mercredi 2 janvier 2019

Molenbeek: la bourgmestre Catherine Moureaux réagit aux échauffourées de la nuit du réveillon

La Libre

ELLE PLAIDE POUR UNE ACTION QUI DÉPASSERAIT L'ÉCHELON LOCAL.
La bourgmestre de la commune Catherine Moureaux a fait valoir mardi la nécessité que "les pouvoirs publics prennent attitude pour garantir au mieux la sécurité des citoyens à l'occasion des prochains réveillons". Elle réagissait ainsi aux troubles survenus dans la nuit du passage en 2019 sur la place des Etangs noirs et à l'incendie qui a endommagé trois voitures et deux façades rue Ribaucourt à Molenbeek-Saint-Jean, . Catherine Moureaux entend "mettre tout en œuvre" pour qu'il n'y ait "aucun sentiment d'impunité chez les auteurs de ces dégradations". Elle remercie également les forces de police et les pompiers pour leur tâche particulièrement difficile à l'occasion de l'an neuf.
Lors des échauffourées sur la place des Etangs noirs, quatre véhicules de police et deux auto-pompes ont en effet été caillassés. Quatre policiers ont également été légèrement blessés lors de ces incidents. Plusieurs commerces ont été dégradés.
Relevant que ce type de heurts s'est répété dans différentes communes de la région bruxelloise, la bourgmestre plaide pour une action dépassant l'échelon local. "Devant la récurrence d'incidents dans les circonstances des fêtes de fin d'année, dans la commune (molenbeekoise, NDLR) et ailleurs, il me semble essentiel que les pouvoirs publics prennent attitude pour garantir au mieux la sécurité des citoyens à l'occasion des prochains réveillons. Je vais saisir le Collège de police en ce sens".
Les services de la commune se tiennent à la disposition des citoyens et commerçants molenbeekois ayant subi des dégradations. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MAL QUI VIENT ET L' IVRESSE EXTATIQUE DE LA DESTRUCTION 
 
Pauvre petite Catherine. Il lui reste à se forger un prénom et une cuirasse pour faire face aux flèches de violence qui ne manqueront pas  de pleuvoir sur la commune de feu son père aux larges épaules.
La violence éclate partout. Elle se déchaîne gratuitement au moindre prétexte et se prépare à tout envahir d'une manière qu'on ne saurait  prévoir ni définir autrement que de radicale.
Pourquoi? Avant la fin des temps, prophétise Pierre Henri Castel, les derniers hommes vont s’en donner à cœur joie pour tirer un maximum de profit du peu temps qu’il leur reste et se livrer à ce qu’il appelle une « ivresse extatique de la destruction » : « plus la fin sera certaine, donc proche, plus la dernière jouissance qui nous restera sera la jouissance du Mal ». Ce « Mal qui vient », ce mal radical ce n’est donc pas tant celui de la fin des temps que celui du temps qui la précédera, comme dans un Jardin des délices où tout devient permis. Et au diable les générations futures qui n’existeront pas ou seront encore pires !"
Il paraît qu'André Cools, qui mourut assassiné, avait l'habitude de dire que le pire finit par arriver. Marguerite Yourcenar qui n'était guère une humoriste se réclamait de son "pessimisme radical".
J'ai relu au cours de ces sombres journées le "monde d'avant" de Zweig qui mourut désespéré par suicide en exil en  1942 pour fuir les persécutions nazies. C'est un livre poignant qui décrit le naufrage de l'empire austro hongrois contemporain de celui du Titanic. Et maintenant, qu’allons-nous faire  se demandait déjà le grand Nietzsche prophète du nihilisme en marche.
MG


FACE AU TEMPS QUI NOUS RESTE, FAUT-IL S’APITOYER OU BIEN JOUIR ?  se demande le philosophe et psychanalyste Pierre-Henri Castel. 

ÊTES-VOUS PRÊTS POUR LA FIN DU MONDE ? Pour le savoir, lisez sans tarder cet essai vigoureux. Faute de vous rassurer, il vous fera voir autrement ce dont il faut avoir peur. Et justement pas de la fin du monde, puisque celle-ci est aussi certaine que l’est, pour l’individu, l’évidence qu’il va mourir. l’apocalypse est pour bientôt, ceci n’est plus ni une hypothèse, ni une inquiétude diffuse, c’est une certitude scientifiquement établie. Dans quelques siècles, un millénaire, peu importe la date, la catastrophe écologique se produira, notre monde va s’effondrer et l’humanité disparaître. Jusque-là, le constat n’est guère nouveau. Là où Pierre-Henri Castel tranche, c’est par les conséquences qu’il en tire. La plupart des Cassandre qui ont réfléchi sur la catastrophe finale l’ont fait sur le ton de la mise en garde, comme pour tenter de préserver ce qui peut encore l’être, comme pour conjurer un destin qui pourrait encore être infléchi grâce à un sens de la responsabilité salvateur. Le philosophe Jean-Pierre Dupuy, par exemple, s’interroge sur les raisons de notre inertie complaisante face à la catastrophe à venir, qui s’apparente à un déni de réalité. Bruno Latour, lui, notamment dans "Où atterrir ? "(La Découverte, 2018), a plutôt cherché à désigner les coupables et invité à la prise de conscience politique contre l’égoïsme des élites indifférentes au bien commun.
L’analyse est ici autrement plus cinglante, à moins qu’elle ne soit plus lucide. Selon Castel, le caractère de plus en plus évidemment inéluctable de la fin de l’humanité en modifie la signification : après tout, pourquoi ne pas profiter à fond des ultimes ressources qui nous restent puisqu’il est déjà trop tard pour les sauver ? N’est-ce pas notre dernière chance de jouir de ce monde, quitte à en précipiter la fin ?
Le Mal à venir relèverait du plus grand cynisme s’il n’était pas placé sous le patronage d’une épigraphe signée de Freud et qui prévient : « ceci est spéculation […], une tentative pour exploiter de façon conséquente une idée, avec la curiosité de voir où cela mènera ». Alors, anticipation factuelle ou simple avertissement visant à bousculer nos naïvetés ? Comme l’idée de l’éternel retour chez Nietzsche, cet ouvrage a valeur de test révélateur : et maintenant, qu’allons-nous faire ?
La fin du monde et de l’humanité est certaine, mais aussi inévitable quoi que nous fassions désormais et, surtout, elle est proche. Proche, mais pas imminente. Autrement dit, il ne faut pas simplement penser la fin des temps, mais les temps de la fin, ce qui exige de se souvenir et d’anticiper : de voir venir et, en voyant venir, de prendre conscience.
RÉSUMÉ
Ce bref essai procède d'une idée à première vue insupportable : le temps est passé où nous pouvions espérer, par une sorte de dernier sursaut collectif, empêcher l'anéantissement prochain de notre monde. Le temps commence donc où la fin de l'humanité est devenue tout à fait certaine dans un horizon historique assez bref - autrement dit quelques siècles. Que s'ensuit-il ? Ceci, d'également insupportable à concevoir : jouir en hâte de tout détruire va devenir non seulement de plus en plus tentant (que reste-t-il d'autre si tout est perdu ? ), mais même de plus en plus raisonnable.
La tentation du pire, à certains égards, anime d'ores et déjà ceux qui savent que nous vivons les temps de la fin. Sous ce jour crépusculaire, le Mal, la violence et le sens de la vie changent de valeur et de contenu. Le  temps n'est plus où nous pouvions encore espérer, dans un sursaut collectif salutaire, empêcher l'anéantissement de notre monde ; le temps commence, par conséquent, où sa fin est devenue certaine dans un horizon proche – « proche » voulant dire ici « historique », par contraste avec les fins du monde d'origine cosmique ou astronomique. Pour dramatiser cette idée, je pose ainsi en prémisse qu'entre le dernier homme et moi, il s'écoulera moins de temps qu'entre moi et, par exemple, Christophe Colomb.
Peut-être est-il temps d'envisager qu'à mesure que la fin des temps deviendra plus certaine, sa férocité se déchaînera, et surtout, deviendra l'unique source de jouissance disponible, le dernier affect à donner aux survivants le sentiment de la vie. Il va de soi que ce moment de bascule sera celui où les temps de la fin, ce que nous vivons, seront devenus pour de bon la fin des temps, dans une accélération extatique.
Enfin, en troisième lieu, je m'interroge sur le genre de « bien » susceptible de s'opposer au Mal qui vient, et qui nous promet, selon le mot fameux de Günther Anders, une « apocalypse sans royaume ».
Pourquoi des sociétés officiellement de plus en plus rationalistes, laïques, dotées d'un fort coefficient de réflexivité historique, ne peuvent pas du tout éliminer un certain rapport au mal ? 
 

DES ÉCHAUFFOURÉES À VERVIERS DURANT LA NUIT DU RÉVEILLON: UNE FÊTE ENTRE 50 ET 100 JEUNES DÉGÉNÈRE
La police est intervenue en nombre durant la nuit du réveillon dans le quartier de Hodimont, indique mardi la Meuse Verviers sur son site internet.
Entre 50 et 100 jeunes s'étaient réunis entre les rues Saucy et de Hodimont où ils ont, dans un premier temps fait la fête, en lançant quelques pétards. Par la suite, ils ont allumé des brasiers sur un rond-point et sur la voirie. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
À VERVIERS À MOLENBEEK ET DANS LES BANLIEUES FRANÇAISES. 

"C’est curieux, c’est comme si les gens en avaient assez de la paix." lâcha François De Smet tandis que l’actualité suivait son nouveau chemin pavé de mauvaises intentions, semé de noirs desseins. Mais quand donc ce sentiment de la fatalité du mal s’est-il emparé de nous, cette idée que nous ne pourrions éviter le retour des jours sombres, à nous et à nos enfants ? "(B. Delvaux)

Et que fait le gouvernement: il interdit les pétards et la vente de fusées de feu d'artifice. Je renverrai donc une fois de plus à la lucidité de Béatrice Delvaux pour conclure.

«ET MAINTENANT, 2019»: ET NOUS, CE SERA QUOI, NOTRE NEW DEAL?    
L’édito de Béatrice Delvaux.(Le Soir)

C’est curieux, c’est comme si les gens en avaient assez de la paix. »
Le philosophe François De Smet a tweeté soudain cette phrase. Un jour où Trump éructait ? Où Salvini insultait ? Où les gilets jaunes cassaient ? Où des députés hongrois se rebellaient ? Où Bolsonaro, le nouveau Dieu brésilien, invectivait ? Où le monde/l’Europe/la Belgique se déchirait ?
Un de ces jours en tout cas où l’actualité suivait son nouveau chemin pavé de mauvaises intentions, semé de noirs desseins. Mais quand donc ce sentiment de la fatalité du mal s’est-il emparé de nous, cette idée que nous ne pourrions éviter le retour des jours sombres, à nous et à nos enfants ?
« Et si le pire était de nouveau possible  ? », cette idée nous hante désormais. La phrase est d’ailleurs de plus en plus souvent énoncée publiquement. En un an, nous nous surprenons à nous être « habitués » à ce que l’on dise et fasse ce qui nous paraissait autrefois impensable. « Nous sommes en manque cruel d’autorités, avertissait Gabriel Ringlet récemment en se référant à l’origine du mot augere, nous avons besoin de gens qui nous élargissent, nous portent plus loin, nous ouvrent des horizons alors qu’aujourd’hui nous débordons d’autoritaristes qui nous réduisent, à la Trump. »
Il y a deux façons de voir l’année qui s’ouvre. Soit on croit au pire, on est paralysés, on se met aux abris et on sombre avec lui. Soit on veut combattre, changer le cours des choses et maintenir l’humanité plus d’une fois et plus que pour la galerie, du bon côté de l’histoire.
« Un sursaut est indispensable », disait Gabriel Ringlet. Un sursaut ? Dans une chronique récente, le journaliste Jean-Paul Marthoz rappelait que dans les années 30, alors que l’Europe succombait à Mussolini, Franco, Hitler et Pétain, le président Roosevelt préserva les Etats-Unis des totalitarismes avec son New Deal, « une forme américaine de libéralisme qui défendait autant la justice sociale que la liberté ».
Et nous, ce sera quoi, notre New Deal ?
C’est la seule question qui importe désormais. Qui va en prendre l’initiative ? Avec quels ingrédients ? Le « fond de sauce » de l’après-guerre peut être réactivé : « Justice sociale et liberté "
Emmanuel Todd évoque ainsi dans nos colonnes la nécessaire « nouvelle négociation entre les élites et le populisme », le besoin de « se retrouver en tant que nation » dans un concert multilatéral, la difficulté d’opérer ce recentrage national en maintenant « le meccano européen ».
On peut ne pas être d’accord avec ses solutions (moins d’Europe et plus de nation), mais on doit arrêter de disputer son constat : le besoin identitaire est là, comme celui d’une politique qui produise des solutions. « Les gens ne veulent pas de l’argent mais des services – des trains à l’heure, des services de gardiennage efficace, une école qui performe », nous dit ainsi très justement la politologue Catherine Xhardez. Aussi simple que cela ? Peut-être bien, en fait. Le monde politique, non populiste, non extrémiste, doit se mettre en chemin et oser être cette voix discordante qui refuse ce nouveau mantra selon lequel la solution à tous nos maux passe par la damnation de l’« autre ».
« Nos élus vont devoir rendre des comptes comme ils ne l’ont jamais fait », assène Catherine Xhardez, qui ajoute : « Les élections ne résoudront pas tout. » Il ne suffira en effet pas en 2019 de gagner un scrutin belge ou européen pour afficher « mission accomplie ». Il va falloir cesser de nier le ressenti inégalitaire, arrêter de croire que la politique est impuissante et retrousser les manches sur la durée.
L’exemple est venu l’an dernier de citoyens qui n’attendent plus la becquée, de la Plateforme citoyenne aux 75.000 marcheurs pour le climat : nous ne voulons plus du monde comme il s’annonce, c’est simple, changeons-le !


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