mercredi 30 janvier 2019

Les enfants du Hasard

Madame Pirlet est institutrice dans la classe de 5e et 6e primaire de l’école communale de Cheratte, en région liégeoise. Seuls deux enfants de sa classe ne sont pas d’origine turque. Tous les autres sont les petits-enfants d’immigrés venus travailler dans la mine, notamment au puits du Hasard, sur la colline toute proche de l’école.
Thierry Michel et Pascal Colson ont suivi cette classe pendant toute une année scolaire, qui se termine, pour les élèves de 6e année, par l’épreuve du CEB, le certificat d’études de base. Une année de cours où une grande place est laissée à l’expression des enfants et à la réflexion sur leurs origines : le contexte d’immigration de leurs grands-parents. Une année marquée aussi par des événements heureux comme les fêtes et les classes vertes, ou tragiques comme les attentats perpétrés à Bruxelles en mars 2016.
Ce film documentaire est destiné aux classes de la fin du primaire et du début du secondaire, qui pourront comparer leur vécu à celui des enfants du film, mais aussi aux futurs enseignants qui seront amenés à faire ce travail d’accompagner les enfants pour les conduire à la réussite.
Quant au dossier consacré aux Enfants du Hasard, il souhaite explorer 3 dimensions du film : le contexte socio-historique dans lequel grandissent les enfants du film, le regard des jeunes spectateurs sur cette représentation de la vie scolaire, et les caractéristiques du documentaire. Enfin, une dernière animation est destinée aux futurs enseignants et souhaite exploiter le film comme matériau d’observation de la vie scolaire.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TANT QU'IL Y AURA DE VRAIS ENSEIGNAN(TES)

En revoyant les Enfants du Hasard sur la trois j'ai pris conscience qu'avec "l'Ecole buissonnière " que j'adore, c'est le meilleur film sur l'enseignement que j'aie vu. D'une puissante humanité, ce film m'a bouleversé. Brigitte Waroquier, l'institutrice est une maîtresse femme ou plutôt une vraie maîtresse d'école, un pacte d'excellence à elle toute seule. Dans chacun de ses élèves, même le moins doué, elle détecte des qualités. Les réformes ne servent à rien si les enseignants ne sont pas au rendez- vous. Toujours il en fut ainsi.
Tous les futures enseignants, les futures enseignantes devraient avoir vu ce film et aussi tous les imbéciles qui ne parlent que de l'échec de l'intégration. Celle-ci ne peut réussir que si l'école n'échoue pas. Ce film mérite plus qu'un Magritte, qu'un César  ou qu'un Oscar. Il mérite notre respect. Chapeau!
MG


lundi 28 janvier 2019

De Wever plaatst zijn N-VA nu klaar en duidelijk in het kamp van de klimaatontkenners'


Volgens Jos D'Haese, woordvoerder van PVDA Antwerpen, maakt de reactie van N-VA-voorzitter Bart De Wever op de klimaatjongeren duidelijk hoe de partij kijkt naar ons klimaat. 'Gelukkig vertrekt de klimaatgeneratie van een visie die lijnrecht tegenover die van De Wever staat.'
Het komt goed met ons. Dat is de teneur van de reactie van N-VA-voorzitter Bart De Wever op de klimaatbrossers die elke donderdag spijbelen voor ons klimaat. 'Het is aan de generatie van de jongeren om op school wiskunde, fysica... te volgen en ons die oplossingen mee te helpen aanreiken. De oplossingen zullen er komen, we moeten onze schouders daar onder zetten', zei De Wever aan VRT en herhaalde hij later.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

Et voici que cette affaire prend une tournure éminemment politique. Le ton de la campagne est donné. Il s'agit pour De Wever d'empêcher que les verts ne tirent les marrons du feu. Ce ne sera pas simple.
Il ne faut pas être extra lucide pour de deviner que les verts seront les arbitres de ce qui risque de devenir la plus rude des campagnes électorales d'après guerre. Le flair politique de Bart De Wever lui souffle  de défier "groen" dès aujourd'hui. Les jeudis des lycéens contestataires et les marches pour le climat y seront pour quelque chose. La génération climat sortie de l'ombre risque de lui en faire, de l'ombre.
MG 


ENVIRON 70.000 PERSONNES ONT DÉFILÉ POUR LE CLIMAT À BRUXELLES 

LE VIF 

Des milliers de manifestants pour le climat ont rejoint l'Esplanade Solidarnosc, face au Parlement européen, dimanche vers 15h00. Le collectif organisateur "Rise for Climate Belgium" y a pris la parole, exigeant des politiques "des actes forts et ambitieux contre le réchauffement climatique".
"L'humanité fait face au plus grand défi qu'elle n'a jamais eu à relever depuis son existence sur Terre. Il faut absolument faire plier les dirigeants. Nos actions vont se multiplier. La radicalité se dessine comme une nécessité", ont déclaré les organisateurs, face à la foule de manifestants. ` "Le combat s'annonce long et difficile, mais nous ne lâcherons rien", ont-ils ajouté.
Belga


dimanche 27 janvier 2019

Economieprofessor Paul De Grauwe: 'Klimaat moet prioriteit nummer één zijn'


De Zondag 

Paul De Grauwe, professor economie aan de prestigieuze London School of Economics, is onder de indruk van de 35.000 jongeren die afgelopen week de straat op gingen voor een klimaatprotest. 'Ik sta aan hún kant, laat dat duidelijk zijn', zegt hij in gesprek met De Zondag.

'Klimaat moet prioriteit nummer één zijn', vindt de voormalige Open VLD-politicus. 'We moeten nú handelen, maar doen dat niet. Zo riskeren we écht een onbewoonbare planeet. Dat jonge mensen die boodschap brengen op straat, vind ik fantastisch.'
In een interview met De Zondag zegt de inmiddels 72-jarige De Grauwe dat er duidelijke maatregelen beschikbaar zijn om de klimaatverandering aan te pakken. 'Het basisprincipe moet volgens mij zijn: de vervuiler betaalt. Neem het vliegverkeer. Ik ken hier een Poolse vrouw die geregeld voor een weekend naar Warschau vliegt aan 30 euro. Dat is absurd. Dat ticket weerspiegelt niet de ware kostprijs om te vliegen.'
Niet alleen op vliegen moet meer taks geheven worden, maar ook op hoge inkomens, vindt De Grauwe. 'Wie vandaag 40.000 euro per jaar verdient, zit al in de hoogste schaal. Dat is een aberratie. De écht hoge inkomens moeten meer belast worden', zegt hij.
'Je moet ervoor zorgen dat lagere en middeninkomens méér overhouden. Dan zullen zij niet de slachtoffer zijn van het klimaatbeleid. Alle inkomsten boven één miljoen euro zouden aan zeventig of zelfs tachtig procent moeten belast worden. Zo kom je tot een rechtvaardige herverdeling van de inkomens.'
De Grauwe hekelt het 'religieuze fanatisme over kernenergie', dat het volgens hem onmogelijk maakt om te discussiëren over de milieuvoordelen van kerncentrales. 'Helaas bespeur ik bij Groen bijvoorbeeld een irrationele houding tegenover kernenergie', zegt hij. 'Laat ons toch minstens debatteren over de nieuwe generatie kerncentrales. Ik vrees echter dat dat in België onmogelijk zal zijn.' 


PAUL DE GRAUWE, PROFESSEUR D'ÉCONOMIE : " LE CLIMAT DOIT ÊTRE LA PRIORITÉ NUMÉRO UN ".
Le dimanche 

Paul De Grauwe, professeur d'économie à la prestigieuse London School of Economics, a été impressionné par les 35 000 jeunes qui sont descendus dans la rue la semaine dernière pour une manifestation contre le changement climatique. Je suis de leur côté, que ce soit clair ", dit-il dans une conversation avec De Zondag.

Le climat doit être la priorité numéro un", selon l'ancien politicien de l'Open VLD. Nous devons agir maintenant, mais on n'en fait rien. Continuons ainsi et nous rendrons la planète inhabitable. Je trouve fantastique que les jeunes fassent passer ce message dans la rue.
Dans une interview accordée à De Zondag, De Grauwe, 72 ans, affirme que des mesures claires et précises existent pour lutter contre le changement climatique. À son avis, le principe de base devrait être le suivant : le pollueur-payeur paie. Prenez le trafic aérien. Je connais ici (il habite Londres)une Polonaise qui vole régulièrement vers Varsovie pour un week-end pour 30 euros. C'est absurde ! Ce billet ne reflète pas le coût réel de l'avion.
Selon De Grauwe, les riches  devraient être taxées plus lourdement, surtout les revenus élevés. Quiconque gagne aujourd'hui 40 000 euros par an est déjà dans le peloton de tête. C'est une aberration. Les revenus vraiment élevés doivent être taxés davantage", dit-il.
Il faut assurer  plus d'argent aux personnes à revenu faible ou moyen pour qu'ils ne soient pas les victimes de la politique climatique. Tous les revenus supérieurs à 1 million d'euros devraient être imposés à 70%, voire 80%. De cette façon seulement, vous obtiendrez une redistribution équitable des revenus.
De Grauwe dénonce le " fanatisme religieux des adversaires de l'énergie nucléaire ", qui, selon lui, rend impossible de discuter des avantages environnementaux des centrales nucléaires. Et De Grauwe de dénoncer une attitude irrationnelle à l'égard de l'énergie nucléaire chez Green ",. Parlons plutôt de la nouvelle génération de centrales nucléaires. Je crains toutefois que cela ne soit pas impossible en Belgique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RIEN N'EST ENCORE JOUÉ

"Tout le monde doit monter au créneau". Avec ce cri pathétique, Bart De Wever a essayé de se convaincre lui-même et ses partisans que la Flandre est cernée d'ennemis et que la mobilisation générale est inévitable. C'est clair, il veut devenir  ministre Président du plat pays et rendre sa casquette de chef du parti. Non pas du tout pour sauver le climat, il s'en fout du climat, comme Jean Marie De Decker, comme Trump et tant d'autres. Ce qu'il veut c'est contrer la "reconquista" annoncée par le Parti socialiste et son président aux abois . Il ne souhaite qu'une chose, Flanders first, "eigen volk eerst", défendre les intérêts supérieurs de la Flandre. Il se pourrait bien que la jeunesse flamande lui tourne le dos le 29 mai et lui inflige un solide camouflet en optant pour Groen qui monte, qui monte.
Faites vos jeux, rien n'est encore joué. Et ce dimanche votons avec nos pieds sur le pavé Bruxellois en faveur du climat.
MG



jeudi 24 janvier 2019

Aula Magna veut créer le peuple bruxellois


Le think tank Aula Magna dévoile sa vision de Bruxelles. L’idée? Renforcer la
dynamique bruxelloise. En la libérant du carcan des institutions.
Construire un peuple bruxellois, fusionner les communes, autoriser les listes
électorales multilingues… Ce sont les lignes de force d’un texte que publie ce
mardi le think tank bruxellois Aula Magna. Au bas du texte, les signatures de
celles et ceux qui portent ces réflexions depuis plus de dix ans, parmi lesquels
Fatima Zibouh (politologue), Philippe Van Parijs (philosophe), Eric Corijn
(sociologue), Henri Goldman (architecte, rédacteur en chef de la revue Politique)…
DES INSTITUTIONS EN DÉCALAGE AVEC LA RÉALITÉ BRUXELLOISE
Le point de départ? L’organisation de Bruxelles n’est plus adaptée à l’évolution
de la ville. «Nombre d’institutions bruxelloises répartissent la population en
deux tribus vivant côte à côte, chacune ayant ses crèches, ses écoles, ses
médias, ses institutions culturelles, ses partis politiques, partagés avec une
Région voisine». Le fruit d’un compromis arraché à la Flandre, qui ne voulait pas
vraiment d’une Région bruxelloise: la capitale serait organisée, pour une série
de compétences, dans un lien de tutelle avec les deux Communautés.
«Au nom de cette organisation, on attend des Bruxellois qu’ils s’assimilent à une
des deux tribus et développent une identité commune soit avec la Flandre soit
avec la Wallonie», poursuivent les auteurs du texte. Qui pointent aussitôt le
décalage de cette théorie avec la pratique. «Plus de deux tiers de la population bruxelloise sont soit étrangère soit d’origine étrangère. Il y a à Bruxelles, deux
cents nationalités et plus encore de langues maternelles, ce qui est en fait une
population exceptionnellement diverse. Un quart des Bruxellois n’est par ailleurs
installé dans la Région que depuis moins de cinq ans.» Une population diverse et
fluide, dont toutes les études montrent qu’elles ne définissent pas leur identité
en termes de francophone ou de néerlandophone et que le lien avec la Flandre
ou la Wallonie est pour le moins distendu voire méfiant.
Aula Magna conclut que «faire de cette population une communauté
monoculturelle est une entreprise vouée à l’échec». «En revanche, insistent les
auteurs, en faire un peuple au sens demos, une communauté politique sans
laquelle il ne peut y avoir de démocratie digne de ce nom, constitue une tâche
certes difficile mais loin d’être impossible. Elle est même déjà bien
entamée.» Référence au côté naturellement cosmopolite de Bruxelles.
UNE GRANDE COMMUNE, DES ARRONDISSEMENTS
Parmi les moyens de réussir cette construction, il importe, estiment les auteurs,
de modifier les institutions, pour renforcer (et non freiner) la dynamique
bruxelloise. Et là, sans hésitation ni ambiguïté, ils plaident pour une fusion des
communes bruxelloises en une commune unique. Qu’ils laissent, dans une
première phase (brève) coexister avec la Région de Bruxelles-Capitale – la simple
fusion des entités locales ne nécessite pas de révision de la Constitution. Elle ne
modifie du reste rien aux équilibres entre francophones et néerlandophones.
Dans un second temps, le rapprochement avec la Région nécessitera un passage
par le Parlement fédéral ainsi qu’une réflexion sur la représentation minimale
garantie des néerlandophones. Concrètement, cette grande commune aurait
« un bourgmestre-président, un CPAS, une police, un réseau d’école, un hôtel de
ville». Objectif: davantage de cohérence dans l’action politique. Mais une
décentralisation au service de la proximité, via des arrondissements ou districts,
«avec une aide sociale proche des bénéficiaires, une participation citoyenne
dynamisée au niveau des quartiers, une police de proximité, des écoles de
quartier…»
DES LISTES MULTILINGUES
Poussant un peu plus loin la logique bruxelloise, le texte suggère encore
d’introduire les listes multilingues au scrutin, en supprimant au passage les deux
collèges électoraux distincts. «De quoi favoriser la création de véritables partis
bruxellois et de rendre chaque ministre régional responsable devant l’ensemble
de la population.» Ou encore de régionaliser les compétences communautaires,
comme l’enseignement obligatoire…


Voilà plus de dix ans qu’ils réfléchissent à l’avenir de Bruxelles, multipliant les
initiatives comme, en 2009, les Etats-généraux de Bruxelles (exercice de
mobilisation de la société civile bruxelloise). Cette fois, quatre mois avant le
scrutin, ils sortent du bois: un texte résumant leur vision commune; un livre
reprenant leurs réflexions de spécialiste, chacun dans sa thématique de
recherche; une soirée débat, le 4 février.
Ce jour-là, des constructeurs et constructrices de Bruxelles seront conviés.
Qui témoigneront de toutes les initiatives citoyennes qui font Bruxelles.
«Il faut encourager toutes ces démarches, qui viennent du terrain, insiste
Philippe Van Parijs. Il faut mobiliser l’ensemble de la population. Nous, on peut
avoir un rôle de facilitateur à cet égard.» Ce qu’Aula Magna, qui a servi
d’incubateur pour une série d’initiatives (Brussels Studies, Brussels Academy,
Plan Marnix…) assume volontiers comme rôle. Sans plus. Pas question d’aller
sonder les partis… Lancer le débat le 4 février à la Tentation, c’est déjà ça,
estiment les auteurs (Fatima Zibouh, Philippe Van Parijs, Eric Corijn,
Michel Hubert, Henri Goldman, Myriam Gérard, Alain Deneef, Alain Maskens et
Yvan Vandenbergh).
Fatima Zibouh et Philippe Van Parijs espèrent susciter une dynamique citoyenne.
Le texte publié par l’Aula Magna devrait rouvrir le débat (jamais vraiment
refermé, au fond) de la fusion des communes (et des zones de police, des CPAS)… D’autant que plusieurs des signataires (experts reconnus dans leur domaine et
leur connaissance de Bruxelles) sont francophones.
Or, jusqu’ici, les voix réclamant pareille révolution institutionnelle dans la capitale
sont néerlandophones, à quelques exceptions près.
Sur la scène politique francophone, rares sont ceux qui ont été au-delà d’une
ouverture à la réflexion sur les frontières des communes ou la répartition des
compétences entre celles-ci et la Région.
Seuls les fondateurs du mouvement Jump (qui souhaite présenter une liste au
scrutin du 26 mai) plaident ouvertement pour la fusion.
LES BRUXELLOIS RÉTICENTS
C’est dire si la position, très claire, de l’Aula Magna va à contre-courant des
discours politiques… Ainsi que de l’avis des Bruxellois, interrogés par le Cevipol
dans le cadre de l’étude sur la gouvernance. Pour rappel, ils étaient 54,7% à dire
« qu’il ne faut pas toucher au nombre de communes à Bruxelles», contre 21,3%
de personnes favorables à la fusion des communes (et 17,5% d’accord pour en
réduire le nombre). Certes, les partisans de la fusion estiment que la question
n’était pas posée de manière suffisamment précise… Reste qu’une majorité de
Bruxellois y est (pour l’instant) opposée.
Qu’à cela ne tienne, les signataires entendent lancer le débat.
«Dans notre vision, c’est une étape inéluctable, commente Philippe Van Parijs.
Nous ne voyons pas de raison pour laquelle une municipalité unique aurait moins de
sens à Bruxelles qu’à Vienne, Berlin ou Paris. Ce n’est pas une volonté de
centralisation à tout prix, mais bien de plus grande cohérence.
Avec un souci très clair de préserver la proximité. Les bourgmestres, par
exemple, deviendraient des maires d’arrondissement.»
En filigrane de cette proposition, «la volonté de muscler Bruxelles
institutionnellement, notamment dans les politiques de mobilité, de logement,
sociale, fiscale…» Autant d’évolutions qui sont apparues comme des évidences
aux membres d’Aula Magna mais n’ont pas été sondées auprès des partis.
«Nous sommes issus de la société civile, nous sommes indépendants, nous n’avons
pas besoin de voix. On peut dire ce qu’on pense vraiment. Et on pense que c’est ça
qu’il faut défendre.»
«ON CROIT EN BRUXELLES»
Fatima Zibouh prolonge, en « lançant un appel à tous les habitants de Bruxelles,
qui veulent réinvestir la Ville et redéfinir son projet».
Une démarche inspirée, dans son chef, «par un amour pour Bruxelles, on croit en Bruxelles, cette ville nous appartient, on veut la redéfinir.»
Et de citer, outre la résolution de l’imbroglio institutionnel, deux priorités qui
sous-tendent son engagement citoyen. «D’abord l’affirmation du peuple bruxellois,
avec cette identité bruxelloise qui constitue notre dénominateur commun, entre
habitants de la ville qui avons tous des origines différentes mais le sentiment
+d’appartenir à Bruxelles».

Et puis il y a cette cohésion sociale, qu’il est urgent de retisser, estime la
politologue. «On veut, par notre démarche, attirer l’attention sur la ségrégation
sociale, économique, urbaine, qui constitue un vrai danger pour la ville. On a
besoin d’espace où les acteurs de la société civile se réapproprient la ville.»
Une démarche qu’Aula Magna espère susciter… Même si le philosophe en Philippe
Van Parijs lui recommande «d’être optimiste sur le long terme, pessimiste à court
terme». Par principe, et pour Bruxelles en particulier.
«Il faut faire tout ce qu’on peut pour avancer pour Bruxelles».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PENSER BRUXELLES
Le grand mérite d'Aula Magna est de nous aider à réfléchir ensemble au devenir de Bruxelles.  En cela c'est une initiative qui mérite d'être suivie de près et encouragée par toutes celles et tous ceux qui aiment Bruxelles.
Il ne suffit pas d'aimer Bruxelles , il convient de penser Bruxelles pour construire Bruxelles entre une Flandre droitière et arrogante qui ne rêve que d'indépendance et une Wallonie gauchisante qui se vautre dans le déclin.
MG


ILS VEULENT ABATTRE LE REGIME


JFKhan in Le soir

Aucun mouvement social n’avait fait jusqu’alors l’objet d’une telle médiatisation. Pourtant, les membres de la presse sont devenus la cible de violents slogans
voire d’attaques physiques, parfois même antisémites.
L’autre samedi, en tête du cortège de 7.000 gilets jaunes parisiens, une
banderole: « Le peuple veut la chute du régime! »
Respecter l’autre implique qu’on écoute et entende ce qu’il dit. Or, ce qui était
dit là était explicite. Plus question de taxe carbone ou de CSG, mais la volonté
affirmée d’abattre le pouvoir en place sans recourir, pour ce faire, à des
élections.
« Macron démission! » et, au-delà, « renverser le régime! ». Lequel?
La République? La démocratie représentative? La Ve République?
Dans tous les cas, on se retrouve là confronté à une intention «putschiste»
avouée. Les leaders improvisés et autoproclamés du mouvement ne le dissimulent
nullement, même si la plupart des gilets jaunes, ceux des ronds-points en
particulier, n’entendent, eux, qu’exprimer un mal-être profond et porter des revendications recevables. Certaines même salvatrices.
LE TAPIS ROUGE POUR MARINE LE PEN
Que signifie d’ailleurs le slogan mille fois scandé «Macron démission! »? Cette exigence ne me choque pas en soi. Elle est classique. Mais admettons qu’il démissionne effectivement. Que se passe-t-il alors? Soit un comité insurrectionnel de gilets jaunes prend le pouvoir, soit, ce qui est heureusement plus probable, on retournerait aux urnes. Et en cas de nouvelle élection présidentielle, on retrouverait face à face Marine Le Pen, en tête cette fois, et Emmanuel Macron paradoxalement requinqué grâce aux gilets jaunes.
Et comme les «insurgés» ne souhaitent évidemment pas la réélection de Macron, ils espèrent, s’ils sont logiques, la victoire de Marine Le Pen. Autrement dit, Macron démission signifie Marine Le Pen au pouvoir. CQFD. Qu’en pensent les manifestants mélenchonistes?
UNE HAINE COMMUNE
Une base en colère (et dont, dans de nombreux domaines, je suis moi-même prêt à porter les colères) et un encadrement putschiste?
Une haine commune, cependant, cimente provisoirement le tout. Une haine tout
court d’abord. Et une haine spécifique des médias et des journalistes.
Partout où s’esbaudissent les gilets jaunes, ils sont insultés, traités de «collabos», attaqués, agressés, frappés, coursés, ciblés d’objets divers, certains menacés de mort. Des journaux (Ouest-France, La Voix du Nord) ont été interdits de distribution parce qu’un éditorial, pourtant modéré, défrisait les chasubles couleur safran et on a manifesté contre des sièges de télévisions, BFM en particulier, dont on a, en passant, éreinté les journalistes qui (pur hasard bien sûr) portaient des noms supposés juifs.
Une couverture sans précédent
Or, c’est là le côté le plus baroque de ce psychodrame: jamais, absolument jamais, un mouvement social (et celui-là ne regroupait, l’autre samedi, que 90.000 manifestants dans toute la France contre 1 ou 2 millions, parfois plus, lors des grands mouvements sociaux de naguère), aucun mouvement social donc n’a bénéficié d’une aussi considérable et aussi favorable couverture médiatique.
Reportages télévisés en direct toute la journée; des pages entières consacrées à des regroupements de 30 blousons safran à tel ou tel rond-point; un gilet jaune intégré à presque tous les débats radiophoniques ou télévisés…
Vous avez fait une découverte scientifique, pondu un essai philosophique profond, sauvé un enfant de la noyade, on s’en fout! Vous enfilez un gilet jaune, on vous invite.
Mais, à l’évidence, la complaisance ne paye pas.
Pourquoi cette focalisation des boléros tournesols sur les journalistes?
Une étrange mise au point
Parce qu’ils catalysent toutes les autres haines: des bourgeois, des riches, des élites, des diplômés, des experts, des technos, des intellectuels, des «sachants»… Ils sont censés représenter ou être tout ça. Eh oui, même riches! Si bien que Mélenchon a dû se fendre d’une mise au point: le reporter de terrain, au statut précaire, un exploité, mérite d’être épargné, mais le présentateur en studio, celui-là, on peut lui casser la gueule.
LIRE AUSSILe «lynchage médiatique» ou l’effondrement des «sachants»
Faut-il ajouter que certains gilets jaunes, une minorité droitière radicale, en ont spontanément contre les juifs, les homosexuels et les francs-maçons et qu’ils ne sont pas loin de considérer que les journalistes cochent toutes ces cases.
Le succès de la télé miroir
Rejet de la liberté d’information? Oui, mais inconsciemment. Et qui se présente comme une exigence de bonne information. D’information honnête et objective.
Or, quel est le média que, depuis quelques semaines, les gilets jaunes les plus engagés donnent en exemple et qui a d’ailleurs triplé son audience? RT, Russia Today, la télé de Poutine en France (qui, au demeurant, organise parfois, en particulier menés par Frédéric Taddeï, des débats de très bon niveau).
Pourquoi apprécient-ils Russia Today? Parce qu’on y diffuse en continu leurs manifestations, expressions et déclarations sans aucun commentaire. Télé miroir en somme.
Reste que les journalistes et les médias devraient, une fois cette page tournée, s’interroger: pourquoi un tel rejet, une telle détestation?
L’épisode du référendum constitutionnel européen (90% des médias pour le oui,
54% des électeurs pour le non) n’y est pas pour rien. Ni les soutiens unanimes à
la calamiteuse intervention en Libye.
Une autocritique collective s’impose. On peut toujours rêver.
Un détail réconfortant cependant: au milieu d’une complaisance généralisée,
quelques médias ont osé critiquer vertement le mouvement des gilets jaunes.
Or, à ceux-là, les dits gilets jaunes ne s’en sont jamais pris. 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

Voilà qui s'appelle aller à l'essentiel. Difficile de mieux poser le problème. Sauf
que le phénomène n'est pas que français, il touche l'Europe entière et aussi les
States voire même la Russie.
Le rejet des élites, la contestation du régime, la rébellion contre la démocratie,
soit mais comme dit Kahn pour mettre quoi à la place. Réfléchissons et méditons:
l'enjeu est absolument capital à moins qu'on souhaite Marine, Donald ou Salvini...
MG

samedi 19 janvier 2019

Elections 2019: Jan Jambon se verrait bien Premier ministre d’une coalition qui pousse le confédéralisme

Le Soir 

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, c’est la logique même qu’il soit candidat Premier ministre. Jan Jambon estime que la N-VA a encore des responsabilités à ce niveau de pouvoir.
Mon but politique, c’est d’atteindre le confédéralisme » affirme l’ancien ministre de l’Intérieur Jan Jambon dans les médias francophones samedi, assurant qu’il se « verrait bien Premier ministre d’une coalition qui pousse » cet agenda.

«  C’est la logique même que je sois candidat Premier ministre. La N-VA veut encore exercer des responsabilités à ce niveau de pouvoir. On veut négocier un bon accord pour le futur gouvernement et donc il est logique que le chef du groupe au Fédéral soit celui qui poursuive comme candidat Premier ministre », affirme Jan Jambon dans L’Echo, revenant sur son annonce en début de semaine.
C’EST « NOTRE PROGRAMME »
La coalition qu’il envisage est celle «  qui nous fera atteindre le confédéralisme », assure-t-il. « C’est notre programme. Et j’ai la conviction qu’on doit quand même adapter les structures de cet État pour qu’on puisse encore gérer les choses de manière acceptable. Vous savez, la N-VA a déjà gelé pendant cinq ans ses revendications communautaires… », rappelle-t-il.
Il suggère encore que si les francophones choisissent la gauche, la Belgique deviendra ingouvernable, si bien que le président du Parti socialiste «  Di Rupo fait notre propre campagne électorale. Merci Elio », glisse le nationaliste dans son entretien accordé à L’Echo.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"SI LES FRANCOPHONES CHOISISSENT LA GAUCHE, LA BELGIQUE DEVIENDRA INGOUVERNABLE" (Jan Jambon) 

Les élections c'est dans quatre mois. En politique cela représente un océan de temps. Plusieurs choses peuvent se produire dans ce lapse de temps: un éreintement médiatique de la NVA suite à l'affaire des visas de complaisance, un lynchage de Francken dans la presse francophone, un départ de Reynders vers le Conseil de l'Europe, un  choix judicieux de président du CDH et un rapprochement avec le CD&V, un repositionnement politique du MR à droite toute, une révolution de palais au PS, en engouement soudain  de la jeunesse pour les verts ou des seniors pour les gilets jaunes. Tout est possible et son contraire. Tout sauf une chose, l'inscription du confédéralisme sur une liste des articles soumis à révision dans la prochaine législature. Cela personne n'en veux sauf la NVA qui ne veut plus que ça et rien d'autre et qui se trouve bien isolée précisément à cause de cela c'est à dire une espèce de cordon sanitaire qui ne dirait pas son nom et dans lequel se serauit enfermée la NVA de son propre gré.
Il n'est pas impossible que cette stratégie induise une réaction de tous contre la NVA ce qui ferait de la NVA le parti Caliméro confiné à l'opposition avec le Belang et le PTB. Un bien singulier cas de figure. "Si les francophones choisissent la gauche, la Belgique deviendra ingouvernable." Si une chose paraît certaine, c'est bien cela là et c'est sans doute pareil pour l'Europe qui risque bien de voter en faveur d'un euroxit larvé. Franchement, pas de quoi alimenter notre optimisme.
MG 


"LA CANDIDATURE DE M. JAMBON AU POSTE DE PREMIER MINISTRE N'EST MÊME PAS ENVISAGEABLE" (Elio)
Maxime Prévot,  estime dans L'Echo que gouverner avec M. Jambon ne serait pas son "premier choix". "Je ne pense pas que Jan Jambon ferait un bon Premier ministre. Il est trop clivant et issu d'une famille politique qui crée des barrières entre les gens et qui, à travers ses caricatures, manque de respects aux francophones", confie l'humaniste namurois, potentiel successeur à Benoît Lutgen à la tête du cdH. Pour Elio Di Rupo, la candidature de M. Jambon au poste de Premier ministre n'est même pas envisageable "parce qu'il est membre d'un parti séparatiste! ", martèle-t-il dans les titres Sudpresse. Il déplore l'image modérée que se donne M. Jambon "mais dès sa sortie de fonction, on a vu sa vraie personnalité, sa vraie mission : le confédéralisme !", pointe-t-il. (in Le Vif) 


VERKIEZINGEN
JAMBON (N-VA): “ALS ONBESTUURBAARHEID TOT CONFEDERALISME LEIDT, IS DAT EEN GOEDE ZAAK"
De Morgen
"Als we dertig procent halen, zijn we in Vlaanderen incontournable en is het ook moeilijk om federaal zonder ons te regeren", zegt Jan Jambon, de kandidaat-premier van de N-VA, vandaag in een interview met De Tijd. Als dat tot onbestuurbaarheid leidt, is dat maar zo. "Als dat de trigger is voor confederalisme, is dat een goede zaak.”
"Uit onbestuurbaarheid kunnen creatieve of gedurfde oplossingen komen. We zijn daar niet zo ver vanaf. In 2010 blokkeerde de regeringsvorming op het communautaire. Met een Franstalige ruk naar extreemlinks kan ik me zelfs voorstellen dat we na de verkiezingen geen akkoord meer kunnen sluiten over het sociaal-economische. Dan is confederalisme de logische uitweg", meent de kandidaat-premier.

Jambon komt ook aan bod in de Franstalige weekendkranten. In La Libre Belgique en La Dernière Heure zegt hij dat "de nationalistische dimensie essentieel is" voor zijn partij. "We willen de Franstalige kiezers in Brussel overtuigen, maar we zullen nooit lijsten in Wallonië presenteren omdat de N-VA voorstander is van autonomie”, stelt hij. Als de Franstaligen de linkerzijde kiezen, zal België onbestuurbaar worden, aldus nog Jan Jambon.
Op de vraag hoe geloofwaardig de N-VA nog is na de gebeurtenissen van de afgelopen weken, antwoordt Jambon in De Tijd: "Geloofwaardigheid moet je altijd streng bewaken. 'What you see is what you get' is altijd onze grote sterkte geweest. Natuurlijk waren de socialisten niet onze favoriete partner in Antwerpen, maar de kiezer heeft de kaarten zo gelegd dat we wel samen moesten gaan. Zeker nadat Groen langs de zijlijn is gaan staan. Bart als Vlaams minister-president zal ook goed zijn voor Antwerpen. Er zijn levensbelangrijke Antwerpse dossiers die op het Vlaamse niveau moeten worden uitgevoerd. Denk aan Oosterweel. Daarom is het belangrijk dat we erbij zijn. Ik denk dat onze kiezer dat wel begrijpt." 


WAT IS DE POLITIEKE TOEKOMST VAN THEO FRANCKEN?
De Morgen
Wat doe je met een mateloos populaire maar roekeloos bevonden politicus? N-VA breekt zich dezer dagen het hoofd over de toekomst van Theo Francken. De visafraude brengt hem zwaar in verlegenheid. “Hij gaat elke ochtend opnieuw moeten kijken van waar de kogels komen”, zegt zijn trouwe vriend Jean-Marie Dedecker.
Elke N-VA’er die woensdagochtend bij de bakker, op de trein of aan de schoolpoort gesprekken opvangt, weet terstond: dat gesjoemel met humanitaire visa is rampzalig, hier gaan we lang voor moeten bloeden.
‘Deze affaire zal aan hem blijven kleven als een vies en plakkerig goedje’





vendredi 18 janvier 2019

"Visas humanitaires vendus à 10.000 euros"


Selma Benkhelifa
Avocate - Progress Lawyers Network Le Vif
OPINION

L'annonce de la corruption d'un élu NVA dans l'octroi de visas humanitaire doit être mise en perspective.
Souvenez-vous, il y a deux ans. L'affaire des visas syriens avait fait beaucoup de bruit.
Petit rappel des faits pour nous rafraîchir la mémoire. En 2016, deux familles syriennes demandent des visas humanitaires pour pouvoir venir en Belgique y demander l'asile. Ces familles veulent fuir la Syrie, sans mettre leurs enfants en danger, en prenant le risque de traverser la Méditerranée à bord de canots de fortune. Quand on pense aux milliers de morts noyés et au petit Aylan, on peut parfaitement comprendre la motivation des deux familles syriennes et de ceux qui veulent les aider à venir par des voies légales.
L'Office des Etrangers refuse les visas. Le conseil du contentieux des étrangers annule les refus, puis ordonne la délivrance de visas ou de laissez-passer. Théo Francken annonce dans la presse qu'il n'exécutera pas la décision. Dans la première affaire qui concerne une famille d'Alep qu'une famille belge proposait de prendre en charge, le juge des référés ordonne à l'Etat belge de respecter la décision sous peine d'astreintes. Pas dans le but d'enrichir cette famille bien évidemment, dans le but de contraindre l'exécutif à respecter l'état de droit. Comme n'importe quel citoyen de notre pays, l'Etat belge est tenu de respecter les décisions de justice.
Théo Francken se braque. Il estime que les juges n'ont pas à se mêler de sa politique. Il prétend qu'accorder ce visa reviendrait à ouvrir les frontières. Il fait de son refus une question personnelle.
Dans la seconde affaire qui concerne une famille issue de la minorité chrétienne orthodoxe, le conseil du contentieux pose une question préjudicielle à la Cour de Justice de l'Union européenne. La Cour répond qu'il ne s'agit pas de droit européen et que les Etats font ce qu'ils veulent.
LES VISAS REFUSÉS AU MÉPRIS DES DÉCISIONS DE JUSTICE ET DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS ÉTAIENT EN RÉALITÉ VENDUS À 10 000 EUROS. GOED BESTUUR DE LA NVA? QUEL CYNISME.
Francken tweete : "yes gewonnen". Choquant. Comment peut-on décemment se réjouir de gagner le droit de refuser une protection à des Chrétiens de Syrie? Et surtout pourquoi?
En 2016, 1876 visas humanitaires ont été délivrés. En 2017, 2361 visas ont été octroyés. Pourquoi tout ce cinéma dans ces deux affaires? Parce que Francken voulait garder un pouvoir absolu et arbitraire sur l'octroi.
Les récents événements jettent aujourd'hui un tout autre éclairage sur toute cette affaire. La sombre histoire de corruption d'un élu NVA qui éclate aujourd'hui démontre pourquoi le pouvoir d'octroyer un droit ne peut jamais être arbitraire.
Au-delà du scandale et de l'enquête nécessaire sur les responsabilités dans cette affaire de trafic de visas humanitaires, on doit aussi réfléchir au pouvoir discrétionnaire laissé aux différents secrétaires d'Etat à l'asile et la migration. On ne peut faire confiance à une seule personne pour octroyer un visa ou une régularisation sur base de son appréciation discrétionnaire. Cela ne peut que conduire à de la corruption. Il faut des critères établis par le Législatif et contrôlés par le pouvoir judiciaire, sans quoi les affaires de corruption ne peuvent qu'augmenter. Les gens désespérés sont prêts à payer des sommes folles pour sauver leurs vies et ceux qui disposent du pouvoir de changer ces vies ne sont pas toujours mus des meilleures intentions.
Les visas refusés au mépris des décisions de justice et de la séparation des pouvoirs étaient en réalité vendus à 10 000 euros. Goed bestuur de la NVA? Quel cynisme.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUEL CYNISME 

Il s'est dit vendredi à la chambre  qu'il fallait sans doute voir dans cette sordide affaire dont l'existence percolerait depuis quelque temps déjà dans les couloirs de la chambre la véritable cause  pour laquelle la NVA aurait tiré la prise du gouvernement fédéral. De la gauche à la droite, tous on pointé un doigt accusateur en direction de Théo Francken présent dans l'assemblée mais qui demeura muet comme une carpe.
Paradoxalement Charles Michel a évité une crise majeure en rompant avec la NVA.
Plusieurs députés aussi bien de Défi, du CDH que de groen ont exigé une commission parlementaire pour faire toute la lumière sur cette sale affaire. Dont acte.
Ce sera donc désormais  tous contre la NVA. On attend avec impatience la réaction de Bart Caliméro.
Celle de Theo Francken n'a pas tardé à se manifester: il dénonce la volte-face du CD&V et du MR: « Ils ont flairé l’odeur du sang. Ils tenteront encore de me faire tomber », a précisé Theo Francken.
Il regrette seulement d' avoir été abusé par Kucam Melikan, conseiller communal N-VA de Malines, soupçonné de trafic d’êtres humains alors qu’il agissait comme intermédiaire dans le cadre de la politique discrétionnaire de M. Francken de délivrance de visas humanitaires à des chrétiens de Syrie.
«Je suis le politicien le plus populaire du pays, il est donc acquis que je doive tomber et que je tomberai, ils ont flairé l’odeur du sang. Ils tenteront encore de me faire tomber mais j’ai les épaules solides», a-t-il répondu.
Plusieurs députés ont suggéré jeudi que la N-VA a préféré quitter le gouvernement, en prétextant le pacte de Marrakech, sentant venir cette affaire des visas. «Trop fou pour être vrai», a commenté Theo Francken. Tout ceci est de nature à nourrir un climat ambiant hostile au monde politique. La responsabilité politique de Francken dans cette affaire ne laisse pas le moindre doute. Il n'échappera pas au lynchage médiatique singulièrement dans la presse francophone. Mais le paradoxe insupportable c'est que ceci pourrait contribuer à faire encore monter sa cote de popularité en Flandre.
MG

Lange tijd was het humanitair visum eerder een marginaal instrument uit het vreemdelingenrecht, maar door de vluchtelingencrisis nam het aantal aanvragen exponentieel toe. Dit legde het arbitraire beleid van de staatssecretaris binnen deze materie bloot. Meer dan honderd Syrische Christenen kregen  een humanitair visum toegewezen. De reden? Ze stonden op een lijst van kwetsbare Christenen, aangebracht door een derde - meneer Kucan. Het leverde de toenmalige staatssecretaris mooie krantenknoppen en enkele leuke tweets op. Maar verder onderzoek naar de personen op de lijst achtte Francken en zijn Dienst Vreemdelingenzaken (DVZ) niet nodig.

De onachtzame wijze waarop Francken met de lijst van een vertrouweling, zonder enige functie bij DVZ, omging is moeilijk te begrijpen of te verdedigen, zeker in vergelijking met de grote terughoudendheid waarmee andere aanvragen werden behandeld. Het toont nogmaals aan hoe achteloos Francken met de beginselen van behoorlijk bestuur omging binnen deze materie.

Door op arbitraire wijze humanitaire visumaanvragen te behandelen en door de beginselen van behoorlijke bestuur op systematische wijze naast zich neer te leggen, heeft Francken de ideale voedingsbodem gecreëerd voor de misdrijven en wantoestanden rond de figuur van Kucam, die via humanitaire visa aan mensensmokkel kon doen. Niemand anders dan Francken draagt dan ook de politieke eindverantwoordelijkheid voor dit schandaal. Gelukkig voor Francken stapte de N-VA vorige maand reeds uit de regering om een punt van geregulariseerde migratie te maken.
Olivier Lanoo in Knack 


VISAS HUMANITAIRES: LA COMMUNAUTÉ SYRIAQUE AVAIT DÉJÀ DÉNONCÉ UN TRAFIC IMPLIQUANT UN MEMBRE DU PARLEMENT BELGE
RTBF Infos 

Le problème de trafic de visas humanitaires était déjà connu au mois d’octobre 2018.  Nous sommes entrés en possession d’une lettre écrite par la  "European Syriac Union" (l’association européenne syriaque qui représente les Chrétiens d’Orient) et envoyée selon nos sources à une centaine de personnalités européennes, parlementaires, média et représentants de la communauté syriaque.
Newsletter info
La lettre y dénonce noir sur blanc un trafic de visas humanitaires qui permet à des chrétiens syriens qui se rendent au Liban, d’obtenir en un jour un visa humanitaire pour la Belgique et de s’envoler quasi immédiatement pour ce pays.
Dans la lettre, on peut lire que 6 personnes seraient a l’origine du trafic, en lien direct avec le parlement belge : " Nous savons que 6 personnes venant de Belgique sont derrière  "ces transports ". Pour ce service, ils prennent 3000 à 14.000 euros des chrétiens de Syrie.  Une de ces personnes travaille avec un membre du parlement belge, que nous pourrions nommer. Cette activité est criminelle et doit être portée devant la justice."
Interrogé par nos soins, l'un des responsables de l'association confirme que ce courrier a été envoyé très largement, à des membres du parlement européen et à un grand nombre de parlementaires belges.  "On l’a envoyé à tous ceux qu’on pu… aussi largement que possible… sans choisir l’un ou l’autre parti politique, explique Metin Rahwi, car nous considérions que c’était dans l’intérêt du parlement belge. Nous l’avons donc envoyée largement, et à des niveaux très hauts. Le secrétaire d’Etat à la migration pourrait donc être compromis ici, car c’est un sujet qui le concerne directement". 
Metin Rhawi explique que l'association n'a reçu en retour que quelques réactions. "Nous avons compris que cela ne mènerait à rien", ajoute-t-il.
Quant à une éventuelle implication politique, Metin Rhawi reste flou sur les informations reçues par l'association. "C'est à l'enquête policière de faire à présent la lumière sur ce dossier", dit-il.
Le rôle du consulat de Belgique au Liban
La lettre pose aussi une autre question. L’association explique que les Syriens qui souhaite se réinstaller en Belgique via le Liban n’ont aucune difficulté a entrer au Liban puisque le consulat belge a averti les autorités libanaises qui laissent passer ces réfugiés. Du coup l’association s’interroge : "Pourquoi le consulat général de Belgique au Liban travaille avec ce gang ? "
L’association écrit que cette affaire est un scandale et que cela doit stopper immédiatement. Elle précise que le consulat de Belgique au Liban attend, le 19 octobre, un autre groupe d'une trentaine de personnes qui pourraient bénéficier de nouveaux visas humanitaires pour la Belgique. 
Ce courrier pose de nombreuses question puisqu'il évoque un lien direct avec le parlement belge et un rôle actif du consulat de Belgique au Liban. Les informations évoquées et les montants cités sont également très précises.
Nul doute que ce document alimentera les débats cet après-midi à la Chambre ou de nombreuses questions orales sur le sujet seront posées au Premier ministre. Le cdH Georges Dallemagne a déjà fait savoir qu'il pourrait réclamer un commission d'enquête.




jeudi 17 janvier 2019

Enquête sur un trafic de visas humanitaires: "Si l'histoire est correcte, Francken est responsable politiquement"


Le Vif
Source: Belga

Si le rôle du conseiller communal malinois Melikan Kucam (N-VA) dans un trafic de visas humanitaires est confirmé, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) est responsable politiquement, a estimé le député d'opposition Wouter De Vriendt (Groen). "Kucam aurait apparemment pu déterminer, via un contact au cabinet, qui avait reçu ou n'avait pas obtenu un visa humanitaire", a-t-il commenté.
M. Kucam aurait reçu d'importantes sommes d'argent pour permettre à des habitants de zones de conflit en Syrie, en Irak ainsi que dans des pays frontaliers de voyager en Belgique avec un visa humanitaire. Une enquête pour trafic d'êtres humains, organisation criminelle, corruption passive et extorsion, est actuellement menée par la police judiciaire fédérale, a précisé mardi le parquet anversois. Ce dernier a également indiqué qu'il n'y avait pas de preuves pour l'instant d'une quelconque implication du cabinet de M. Francken.
La N-VA affirme attendre les conclusions de l'enquête. "Compte tenu de la nature des lourdes accusations à l'encontre de Melikan Kucam, le bureau exécutif de la N-VA - en partie sur demande de la section de Malines - a décidé de le suspendre en urgence de ses fonctions. L'abus de personnes dans le besoin est répréhensible et répugnant, il n'y a pas d'autres mots. Nous attendons l'issue de l'enquête", a déclaré le parti nationaliste flamand.
Theo Francken, "consterné et choqué par l'affaire", a pour sa part indiqué avoir entendu des rumeurs à ce sujet par le passé. "Tout le monde a la responsabilité en tant que citoyen de signaler d'éventuels délits", estime M. De Vriendt. D'après lui, le fait que M. Francken n'ait rien rapporté à la Justice est problématique. Les Verts demandent que l'octroi de visas humanitaires ne se fasse plus de façon discrétionnaire.
"Les visas humanitaires, qui visent à protéger les réfugiés les plus vulnérables, devraient être attribués sur base de critères objectifs. Pas dans la plus grande opacité, et selon le bon vouloir du responsable politique en charge. Les faits récents plaident en ce sens. Une réorientation de la politique d'asile notamment par rapport à l'octroi de visas humanitaires, sur lesquel le contrôle est particulièrement complexe, s'impose", a expliqué la députée Véronique Waterschoot (Ecolo).
La commission de l'Intérieur de la Chambre a décidé mercredi d'organiser des auditions sur le sujet. Elle entendra notamment le directeur de l'Office des étrangers, Freddy Roosemont, et des responsables du Centre fédéral des migrations Myria. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
REPUGNANT, EN EFFET 

Qu'ajouter à notre indignation sinon que l'homme fort de la NVA ne risque même pas la démission puisqu'il ne fait plus partie du gouvernement. Il sera instructif d'observer si sa cote de popularité sera affectée par ce qui s'annonce comme un des grands scandales de la décennie.  Cette affaire ne manquera pas de faire couler beaucoup d'encre surtout dans la partie francophone du pays.
Affaire à suivre et de près.
MG

Jean-Marie Dedecker poussera la liste N-VA en Flandre, mais il y a une subtilité


La Libre Belgique

Le bourgmestre de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker, poussera en tant que candidat indépendant la liste N-VA à la Chambre en Flandre occidentale. S'il est élu, il ne siègera donc pas dans le groupe N-VA, a précisé jeudi celui qui tirera la liste des nationalistes flamands dans cette province, Sander Loones, sur Radio 1. L'ancien judoka et ex-membre du parti libéral Open Vld, avait déjà rallié la N-VA en 2006, mais brièvement. Le CD&V, qui formait alors un cartel avec les nationalistes, voyait d'un mauvais oeil cette alliance.
"Il y a eu des discussions entre ma personne, Bart De Wever, Theo Francken et Jan Jambon" concernant M. Dedecker, a commenté Sander Loones. Le fait que certains au sein du parti étaient opposés à sa candidature explique en partie qu'il soit présent en tant qu'indépendant. "Il conservera sa liberté de parole et pourra exprimer ses opinions", a ajouté M. Loones.
Par le passé, M. Dedecker a émis à plusieurs reprises des critiques envers la politique menée par la N-VA en Flandre. S'il reconnaît avoir hésité à se présenter sur la liste des nationalistes flamands, il semble désormais convaincu d'avoir fait le bon choix. "Je pourrai m'exprimer sans limitation à la Chambre. J'ai convenu cela avec mes amis Theo Francken et Bart De Wever. Si cela n'avait pas été le cas, je ne l'aurai pas fait", a-t-il précisé au quotidien Het Laatste Nieuws.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAS DE GILETS JAUNES EN FLANDRE. POURQUOI?

Poser la question c'est y répondre. les gilets jaunes de Flandre votent soit N-VA soit Vlaams Belang. Ces partis, surtout le premier, recrutent principalement dans les zones semi-urbaines, les "verkavelingen", ces fameux lotissements semi -campagnards composés de villas quatre façades à doubles garages,  occupés par des couples qui tous les deux travaillent dur,  pratiquent les sports d'hiver et  se retrouvent l'été dans leurs jardin pour y organiser des barbecues festifs.
Jean Marie de Decker, éternel rebelle dans l'âme, est un gilet jaune qui s'ignore ou si on préfère gilet jaune malgré lui. Rejeté par le VLD dont il fut cependant candidat président, il fut vampé, puis éloigné par De Wever en personne et voici que devenu bourgmestre de Middelkerke il revient an grâce. Il faut lire ses chroniques qui font les choux gras des lecteurs de Knack. L'homme ne manque ni de mordant, ni d'humour. Son ton grinçant fait écho aux conversations entendues au café du commerce. C'est dire si le bonhomme a un potentiel de voix: un vrai "stemmenkanon" comme on dit en Flandre.
De Wever est en train de battre le rappel de toutes les forces vives de Flandre pour s'emparer du pouvoir à la Vlaamse Gemeenschap et faire la nique au reste du pays. Cet homme est redoutable. Qu'on se le dise. Il rêve de confédéralisme et fera tout et son contraire pour l'exiger.
MG

mardi 15 janvier 2019

De Wever candidat ministre-président flamand, Jambon au 16: la N-VA avance ses pions pour le 26 mai

LA LIBRE BELGIQUE 

Candidat au Parlement flamand à Anvers, Bart De Wever brigue le poste de ministre-président flamand. C'est ce qu'a annoncé le parti nationaliste ce lundi matin à l'occasion d'une conférence de presse exceptionnelle.
Pour sa part, ". L'ancien ministre de l'Intérieur va tirer la liste à la chambre Jan Jambon se présente au fédéral et vise le 16 rue de la Loi s'il recueille un "plébiscite pour les nationalistes flamands dans le plus grand arrondissement fédéral, Anvers. "Nous voulons défendre ce que nous avons construit et aller plus loin", a indiqué M. Jambon, répondant aux déclarations de "reconquista" d'Elio Di Rupo lors des vœux du parti socialiste énoncés vendredi dernier.
Il a ensuite précisé : "On veut des réformes qui mènent vers le confédéralisme afin que Di Rupo puisse appliquer ses projets à la Wallonie et nous, les nôtres, à la Flandre. Et ce, dans l'intérêt de la Flandre. Notre priorité est d'avoir une politique économique de centre-droit et de poursuivre notre politique en matière de sécurité et d'immigration".
Selon M. De Wever, le retour du PS au pouvoir provoquerait un retour en arrière comparable à l'accession de François Hollande à la présidence de la France après Nicolas Sarkozy. La réponse à une telle éventualité est le confédéralisme, a affirmé M. De Wever. Avant de poursuivre : "La N-VA veut éviter que les Flamands soient gérés par le PS, on connait ses recettes".
Quant à Geert Bourgeois, il sera tête de liste pour les européennes.
"S'il veut être ministre-président, Bart De Wever doit démissionner dès aujourd'hui de son poste de bourgmestre"
Le chef de file de Groen à Anvers Wouter Van Besien estime que Bart De Wever devrait immédiatement cesser d'être bourgmestre d'Anvers après son ambition affichée de devenir ministre-président flamand après le scrutin de mai prochain.
"S'il veut être conséquent, il doit démissionner aujourd'hui de son poste de bourgmestre", selon l'écologiste.
Pour M. Van Besien, avec l'annonce de son ambition régionale, Bart De Wever commet une "rupture de parole de première classe" puisqu'il affiche ainsi clairement sa disposition à ne plus être bourgmestre d'Anvers les six prochaines années.
"Pour De Wever, les élections communales (d'octobre dernier), c'était apparemment juste pour rire. Ca fait à peine deux semaines qu'il a entamé son nouveau mandat, et il veut déjà abandonner sa ville...", dénonce l'élu vert. 


"LES NATIONALISTES FLAMANDS POURRAIENT SAUVER LA WALLONIE DE LA FAILLITE, EN ÉCHANGE D'UN MODÈLE CONFÉDÉRAL"
Le Vif
"Ce qui nous ( la Wallonie) permet de maintenir un certain équilibre, c'est l'argent qui vient de l'Europe et de Flandre", constate Philippe Destatte, directeur du centre d'études Institut Destrée. "Cela ne peut durer". Mais quelle est l'alternative ?
Philippe Destatte (ancien chef de cabinet adjoint du ministre de la politique scientifique Jean-Maurice Dehousse (PS), directeur du centre d'études wallon Jules Destrée. " Lorsque l'on compare les dépenses annuelles des ménages entre la Flandre et la Wallonie, il y a environ 15% de différence. Pour les dépenses par habitant en vêtements et chaussures, meubles, culture et loisirs et formations, la Wallonie est à chaque fois derrière la Flandre en matière de dépenses. Il n'y a que pour le tabac et l'alcool que le Wallon dépense plus." Sa constatation illustre à quel point la Wallonie est patraque.


COMMENRAIRE DE DIVERCITY
BART DE WEVER REMET LE CONFÉDÉRALISME SUR LA TABLE 

Bart De Wever pourrait être tenté de proposer une transaction financière aux Wallons asphixiés par la dette  en échange du confédéralisme. C'est dire si la campagne  électorale promet d'être clivante.
Le Vice-premier ministre CD&V Kris Peeters n'est pas tendre avec la démarche pré-électorale entamée lundi par la N-VA.
Selon lui, ce nouveau positionnement de la N-VA serait inspiré par le souhait affiché par le PS de revenir au pouvoir à tous les niveaux. La formation nationaliste entend contrer cette "Reconquista" par tous les moyens.
Kris Peeters commente: " Apparemment, la N-VA a besoin d'un ennemi pour entamer sa campagne. Ensuite, il y a la langue guerrière que l'on parle" ajouté le vice premier CD&V lors du programme de la VRT radio "De Ochtend".
Le CD&V entend bien s'opposer "aux populistes de gauche et de droite". Dans son discours samedi à l'occasion des voeux 2019 du parti chrétien-démocrate flamand, son président Wouter Beke a plaidé pour une "révolution de la raison".
" Les populistes de gauche et de droite sont les vraies menaces pour notre manière de vivre. Ils ne donnent aux gens aucune vraie solution. Ce qu'ils proposent, ce sont des bulles de savon et des châteaux de sable. Ce qu'ils prennent, c'est notre sécurité et protection", a-t-il poursuivi.
Pour le président de parti, les enjeux des prochaines élections du 26 mai sont " plus grands que jamais": la coopération internationale, les droits humains, la protection sociale et le libre-échange sont remis en question. "Je lis que d'autres rêvent d'un pays ingouvernable après les élections de mai. Un shutdown belge à la Trump. Ce n'est pas un rêve, mais un cauchemar", a encore dit l'homme politique flamand.
Bart De Wever remet clairement le confédéralisme sur la table:
"Les Flamands et les francophones ont droit à leur propre politique"
La N-VA a l'ambition de gouverner au régional et au fédéral après les élections en rappelant à ses adhérents que son puissant parti comptait 46.000 membres.
"Les Flamands et les francophones ont droit à leur propre politique, basée sur la majorité dans leur propre démocratie. Avançons en ce sens!"
Olivier Chastel est formel : "Le MR ne négociera pas le confédéralisme."  On le voit, la situation politique se tend de jour en jour au fur et à mesure qu'on se rapproche des élections de mai prochain. On le sait Didier Reynders est très tenté de quitter le navire pour présider Conseil de l'Europe.
Nous allons vivre un mois de mai particulièrement chaud avec des élections fédérales et régionales qui risquent d'entraîner l'évaporation de la Belgique et des élections européennes qui menacent de faire imploser l'Union européenne.
Il reste l'espoir de certain de se tourner vers la France pour solliciter le "rattachisme" de la Wallonie. Mais il est franchement douteux que la République de Macron en pleine débâcle soit encline à se charger du  fardeau wallon qui risquerait de grever encore davantage son l'endettement qui la ronge.
MG



dimanche 13 janvier 2019

Les Français, déçus par Macron, de plus en plus méfiants à l'égard de la politique


Le Vif
La défiance des Français vis-à-vis des responsables politiques atteint un niveau "alarmant", en pleine crise des "gilets jaunes", après l'échec d'Emmanuel Macron à insuffler un nouvel espoir, selon un institut de recherches politiques dont l'enquête est publiée vendredi par Le Figaro.
En mai 2017, l'élection d'un président qui voulait "transformer" la France et renouveler la politique avait provoqué un sursaut de confiance envers les dirigeants.
Emmanuel Macron, "un jeune président porteur d'un message extrêmement optimiste, avait mis au coeur de sa campagne le retour de la confiance mais on n'y est pas du tout", résume, dans une interview à la radio RTL, Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).
La confiance dans le président est ainsi à son plus bas historique (23%), soit 13 points de moins que l'an passé, selon le dixième baromètre annuel du Cevipof, réalisé par Opinionway. En revanche, la cheffe de l'extrême droite, Marine Le Pen, dont l'image s'était dégradée en 2017, gagne 8 points.
Pire pour Emmanuel Macron: le nombre des sondés qui déclarent qu'ils avaient confiance en lui au départ mais qu'ils n'ont plus confiance aujourd'hui a doublé en un an, de 13% à 26%.
"Le choc de confiance espéré par Emmanuel Macron après son élection ne semble pas se produire. Après un épisode de regain de confiance observé l'an passé, les Français expriment de nouveau des niveaux de défiance alarmants", confie au Figaro Martial Foucault, directeur du Cevipof.
Trois mots négatifs sont de plus en plus souvent cités pour résumer "l'état d'esprit actuel": "lassitude" (32%, +7 par rapport à l'an dernier), "morosité" (31%, +8) et "méfiance" (29%, +4).
Les sentiments sont tout aussi négatifs à l'égard de la politique où sont le plus souvent évoqués les mots "méfiance" (37%, -2), "dégoût" (32%, +7) ou "ennui" (8%).
Le bond du sentiment de dégoût pourrait expliquer la persistance de la fronde populaire menée depuis près de deux mois par les "gilets jaunes", qui protestent notamment contre la politique sociale et fiscale d'Emmanuel Macron.
Seules 27% des personnes interrogées estiment que la démocratie fonctionne bien en France (moins 9 points en un an) et à peine 14% (moins 2 points) jugent que les responsables politiques se préoccupent de ce que les "gens comme vous" pensent.
Enquête réalisée en ligne par Opinionway du 13 au 24 décembre 2018 auprès de 2.116 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1 à 2,2 points.
AFP 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"LASSITUDE" (32%, +7 PAR RAPPORT À L'AN DERNIER), "MOROSITÉ" (31%, +8) ET "MÉFIANCE" (29%, +4). 

La France donc souffrirait d'une grosse fatigue démocratique.
C'est que la démocratie et son corolaire, l'Etat providence ou si on préfère l'Etat social ne sont viables que dans l'euphorie de la prospérité montante autrement de la croissance et de la richesse relative. Après les trente glorieuses la France a connu les trente calamiteuses  suivies de la décennie désastreuse  dont le macronisme a hérité. Quel est le point commun entre Sarkozy, Hollande et Macron? Tous les trois ont été élus démocratiquement avec des majorités confortables, tous les trois n'ont pas tardé à atteindre un seuil de popularité minimum en un temps record, surtout Macron, le plus flamboyant des trois qui ne comprend absolument pas ce qui lui arrive. Michel Onfray est formel: «la manifestation de la colère du peuple était inéluctable»
Dans un nouvel essai qui fera date, le philosophe revisite l'antiquité romaine pour y puiser une morale face au nihilisme contemporain. Ce livre est l'occasion d'évoquer l'impossibilité de débattre en France.
Le nihilisme nietzschéen a selon lui fait main basse sur la France et d'une manière générale sur l'Europe entière en plein déclin.
Pour Emmanuel Macron, "beaucoup trop de Français oublient le sens de l'effort". Dans le cadre de la traditionnelle dégustation de la galette des rois à l'Elysée vendredi après-midi, le président de la république a insisté sur la cohésion sociale.
«L'apprentissage est au cœur de cette philosophie», a insisté le chef de l'état vendredi, à l'Elysée, devant un parterre d'artisans boulangers et de jeunes apprentis. «par l'apprentissage, chaque jeune trouve sa place dans la société. l'apprentissage permet la transmission entre les générations."
Ne vivons nous pas, en effet une crise aigue et généralisée de la transmission? Transmission des valeurs et des savoirs par une école républicaine en crise, transmission des savoir-faire par les corporations des métiers, transmission des idées et des infos par la presse accusée de promouvoir les "fake news" par des réseaux sociaux manipulateurs de plus en plus puissants et surtout de moins en moins nuancés.

«Il est important que chaque citoyen apporte sa pierre à l'édifice par son travail et par son engagement au travail. notre pays ne pourra jamais retrouver pleinement sa force et sa cohésion sans cela. notre jeunesse a besoin qu'on lui enseigne un métier. on n'a rien dans la vie s'il n'y a pas ces efforts. Beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu'on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu'à côté des droits de chacun dans la république - et notre république n'a rien à envier à beaucoup d'autres - il y a des devoirs», constate-t-il . «et s'il n'y a pas ce sens de l'effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l'édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir.»
Décidément Emmanuel Macron n'en rate pas une. Quid en effet des devoirs des premiers de cordée et des multinationales dont le sport favori consiste à éluder l'impôt par optimisation, voire évasion fiscale?
Le député Insoumis Alexis Corbière n'a pas tardé à tacler le Président en évoquant la "boulette du roi", sous-entendant  " que les gens qui sont dans la rue, qui soutiennent les ‘gilets jaunes', ne font pas assez d'efforts». "Défendre l'effort oui, défendre les forts non!"
Reste le joker du Président Macron: le grand débat national dont il attend le salut pour dynamiser la campagne pour les européennes.

Il y a trois ans, Michel Houellebecq et Emmanuel Macron alors ministre de l'économie débattaient ensemble  sur la démocratie directe paru dans Les Inrocks.
«Il y a une crise de la représentation politique», lui avait affirmé Michel Houellebecq. Il la jugeait prometteuse, car susceptible d'ouvrir la voie à une démocratie plus directe. «Je suis pour le référendum d'initiative populaire comme unique moyen de changer les lois. Mais cela ne s'arrête pas là: la population devrait également voter le budget», expliquait le prix Goncourt.
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«Je ne crois pas au référendum permanent, lequel empêcherait d'agir», lui avait répondu Emmanuel Macron. «Il faut de l'horizontalité dans l'élaboration des décisions, mais je crois aussi à la verticalité des formes de prise de décision.» Le ministre préférait envisager «des conférences de consensus qui permettent aux meilleurs experts de former des citoyens». Car il avait foi, ajoutait-il, en la «conscience éclairée».
Très vieux débat… Au risque de simplifier un peu: d'un côté Emmanuel Macron, enfant des Lumières et serviteur de la Raison, héritier de Voltaire et d'une vision aristocratique de la démocratie, où le despote éclairé veille au bon usage de la liberté ; de l'autre Michel Houellebecq, contempteur des Lumières, continuateur de Rousseau, cet annonciateur du romantisme que chérit tant l'écrivain, Rousseau qui affirmait que «le peuple soumis aux lois doit en être l'auteur».
Michel Houellebecq a depuis publié un nouveau livre, Sérotonine (Flammarion). Il y raconte une jacquerie sanglante contre la fin des quotas laitiers. Le dialogue apparaît impossible entre ces agriculteurs poussés à la ruine et les pouvoirs européens, animés par «d'étranges superstitions de caste» qu'ils nomment «liberté du commerce». La seule issue serait donc la violence, approuve le narrateur deSérotonine, dont l'amour de son 4X4 diesel et la révolte contre «l'oppression légale» des fumeurs font irrésistiblement penser aux Gilets jaunes.
C'est aujourd'hui au président Emmanuel Macron, qu'il est revenu de lancer un «Grand débat». Contraint et forcé par les Gilets jaunes, sans remettre en cause la verticalité du pouvoir. «Je le coordonnerai moi-même», a prévenu le président. Ses proches en écrivent déjà la conclusion, sous la forme d'un référendum à questions multiples

Nul ne sait ce qu'il adviendra du Grand débat.
Selon nous, seul des Etats Généraux sur la fiscalité et les services publics sont de nature à calmer les esprits et à restaurer la confiance. Il s'agit d'un exercice difficile, voire périlleux mais absolument indispensable. Idéalement, on souhaiterait qu'une telle initiative se prenne au niveau européen. C'est en effet le plus grand défi qui attend l'Europe à la veille et surtout au lendemain des élections di 19 mai qui seront les plus incertaines et les plus périlleuse de l'histoire de la création européenne.
Lassitude , morosité et méfiance sont en effet les maux qui accablent l'ensemble des nations d'Europe y compris la Suisse et le Royaume Uni brexité. 
MG

mercredi 9 janvier 2019

Un ancien ministre français appelle les policiers à riposter contre les gilets jaunes: "Qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois"

La Libre

Luc Ferry, ancien Ministre de l'Education nationale, a donné son avis tranché sur les débordements qui se sont déroulés à Paris en marge des manifestations des gilets jaunes.

Les images ont fait le tour du web et font énormément parler d'elles en France. D'un côté, on voit deux CRS se faire frapper par un ancien boxeur à Paris, de l'autre un policier décoré occupé à tabasser des gilets jaunes à Toulon. Les débats font évidemment rage sur tous les plateaux de télévision ainsi que dans la presse en général chez nos voisins.

Luc Ferry, philosophe et ancien Ministre sous la deuxième présidence de Jacques Chirac, a été interrogé à ce propos dans l'émission Esprits libres, diffusé sur Radio Classique. "Ce que je ne comprends pas, c'est que l'on ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin aux violences", explique l'ancien sympathisant de l'UMP."Franchement, quand on voit des types qui tabassent à coup de pieds un malheureux policier qui est par terre, voilà.... Qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois, ça suffit !"

L'homme âgé de 68 ans enchaîne. "Ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d'extrême droite, d'extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit," déclare-t-il. "Cette violence est insupportable. On a, je crois, la 4e armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies. Il faut dire les choses comme elles sont." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN ANCIEN MINISTRE NE DEVRAIT PAS DIRE CA 

Donc Luc Ferry voudrait que les CRS dégainent et fassent monter les enchère d'une escalade sans fin. Les gilets jaunes n'attendent que ça pour sortir à leur tour les armes à feu: oeil pour oeil, dent pour dent.
Et c'est le même qui invoquera à tort et à raison l'héritage chrétien de la France.
"On a, je crois, la 4e armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies. Il faut dire les choses comme elles sont."
On a l'impression d'avoir entendu ça quelque part déjà. On café du commerce? Non? Un peu de tenue et de maîtrise de soi monsieur l'ancien ministre agrégé de philosophie.
MG



mardi 8 janvier 2019

Le succès d'une cagnotte de soutien au boxeur Christophe Dettinger suscite les critiques


Le Figaro 

Lancée en fin de journée dimanche, cette collecte en ligne totalisait mardi matin plus de 110.000 euros collectés, dont la majeure partie l'a été en moins de 24 heures.
L'ancien boxeur Christophe Dettinger, filmé samedi en train d'asséner coups de poing et coups de pieds à des gendarmes mobiles, conserve sa popularité auprès des «gilets jaunes». Avant de se rendre à la police, lundi, cet homme de 37 ans avait enregistré une vidéo diffusée sur Facebook, vue plus de 760.000 fois en 24 heures. Aux commentaires de remerciements et de respect à son égard s'ajoute désormais une cagnotte de soutien dont le succès a été fulgurant, et qui suscite dans le même temps de vives critiques.

COMMENTAIRES EXTRÊMEMENT POSITIFS
Aux dons de près de 7000 personnes - environ 17 euros de don moyen - s'ajoutent près de 3000 messages et commentaires laissés sur la page, dont la grande majorité est extrêmement bienveillante à l'égard de Christophe Dettinger. «Un grand merci à Christophe, il me donne du courage pour continuer cette lutte», écrit un internaute.

Depuis la journée de samedi, les commentaires positifs se sont multipliés sur les groupes de discussion de «gilets jaunes» à l'égard de Christophe Dettinger. De même, parmi les plus de 8000 commentaires laissés sous la vidéo dans laquelle il revient sur son attitude, nombre d'internautes exprimaient «respect» et remerciements.
QUESTIONS MORALES ET LÉGALES
La Cagnotte du Boxeur. Apparemment, ça rapporte de frapper un policier. Quand l'attrait de l'argent vient s'ajouter à la haine et à la violence, je n'ai que du dégout.
Tout le monde doit être responsable : cette cagnotte est indigne.
Des organismes syndicaux représentant des commissaires et forces de police ont également réagi, certains messages suggérant que cette somme collectée soit saisie par la justice.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEGRÉ ZÉRO DE L'ÉTHIQUE 

Cela dérape méchamment en France. Il ne s'agit pas ici d'ultras, de hooligans ou de casseurs. Il s'agit d'un gilet jaune assumé et fier de l'être. Il se trouve qu'il est boxeur de son état et sait se servir de ses poings. Pas de chance, il a été vu et filmé en train de tabasser un CRS, en somme comme Benalla, mais dans l'autre sens. Désormais cet incident fait le buzz sur les réseaux sociaux. Et voilà qu'une cagnotte est constituée non pas pour indemniser le malheureux CRS qui a vu 36 chandelles mais en faveur du boxeur. Là, ça ne tourne plus très rond dans la patrie des droits de l'homme. Décidément ces gilets jaunes sont de drôles de paroissiens.
Certes , ils ont de bonnes raisons de s'indigner contra la vie chère, le trop d'impôts et la médiocrité des services publics financés par les taxes.  Qu'un boxeur, malgré lui, pète les plombs est une chose. Que le mouvement des protestataires encourage son geste par des dons en est une tout autre. La jacquerie des gilets jaunes tourne à l'aigre.
Tout indique qu'elle se prolongera jusqu'aux élections européennes de mai prochain entraînant un échec cuisant du quinquennat d'Emmanuel Macron.
Est ce grave docteur? C'est en tout cas extrêmement préoccupant car à la vérité c'est la crédibilité, voire la légitimité de la République qui de plus en plus est mise en cause par la colère des gilets jaunes qui n'ont pas grand à proposer hormis une vague revendication de referendums d'intérêt citoyen les fameux RICs.
Il est clair qu'un raz le bol généralisé des forces de police serait un revers mortel pour un président de moins en moins jupitérien.  La France est entrée dans une ère de grande instabilité qui paradoxalement est en train de révéler l'extrême fragilité du régime présidentiel qui cumule tous les pouvoirs mais ne peut rien sans l'aval de la légitimité populaire et la protection des forces de l'ordre. Macron a été élu contre la menace lépéniste, il est aujourd'hui mis en échec par des forces plus proches du courant poujado-nationaliste que de ses propres positions.
Il faut bien voir que la légitimité des pouvoirs démocratiques est aujourd'hui mise à mal dans toutes les démocraties européennes à l'exception du Grand Duché de Luxembourg.  L'Europe est à bouts de nerfs et en proie à une fièvre nationaliste qui pourrait la perdre face aux géants russe, américain et chinois.
MG
 
 






dimanche 6 janvier 2019

La nation flamande existe bel et bien


Jules Gheude Le Vif

Dimanche 23 décembre 2018. Sur le plateau de l'émission de RTL-TVI , C'est pas tous les jours dimanche, le chroniqueur Michel Henrion lâche : "Je ne suis pas Flamand, Dieu m'en garde,..." Réaction immédiate du présentateur, Christophe Deborsu: "Pas cela, Michel, c'est choquant !"
Confronté à une vague de commentaires indignés sur les réseaux sociaux, l'intéressé s'est expliqué: "La phrase sur ma fiche disait en substance : Si j'étais nationaliste flamand, que Dieu m'en garde, je serais furax. A l'antenne, ma langue, dans sa lancée, a malencontreusement fourché et gommé un seul mot, mais de ceux qui changent redoutablement tout à l'audition. Celui de "nationaliste". Ce qui a donné ce couac aussi évident que regrettable."
DÈS LE DÉPART, EN FAIT, LE VER ÉTAIT DANS LE FRUIT.
Si Michel Henrion a approfondi l'histoire de ce pays, il n'ignore pas que sa constitution, en 1830, s'est faite d'un trait de plume diplomatique, sans que les populations concernées aient eu voix au chapitre. Même le choix du monarque nous fut imposé par Londres. Talleyrand, le négociateur français, s'était d'ailleurs montré sceptique quant aux chances de viabilité de cette construction artificielle, fruit des circonstances de l'époque: "Deux cents protocoles n'en feront jamais une nation. Cela ne peut tenir."
Dès le départ, en fait, le vert était dans le fruit. Il suffit de relire ce que Charles Rogier déclarait : "Il est évident que la seule langue des Belges doit être le français. Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire que toutes les fonctions civiles et militaires soient confiées à des Wallons et Luxembourgeois. De cette manière, les Flamands, privés temporairement des avantages attachés à ces emplois, seront contraints d'apprendre le français, et l'on détruira peu à peu l'élément germanique en Belgique."
Un génocide linguistique, donc. C'est précisément pour le contrecarrer qu'un Mouvement flamand se constitua assez vite. De nature romantico-culturelle au départ, il finit par acquérir une dimension sociale et politique.
La grande majorité des francophones ignore à quel point ce mouvement a dû lutter pour arracher les premières lois linguistiques et faire en sorte que la Flandre puisse se faire entendre sur l'échiquier politique. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours de "l'unité belge, cimentée par l'emploi de la langue française." A ses yeux, le flamand était la langue des servantes et des valets.
Tout cela laissera des traces durables et contribuera à engendrer un fort sentiment national flamand. L'identité flamande passera au premier plan. En 1973, Manu Ruys sous-titrait son livre "Les Flamands": "Un peuple en mouvement, une nation en devenir."
Aujourd'hui, cette nation existe bel et bien, comme le stipule d'ailleurs le préambule de la "Charte pour la Flandre", présentée en 2012 par le Gouvernement flamand.
Il n'y a pas d'équivalent chez les Wallons qui, majoritairement, se sentent Belges avant tout.
Tel est le drame auquel est confronté ce Royaume et que François Perin a parfaitement résumé : "Il n'y a pas place, dans ce petit pays pour deux nations : la belge, si tant est qu'elle ait jamais existé, et la flamande."
Force est aujourd'hui de constater que les six réformes institutionnelles qui ont été effectuées depuis 1970, n'ont pas contribué à engendrer la cohabitation sereine et paisible des deux grandes communautés. Chaque dossier (survol de Bruxelles, construction d'un stade national, immigration,...) est sujet à controverses et palabres sans fin. S'ajoute à cela le fossé béant entre la Flandre et la Wallonie sur le plan économique.
Michel Henrion souligne l'intérêt qu'il porte à sa région, la Wallonie. Mais lui qui fut le porte-parole de Guy Spitaels, n'ignore pas que, depuis la mise sur pied officielle de la régionalisation en 1980, la ministre-présidence wallonne fut confiée, de façon quasi ininterrompue, au PS. Difficile, donc, de nier l'influence prépondérante que ce parti a eue sur la gestion des affaires. Et force est de constater que cette gestion ne s'est pas révélée efficace. La Flandre, en revanche, doit sa prospérité à une politique marquée clairement à droite. Grâce au dynamisme de ses PME, elle parvient ainsi à réaliser plus de 80% des exportations belges.
Les résultats des dernières élections communales et provinciales n'ont fait que confirmer le diagnostic de Bart De Wever : "La Flandre et la Wallonie constituent deux démocraties. Le confédéralisme s'impose donc, afin que chacun puisse être financièrement responsable de ses propres choix politiques."
On peut comprendre ce raisonnement après avoir pris connaissance du dernier classement Eurostat concernant le PIB des régions de l'Union européenne. On constate, en effet, que la Flandre se situe à 120, l'indice de comparaison étant fixé à 100. Pour la Wallonie, par contre, la situation reste inquiétante, avec un indice de 85.
Jusqu'ici la Wallonie a pu bénéficier des transferts financiers en provenance de Flandre, soit quelque 7 milliards d'euros par an, mais on sait que ceux-ci sont amenés à s'éteindre progressivement.
L'actuelle coalition wallonne MR-CDH, en place depuis un an et demi, s'efforce de remédier à une gestion qui, durant près de 35 ans, a consisté à vivre largement au-dessus de ses moyens. Un an et demi, cela ne suffit évidemment pas pour renverser la situation. Mais une chose est sûre : si la Wallonie, livrée à elle-même, devait être gouvernée, au lendemain des élections régionale du 26 mai 2019, par la coalition "progressiste" qu'Elio Di Rupo appelle de ses voeux, on n'ose imagine dans quel pétrin budgétaire elle se trouverait ! Et cette évolution ne manquerait évidemment pas de compliquer, voire de rendre impossible, la formation d'un nouveau gouvernement belge.
EN 2019, LA BELGIQUE POURRAIT DONC, TRÈS RAPIDEMENT, ÊTRE MISE ÉCHEC ET MAT.
Michel Henrion s'en prend violemment aux nationalistes flamands. Mais le nationalisme flamand ne concerne pas que la N-VA et le Vlaams Belang, crédités ensemble de 40,2% d'intentions de vote, selon le dernier sondage "Nieuwsblad". Comme l'a bien précisé l'ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : "Il y a toujours eu, en Flandre, deux forts courants : la démocratie chrétienne et le nationalisme flamand démocratique. Ensemble, ils représentent un sentiment très majoritaire en Flandre. Ils sont complémentaires."
Il convient d'ailleurs de rappeler ici que c'est le ministre-président flamand CVP Luc Van den Brande, qui lança, au début des années 90, l'idée confédéraliste, expliquant : "Mais collègues de l'exécutif flamand, socialistes compris, se rallient à mes déclarations sur le confédéralisme." Et le Parlement flamand se prononça dans ce sens en 1999.
C'est aussi l'actuel président du CD&V, Wouter Beke, qui, en 2007, déclara au journal québécois "Le Devoir" : "Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l'entend. Si les francophones n'acceptent pas de lâcher du lest, nous n'aurons pas d'autre choix que l'indépendance." On ne peut être plus clair !
Bart De Wever ne fait donc que s'inscrire logiquement dans la ligne du Mouvement flamand, qui, au fil des décennies, a gagné sur toute la ligne, les "demandeurs de rien" francophones finissant toujours par céder.
En 2019, la Belgique pourrait donc, très rapidement, être mise échec et mat.
Quant à Michel Henrion, il devrait relire l'interview-testament de son mentor Guy Spitaels : "Il (Bart De Wever) m'intéresse. Parce qu'il est intelligent et rusé. Son discours - que les francophones ne veulent pas entendre - est très clair. C'est un superbe manoeuvrier. (...) Très, très habile. Il est très fort intellectuellement et l'ennemi des bobos !"
(1) Derniers livres parus : François Perin - Biographie, Editions Le Cri, 2015, et Un Testament wallon - Les vérités dérangeantes, Mon Petit Editeur, 2016


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN MARCHE VERS LE CONFEDERALISME?

Pardon lecteur fidèle de tourner encore une fois ce disque rayé. Je viens de relire L’Incurable Mal belge sous le scalpel de François Perin, préface de Xavier Mabille, président du Crisp, Wavre : Mols, 2007. Le diagnostic de François Perin sur la mort annoncée de la Belgique n'a pas pris une ride, au contraire il se confirme d'année en année. Il s'avère en effet que la mise en place dune structure confédérale se rapproche de plus en plus.  Reste à régler le problème de l'avenir de Bruxelles. mais ça , c'est une autre histoire. Nous aurons d'excellentes occasions d'y revenir.
MG


samedi 5 janvier 2019

Bart De Wever, une certaine idée du pigeon

Nicolas De Decker
Journaliste Le Vif/L'Express

Lorsque le vieux monde se meurt, que le nouveau monde tarde à paraître et que dans ce clair-obscur surgissent les monstres, deux morales s'affrontent jusqu'à ce que la nouvelle dépasse l'ancienne, jusqu'à ce que la culture littéraire marque le pas contre celle des panneaux Facebook et, enfin, qu'une race d'hommes politiques succède à une autre.
A ce jeu d'échecs de l'ancien contre le nouveau, Charles Michel et Bart De Wever ont récemment disputé une partie aux manières de grand renversement moral, où l'ancien, d'ailleurs, prend des airs de moderne tandis que le nouveau se donne des prétentions de classique. Ainsi de cette analogie de la politique comme un grand échiquier. Toute la vie de Charles Michel, comme le joueur d'échecs de Zweig, l'a contraint à une excellence stratégique qui en fait un praticien opiniâtre de coups brillants. Son excellence, bien sûr, le mène parfois à des tentatives à la licéité contestable.
Mais qui ne vise jamais qu'un but régulier : piquer le roi de l'adversaire, fût-ce en déplaçant des pièces en cachette, en tapant sous la table les tibias d'en face, en soudoyant les arbitres ou en simulant un malaise momentané. Lorsque Charles Michel décide, contre toute logique institutionnelle, de roquer, entre gouvernement et Parlement, le lieu de validation du pacte de Marrakech, lorsqu'il annonce, contre toute logique formelle, vouloir y faire un tour à titre personnel, ou lorsqu'il renonce, contre toute logique institutionnelle, à demander la confiance à la Chambre avant d'entamer une nouvelle partie, Charles Michel triche. Mais aucun de ses déplacements, ni les angles dingues de ses cavaliers ni les diagonales voilées de ses fous, ne le dévie d'un but légitime, pensait-il admis par tous les participants : continuer à diriger ce pays comme il le dirigeait depuis quatre ans et demi, en piquant le roi de l'opposition de gauche avec l'appui de la N-VA.
Bart De Wever, ce n'est pas vraiment ce stratège, ni ce législateur, ni ce censeur, ni ce philosophe.
Mais la N-VA n'est pas un participant ordinaire, et son président non plus. Bart De Wever, cet homme dont Theo Francken dit qu'il joue aux échecs avec cinq coups d'avance, ce stratège qui se prétend oint d'une patine d'antique, ce législateur qui fait croire qu'il a lu Burke et que ce sont les autres qui sont contre les Lumières, ce censeur qui s'allie avec des socialistes qu'il avait établis en ennemis absolus, ce philosophe qui jette au contemporain inattentif une érudition qui n'est que tartarinade, cet homme, Bart De Wever, joue en fait aux échecs comme dans une citation pour panneaux Facebook. Car Bart De Wever, ce n'est pas vraiment ce stratège, ni ce législateur, ni ce censeur, ni ce philosophe. Bart De Wever, c'est ce pigeon sur cet échiquier dont l'adversaire cherche à comprendre la tactique, mais qui va renverser toutes les pièces d'un coup de bec arrogant, se percher sur le crâne opposé et y déposer une fiente méprisante. Parce que Bart De Wever, il s'en fout s'il casse tout, s'il perd toutes ses pièces, si le roi est en échec, si l'échiquier se renverse, si son adversaire se met à rigoler et si son partenaire se met à pleurer. Les autres, même les plus fins, même les plus tricheurs, ne s'en foutent pas. Alors, eux, ils perdent à tous les coups et, à la fin, il y a de la fiente qui tache leur beau costume bleu foncé.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA DÉMOCRATIE EST ELLE UN GRAND ÉCHIQUIER?

Nous avons laissé entendre dans un précédent commentaire que Bart De Wever pourrait être tenté de jouer sa prochaine partie d'échecs avec un adversaire surprise: Elio Di Rupo. La métaphore de la politique comme jeu d'échec est reprise dans l'article  signé De Decker.  Soit. Mais si nos grands politiciens et  présidents de partis pratiquent volontiers  entre eux le jeux d'échecs, il ne faut pas s'étonner que le peuple des électeurs et des abstentionnistes optent pour un autre jeu, celui de gilets jaunes lequel se pratique non pas sur échiquier dans les salons feutrés du parlement et autres antichambres confortables du pouvoir -cabinet ministériels, scabinaux , châteaux du Stuyvenberg, d'Egmont et autres Val Duchesse- mais dans la rue et sur les ronds points routiers. Certes les gilets jaunes sont nés en France mais ils développent  des métastases partout en Europe et singulièrement à Wallobrux. Tous ceux qui ont prédit leur essoufflement se sont assurément trompés.
Risquons l'hypothèse que le mouvement ne cessera de croître jusqu'aux élections européennes de mai 2019 que Macron regarde comme un moment fort de sa politique et qui risque bien d'être un point de non retour au royaume de Belgique en route vers le confédéralisme. Surtout, ces gilets jaunes pourraient transformer les élections européennes en cauchemar pour les europhiles et les eurocrates.
MG


Les «gilets jaunes» veulent «montrer que le mouvement n'est pas fini»
Figaro 

Plusieurs figures des «gilets jaunes» appellent à une nouvelle mobilisation ce samedi à Paris et en région. Ils dénoncent une répression des pouvoirs publics et rejettent le débat national proposé par le président Emmanuel Macron.
(...)Mercredi soir, l'arrestation très commentée d'Éric Drouet, une des figures emblématiques du mouvement, a réactivé la mobilisation et donné de l'élan à certains «gilets jaunes» qui ont appelé à manifester samedi afin de lancer «l'acte VIII».
Jeudi, le groupe Facebook «La France en colère», l'un des plus suivis parmi les «gilets jaunes» et animé par le controversé Éric Drouet, a donné rendez-vous à Paris, place de l'Hôtel de ville à 14 heures pour marcher ensuite vers l'Assemblée nationale. Le cortège doit notamment passer par l'Île de la Cité, Saint-Michel et le musée d'Orsay. Une lettre ouverte de quatre pages adressée à Emmanuel Macron et déjà diffusée sur les réseaux sociaux y sera lue pour répondre «aux vœux du président», annonce sur son compte Facebook Priscillia Ludosky, autre figure du mouvement. Dans cette missive, les «gilets jaunes» de «La France en colère» rejettent le grand débat national proposé par l'exécutif et demandent la nomination d'une «personnalité respectable pour commencer les discussions (...) autour de la reprise de la souveraineté du peuple».

vendredi 4 janvier 2019

De Wever est persuadé que Di Rupo veut redevenir Premier ministre


FRÉDÉRIC CHARDON
La Libre

Petite question : aux yeux de Bart De Wever, quel est l’événement politique le plus marquant de la fin de l’année dernière ? Le départ de la N-VA du gouvernement ? Bof… Non, le président des nationalistes flamands pense à tout autre chose. Il s’agit en fait d’un bref passage d’Elio Di Rupo – en néerlandais – sur une chaîne du nord du pays. “Le fait le plus important de la fin 2018, à titre personnel, c’est d’avoir vu qu’Elio faisait son retour sur à la télévision flamande”, explique Bart De Wever dans une grande interview accordée fin décembre au site d’infos en ligne Newsmonkey.
En quoi ce passage éclair est-il si important ? Le président de la N-VA ironise : “Cet homme (Elio Di Rupo) a fait une tentative afin de parler une langue apparentée au néerlandais. Cela en dit beaucoup sur son état d’esprit : cet homme veut redevenir Premier ministre. Lui seul sait ce qu’il se passe dans sa tête. Ce n’est pas un grand polyglotte (mais)  il est extrêmement intelligent. La stratégie qu’il a préparée, il est le seul à la connaître. Mais je vois des choses remarquables : Monsieur Magnette est à la radio le matin et appelle à l’instauration d’un cordon sanitaire autour de la N-VA. Au même moment, Elio Di Rupo est sur une autre radio et dit qu’il n’exclut pas que le PS doive chercher un accord avec la N-VA (après les élections de mai, NdlR). Je trouve cela étrange.”
CONFÉDÉRALISME
Traduction : Bart De Wever pense qu’il sera possible de négocier une réforme de l’État avec le PS après les prochaines élections, pour peu qu’Elio Di Rupo puisse s’installer à nouveau au 16, rue de la Loi. D’ailleurs, le président des nationalistes ne le cache pas, il veut mettre le confédéralisme sur la table. “Nous sommes confrontés à un gouvernement fédéral qui n’a de majorité nulle part (ni du côté des partis flamands, ni du côté des partis francophones). Cela devient problématique pour tout le monde. Le confédéralisme est le seul moyen de résoudre ce problème structurellement.”
Mais Bart De Wever surestime peut-être un peu ce qu’Elio Di Rupo est prêt à sacrifier pour redevenir Premier ministre. Dans L’Écho, un peu avant Noël, le président du PS a justement déclaré que son parti “ne négociera pas le confédéralisme”…


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COMME C'EST ETRANGE! 

Les sondages donnent le PS gagnant en Wallonie et la NVA en Flandre. De Wever vient de conclure une alliance totalement inattendue avec la SPa Anvers et Di Rupo a pris le contre-pied de Paul Magnette qui a cru bon de jeter l'anathème sur la NVA. Curieusement, hormis la Libre, aucun journal du sud ou du nord ne relaye cette info.
Et le MR? Il semble s'être mis hors jeu pour un bon bout de temps. Et les verts? Oui en effet, quid des verts qui montent et ne cessent de grimper dans les sondages?
Elle vaut donc son pesant de pétards ou de boules de Noël.
La politique belge est décidément un jeu d'échec auquel excellent aussi bien   l'homme d'Anvers que l'homme de Mons.
Il n'ya aurait au lendemain du dimanche 19 que deux manières de sortir de l'impasse. Soit une union sacrée de tous contre la N-VA soit, ce qui paraît totalement improbable une alliance PS/NVA pour négocier le passage au confédéralisme. On imagine que dans cette folle et improbable hypothèse, Di Rupo exigerai de considérables compensations financières pour la Wallonie.
Le problème des bons joueurs d'échecs-Elio et Bart sont des maître- c'est qu'ils sont capables d'imaginer les neuf prochains coups quand nous pauvres observateurs ne voyons pas plus loin que le prochain mouvement qui se prépare. 


BART DE WEVER PRÊT À QUITTER L’HÔTEL DE VILLE D’ANVERS «POUR TRAVAILLER AU CONFÉDÉRALISME»!
Publié le Vendredi 4 Mai 2018
Par Belga Sudinfo
Afin de mener le basculement vers le confédéralisme, « ils peuvent sans problèmes me retirer de l’hôtel de ville », a affirmé vendredi soir le président de la N-VA Bart DeWever sur le plateau de l’émission Terzake sur la VRT.
Premier ministre un jour ? « Je ne peux rien exclure ! »
Bart De Wever répondait à la question de savoir si un membre de la N-VA pouvait un jour devenir Premier ministre. « Je ne peux rien exclure. Si nous sommes confrontés à une montée de la gauche en Wallonie, je pense que nous devrons le plus vite possible mener le basculement vers le confédéralisme. S’il est nécessaire que je prenne le leadership pour mener ce processus, ils peuvent sans problème me retirer temporairement de l’hôtel de ville pour ce faire », a-t-il répondu. « Mais cela n’est qu’une hypothèse et je ne veux rien anticiper. Je peux avoir une influence sur ce qui sortira des urnes en 2019 au nord, pas au sud. »



mercredi 2 janvier 2019

Molenbeek: la bourgmestre Catherine Moureaux réagit aux échauffourées de la nuit du réveillon

La Libre

ELLE PLAIDE POUR UNE ACTION QUI DÉPASSERAIT L'ÉCHELON LOCAL.
La bourgmestre de la commune Catherine Moureaux a fait valoir mardi la nécessité que "les pouvoirs publics prennent attitude pour garantir au mieux la sécurité des citoyens à l'occasion des prochains réveillons". Elle réagissait ainsi aux troubles survenus dans la nuit du passage en 2019 sur la place des Etangs noirs et à l'incendie qui a endommagé trois voitures et deux façades rue Ribaucourt à Molenbeek-Saint-Jean, . Catherine Moureaux entend "mettre tout en œuvre" pour qu'il n'y ait "aucun sentiment d'impunité chez les auteurs de ces dégradations". Elle remercie également les forces de police et les pompiers pour leur tâche particulièrement difficile à l'occasion de l'an neuf.
Lors des échauffourées sur la place des Etangs noirs, quatre véhicules de police et deux auto-pompes ont en effet été caillassés. Quatre policiers ont également été légèrement blessés lors de ces incidents. Plusieurs commerces ont été dégradés.
Relevant que ce type de heurts s'est répété dans différentes communes de la région bruxelloise, la bourgmestre plaide pour une action dépassant l'échelon local. "Devant la récurrence d'incidents dans les circonstances des fêtes de fin d'année, dans la commune (molenbeekoise, NDLR) et ailleurs, il me semble essentiel que les pouvoirs publics prennent attitude pour garantir au mieux la sécurité des citoyens à l'occasion des prochains réveillons. Je vais saisir le Collège de police en ce sens".
Les services de la commune se tiennent à la disposition des citoyens et commerçants molenbeekois ayant subi des dégradations. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MAL QUI VIENT ET L' IVRESSE EXTATIQUE DE LA DESTRUCTION 
 
Pauvre petite Catherine. Il lui reste à se forger un prénom et une cuirasse pour faire face aux flèches de violence qui ne manqueront pas  de pleuvoir sur la commune de feu son père aux larges épaules.
La violence éclate partout. Elle se déchaîne gratuitement au moindre prétexte et se prépare à tout envahir d'une manière qu'on ne saurait  prévoir ni définir autrement que de radicale.
Pourquoi? Avant la fin des temps, prophétise Pierre Henri Castel, les derniers hommes vont s’en donner à cœur joie pour tirer un maximum de profit du peu temps qu’il leur reste et se livrer à ce qu’il appelle une « ivresse extatique de la destruction » : « plus la fin sera certaine, donc proche, plus la dernière jouissance qui nous restera sera la jouissance du Mal ». Ce « Mal qui vient », ce mal radical ce n’est donc pas tant celui de la fin des temps que celui du temps qui la précédera, comme dans un Jardin des délices où tout devient permis. Et au diable les générations futures qui n’existeront pas ou seront encore pires !"
Il paraît qu'André Cools, qui mourut assassiné, avait l'habitude de dire que le pire finit par arriver. Marguerite Yourcenar qui n'était guère une humoriste se réclamait de son "pessimisme radical".
J'ai relu au cours de ces sombres journées le "monde d'avant" de Zweig qui mourut désespéré par suicide en exil en  1942 pour fuir les persécutions nazies. C'est un livre poignant qui décrit le naufrage de l'empire austro hongrois contemporain de celui du Titanic. Et maintenant, qu’allons-nous faire  se demandait déjà le grand Nietzsche prophète du nihilisme en marche.
MG


FACE AU TEMPS QUI NOUS RESTE, FAUT-IL S’APITOYER OU BIEN JOUIR ?  se demande le philosophe et psychanalyste Pierre-Henri Castel. 

ÊTES-VOUS PRÊTS POUR LA FIN DU MONDE ? Pour le savoir, lisez sans tarder cet essai vigoureux. Faute de vous rassurer, il vous fera voir autrement ce dont il faut avoir peur. Et justement pas de la fin du monde, puisque celle-ci est aussi certaine que l’est, pour l’individu, l’évidence qu’il va mourir. l’apocalypse est pour bientôt, ceci n’est plus ni une hypothèse, ni une inquiétude diffuse, c’est une certitude scientifiquement établie. Dans quelques siècles, un millénaire, peu importe la date, la catastrophe écologique se produira, notre monde va s’effondrer et l’humanité disparaître. Jusque-là, le constat n’est guère nouveau. Là où Pierre-Henri Castel tranche, c’est par les conséquences qu’il en tire. La plupart des Cassandre qui ont réfléchi sur la catastrophe finale l’ont fait sur le ton de la mise en garde, comme pour tenter de préserver ce qui peut encore l’être, comme pour conjurer un destin qui pourrait encore être infléchi grâce à un sens de la responsabilité salvateur. Le philosophe Jean-Pierre Dupuy, par exemple, s’interroge sur les raisons de notre inertie complaisante face à la catastrophe à venir, qui s’apparente à un déni de réalité. Bruno Latour, lui, notamment dans "Où atterrir ? "(La Découverte, 2018), a plutôt cherché à désigner les coupables et invité à la prise de conscience politique contre l’égoïsme des élites indifférentes au bien commun.
L’analyse est ici autrement plus cinglante, à moins qu’elle ne soit plus lucide. Selon Castel, le caractère de plus en plus évidemment inéluctable de la fin de l’humanité en modifie la signification : après tout, pourquoi ne pas profiter à fond des ultimes ressources qui nous restent puisqu’il est déjà trop tard pour les sauver ? N’est-ce pas notre dernière chance de jouir de ce monde, quitte à en précipiter la fin ?
Le Mal à venir relèverait du plus grand cynisme s’il n’était pas placé sous le patronage d’une épigraphe signée de Freud et qui prévient : « ceci est spéculation […], une tentative pour exploiter de façon conséquente une idée, avec la curiosité de voir où cela mènera ». Alors, anticipation factuelle ou simple avertissement visant à bousculer nos naïvetés ? Comme l’idée de l’éternel retour chez Nietzsche, cet ouvrage a valeur de test révélateur : et maintenant, qu’allons-nous faire ?
La fin du monde et de l’humanité est certaine, mais aussi inévitable quoi que nous fassions désormais et, surtout, elle est proche. Proche, mais pas imminente. Autrement dit, il ne faut pas simplement penser la fin des temps, mais les temps de la fin, ce qui exige de se souvenir et d’anticiper : de voir venir et, en voyant venir, de prendre conscience.
RÉSUMÉ
Ce bref essai procède d'une idée à première vue insupportable : le temps est passé où nous pouvions espérer, par une sorte de dernier sursaut collectif, empêcher l'anéantissement prochain de notre monde. Le temps commence donc où la fin de l'humanité est devenue tout à fait certaine dans un horizon historique assez bref - autrement dit quelques siècles. Que s'ensuit-il ? Ceci, d'également insupportable à concevoir : jouir en hâte de tout détruire va devenir non seulement de plus en plus tentant (que reste-t-il d'autre si tout est perdu ? ), mais même de plus en plus raisonnable.
La tentation du pire, à certains égards, anime d'ores et déjà ceux qui savent que nous vivons les temps de la fin. Sous ce jour crépusculaire, le Mal, la violence et le sens de la vie changent de valeur et de contenu. Le  temps n'est plus où nous pouvions encore espérer, dans un sursaut collectif salutaire, empêcher l'anéantissement de notre monde ; le temps commence, par conséquent, où sa fin est devenue certaine dans un horizon proche – « proche » voulant dire ici « historique », par contraste avec les fins du monde d'origine cosmique ou astronomique. Pour dramatiser cette idée, je pose ainsi en prémisse qu'entre le dernier homme et moi, il s'écoulera moins de temps qu'entre moi et, par exemple, Christophe Colomb.
Peut-être est-il temps d'envisager qu'à mesure que la fin des temps deviendra plus certaine, sa férocité se déchaînera, et surtout, deviendra l'unique source de jouissance disponible, le dernier affect à donner aux survivants le sentiment de la vie. Il va de soi que ce moment de bascule sera celui où les temps de la fin, ce que nous vivons, seront devenus pour de bon la fin des temps, dans une accélération extatique.
Enfin, en troisième lieu, je m'interroge sur le genre de « bien » susceptible de s'opposer au Mal qui vient, et qui nous promet, selon le mot fameux de Günther Anders, une « apocalypse sans royaume ».
Pourquoi des sociétés officiellement de plus en plus rationalistes, laïques, dotées d'un fort coefficient de réflexivité historique, ne peuvent pas du tout éliminer un certain rapport au mal ? 
 

DES ÉCHAUFFOURÉES À VERVIERS DURANT LA NUIT DU RÉVEILLON: UNE FÊTE ENTRE 50 ET 100 JEUNES DÉGÉNÈRE
La police est intervenue en nombre durant la nuit du réveillon dans le quartier de Hodimont, indique mardi la Meuse Verviers sur son site internet.
Entre 50 et 100 jeunes s'étaient réunis entre les rues Saucy et de Hodimont où ils ont, dans un premier temps fait la fête, en lançant quelques pétards. Par la suite, ils ont allumé des brasiers sur un rond-point et sur la voirie. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
À VERVIERS À MOLENBEEK ET DANS LES BANLIEUES FRANÇAISES. 

"C’est curieux, c’est comme si les gens en avaient assez de la paix." lâcha François De Smet tandis que l’actualité suivait son nouveau chemin pavé de mauvaises intentions, semé de noirs desseins. Mais quand donc ce sentiment de la fatalité du mal s’est-il emparé de nous, cette idée que nous ne pourrions éviter le retour des jours sombres, à nous et à nos enfants ? "(B. Delvaux)

Et que fait le gouvernement: il interdit les pétards et la vente de fusées de feu d'artifice. Je renverrai donc une fois de plus à la lucidité de Béatrice Delvaux pour conclure.

«ET MAINTENANT, 2019»: ET NOUS, CE SERA QUOI, NOTRE NEW DEAL?    
L’édito de Béatrice Delvaux.(Le Soir)

C’est curieux, c’est comme si les gens en avaient assez de la paix. »
Le philosophe François De Smet a tweeté soudain cette phrase. Un jour où Trump éructait ? Où Salvini insultait ? Où les gilets jaunes cassaient ? Où des députés hongrois se rebellaient ? Où Bolsonaro, le nouveau Dieu brésilien, invectivait ? Où le monde/l’Europe/la Belgique se déchirait ?
Un de ces jours en tout cas où l’actualité suivait son nouveau chemin pavé de mauvaises intentions, semé de noirs desseins. Mais quand donc ce sentiment de la fatalité du mal s’est-il emparé de nous, cette idée que nous ne pourrions éviter le retour des jours sombres, à nous et à nos enfants ?
« Et si le pire était de nouveau possible  ? », cette idée nous hante désormais. La phrase est d’ailleurs de plus en plus souvent énoncée publiquement. En un an, nous nous surprenons à nous être « habitués » à ce que l’on dise et fasse ce qui nous paraissait autrefois impensable. « Nous sommes en manque cruel d’autorités, avertissait Gabriel Ringlet récemment en se référant à l’origine du mot augere, nous avons besoin de gens qui nous élargissent, nous portent plus loin, nous ouvrent des horizons alors qu’aujourd’hui nous débordons d’autoritaristes qui nous réduisent, à la Trump. »
Il y a deux façons de voir l’année qui s’ouvre. Soit on croit au pire, on est paralysés, on se met aux abris et on sombre avec lui. Soit on veut combattre, changer le cours des choses et maintenir l’humanité plus d’une fois et plus que pour la galerie, du bon côté de l’histoire.
« Un sursaut est indispensable », disait Gabriel Ringlet. Un sursaut ? Dans une chronique récente, le journaliste Jean-Paul Marthoz rappelait que dans les années 30, alors que l’Europe succombait à Mussolini, Franco, Hitler et Pétain, le président Roosevelt préserva les Etats-Unis des totalitarismes avec son New Deal, « une forme américaine de libéralisme qui défendait autant la justice sociale que la liberté ».
Et nous, ce sera quoi, notre New Deal ?
C’est la seule question qui importe désormais. Qui va en prendre l’initiative ? Avec quels ingrédients ? Le « fond de sauce » de l’après-guerre peut être réactivé : « Justice sociale et liberté "
Emmanuel Todd évoque ainsi dans nos colonnes la nécessaire « nouvelle négociation entre les élites et le populisme », le besoin de « se retrouver en tant que nation » dans un concert multilatéral, la difficulté d’opérer ce recentrage national en maintenant « le meccano européen ».
On peut ne pas être d’accord avec ses solutions (moins d’Europe et plus de nation), mais on doit arrêter de disputer son constat : le besoin identitaire est là, comme celui d’une politique qui produise des solutions. « Les gens ne veulent pas de l’argent mais des services – des trains à l’heure, des services de gardiennage efficace, une école qui performe », nous dit ainsi très justement la politologue Catherine Xhardez. Aussi simple que cela ? Peut-être bien, en fait. Le monde politique, non populiste, non extrémiste, doit se mettre en chemin et oser être cette voix discordante qui refuse ce nouveau mantra selon lequel la solution à tous nos maux passe par la damnation de l’« autre ».
« Nos élus vont devoir rendre des comptes comme ils ne l’ont jamais fait », assène Catherine Xhardez, qui ajoute : « Les élections ne résoudront pas tout. » Il ne suffira en effet pas en 2019 de gagner un scrutin belge ou européen pour afficher « mission accomplie ». Il va falloir cesser de nier le ressenti inégalitaire, arrêter de croire que la politique est impuissante et retrousser les manches sur la durée.
L’exemple est venu l’an dernier de citoyens qui n’attendent plus la becquée, de la Plateforme citoyenne aux 75.000 marcheurs pour le climat : nous ne voulons plus du monde comme il s’annonce, c’est simple, changeons-le !