samedi 20 juillet 2019

Le message post-électoral du Roi: «Il faut relever les défis sans tarder»


Le Roi Philippe a pris la parole à l’occasion de la Fête nationale, soulignant la nécessité d’une « intense coopération à tous les niveaux de pouvoir. »
Reuters

Le Roi Philippe s’est adressé ce samedi 20 juillet aux Belges à l’occasion de la Fête nationale. Impossible pour le souverain de faire l’impasse sur les élections du 26 mai et les tractations politiques toujours en cours à différents niveaux de pouvoir, dont le fédéral.
« Il y a deux mois, vous avez accordé votre confiance à des hommes et des femmes dont vous attendez qu’ils apportent des réponses à vos préoccupations », commence le souverain belge. « Votre voix s’est exprimée de façon diverse (…) Il s’agit maintenant de faire la synthèse et de s’accorder sur des solutions. »
Alors que les négociations fédérales et régionales (à l’exception de celles à Bruxelles) sont toujours en cours, le Roi dit se « rendre compte des contraintes dans lesquelles nos dirigeants politiques doivent travailler ». « Mais les défis sont tels qu’il faut les relever sans tarder, avec courage et détermination. Et ils sont à ce point liés entre eux qu’ils nécessitent une intense coopération à tous les niveaux. »
Pour l’historien Vincent Dujardin, ce discours est le plus politique du Roi depuis sa prestation de serment. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POLITIQUE MAIS CONVENU 

Qui a écrit cela. Le premier ministre Michel? les deux informateurs? ou la plume royale, à savoir son chef de cabinet?
Le roi lui-même?
L'exercice est raide et sans créativité.
A qui ce discours s'adresse-t-il? Aux Belges? Ils sont partis en vacances. Aux présidents de partis? L'un d'eux a-t-il tenu le porte-plume royal, je veux parler de Charles Michel qui a déjà un pied à l'Europe tandis qu'il traine sa vieille casquette de premier ministre sans vrai majorité depuis le départ de la NVA.
Pourquoi ne pas y avoir associé la jeune Elisabeth?
Dommage, cela aurait  donné une note d'espoir et de fraicheur à cette raideur toute protocolaire. Une grande occasion manquée.
Dommage. Je lance l'idée, en toute candeur.
MG


LE ROI PHILIPPE PLAIDE EN FAVEUR D'UN "DIALOGUE OUVERT ET VRAI"
Le Vif
Le roi Philippe est conscient des "contraintes" dans lesquelles les dirigeants politiques doivent travailler mais "les défis sont tels qu'il faut les relever sans tarder, avec courage et détermination", a-t-il déclaré samedi dans son discours à l'occasion de la Fête nationale. Ces défis sont de surcroît "à ce point liés entre eux qu'ils nécessitent une intense coopération à tous les niveaux", a poursuivi le Roi, plaidant pour un "dialogue ouvert et vrai" pour aboutir.
Le roi Philippe lors de son allocution du 20 juillet 2019
D'après le souverain, "la voix des citoyens s'est exprimée de façon diverse" lors des élections le 26 mai dernier mais elle demande "une attention particulière pour les mêmes sujets: l'emploi, le climat, la précarité, la migration". Alors que les négociations fédérales et régionales (à l'exception de celles à Bruxelles) sont toujours en cours, le Roi appelle à trouver des solutions "sans tarder" pour faire face aux nombreux défis. La coopération et un dialogue "ouvert et vrai" seront indispensables pour y parvenir, estime-t-il.
"Dialoguer dans l'ouverture, c'est vouloir comprendre l'autre dans ses convictions et ses choix, même si on ne les partage pas. C'est faire sentir à l'autre qu'il est indispensable à la recherche de solutions, sans exclusive. C'est éviter le mensonge et le mot qui blesse", développe le souverain. Un dialogue vrai implique aussi de "faire face à la complexité en cultivant la nuance et en recherchant la complémentarité", précise-t-il. "Dans des domaines comme le climat et l'emploi, mais aussi la mobilité, l'énergie, l'enseignement et la formation, seule une action coordonnée dans un dialogue ouvert et vrai peut rendre l'action plus efficace", insiste le Roi. "Notre diversité et notre complémentarité sont notre force. C'est comme cela que le monde nous connaît et c'est là qu'on nous attend. Peut-être que nous n'en avons pas suffisamment conscience. C'est pourtant notre nature profonde. Cela doit être notre fierté. De tout ceci peut naître une ambition nouvelle pour notre pays", affirme-t-il encore.



vendredi 19 juillet 2019

Nos forêts se meurent silencieusement


OPINIONS
Une opinion de Frédéric Petit, président de la Fédération nationale des experts forestiers (FNEF), ingénieur des eaux et forêts, expert forestier, s'exprimant à titre personnel.


Nos bois souffrent des aléas du climat. Les forestiers désespèrent et sont oubliés. Les politiques semblent sourds.

À l’heure où nos gouvernements tardent à se former, nos forêts lentement et silencieusement se meurent.

La catastrophe sans précédent provoquée par les attaques en masse de scolytes sur nos épicéas wallons depuis l’été dernier est la conséquence d’un stress auquel sont soumis nos arbres depuis la sécheresse de 2018, et des épisodes climatiques particulièrement contrastés que nous connaissons depuis maintenant quelques années (tempêtes, excès de pluie ou de temps sec). Alors que des centaines de milliers de mètres cubes de bois sont obligatoirement mis sur le marché à des prix dérisoires, les exploitants forestiers sont débordés, et les usines sont saturées de bois venant de chez nous, mais aussi de pays voisins (France, Allemagne) confrontés aux mêmes problèmes. Elles n’en veulent plus, ou à des prix ridicules, la loi de l’offre et de la demande s’imposant.
D’autres essences souffrent de maladies nouvelles, telle la chalarose du frêne qui décime cette essence, lentement mais sûrement. Les vieux chênes, et surtout les hêtres, souffrent également très fort de ces aléas et excès du climat. Un cortège de nouveaux pathogènes s’attaquent à nos jeunes plantations de résineux qui ont bien du mal à se développer.
Les propriétaires se découragent et ne savent plus à quel saint se vouer. Une série de questions restent sans réponse, même de la part des professionnels de la gestion et des scientifiques qui sont pris de court.
Que restera-t-il de notre belle forêt wallonne dans quelques années ? Celle-ci couvre actuellement plus de 30 % du territoire régional, et a toujours été amoureusement suivie et entretenue par ses gestionnaires et propriétaires, tant publics que privés, à la grande satisfaction du grand public qui ne manque pas d’en profiter pour s’y ressourcer, s’y promener et y respirer un air pur. Elle représente aussi l’élément de base de toute une filière de transformation du bois avec des milliers d’emplois à la clé.
À l’heure où notre forêt, dont on sait qu’elle contribue à fixer 27 % des émissions de carbone atmosphérique, est menacée de changement profond de structure et de physionomie, il est temps de repenser la sylviculture, de développer la recherche, et de veiller à ce que cette sylviculture soit résiliente et productive, seul gage de sa pérennité.
Mesdames, Messieurs les Politiques de tous partis, avez-vous pensé qu’il était temps de redonner du courage aux propriétaires tant publics que privés afin de mener une sylviculture nouvelle et audacieuse ? Avez-vous conscience qu’il convient, comme le prévoit l’article 1er du Code forestier, de garantir le développement durable des bois et forêts en assurant la coexistence harmonieuse de leurs fonctions économique, écologique et sociale ?
Il est temps de réactiver l’article 30 du Code forestier qui prévoit d’allouer des subventions aux propriétaires en vue de réhabiliter ces fonctions par tous les types de travaux nécessaires à cette fin : boisement, reboisement, conversion, transformation…
Les produits de la fiscalité environnementale visant à taxer les plus gros pollueurs ne devraient-ils pas contribuer à soutenir ceux qui participent à dépolluer notre environnement, ce que font en première ligne les propriétaires forestiers ?
Le monde forestier très discret, et trop souvent silencieux, n’a pas été convié comme représentant de la "société civile", alors que composé de dizaines de milliers de propriétaires de bois et forêts de toutes tailles représentant un tiers de la surface de notre territoire wallon, et je m’en étonne, tant les enjeux sont importants et cruciaux pour nos enfants et pour notre société de demain.
Nous avons besoin de nos forêts et nos forêts ont besoin de forestiers ambitieux qui reprennent courage face aux calamités actuelles, et face au défi du changement climatique et de toutes ses conséquences.
Titre et chapô sont de la rédaction. Titre original : "Lettre ouverte au monde politique". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FIN DE PARTIE? 

Fin de partie est la deuxième pièce de Samuel Beckett à avoir été représentée. Créée en 1957, elle a d'abord été écrite en français puis traduite en anglais par Beckett lui-même sous le titre d'Endgame. Elle met en scène quatre personnages handicapés physiquement dont les deux principaux sont Clov, qui est le seul à pouvoir se déplacer à sa guise ou presque et Hamm qui est son maître. Tous vivent dans une maison qui est, selon les dires des personnages, située dans un monde désert, dévasté et apocalyptique. La pièce parodie les conventions théâtrales classiques : rien ne se produit au cours de la pièce, la fin est annoncée dès les premiers mots et est même présente dans le titre, et les personnages s'adressent parfois au public pour déclarer qu'ils s'ennuient à mourir. Le genre de Fin de partie fait toujours l'objet de débats critiques. La pièce a été rapprochée du théâtre de l'absurde, selon la définition de Martin Esslin.
Plus d'un demi siècle après sa création, la pièce de Becket révèle son sens énigmatique. La "fin de partie" c'est ce qui désormais se joue sur cette terre qui donne des signes de détresse de plus en plus nombreux et de plus en plus alarmants. La planète se meurt, la nature se détériore, l'humanité se déshumanise. Nous vivons un moment tragique de l'histoire de l'humanité. La mort annoncée des forêts participe de cette tragédie dont on commence seulement à deviner et à mesurer l'ampleur. "Nous avons besoin de nos forêts et nos forêts ont besoin de forestiers ambitieux qui reprennent courage face aux calamités actuelles, et face au défi du changement climatique et de toutes ses conséquences."
La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. (René Char)
Il appartient à chacune et à chacun de prendre conscience dans quelle mesure il fait "dégât sur terre" et d'en tirer pour soi et pour l'humanité toutes les conséquences éthiques.

MG



jeudi 18 juillet 2019

Bruxelles, drôle de phare dans la nuit belge


Le Vif

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express 

Le gouvernement bruxellois voit le jour alors que l'on patine dans les autres Régions et que le flou reste total au fédéral. Un laboratoire de cohabitation. Qui oublie son rôle de capitale.

Dans les prochaines heures, la Région bruxelloise sera la deuxième entité du pays, après la Communauté germanophone, à composer officiellement son gouvernement, un bon mois et demi après les élections du 26 mai dernier. Socialistes, écologistes, DéFi et libéraux flamands composent un attelage asymétrique, au sein duquel les verts ont tout simplement pris la place occupée par les humanistes lors de la précédente législature. Leur projet renforce celui des cinq années écoulées, avec la volonté affirmée d'approfondir l'identité bruxelloise et de mettre la priorité sur les habitants face aux navetteurs. Cet idéal urbain et écologique veut continuer à panser les vieilles plaies d'une ville trop longtemps laissée entre les mains des promoteurs et de responsables qui ne l'aimaient pas.
Cette démonstration d'autonomie est évidemment légitime. Rudi Vervoort (PS) peut être fier de présider son gouvernement troisième du nom. Tous ses partenaires, Bernard Clerfayt (DéFi) en tête, s'accordent sur l'importance de défendre la spécificité bruxelloise dans cette Belgique de plus en plus complexe. La Région est un laboratoire de cohabitation entre communautés, qui montre la capacité à s'entendre au sein d'une Belgique trop souvent paralysée. Délaissée, devenue Région à part entière en 1989, près de dix ans après les autres, Bruxelles est devenue une entité politiquement mâture et montre désormais l'exemple aux autres entités fédérées. Chapeau bas. Pendant ce temps, ailleurs, on patine. En Flandre, la N-VA prend trop de temps à mettre fin à la parenthèse - très contestable, bien que rendue incontournable par les résultats électoraux - des discussions avec le Vlaams Belang. En Wallonie, socialistes et écologistes entament à reculons leur pré-dialogue avec le MR. Au fédéral, rien de neuf sous le soleil : les informateurs Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) occupent le terrain jusqu'au 29 juillet en attendant l'improbable moment où N-VA et PS se mettront à table. A Bruxelles, au moins, on se prépare à gouverner - c'est ce que l'on attend des politiques !
Il y a finalement quelque chose d'éminemment symbolique à ce que les deux niveaux de pouvoir les plus menacés par une éventuelle évolution confédérale façon N-VA, au sein de laquelle germanophones et Bruxellois seraient marginalisés, soient les deux premiers à disposer d'un nouvel exécutif. Ces deux petits Poucets confirment que l'évolution institutionnelle du pays devra tenir compte de ce fait majeur : ces deux entités sont celles qui ont le plus progressé, dans l'adversité, sur la nécessité de mettre en place un projet fort et autonome. En Flandre, on perd du terrain. En Wallonie, on ne cesse de tergiverser alors que les urgences sont pourtant gigantesques. A contrario, Bruxelles semble revivre.
Champagne dans la capitale, donc. La Région est devenue un phare dans la nuit belge. Mais un drôle de phare, tout de même, révélateur du malaise belge. Et tend à négliger son rôle de capitale.
Laurette Onkelinx (PS), négociatrice en chef du PS dans la capitale, a certes raison de rappeler que la Région est autonome et qu'elle ne doit pas subir les diktats venus de l'extérieur. Mais cette ville doit aussi songer à sa responsabilité pour le pays. Ce laboratoire de cohabitation doit être un moteur pour les deux principales communautés du pays. Or, par moments, on a l'impression que ses responsables politiques l'oublient, obnubilés par leur combat pour défendre leur citadelle assiégée et/ou par leur volonté idéologique d'exclure les libéraux francophones - le fruit d'une législature marquée par une polarisation exacerbée, sans doute, mais ce fut déjà le cas en 2014. Bien sûr, la logique de majorités asymétriques d'un niveau de pouvoir à l'autre est inévitable et saine dans un Etat pleinement fédéral. Mais des voix se sont élevées ces derniers jours en Wallonie, en faveur de la recherche d'un large consensus et d'une vision à long terme - y compris au sein d'Ecolo et du PS : au vu de la complexité de la situation actuelle, cela eut été opportun de les prendre en considération.
Dans la dernière ligne droite, Charles Michel et Didier Reynders ont exercé une forte pression sur leurs homologues flamands de l'Open VLD pour tenter de rentrer quand bien même dans la majorité, retardant l'avènement du gouvernement. Baroud d'honneur, logique partisane ou raison d'Etat ? Cela démontre en tout état de cause que la dynamique asymétrique génère des effets pervers.
Lorsque l'on évoque les futures politiques régionales, il convient de la même manière de saluer les efforts entrepris pour améliorer la qualité de vie en ville. La généralisation de la zone 30 sur le territoire régional va dans ce sens. Bruxelles veut progressivement s'imposer comme une cité modèle en matière environnementale, c'est une priorité incontestable au vu du retard accumulé et les autres villes européennes ayant le vent en poupe ont toutes fait un choix similaire. Mais là encore, si la mobilité est bien l'urgence numéro un, les négociateurs semblent oublier l'indispensable coopération avec les autres Régions pour résoudre cette question.
On ne peut s'empêcher de cultiver le sentiment que Bruxelles reste une capitale mal aimée qui a tendance à se replier sur elle-même. La faute initiale revient à la Flandre, à la Wallonie et au fédéral, qui ne sont parvenus à percevoir pleinement cette ville pour ce qu'elle est, un poumon économique et un aimant d'attractivité. Mais la capitale, blessée dans son orgueil, est aussi devenu l'instrument de sa propre marginalisation- la triste saga du Stade national l'a démontré ces dernières années.
Il n'est pas trop tard pour que les choses changent. La démonstration de maturité de la Région bruxelloise, en se dotant d'un gouvernement avant les deux autres Régions, est - aussi - un appel à se faire respecter par les deux autres Régions. Peut-être suffirait-il d'une déclaration d'amour en retour pour que Bruxelles redevienne le phare belge qu'elle devrait être, sans réserve. Le risque est toutefois réel que la naissance d'un Vervoort III soit - malheureusement - une nouvelle pierre dans un jardin belge devenu, plus souvent qu'à son tour, une zone d'affrontements et de blocages


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES CAPITALE MAL AIMÉE ET REPLIÉE SUR ELLE-MÊME

Excellente analyse certes mais commentaire aigre -doux sur une forme de mal être bruxellois: "Bruxelles, drôle de phare, révélateur du malaise belge. Bruxelles tend à négliger son rôle de capitale veut progressivement s'imposer comme une cité modèle en matière environnementale." C'est dire que les automobilistes, condamnés au 30 à l'heure ne seront pas à la fête. Tous en trottinette ou à bicyclette!
Fumée blanche, arc en ciel avec un gros panache rouge, du vert , de l'amarante mais point de bleu, à la grande colère de Gwendolyn Rutten, patronne du VLD qui a boudé son ministre Zven Gatz.
Bernard Clerfayt sera nommé ministre, laissant Schaerbeek à un(e) bourgmestre faisant fonction, en bonne logique,? Cécile Jodogne. Celle-ci cédera son siège de député régional à un échevin Défi lequel devra être remplacé par...
MG

  

QUI SERA MINISTRE? AVEC QUELLES COMPÉTENCES? DÉCOUVREZ LE CASTING COMPLET DU NOUVEAU GOUVERNEMENT BRUXELLOIS
La Libre Belgique

Le nouveau gouvernement bruxellois se renouvelle fortement : six nouvelles têtes.
Mercredi soir, les six partis de la nouvelle coalition bruxelloise ont voté en faveur de la déclaration de politique générale présentée plus tôt dans l’après-midi. Place désormais au casting et la répartition des matières pour chaque parti.
On le sait depuis le début : le socialiste Rudi Vervoort sera ministre-Président. C’est son troisième mandat, dont un repris à mi-mandat. Il prêtera serment ce jeudi à 13 h 30 devant le Roi. Ses compétences : la prévention et la sécurité, le tourisme, les institutions biculturelles, le logement, la rénovation urbaine, le développement territorial, le transport rémunéré de personnes, la politique en faveur des personnes handicapées et les transports scolaires.
L’autre heureuse élue socialiste francophone se nomme Nawal Ben Hamou. C’est la surprise de ce nouveau gouvernement. Fadila Laanan mise au ban suite aux critiques relatives à sa gestion de l’Agence Bruxelles-Propreté, les paris grimpaient sur le nom de Caroline Désir, placée depuis des années, toujours pas gagnante. C’est Nawal Ben Hamou, non élue au Parlement fédéral, qui sera secrétaire d’État. Elle s’occupera de l’égalité des chances et des cultes. Elle sera aussi ministre francophone de la cohésion sociale, de l’enseignement, de la culture et des sports au sein de l’exécutif de la Cocof.
Rachid Madrane devient quant à lui président du parlement bruxellois.
Numéro 2 du gouvernement, Elke Van den Brandt (Groen) s’occuperait quant à elle de la mobilité et des travaux publics.
Chez Écolo, Alain Maron est nommé ministre de l'environnement. Le parti hérite également de l'économie, de la propreté et de l’énergie. Barbara Trachte a été désignée secrétaire d'Etat à la transition économique et ministre présidente de la Cocof, et Magali Plovie présidente de la Cocof.
Bernard Clerfayt (Défi) sera lui aussi ministre. Il a hérité des matières portées, entre autres, par son prédécesseur au gouvernement bruxellois Didier Gosuin : l’emploi, la formation mais aussi le bien-être animal, la transition numérique et les pouvoirs locaux. À la Cocom, il aura le budget, les allocations familiales et la fonction publique. À la Cocof, il s’occupera de la formation et des relations internationales. À Schaerbeek, il sera remplacé par Cécile Jodogne.
Sven Gatz (Open-VLD) récupère le portefeuille de Guy Vanhengel, à savoir le budget et les finances.
Quant à Pascal Smet (SP.A), il devrait recevoir le commerce extérieur, l’urbanisme et le Siamu.
Rédaction (avec M.L.)


DE BAND TUSSEN OPEN VLD BRUSSEL EN DE PARTIJTOP IS DOORGEKNIPT, NU DE EIGENGEREIDE AFDELING DEELNEEMT AAN EEN ‘LINKSE’ REGERING ZÓNDER DE MR.
Rutten trekt handen af van Brusselse liberalen
De Standaard
BRUSSELOpen VLD-voorzitster Gwendolyn Rutten zal Sven Gatz op het partijbestuur niet voordragen als nieuwe Brusselse Open VLD-minister. Gisteravond stuurde ze ook haar kat naar het congres over het Brusselse regeerakkoord, waar Gatz de 120 pagina’s tellende tekst verdedigde – al deelde hij de tekst zelf niet uit, tot ongenoegen van verschillende aanwezigen. Na een lange discussie werd het regeer¬akkoord rond 22.15 uur toch goedgekeurd door de Brusselse liberalen. Binnen de afdeling genieten Gatz en zijn voorganger Guy Vanhengel immers veel steun. 


BRUSSELSE REGERING VULT POSTEN IN, NA WAT LAAT DRAMA BIJ ECOLO
Knack
Nadat de partijen hun fiat gegeven hadden aan het regeerakkoord, werden de ministerposten ingevuld. Op het laatste moment bleek Ecolo problemen te hebben.
Die vertraging van Ecolo was de voornaamste verrassing. Nadat Open VLD tijdens de formatie voor oponthoud zorgde met de herhaalde vraag om MR mee in de Brusselse regering op te nemen, zorgt Ecolo voor vertraging wegens problemen bij het aanduiden van een staatssecretaris waarop de Franstalige groenen recht hebben.
De Algemene Vergadering van de Brusselse Ecolo verwierp rond 1 uur donderdagochtend de kandidatuur van Isabelle Pauthier, die meer dan 20 jaar directrice was van de Brusselse Franstalige stadsbeweging Arau en wier kandidatuur werd ondersteund door de co-voorzitters van Ecolo. Maar de leden van de Algemene Vergadering hadden problemen met haar visie op de ontwikkkeling van Brussel, of vonden dat ze als nieuwverkozene over de hoofden sprong van kandidaten met grotere ancienniteit. In het holst van de nacht, en tijdens een klaarblijkelijk emotionele zitting, kwam men op een vervanger uit: Barbara Trachte, die bevoegd wordt voor Economische Transitie en Onderzoek. Trachte zetelt al 10 jaar als verkozene van Ecolo.


mercredi 17 juillet 2019

"Ces migrants qui gâchent nos vacances": l'indécence à son comble

Carte blanche Le Vif 

"Vous n'avez pas encore réservé vos vacances ? Quoi de mieux que les côtes de la Méditerranée pour vous dorer la pilule ? Un seul conseil : n'allez pas à Djerba ; vous risqueriez de tomber nez à nez avec des cadavres. Ce serait fâcheux et risquerait de gâcher vos vacances."
© reuters
"Vendredi dernier (12 juillet), RTL-TVI a diffusé, au journal télévisé, une séquence intitulée "Une touriste belge découvre des cadavres sur une plage de Djerba" et présentée de la façon suivante : "Un début de vacances raté pour Charlotte. La Liégeoise venait d'arriver à Zarzis, en Tunisie, et elle a découvert un cadavre sur la plage". Au cours du reportage, on comprend que ce sont des corps de migrants échoués sur la plage qui sont en cause : ils viennent gâcher les vacances d'une touriste belge, qui demande à changer d'hôtel.
Les garde-côtes tunisiens dénombrent près d'une centaine de migrants morts suite au naufrage d'un canot parti de Libye. Leur destin tragique n'est abordé à aucun moment. Seules apparaissent les réactions des touristes et du voyagiste lié à leur séjour. Le traitement médiatique de cet événement nous a profondément choqués.
UNE DÉSHUMANISATION À SON PAROXYSME
Dans cette séquence, l'indécence et l'inhumanité prédominent. Plutôt que de s'attarder sur l'essentiel - des vies humaines ont été arrachées au cours d'une tragédie en mer -, tout est pensé pour focaliser l'attention des téléspectateurs sur la réaction d'une touriste belge parce que les corps ont échoué précisément sur la plage où elle passait ses vacances. Cette profonde dérive du sens éthique -- qui amène à voir les vacances de nos compatriotes comme plus importantes que le droit inaliénable de tous à une vie digne -- rend ce traitement de l'information inacceptable et contraire au code de déontologie journalistique.
La "loi de proximité" a été appliquée : les informations paraissent d'autant plus importantes qu'elles sont proches de leur cible. Pour maximiser l'audience, il a semblé opportun de parler du désarroi de touristes "bien de chez nous" plutôt que de la mort tragique de migrants.
LA MÉDITERRANÉE : LIEU DE VILLÉGIATURE POUR LES UNS, CIMETIÈRE POUR LES AUTRES
L'absence de repères éthiques dans ce "reportage" présente néanmoins le mérite de mettre involontairement en relief les inégalités criantes entre les habitants du "Nord" et d'un certain "Sud".
Les uns peuvent se ressourcer ; les autres sont contraints de risquer leur vie pour subvenir à leurs besoins fondamentaux. Les uns sont libres de parcourir le monde à leur guise ; les autres ne peuvent le faire qu'au prix de leur vie. Les uns peuvent changer d'hôtel pour éloigner de leur vue ou de leur conscience ce qui les dérange ; les autres seront enterrés loin des leurs. Les uns se voient offrir un soutien psychologique ; les autres peinent à recevoir -- en Belgique -- l'accompagnement psychologique ou psychiatrique que les traumatismes successifs endurés nécessiteraient.
Notons que c'est d'ailleurs cette dissymétrie révoltante entre le "Nord" et le "Sud" qui est responsable d'une partie significative des migrations actuelles.
La représentation des migrants véhiculée par certains médias dominants ne cesse de se détériorer. Présentés, selon les cas, comme des menaces, des victimes, des fardeaux ou des intrus -- et, systématiquement comme des "autres" si différents de nous -- (Mazzocchetti & Yzerbyt, 2019), les migrants ne sont plus reconnus comme des êtres humains à part entière : ils sont infrahumanisés, voire déshumanisés. Chez nous, ils sont perçus comme indésirables, corvéables à merci. Ici comme ailleurs, nous sommes indifférents à leur souffrance, voire même incommodés si elle vient à s'afficher sur la plage de nos vacances ! La séquence de vendredi va ainsi jusqu'à légitimer l'indifférence : n'est-il pas normal de vouloir changer d'hôtel pour pouvoir se soustraire à toute prise de conscience ?
La responsabilité des médias dominants dans la construction de nos représentations sur les migrants est énorme. En alimentant des représentations erronées, largement formulées par l'extrême-droite, les médias "altérisent" les migrants, rendent toute forme d'identification impossible et participent au déni de solidarité. En exacerbant cette logique, RTL-TVI a contribué -- une fois de plus -- à remplacer notre humanité par l'égocentrisme le plus désinhibé.
Mazzocchetti, J., & Yzerbyt, V. (2019). Crise migratoire: le discours médiatique alimente-t-il la peur des migrants ? Sociétés en changement, 7.
Primo-signataires (8)
Jean-Baptiste Dayez - Psychologue social et militant
Sarah Degée - Enseignante et collaboratrice de l'Institut de recherche, formation et action sur les migrations (IRFAM)
Martine Demillequand - Collaboratrice pédagogique à l'UCLouvain et professeure de français
William Donni - Militant associatif et politique, activiste et membre du Mouvement Demain
Jessy Doulette - Citoyenne militante antispéciste, féministe et antiraciste
Mohamed El Hendouz - Militant associatif et politique
Seyma Gelen - Enseignante, féministe décoloniale, membre et cofondatrice du Collectif féministe Kahina
Eva Maria Jiménez Lamas - Syndicaliste féministe antiraciste
Signataires (816) 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA RESPONSABILITÉ DES MÉDIAS DOMINANTS DANS LA CONSTRUCTION DE NOS REPRÉSENTATIONS SUR LES MIGRANTS EST ÉNORME. 

Voilà qui résume joliment l'attitude des touristes belges en villégiature. Ôtez-moi ces cadavres de ma plage, ils me gâchent mes vacances. On ne saurait mieux synthétiser le problème. " Pour maximiser l'audience, il a semblé opportun de parler du désarroi de touristes "bien de chez nous" plutôt que de la mort tragique de migrants. " Cette profonde dérive du sens éthique -- qui amène à voir les vacances de nos compatriotes comme plus importantes que le droit inaliénable de tous à une vie digne -- rend ce traitement de l'information inacceptable et contraire au code de déontologie journalistique."
Il est indispensable d'adapter l'éducation et la formation des jeunes aux réalités d'aujourd'hui. Il est primordial d'offrir aux jeunes générations un cadre de vie et de relations nettement plus en phase avec les réalités actuelles . Ces réalités sont largement de caractère démographique et écologique.
"Si les multiples religions ont pu, dans l'Histoire passée, remédier à des situations posant question, les réponses qu'elles ont données ont été sources d'ostracisme, de conflits, de barbaries, de tueries, ... Ceci est d'autant plus inexcusable Aujourd'hui, si on reconnait, après mûre réflexion, que l'essentiel, pour un locataire sur cette planète, est de vivre collectivement en bonne harmonie avec ses contemporains, surtout ceux qui lui sont proches.  Le devoir de chacun est de contribuer au bien-être et au progrès collectifs selon ses capacités, son expérience et sa santé."
On est franchement très loin du compte. La responsabilité des medias  et de l'enseignement est de fait considérable.
Fondamentalement, c'est à chacun de nous de revoir en conscience notre logiciel de valeurs et de comportements. Et  ça, ce n'est franchement pas rien.
MG


DE L'URGENCE DE LA MISE EN PLACE D'UNE POLITIQUE DÉMOGRAPHIQUE À L'ÉCHELLE MONDIALE EN VUE D'UNE CITOYENNETÉ ET D'UNE PARENTALITÉ RESPONSABLES

Carte blanche
La mondialisation et la globalisation que les progrès technologiques de ces dernières décades ont rendues possibles, font qu'il est désormais indispensable de réfléchir et d'agir en termes de politique globale pour la planète "terre" arrivée à saturation.

POUR UNE CITOYENNETÉ RESPONSABLE
Chaque année, actuellement en août, la presse nous informe que nous avons consommé toutes les ressources nécessaires à un fonctionnement et une alimentation normale de l'année en cours et que nous devrons terminer l'année "à crédit", soit en prenant sur la part des êtres humains qui nous suivront !
Il est étonnant qu'une telle déclaration qui, chaque année, survient de plus en plus tôt, ne soulève pas dans nos pays "dits développés" des réactions aussi alarmistes que celles entourant les changements climatiques, liés aux débordements des activités humaines, modifiant notamment lourdement l'équilibre de notre "échosystème".
Il y a plus de 3000 ans, la ville "POLIS" des grecs, constituait le lieu principal de vie collective à organiser et à gérer. Le terme "politique" en est issu. Les temps ont bien changé : la mondialisation et la globalisation que les progrès technologiques de ces dernières décades ont rendues possibles, font qu'il est désormais indispensable de réfléchir et d'agir en termes de politique globale pour la planète "terre" arrivée à saturation. Vis-à-vis des générations qui nous suivront, il n'est ni responsable, ni moral, ni éthique de consommer à crédit. L'éthique, même à contre-courant de la pensée "progressiste", doit s'imposer là où les développements économiques et financiers à court et moyen termes, imposent sans vergogne, des objectifs contraires aux capacités de la planète "terre" et de ses habitants. L'activité humaine a déjà des conséquences climatiques désastreuses, mais, sans politique de décroissance démographique, réfléchie et planifiée au niveau de la planète, on court à une catastrophe encore plus sévère pour les "homo sapiens", devenus trop nombreux sur la planète. L'ONU a une responsabilité incontournable dans la mise en place d'une politique à l'échelle mondiale en ce domaine. Cela ne peut plus attendre !
Y a-t-il besoin d'envisager qu'en absence de toute politique adéquate, en 2050, on compterait plus de 10 milliards d'êtres humains sur notre planète, inégalement dispersés ! Relevons aussi que les plus gros accroissements de population, d'ici 2050, sont attendus en Afrique qui passerait de 1,7 milliard d'habitants actuellement, à environ 4,4 milliards. L'Asie et l'Amérique du Sud et Centrale connaîtraient également une croissance démographique importante.
Il est urgent de conscientiser nos contemporains, où qu'ils se trouvent sur notre planète, de l'énormité de ce problème démographique et de mettre en place des mesures conduisant à une réduction de la natalité, puisqu'avec près de 7 milliards d'habitants, aujourd'hui, nous arrivons déjà "trop court" dès le mois d'août. Dès lors, définir, comme objectif sur 4 à 6 générations, avec l'aide de démographes chevronnés, de revenir en dessous de la barre des 4 milliards d'êtres humains sur terre, constituerait, pour notre génération, un acte responsable et respectueux des générations qui nous suivront et un objectif salutaire indispensable pour leur bien-être, voire même leur survie paisible ! Il ne faut pas perdre de vue, avec humilité et sagesse, que, sur notre planète, chaque être humain n'est qu'un maillon de la transmission d'une vie qui est lentement et constamment en évolution. Chaque individu, durant quelques dizaines d'années, aura eu la chance ou la malchance d'être "locataire sur la terre", dans des lieux et avec des moyens répartis de manière très inégale.
POUR UNE PARENTALITÉ RESPONSABLE
On connait, à présent, les limites des ressources planétaires. On connait aussi les conséquences dramatiques des activités économiques et industrielles débridées. Des traditions et des us et coutumes imposent des tabous culturels et sociaux de plus en plus surannés. L'enracinement dans des traditions séculaires, avec des diktats religieux dogmatiques, archaïques et anachroniques, constituent un obstacle à franchir par la voie de la raison et de la sagesse. En outre, les politiques locales, régionales ou même continentales "du chacun pour soi" , là même où la solidarité à l'échelle de la planète doit s'imposer dans l'urgence climatique ET démographique, il est devenu indispensable de mener une politique programmée de décroissance démographique qui permette d'assurer aux nouveau-nés une qualité de vie plus conforme à la Charte Universelle des Droits de l'Homme. Pour y arriver, il faut briser ces interdits culturels ou religieux, en visant à déculpabiliser la recherche du plaisir sexuel sans lien avec la procréation : les progrès scientifiques des 60 dernières années et les moyens techniques qui en ont découlés, (contraception tant hormonale que physique) permettent d'atteindre cet objectif, ...mais encore faut-il le vouloir ...sans tabous !
En parallèle, il faudra aussi éduquer et former les futurs parents, à une "parentalité responsable : "faire un enfant" est, le plus souvent, facile. Sans ignorer "l'instinct de maternité ou de paternité, ces parents ont-ils les moyens tant humains que matériels, de le nourrir, de l'héberger dignement, de l'éduquer, de lui offrir une scolarité adéquate et des soins de santé appropriés, de l'orienter vers un métier valorisant, pour que cet enfant devenu jeune adulte, puisse, à son tour, jouer son rôle actif dans la société et bénéficier en retour, de ses avancées technologiques et sociétales, qui agrémentent et facilitent la vie sur terre, à la recherche d'une meilleure qualité de contacts sociaux riches en émotions. A cet égard, il est indispensable d'adapter l'endoctrinement et l'éducation des jeunes aux réalités des découvertes scientifiques et à faire preuve d'esprit critique. Sans mépris pour l'Histoire de nos civilisations, à présent, Il est primordial d'offrir aux jeunes générations un cadre de vie et de relations nettement plus en phase avec les progrès scientifiques et technologiques dont tous devraient profiter.
Si les multiples religions ont pu, dans l'Histoire passée, remédier à des situations posant question, les réponses qu'elles ont données ont été sources d'ostracisme, de conflits, de barbaries, de tueries, ... Ceci est d'autant plus inexcusable aujourd'hui, si on reconnait, après mûre réflexion, que l'essentiel, pour un locataire sur cette planète, est de vivre collectivement en bonne harmonie avec ses contemporains, surtout ceux qui lui sont proches. Le devoir de chacun est de contribuer au bien-être et au progrès collectifs selon ses capacités, son expérience et sa santé.
Si la Chine a été sévèrement critiquée pour sa politique "un enfant par couple", il s'avère aujourd'hui, malgré les imperfections de sa mise en place (notamment le déséquilibre des genres par la "disparition" de nouveaux nés de sexe féminin), que cette politique fut inéluctable pour amorcer de manière responsable, la décroissance démographique en Chine.
C'est une politique équivalente qui doit être abordée à présent au niveau mondialpour que les ressources disponibles sur la "planète terre", soient équitablement partagées ente un nombre d'habitants en décroissance programmée vu la capacité limitée de notre planète. En ce domaine, l'intérêt collectif doit s'imposer sur la liberté individuelle : il y va de la survie de l'espèce humaine !
Michel Lesne, Docteur en Sciences Pharmaceutiques et Professeur à la Faculté de médecine de l'UCL







dimanche 14 juillet 2019

La mort de Richard Herlin, correcteur au « Monde »


Doux et provocateur, toujours exigeant, il était entré en 2005 au « Monde », où il donnait la chasse aux coquilles, anacoluthes et amphibologies. Il est mort le 10 juillet, à l’âge de 59 ans.
Richard Herlin était le seul à pouvoir emporter un millier de personnes en parlant de subjonctif imparfait, d’anglicisme et de féminisation des noms comme lors de sa prestation pour le Live Magazine, le 25 septembre 2017 au Casino de Paris. Lucas Barioulet pour Le Monde
Il ne faut pas pleurer pour ce qui n’est plus, mais être heureux pour ce qui a été. C’est sans doute ce que nous rappellerait « Richie » s’il voyait nos yeux rougis et nos mines inconsolables. Richard Herlin, correcteur au Monde, est mort mercredi 10 juillet d’une leucémie. Il était notre collègue, notre ami, notre irremplaçable.
Né le 30 novembre 1959 à Neuf-Mesnil, petite commune proche de Maubeuge (Nord), il parlait parfois de son enfance de peu de choses, comme on conte son pays où l’on ne retournera pas. Issu d’une famille de cinq enfants, fils d’un contremaître d’usine mort durant son adolescence et d’une mère devenue gravement malade par la suite, il gardera toute sa vie un profond respect pour les « petites gens ».
Après un bac littéraire, il est le premier de sa famille à entrer à l’université, où il obtient en 1983 une licence d’anglais. Les petits boulots accompagnent sa vingtaine. Il travaille un peu à l’usine, un peu au théâtre : technicien de plateau, comédien ou simple figurant. Il est amoureux aussi, depuis le lycée, de Christine, qui deviendra sa « compagne de vie ». Avec elle, il ébauche un projet communautaire en Ardèche et s’initie à la lutte contre les discriminations, en particulier celles que subissent les femmes.
En 1990, il s’engage dans une formation de bibliothécaire et auprès de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ), où il occupera le poste de bibliothécaire documentaliste pendant treize ans. Soizic Bouju, directrice des études entre 1998 et 2003, devenue ensuite une de ses plus proches amies, se souvient d’avoir rencontré un garçon aux « cheveux longs jusqu’aux fesses et qui a tout de suite été un point de surprise, de fraîcheur, tendre et loufoque ». A l’écoute des étudiants, « il était le refuge, l’homme qui prenait du temps, qui transmettait, sans jamais donner de leçon ». Se décrivant lui-même comme « fondamentalement humaniste », il considérait que « ce que l’on appelle des fautes ne sont finalement que des erreurs, et que l’erreur est humaine, donc pardonnable, à condition toutefois de ne pas (trop) persévérer ».
RELATION MONOGAME AVEC « LE MONDE »
En 2005, il quitte son Nord pour intégrer l’école des correcteurs Formacom, à Pantin (Seine-Saint-Denis), et se consacrer enfin entièrement à ce qui lui plaît vraiment : les anacoluthes et les amphibologies. Diplômé, il collabore avec Le Monde, Le Point, Livres Hebdo, La Revue dessinée, corrige les questions SMS de l’émission C’est dans l’air. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse : il aimait cette vie libre de pigiste, avant de finir par se ranger, en 2011, dans une relation monogame avec le « journal vespéral de référence ».
Richard n’était pas correcteur, il était rédacteur-réviseur-correcteur. « Un obsédé textuel du genre voyeur [qui] a fait de son vice un métier honnête », c’est lui qui le disait. Drôle, volubile, provocateur, doux, il attirait la lumière sans jamais la prendre. Au Monde, où il était devenu l’un des plus estimés membres de la rédaction numérique, il posait toujours un regard bienveillant – mais pas dupe – sur les nouveaux arrivants. Ses anciens élèves de Formacom gardent le souvenir d’« heures de formation drôles, insolentes, mais toujours passionnantes ».
D’un abord direct, il pouvait assez vite vous proposer d’aller « danser avec la lune jusqu’au bout de la nuit ». Ses gestes, ses mots, tout était empreint de légèreté et de délicatesse. Même ses courriels compendieux pour signaler qu’un papier était corrigé sonnaient comme un pas de Fred Astaire : « Et hop ! »
MILITANT D’UNE LANGUE MODERNE, ÉVOLUTIVE
Son regard clair et malicieux vous accrochait quand il s’escrimait à raconter si mal (et donc si bien) ses blagues et autres contrepèteries. Tous ceux qui ont eu la chance de partager seul avec lui une permanence de soirée, jusqu’à 23 heures, au desk numérique du Monde ont pu apprécier son professionnalisme serein, certes, mais surtout ses incomparables talents en matière de feu d’artifice de jeux de mots risqués, ses concours de « Monsieur et Madame ont un fils » et ses interprétations de Johnny Hallyday aussi fières que dissonantes, surtout si elles étaient arrosées d’une bière belge. Inoubliable dégaine de grand adolescent, portant beau, pantalon slim, bretelles, chapeau de cuir élimé, cigarette roulée et boucle à l’oreille.
Ce qu’il y a de merveilleux dans son métier, disait-il, c’est le doute, qui « permet chaque jour d’apprendre quelque chose de nouveau ». Pour nous, il n’y en avait pas, de doute, on avait la chance d’avoir le meilleur correcteur de sa catégorie, et on le savait. Vaillant, joyeux, il ne désarmait jamais dans la chasse aux « députés-maires », à la construction de logements « neufs », aux lettres capitales non justifiées et à tout ce qui pouvait être « typographiquement contrevenant ». Il voyait une coquille, il se jetait dessus et signait son crime auprès du rédacteur : « J’ai retiré le chapeau au “u” dont tu as couvert ton verbe, il n’en a pas besoin pour sortir. »
Sous les mots, les idées. Richard militait pour une langue moderne, évolutive et n’aimait rien tant que redorer des locutions méprisées, faire briller les autrices et les patronnes. Certains sujets ne souffraient guère pour lui de débat – comme la laïcité, l’égalité ou la place des femmes dans la société et dans notre langue, en défenseur avisé qu’il était de l’écriture inclusive.
AMOUREUX DU PRÉSENT
C’était un amoureux du présent, du réel et du maintenant, des choses qui sont et ont été. Passionné de documentaires, membre régulier du Festival audiovisuel régional de l’Acharnière, à Lille, il avait contribué à mettre en place à l’ESJ un atelier de documentaire, persuadé que c’était justement en étudiant le contrepoint du journalisme que les élèves apprendraient le mieux leur métier. Il s’épanouissait tout autant dans la fiction, le jeu, la mise en scène, au théâtre, qu’il a pratiqué toute sa vie en amateur, ou en contribuant à des fictions radiophoniques dont la dernière s’appelait singulièrement « Vivre ma mort ». Riche de mille vies, il était curieux, cultivé, souvent paré de sombre comme de mystère ; il écoutait les artistes islandais Björk et Sigur Rós, lisait Marguerite Duras et regardait des films de Jean-Luc Godard, dans lesquels il appréciait les discrètes références aux subtilités de la langue française.
Il était heureux de travailler au Monde et le disait. D’ailleurs, il était heureux de tout et souvent de rien. Adepte de la lenteur, toujours soucieux de prendre le temps nécessaire, Richard haïssait la précipitation et n’était pas particulièrement friand du mouvement d’une manière générale. Il détestait l’avion et avait horreur de se déplacer, sauf pour rejoindre son paradis du Lot, qu’il a choisi comme dernière demeure. Dans son petit appartement parisien, il voyageait intérieurement, avec ses livres, France Culture, ses sorties au resto entre amis, son chapeau et son vélo. C’est tout ce qu’il lui fallait.
Personne ne peut dire avoir entendu une seule fois Richard se plaindre – et le sale diagnostic, tombé en octobre 2018, n’y a rien changé. Ces derniers temps, sa plus grande douleur était de provoquer du chagrin chez les autres. Pour lui, il ne s’en faisait pas : « Quelle chance j’ai eu d’en être arrivé là », disait-il encore à ses proches. Il se trompait. La chance, c’est nous qui l’avons eue. Merci Richie.
A Paris.
[Correcteur au Monde.fr depuis 2005, Richard Herlin était unanimement apprécié pour son amour rigoureux de la langue, son humour et son goût pour la transmission. Le Monde adresse ses pensées à sa famille, ses proches, et à toutes celles et ceux, au site et au journal, qui ont aimé sa personnalité profondément libre. Jérôme Fenoglio]
Dates
30 novembre 1959 Naissance à Neuf-Mesnil (Nord)
1983 Licencié en anglais, option linguistique et sémiologie
1986-1989 Intermittent du spectacle, comédien, technicien de plateau
1990 Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire
1990-2003 Bibliothécaire-documentaliste à l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille
2005 Diplôme national de lecteur-correcteur-réviseur et entrée au Monde
10 juillet 2019 Mort à Martel (Lot)
Hélène Bekmezian


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN HEROS ANONYME DE NOTRE TEMPS

Cet article m'a profondément touché. Il nous parle d'un sans grade au coeur d'or, "un Mensch" , un homme vrai, engagé dans sa mission de correcteur supérieur. « J’ai retiré le chapeau au “u” dont tu as couvert ton verbe, il n’en a pas besoin pour sortir. »
Quelle grandeur et quelle sobriété par rapport à ces quelques ministres dispendieux qui font le buzz au frais de la Communauté comme ce président du Parlement flamand acculé à la démission et son homologue l'ancien président de l'Assemblée nationale française. Il y a a d'autres qui méritent l'opprobre publique et le mépris quelle que soit leur couleur.
« il était le refuge, l’homme qui prenait du temps, qui transmettait, sans jamais donner de leçon." « fondamentalement humaniste », il considérait que « ce que l’on appelle des fautes ne sont finalement que des erreurs, et que l’erreur est humaine, donc pardonnable, à condition toutefois de ne pas (trop) persévérer ».
Vive la sobriété heureuse à vélo et en chapeau de cuir bouilli.
MG

samedi 13 juillet 2019

Carte blanche: «Le prix Nobel de la paix pour Carola Rackete»


   
PAR MARIO VARGAS LLOSA, ÉCRIVAIN, PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE 2010 

Il nous faut être attentifs au procès de Carola Rackete, qui pourrait être condamnée à dix ans de prison, estime l’écrivain Mario Vargas Llosa. Qui propose d’attribuer le Prix Nobel de la Paix à la jeune capitaine allemande du Sea Watch 3.

Mario Vargas Llosa en est persuadé :il ne sera pas le seul à demander le Prix Nobel de la paix pour la jeune capitaine Carola Rackete le moment venu. - Reuters.


Carola Rackete, la capitaine du bateau Sea Watch 3, qui, dérivait depuis dix-sept jours sur la Méditerranée avec quarante migrants à son bord, sauvés en mer, a finalement accosté sur l’île italienne de Lampedusa, faisant fi de l’interdiction des autorités du pays. Et elle a bien fait. Elle a immédiatement été arrêtée par la police italienne, et le ministre de l’Intérieur et secrétaire fédéral de La Ligue du Nord, Matteo Salvini, s’est empressé d’avertir l’ONG espagnole Open Arms, naviguant dans la zone avec des dizaines de migrants sauvés en mer à son bord, que « si elle ose s’approcher de l’Italie, elle risquerait le même sort que la jeune Allemande Carola Rackete », qui pourrait être condamnée à dix ans de prison et à une amende de 50.000 euros. Le fondateur d’Open Arms, Óscar Camps, a répondu : « On peut sortir de prison, pas du fond de la mer. »
Une loi stupide et cruelle
Quand les lois, comme celles qu’invoque Matteo Salvini, sont irrationnelles et inhumaines, il est de notre devoir moral de les ignorer, comme l’a fait Carola Rackete. Qu’aurait-elle dû faire sinon ? Laisser mourir ces pauvres migrants sauvés en mer, qui, après avoir dérivé pendant dix-sept jours, se trouvaient en très mauvaise condition physique, certains au bord de la mort ? La jeune Allemande a violé une loi stupide et cruelle, suivant les meilleures traditions du monde occidental démocratique et libéral, dont La Ligue et son secrétaire fédéral Matteo Salvini sont justement aux antipodes : ils ne représentent pas le respect de la légalité, mais plutôt une caricature raciste et émaillée de préjugés de l’Etat de droit. Et c’est justement lui et ses partisans (trop nombreux et d’ailleurs pas seulement présents en Italie, mais aussi dans presque toute l’Europe) qui incarnent la sauvagerie et la barbarie dont ils accusent les migrants. Ceux qui avaient décidé qu’il valait mieux que les quarante survivants du Sea Watch 3 meurent de faim, de maladie ou noyés plutôt que de les laisser fouler le sol sacré de l’Italie, ne méritent pas d’être qualifiés autrement. Grâce à la bravoure et à la dignité de Carola Rackete, ces quarante malheureux s’en sortiront, puisque cinq pays européens se sont proposé de les recevoir.
Il existe des préjugés toujours plus nombreux sur l’immigration qui alimentent un dangereux racisme expliquant la nouvelle vague nationaliste qui déferle sur presque toute l’Europe. Il représente la pire menace pour le projet en cours le plus généreux pour la culture de la liberté : la construction d’une Union européenne qui pourra concurrencer à l’avenir les deux géants internationaux que sont les Etats-Unis et la Chine. Si le néofascisme de Matteo Salvini et compagnie triomphait, des Brexits auraient lieu aux quatre coins du Vieux Continent et ses pays, en proie aux divisions et aux conflits, n’auraient pour triste sort que la tentative de résister aux étreintes mortelles de l’ours russe (voir le cas de l’Ukraine).
L’Europe a besoin de migrants
Bien que les statistiques et les avis des économistes et des sociologues soient concluants, les préjugés prévalent : les migrants viennent voler le travail des Européens, commettre des délits et des violences en tout genre, surtout à l’encontre des femmes, leur fanatisme religieux les empêche de s’intégrer, ils sont à l’origine du terrorisme, etc. Rien de tout cela n’est vrai, et si tant est que cela le soit, il s’agit d’exagérations et d’éléments dénaturés à l’extrême, irréalistes.
Le fait est que l’Europe a besoin de migrants pour maintenir son niveau de vie élevé, car il s’agit d’un continent sur lequel, grâce à la modernisation et au développement, une population active, toujours moins nombreuse, doit subvenir aux besoins d’une population retraitée, toujours plus nombreuse, en constante augmentation. L’Espagne n’est pas la seule à avoir le taux de naissances le plus faible sur l’année, beaucoup de pays européens la suivent de près. Les migrants, que nous le voulions ou non, finiront par combler ce vide. Et, pour ce faire, au lieu de les tenir à distance et de les persécuter, il nous faut les intégrer et faire tomber les obstacles qui nous en empêchent. C’est faisable, à condition d’éradiquer les préjugés et les peurs qui, exploités sans relâche par la démagogie populiste, donnent naissance à des Matteo Salvini et à ses partisans.
Bien sûr, l’immigration doit être organisée afin qu’elle bénéficie aux pays d’accueil. Il est important de rappeler que cette immigration représente un grand hommage que rendent à l’Europe ces milliers de malheureux qui fuient les pays subsahariens gouvernés par des bandes de voleurs et parfois fanatiques qui ont fait du patrimoine national la caverne d’Ali Baba. En plus de mettre en place des régimes autoritaires et éternels, ces derniers pillent les fonds publics et laissent leurs populations dans la misère et la peur. Les migrants fuient la faim, l’absence de travail, la mort lente que représente l’existence pour la grande majorité d’entre eux.
Transformer les mentalités
Ce n’est pas le problème de l’Europe ? En fait, si, ça l’est, du moins en partie. Le néocolonialisme a fait des ravages dans le tiers-monde et a contribué en grande partie à ce qu’il reste sous-développé. Bien sûr que la faute incombe aussi à ceux qui ont pris de mauvaises habitudes et ont été complices de ceux qui les exploitaient. Il n’y a pas de doute, en définitive, seul le développement du tiers-monde retiendra sur ses terres ces masses humaines qui préfèrent aujourd’hui se noyer dans la Méditerranée et être exploitées par les mafias plutôt que de rester dans leurs pays d’origine où ils ne voient pas une seule lueur d’espoir de changement.
Une transformation des mentalités est essentielle en Europe. Ouvrir les frontières à une immigration nécessaire et réguler cette dernière afin qu’elle soit opportune et pas source de division et de racisme, afin qu’elle ne serve pas non plus de tremplin à un populisme qui a eu des conséquences terribles par le passé. Il est essentiel de rappeler sans relâche que les millions de morts des deux dernières guerres mondiales ont été l’œuvre du nationalisme et que ce dernier, indissociable des préjugés raciaux et source intarissable des pires violences, a, partout, laissé des marques du fait des atrocités qu’il a provoquées et qu’il pourrait à nouveau provoquer si nous n’enrayons pas le phénomène à temps. Il faut faire face aux Matteo Salvini d’aujourd’hui avec la conviction qu’ils ne sont rien d’autre que la prolongation d’une tradition obscurantiste qui a taché de sang et de mort l’histoire de l’Occident et qu’ils ont été les ennemis jurés de la culture de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie. Culture de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie : rien de tout cela n’aurait prospéré et ne se serait étendu au reste du monde si les Torquemada, les Hitler et les Mussolini avaient gagné la guerre à la place des Alliés.
J’écris cet article depuis Vancouver, une belle ville dans laquelle je viens d’arriver. Ce matin, j’ai pris mon petit-déjeuner dans un restaurant du centre-ville où j’ai discuté avec quatre « natifs » d’origine japonaise, mexicaine, roumaine et seul le dernier d’entre eux était « gringo ». Ils disposaient tous les quatre d’un passeport canadien, semblaient très contents de leur sort et s’entendaient très bien. Voilà l’exemple à suivre en Europe, celui du Canada.
Il nous faut être attentifs au procès de Carola Rackete et exiger que les juges sauvent l’honneur et les bonnes traditions italiennes, aujourd’hui foulées aux pieds par Salvini et la Ligue du Nord. Je suis certain que je ne serai pas le seul à demander le Prix Nobel de la paix pour cette jeune capitaine le moment venu. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CAROLA  RACKETE, AVATAR D'ANTIGONE, POUR SAUVER L'HONNEUR PERDU D'EUROPE? 
 
En sirotant mon thé du matin, agrémenté d'une branchette de sauge sous un ciel plombé et tout en gardant un oeil rivé sur la mangeoire  où atterrissent en escadrille les oiseaux des bois tout proches, voici que je lis ceci sur le site du Soir qui, j'en suis sûr, retiendra l' attention de tous les vrais démocrates: "Mario Vargas Llosa-Nobel de littérature- en est persuadé :il ne sera pas le seul à demander le Prix Nobel de la paix pour la jeune capitaine Carola Rackete le moment venu."
Le Spiegel a baptisé Captain Europe cette jeune scientifique téméraire allemande qui a sauvé l'honneur perdu de l'Europe en bravant le néo fasciste Salvini, émule auto proclamé de Benito Mussolini. Avatar également du roi Créon devant qui s'est dressée autrefois, au péril de sa vie, la mythique princesse Antigone.
Ne disait-on pas qu'il manquait à l'Europe un récit, un mythe digne de la princesse asiatique enlevée jadis par un dieu grec à la dégaine jupitérienne métamorphosé pour la circonstance en taureau blanc?
Voilà c'est fait,  Europe a désormais son Antigone de chair et de nerfs, sa Jeanne d'Arc athée des temps modernes,  championne de la cause des réfugiés martyrs qui se noient en Méditerranée en fuyant l'horreur des passeurs et surtout la cruauté de régimes corrompus pour rejoindre le continent des droits humains.
Charles Michel, notre compatriote mal aimé aux trois casquettes, désormais président du Conseil européen, aura-t-il le cran de mettre Salvini au pas et avec lui les rebelles du groupe de Vizgrad qui refusent d'accueillir chez eux le quota de réfugiés que leur impose Bruxelles, lui qui en défendant le traité de Marakech contre Francken et De Wever a voulu s'inscrire dans le bon sens de l'histoire?
Certes Michel Rocard n'avait pas tort quand il affirmait que l'Europe ne saurait accueillir toute la misère du monde.  Pim Fortuyn, politicien phare de leefbaar Nederland , fut assassiné par un activiste d'extrême gauche, militant de la cause animale pour avoir osé affirmer que, selon lui la barque batave était pleine, il y a plus de quinze ans déjà. Il estimait que les Pays-Bas ne sauraient accepter chaque année l'accueil de 40 000 demandeurs d'asile. Merkel, encore une faible  femme, eut le front d'en accueillir un million en 2015.
Et que fera cette autre femme, Ursula von de Leyen, nouvelle présidente de la  Commission européenne  que l'on dit de fer comme Margaret Thatcher: médecin de formation , économiste diplômée de la London School, ministre de la santé ensuite de la défense allemande?
Certes on devrait se détacher de tout à la manière des sages d'orient. Gandhi dont le spectre continue à hanter l'Inde éternelle n'était pas de cet avis. Le Gandhi de l'Europe des temps modernes serait-il cette gracile jeune femme en dreadlocks et maillot de corps qui se dit moins allemande qu'européenne? 
Et que dire de cette jeune adolescente suédoise de 16 ans qui a choisi de sacrifier sa prochaine année scolaire pour militer contre le réchauffement climatique? Encore une fille...
Le poète a toujours raison  chantait Jean Ferrat
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume.
Face aux autres générations,
Je déclare avec Aragon:
La femme est l'avenir de l'homme
MG

jeudi 11 juillet 2019

Le président du Parlement flamand soupçonné d'avoir favorisé une prostituée qu'il fréquentait


F.C. Le Vif
POLITIQUE BELGE

En plein scandale, le président du Parlement flamand démissionne.
La N-VA pouvait rêver d’une fête de la Communauté flamande plus glorieuse et plus à son avantage… Alors que le nord du pays se remémorait la victoire terrible en 1302, près de Courtrai, des milices communales flamandes sur les armées du roi de France, le nouveau président du Parlement flamand, Kris Van Dijck (N-VA), a été contraint à la démission. Un article de P-Magazine, diffusé sur le web jeudi, révélait sa relation avec une prostituée et la façon dont il serait intervenu en sa faveur dans un dossier de faillite frauduleuse.
RÉVÉLATIONS SULFUREUSES
“Les récents événements font qu’il m’est devenu impossible d’agir en tant que président du Parlement flamand […] Je n’ai jamais rien fait qui aille à l’encontre de la loi. Ceux qui me connaissent un peu le savent. Les allégations de ce jour sont totalement incorrectes”,
a cependant affirmé jeudi après-midi Kris Van Dijck. Quelques heures plus tôt, suite à ces révélations sulfureuses, l’ex-président du Parlement flamand avait quitté l’hôtel de ville de Bruxelles précipitamment après le discours qu’il avait tenu à l’occasion de la Fête flamande…
La position du président du Parlement flamand, élu par ses pairs à cette fonction à la fin juin, était devenue intenable. En quelques jours, c’est la deuxième affaire dans laquelle il était visé personnellement. Il avait été mis en cause la semaine passée à la suite d’un accident de roulage survenu alors qu’il était ivre. Groen et le SP.A avaient déjà fait comprendre qu’il devait renoncer à ses fonctions. “ La semaine passée, si j’avais été lui, j’aurais déjà démissionné après cette histoire de conduite en état d’ivresse. Mais si cette nouvelle affaire est exacte, Kris Van Dijck est confronté à un vrai problème et sa position paraît intenable”, indiquait le chef de groupe écologiste au Parlement flamand, Bjorn Rzoska, un peu avant l’annonce de la démission.
Dans son discours à l’hôtel de ville, M. Van Dijck avait justement insisté sur l’importance d’un “contexte stable”. “Si cette affaire est exacte, on ne peut plus parler d’un contexte stable. En deux semaines, il apparaîtrait que Kris Van Dijck a enfreint deux fois la loi. Il faut un nouveau président”, avait souligné ensuite le chef de groupe SP.A, Conner Rousseau.
LE VLAAMS BELANG AU PERCHOIR…
Bref, la Fête flamande sacralisant la bataille des éperons d’or était gâchée… D’autant plus que la mécanique parlementaire impose Filip Dewinter (Vlaams Belang), le premier vice-président, comme successeur à Kris Van Dijck. Pour rappel, Herman De Croo (Open VLD), âgé de 81 ans, avait décidé de siéger provisoirement au Parlement flamand afin d’éviter que les nouveaux députés flamands prêtent serment entre les mains de Filip Dewinter. La tradition veut en effet que le député avec le plus d’ancienneté ait temporairement les honneurs de la présidence. Sans la présence d’Herman De Croo, c’est Filip Dewinter qui aurait dû occuper le perchoir. Finalement, suite à l’affaire Van Dijck, cette figure historique de l’extrême droite flamande se sera tout de même hissée à la présidence de l’assemblée.
UN “DÉSHONNEUR” POUR DEWINTER
Toutefois, Filip Dewinter ne s’est pas vraiment montré satisfait de la situation. Bien au contraire. Estimant “déshonorant” d’être élu de la sorte, le représentant du Vlaams Belang a déclaré qu’il aurait “préféré devenir président d’une autre manière”. Il a également annoncé qu’il convoquait le bureau du Parlement ce vendredi à 10 heures pour réfléchir à ce qu’il convient de faire désormais. “Je resterai président jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau gouvernement, ou les autres partis pensent-ils qu’un nouveau président devrait être nommé sur une base intérimaire ?”, s’est interrogé Dewinter, entretenant le doute sur la durée de son intérim.
UN NOUVEAU PRÉSIDENT CE VENDREDI ?
Le chef du groupe de Groen a estimé que le Parlement flamand devrait nommer immédiatement un nouveau président. “Le Parlement doit maintenant agir rapidement”, a-t-il affirmé. Selon lui, la N-VA, en tant que groupe le plus important, doit pouvoir désigner un nouveau président. D’après VTM, la N-VA compte bien présenter un nouveau candidat ce vendredi matin.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FÊTE NATIONALE RANCE POUR LA NATION FLAMANDE.

1 "La présidence de la commission de l’Intérieur de la Chambre sera exercée au cours de la législature par un élu du Vlaams Belang. L’affaire n’est pas banale. Ce n’est pas la première fois que le Belang préside les débats d’une commission. Mais celle de l’Intérieur est par nature sensible. À la rentrée parlementaire, le président de la Chambre, Patrick Dewael avait développé des trésors d’habileté pour empêcher d’être assisté par un élu du Belang, Dries Van Langenhove, inculpé d’infractions aux lois sur le racisme et le négationnisme." (La Libre). On comprend difficilement que les partis démocratiques se soient laissés enfermer dans un piège aussi grossier sans le déjouer.  C'est gravissime pour notre crédibilité démocratique et pour l'image de la Belgique en Europe.
2 Par ailleurs, le président du Parlement flamand s'est vu contraint de démissionner dans un contexte scandaleux qui éclabousse le parti de Bart De Wever. La position du président du Parlement flamand, élu par ses pairs à cette fonction à la fin juin, était devenue intenable. En quelques jours, c’est la deuxième affaire dans laquelle il était visé personnellement.
3 la mécanique parlementaire impose Filip Dewinter (Vlaams Belang), le premier vice-président, comme successeur à Kris Van Dijck au perchoir. Un comble!
4 En Wallonie se dessine l'esquisse d'un accord de majorité PS/Ecolo/MR tandis qu'à la Région bruxelloise se conclut un accord pour former un gouvernement. Alors qu'en Flandre rien ne bouge et on fête un 11 juillet sans nouveau gouvernement: tout un symbole.
La N-VA pouvait rêver d’une fête de la Communauté flamande plus glorieuse et plus à son avantage. Pour le nationaliste Bart De Wever ce 11 juillet a tourné au cauchemar. Le bourgmestre d'Anvers a-t-il perdu sa légendaire baraka? Sa gestion municipale de la Métropole est pour le reste de plus en plus contestée par les Anversois très inquiets pour leur sécurité et largement déçus par l'inefficacité de sa gestion quotidienne dans la ville.
Serait-ce le début d'une fin de règne? La Flandre a pris l'habitude de brûler ceux qu'elle a un instant adulés: Tindemans (ancien CVP: un million de voix de préférence), Guy Verhofstadt (VLD), Steve Steevaert (SPa) et désormais Bart De Wever (NVA). Mais il serait malvenu de vendre la peau de l'ours anversois avant de l'avoir tué médiatiquement et surtout politiquement. Dossier à suivre de près  doncdans les semaines qui viennent. Elio di Rupo se frotte les mains et trémousse de joie en silence. Décidément le montois qu'on croyait fini n'a pas perdu la main. Il semble avoir mis son adversaire PTB hors jeu, du moins à court terme. Elio et Bart ont un point commun: ils se méfient comme la peste d'être acculés à de nouvelle élections  fédérales qui donneraient des ailes à leur challengers respectifs :le PTB en Wallonie  et le Belang en Flandre.
Pour l'historien Lode Wils, "la Belgique va s'écrouler"
Depuis le 26 mai, le mouvement flamand semble plus fort que jamais. Wils ne laisse pas de place au doute. "La Belgique doit être détruite parce que les Flamands veulent se venger." (Le Vif)
Lode Wils (90 ans) est non seulement l'historien le plus influent du Mouvement flamand, comme le dit son collègue gantois Bruno De Wever, mais aussi le plus productif. C'est dire si sa parole a valeur d'oracle.
MG

Charles Michel, le mal aimé au sommet


Alain Raviart |

L'élection du Premier ministre belge Charles Michel à la présidence du Conseil européen a été peu saluée par les personnalités politiques belges francophones...
Voici l’histoire un peu folle d’un Premier ministre discuté par le peuple francophone mais dont le talent a séduit les Européens. Un chemin pour conquérir, une bonne fois pour toutes, le cœur de sa communauté ?
Charles Michel. Deux prénoms pour un nom. L’un ne va plus sans l’autre. Charles a su s’émanciper de Michel sans jamais s’en départir. Comme une forme de lucidité. L’homme l’est, lucide, sur la stratégie pour prendre le pouvoir. Il l’est moins sur son image qu’il n’arrive pas vraiment à imposer et à « déformater ». Il est une sorte de mal aimé. Toujours lucide, il en a bien conscience, mais cela ne suffit pas pour séduire son territoire.
Alors, quand il atteint le sommet de l’Europe avec son nouveau titre de président du Conseil et grimpe sur les cimes mondiales, il s’attend à tout sauf à cela : il n’est pas félicité par la petite planète de la Belgique francophone. Cette petite communauté politique reste (quasi) muette alors que le voisin flamand s’élève à la louange sans aucune arrière-pensée.
Les accents toniques mal placés dans ses discours, des mots mal portés par un corps un peu démantibulé et un charisme affaibli par un regard qui doute alors qu’il se veut autoritaire, n’ont pas fini de susciter les persiflages.
Certes, les présidents de partis wallons le félicitent en privé. En public, sans commentaire. Au contraire, la coprésidente d’Ecolo Zakia Khattabi l’enfonce six pieds sous terre. « La N-VA perd son meilleur allié » pourfend-elle. Vu le sacre, il ne s’agit pas d’ironie mais d’une claque, d’une fessée, d’une humiliation. Alors, pourquoi Charles Michel n’est-il pas respecté par bon nombre de ses pairs ?
A lire les sondages, l’homme ne serait pas compris par les Wallons et les Bruxellois. Il n’est pas populaire. Facile donc pour les adversaires de tirer sur un homme qui ne séduit pas. Les accents toniques mal placés dans ses discours, des mots mal portés par un corps un peu démantibulé et un charisme affaibli par un regard qui doute alors qu’il se veut autoritaire, n’ont pas fini de susciter les persiflages. Quand Jean-Marc Nollet, l’autre coprésident des verts, lui offre pendant la dernière campagne électorale une marionnette en télévision, le geste est un outrage : « Vous êtes la marionnette de la N-VA ». A croire que la fonction (de Premier ministre) ne fait pas l’homme.
PAS MAÎTRE EN SON VILLAGE
Oui, Charles en a bavé depuis tout petit avec son père qui était l’un des politiques favoris des Belges. Un « fils de ». Oui, Charles Michel continue d’en baver. Pas comme Louis, son père, soupe au lait démonstratif. Charles est bouillonnant, mais ça reste à l’intérieur… le plus souvent. Il souffre viscéralement de ne pas être maître en son village, de ne pas être adulé dans son pays. On se souvient d’un de ses passages à la Foire de Libramont. Tout allait bien. Le gouvernement bouclait un budget et des réformes, il était numéro « uno », les visiteurs l’embrassaient. Il avait adoré. Phénomène éphémère. Tout a commencé à chuter, y compris sa majorité. Aux élections, pas mieux.
Alors, son ampleur va conquérir d’autres horizons bien plus ambitieux, probablement taillés à sa juste mesure. Leader de l’Europe n’est pas une coïncidence. Une fatalité ? En même temps qu’une vocation probablement. Parce que l’homme sait mener plusieurs combats à la fois, sans jamais s’émousser. Il s’est démené avec force pour diriger la Belgique et pour se battre au niveau européen. Parallèlement, conjointement, avec le sens des priorités partagées parce que, pour lui, l’un n’allait pas sans l’autre.
Peut-être que là-bas ils verront. Non pas le traître. Non pas celui qui a convolé avec la N-VA alors qu’il avait promis ne jamais lui passer une alliance au doigt. Car il en est convaincu : sans son pacte avec les nationalistes, le pays aurait connu la crise de régime. Cet argument était-il sincère ? A force de le répéter… L’Europe aura bien besoin de ce talent pour éviter une crise de régime, et populiste, qui lui pend également au nez.
BARBECUE ET KICKER
La reconnaissance de Charles Michel chez les siens va donc passer par l’international. Ça va marcher ? On prend tous les paris. Sans se tromper, on pourrait voir l’homme s’épanouir davantage. Remporter des victoires faciles parce que la Belgique a été encore plus compliquée pour lui. Les chefs d’Etat apprécieront peut-être davantage ses barbecues et les parties de babyfoot qu’il affectionne tant.
Chez lui, le « kicker » triomphe et est une pièce maîtresse de l’ameublement. Il choisit les bleus et non les rouges. Sinon la barre lui brûle la main. Parce qu’il ne s’arrête jamais. Parce qu’il a ça dans le sang, et pas seulement de père en fils. Il cultive à chaque minute ses dossiers, son dossier. A en perdre le sens de la vie ? Son épouse, ses enfants, avec son fils, avec Jeanne qui est un phare joyeux chez les Michel et avec la toute petite dernière, Lucie, lui rappellent l’essentiel avec douceur. Jeune papa, jeune président du Conseil européen, jeune en tout. Le plus jeune ministre et Premier ministre que le pays ait connu. Un parcours de feu et de sang, de génie et d’incompréhension.
Une nouvelle conquête en perspective. Il ne perdra jamais les Wallons et les Bruxellois de vue. La revanche sera là dans quelques années, voire avant. Du top européen il séduira la base francophone. Ce combat, il ne veut pas le perdre. Il ne se résigne jamais. Il ne se fera jamais oublier dans son pays. Au contraire. Sa nouvelle conquête mondiale est aussi une reconquête sur ses terres. Il ne veut pas rester le mal aimé.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHARLES LE MAL AIMÉ

On imagine qie Louis Michel jubile dans sa chaumière. En parfait Pygmalion il a réussi un chef d'oeuvre paradoxal: son fils Charles qui a su réaliser son rêve, devenir premier ministre et le dépasser en accédant à la présidence du Conseil de l'Europe.
Curieusement l'homme au physique étrange ,ne susite pas l'enthousiasme des Belges, pas plus d'ailleurs qu'Hermann Van Rompuy en son temps.
Herman Van Rompuy au «Soir»: «Charles Michel est beaucoup mieux préparé que moi pour présider le Conseil européen». L'affreux  Farrage le traita de "wet blanket" (serpillière mouillée)
   
Charles Michel a-t-il les qualités pour son « top job » européen ?  Se demande Béatrice Delvaux dans une analyse scrupuleuse et perspicace à laquelle je renvoie. "Il est très respecté, c’est un européen convaincu, comme son père. tout cela a été bien reçu par le président français et par la chancelière allemande."
"Pour Charles Michel, le dossier des pays de l’Est « sera très délicat et très important ». Quant au Brexit, qu’il se solde par un « no deal » ou un nouveau délai, ce pourrait être le chaos."(BD)
MG


QUELS CONSEILS LUI DONNER ? Personne n’est mieux placé pour répondre à ces questions que Herman Van Rompuy, l’autre Belge qui fut, de 2010 à 2014, le premier président permanent du Conseil européen.

Charles Michel sera le prochain président du Conseil européen, l’institution qui regroupe les chefs d’État ou de gouvernement des 28 États Membres. Une fonction qu’il cumulera, comme son prédécesseur le polonais Donald Tusk, avec la présidence du sommet de la zone euro. Le visage de l’Union européenne dans le monde sera donc ce jeune homme belge de 43 ans. Depuis Le Coq où il séjourne avec ses petits-enfants, Herman Van Rompuy, qui fut le premier président du Conseil européen, désigne deux brûlots : le Brexit et l’Etat de droit à l’Est. A 71 ans, l’ex-Premier ministre belge (CD&V) suit toujours de très près les affaires européennes.
VOUS AVEZ ÉTÉ SURPRIS PAR LA DÉSIGNATION DE CHARLES MICHEL ?
Non, car ces dernières années, il avait montré beaucoup d’ambition. Il était très actif au Conseil européen et a organisé au moins deux sommets avec la participation d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron et quelque 10 à 12 membres du Conseil européen. Il faut évidemment que votre profil convienne dans le puzzle. Le fait que Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, n’était pas candidat, l’a ainsi beaucoup aidé. Mais on a toujours de la chance, j’en ai eu aussi. Et en plus de son ambition, il est très respecté, c’est un Européen convaincu, comme son père. Tout cela a été bien reçu par le président français et par la chancelière allemande.
IL A CERTAINES DES QUALITÉS NÉCESSAIRES POUR CETTE FONCTION ?
Il était dans mon gouvernement à la Coopération et nous avons eu d’autant moins de contacts que je n’ai été Premier ministre que pendant 11 mois. Charles a ensuite été Premier ministre de la Belgique durant 5 ans et à l’étranger, c’est considéré comme un atout : ils ne sont pas à l’écoute de l’opposition wallonne. Avant de prendre ma fonction européenne, j’avais un intérêt pour la politique internationale mais aucune pratique. Après deux ou trois Conseils européens, on m’a demandé indirectement et puis directement si la présidence m’intéressait, mais je n’avais pratiquement aucune expérience du Conseil européen. Charles, lui, a une très grande expérience, il a fréquenté tout le monde. Il est beaucoup mieux préparé que moi.
C’EST L’HOMME D’EMMANUEL MACRON, SA « MARIONNETTE » ?
On dit toujours ça ! Moi, j’avais le Merkozy, souvenez-vous, j’étais une « puppet on the string » (un pantin au bout d’une corde). Mais aujourd’hui, plus personne ne dit que j’étais manipulé par les Français et les Allemands, au contraire. On doit toujours sa nomination à quelqu’un ; dans mon cas, c’était surtout au président Sarkozy qui a pris l’initiative et convaincu Merkel, même s’il ne fallait pas beaucoup d’arguments. Guy Verhofstadt était lui soutenu par Chirac et Schroeder. On est toujours soutenu par quelqu’un. Et donc, pour Charles Michel, il se peut que dans la famille libérale étendue, il a eu davantage de contacts avec le président Macron qui l’a soutenu. Mais ce n’est pas un contre-argument, au contraire. Par contre le fait qu’on parle français est toujours un argument pour les Français, je l’ai découvert avec Sarkozy.
LE PPE, GROUPE EUROPÉEN DES PARTIS DE DROITE LIÉ À LA DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE AUQUEL APPARTIENT VOTRE CD&V, NE SORT-IL PAS TRÈS RIDICULISÉ DE CE PROCESSUS DE NOMINATION ?
Le résultat final pour le PPE n’est pas si mauvais, avec la présidence de la Commission européenne. Au vu du résultat des élections où nous avons perdu une quarantaine de sièges, il n’était plus en situation de réclamer les deux postes importants, comme ce fut le cas avec Barroso et moi, Tusk et Juncker.
QUAND MÊME, LE PPE A DÛ ABANDONNER SON « SPITZENKANDIDAT » (SA TÊTE DE LISTE AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES, NDLR) L’ALLEMAND MANFRED WEBER REPOUSSÉ PAR EMMANUEL MACRON ?
Au moins deux ou trois grandes familles politiques, le PPE, les sociaux-démocrates et les Verts, étaient en faveur des « spitzenkandidaten ». Pas les libéraux pour une raison purement politique : s’ils acceptaient le jeu des « spitzenkandidaten », jamais un libéral ne pouvait devenir président de la Commission. Ce ne sont donc pas des considérations intellectuelles qui sont en cause. Personnellement, je n’ai jamais été pour ce système, mais l’élimination des « spitzenkandidaten » est-elle vraiment une grande victoire européenne ? Le résultat actuel est-il vraiment meilleur que si on avait appliqué la procédure fixée ? Je n’en suis pas convaincu. Le président Macron a dit « Il faut des poids lourds, des hommes qui pèsent sur la décision ». Je fais abstraction du président du Conseil européen, mais est-ce que le résultat final, qui est soi-disant une victoire française, donne vraiment des poids lourds pour chacun des postes ?
L’IDÉE DES LISTES TRANSNATIONALES REMISE SUR LA TABLE PAR MACRON ÉTAIT-ELLE UNE SOLUTION ?
Il y a des arguments européens pour défendre cette idée, mais il y a aussi des contre-arguments. Primo, les petits pays sont désavantagés. Et secundo, quand l’idée a été lancée, on a dit que c’était dans la logique d’un contact plus direct avec les citoyens européens, mais c’était aussi un moyen partisan pour le président Macron d’avoir un accès direct à l’électorat européen dont il était dépourvu en l’absence d’une famille politique à lui. Il voulait créer son parti politique et, grâce aux listes transnationales, ne pas être cantonné à la seule France.
VOUS CONNAISSEZ URSULA VON DER LEYEN, LA NOUVELLE PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION ?
Non, uniquement de renommée. J’ai eu une fois une petite conversation avec elle, en français d’ailleurs, quand j’étais encore en fonction.
N’EST-CE PAS INCONSCIENT ? LA PLUPART DE CEUX QUI L’ONT DÉSIGNÉE NE LA CONNAISSENT PAS.
Je suis beaucoup plus indulgent. Vous croyez vraiment que tous me connaissaient quand ils m’ont nommé ? Ils n’ont pas eu de regret ensuite, au contraire. Je reçois encore des messages disant « Tu nous manques » (il rit). Et Jacques Delors ? Quand il a été nommé, il n’était pas connu hors de France et personne n’aurait cru qu’il allait devenir le plus grand président de la Commission qu’on ait connu. Beaucoup de critiques sont un peu injustes et on a tendance à oublier l’histoire.
CETTE SEMAINE, EMMANUEL MACRON EST DEVENU LE ROI DE L’EUROPE ?
Mais non, mais non ! Quand je vois les différentes coalitions qui ont joué un rôle dans tout ce processus, c’est beaucoup plus compliqué. Le premier paquet dit d’« Osaka » a été descendu d’abord au sein du PPE contre l’avis des Français. Ensuite il y a eu le rôle très curieux du groupe de Visegrad (Hongrie, République Tchèque, Slovaquie et Pologne) et des Italiens contre le socialiste néerlandais Frans Timmermans.
POURQUOI CURIEUX ?
Si vous aviez dit à l’avance que Timmermans serait descendu, on ne vous aurait pas cru. Je n’ai lu aucun argument de ce genre contre lui en cours de campagne. Et donc, beaucoup d’influences ont joué sur la soi-disant victoire pour arriver au dernier paquet. Je trouve ridicule de dire « moi j’ai gagné ». On doit avoir un petit peu de hauteur et d’ici une ou deux semaines, personne ne saura plus rien de tout cela. De plus, il n’y a pas de roi en Europe.
AH NON ? ON A LONGTEMPS CRU QUE C’ÉTAIT MERKEL, CHANCELIÈRE D’UNE ALLEMAGNE QUI DOMINE L’EUROPE DEPUIS DES ANNÉES ?
C’est un petit peu court. Moi, j’étais très favorable au programme lancé par Emmanuel Macron à la Sorbonne en septembre 2017. Mais à vrai dire, deux ans et demi après, il n’y a pas eu beaucoup de réalisations. Pour un roi, le résultat n’est pas impressionnant. Il a aussi été très isolé dans son refus d’octroyer un nouveau délai aux Britanniques sur le Brexit. La prise de décision dans le Conseil européen est encore plus compliquée que de mon temps, car le tandem franco-allemand ne marche plus comme autrefois. Sinon, le programme de la Sorbonne aurait été mieux réalisé. Ce n’est pas parce qu’en dernier lieu il y a eu, disons, un accord franco-allemand sur la distribution des postes, qu’on peut dire que la France et l’Allemagne ont dicté leur volonté. Le moteur que j’ai connu, je ne le retrouve pas. Et c’est dommage car l’Europe et certainement la zone euro ont besoin d’une alliance franco-allemande vraiment forte.
N’EST-CE PAS ÉTONNANT ET DANGEREUX QUE TOUS LES NOUVEAUX DIRIGEANTS DE L’UNION SOIENT ORIGINAIRES DES PAYS FONDATEURS ?
À l’époque, c’est moi qui voulais Donald Tusk comme président du Conseil, j’ai dirigé toute l’opération. Après consultation des 27, je l’ai proposé d’abord aux Français puis à Mme Merkel en leur disant : celui-là fera l’unanimité. Il faut aussi avoir des candidats d’envergure : Tusk l’était. Or, quand je vois les Premiers ministres du groupe de Visegrad, je ne suis pas convaincu qu’il y a là un futur président du Conseil ou de la Commission. La Bulgare Georgevia aurait fait l’affaire mais elle ne semblait pas soutenue par son propre gouvernement. Et si les Polonais et les Hongrois avaient eu des candidats, ils ont tout fait ces dernières années pour se marginaliser à cause de ce qui se passe dans leur propre pays. Ils ont un pouvoir négatif, certainement s’ils sont aidés par les Italiens, mais ils n’ont certainement pas un pouvoir positif. Ils sont sous la procédure de l’article 7 (qui prévoit des sanctions punissant la rupture de l’Etat de droit, NDLR), ce n’est pas le meilleur argument pour réclamer un poste important dans l’UE. Mais on ne peut pas généraliser. Dans les quatre pays du groupe de Visegrad, la Slovaquie vient d’élire fortement une dame très favorable aux libertés démocratiques, sur un programme anti-corruption. Les États baltes ne sont pas non plus les meilleurs alliés de Visegrad. Même en Bulgarie, où il y a des populistes, le Premier ministre est souvent en désaccord avec Visegrad.
«C’EST PETIT DE PAS AVOIR FÉLICITÉ CHARLES MICHEL. EN FLANDRE, ON EST FIERS»
Les partis francophones n’ont guère félicité Charles Michel pour sa nomination à la présidence du Conseil européen. « Cela manque de hauteur », nous déclare Herman Van Rompuy qui voit une valeur ajoutée immatérielle pour notre pays dans la présence d’un compatriote à ce niveau.
CHARLES MICHEL DOIT FAIRE UN PEU PLUS DE VAN ROMPUY ET UN PEU MOINS DE TUSK : UN PEU PLUS DE DISCRÉTION ET UN PEU MOINS DE DÉCLARATIONS ?
C’est le résultat qui compte. La méthode aide bien sûr, mais ce que j’ai fait n’est pas la seule façon de remplir cette fonction. Quand on a été comme Donald Tusk Premier ministre dans une majorité absolue d’un grand pays de 40 millions d’habitants et chef de son parti, on a une position tout autre que moi qui avais été Premier ministre pendant 11 mois d’une coalition de 5 partis que je n’avais même pas formée. On ne devient pas quelqu’un qui travaille dans l’ombre quand on a fait tout autre chose pendant des années.
L’EXPÉRIENCE DE LA SUÉDOISE FAITE, SI ON CARICATURE, D’UNE N-VA PROCHE DE VISEGRAD ET D’UN CD&V PLUS « SUDISTE » ET DROIT-DE-L’HOMMISTE PEUT AIDER CHARLES MICHEL DANS L’ART DE RÉCONCILIER LES CONTRAIRES ET DE FAIRE LE GRAND ÉCART ?
C’est vrai pour Charles et pour tout Premier ministre belge. La Belgique est un pays compliqué pas seulement parce qu’il a un gouvernement de coalition mais parce qu’il y a chez nous le nord et le sud. La Flandre n’est pas du tout proche de Visegrad, mais elle comprend davantage les arguments nordiques tandis que la Wallonie appartient au monde latin et comprend plutôt les sensibilités des pays du sud. Et donc on doit gérer non seulement une différence de langue mais aussi de culture. Avec des problèmes qui sont surmontables : l’Europe l’a prouvé dans la crise de la zone euro et la Belgique l’a prouvé pendant deux siècles – cela devient de plus en plus difficile. Et donc je crois qu’avoir travaillé avec différentes cultures est un avantage pour ce poste. Une coalition est une chose mais une coalition avec deux ethnies, c’est autre chose. Et cela n’a rien à voir avec la N-VA. Quand j’étais dans le gouvernement Dehaene, les Flamands pensaient autrement que nos collègues francophones sur des thèmes qui n’avaient rien à voir avec le communautaire. Charles Michel a eu cette expérience, disons, de façon plus prononcée, mais cela aide. Même si les divergences sur l’Europe qu’a eues la Suédoise ne l’ont jamais empêché d’avoir une attitude proeuropéenne au sein du Conseil européen. La Belgique n’a jamais été considérée comme un pays qui devient eurosceptique, je dirais même au contraire.
CHARLES MICHEL A FAIT LE GRAND ÉCART ULTIME LORS DU « PACTE DE MARRAKECH » ?
C’était la fin. Toute l’histoire de Marrakech est très curieuse mais pendant 4 ans, Charles Michel a pu faire ce qu’il voulait faire sur la scène européenne. Le caméléon, ce n’est pas Michel mais la N-VA qui pratiquait une position eurosceptique, en ayant des doutes sur le fonctionnement de l’Union. De Wever a dit que l’Union européenne est juste un traité. Mais c’est beaucoup plus que cela, cela fait partie de nos institutions, de notre vie économique et politique, de notre ADN !
QU’EST-CE QUE CELA RAPPORTE À LA BELGIQUE D’AVOIR UN BELGE À CE NIVEAU ?
Il y a une certaine fierté nationale, je ne sais pas si c’est le cas pour Charles Michel comme ce le fut avec moi.
LES PARTIS FRANCOPHONES NE L’ONT GUÈRE FÉLICITÉ…
C’est « kleintje », un petit peu petit, cela manque de hauteur. Même en Flandre, le fait que ce soit un Belge est très bien accepté. Je reçois beaucoup de réactions : « Tu as un successeur, on est fiers ». Il y a toujours des pisse-vinaigre mais cette nomination belge a une valeur ajoutée immatérielle : « Un des nôtres a une fonction européenne importante, il fréquente les grands de ce monde ». Les gens m’ont vu avec Obama, Poutine : même si moi je relativise beaucoup, la population le fait moins. Cela compte. Mais je ne sais pas dire ce que cela rapporte concrètement en termes économiques. J’ai fait cela pendant 5 ans, je trouvais que c’était assez, que j’avais fait mon devoir. Le premier décembre 2014, j’ai arrêté sans aucune peine. Mais j’avais 67 ans. Quand Charles Michel terminera – j’espère qu’il aura un deuxième mandat –, il aura 48 ans, c’est une tout autre perspective.
UN CONSEIL À VOTRE « SUCCESSEUR » ?
Il faut être l’écoute de tout le monde, ne discriminer personne. Je visitais toutes les capitales une fois par an. Je tenais cela de la politique nationale où je visitais tous les arrondissements. Cela demande de voyager beaucoup mais c’est très utile car en période de crise, cela compte : on a établi des relations plus personnelles de confiance. Il faut aussi prendre des initiatives pour que ce moteur indispensable pour l’Union et la zone euro marche à nouveau, comme dans le passé. Parvenir à un budget européen sera un gros travail pour Charles Michel. J’ai dû me confronter à cela à l’époque, mais trouver un accord sera beaucoup plus difficile que de mon temps. On peut faire sans la bonne entente franco-allemande, mais on est beaucoup aidé quand elle est là. Il faut donc y travailler.
«LES DEUX DOSSIERS CHAUDS: L’ETAT DE DROIT ET LE BREXIT»
Pour Charles Michel, le dossier des pays de l’Est « sera très délicat et très important ». Quant au Brexit, qu’il se solde par un « no deal » ou un nouveau délai, ce pourrait être le chaos.
LES PAYS DE L’EST, AU BALCON DES INSTANCES EUROPÉENNES, VONT CONTINUER À TIRER SUR BRUXELLES ?
Pour Charles Michel, ce sera un dossier très délicat et très important. Imaginons que toutes les procédures de dialogue et de concertation avec la Pologne et la Hongrie échouent et qu’on aille au Conseil européen demander l’application de l’article 7 (qui prévoit des sanctions punissant la rupture de l’État de droit, NDLR). Imaginons que la grande partie des États membres trouve que les valeurs européennes ont été violées : que fait-on ? On passe à l’ordre du jour faute de l’unanimité nécessaire – la Hongrie et la Pologne se soutiendront – pour appliquer cette bombe nucléaire ? On ferme le dossier ? Dans une Union européenne patrie de la démocratie politique, on constaterait, qu’appliquer les procédures de suivi d’un État membre ne mène à rien ? Et c’est fini, on ne fait rien ?
IL FAUT ÊTRE « DU BON CÔTÉ DE L’HISTOIRE » AUSSI À CE MOMENT-LÀ ?
Cette situation pourrait se produire, j’espère que non mais il faut y réfléchir.
C’EST LE DOSSIER LE PLUS DIFFICILE POUR MICHEL ?
Avec le Brexit qui n’est pas fini. S’il y a un « no deal » et que la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne sans accord, le chaos sera tel qu’après un temps assez bref, ils viendront négocier avec l’Union. Et tous les vieux problèmes de l’accord avorté reviendront à la surface : les dettes, la frontière irlandaise. Même avec un « hard Brexit », les problèmes ne seront pas finis. Et c’est uniquement le Conseil européen qui peut en décider, car c’est éminemment politique. On peut aussi imaginer que face au chaos qui s’annonce, la Grande-Bretagne demande encore un délai. Il y aura un débat entre les 27, la position française est connue mais d’autres ont un tout autre point de vue. Et si nous n’acceptons pas le délai, c’est nous qui serons responsables du chaos.
LA MIGRATION ?
Là, nous ne sommes pas devant une situation de crise mais face à un problème « structurel ».Tandis qu’on connaît les dates pour le Brexit et qu’on sait que quelque chose doit se passer pour l’article 7.
LA ZONE EURO EST UN DES ENJEUX PRINCIPAUX POUR LE PRÉSIDENT MACRON ?
Le renforcement de la zone euro s’impose comme le soulignait le discours de Macron à la Sorbonne, mais je ne suis pas très impressionné par le budget européen qui n’est pas pour moi une grande priorité, pas plus que l’idée d’un ministre des Finances. On doit travailler sur la finalisation de l’union bancaire et en particulier la garantie bancaire européenne des dépôts. On peut encore beaucoup travailler sur l’union économique pour susciter plus de convergence. Il y a aussi tout le paquet de la politique industrielle que les Allemands ont fini par accepter face à la concurrence américaine et chinoise. Mais là non plus, il n’y a pas de crise. L’euro est une monnaie forte, la deuxième au monde.

mercredi 10 juillet 2019

Zijn er geen andere prioriteiten voor Brussel dan circus Tour naar hier halen? Ik ken er alvast één


Hans Vandeweghe is sportjournalist bij De Morgen.

(...)In de coulissen werd ondertussen gedebatteerd over de wenselijkheid van een Tour-start in Brussel. Te duur, te vuil, te weinig fietspaden, te rijk gerekend met economische return, kortom: zijn er geen andere prioriteiten voor Brussel dan circus Tour naar hier halen? Naast beter onderwijs, veiliger verkeer, een eengemaakt bestuur en dito politiezone, ken ik er alvast één: een nationaal stadion, de Europese hoofdstad waardig. Dit jaar hebben we wel de Tour gehad, maar volgend jaar hebben we niet het Europees Kampioenschap voetbal. Dat wordt in alle landen van Europa gespeeld, maar niet in de Europese hoofdstad.
Te veel Merckx, was nog een kritiek. Eddy Merckx mag dan een hele aardige man zijn en een groot kampioen – wellicht de grootste aller tijden in het wielrennen en de beste Belgische sporter ooit – de heldenverering werd inderdaad af en toe gênant. Geen enkel ander land heeft ooit een sporter – man/vrouw, dood/levend – zo bewierookt als ging het om Kim Jong-un in Noord-Korea.
Hem kennende is hij opgelucht dat het ‘dure, vervuilende’ circus van de Tour na twee dagen is vertrokken en de kans dat ze hem alsnog in Parijs zien, is weer iets minder groot.
Als dit allemaal is gepasseerd zal je wel moeten concluderen dat die inzet van overheidsmiljoenen best opnieuw wordt bekeken.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TOUR DE FRANCE A BRUXELLES:PREMIER PAS VERS LE RATTACHISME?

Bruxelles a vécu pendant tout une semaine à l'heure française. Que le tour de France fasse une boucle en Belgique est une chose. Qu'il démarre de Bruxelles et plus singulièrement de Molenbeek est une tout autre affaire. C'est carrément un aveu symbolique de notre allégeance inconditionnelle à la France. On aimerait savoir combien il en a coûté à nos excellences socialistes pour réussir ce coup de com extraordinaire. On a parlé de 500.000 Belges dans les rues. Le hideux piétonnier bruxellois  a servi de bivouac au village du tour qui l'a repeint en jaune. La belle affaire. Tout ceci participe de l'esprit de "Bruxelles plage" et "jeux d'hiver" ces événements populos à arrière pensée électoraliste et relan populiste. Bruxelles vaut mieux que cela!
Mais allez savoir. Peut être que le PS, par cette initiative téméraire, veut-il nous préparer psychologiquement à un rapprochement plus hardi de la Communauté française avec la France afin de déjouer le projets de confédéralisme  de De Wever dont le PS ne veut à aucun prix entendre parler? Allez savoir ce qui se trame au boulevard de l'Empereur qui après avoir calmé les ardeurs du PTB a flétri le coquelicot cher au coeur de Nollet. Tout ça c'est du cinéma. Di Rupo finira par conclure un accord avec le MR, vraisemblablement à trois avec Ecolo qui semble y répugner. On lira avec un vif intérêt la nouvelle version du plaidoyer insistant de Jules Gheude en faveur du rattachisme de la Wallonie à la France.
La Wallonie, c'est un cul-de-sac économique, social, culturel. (Louis  Michel)
MG


CHARLES MICHEL ET EMMANUEL MACRON

•Source : Le Vif
Jules Gheude
Essayiste politique

Charles Michel est incontestablement un Européen convaincu. Il entretient d'excellentes relations personnelles avec le président français Emmanuel Macron et ces deux raisons ont amené ce dernier à soutenir résolument sa candidature à la fonction de président du Conseil européen.
Mais Emmanuel Macron n'ignore pas les difficultés politiques majeures que son "protégé" traverse depuis que la N-VA s'est opposée à la signature du pacte de Marrakech sur l'immigration, plaçant ainsi le gouvernement belge dans une position minoritaire. Singulièrement aussi depuis les élections législatives et régionales du 26 mai dernier ont plongé le pays dans une crise qui s'avère de plus en plus inextricable.
La République s'était déjà inquiétée de l'enlisement dans lequel la Belgique s'était retrouvée en 2010-2011, au point que la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale avait chargé deux de ses membres d'une mission d'information sur le sujet.
Le rapport des intéressés relève notamment le fait que la Belgique présente deux sociétés différentes :
C'est peut-être l'image la plus forte qu'ont laissée les premières heures passées en compagnie des interlocuteurs de la mission (...). Certains ont mis en valeur des domaines précis où cette différence trouverait à s'exprimer. Ainsi, M. Rik Torfs, sénateur, estimait que l'écart entre les cultures économiques des Flamands et des Wallons était très important, les premiers étant plus enclins à l'esprit d'entreprise et à l'innovation, les seconds penchant plutôt vers le salariat, de préférence dans le secteur public ; de même, les autorités flamandes chercheraient plutôt à favoriser l'entreprise privée et à libérer les initiatives alors que les autorités wallonnes seraient très interventionnistes et chercheraient à conserver un secteur public puissant. Mme Béatrice Delvaux, éditorialiste au Soir, évoquait un rapport différent au besoin d'évolution de la société, avec des Wallons plus "transis" et des Flamands plus "allants" et désireux de changements ; elle affirmait ainsi à la mission que "les francophones ont souvent le bâton dans le dos ; les Flamands sont un révélateur de ce que les Wallons ne veulent pas faire spontanément". (...)
Le fait est qu'effectivement, les liens se distendent entre les deux parties du pays. S'agissant des médias, la barrière de la langue conduit à ce qu'une très faible partie de la population accède aux médias de l'autre communauté. En conséquence, lorsqu'ils veulent élargir leur horizon médiatique, les Flamands s'orientent vers les médias anglo-saxons et les Wallons vers les médias français. Cette coupure est si franche qu'il a été rapporté à la mission que, lorsque la chaîne publique francophone, la RTBF, a diffusé, en décembre 2006, un pseudo-reportage annonçant l'indépendance de la Flandre et la fin de la Belgique, quasiment aucun téléspectateur francophone n'a songé à basculer sur la chaîne publique flamande, la VRT, pour vérifier l'information et voir comment réagissait la partie flamande du pays.
Deux sociétés différentes. Le leader de la N-VA, Bart De Wever, évoque, lui, deux démocraties distinctes. Et les résultats des dernières élections législatives et régionales ne peuvent certes pas le démentir.
Toujours est-il que l'évolution des choses rend plus actuelles que jamais ces questions posées par les deux élus français dans leur analyse : La Belgique serait donc condamnée, État si faible que toute crise politique serait l'occasion de poser la question de sa survie, État si artificiel qu'il devrait se briser à l'inéluctable envol de la nation flamande. La devise nationale ("L'union fait la force") n'aura-t-elle donc été qu'une incantation ?
Au niveau fédéral, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) ont été chargés par le Roi d'une mission d'information qui devrait s'achever le 29 juillet. Elle aura donc duré deux mois. Le PS, première force politique en Wallonie, et la N-VA, formation qui a la main en Flandre, ne peuvent se sentir. Pas question, en outre, pour la Flandre d'une coalition où elle se retrouverait minoritaire. Bref, l'opération présente tous les aspects de la mission impossible.
Au niveau régional wallon, le PS souhaite mettre sur pied une coalition la plus progressiste possible, mais il ne parvient pas à séduire au-delà d'Ecolo. Une coalition "coquelicot" à laquelle manqueraient donc trois voix pour être majoritaire. Mais ni le PTB), ni le MR ne souhaitent s'embarquer dans l'aventure. Reste à voir si le CDH, qui a décidé de se mettre en retrait à tous les niveaux de pouvoir, pourra apporter l'appoint nécessaire.
Une chose est sûre, en tout cas : ce n'est pas avec une vision de gauche radicale que la Wallonie parviendra à opérer son redressement économique. De 1980 à 2017, le PS a exercé, de façon quasi ininterrompue, la ministre-présidence de la Région.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le dernier classement Eurostat relatif au PIB des régions de l'Union européenne place la Wallonie à 85, pour un indice moyen fixé à 100. La Flandre, par contre, se situe à 120 et son esprit entrepreneurial lui permet de réaliser plus de 80% des exportations belges (217,2 milliards d'euros en 2017, contre 45,5 milliards pour la Flandre).
L'un des principaux maux de la Wallonie, c'est la grève. Un Courrier hebdomadaire du CRISP révèle qu'en 2017, les Wallons ont totalisé 110 jours de grève contre 39 pour les Flamands. Et la FGTB a d'ores et déjà mis le PS sous pression : pas question de mettre de l'eau dans le vin !
Le rapport français cité plus haut rappelait le docu-fiction "Bye bye Belgium", réalisé par la RTBF en 2006. Et si la réalité était sur le point de remplacer la fiction ?
Charles Michel a-t-il confié à Emmanuel Macron ce que son père Louis, alors président du Parti Réformateur Libéral, avait déclaré au "Figaro", le 28 octobre 1996 : Entre un Etat wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France, car la Wallonie, c'est un cul-de-sac économique, social, culturel.
Ce qui nous ramène à une question qui avait fort préoccupé le général de Gaulle. Lors d'un entretien avec son ministre Alain Peyrefitte, le 29 juillet 1967, l'homme de Colombey s'était largement épanché sur le sort de la Wallonie : Il y a un malaise belge (...) Il ne faut pas exclure qu'il aboutisse à une crise, surtout au cas où l'équation entre les deux fractions viendrait à se rompre. (...) Ils (les Wallons) retrouveraient au sein de la France la fierté d'appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture. Le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. Toutes choses qu'ils ont perdues sans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu'ils n'aiment pas. (...) Je leur ai dit (à une délégation de Wallons venus le rencontrer) que le jour où la Wallonie, par la voie de ses représentants légitimes, ou de préférence par référendum, déciderait d'être rattachée à la France, nous leur ouvririons les bras de grand coeur. (2)
En fait, la solution de survie à l'incurable mal belge se trouve à portée de main. Il suffit de vouloir la saisir.
(1) Dernier livre paru : "La Wallonie, demain - La solution de survie à l'incurable mal belge.
(2) Alain Peyrefitte, "C'était de Gaulle", tome III, Editions de Fallois/Fayard, 2000.