ik hoop van niet, want ik geloof in een seculiere samenleving.
WAAROM PLEIT U NOOIT MEER VOOR ARTIKEL ÉÉN VAN UW STATUTEN, DE ONAFHANKELIJKE VLAAMSE REPUBLIEK?
DE WEVER: Omdat wij realisten zijn. De objectieve werkelijkheid is dan wel Vlaams, de subjectieve werkelijkheid is dat niet. Of toch niet voor het grootste deel van de bevolking. Veel mensen zijn gehecht aan het Belgische huis, ook al leven ze in een Vlaamse werkelijkheid. We willen geen radicale splitsing. Ook dat is conservatisme. Wij pleiten voor evolutie. De logische volgende etappe is het confederalisme.
BENT U EEN NEOLIBERALE PARTIJ OP SOCIAALECONOMISCH VLAK?
DE WEVER: (feller) Helemáál niet. Wie dat zegt, kent mijn partij niet of wil haar in een slecht daglicht stellen. Wij geloven dat het liberale kapitalisme het beste economische systeem is. Dat heeft de geschiedenis bewezen. Geen énkel ander systeem heeft voor zoveel welvaart gezorgd. Maar we koppelen die vrijheid aan verantwoordelijkheid. Wie geld verdient, moet herverdelen. Wij vinden solidariteit heel belangrijk. De kracht van identiteit is trouwens dat ze zorgt voor solidariteit. Als ik mij verbonden voel met mijn gemeenschap, dan zal ik graag mensen helpen in die gemeenschap.
DE WEVER MET L'ACCENT SUR L'IDENTITÉ FLAMANDE COMME THÈME ÉLECTORAL.
Bart De Wever, 48 ans, est président de la Nouvelle Alliance flamande depuis maintenant quinze ans. Dans une interview accordée à  De Zondag, à la veille des élections européennes, fédérales et régionales de la semaine prochaine, De Wever met l'accent sur l'identité flamande comme thème électoral.
LE CONSERVATISME, EST-CE LÀ L'IDÉOLOGIE DE VOTRE PARTI ?
BART DE WEVER : Certainement , du moins AU sens philosophique. Bien que certains membres du parti n'aimeront pas l'entendre. Malheureusement, le mot s'est dénaturé. Beaucoup de gens pensent qu'un conservateur est forcément contre le changement. Rien n'est moins  vrai. Notre image de la société part de la communauté et se compose de plusiuers cercles concentriques : la famille, le quartier, le mouvement de jeunesse, la ville et à un niveau plus élevé la Flandre. Cette communauté se doit d'organiser la société. C'est la différence fondamentale avec les autres idéologies.
Le libéralisme se fonde sur l'individu; le socialisme sur l'Etat. Le libéralisme mène aussi au socialisme. Les individus libres s'affronteront inévitablement. Il faut un gouvernement pour réglementer tout cela. Nous nous appuyons  sur la collectivité. Elle doit être forte et saine, pour survivre et faire société.  Le gouvernement doit en être le garant.
N' ÊTES-VOUS PAS EN CELA PROCHE DU  CD&V?
DE WEVER : Oui nous sommes idéologiquement solidaires.  Quelle est la différence ? Une communauté a besoin de ciment. Pour le CD&Vl ciment c'est  le pillier catholique pour ce serait plutôt l'identité partagée par sept millions de Flamands.
AUTREFOIS , LE DISCOURS IDENTITAIRE CONDUISIT À L'HORREUR. POURQUOI SERAIT-CE DIFFÉRENT AVEC VOUS ?
DE WEVER :Tout discours identitaire devient dangereux si l'identité est  élevé au rand de valeur absolue. C'était le cas dans la Grèce antique : vous étiez soit grec, soit barbare. Nous, nous pensons qu' une communauté dynamique peut absorber de nouveaux groupes. Cela signifie que l'identité évolue.
UN FOULARD PEUT-IL FAIRE PARTIE DE NOTRE IDENTITÉ ?
DE WEVER : C'est possible. Je n'ose pas l'exclure. Une identité est le résultat d'un dialogue entre de nombreuses personnes. Je crois en une société laïque.
POURQUOI NE PLAIDEZ-VOUS PAS EN FAVEUR DE L'ARTICLE PREMIER DE VOS STATUTS, LA RÉPUBLIQUE FLAMANDE INDÉPENDANTE ?
Parce que nous sommes réalistes.  Beaucoup de gens sont attachés à la maison Belgique, tout en vivant dans une réalité flamande. Nous ne voulons pas d'une scission radicale. Cela aussi, c'est du conservatisme. Nous prônons l'évolution lente. La prochaine étape est logiquement le confédéralisme.
ÊTES-VOUS UN PARTI NÉO-LIBÉRAL SUR LE PLAN SOCIO-ÉCONOMIQUE ?
DE WEVER :. Quiconque qui l'affirmerait ne connaît pas mon parti ou veut l'éclairer sous un mauvais jour. Nous croyons que le capitalisme libéral est le meilleur des systèmes économiques. Aucun autre système n'a apporté autant de prospérité.  Mais nous subordonnons  cette liberté à la responsabilité. Quiconque gagne de l'argent se doit le redistribuer. La solidarité est essentielle pour nous. La grande  force de l'identité, en fait, c'est qu'elle est solidaire. Si je me sens en phase avec ma communauté, je serai heureux d'aider les gens de cette communauté.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C'EST DU COMMUNAUTARISME PUR JUS



Trois ans avec les militants de la N-VA
Aubry Touriel

Bart De Wever, Theo Francken et les leurs ont développé une stratégie bien réfléchie dans les médias et sur les réseaux sociaux. Mais de quoi parlent-ils avec leurs militants et membres quand les caméras et les micros sont absents ? Le journaliste indépendant Aubry Touriel a suivi discrètement une dizaine de réunions internes de la N-VA à Anvers, pendant trois ans, pour Le Vif/L'Express. À travers son récit, il analyse la rhétorique du parti nationaliste flamand et dépasse les clichés qui l'entourent. Découvrez la N-VA depuis l'intérieur, en plusieurs épisodes d'une série qui pourrait s'intituler "La faute des autres".
Episode 1 :"Le CD&V est le plus gros souci"
J'ai dès lors décidé de prendre le temps. Prendre le temps pour me pencher sur l'évolution de la N-VA depuis le 25 mai 2014. C'était le jour de "la mère de toutes les élections" : les citoyens belges étaient convoqués pour les élections régionales, fédérales et européennes.
L'OUTSIDER À L'AFFÛT
Ce jour-là, la N-VA était sortie grande gagnante de ce scrutin avec son slogan "La force du changement". À tous les niveaux où elle s'est présentée (sauf à la Région bruxelloise), elle est devenue le plus grand parti. En plus du gouvernement flamand, elle a fait son entrée au fédéral, une première.
Au fil des années, la N-VA a changé de visage. Elle a délaissé son programme communautaire pour se concentrer sur le socio-économique, l'identitaire et le sécuritaire. Par contre, une chose n'a pas changé : la N-VA ne cesse de crier sur tous les toits que "c'est la faute des autres". En néerlandais, on appelle ça "de zwarte piet doorgeven). Quand des dossiers n'évoluent pas à son goût, le parti nationaliste rejette la responsabilité sur les autres. Ce sont les autres qui empêchent la N-VA d'atteindre sa mission, une technique classique en politique. Et, comme vous allez le découvrir dans cette série, la liste des boucs émissaires de la N-VA est longue : le CD&V, les médias, Bruxelles, Angela Merkel, les musulmans, les socialistes, la société civile...
J'ai pu m'en rendre compte alors que j'assistais à des réunions internes à la N-VA anversoise. J'y ai découvert un parti qui incarne le rôle d'outsider. Son rôle préféré. Lors d'une réunion interne à Hoboken en septembre 2015, Bart De Wever déclare : "Ivan De Vadder me qualifie d'homme le plus puissant de Belgique dans son livre (NDLR : Le journaliste politique de la VRT a publié "The power people: de machtigste en invloedrijkste mensen van Vlaanderen"), ce n'est pas un cadeau. Les gens n'aiment pas ça, je pense que ce n'est pas réaliste. Le Flamand est un fan de Poulidor, le sympathique underdog." (Toutes les citations provenant des réunions internes procèdent d'une traduction libre de l'auteur.)
Et c'est précisément la manière dont Bart De Wever souhaite que la population perçoive son parti : l'outsider qui est à l'affût, prêt à jaillir pour défendre les intérêts flamands. La N-VA veut incarner l'alternative à un système qu'elle dirige elle-même. Quelle ironie.
Elle se prétend différente des autres partis alors qu'elle fait partie du même système auquel elle participe activement. Elle copie les habitudes des partis traditionnels et reproduit des techniques rhétoriques utilisées de tout temps en politique. Pour vous en rendre compte, je vous emmène en immersion au coeur de la N-VA.
MOI, JOURNALISTE INFILTRÉ
Pendant trois ans, j'ai suivi discrètement une dizaine de réunions à Anvers. Toutes les réunions étaient exclusivement réservées aux membres de la N-VA anversoise. Presque à chaque fois, le président Bart De Wever était présent pour tenir un discours.
Un francophone infiltré à la N-VA, un comble. Mais comment me suis-je retrouvé à Anvers, moi qui suis né à Seraing, un bastion socialiste liégeois ? Dans le cadre de mes études de traduction à l'université de Mons, j'ai passé une année scolaire à Anvers. C'était dans le cadre d'un séjour ... Erasmus. Oui, vous avez bien lu, un échange dans mon propre pays.
En dix mois, j'ai appris plus de néerlandais qu'en dix ans sur les bancs de l'école. Un nouveau monde s'est ouvert à moi. Je me suis familiarisé avec la politique flamande. Depuis, il n'y a pas un jour sans que je ne regarde au moins une émission politique à la VRT - que ce soit Terzake, De Afspraak, De Zevende Dag ou Villa Politica.
J'ai appris à connaître le concept de "Bekende Vlamingen" en regardant le Slimste Mens (Ter Wereld) avec mes colocataires flamands. J'ai découvert de nombreuses séries flamandes, dont celles de la maison de la production Woestijnvis, comme Het Eiland. Quand je regarde une série, elle est très souvent flamande. Idem pour les médias. J'ai échangé l'intérêt que beaucoup de Belges francophones ont pour la France contre une fascination pour la Flandre.
Après quelques années d'expérience comme traducteur, je me suis lancé dans le journalisme. Ma spécialité ? La Flandre. Cinq ans après mon Erasmus, j'ai décidé de revenir à Anvers en octobre 2014. Mon but ? Devenir "correspondant de Flandre" pour les francophones.
Quelques mois après mon retour dans ma ville de coeur, je tombe sur l'événement "Tour pour la Flandre" alors que je parcours le site web de la N-VA Anvers. Les ministres de la N-VA sillonnent les cinq provinces flamandes pour comparer leur programme électoral aux accords de gouvernements fédéral et flamand. Bart De Wever, Jan Jambon, Johan Van Overtveldt sont de la partie à Anvers. De gros poissons.
Ma curiosité est attisée. Je téléphone au bureau de la N-VA pour savoir si la presse est autorisée à assister à l'événement. Négatif. Après différents contacts avec des confrères journalistes et des représentants du Conseil de Déontologie Journalistique, je décide de m'inscrire à la N-VA.
12 DÉCEMBRE 2014, AVEC 500 MEMBRES DE LA N-VA
12 décembre 2014, jour J. Environ 500 membres de la N-VA sont réunis dans la salle de Zuiderkroon dans le sud d'Anvers. Vers 20h10, Jan Jambon et Johan Van Overtveldt arrivent sur scène. La salle applaudit. Les ministres vont rejoindre directement... le public. Normal : place au patron. Bart De Wever souhaite la bienvenue et déclare : "C'est une soirée en cercle fermé, sans presse. Je peux donc vous parler sans tabou". C'est ma première réunion interne à la N-VA. Moi, journaliste infiltré.
Le rendez-vous pour le Tour pour la Flandre d'Anvers est fixé à 20 heures le 12 décembre 2014 dans la salle Zuiderkroon, sur le "quai flamand". J'arrive à l'heure devant l'entrée du bâtiment, les gens affluent. À l'accueil, j'explique ne pas avoir encore reçu ma carte de membre, commandée une semaine plus tôt. Mon nom figure bel et bien sur la liste. On m'attache un bracelet jaune autour du poignet. Le premier signe tangible que je suis dans la fosse aux lions. J'essaie de paraître comme un poisson dans l'eau.
Je me dirige ensuite dans la salle. Elle est déjà bien remplie. Sur la droite, au milieu, je trouve un siège vide à côté d'un couple de sexagénaires. Je m'y installe, tout se passe comme prévu. Le public, en majorité masculin, est en moyenne âgé de la cinquantaine bien tapée. Tous bien habillés, les membres du parti le plus puissant de Belgique ressemblent à des gens de la classe moyenne flamande et à des cadres. Quelques jeunes et quelques dames complètent le tableau. Les personnes d'origine étrangère constituent l'exception. On est bien loin de l'image de diversité que le parti veut donner en externe avec des membres comme Zuhal Demir, Darya Safai, Assita Kanko (les deux dernières rejoindront les rangs de la N-VA en 2018). Sur le podium trônent trois drapeaux : le drapeau de Flandre, de l'Union européenne et de la N-VA.
Si les militants de la N-VA sont réunis à Anvers, c'est parce qu'ils veulent savoir à quel point leur parti a pesé dans les programmes des gouvernements fédéral et flamand. La N-VA fait son entrée au fédéral, une première pour le parti nationaliste.
Vers 20h10, Bart De Wever souhaite la bienvenue et lance : "On reçoit quelques critiques, à gauche comme à droite, mais surtout à gauche. (rires du public) Avant les élections, nous étions les boucs émissaires, maintenant, c'est encore pire."
Il n'a pas fallu plus d'une minute de discours pour que Bart De Wever enfile non pas son costume de panda, mais celui de Calimero (En mars 2014, Bart De Wever s'est déguisé en panda lors d'une émission sur VTM. Il y a déclaré : "J'étais à Mons, où mon ami Elio Di Rupo m'a offert un job permanent pour 700 000 euros par an."). Un rôle qu'il interprète à merveille. Et ce n'est pas Geert Beullens, aka. BDW, l'acteur qui se prend pour le bourgmestre d'Anvers, qui dira le contraire. Ce comédien a même composé et interprété une chanson appelée "La faute des autres". "C'est la faute des socialistes. C'est la faute des Wallons. C'est la faute des roux. C'est la faute des chauves. C'est la faute des syndicats..." claironne-t-il. Ce ne sont pas les coupables qui manquent.
"IL Y A QUELQU'UN DANS LA SALLE QUI NOTE TOUT"
En ce début de législature, toutes les flèches de la N-VA sont dirigées sur le CD&V. Dès l'entrée en fonction du gouvernement, les syndicats ont manifesté dans la rue et parmi eux, on retrouvait évidemment des membres de l'ACV (Syndicat flamand, l'équivalent de la CSC en Flandre) qui constituent une partie de l'arrière-ban du CD&V. Le parti chrétien-démocrate se doit dès lors d'incarner la "face sociale" du gouvernement. Selon Bart De Wever, le CD&V remet en doute les engagements du gouvernement en matière de coupes budgétaires. Et ça, ça ne plaît pas au leader de la N-VA.
Une bonne heure de présentation plus tard, un militant pose une question au chef : "Le CD&V a un pied dans le gouvernement et l'autre en dehors. Comment allez-vous dompter ce cheval de Troie ?" Il met le feu aux poudres.
Bart De Wever confie, après un moment d'hésitation : "Il y a une raison pour laquelle nous faisons cette réunion en interne : répondre à ce type de question. Avant que tu ne le saches, il y a quelqu'un dans la salle qui note tout..." Le public rit aux éclats. Je souris intérieurement : "S'ils savaient...".
"À la presse, on dirait "mais non, ça va encore, vous exagérez...". Mais, non, ça ne va pas : il y a un problème. C'est essentiel de raconter l'histoire de la relance socio-économique d'une même voix", poursuit le bourgmestre d'Anvers.
Friand d'allégories liées au cyclisme, le président de la N-VA enchaîne : "Le but est de trouver les bonnes personnes qui pédalent pour atteindre un objectif. Cela complique les choses si l'un des quatre (partis du gouvernement fédéral : MR , N-VA, CD&V et Open Vld) se retrouve sur le porte-bagages. Surtout, si en plus, il ne cesse d'appuyer avec son pied sur le pneu arrière. On commence alors à faire du surplace. J'ai l'impression que c'est le cas parfois, souvent, quotidiennement..." La salle rit à gorge déployée.
Bart De Wever est sans pitié pour son ancien partenaire de cartel (sous l'impulsion d'Yves Leterme et de Geert Bourgeois, le CD&V et la N-VA, alors quasi inconnue, ont uni leur force entre 2004 et 2008 pour notamment plaider pour plus d'autonomie de la Flandre) : "Surtout ces temps-ci quand j'entends certains dire : 'On ne doit plus faire d'économies. Je l'ai proposé aux membres du kern, je sais qu'ils ne sont pas d'accord, mais je le dis quand même pour faire la Une des journaux.' Dans ce cas, on se demande : comment est-il possible de partir en guerre avec un soldat pareil ?"
Cela ne fait que deux mois que le gouvernement fédéral est entré en fonction et Bart De Wever évoque déjà une éventuelle chute de gouvernement : "Si le CD&V ne pédale pas avec nous, à un moment donné, les pieds vont se prendre dans les rayons et nous allons tomber. Je souhaite bonne chance à celui qui fait tomber ce gouvernement."
Citation particulièrement ironique, lorsqu'on sait que, quatre ans plus tard, c'est la N-VA elle-même qui est responsable de la chute du gouvernement Michel en raison de sa position sur le pacte de l'ONU pour les migrations...
La famille royale, les socialistes, les médias... les différents "ennemis" de la N-VA en prennent pour leur grade pendant deux heures. Après la session de questions/réponses, la réunion se termine. La grande partie de la masse se dirige vers le foyer. Après une petite dizaine de minutes, je m'en vais. La soirée avait livré suffisamment d'informations croustillantes.
LA BOMBE
La semaine suivante, mon article sur le "Tour pour la Flandre" à Anvers paraît dans le Vif/L'Express : "Pour la N-VA, 'le CD&V est le plus gros souci", signé "Dominique Dewael", mon pseudonyme. La bombe est lancée. C'est la première fois que la N-VA tient des propos aussi incendiaires vis-à-vis de son ancien membre de cartel. Jamais auparavant, les partenaires de la coalition suédoise ne s'étaient attaqués aussi clairement dans la presse.
L'affaire prend de l'ampleur. Joachim Pohlmann, porte-parole de Bart De Wever, réagit dans la presse flamande : il confirme que le chef de la N-VA a bel et bien tenu ces propos, mais nuance en disant que cela arrivait d'adopter un type de langage plus trempé en réunion interne. Il regrette également qu'un journaliste pénètre une réunion à huis clos de cette façon.
Après la trêve hivernale, les deux partis recommencent à se chamailler de plus belle. À la mi-janvier, le terme "Kibbelkabinet" (Littéralement : gouvernement qui se chamaille) voit le jour sous la plume de l'auteur et historien Marc Reynebeau dans un article du Standaard. Ce terme sera par la suite très souvent utilisé par les médias flamands. Un podcast de la VRT portera même ce nom : quatre journalistes y accueilleront un invité politique pour parler de l'actualité de la Rue de la Loi.
Les dossiers qui divisent les anciens partenaires de coalition ne manquent pas. Depuis le 17 janvier 2015, des militaires sont chargés d'assurer la sécurité dans certains quartiers à Bruxelles et à Anvers. Le CD&V est ouvertement contre cette décision alors que la N-VA la défend bec et ongles.
(...) Les prises de bec par médias interposés entre Kris Peeters et Bart De Wever ne cesseront plus. Lors de la campagne pour les élections communales de 2018, Bart De Wever a par exemple traité Kris Peeters de "transmigrant", car ce dernier a déménagé de Puurs à Anvers pour tirer la liste du CD&V dans la métropole anversoise.
LA SOIF DU POUVOIR
Il n'y a pas que la venue de Kris Peeters à Anvers, les positions "de gauche" et "anti-paras" du CD&V qui dérangent la N-VA. Le parti nationaliste est jaloux de l'influence démocrate-chrétienne dans les institutions (semi-) publiques. Un cartoon paru dans la newsletter Nieuw-Vlaams Magazine (Newsletter mensuelle envoyée aux membres du parti nationaliste, mais également accessible en ligne) au début de l'année 2015 en est une belle illustration.
On y retrouve une caricature du ministre fédéral Kris Peeters, en train de faire ses courses avec sa femme sur le Meir à Anvers. Il déclare : "Chérie, j'ai peur des militaires en rue". Un passant réplique : "J'ai surtout peur des chrétiens-démocrates dans le conseil d'administration de ma banque."
(...)La présence de membres de la N-VA dans les plus hautes sphères de l'administration ou des institutions publiques montre qu'elle est devenue un parti comme les autres : elle a soif de pouvoir. Alors qu'elle accuse le CD&V de placer ses pions, la N-VA copie-colle les mêmes méthodes que le parti démocrate-chrétien.
En 2013, alors déjà au gouvernement flamand, la N-VA voulait montrer qu'elle ne dérogerait pas à ses principes : elle n'a pas eu recours à une nomination politique pour le poste de gouverneur de Flandre orientale. Elle a opté pour Jan Briers, une personne sans carte de parti. Depuis les beaux principes sont tombés aux oubliettes et les nominations politiques vont bon train. Comble de l'ironie : Jan Briers est le premier suppléant aux élections fédérales en Flandre orientale sur les listes du... CD&V !
N-VA FURAX
Dès la parution de mon article dans le Vif/L'Express, l'agence Belga a repris l'information. Des deux côtés de la frontière linguistique, presque tous les médias parlent de l'affaire.

dimanche 19 mai 2019

Le parti de Farage s'envole dans les sondages


Le Vif 

Le Parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage s'envole en intentions de vote aux européennes avec 34%, soit plus que le Parti conservateur et le Parti travailliste réunis, selon un sondage publié dimanche dans The Observer.

Par rapport au précédent sondage, le Parti du Brexit double ainsi son avance sur le Parti travailliste, lequel arrive en deuxième position avec 21% des intentions de vote (en chute de sept points).
Les Libéraux-démocrates, opposés au Brexit, sont crédités de 12% (en hausse de cinq points) et dépassent le Parti conservateur de la Première ministre Theresa May, qui ne recueille que 11%, selon The Observer.
Ce sondage a été réalisé en ligne par l'institut Opinium Research entre mercredi et vendredi auprès d'un échantillon représentatif de 2.004 adultes britanniques.
Nouvellement créé, le parti de M. Farage se présente comme le sauveur du Brexit, capable de mener à bien le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.
Le Royaume-Uni devait à l'origine quitter l'UE le 29 mars mais a dû repousser deux fois la date du départ, faute de soutien des députés britanniques à l'accord de Brexit conclu en novembre entre Londres et Bruxelles.
La nouvelle date limite a été fixée au 31 octobre, ce qui oblige le pays à organiser des élections européennes en même temps que les 27 autres Etats membres de l'UE.
Au Royaume-Uni, le scrutin est prévu le 23 mai. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEDANS ET DEHORS 

S'il devait en effet s'avérer que les Anglais plébiscitent Farrage le grand copain de Donald Trump et Marine Le Pen qui rêvent de la mort de l'Europe on ne pourrait que regretter que l'Europe ait tant tergiversé à sortir  le Royaume Uni de la classe européenne.
Ils veulent en effet à la fois être dedans et dehors pour tirer avantage de la situation et parasiter le fonctionnement de nos institutions comme ils l'ont toujours fait.
Perfide Albion...
MG

vendredi 17 mai 2019

Tract polémique : Zoé Genot (Ecolo) se dit désolée et charge "des socialistes inquiets"


BELGA La Libre


La cheffe de groupe Ecolo Zoé Genot a affiché sa désolation mercredi sur Facebook après les répercussions d'un tract polémique jugé communautariste, retiré et condamné par son propre parti.
Elle dit aussi avoir agi de la sorte pour rassurer des personnes sur les marchés "désinformées par des socialistes inquiets". La candidate écologiste leur reproche d'avoir appelé des citoyens à ne pas voter Ecolo car "ils sont contre le foulard, contre le halal". C'est cet état de fait qui a motivé l'élue à distribuer une information en provenance des sites internet de la Libre et de la RTBF, comparant les programmes. "Le communautarisme, c'est adapter son discours en fonction du public", dénonce-t-elle a contrario. Elle dit assumer ses positions partout, que ce soit la reconnaissance du génocide arménien, l'adoption homosexuelle.
"Hallucinant", "scandaleux", "racolage communautaire": un tract distribué par Ecolo au marché de Laeken enflamme la campagne

• "Le burkini doit être autorisé dans les piscines publiques": qu'en pensent les partis ?
Un tract, distribué par Ecolo sur le marché de Laeken ce mercredi matin, enflamme la campagne. Bien qu'Ecolo y détaille des points de son programme, le parti est taxé par ses rivaux de faire du "prosélytisme" et du "racolage communautaire".
La campagne bat son plein et le tract politique y reste un outil très précieux dans l'arsenal des partis. Notamment pour démarcher le citoyen indécis. Et le moins qu'on puisse écrire, c'est que celui distribué par Ecolo sur le marché de Laeken (nord de Bruxelles) ce mercredi matin fait polémique...
Epinglé sur Twitter par le polémiste Michel Henrion (RTL-TVi), on peut y lire le parti vert communiquer sur un seul et unique thème : "les positions des partis concernant les libertés de culte à Bruxelles". Le tract se veut didactique et comparatif, sourcé à partir d'articles journalistiques et de tests électoraux notamment organisés sur les sites de La Libre Belgique et La Dernière Heure. Il précise si "Oui" ou "Non" Ecolo, PTB, PS, MR, CDH et Défi se prononcent en faveur de thématiques comme le "port du foulard islamique aux guichets des administrations", "le libre choix des jours de congé par les parents d'élèves en fonction de leurs convictions", "le maintien de l'heure de cours de religion ou de morale", ainsi que "le port du foulard à l'école par les élèves".
Voir l'image sur Twitter
michel henrion@michelhenrion
A toutes ces questions brûlantes, Ecolo répond "Oui". Les écologistes ajoutent, encore, être "pour l'abattage sans étourdissement dans le cadre des rites religieux à Bruxelles".
On notera l'absence totale de communication sur le climat, la mobilité où le pouvoir d'achat, thèmes pourtant martelés à foison depuis plusieurs semaines par le parti coprésidé par Zakia Khattabi et Jean-Marc Nollet.
"Insensé de draguer ainsi la communauté musulmane"
Georges Dallemagne, tête de liste CDH à la Chambre pour Bruxelles, en est tombé de sa chaise. "Ce tract est hallucinant, c’est franchement scandaleux et insensé de draguer ainsi la communauté musulmane en favorisant le repli sur soi et le communautarisme. Ce tract ne vient pas d’un candidat néophyte, mais de Zoé Genot qui a de l’expérience et qu’on nous présente comme une future négociatrice dans la formation du prochain gouvernement régional. Maintenant, tout le monde sait qu’Ecolo fait la course à l’échalote avec le PTB et que le parti est contre le bien-être animal... alors qu’il est possible de concilier les rites religieux avec le bien-être animal. Autoriser le foulard dans les écoles, c’est l’inverse du message constructif que nous devons tous promouvoir et partager pour un vivre ensemble."
Emmanuel de Bock (5e sur la liste Défi), sur Facebook, n'en pense pas moins : "J’hallucine. Les pratiques incroyables de racolage communautaire d'Ecolo qui écume certains quartiers avec ce tract? Dites-moi que je rêve !"
Alain Destexhe s'est lui aussi engouffré dans la brèche.
Alain Destexhe
✔@Destexhe
Je dénonce depuis 10 ans le #communautarisme de @ecolo que certains semblent découvrir aujourd’hui à travers un tract qui fait grand bruit. Tout cela était connu depuis longtemps.
"LES MASQUES D'ECOLO TOMBENT!"
Pour le ministre Denis Ducarme ,"Ecolo affiche sans le moindre scrupule son communautarisme qui est totalement opposé aux principes de neutralité de l'État. C'est un moment central de la campagne, car ce tract fait tomber les masques d'Ecolo."
Georges-Louis Bouchez, porte-parole du MR pour cette campagne, tire au même calibre : "On voit le communautarisme dans lequel sombre Ecolo. Aux dépens de leurs valeurs fortes ! On voit clairement qu'Ecolo est favorable à l'abattage sans étourdissement. La protection animale ne résiste pas à l'envie de gagner quelques voix supplémentaires... Flagrant délit de double discours. Bizarrement, c'est un discours qu'Ecolo ne soutient pas à Uccle ou dans le Brabant wallon. Mais à Laeken, bien. Il faut alors porter ce discours partout et pas, comme par hasard, dans des quartiers à forte densité de personnes étrangères. On ne peut pas me soupçonner d'être un ami du PS mais je n'ose imaginer ce qu'on aurait dit si le PS avait fait cela. C'est scandaleux de procéder ainsi. Proposer un jour de congé selon les fêtes religieuses, vous imaginez l'organisation dans les écoles ? Au lieu de rassembler, on exalte les différences. On voit qu'Ecolo et PTB sur ces questions, sont sur la même ligne..."
Voir l'image sur Twitter
Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
ECOLO DÉNONCE DES PRATIQUES QUI NE SONT "PAS ACCEPTABLES"
Alain Maron, candidat Ecolo à Bruxelles, a réagi sur Twitter à la polémique qui enfle :
Ce tract n'a en effet pas été avalisé par Ecolo BXL avant sa diffusion et ne l'aurait pas été. Ce n'est clairement pas notre façon de faire campagne. Nous misons sur la nuance et le dialogue, par sur les clichés ni le communautarisme.
L’intéressé affirme par ailleurs que ce tract n’avait pas été avalisé par la régionale bruxelloise du parti. C’est exact. “Zoé Genot a fait une erreur d’appréciation importante et sur le fond et sur la forme.
En fin d'après-midi, c'est Zakia Khattabi, co-présidente d'Ecolo, qui est à son tour sortie du bois :
Zakia Khattabi@ZakiaKhattabi
Nous avons toujours critiqué et dénoncé ce genre de pratique électorale chez les autres. Elles ne sont pas plus acceptables quand elles viennent des nôtres, même une seule fois c'est une de trop.
Précisons enfin que la distribution du tract, signé par Zoé Genot et Ahmed Mouhssin, candidats tennoodois pour Ecolo aux régionales bruxelloises, a été stoppée.
Zoé Genot s'est dit "vraiment désolée pour les personnes qui ont été choquée par le tract d'invitation au débat". "Le communautarisme, c'est adapter son discours en fonction du public", dénonce-t-elle a contrario. Elle dit assumer ses positions partout, que ce soit la reconnaissance du génocide arménien, l'adoption homosexuelle.
A.Ca., N.Ben., D.D.M.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUI EST ZOÉ GENOT?

On l'ignorait tous ou presque. Maintenant on sait. Qui sont les écolos au juste? Se poser la question c'est forcément y répondre. Drôles de démocrates...
MG

Ce communautaire omniprésent


Jules Gheude Le Vif

Au lendemain des élections du 26 mai, on peut s'attendre à ce que les gouvernements régionaux flamand et wallon soient rapidement constitués, avec des configurations radicalement opposées, ce qui ne manquera pas de rendre extrêmement compliqué, voire impossible, la mise sur pied d'un gouvernement fédéral.
Du côté wallon, les résultats du dernier sondage devraient permettre, sans la moindre difficulté, à Elio Di Rupo de former la coalition progressiste qu'il appelle de ses voeux. Avec quels partenaires ? On sait que la FGTB s'est prononcée pour une alliance PS-Ecolo-PTB, qui, avec 61,5%, pourrait jouir d'une confortable majorité. PS et Ecolo totalisent, à eux seuls, 46,7%. Mais Paul Magnette songerait, de son côté, à tendre la main au CDH, crédité de 9,3%.
La rancune socialiste à l'égard des sociaux-chrétiens est vive, depuis que Benoît Lutgen a écarté le PS du pouvoir wallon à l'été 2017. Mais Benoît Lutgen a cédé la présidence du parti à Maxime Prévot, peut-être pour permettre à celui-ci de renouer le lien avec la mouvance socialiste.
Le CDH passe, sans trop d'état d'âme, d'une coalition de droite à une coalition de gauche. L'essentiel, pour lui, est de se retrouver au pouvoir. C'est, somme toute, le comportement du mercenaire...
UNE CHOSE EST CLAIRE : LE FOSSÉ IDÉOLOGIQUE ENTRE LE NORD ET LE SUD EST PLUS PRÉSENT QUE JAMAIS
Du côté flamand, Bart De Wever, dont la formation reste la première force politique avec 27,9%, vient d'annoncer que sa préférence allait à un gouvernement à deux partenaires. On sait qu'il s'est allié, pour la gestion d'Anvers, à l'Open VLD et au SP.A. Mais ces deux partis sont crédités respectivement de 14,2% et 12,7%. Une alliance à deux ne pourrait, dès lors, pas compter sur une majorité. Par ailleurs, John Crombez, le président du SP.A, considère la chose comme quasi impossible. Dans les circonstances présentes, seule une reconduction de la tripartite actuelle (N-VA, CD&V, Open VLD) serait donc de nature, avec 56,8%, de permettre à Bart De Wever de poursuivre la politique qu'il souhaite.
Une chose est claire : le fossé idéologique entre le Nord et le Sud est plus présent que jamais.
Candidat au poste de Premier ministre, Jan Jambon a bien résumé la situation : La Belgique est la somme de deux démocraties qui 'éloignent de plus en plus l'une de l'autre. C'est gênant, car la construction belge est faite de telle façon qu'il n'est possible de former un gouvernement fédéral qu'en mettant clairement hors-jeu l'un de ces démocraties. Sous Elio Di Rupo, la Flandre en fut victime, et sous Elio Di Rupo, la Wallonie.
La solution à ce problème, la N-VA ne la voit que dans l'instauration d'un système confédéral. Flandre et Wallonie déterminent ce qu'elles souhaitent encore gérer ensemble, tout le reste étant de leur compétence absolue. Reste la problématique bruxelloise. Le projet de la N-VA prévoit qu'en ce qui concerne, les matières personnalisables - l'impôt des personnes, la sécurité sociale, l'aide sociale, la protection de la jeunesse, la migration, l'intégration et le droit de vote pour le Parlement flamand ou wallon -, chaque Bruxellois, indépendamment de sa langue ou de son origine, aura la faculté de choisir entre la Flandre et la Wallonie
Mais, il faut le répéter ici, la N-VA n'est pas à l'origine du confédéralisme. Elle n'existait pas au début des années 90, lorsque le ministre-président flamand Luc Van den Brande - un démocrate-chrétien ! - en a lancé l'idée. Le concept fut ensuite adopté par le Parlement flamand en 1999. Interviewé en 2007 par le journal québécois "Le Devoir", Wouter Beke, l'actuel président du CD&V, avait d'ailleurs déclaré : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l'entend. Si les francophones n'acceptent pas de lâcher du lest, nous n'aurons pas d'autre choix que l'indépendance.
En janvier dernier, Pierre-Yves Dermagne, le chef de groupe PS au Parlement wallon, voyait dans ce confédéralisme l'expression d'un fantasme. Aujourd'hui, il déclare : Les résolutions du parlement flamand votées à l'unanimité en 1999 sous Luc Vanden Brande ont été leur feuille de route pour des années. Cela a été une erreur de la part des francophones - et c'est un euphémisme, je devrais même dire une faute politique... - de répéter que l'on n'était demandeurs de rien. Ou en tout cas de ne pas préparer suffisamment les négociations alors que l'on savait qu'ils allaient revenir à la charge.
Avec la sixième réforme de l'Etat, Elio Di Rupo se félicitait d'avoir sauvé la Belgique. Mais il est évident que le sort du pays reste incertain. Le CD&V a d'ailleurs fait part de sa volonté d'ouvrir un nouveau chantier institutionnel en 2024.
La N-VA peut-elle se permettre d'envisager cinq années supplémentaires de statu quo institutionnel ? C'est difficilement imaginable. Son chef de groupe à la Chambre, Peter De Roover, a d'ailleurs déclaré que bien des choses pouvaient se faire en dehors de la Constitution. Une chose est sûre : en soulignant la nécessité de revoir la loi de financement, le président du PS a ouvert une brèche dans laquelle les nationalistes flamands ne manqueront pas de s'engouffrer...
(1) Dernier ouvrage paru : La Wallonie, demain - La solution de survie à l'incurable mal belge, préface de Pierre Verjans, Editions Mols, 2019.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN DIMANCHE NOIR EN PERSPECTIVE.

Sans vouloir jouer les Cassandre, je pense  que la grande surprise du scrutin du 26 de ce mois sera une montée fulgurante du Vlaams Belang en Flandre au détriment de la NVA qui est en perte de vitesse et en mal de crédibilité. "Wie gelooft er die mensen nog?
Quant aux Européennes il faut craindre qu'elles ne se soldent par une partie de bras de fer en France à l'avantage de Marine Le Pen qui fera perdre la face à Jupiter. Ailleurs, le parti des abstentionnistes fera un tabac et les populistes danseront la carmagnole. Un dimanche noir en perspective.
MG  

WAAROM 26 MEI WEL EENS EEN NIEUWE ZWARTE ZONDAG KAN WORDEN

Vijf jaar geleden bezorgde de N-VA Vlaams Belang een onwaarschijnlijke dreun. Het wordt tijd voor een wederopstanding. En de partij gelooft dat het kan. Volgens senior writer Bart Brinckman is de kans op een nieuwe Zwarte Zondag niet onbestaande. (De Standaard)

CE QUE PENSENT LE MR ET LE PS DE LA PROPOSITION DE BART DE WEVER CONCERNANT L'ÂGE DE LA PENSION

La Libre Belgique
Le MR n'a pas la volonté de relever l'âge de la pension lors de la prochaine législature, a souligné mercredi le porte-parole de campagne du parti, Georges-Louis Bouchez, réagissant sur Bel RTL à une déclaration faite la veille par le président de la N-VA Bart De Wever.
"Si l'espérance de vie augmente, l'âge légal de la pension devra aussi augmenter", avait estimé le leader nationaliste flamand lors d'un débat avec son homologue socialiste flamand John Crombez durant l'émission Terzake (Canvas). Dans cette éventualité, M. De Wever a plaidé pour un âge légal de la pension qui serait retardé par mois, plutôt que par année complète.
D'après Georges-Louis Bouchez, la position de Bart De Wever n'est pas "nécessairement pertinente". Le libéral argue en effet que "l'augmentation du coût des pensions va aller jusqu'en 2030, car les enfants du baby boom sont devenus ceux du papy boom, mais ensuite les statistiques montrent qu'il va retomber dans l'autre sens".
Relever l'âge de la pension n'est en tout cas "pas la volonté du Mouvement Réformateur", a-t-il précisé.
Mardi soir, les propos de Bart De Wever avaient été lourdement critiqués par Elio Di Rupo. "Est-il tombé sur la tête ? Connaît-il la vraie vie des citoyens ?", s'était notamment interrogé le président du PS, sur twitter. Les socialistes défendent dans leur programme, à l'instar du PTB, pour que l'âge légal de la pension soit ramené à 65 ans, alors qu'il a été relevé à 67 ans lors de cette législature.
L'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Theo Francken, qui appartient pourtant à la N-VA comme Bart De Wever, a lui assuré via twitter que son parti ne relèverait pas l'âge de la pension.
La NVA veut relever l’âge légal de la pension au-delà de 67 ans. Bart De Wever est-il tombé sur la tête ?Connaît-il la vraie vie des citoyens ?

jeudi 16 mai 2019

Greta Thunberg, l'ado égérie des marches pour le climat, est une éco-anxieuse qui s'assume.

- FREDERICK FLORIN / AFP
Eco-anxiété face au changement climatique : "Gare à la lassitude de l'apocalypse !"
Propos recueillis par Alexandra Saviana  (Marianne)

Peur de la catastrophe, sentiment de fin du monde imminente… L'angoisse face au changement climatique porte à présent un nom, que l'on voit fleurir un peu partout dans la presse : l'éco-anxiété. Nouvelle marotte de l'air du temps ou réel frein à l'action ? Décryptage avec le chercheur norvégien Per Espen Stoknes.
"Le plus gros obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique se trouve entre nos deux oreilles". En 2017, dans la vidéo d'une conférence Ted Talk vue plus de 2 millions de fois, le psychologue norvégien Per Espen Stoknes cherchait à comprendre pourquoi, même face à l'urgence que représente le changement climatique, nos sociétés tardaient à agir. Selon lui, la réponse était à chercher dans nos barrières psychologiques. Ignorance, humour, évitement : le cerveau humain est expert en différentes techniques pour éviter de faire face à la catastrophe prédite par les experts, relayés par les médias. Dernier concept en vogue : "l'éco-anxiété", ou la peur du désastre climatique à venir qui, loin de nous pousser à agir, nous paralyserait. Le chercheur Per Espen Stoknes décrypte ces mécanismes.
DEPUIS QUELQUES MOIS SE MULTIPLIENT DANS LES MÉDIAS LES TÉMOIGNAGES DE PERSONNES SE DISANT ATTEINTES "D'ÉCO-ANXIÉTÉ". VALIDEZ-VOUS CE CONCEPT ?
Per Espen Stoknes : Il y a bien un sentiment d'anxiété qui traverse notre société. Au contraire de la peur, celui-ci est provoqué par l'impression qu'il existe un ennemi invisible, non-identifié, contre lequel il est difficile d'agir. Dans le cas du changement climatique, le problème est particulièrement complexe car l'ennemi est à la fois partout et nulle part : il s'agit de l'humanité dans son ensemble qui travaille à sa propre destruction. Ce sentiment est évidemment accru par la multiplication des articles et des rapports sur le changement climatique, qui ne sont pas le moins du monde rassurants. Pour alerter la population, les médias insistent sur l'imminence d'une catastrophe à venir. L'idée est simple : pour intéresser les gens, il faut leur faire peur.
COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CE BESOIN DE BRANDIR UNE DESTRUCTION IMMINENTE POUR MOBILISER LES FOULES ?
Il ne faut pas oublier que nous vivons dans une culture en grande partie d'héritage judéo-chrétien. L'un de ses plus importants ouvrages est le dernier livre du Nouveau Testament, intitulé Le livre de l'Apocalypse. La conviction que le monde va être dévoré par les flammes est profondément ancré dans notre ADN. Au siècle dernier, les hommes avaient la conviction que la planète allait être détruite par une guerre nucléaire, ou par les pluies acides. Aujourd'hui, l'objet d'angoisse est le changement climatique.
N'EST-CE PAS UNE APPROCHE PARALYSANTE ?
Ce traitement "par le pire" pose en effet un problème fondamental : il nous empêche de prendre la mesure de ce qu'il se passe, et donc d'agir. C'est assez paradoxal : plus les scientifiques publient des preuves de ce qu'il se passe, plus les gens sont angoissés… et sont donc tentés de nier la réalité.
"Le public va créer des barrières pour éviter de voir la réalité en face."
LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE SERAIT DONC EMPÊCHÉE PAR UN PROBLÈME PSYCHOLOGIQUE ?
Je suis convaincu que petit à petit, cette utilisation systématique de la catastrophe peut se retourner contre ses auteurs. Le public finit par s'habituer aux horreurs qu'il entend chaque jour et va créer des barrières pour éviter de voir la réalité en face : c'est ce que l'on pourrait appeler la "lassitude de l'apocalypse". La première fois que vous apprenez qu'un million d'espèces animales sont menacées d'extinction à cause de l'activité humaine, vous pouvez très bien être bouleversé. Mais quand vous entendez cette information pour la troisième, sixième, dixième fois ? Elle finit presque par perdre son sens ou par devenir inéluctable.
L'anxiété est-elle accompagné d'un sentiment de culpabilité ?
Si j'apprends que l'homme est responsable de cette catastrophe, je risque en effet de me sentir inconsciemment coupable. Un sentiment négatif et très désagréable, que mon cerveau va vouloir éviter de ressentir à nouveau. Il va alors élaborer des stratégies d'évitement : vous allez arrêter de lire les articles, d'écouter la radio, de regarder la télévision dès que l'on va parler d'environnement. Mon cerveau peut aussi choisir de prendre la voie de la "dissonance cognitive" : je sais que l'utilisation des énergies fossiles participe au réchauffement, j'en emploie moi-même en mangeant de la viande ou en utilisant ma voiture, mais je vais refuser d'assumer ma part de responsabilité en rejetant la faute sur le voisin. Par exemple, en me répétant que la France ou la Norvège polluent peu en comparaison de la Chine. Lutter contre le changement climatique à mon échelle me paraît donc vain.
"Les gens ne se sentent plus concernés."
Enfin, certains élaborent une autre stratégie pour éviter de faire face à ces angoisses : la critique. Au lieu de regarder la réalité en face, ils vont préférer moquer les rapports et les scientifiques, en les réduisant à des oiseaux de malheur. Chacun des propos liés au changement climatique est alors dénigré. Peu importe la fréquence à laquelle vous en parlez, le nombre de documentaires que vous y consacrez : l'ensemble du traitement médiatique finit par devenir stérile. Les gens ne se sentent plus concernés.
Dans ce cas, comment alerter sur le changement climatique sans provoquer l'apathie du public ?
D'autres outils permettent de provoquer une réaction autrement plus positive et efficace du public. Il existe en psychologie un concept nommé le "ratio de positivité", ou "ratio un sur quatre", qui peut fournir aux médias une manière de mieux expliquer le changement climatique. Plutôt que de se concentrer essentiellement sur des sujets angoissants, le ratio de positivité implique de diviser en quatre le traitement du changement climatique.
Un quart est bien sûr réservé aux catastrophes, aux mauvaises prévisions - en bref, à toutes les mauvaises nouvelles qu'impliquent ce sujet. Mais le reste des productions journalistiques devraient être consacrées à des sujets plus positifs : il est nécessaire d'insister sur le fait que la catastrophe n'est pas inéluctable. Un quart du traitement médiatique devrait porter sur les manières constructives dont on pourrait agir pour résoudre cette crise. Un autre pour expliquer la manière dont l'enrayement du changement climatique pourrait être bénéfique pour notre santé. Enfin, un dernier sur la manière dont nous devons nous protéger de ces risques. Il faut présenter le changement climatique comme un cas pratique : vous assurez bien votre maison contre les incendies, il faut faire de même pour la planète.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY:
LASSITUDE DE L'APOCALYPSE 

Plutôt que d'insister sur la manière dont nous allons tous mourir de manière atroce, il faut que les médias montrent en quoi lutter contre le changement climatique nous permettrait d'avoir une vie meilleure.
Le salut ne viendra pas du parti écologiste ni surtout de ses militants vêtus de laine et de candeur naïve mais bien d'une prise de conscience individuelle et d'une mise au ban des GAFA. A quoi bon voter écolo si c'est pour donner du poids à une bande de rêveurs échevelés de tendance majoritairement catho et insidieusement communautariste. D'aucuns qui se disent bien informés soupçonneraient même certaines connivences avec les frères musulmans. Difficile à prouver. Nollet ministre à la région wallone? Il n'a pas laissé un souvenir impérissable de sa gestion du dossier photovoltaïque.  Katabi, Ministre présidente de la Région bruxelloise? Autant vendre sa bagnole tout de suite et investir dans un vélo électrique ou carrément se retirer à la campagne. Calvo, Almaci en Flandre: beaucoup de vent oratoire mais aucune expérience de gestion.  Oui, les verts font beaucoup de bruit mais face à la menace climatique , ils ne font franchement pas le poids.  Il est nécessaire d'insister sur le fait que la catastrophe n'est pas inéluctable. Disons que la question du réchauffement climatique est bien trop sérieuse que pour être confiée à ces seuls gentils amateurs.
MG


mercredi 15 mai 2019

Comment l'école aide à faire face à la pensée dominante


Le Vif   OPINIONS 

Une chronique de Cécile Verbeeren, professeure de français en 6e technique de qualification dans une école d'Anderlecht.

Le contexte du 26 mai m’amène à faire réfléchir les élèves à l’importance du débat. L’école est un rempart décisif contre le conformisme intellectuel qui s’étend.
Joli mois de mai et ses élections. Dans le contexte du 26 mai prochain, qui donnera l’occasion à certains élèves d’exprimer leur vote, pour la plupart, pour la première fois, j’ai planifié de travailler l’oral à travers le débat régulé dans les classes de cinquième secondaire. L’occasion d’aborder les thèmes de la campagne, d’apprendre à défendre une opinion et de réfléchir à l’importance du débat dans une démocratie. Dès le choix du thème, je me rends vite compte que cette séquence ne sera pas de tout repos et je me rends tout aussi vite compte que pour qu’il y ait opinion, il faut qu’il y ait intérêt. Je propose donc aux élèves quelques sujets de débat mais leur précise que je suis ouverte à tout thème qui les inspire.
Après un temps de préparation à la recherche d’arguments de toutes sortes et d’exemples pour les illustrer, nous lançons les débats. Deux duos se font face avec une parole régulée par un modérateur. Le premier thème proposé par un élève ne touche pas aux élections : livre ou série ? Tatiana entre en scène : "Tu sais pas lire, c’est pour ça que tu regardes des séries." Adam réplique : "À la récré, je vais t’insulter ta race. Ta grand-mère, c’est pas parce qu’elle a regardé des séries qu’elle sait pas lire…" Yaëlle tente de nuancer : "C’est rien à voir ce que vous dites."
À la fin de ces dix premières secondes de débat, en voyant mon air dépité, toute la classe a… éclaté de rire ! Il me semble juste de préciser qu’à l’intérieur des classes, il y a globalement une grande tolérance des uns vis-à-vis des autres et la plupart du temps, un grand respect. Les élèves n’ont pas jugé ce manque de profondeur. Néanmoins, cette entrée en matière m’a invitée à cogiter aux raisons de cette difficulté voire incapacité à débattre et à réfléchir à des pistes pour aider les jeunes à améliorer leur capacité à argumenter.
C’est évident que cela est en grande partie lié à l’âge des élèves et au quotidien socio-culturel dans lequel ils évoluent. L’adolescence est une période d’un large désintérêt pour ce qui est matière à débat et d’une relative nonchalance face à l’énergie que demande l’argumentation. Les élèves sont plutôt dans l’émotif et le passionnel. Ils cherchent leur place au sein de la société loin d’un contexte "intellectuel" auquel, de surcroît, ils considèrent avec humilité ne pas appartenir. À ce sujet, un des rôles fondamentaux de l’école est de leur (re)donner confiance.
Au désintérêt adolescent s’ajoute la désillusion ou l’éloignement face aux débats qui ne satisfont plus la jeunesse. Pour exprimer ses idées, elle préfère se mobiliser. Un bel exemple de cette mobilisation est les marches pour le climat. Une méfiance face aux politiciens s’est installée car leurs préoccupations sont bien loin de celles des jeunes et qu’ils semblent incapables de les rencontrer. Cela est palpable dans la gestion faite des biens publics, dans les discordes infantiles au sein et en dehors des majorités et dans les débats qui opposent les uns aux autres.
Ces informations, traitées par les médias puis ensuite relayées par les réseaux sociaux, parviennent à nos jeunes et les rendent indifférents car ils savent que l’information est de plus en plus maltraitée, accentuée voire faussée. De plus, les algorithmes des réseaux sociaux dictent leur fil d’actualité et les submergent d’articles et vidéos qui se répètent et les cloisonnent. Ils leur montrent l’opinion des gens qui pensent comme eux et ne leur proposent pas d’avis contraire. D’une part, cela rend plus compliqué l’accès à la bonne information et d’autre part, cela limite drôlement les idées car il n’y a pas de confrontation de celles-ci, ce qui n’amène pas à devoir défendre son point de vue.
Le danger latent à cette insipidité dans le débat se trouve dans l’espace qu’il laisse à une pensée dominante, à une forme de conformisme intellectuel. Une fois encore, l’école semble être un rempart décisif face à cet assaut. Pour contrer cela, je pense qu’il est essentiel de continuer à transmettre à nos élèves les grands courants d’idées pour les élever des faits et leur donner une base pour réfléchir, penser et argumenter. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"CES DÉBATS QUI NE SATISFONT PLUS LA JEUNESSE" 

Quelle banalité et quelle condescendance vis à vis de ces pauvres élèves anderlechtois qui baragouinent un mauvais français!
En avril 1976, j'ai 29 ans et j'enseigne le néerlandais à l'athénée F Blum à Schaerbeek. Mes élèves de rhéto qui vont voter pour la première fois me demandent de leur expliquer le système des partis. C'est pour "le Blum Times" leur journal scolaire dont ils m'ont bombardé éditeur "irresponsable" comme dira le chef d'établissement.
Pourquoi ne pas inviter à l'école un jeune membre de chaque parti politique et les faire débattre demande l'un des potaches. Oui pourquoi pas ? Demandez au préfet, vous verrez bien! Il les renverra à l'échevin qui se trouvait être Roger Nols en personne en remplacement du titulaire de la fonction. Contre toute attente, Nols accepte mais il y met des conditions: cela se fera à la maison communale, dans la salle du Conseil de la Maison communale et toutes les rhétoriciennes et tous les rhétoriciens de la commune seront présents. Il y aura des journalistes! Les élèves acceptent mais exigent que l'un d'entre eux mène les débats. Chiche, François René Martens relève le défi. Il sera parfait. Ce fut un moment magnifique  de participation des élèves, un des  plus beaux de ma longue carrière. Martens deviendra prof à son tour. Il est retraité aujourd'hui. "Je pense qu’il est essentiel de continuer à transmettre à nos élèves les grands courants d’idées pour les élever des faits et leur donner une base pour réfléchir, penser et argumenter." Je pensais cela aussi il y a 42 ans. Mes élèves étaient alors plutôt dans le rationnel et le pragmatisme et pas du tout  dans "l’émotif et le passionnel."
Je mets l'Echevin de l'Education de Schaerbeek actuel au défi de refaire ce débat  près d'un demi siècle après le feu vert donné par Roger Nols.
Il reste 13 jours avant le scrutin, c'est tout à fait jouable!
MG

mardi 14 mai 2019

Le Décodage politique du jour: voici la preuve que les élections sont plus incertaines que jamais


ANTOINE CLEVERS  (La Libre Belgique)

Qu’il est loin le temps où le Premier ministre venait d’office, presque par nature, presque par obligation, des rangs du CVP, devenu le CD&V. Depuis le début de la campagne électorale, les candidatures plus ou moins déclarées se multiplient.

Dans la course au 16, rue de la Loi, on recense…
• le candidat logique, Charles Michel (MR), Premier ministre sortant, qui espère rempiler à condition que ce soit à la tête d’un gouvernement de réformes socio-économiques, et non institutionnelles, comme il l’a répété dimanche 
• “la” candidate, trop rare, Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open VLD, qui a déclaré ce lundi que “si la balle est dans notre camp, j’assumerai cette fonction avec plaisir (...) Nous ne laisserons pas passer la chance qu'une femme devienne Première ministre” 
• le candidat contre-nature, Jan Jambon (N-VA), dont le parti rêve toujours de la fin de la Belgique 
• le candidat désigné d’office, Wouter Beke, président du CD&V, qui ne se déclare pas, mais qui sait que son heure est peut-être venue 
• les candidats timorés, les écologistes Jean-Marc Nollet (Écolo), Kristof Calvoou Meyrem Almaci (tous les deux Groen), que les sondages propulsent sur le devant de la scène 
• le candidat nostalgique, Elio Di Rupo, président du PS et ancien Premier ministre, qui caresse encore l’espoir de retrouver le poste 
• le candidat discret, Paul Magnette, qui assure que son avenir se situe à la tête du Parti socialiste, mais qui, dans un coin de la tête, n'écarte aucun scénario…

Cette abondance de premiers-ministrables démontre, en fait, que les élections du 26 mai sont plus incertaines que jamais. À ce jour, bien malin celui qui pourra prédire la composition des futurs gouvernements (fédéral et régionaux) puisqu’on ne sait même pas quelles majorités seront arithmétiquement possibles. Le simple fait que les observateurs demandent à autant de personnes si elles sont prêtes à assumer la plus haute fonction politique en Belgique est, en soi, une preuve d’incertitude. Les jeux sont hyper ouverts. Vivement la vérité des urnes. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE JEU EST OUVERT 

Tellement ouvert que chacun, y compris les meilleurs politologues y perdent leur latin. Ce qui est neuf c'est que Bart De Wever donne l'impression de perdre son sang froid. Tout se passe comme si tous semblaient vouloir se liguer contre lui et son parti.



L’HISTORIEN ET SOCIOLOGUE ANALYSE, DANS UN ENTRETIEN AU « MONDE », LA MONTÉE
DES MOUVEMENTS POPULISTES EN EUROPE. POUR LUI, LEUR FORCE EST DE SE PRÉSENTER COMME LES MEILLEURS DÉFENSEURS DE LA DÉMOCRATIE.

Marc Lazar. / yann legendre (Le Monde)
Professeur d’histoire et de sociologie politique, spécialiste reconnu de l’Italie contemporaine, Marc Lazar est directeur du Centre d’histoire de Sciences Po et président de la School of Government de la Libre université internationale des études sociales (Luiss), à Rome. Il analyse le phénomène populiste, objet de son nouveau livre Peuplecratie. La métamorphose de nos démocraties (Gallimard, 192 pages, 19,50 euros), qu’il cosigne avec le sociologue italien Ilvo Diamanti.
Pourquoi ce néologisme un peu lourd de « peuplecratie », alors que l’étymologie grecque de démocratie, c’est « le pouvoir du peuple » ?
Je dois reconnaître qu’en italien cela sonne mieux : popolocrazia. Ilvo Diamanti, avec qui j’ai écrit ce livre, est aussi un éditorialiste de talent, inventeur de mots. L’émergence de nouvelles pratiques politiques, voire de nouveaux régimes, nécessite de forger de nouvelles notions. Ainsi, dans les années 1930 et 1950, celle de « totalitarisme » pour tenter d’appréhender ce que pouvaient avoir en commun le bolchevisme, le fascisme et le nazisme.

Or, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, les mouvements populistes d’aujourd’hui sont en train de faire muter les bases mêmes de la démocratie libérale et représentative.
La démocratie, dans sa pratique moderne, se fonde sur la séparation des pouvoirs et sur tout ce qui relève de l’Etat de droit né des Lumières. Nous entrons maintenant, sous la pression de ces mouvements, dans une tout autre période…
QU’EST-CE QUI CHANGE ?
Ces mouvements populistes et leurs leaders martèlent que la souveraineté du peuple est sans limite. Tous les contre-pouvoirs doivent céder le pas au suffrage universel.
Le deuxième élément qui les caractérise est la mise en avant non seulement d’une démocratie directe mais aussi d’une démocratie immédiate, sans aucune forme de médiation, passant outre les corps intermédiaires et les partis.
Leur discours est celui d’une urgence permanente. Ils clament qu’il y a des solutions simples pour tous les problèmes, d’où leur demande d’une pratique référendaire systématique. Ils ont compris aussi la révolution que représentent les réseaux sociaux, qu’ils utilisent à fond.
La « peuplecratie » serait donc à la fois une nouvelle phase de la démocratie et une menace pour celle-ci ?
La « peuplecratie » n’a pas encore vaincu, mais elle est là comme un grand défi pour la démocratie libérale et représentative.
Les populistes ont déjà réussi à imposer leur façon de faire de la politique et leur temporalité, à tel point que ceux qui veulent les combattre ne peuvent qu’avoir la tentation de recourir à leur tour à ce que nous appelons le style populiste.
Matteo Renzi, le leader du centre gauche en Italie, se posait en « rottamatore », celui qui envoie à la casse le vieux système. Emmanuel Macron aussi pendant sa campagne se revendiquait comme le candidat antisystème, alors même que son parcours passant par l’ENA, la haute fonction publique et la banque Rothschild incarne celui des élites françaises. Bien sûr, les politiques mises en avant par ces deux leaders n’ont rien à voir avec celles prônées par les mouvements populistes, mais cela montre à quel point la « peuplecratie » a contaminé nos manières de concevoir la chose publique.
« LA “PEUPLECRATIE”, SI ELLE ARRIVE AU POUVOIR, CONSTITUE UNE ÉTAPE VERS QUELQUE CHOSE D’AUTRE : LA DÉMOCRATIE ILLIBÉRALE OU LA “DÉMOCRATURE” COMME À VARSOVIE ET À BUDAPEST »
EST-CE UNE SITUATION QUI ÉVOQUE CELLE DES ANNÉES 1930 ?
Il y a des différences fondamentales avec cette période. Ainsi, en France, les populistes d’alors comme les Ligues en appelaient à un régime autoritaire voire dictatorial, parce que la démocratie était inefficace.
La force des populistes contemporains est de renverser le logiciel et de se présenter comme les meilleurs défenseurs de la démocratie et de clamer que, eux, à la différence de la « caste » ou de l’« établissement » n’ont pas peur du peuple. Et d’interpeller les partis traditionnels : pourquoi n’instaurez-vous pas les référendums ? Pourquoi n’organisez-vous pas des consultations sur Internet ?
Ainsi, ces mouvements s’inscrivent à la fois dans la continuité des anciens mouvements populistes et dans la rupture : comme eux, ils jouent sur le « tous pourris » et sur l’opposition entre le « pays réel » et le « pays légal » [selon l’expression de Charles Maurras]. Mais, dans le même temps, ils surfent sur la critique de la politique au nom d’une meilleure prise en compte de la participation populaire et sur l’aspiration à une autre politique.
Leur force est d’être à la jonction de ces deux thématiques face à des partis traditionnels incapables de répondre à ce double défi…
Les populistes de l’Est, notamment quand ils sont au pouvoir, comme Viktor Orban en Hongrie, n’hésitent pas pourtant à instaurer un pouvoir autoritaire…
La « peuplecratie », si elle arrive au pouvoir et si elle se consolide, constitue en effet une étape vers quelque chose d’autre : la démocratie illibérale ou la « démocrature » déjà à l’œuvre à Varsovie et à Budapest.
« IL Y A UN PHÉNOMÈNE POPULISTE, MAIS DES POPULISMES AU PLURIEL, QUI NE SONT PAS TOUS D’EXTRÊME DROITE OU DE DROITE »
Comment définir le populisme ?
L’abondante production en science politique sur le sujet s’articule autour de deux pôles. D’un côté, il y a ceux qui estiment qu’il s’agit d’une nouvelle forme d’idéologie politique fragile, peu structurée mais qui se substitue aux grandes idéologies du XIXe siècle désormais en déclin. De l’autre côté, ceux qui, comme nous, considèrent le populisme avant tout comme un style politique.
LA DIMENSION XÉNOPHOBE EST-ELLE CONSTITUTIVE DU POPULISME ?
Pas nécessairement. Il y a un phénomène populiste, mais des populismes au pluriel, qui ne sont pas tous d’extrême droite ou de droite. Il y a des mouvements populistes de gauche comme Podemos, en Espagne, Syriza, en Grèce. Il y a des mouvements populistes régionalistes. Une forme nouvelle des populismes actuels est constituée par la figure de l’homme d’affaires se lançant en politique, dont l’archétype fut Silvio Berlusconi et qui a triomphé outre-Atlantique avec Donald Trump ou en République tchèque avec Andrej Babis.
Ils prétendent qu’un pays se gère comme une entreprise et se réfèrent sans cesse au bon sens populaire et aux supposées valeurs du peuple. Leur acception même du peuple varie. Pour certains, le peuple, c’est le populus – le peuple citoyen, conscient –, pour d’autres la plebs, la plèbe, c’est-à-dire la masse. Il y a aussi l’ethnos, c’est-à-dire le peuple sur une base ethnique… Ou encore le peuple comme consommateur auquel s’adressait volontiers Silvio Berlusconi. Les mouvements populistes combinent ces diverses acceptions.
« LA DÉFIANCE VIS-À-VIS DE LA POLITIQUE COMME DES INSTITUTIONS REND LA SITUATION EXPLOSIVE »
COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CETTE MONTÉE DES MOUVEMENTS POPULISTES ?
Nous avons construit l’Union européenne (UE), mais pas le peuple européen. Il faut aussi prendre en compte la grave détresse sociale : le chômage, la précarité, les inégalités et la pauvreté. Cependant, il n’existe pas un lien direct entre crise économique et vote populiste : terreau du populisme avec le parti FPÖ, l’Autriche est l’un des pays les plus riches de l’UE avec un chômage très bas…
Un autre facteur est la perception de l’islam comme une menace après les divers attentats. Les flux de migrants expliquent les replis identitaires, d’autant que les deux grands modèles d’intégration – le modèle multiculturel et le modèle républicain à la française – sont en crise.
Mais il y a surtout la défiance vis-à-vis de la politique comme des institutions. Cela rend la situation explosive. A peine 4 % des Italiens ont confiance dans les partis et 11 % des Français. Même en Allemagne, les grands partis de masse tels que la CDU-CSU (démocrates-chrétiens) et le SPD (sociaux-démocrates) s’effondrent. Toute la question est de savoir si la démocratie peut se passer des partis… Et, si oui, par quoi les remplacer…
POURQUOI VOUS CENTREZ-VOUS SUR LA FRANCE ET L’ITALIE ?
Ce qui nous frappe, c’est au contraire la convergence des problèmes dans des pays qu’on oppose souvent. On a parfois expliqué la montée du populisme en Italie par la faiblesse des institutions. Nous avons en France des institutions supposées stables, une administration efficace et nous avons à relever le même défi.
« EN ITALIE, LE GOUVERNEMENT POPULISTE AURA BIENTÔT UN AN ET L’OPINION CRÉDITE SES DIRIGEANTS DE FAIRE CE QU’ILS ONT PROMIS »
L’ITALIE RESTE-T-ELLE UN LABORATOIRE ?
Au cours des cent dernières années, ce pays a beaucoup innové dans le champ politique pour le meilleur comme pour le pire. Le fascisme, Berlusconi et aujourd’hui un gouvernement populiste – avec la Ligue, d’extrême droite, et l’inclassable Mouvement 5 étoiles (M5S) –, le seul à la tête d’un des pays fondateurs de l’UE.
Mais c’est aussi le pays qui a su mettre sur pied une démocratie solide à même de résister au terrorisme dans les années 1970-1980. L’Italie a été aussi le premier grand pays de l’UE à systématiser le recours aux primaires pour choisir les élus ou les leaders de partis. Mais au mot de laboratoire, aucune situation n’étant exportable telle quelle, je préfère celui de sismographe.
QUELLES LEÇONS PEUT-ON DÉJÀ TIRER DE L’EXPÉRIENCE DE CE GOUVERNEMENT POPULISTE ?
Ce gouvernement, crée le 1er juin 2018, aura bientôt un an et il reste le plus populaire parmi les gouvernements de l’UE. Cela peut sembler étonnant, vu la faiblesse de son bilan. Les enquêtes d’opinion montrent, qu’aux yeux des Italiens, ces dirigeants populistes sont toujours considérés comme apportant un sang neuf, quand bien même Matteo Salvini, le leader de la Ligue et l’homme politique le plus populaire du pays, a un long passé de politicien. L’opinion les crédite aussi de faire ce qu’ils ont promis, au point que cela récrée un peu de confiance dans les institutions.
Il y a une disparité croissante, au sein de la coalition, entre le M5S, en déclin, et la Ligue, dont le leader, Matteo Salvini, en campagne permanente, se pose en rempart face à l’immigration. Un sujet porteur dans un pays qui fut longtemps une terre d’émigration et où l’arrivée de migrants depuis plus de vingt ans a été un véritable choc culturel.
Le pays pourrait glisser vers une démocratie illibérale autour de l’homme fort Salvini. Mais la démocratie italienne pourrait aussi réussir à métaboliser la charge populiste pour se rénover en profondeur.
Marc Lazar est professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po et président de la School of Government de la Luiss (Libre université internationale des études sociales, Rome). 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

Un excellent papier qui renvoie à un livre important dont j'ai commencé la lecture.
Il nous explique que nous sommes en train de changer d'ère et que la démocratie représentative ne sera plus jamais comme avant. Il s'agit d'un phénomène de dimension européenne et qui affecte aussi les Etats-Unis. La dynamique conquérante des
populismes est le symptômes d'un problème démocratique majeur.
Elle résulte de la mode de l'antipolitique qui est à la fois rejet de toute politique et aspiration à une tout autre forme de régime.
Elle s'accompagne d'un rejet des élites regardées comme corrompues et peu digne de confiance. Ce phénomène est largement relayé et renforcé par la force et l'omniprésence  de la parole numérique sur internet et les réseaux sociaux.  Il affectera  inévitablement le scrutin belge du 26 mai dans deux semaines à peine. Beaucoup d'électeurs demeurent dans l'hésitation et bien malin est celle ou celui qui prédira le nom du prochain premier ministre.
Le suspense risque de durée de longues semaine voire des mois, des années...
MG