mercredi 27 février 2019

Alain Destexhe quitte le MR et crée un nouveau parti de droite: "L'islam nous pose un défi considérable"

 FRÉDÉRIC CHARDON La Libre Belgique

Alain Destexhe a longtemps vécu à la marge de sa formation politique, le MR. Il voulait la faire glisser vers la droite, en particulier sur le plan de l’immigration, créer en interne un courant libéral-conservateur. Quelques lignes ont bougé sous son influence, mais ce n’est pas assez. Alain Destexhe l’annonce officiellement : il quitte la maison libérale. Il lance une formation politique qui répond, provisoirement, à son nom : "Listes Destexhe".
Vous créez votre propre parti. Est-ce par déception de ne pas avoir été choisi comme tête de liste à Bruxelles pour les régionales ?
"Non, ce n’est pas comme cela que je vois les choses. Les citoyens wallons et bruxellois ne se reconnaissent plus dans l’offre politique actuelle sur l’immigration, la bonne gouvernance, le nucléaire, les dépenses publiques… J’estime que les prises de position récentes du MR ne permettent plus au courant de centre droit et de droite classique d’être représenté en Belgique francophone. Voilà tout le sens de ma démarche."
POUVEZ-VOUS PRÉCISER CETTE DÉMARCHE, JUSTEMENT ?
Je présente des listes sous le nom et le logo "Listes Destexhe", à Bruxelles, en Wallonie et pour les élections européennes. C’est l’objectif. Pourquoi ce nom ? Car nous sommes à un mois du dépôt des listes et le délai est extrêmement court. On n’a pas le temps de se faire connaître d’ici là. Ce nouveau parti n’a pas vocation à conserver le nom de Destexhe après le 26 mai. Absolument pas. Je ne serai peut-être pas le président de cette nouvelle formation, d’ailleurs. Ce parti sera très démocratique. (...) 


DEUX JEUNES MR FLINGUENT MICHEL ET REYNDERS : "IL N’Y A RIEN DE PLUS AFFLIGEANT", SELON LUCAS DUCARME
J. LGG. 
Leur sortie n'est pas passée inaperçue. Deux jeunes élus du MR, Aymeric de Lamotte (Woluwe-Saint-Pierre) et Victoria de Vigneral (Saint-Gilles), ont affirmé être pris d'un "malaise" concernant la désignation de Charles Michel comme président du MR sans élection interne. Ils se disent "choqués" par cette "combine politicienne".
Les deux jeunes libéraux ont également reproché à Didier Reynders son "cynisme de joueur solitaire". L'actuel ministre fédéral espère devenir secrétaire général du Conseil de l'Europe. Il se présentera malgré tout comme tête de liste à la Chambre lors des élections de mai pour s'assurer un poste de député au cas où il échouerait au Conseil de l'Europe. Pour Aymeric de Lamotte et Victoria de Vigneral, Reynders "considère la politique nationale comme un plan B ou une bouée de sauvetage".
Ces attaques, Lucas Ducarme ne les a pas du tout goûtées. Le président du MR de Koekelberg trouve qu’"il n’y a rien de plus affligeant, d’autant venant de personnes de ma génération, de voir si peu d’honneur politique frappant ainsi son propre mouvement".
A LaLibre.be, M. Ducarme a tenu à préciser que le timing de cette sortie semblait particulièrement mal choisi. "Alors que nous finalisons le travail sur le fond à tous les niveaux du MR et que nous avons le déploiement des personnalités dont nous avons besoin avec Charles Michel, Didier Reynders, Françoise Schepmans et Olivier Chastel, l’heure est aux échanges, aux propositions de fond et pas à autre chose."
Le Koekelbergeois a encore estimé que "le moment est au rassemblement, au concret et à la présentation de nos solutions libérales et réformatrices notamment sur l’urgence, en matière d’enseignement, d’emploi, de formation professionnelle, de sécurité et d’intégration pour notre Région bruxelloise, qui est gérée depuis 15 ans par la gauche". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN CRÉNEAU À RECONQUÉRIR

 Il y a désormais nécessité renverser la vapeur et surtout la table chez les libéraux. Il ne faut pas être dans le secret des dieux pour observer que ce parti aux abois est travaillé par des tendances antagonistes. Où donc sont passés les libéraux dont le coeur penchait en faveur d'une conception plutôt socio libérale en contraste avec l'élan ultra conservatisme revanchard qu'incarnent Alain Destexhe et les siens et qui entendaient infléchir le parti vers un élan droitier inspiré par le radicalisme de la NVA. Ca y est ils annoncent leur vraie douleur et s'en vont fonder leur propre parti. Mischaël Modrikamen leur la main, une perche... Il serait urgent, en effet, de lancer un message d'espoir aux libéraux progressistes qui ne savent plus à quel saint se vouer et qui attendent qu'une voix déterminée s'élève pour défendre l'héritage de Louis Michel. dont Maingain revendique le dépôt et dont Gosuin veut faire un mouvement. Il s'agit d'un formidable créneau à reconquérir et à occuper. Chaque journée et chaque heure comptent désormais pour relever ce grand défi. Surtout il importe, de mettre sur pied une stratégie offensive sur le réseaux sociaux notamment en faveur de l'interculturel, de l'intergénérationnel et aussi et surtout d'un islam éclairé à profil éthique. Da pain sur la planche. Défi l'a parfaitement compris. MG


DESTEXHE QUITTE LE MR: MODRIKAMEN APPELLE «À L’UNION DES DROITES»

Le député bruxellois et sénateur MR Alain Destexhe annonce officiellement son départ de la maison libérale. Il lance un nouveau parti baptisé provisoirement « Liste Destexhe » en vue des élections du 26 mai prochain. Une sorte de « N-VA francophone ». par David Coppi Le Vif Fondateur et leader du Parti populaire, Mischaël Modrikamen réagit à l’annonce d’Alain Destexhe, et lance un appel l’union… « Je tends la main à Alain Destexhe. La dispersion des listes, les gens ne comprendraient pas. C’est l’heure de l’union des droites ! » Mischaël Modrikamen s’adresse à Alain Destexhe, et lance un appel l’unité à droite à Bruxelles et en Wallonie… D’abord, si vous le permettez tout cela montre qu’il y a de sérieux problèmes au MR. Beaucoup de gens, et de cadres, ne pardonneront pas au MR d’avoir signé le Pacte de Marrakech et d’avoir provoqué la chute du gouvernement sur cette question. Ajoutez à cela le possible départ de Didier Reynders, qui est déjà démonétisé, et je dirais que les Michel pourraient faire les frais d’une lourde défaite dans trois mois. Ceci encore : dans le débat sur le climat, un Bouchez attaque Ecolo en disant que son programme coûtera 25 milliards, et pendant ce temps, un Crucke veut créer une banque climat dotée de 2.500 milliards ! On est en plein dans les contradictions. La réalité, c’est qu’après les cortèges et une certaine hystérie sur ce sujet, le MR court après je ne sais quoi un peu comme une poule sans tête. Donc, c’est ce MR-là qu’Alain Destexhe a pris la décision de quitter.
AVEC LEQUEL VOUS AVEZ DES CONVERGENCES, VOUS AVEZ EU DES CONTACTS CES DERNIERS TEMPS…
En effet. Il y a des convergences importantes, sur le maintien du nucléaire, sur la réduction des dépenses publiques, sur le frein ou le stop à l’immigration, même s’il y a des nuances entre nous. Et certaines différences, par exemple sur l’Europe : nous sommes eurosceptiques, pour notre part.
QUE DÉDUISEZ-VOUS DE TOUT CELA ? ALAIN DESTEXHE VEUT LANCER SON PARTI, SEMBLE-T-IL…
 Alain Destexhe est connu à Bruxelles, il l’est beaucoup moins en Wallonie, et nous sommes à un petit mois du dépôt des listes électorales et des signatures définitives pour prendre part aux élections… C’est très court, cela demande une grosse logistique, on ne se rend pas compte, on ne peut pas faire cela de bric et de broc. En face, nous, avec le Parti populaire, nous avons 5000 membres, 140 sections locales, 90.000 personnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux, nos listes sont quasiment prêtes, nous avons un numéro national… Vous m’aurez compris : les gens attendent une vraie et forte offre politique de droite à Bruxelles et en Wallonie, ils ne veulent pas des querelles entre ego, et la dispersion peut mener à la défaite pour tous. Ne tombons pas dans la désunion. Je tends la main à Alain Destexhe. Nous allons chercher un électorat plus populaire, qui vient du MR comme du PS, lui peut parler à un électorat qui vient de la droite du MR, nous pouvons unir nos forces. En formant un seul parti. Ou bien un cartel. La formule, nous verrons. L’essentiel, pour les gens, c’est l’union des droites !
S’IL REPOUSSE L’OFFRE ?
Je l’ai dit, nous sommes prêts, nous avons nos militants, nos listes, nous avancerons sereinement. Mais, je le répète, les électeurs attendent l’unité à droite.




mardi 26 février 2019

Pourquoi Bruxelles est de plus en plus attractive pour les entrepreneurs


Les entrepreneurs bruxellois sont de moins en moins nombreux à envisager de quitter la capitale, selon le dernier baromètre politique bisannuel de Beci, la chambre du commerce régionale, publié ce vendredi.
À la question de la délocalisation, ils répondent ainsi "non" à plus de 60 % - score le plus élevé depuis 2013. Et s'ils devaient quitter la ville, ce serait de toute manière pour rester en Belgique.
Concernant la situation politique, la confiance des entrepreneurs s'effondre vis-à-vis du gouvernement fédéral, passant de 38 à 25% de "confiants ou très confiants". La chute de la coalition suédoise semble être passée par là, en déduit Beci.
La mobilité reste largement en tête de leurs priorités, devant la simplification administrative et la baisse de la fiscalité. Incluse pour la première fois dans les thèmes proposés aux sondés, la transformation digitale pointe d'emblée à la 5e place, avec 18,5% des réponses, ce qui témoigne certainement d'une réelle préoccupation, analyse la chambre du commerce.
Beci relève également que l'idée d'une taxe kilométrique intelligente fait peu à peu son chemin. Entre juillet 2017 et janvier 2019, le camp des "intéressés" est ainsi passé de 38 à 48%. Dans le même temps, une telle proposition n'est plus jugée "inacceptable" que par 37% de l'audience, contre 47% il y a dix-huit mois.
Enfin, l'étranger n'a plus la cote pour les entrepreneurs qui envisageraient de quitter Bruxelles: 12,8% seulement y songent, un score historiquement faible, selon l'organisation. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ESPRIT CRITIQUE 

Ne dit-on pas que le discernement est la qualité essentielle qu'il convient d'éduquer à l'école chez nos future citoyens. Si j'étais instituteur ou prof d'actualité je soumettrais ces deux articles à mes élèves sans le moindre commentaire à charge pour eux de me donner leur avis critique.
A vous de tirer chers lecteurs vos propres conclusions.
MG

LE SIÈGE CENTRAL DE DELHAIZE QUITTE MOLENBEEK : CATHERINE MOUREAUX RÉAGIT 

J. LGG.  La Libre Belgique

Le siège central de Delhaize est implanté à Molenbeek-Saint-Jean depuis 1883. Le distributeur a cependant annoncé ce lundi qu'il comptait le déménager vers Zellik à l’horizon de 2020.

"Je regrette infiniment le départ de Delhaize, un monument industriel et historique de Molenbeek", a réagi Catherine Moureaux, la bourgmestre de la commune bruxelloise. L'élue affirme cependant "comprendre les raisons de rationalisation d’organisation qui motivent ce déménagement".
Qu'adviendra-t-il du site de 37.000 m² ? Catherine Moureaux l'ignore encore mais elle affirme son souhait de "voir maintenue dans la commune une mixité de fonctions, entre le logement et l’économie, portée par le petit commerce et les grandes entreprises".
"Une information très inquiétante"
D'après Gaëtan Van Goidsenhoven, "c'est une information très inquiétante". Le député MR a ajouté qu'après la déclaration d'intention de Léonidas de quitter également la Région bruxelloise, "cette nouvelle est plus que préoccupante. C'est un signal d'alarme ! Ce déménagement aura des incidences néfastes non seulement sur l'économie de notre Région mais aussi sur l'emploi".
Le député libéral a annoncé par voie de communiqué qu'il posera ce vendredi une question d’actualité au gouvernement bruxellois "afin d'en savoir plus et surtout afin de comprendre ce que compte faire le gouvernement pour endiguer ces départs d'activités économiques importantes dans notre Région". Pour le député libéral, "c'est un ensemble de facteurs qui pousse les entreprises à quitter Bruxelles : mobilité paralysée, fiscalité impossible et lourdeurs administratives, entre autres".

lundi 25 février 2019

Au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron livre sa vision européenneLe président français lance un appel aux Etats membres de l’Union pour faire bloc face aux autres grandes puissances mondiales.


Par Laurence Girard Le Monde 

L’agriculture, et non la ruralité. La dimension européenne, et non française. C’est le cahier des charges que s’est fixé Emmanuel Macron pour le discours qu’il a choisi de prononcer à l’ouverture du Salon international de l’agriculture, samedi 23 février, à Paris, porte de Versailles. Le président de la République a décidé de livrer sa vision de l’agriculture européenne devant une audience de 500 personnes, dont des jeunes agriculteurs venus des pays membres. Alors que le futur de la politique agricole commune (PAC) est en pleine négociation et que se profilent les élections européennes.
Le locataire de l’Elysée veut d’abord lancer un appel aux autres pays européens. Sans manquer de rappeler, en préambule, que les Vingt-Huit forment la première puissance agricole mondiale et que la France est leader de ce groupe. Ce qui lui donne une légitimité pour exprimer son projet. Il souhaite qu’ils fassent bloc, qu’ils soient partenaires plutôt que concurrents. Une nécessité, selon lui, face aux autres grandes puissances qui ont fait de l’agriculture un enjeu stratégique, à l’exemple des Etats-Unis, de la Chine ou de la Russie. Au point que le pays de Vladimir Poutine est devenu, par exemple, le premier exportateur mondial de blé.
POUR LE CHEF DE L’ETAT, LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE DOIT PERMETTRE À L’EUROPE DE RETROUVER SA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
Pour M. Macron, la PAC doit permettre à l’Europe de retrouver sa souveraineté alimentaire, y compris l’autonomie de ses approvisionnements en alimentation animale, dépendante à 70 % de soja transgénique américain. Un taux de dépendance qui est de 40 % en France. (...) 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MACRON TENTE DE REBONDIR MAIS LA SITUATION EST DEVENUE CRITIQUE EN FRANCE  ET EN EUROPE 

"Les millions de contributions au grand débat prouvent que la demande de participation résiste. Encore faut-il qu’il débouche sur un nouvel élan pour une démocratie aujourd’hui épuisée."
On lira avec intérêt et bénéfice la superbe analyse de Alain Duhamel qui décortique et synthétise comme personne la formidable crise démocratique que traverse l'Europe en ce moment.
Alain Juppé maire de Bordeaux démissionnaire: ,«l’esprit public est devenu délétère» et «la vie publique est difficile à vivre et lourde à porter». Quel aveu d'impuissance de la part de ce vieux briscard de la politique qui tire sa révérence pour rejoindre le Conseil Constitutionnel.
"La libération de la parole, notamment à travers les réseaux sociaux, déclenche une violence verbale qu’on ne peut comparer qu’aux insultes des ligues d’extrême droite durant les années 30. Elle débouche désormais, avec le mouvement de gilets jaunes, sur des agressions contre les permanences et même contre le domicile privé des députés de la majorité. La vie privée des élus est devenue une cible banale. Les dirigeants des partis sont méprisés, l’antiparlementarisme atteint des sommets, comme à l’époque du boulangisme. C’est en réalité la démocratie représentative qui est aujourd’hui mise en cause."
"L’image du monde politique est désastreuse et reflète de la part des citoyens un rejet inimaginable il y a une génération. La libération de la parole, notamment à travers les réseaux sociaux, déclenche une violence verbale qu’on ne peut comparer qu’aux insultes des ligues d’extrême droite durant les années 30."

Il s'agit d'un texte majeur qui mérite qu'on le médite avec attention et qu'on prenne toute la mesure de la gravité de la crise qui menace notre société dans ses fondements les plus essentiels.
Il ne s'agit pas d'un nouveau mai 68, ni d'un retour aux années trente,  ni d'un remake de 1789. Mais, si on n'y prend garde, il pourrait très bien s'agir d'un début de guerre civile comme on n'en avait jamais vu, "la guerre de tous contre" tous que prédisait Hobbes dans son Léviathan.
Hereby it is manifest, that during the time men live without a common Power to keep them all in awe, they are in that Condition which is called Warre; and such warre, as is of every man, against every man. [...] In such a condition there is no place for Industry; because the fruit thereof is uncertain: and consequently no Culture of the Earth; no Navigation, nor use of the commodities that may be imported by Sea; no commodious Building; no Instruments of moving, and removing as require much force; no Knowledge of the face of the Earth; no account of Time; no Arts; no Letters; no Society, and which is worst of all, continuall feare, and danger of violent death; And the life of Man, solitary, poore, nasty, brutish, and short.
« On constate ici que, aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun pour les maintenir tous dans la crainte, ils se trouvent dans l'état qu'on appelle guerre ; et qu'aussi cela se tient en une guerre de tous les hommes contre tous les hommes […]. Dans une telle situation il n'y a pas de place pour une activité humaine ; car les fruits qu'il pourrait récolter, sont incertains: et par conséquent, il n'y a là aucune économie rurale, aucune navigation, aucune utilisation des objets de luxe qui doivent être introduits de l'extérieur ; pas de bâtiments commodes ; pas de machines, avec lesquelles de plus grands frets peuvent être déplacés ; pas de savoir sur la forme de la terre ; pas d'historiographie ; pas d'inventions humaines ; pas de sciences ; pas de société, et le pire, une crainte continuelle et le danger de mort violente ; et l'homme mène une existence solitaire, misérable, difficile, sauvage et brève. »
— Leviathan (1651), première partie, chapitre 13, §62



POUR MACRON, LES «GILETS JAUNES» TRADUISENT UN «GIGANTESQUE ÉCHEC COLLECTIF» 

• Par  Etienne Jacob 
 
LE SCAN POLITIQUE - Dans un entretien accordé début janvier aux journalistes auteurs du livre Le peuple et le président, publié jeudi, le chef de l'État revient sur la crise des «gilets jaunes», dont il admet avoir sous-estimé l'ampleur.
Emmanuel Macron fait son introspection. En pleine crise des «gilets jaunes», début janvier, le chef de l'État a accordé une longue interview aux journalistes de L'Obs et France Inter, Cécile Amar et Cyril Graziani, auteurs du livre Le peuple et le président(Plon, 2019). Cet ouvrage, paru jeudi, retrace l'explosion de la crise, de la prise de parole de Jacline Mouraud aux diverses manifestations à travers divers témoignages. Dans cet entretien, le locataire de l'Élysée admet avoir sous-estimé le mouvement des «gilets jaunes», en y voyant une mobilisation «plus faible que la plus petite mobilisation contre la réforme de la SNCF». «C'est un gigantesque échec collectif, j'en prends ma part. Mais j'ai encore trois ans pour changer cela», confie-t-il.

«QUI M'A SOUTENU PENDANT LA CRISE DES “GILETS JAUNES” ? PERSONNE»
Sud Ouest
Cette erreur d'appréciation commencerait le 23 novembre, lorsque le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, tente d'organiser une visite du président sur un rond-point pour discuter avec les «gilets jaunes». Mais celui-ci annule. «Ça aurait seulement affaibli l'exécutif», justifie-t-il a posteriori. «Beaucoup de gens avaient honte de leur vie, de ne pas parvenir à s'en sortir malgré leurs efforts. C'est nous qui devons avoir honte», dit-il.
«ILS ME TUERONT PEUT-ÊTRE D'UNE BALLE, MAIS JAMAIS D'AUTRE CHOSE»
«Gens qui ne sont rien», «gaulois réfractaire»... Emmanuel Macron revient également sur ses «petits phrases». «En même temps qu'on endosse cette part de régalien, on ne peut plus parler aux gens comme quand on est candidat», estime-t-il. «La part de vérité, peut-être de désinvolture, de caractère direct avec laquelle je m'exprimais devant les Français, quand j'allais au-devant d'eux pendant la campagne, j'ai gardé la même comme président. (...) Ça a été perçu comme une forme d'humiliation», décrypte le chef de l'État.

Le président de la République fait aussi part de sa solitude face à ces manifestations. «Qui m'a soutenu pendant la crise des “gilets jaunes”? Personne. C'est le peuple français qui m'a choisi, pas la République des partis. Je lui dois tout. Si j'échoue, j'aurai échoué pour lui et avec lui. Jamais contre lui», disserte-t-il. Mais pour lui, pas question de faiblir: «Ils me tueront peut-être d'une balle, mais jamais d'autre chose», dit-il à ses proches. 


LE PURGATOIRE DU POLITIQUE
Par Alain Duhamel — Libération 

Les millions de contributions au grand débat prouvent que la demande de participation résiste. Encore faut-il qu’il débouche sur un nouvel élan pour une démocratie aujourd’hui épuisée.
Le cri du cœur d’Alain Juppé s’exclamant devant les caméras, à l’instant d’abandonner son mandat de maire de Bordeaux, «l’esprit public est devenu délétère» et «la vie publique est difficile à vivre et lourde à porter», ce cri du cœur est malheureusement fondé. La politique française est entrée dans une phase de purgatoire et la vie des élus traverse plus de ronces et d’épines qu’elle ne rencontre de roses et de lauriers. L’image du monde politique est désastreuse et reflète de la part des citoyens un rejet inimaginable il y a une génération. La libération de la parole, notamment à travers les réseaux sociaux, déclenche une violence verbale qu’on ne peut comparer qu’aux insultes des ligues d’extrême droite durant les années 30. Elle débouche désormais, avec le mouvement de gilets jaunes, sur des agressions contre les permanences et même contre le domicile privé des députés de la majorité. La vie privée des élus est devenue une cible banale. Les dirigeants des partis sont méprisés, l’antiparlementarisme atteint des sommets, comme à l’époque du boulangisme. C’est en réalité la démocratie représentative qui est aujourd’hui mise en cause.
Il y a beaucoup d’injustice dans cette vague de colère et de vindicte. On taxe les élus de corruption, alors que l’immense majorité d’entre eux n’a aucune raison d’être mise en cause. On dénonce violemment leurs privilèges, alors que ceux-ci ont été sensiblement réduits avec la fin du cumul des mandats, la banalisation de leurs retraites et un contrôle très accru sur l’utilisation de leurs indemnités. Jamais leurs privilèges n’ont été rabotés et vérifiés à ce point, alors que jamais la fragilité de leurs mandats n’a été aussi grande. Les démagogues, le thème revient sans cesse dans les débats comme sur les ronds-points, s’émeuvent du niveau de leurs indemnités. A responsabilité comparable, la plupart d’entre eux gagneraient plus d’argent dans le secteur privé. La République, elle, n’aurait rien à espérer de l’abaissement du niveau de ses élus ou de ses ministres. En fait, l’anti-élitisme actuel témoigne plus de l’effondrement de la qualité du débat que de l’affaissement de la qualité des élus. Les injures, les ostracismes qui tiennent lieu d’arguments interrogent davantage sur le niveau des interpellateurs que sur celui des interpellés.
Est-ce à dire qu’élus et dirigeants n’ont rien à se reprocher ? Evidemment non. S’il y a rupture psychologique entre les gouvernants et les gouvernés, c’est avant tout parce que les alternances successives, quasi automatiques depuis 1981, n’ont débouché que sur de rares rémissions et ont connu beaucoup d’échecs. Le taux de chômage français, le déficit budgétaire, l’endettement public nous placent en piteuse posture parmi des pays européens qui ont mis en œuvre les réformes que les gouvernements français n’ont pas osées et que les électeurs français n’ont pas voulues. Une politique de redressement a besoin de durée et d’énergie. Celle-ci a été rare, celle-là quasi introuvable. Le sentiment d’échec qui en est né a fusionné avec la crise d’identité qui ronge toute une Europe qui se voit menacée de déclassement. En France, la crainte obsessionnelle du déclin, une antique caractéristique nationale, et l’impression que le modèle social s’effrite et s’enlise (il est le plus protecteur de toutes les grandes puissances) ont ainsi débouché sur une diabolisation du personnel politique. Abstention croissante, extrémisations continues, dégagisme brutal, l’antipolitisme atteint aujourd’hui des sommets.
La peur, l’amertume, la haine ont balayé la confiance et détruit l’espérance. Emmanuel Macron a reconnu lui-même l’échec de la réconciliation du peuple et de ses dirigeants. Ce que révèle le mouvement des gilets jaunes, c’est avant tout l’épuisement de l’action publique, l’enracinement du sentiment d’abandon, une demande sociale teintée d’un esprit de revanche qui déferle en une vague d’ostracisme contre les politiques, contre la politique. C’est bien une crise de la démocratie. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Eric Drouet figurent les quatre évangélistes d’un mascaret antisystème et antipolitique.
Les bons débuts du grand débat, avec bientôt un million de contributions et déjà plus de 8 000 réunions programmées prouvent certes que la demande de participation démocratique existe et résiste, que les propositions de réformes affluent, qu’il subsiste un appétit de projet collectif, une nostalgie de l’espérance face aux fractures de la haine et aux tentations de la violence. Encore faut-il que le grand débat débouche sur un nouvel élan, sur un regain de confiance, cette énergie de la démocratie aujourd’hui épuisée. Ce n’est pas le quinquennat d’Emmanuel Macron qui est en jeu mais le purgatoire de la démocratie dont il faut sortir.


samedi 23 février 2019

Greta Thunberg aux hommes politiques : “On nettoie tout le bazar que vous avez mis”


SABINE VERHEST  La Libre Belgique 

Puisque le temps qui nous est imparti diminue, on a décidé d’agir. On a décidé de nettoyer tout le bazar que vous avez mis et on ne s’arrêtera pas avant d’avoir fini !" Greta Thunberg parle d’une voix fluette, mais elle a l’art de la formule et cette manière toute particulière de dire les choses avec franchise. L’adolescente suédoise, "plus que ravie d’être ici", dira-t-elle plus tard, a été invitée à se faire entendre, à Bruxelles, par le Comité économique et social européen. Dans son dos, à la tribune, le président de la Commission Jean-Claude Juncker écoute religieusement la jeune fille venue dire aux hommes politiques qu’ils n’étaient pas à la hauteur. Et qu’on n’avait "pas le temps d’attendre" que la jeune génération "grandisse pour que quelqu’un prenne les choses en main".
"Ce qu’elle dit, c’est très fort, réagit Adélaïde Charlier, initiatrice du mouvement en Belgique francophone. Elle n’a pas besoin de crier. Elle communique calmement pour faire passer le message et dire qu’on a peur." Calmement, donc, Greta Thunberg enfile les punchlines. "La plupart des dirigeants politiques ne veulent pas s’adresser à nous. Très bien. On ne veut pas non plus leur parler. Nous voulons qu’ils parlent aux scientifiques, qu’ils se conforment à l’accord de Paris et au rapport du Giec. Nous n’avons pas d’autres exigences." Ce n’est pas le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, toujours là où cela se passe, qui la démentira.
Or, ajoute la Suédoise, impassible, "quand les politiques parlent de la grève de l’école pour le climat, ils parlent de tout et n’importe quoi, sauf de la crise climatique. Beaucoup de personnes se demandent ce qu’on promeut, si l’on ne devrait pas retourner dans nos classes. Ils imaginent des conspirations, ils pensent que nous sommes des marionnettes incapables de penser par nous-mêmes. Ils changent de sujet, parce qu’ils savent qu’ils n’ont pas fait leur travail et que, nous, si". Autour de la Suédoise, les Belges Anuna De Wever, Adélaïde Charlier et d’autres, opinent.
"Si vous continuez à nous dire que nous gâchons le temps que nous devrions passer en classe, permettez-moi de répondre que nos dirigeants ont gaspillé des décennies dans le déni et l’inaction." Et "si vous pensez que nous devrions rester dans nos classes, nous vous suggérons de prendre notre place dans les rues. Faites grève. Ou rejoignez-nous, cela accélérera ainsi le processus, lance l’adolescente aux adultes qui l’écoutent. Nous dire que tout ira bien en continuant à ne rien faire du tout, ce n’est pas correct vis-à-vis de nous."
"J’espère que vous agirez", ajoutera-t-elle au président du Comité économique et social, Luca Jahier, lors d’une conférence de presse où l’on croisera même la princesse Esmeralda de Belgique. "Je sais que vous ne voulez pas laisser tomber les gens. Parler, c’est bien, mais si cela ne mène nulle part, ce n’est pas nécessaire", poursuit la Suédoise. L’Union européenne doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % d’ici à 2030 si elle veut vraiment "protéger l’avenir des enfants qui grandissent aujourd’hui".
Mais Greta Thunberg va plus loin dans sa réflexion. Car les politiques climatiques ne suffiront pas : "Il faut une nouvelle façon de penser, il faut réfléchir au système politique que vous avez mis sur pied, où tout ce qui importe, c’est d’arriver au pouvoir. Cela doit cesser, on doit arrêter d’entrer en concurrence les uns avec les autres, on doit coopérer, partager les ressources dont est dotée la planète de façon équitable." Sans cela, les dirigeants actuels resteront dans les mémoires comme responsables de "l’échec le plus retentissant de l’histoire". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RADICALISME BON ENFANT
"CETTE MANIÈRE TOUTE PARTICULIÈRE DE DIRE LES CHOSES AVEC FRANCHISE" 

On n'avait rarement entendu discours plus déterminé depuis le mahatma Gandhi. A quand les grèves de la faim de Greta? Cette jeune fille qui s'exprime dans un anglais d'une belle limpidité est d'une sidérante maturité. Elle parle peu mais ses paroles sobres et mesurées font mouche et parlent au coeur de la foule des jeunes  qui les ponctuent de. "Greta, Greta, Greta!"  Impressionnant!
A-t-on assez souligné que les égéries du climat sont des filles et qu'elles ont moins de vingt ans. La réaction de Juncker était tout simplement pathétique et parfaitement inadéquate.
C'est la première fois, je pense, dans l'histoire de l'humanité que des enfants font collectivement la leçon à nos dirigeants politiques en les déstabilisant. Macron a eu du nez en l'invitant àl'Elysée.
Il se passe qu'une gamine suédoise est en train de faire perdre la face à une classe politique usée jusqu'à la corde qui perd à vue d'oeil la confiance sinon des peuples du moins de la jeunesse. 
C'est de nature à souder un vaste mouvement dans l'Europe entière et peut être partout sur la planète. La preuve est faite que quand les ados parlent aux ados, leur message est au moins aussi efficace que celui de leurs enseignants et bien plus tonique que celui des hommes et des femmes politiques. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle n'en déplaise aux grincheux. Nous verrons le 15 mars si la jeunesse d'Europe et du monde répondra à l'appel de Greta.
MG 


GRÈVE MONDIALE POUR LE CLIMAT: ANUNA DE WEVER DÉPLORE LA POSITION DES SYNDICATS 

La FGTB et la CSC ont choisi de ne pas déposer de préavis de grève pour le 15 mars.
La figure de proue du mouvement Youth For Climate, Anuna De Wever, a regretté vendredi la décision des syndicats FGTB et CSC de ne pas déposer de préavis de grève pour le 15 mars, journée de mobilisation mondiale en faveur du climat.
«  Je trouve ça vraiment dommage. Cela n’a rien à voir avec les syndicats, mais avec le climat », a-t-elle souligné. Selon la jeune femme, les personnes qui ne participent pas à la mobilisation «  n’ont pas compris l’essence même du problème. Il s’agit de l’avenir de l’humanité ». Anuna De Wever n’entend pas prendre contact avec les syndicats. «  J’ai déjà fait connaître mon point de vue », a-t-elle dit.
Des milliers de jeunes sont à nouveau descendus dans les rues de Bruxelles ce jeudi pour exhorter les dirigeants à prendre des mesures climatiques ambitieuses. Au terme de la manifestation, Youth For Climate et d’autres collectifs ont appelé les syndicats à soutenir la grève du 15 mars en déposant un préavis qui permette au plus grand nombre de rejoindre les rangs des manifestants.
Si la CSC et la FGTB affirment soutenir la mobilisation, les syndicats n’ont toutefois pas l’intention d’accéder à la demande des jeunes. Les centrales professionnelles de la FGTB doivent, elles, se positionner dans les prochains jours. A ce stade, seule la centrale générale a annoncé qu’elle déposerait un préavis de grève. La CGSLB se dit également solidaire du mouvement, mais se range du côté de la CSC et de la FGTB.


jeudi 21 février 2019

Theo Francken porte plainte pour les dégâts occasionnés à sa voiture à Verviers


Plus de 200 personnes ont manifesté ce mardi soir contre la venue de Theo Francken à Verviers.
Theo Francken a déclaré ce mercredi matin sur Radio 1 qu’il déposera une plainte auprès de la police pour les dégâts occasionnés à sa voiture ce mardi soir à Verviers. L’ancien secrétaire d’État devait tenir une conférence à Verviers dans le cadre de la présentation de son livre « Continent sans frontière » mais une manifestation devant l’hôtel l’a contraint à annuler l’événement à la dernière minute.

Theo Francken
✔@FranckenTheo
Met de groeten van de PS en hun burgemeester-opruier @MurielTargnion

Parmi ces manifestants, la bourgmestre socialiste de Verviers, Muriel Targnion.
Interrogée par la RTBF, celle-ci déclare : « C’est un homme politique flamand par les Wallons, à raison, comme extrémiste ». Muriel Targnion a décidé de ne pas interdire la tenue de la conférence, estimant que Theo Francken avait le droit de s’exprimer, mais à rappeler le droit des Verviétois de manifester.
De son côté, Theo Francken s’est dit choqué de la présence de la bourgmestre parmi les manifestants. « J’ai vécu beaucoup de protestations depuis 5 ans et je suis habitué. Il n’y a pas de souci parce que la liberté d’expression, ça roule dans les deux sens : protester n’est pas un problème, mais c’est pas correct déontologiquement. Mais j’ai beaucoup de soucis et je me pose beaucoup de questions sur le fait que la bourgmestre qui est la responsable de la sécurité, de la police, de l’ordre public fait le choix d’un camp, celui des manifestants, contre moi. Je pense que ce n’est pas correct, on peut pas faire ça. Je n’ai jamais vécu ça », a-t-il expliqué.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAIN BÉNIT

Ces crétins se rendent-ils comptent de la publicité qu'ils lui font et qui, c'est sûr, va booster les ventes de son bouquin.
Franken est aux anges. On parle de lui dans la presse. C'est pain bénit pour lui. Il ne demande que cela.
Il va encore monter dans les sondages.
MG

mercredi 20 février 2019

Marches pour le climat: Greta Thunberg marchera à Bruxelles ce jeudi


Le Vif

La marche de ce jeudi 21 février aura un caractère particulier puisque la militante suédoise pour le climat, Greta Thunberg, se joindra à la jeunesse belge pour sillonner les rues bruxelloises. Plusieurs autres délégations européennes, rassemblant des jeunes, sont également attendues.
L'arrivée de Greta Thunberg, véritable source d'inspiration mondiale, va entraîner certains changements dans la programmation. La jeune fille, âgée de 16 ans, prononcera un discours devant le Comité économique et social européen à 10h45, en présence notamment de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
Du coup, le début de la marche est annoncé à 13 heures, soit 1h30 plus tard qu'habituellement.
Le parcours reste inchangé: les jeunes sont appelés à se réunir à la Gare du Nord, à proximité du boulevard Albert II, avant de s'élancer vers le coeur de la capitale et de gagner leur destination finale, la Gare du Midi.
A 17 heures, Greta Thunberg et les figures de proue du mouvement Youth for Climate, Adélaïde Charlier, Anuna De Wever et Kyra Gantois donneront une conférence de presse à la tour des Pensions.
Environ 11.000 jeunes avaient marché jeudi dernier pour le climat dans les rues de Bruxelles.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GÉNÉRATION CLIMAT

Il est certes agréable de savourer en février des températures printanières. Mais c'est terriblement préoccupant.  Quand je suis né, un 16 février, il y avait trente degrés de moins. Quand j'eus 20 ans je montai au créneau mai 68 comme toute ma génération. Ce n'est donc certainement pas moi qui jetterai la première pierre à Greta Thunberg, cette jeune fille suédoise au regard pétillant de malice et d'intelligence ou à Anuna De Wever et Kyra Gantois, les deux Flamandes à l'initiative du mouvement des jeunes pour le climat en Belgique. Ces filles magnifiques font un pied de nez magistral à ma génération et à toute la classe politique. Chapeau! Tout espoir de sauver la planète n'est pas tout à fait perdu.
MG


MARCHE POUR LE CLIMAT: ANUNA DE WEVER ET KYRA GANTOIS PRÉPARENT UN LIVRE
BELGA

Anuna De Wever et Kyra Gantois, les deux Flamandes à l'initiative du mouvement des jeunes pour le climat en Belgique, préparent un livre intitulé "Nous sommes le climat. Une lettre à tous".
Dans celui-ci, les jeunes militantes environnementales veulent, selon leurs propres dires, tendre la main aux politiciens et aux décideurs politiques ainsi qu'à leurs camarades et à tous les adultes, a annoncé mardi la maison d'édition De Bezige Bij, qui publiera l'ouvrage. Le livre de 64 pages, qui paraîtra le 8 mars, a été mis en musique par l'écrivain flamand Jeroen Olyslaegers. Il coûtera 8,99 euros.
La moitié des recettes engendrées par la publication sera reversée au collectif Youth for Climate, a fait savoir la maison d'édition.
Anuna, 17 ans, et Kyra, 19 ans, ont appelé en janvier les écoliers à brosser les cours tous les jeudis et à défiler dans la capitale afin de contraindre les décideurs politiques à prendre des mesures fortes en matière climatique.
La première mobilisation écologique, qui a eu lieu le 10 janvier dernier, a rassemblé quelque 3.000 étudiants. De semaine en semaine, les rangs de ce mouvement pour sauver la planète n'ont cessé de gonfler, pour atteindre le nombre record de 35.000 jeunes le 24 janvier. Aujourd'hui encore, la mobilisation continue d'attirer la foule avec en moyenne 10.000 jeunes engagés qui battent le pavé chaque jeudi à Bruxelles. Le rendez-vous hebdomadaire se décline par ailleurs dans d'autres villes du pays.
Les deux jeunes Belges ont l'une comme l'autre puisé leur inspiration de Greta Thunberg, devenue une icône de la lutte contre le réchauffement de la planète. La jeune Suédoise, originaire de Stockholm, a décidé, seule, de faire l'école buissonnière chaque vendredi afin de réclamer des actions contre le changement climatique. L'adolescente, toujours coiffée de ses deux tresses, passait sa journée assise devant le parlement suédois avec une pancarte en carton sur laquelle il était inscrit: "Grève scolaire pour le climat".

mardi 19 février 2019

Syrie: les Européens s'inquiètent des menaces voilées de Donald Trump

  Isabelle Lasserre  (Figaro)

Donald Trump veut que les Européens rapatrient leurs djihadistes prisonniers
Le président américain a appelé plusieurs pays européens à rapatrier leurs ressortissants djihadistes en Syrie. Cette demande arrive alors que les États-Unis doivent retirer 2000 soldats de la lutte contre Daech.
Le président américain appelle ses alliés à rapatrier leurs djihadistes, faute de quoi ils pourraient être libérés.
En général, le chaos sur le terrain se traduit par un désordre diplomatique dans les grandes enceintes internationales. Surtout s'il s'agit de la Syrie et du Moyen-Orient. L'édition 2019 de la conférence sur la sécurité de Munich n'aura pas échappé à cette règle. Loin d'avoir éclairci les esprits et dégagé des pistes pour l'avenir, la bataille finale en cours contre Daech met une nouvelle fois en lumière les antagonismes et la confusion qui règne entre les forces et les puissances engagées directement ou indirectement en Syrie.
L'annonce, faite en décembre par Donald Trump, du retrait prochain des troupes américaines de Syrie, où elles étaient la colonne vertébrale de la coalition internationale contre les djihadistes, a rebattu les cartes maintes fois tournées et retournées du Levant, semé le doute et l'inquiétude parmi les responsables et les diplomates.
Les alliés européens de l'Amérique n'ont pas caché leur incompréhension vis-à-vis de la stratégie américaine. «Je ne comprends pas: comment pouvez-vous avoir une attitude ferme contre l'Iran et vouloir quitter la Syrie» où grandit l'influence iranienne, s'est interrogé Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, face au sénateur Lindsey Graham. L'Iran a d'ailleurs été au cœur du discours prononcé par le vice-président américain, Mike Pence, qui le considère comme «le principal sponsor du terrorisme» dans le monde. «Le temps est venu pour nous d'agir», a-t-il affirmé, exhortant au passage les Européens à se retirer à leur tour de l'accord nucléaire! Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, lui a répondu le lendemain en déplorant que son pays soit devenu «la cible d'une obsession américaine».
LE SENTIMENT DE CONFUSION A ÉTÉ AGGRAVÉ PAR LES DÉCLARATIONS CONTRADICTOIRES DES RESPONSABLES AMÉRICAINS
Le sentiment de confusion a été aggravé par les déclarations contradictoires des responsables américains. «Nous changeons de tactique mais pas de stratégie au Moyen-Orient», a assuré Mike Pence, qui promet que les États-Unis maintiendront une présence militaire dans la région, qu'ils continueront à travailler avec leurs alliés pour lutter contre les djihadistes et empêcher qu'ils ne redressent la tête. La différence, selon lui, tient en une phrase: «Nous aborderons chaque nouveau défi les yeux ouverts. Nous voulons voir le monde tel qu'il est et pas tel que nous aimerions qu'il soit.»
Le lendemain, le représentant spécial des États-Unis en Syrie, l'ambassadeur James Franklin Jeffrey, a tenté de rassurer ses alliés inquiets en promettant que le retrait de Syrie ne serait pas «abrupt» mais «bien ordonné» et «progressif».
Mais au même moment, dans un tweet nocturne, Donald Trump a prié les Européens de rapatrier leurs djihadistes prisonniers en Syrie pour les juger à Paris, Berlin ou Londres. L'État islamique étant sur le point de perdre le dernier territoire de son califat, l'alternative, selon le président américain, serait de les voir se répandre dans le désordre en Europe… Ce dont bien sûr personne ne veut.
À part Angela Merkel, qui avec son discours sincère et inspiré a été saluée par une standing ovation, les responsables européens n'étaient guère en force pour apporter la contradiction à l'Administration américaine sur le sujet syrien ni pour dénoncer l'unilatéralisme américain. Avec le Brexit, les Britanniques ont perdu leur voix et leur énergie diplomatiques. Quant à Emmanuel Macron, pourtant engagé sur le dossier syrien et sur celui de l'Iran, il a annulé son déplacement à Munich pour demeurer sur la scène nationale.
ÉTALAGE DES DIVERGENCES
La conférence de Munich, au sein de laquelle les démocrates occidentaux ont longtemps dominé, s'adapte aux changements des rapports de force dans le monde et enregistre la percée de plus en plus forte des puissances émergentes ou non démocratiques.
Est-ce une bonne nouvelle pour la Syrie? Le nouvel envoyé spécial de l'ONU dans le pays, Geir O. Pedersen, voudrait croire que la nouvelle réalité sur le terrain permettra la réconciliation de toutes les parties. Mais entre les Turcs qui ne veulent pas quitter la Syrie, la Russie qui peine à imposer une solution politique, l'Iran qui pousse les murs du Levant, le régime de Damas qui croit toujours à la force, le sort de Bachar el-Assad qui continue à opposer les acteurs, le ministre de la Défense libanais, Elias Bou Saab, préfère parler d'une «bombe à retardement» pour la région. D'un panel à l'autre, d'une conférence à l'autre, les puissances qui se font la guerre par procuration au Levant - Russie, Turquie, Iran, États-Unis, pays du Golfe… - ont fait étalage de leurs divergences. Au lieu d'amener la paix, les changements sur le terrain - effacement occidental et fin du califat - pourraient au contraire raviver d'anciens conflits et porter en eux les germes de nouvelles guerres. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CACOPHONIE 

Il ne sagit pas d'un détail de l'histoire mais du retour de combattants radicalisés aguerris aux méthodes terroristes les plus cruels. Le bions sens voudrait qu'on dise vade retro. A la porte, pas chez nous. Mais apparemment c'est beaucoup plus compliqué que cela: voyez plutôt...On peut difficilment ne pas être d'accord avec Hans Bonte (SPa) quand il affirme que "la politique de l'autruche domine actuellement. Il est temps de sortir la tête du sable et d'échaffauder une politique cde contrôle relativement aux combattants du SI . Il en va de la sécurité de notre société ", dit-il. Affaires courantes ou pas, le gouvernement doit suivre une politique claire pour protéger nos  citoyens." Selon Jan Jambon (NVA), les pays d'Europe occidentale concernés devraient prendre une initiative xoncertée s'inscrivant dans un " cadre international plus large ". Lui-même pense aux Nations Unies. "Nous avons maintenant une position au Conseil de sécurité de l'ONU et nous pourrions peut-être en discuter là-bas."
Quant à Charles Michel, il consulte ses homologues européens mais il se garde bien de définir une attitude. Il y a péril en la demeure.
MG 

BART DE WEVER SE MONTRE FAVORABLE À UN RETOUR DES COMBATTANTS SYRIENS
Jeanne Poma.
Source: De Morgen, AFP© epa.
Lors d'un débat qui a eu lieu vendredi soir, le président de la N-Va, Bart De Wever, s'est montré favorable à un retour des combattants syriens, comme l'a fait précédemment la France. "Si les circonstances le permettent", a-t-il ajouté. Théo Francken s'oppose, de son côté, à ce retour.

"S'ils ont la nationalité belge, c'est un tribunal belge qui doit décider si elles peuvent ou non revenir"Groen
Lors d'un débat sur le thème de l'immigration, quatre chefs de partis flamands étaient invités à se prononcer sur la question du retour. Bart De Wever semblait disposé à prendre des mesures en ce sens "si l'opération pouvait se dérouler de manière sûre et que les combattants étaient emprisonnés en Belgique".

LE RAPATRIEMENT DES JEUNES
Gwendolyn Rutten (Open Vld) a indiqué que le gouvernement avait déjà fait rapatrier des enfants de moins de 10 ans, mais que la limite avait été atteinte. Groen souhaite avant tout que ces personnes puissent être jugées, que ce soit en Syrie ou en Belgique: "S'ils ont la nationalité belge, c'est un tribunal belge qui doit décider si elles peuvent ou non revenir".

"JE PRÉFÈRE LES AVOIR EN PRISON"
Enfin, le Vlaams Belang s'est fermement opposé à cette idée. Le président Tom Van Grieken a précisé qu'il "ne voulait plus jamais revoir ces personnes", ce à quoi Bart De Wever a répondu qu'il existait des moyens pour éviter des attaques dans notre pays. "Je préfère les avoir en prison", a-t-il ajouté. Theo Francken a indiqué que la plupart des combattants n'avaient plus la nationalité belge.

LA SITUATION EN FRANCE
En France, cette semaine, un Syrien a été mis en examen à Paris et écroué pour "complicité de crimes contre l'humanité" dans son pays, une première en France dans la traque des responsables d'exactions attribuées au régime de Bachar al-Assad.


JAMBON: 'DUBBELE NATIONALITEIT SYRIËSTRIJDERS AFNEMEN LOST NIET ALLES OP'
Knack
N-VA blijft erbij dat ze de Belgische nationaliteit van Syriëstrijders met een dubbele nationaliteit wil afnemen. Voormalig minister van Binnenlandse Zaken en Antwerps Kamerlijsttrekker Jan Jambon geeft wel toe dat het niet 'de oplossing is waar je alles mee oplost, maar het is wel een element dat het hen moeilijker maakt.'
(...)Jambon volgt de partijlijn die voorzitter Bart De Wever eerder al uitzette. 'Het liefst zou ik ze daar laten, en van zij die de dubbele nationaliteit hebben de Belgische afnemen', zei hij maandagochtend. 'Het is waar dat dat niet de oplossing is waar je alles mee oplost', gaf hij toe, 'maar het is wel een element dat het hen moeilijker maakt.'
TRANSITCENTRUM
De N-VA'er is ook voorstander van een soort transitcentrum in of rond het conflictgebied, van waaruit de betrokken Europese landen 'geval per geval' IS-strijders kunnen screenen op identiteit en bepalen naar welk land ze teruggebracht moeten worden. Daar moeten ze dan voor de rechter komen.
Ook CD&V-europarlementslid Ivo Belet is daar voor gewonnen, zei hij eerder in De Ochtend. Het idee komt van professor internationaal recht Jan Wouters (KUL).
Volgens Jambon moeten de betrokken West-Europese landen het initiatief nemen, maar moet het wel ingebed worden in een 'ruimer internationaal kader'. Hijzelf denkt daarvoor aan de Verenigde Naties. 'We hebben nu een positie in de VN-Veiligheidsraad, dus we zouden dat daar eventueel ter sprake kunnen brengen.'
GEEN GUANTANAMO
Voor een Europese versie van het omstreden Amerikaanse detentiekamp Guantanamo Bay past Jambon liever. 'Ik denk niet dat dat in onze cultuur past. Maar we moeten er niet onnozel over doen: de meeste Syriëstrijders zullen hier ooit vrijkomen en dan is dat een gigantische uitdaging.' 


HANS BONTE (SP.A): 'HOOG TIJD VOOR EEN GECONTROLEERD BELEID ROND IS-STRIJDERS'
Knack
17/02/
Kamerlid Hans Bonte (SP.A) reageert zondag zo op het nieuws dat België en enkele andere Europese landen een antwoord zoeken op de Amerikaanse vraag om zo'n 800 Europese Syrië-strijders terug te halen en in eigen land te berechten.

Het is de Amerikaanse president Donald Trump die de oproep zaterdagnacht lanceerde - uiteraard via Twitter. Premier Charles Michel had zondag over de zaak al contact met zijn Britse collega Theresa May, en ook met de Nederlandse premier Mark Rutte en de Franse president Emmanuel Macron zal er contact worden opgenomen. Het is de bedoeling dat er een 'gecontroleerde aanpak' wordt uitgewerkt.
Volgens Hans Bonte domineert momenteel de struisvogelpolitiek. 'Tijd om de kop uit het zand te halen en een écht gecontroleerd beleid rond IS-strijders te ontwikkelen waarbij de veiligheid van onze samenleving centraal staat', zegt hij. 'Lopende zaken of niet, de regering moet een duidelijk beleid ontwikkelen om onze samenleving te beveiligen. Want de kop in het zand steken, is de veiligheid van ons land in gevaar brengen. Zo lopen we het risico dat Belgische en andere Syrië-strijders de Koerdische gevangenissen verlaten en in onze steden opduiken op een moment dat we het het minst verwachten', zegt Bonte.
Hij stipt aan dat ook de voormalige Syrië-strijders die vandaag de gevangenis verlaten, 'grotere aandacht en een veel strakkere opvolging verdienen dan vandaag het geval is'. Het deradicaliseringsbeleid in gevangenissen laat te wensen over, vindt Bonte.
Hij laakt ook het feit dat de regering nog steeds geen beleid heeft om kinderen begeleid te laten terugkeren.



dimanche 17 février 2019

"Sale sioniste", "dégage" : Alain Finkielkraut visé par des insultes en marge du cortège parisien des "gilets jaunes"


"Les injures antisémites dont il a fait l’objet sont la négation absolue de ce que nous sommes." Emmanuel Macron a vivement réagi, samedi 16 février, après les insultes dont le philosophe Alain Finkielkraut a été victime, à Paris, lors du le 14e samedi de mobilisation des "gilets jaunes".
Les images ont été tournées par Yahoo Actualités, boulevard du Montparnasse, dans le 14e arrondissement de la capitale. "Sale sioniste de merde !", "dégage", ont hurlé des manifestants. "Nique ta mère", lance un autre, tandis que des personnes crient "Palestine". Dans le brouhaha, on entend d'autres insultes proférées qui ressemblent à "sale juif".
"Espèce de raciste, t'es un haineux, tu vas mourir, tu vas aller en enfer, espèce de sioniste", a crié un manifestant. "Il est venu exprès pour nous provoquer", a affirmé un autre. Le philosophe n'a pas répliqué et s'est éloigné. Dans une interview au Figaro samedi matin, il s'est montré critique vis-à-vis du mouvement, estimant que "les différents leaders de cette révolte protéiforme (...) sont devenus les stars du petit écran. Cette promotion leur est montée à la tête et l'arrogance a changé de camp."
"MÉTHODES FASCISTES D’INTIMIDATION"
"Une honte absolue. Des méthodes fascistes d’intimidation", a réagi la Licra sur Twitter. Le philosophe a également reçu, sur le même réseau social, le soutien de ses confrères. "Total soutien à Alain Finkielkraut, et surtout : totale admiration pour le calme qu'il a su garder face à cette pisse mentale", a écrit Raphaël Enthoven.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES GILETS JAUNES VONT-IL SAUVER MACRON? 

Ces gilets jaunes, au-delà d'être tout et son contraire se révèlent, avant tout l'expression grimaçante du  retour du refoulé.
Antisémitisme is terug van niet weggeweest
  J'ignore pourquoi on floute les visages  des vociférateurs. La raison ne saurait être que juridique.
Les juifs, c'est sûr, quitteront bientôt le navire France, l'Europe peut-être et notre univers culturel, intellectuel ne sera plus qu'un pain amer sans sel et sans levain.
Je ne suis pas un inconditionnel de Finkielkraut, ni, loin s'en faut, un zélateur de Zemour mais je ne puis admettre pareille infamie et surtout tant d'arrogance imbécile.
On me rétorquera  qu'il s'agit d'une infime minorité. De geest is uit de fles.  On dit maintenant que le dentifrice est sorti du tube.
Certes mais qu'on ne se leurre pas les réseaux sociaux ont pris le relais et servent de caisse de résonance au proverbial café du Commerce. Les bistrots glauques des territoires ont baissé le rideau de fer pour la plupart définitivement transportant leur discours nauséabond sur les ronds-points occupés ebt sur la toile où ils font le buzz, c'est à dire du ravage comme jamais.
Pour la Macronie c'est pain bénit. Les gilets jaunes, qu'ils le veillent ou non se discréditent en tombant le masque,  révélant leurs visages grimaçants bruegelien, ensorien : celui de la haine de ceux qui savent ou croient savoir. C'est la sale petite vengeance des cancres du fond de la classe contre les forts en thème et les  premiers de cordée détestés. Un "gilet jaune" français l'affirme: "On est à la limite de la guerre civile."
Vraiment?
Christophe Chalençon fait partie des "gilets jaunes" qui ont rencontré le vice-premier ministre italien Luigi di Maio.
Interviewé par une chaîne de télévision italienne, Christophe Chalençon a tenu des propos forts qui ne sont pas passés inaperçus chez nos voisins français. En effet, ce dernier, filmé en caméra cachée, explique que "la France est à la limite de la guerre civile". Cette figure des "gilets jaunes" dans le Vaucluse va plus loin encore, affirmant que sa propre vie est en danger mais déclarant vouloir continuer pour ses "convictions". "Je sais que je risque beaucoup, je peux me prendre une balle dans la tête à n'importe quel moment, mais j'en n'ai rien à foutre", ajoute-t-il.
"S'ils m'abattent, Macron est mort aussi, le peuple entre dans l'Elysée et il démonte tout, affirme le "gilet jaune". S'ils en touchent un, on a des gens, des paramilitaires qui sont prêts à intervenir parce qu'ils veulent aussi faire tomber le pouvoir".
Tout ceci est d'une gravité sans nom et  dégage une odeur de sang qui rappelle celle qui enfiévrait les terroristes de l'an un.
Au siècle de Victor Hugo et même au temps de Jaurès encore on aurait fait donner la troupe et envoyé sabrer la cavalerie légère face à la canaille. On se contente  aujourd'hui de canons à eau de grenades de désencerclement de fusils d'assaults chargés à balles de caoutchouc pour éviter justement de faire couler les sang des martyrs d'une drôle de cause comme il y eut une drôle de guerre avant les grandes hostilités. 
L'étendard sanglant est levé ...
Entendez vous dans les campagnes...
Aux armes citoyens! Formez vos bataillons!
Marchons, marchons,..
"S'ils m'abattent, Macron est mort aussi, le peuple entre dans l'Elysée et il démonte tout
Il n'est pas  temps encore  de dissoudre l'Assemblé mais le temps semble à nouveau favorable à celui qui entendait devenir le maître des horloges. Il se pourrait bien qu'en finale les gilets jaunes de façon très paradoxale et par leur bêtise à front de taureau sauvent le quinquennat du  Président jupitérien qui n'attend que cela pour rebondir. La politique n'est elle pas le royaume de l'imprévisible.
MG


samedi 16 février 2019

CLARIFICATION BY GRETA THUNBERG


As the rumours, lies and constant leaving out of well established facts continue, please share this newly updated clarification about me and my school strike. Please help me communicate this to the grown ups who lie about me and family so that I can focus on school instead:
Recently I’ve seen many rumors circulating about me and enormous amounts of hate. This is no surprise to me. I know that since most people are not aware of the full meaning of the climate crisis (which is understandable since it has never been treated as a crisis) a school strike for the climate would seem very strange to people in general. So let me make some things clear about my school strike.
In may 2018 I was one of the winners in a writing competition about the environment held by Svenska Dagbladet, a Swedish newspaper. I got my article published and some people contacted me, among others was Bo Thorén from Fossil Free Dalsland. He had some kind of group with people, especially youth, who wanted to do something about the climate crisis. I had a few phone meetings with other activists. The purpose was to come up with ideas of new projects that would bring attention to the climate crisis. Bo had a few ideas of things we could do. Everything from marches to a loose idea of some kind of a school strike (that school children would do something on the schoolyards or in the classrooms). That idea was inspired by the Parkland Students, who had refused to go to school after the school shootings. I liked the idea of a school strike. So I developed that idea and tried to get the other young people to join me, but no one was really interested. They thought that a Swedish version of the Zero Hour march was going to have a bigger impact. So I went on planning the school strike all by myself and after that I didn’t participate in any more meetings.
When I told my parents about my plans they weren’t very fond of it. They did not support the idea of school striking and they said that if I were to do this I would have to do it completely by myself and with no support from them. On the 20 of august I sat down outside the Swedish Parliament. I handed out fliers with a long list of facts about the climate crisis and explanations on why I was striking. The first thing I did was to post on Twitter and Instagram what I was doing and it soon went viral. Then journalists and newspapers started to come. A Swedish entrepreneur and business man active in the climate movement, Ingmar Rentzhog, was among the first to arrive. He spoke with me and took pictures that he posted on Facebook. That was the first time I had ever met or spoken with him. I had not communicated or encountered with him ever before.
Many people love to spread rumors saying that I have people ”behind me” or that I’m being ”paid” or ”used” to do what I’m doing. But there is no one ”behind” me except for myself. My parents were as far from climate activists as possible before I made them aware of the situation. I am not part of any organization. I sometimes support and cooperate with several NGOs that work with the climate and environment. But I am absolutely independent and I only represent myself. And I do what I do completely for free, I have not received any money or any promise of future payments in any form at all. And nor has anyone linked to me or my family done so. And of course it will stay this way. I have not met one single climate activist who is fighting for the climate for money.
That idea is completely absurd. Furthermore I only travel with permission from my school and my parents pay for tickets and accommodations.
My family has written a book together about our family and how me and my sister Beata have influenced my parents way of thinking and seeing the world, especially when it comes to the climate. And about our diagnoses. That book was due to be released in May. But since there was a major disagreement with the book company, we ended up changing to a new publisher and so the book was released in august instead. Before the book was released my parents made it clear that their possible profits from the book ”Scener ur hjärtat” will be going to 8 different charities working with environment, children with diagnoses and animal rights.
And yes, I write my own speeches. But since I know that what I say is going to reach many, many people I often ask for input. I also have a few scientists that I frequently ask for help on how to express certain complicated matters. I want everything to be absolutely correct so that I don’t spread incorrect facts, or things that can be misunderstood.
Some people mock me for my diagnosis. But Asperger is not a disease, it’s a gift. People also say that since I have Asperger I couldn’t possibly have put myself in this position. But that’s exactly why I did this. Because if I would have been ”normal” and social I would have organized myself in an organisation, or started an organisation by myself. But since I am not that good at socializing I did this instead. I was so frustrated that nothing was being done about the climate crisis and I felt like I had to do something, anything. And sometimes NOT doing things - like just sitting down outside the parliament - speaks much louder than doing things. Just like a whisper sometimes is louder than shouting.
Also there is one complaint that I ”sound and write like an adult”. And to that I can only say; don’t you think that a 16-year old can speak for herself? There’s also some people who say that I oversimplify things. For example when I say that "the climate crisis is a black and white issue”, ”we need to stop the emissions of greenhouse gases” and ”I want you to panic”. But that I only say because it’s true. Yes, the climate crisis is the most complex issue that we have ever faced and it’s going to take everything from our part to ”stop it”. But the solution is black and white; we need to stop the emissions of greenhouse gases. Because either we limit the warming to 1,5 degrees C over pre industrial levels, or we don’t. Either we reach a tipping point where we start a chain reaction with events way beyond human control, or we don’t. Either we go on as a civilization, or we don’t. There are no gray areas when it comes to survival. And when I say that I want you to panic I mean that we need to treat the crisis as a crisis. When your house is on fire you don’t sit down and talk about how nice you can rebuild it once you put out the fire. If your house is on fire you run outside and make sure that everyone is out while you call the fire department. That requires some level of panic.
There is one other argument that I can’t do anything about. And that is the fact that I’m ”just a child and we shouldn’t be listening to children.” But that is easily fixed - just start to listen to the rock solid science instead. Because if everyone listened to the scientists and the facts that I constantly refer to - then no one would have to listen to me or any of the other hundreds of thousands of school children on strike for the climate across the world. Then we could all go back to school. I am just a messenger, and yet I get all this hate. I am not saying anything new, I am just
saying what scientists have repeatedly said for decades. And I agree with you, I’m too young to do this. We children shouldn’t have to do this. But since almost no one is doing anything, and our very future is at risk, we feel like we have to continue.
And if you have any other concern or doubt about me, then you can listen to my TED talk ( https://www.ted.com/.../greta_thunberg_the_disarming_.../up-next ), in which I talk about how my interest for the climate and environment began.
And thank you everyone for your kind support! It brings me hope. /Greta

Ps I was briefly a youth advisor for the board of the non profit foundation “We don’t have time”. It turns out they used my name as part of another branch of their organisation that is a start up business. They have admitted clearly that they did so without the knowledge of me or my family. I no longer have any connection to “We don’t have time”. Nor does anyone in my family. They have deeply apologised for what has happened and I have accepted their apology.  Greta Thunberg


ENVIRON 11.000 JEUNES MARCHENT À NOUVEAU SUR BRUXELLES POUR LE CLIMAT
LE VIF 

Environ 11.000 jeunes marchent ce jeudi matin dans les rues de Bruxelles pour le climat, a indiqué la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de keere. Ils sont partis peu avant 11h00 de la Gare du Nord et termineront leur marche à la Gare du Midi. Des multiples banderoles et pancartes décorent le cortège. Nombreuses sont celles qui dénotent une créativité certaine pour porter leurs messages. Dans les slogans sont entendus le désormais classique "On est plus chauds que le climat" et celui moins usité "This is what democracy looks like".
"DYNAMIQUE INCROYABLE"
"Les étudiants sont présents massivement et c'est assez incroyable de voir une dynamique pareille à Bruxelles", commente Bakou Mertens, initiateur de StudentsForClimate.
"On entend qu'une partie de la marche commence à arriver alors que nous, on vient seulement de dépasser Rogier. C'est impressionnant. Les étudiants sont là aujourd'hui pour dire qu'ils soutiennent les écoliers à 100% pour réclamer une politique climatique ambitieuse et sociale. Cette dynamique incroyable et historique va se poursuivre dans les semaines à venir."

La semaine dernière, période de battement entre les deux semestres universitaires, seuls 5.000 manifestants avaient été dénombrés à Bruxelles. Le record est de 35.000, atteint le 24 janvier dernier.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GENERATION CLIMAT? 

11000 c'est vraiment très peu, il faut oser le dire.
Ces marcheurs annoncent-ils une sorte de mai 68 du Climat? Peut-on déjà parler d'une "génération climat"? C'est un peu tôt pour l'affirmer. Certes Greta Tunberg est brillante et Anuna De Wever ne manque pas de panache. En va-t-il de même pour ces milliers de braillards qui se défoulent les jeudis après midis en brossant/séchant tantôt un labo de chimie, un cours de math ou de physique? C'est de scientifiques que nous aurons besoin demain si nous voulons vraiment relever le défi du climat. 
Certes le texte de Greta est solidement argumenté et bien charpenté. Si j'enseignais l'anglais come autrefois je le décortiquerais en classe. Il interpelle tant sur le fond que sur la forme. Il est écrit dans un anglais simple, neutre et efficace, celui précisément qu'on aimerait que maîtrisent nos élèves de rhéto. Si vous avez du mal à le lire c'est que vous avez de solides lacunes en anglais la lingua franca de l'Europe.
Si les élèves  suédois sont capables d'une telle maîtrise, pourquoi pas les élèves francophones. mais ce n'est pas le sujet.
La vrai question c'est exit ou non de la "génération bof".
On y reviendra plus loin.
MG


"YOUTH FOR CLIMATE" INTERPELLE LES PARLEMENTAIRES WALLONS: "NOUS NE VOUS LÂCHERONS PAS" MAIS ENCORE... 

L'agitation était palpable, lundi soir, au Parlement de Wallonie où étaient attendues Anuna De Wever et Adelaïde Charlier, deux figures de proue du mouvement "Youth for Climate" qui, chaque jeudi, parvient à faire descendre dans la rue, aux 4 coins du pays, des milliers de jeunes pour défendre le climat. "Nous ne vous lâcherons pas! ", a d'emblée lancé Adélaïde Charlier aux parlementaires régionaux venus en nombre pour les écouter.
"Ou nous mettons de côté ce que nous voyons pour continuer à dormir sur nos deux oreilles; où nous faisons face. Les jeunes font face mais la démocratie est telle que c'est vous qui décidez de notre futur. On vous dit donc qu'on ne vous lâchera pas tant qu'on ne sera pas sur une trajectoire zéro carbone", a averti la jeune namuroise.
"Pourquoi un trajet entre Erpent et Namur est-il deux fois plus cher en bus qu'en voiture? Et pourquoi le train coûte-t-il davantage que l'avion? Vous devez donner aux jeunes la possibilité d'être cohérents et ne pas les laisser seuls face à l'enjeu climatique", a-t-elle poursuivi. "Cette question doit devenir votre priorité car les autres combats n'ont aucun sens si ce combat-là est perdu. C'est pourquoi nous vous demandons de prendre des mesures fermes" pour atteindre des objectifs climatiques ambitieux, a ajouté Adélaïde Charlier selon qui "trop de temps a déjà été perdu".
"Vous nous direz que ces mesures coûtent cher, qu'elles vont à l'encontre de l'économie. Mais le prix de l'inaction est encore plus élevé et sera avant tout payé par les plus démunis", a encore souligné la représentante de "Youth for Climate". "Il n'y a pas à opposer justice sociale et justice environnementale. On n'a pas deux coeurs: l'un pour l'économie et l'autre pour le climat. On a un coeur ou l'on n'en a pas", a-t-elle conclu, paraphrasant Lamartine.
"POURQUOI ÉTUDIER LES SCIENCES SI ON N'ÉCOUTE PAS LES SCIENTIFIQUES?"
"Pourquoi étudier si l'on n'a pas d'avenir? Pourquoi étudier les sciences si on n'écoute pas les scientifiques? ", a de son côté renchéri Anuna De Wever. "Nous allons continuer à demander aux jeunes de manifester pour que le climat devienne une priorité. Et nous appelons le monde politique à collaborer de manière constructive sur cette question car le climat n'a pas d'idéologie, pas de couleur politique", a-t-elle ajouté sous le regard bienveillant du ministre wallon en charge du Climat, Jean-Luc Crucke, et des parlementaires régionaux qui, tous, ont salué l'action des jeunes militantes, leur engagement, leur sérieux et le "vent de fraicheur" qu'elles font souffler. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Ce Jean-Luc Crucke qui applaudit en souriant benoitement n'a pas l'air de comprendre que ce mouvement vise précisément à pointer du doigt des profils politiques tel que le sien qui gèrent les dossiers à la petite semaine, de législature en réélection.  " Ne boudons pas la mobilisation d’une jeunesse qui a son mot à dire a fortiori lorsqu’il s’agit de l’avenir de la vie sur la planète. Elle a raison de demander des comptes aux aînés et d’indiquer aux gouvernants qu’elle veut plus et mieux." ? "Aujourd’hui, on peut attendre de la nouvelle génération qu’elle nous aide à construire une économie plus respectueuse des humains et de la Terre mais aussi qu’elle participe aux avancées technologiques qui nous permettront de vivre mieux en polluant moins."
Voyons cela de plus près...
MG


LA NOUVELLE GÉNÉRATION VA NOUS AIDER À CONSTRUIRE UNE ÉCONOMIE PLUS RESPECTUEUSE DES HUMAINS ET DE LA PLANÈTE 

Une opinion d'Etienne-J. Noël, économiste. in La Libre Belgique
Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurité" (Lao Tseu). Les récentes manifestations pro-climat du jeudi nous rappellent notre propre jeunesse des années 1970, où certains d’entre nous s’enflammaient pour des causes justes ou plus hasardeuses. On se rassemblait, on débattait, on défilait dans les rues, les uns incités par des mouvements trotskistes ou maoïstes, d’autres par les jeunesses atlantistes, d’autres encore par la simple envie de s’exprimer, inspirés par le vécu de nos aînés en 1968.
EXIT LA "BOF GÉNÉRATION"
Si on a pu regretter la "bof génération", ne boudons pas la mobilisation d’une jeunesse qui a son mot à dire a fortiori lorsqu’il s’agit de l’avenir de la vie sur la planète. Elle a raison de demander des comptes aux aînés et d’indiquer aux gouvernants qu’elle veut plus et mieux. Sympathiques aussi ces témoignages de ceux qui ont compris qu’il fallait montrer l’exemple d’"en bas" non seulement dans son comportement, ses habitudes quotidiennes mais aussi via des initiatives concrètes qui dépassent les cas individuels. Simplement marcher ensemble dans les rues de la ville, aurait été en effet un peu court. L’inquiétude, l’incompréhension, la révolte n’exonèrent pas du devoir de participer à la construction du futur. On parle beaucoup de rupture à ce propos, des décisions régressives, de rejet du mode de vie actuel, de remise en question des fondements même de la société. C’est un vrai débat. Peut-être même le vrai débat.
RUPTURE OU ÉVOLUTION ?
Que l’on parle de croissance démographique, de santé ou autre, notre société a toujours su trouver en elle et par elle les solutions aux problèmes rencontrés. Nous ne serions plus là pour en débattre sinon. Un exemple, la croissance phénoménale de la population humaine a fort heureusement été accompagnée par une progression remarquable de la productivité agricole. Si tel n’avait pas été le cas, nous mourrions tous de faim, comme l’indiquaient les prophéties nihilistes d’il y a 40 ans. Le débat n’est-il pas tant de produire mieux notre alimentation que de produire moins ? Aujourd’hui, on peut attendre de la nouvelle génération qu’elle nous aide à construire une économie plus respectueuse des humains et de la Terre mais aussi qu’elle participe aux avancées technologiques qui nous permettront de vivre mieux en polluant moins. Nous y travaillons et son aide, lorsqu’elle arrivera peu à peu dans la vie professionnelle, sera bienvenue.
LES EXEMPLES SONT LÉGION
Les moteurs d’avions construits en 2019 seront moins pollueurs que la vieille génération des coucous qui sillonnent le ciel parfois depuis 50 ans (le Boeing 747 a pris son premier envol en 1969). Les batteries de nos véhicules électriques ou hybrides ne sont pas encore optimales. Le coût énergétique de la fabrication des panneaux solaires est encore trop élevé alors que leur rendement est susceptible d’être amélioré. La performance énergétique de nos outils de production est perfectible. La base même de notre relation client/fournisseur est elle-même améliorable ; économie circulaire, circuits courts, saisonnalité des produits alimentaires et de leur consommation, transports, commerces de proximité, etc. L’intelligence artificielle saura être un support extraordinaire à l’organisation plus efficiente de notre créativité comme de notre vie en communauté. Enfin, restent tant de découvertes à faire. Tous ces progrès sont à venir grâce à des femmes et des hommes qui y mettront leur personnalité, leur intelligence, leur travail. C’est un beau défi pour la nouvelle génération.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN FAMEUX DÉFI,  EN EFFET 

Un défi qu'on ne saurait relever qu'avec plus d'école, plus d'enseignement des science et surtout un meilleur enseignement et pas ce projet qui se veut d'excellence mais ne vise en réalité que de raboter les coûts de l'enseignements en réduisant notamment les redoublements. Encore une fois l'exemple vient du Nord, non pas de Suède avec Greta mais de Finlande, un petit pays guère plus peuplé que Wallobrux qui a décidé de faire de l'enseignement la priorité des priorités. Di Rupo, grand stratège, avait annoncé une législature enseignement pendant la campagne de 2014 et que fit il? Il confia la tâche  à Joëlle Milquet qui s'empressa de faire du Milquet autrement dit du grand n'importe quoi. Et la fragile Marie Martine Shyns d'hériter de la patate chaude. C'est contre cette gabegie que les élèves de Wallobrux devraient s'insurger au premier chef bien plus encore que contre le climat.
MG 


INTERDICTION DE L'AVION, COUVRE-FEU THERMIQUE… LE SCÉNARIO NOIR POUR VRAIMENT LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Par Louis Nadau (Marianne)

Une étude du bureau d'étude B&L liste les mesures qu'il faudrait prendre sous 10 ans si nous voulions vraiment éviter que le réchauffement climatique ne dépasse le seuil critique des 1,5°C dans le monde. Attachez vos ceintures, ça secoue !
Si l'on ne découvre pas qu'il y a loin de la coupe aux lèvres en matière de lutte contre le réchauffement climatique, l'ampleur des efforts qu'il faudrait consentir pour limiter rapidement la catastrophe nous échappe bien souvent. En décembre 2018, le bureau d'étude B&L a donc produit une étude détaillant les mesures à mettre en œuvre pour éviter que la température moyenne sur Terre n'augmente de plus d'1,5°C en 2030. Et autant dire que les changements préconisés sont radicaux… Parmi d'autres : "Interdiction immédiate de vendre des véhicules neufs pour un usage particulier", "mise en place d'un couvre-feu thermique entre 22h et 6 h", "interdiction de la construction de nouvelle maison individuelle" ou encore, "interdiction de tout vol hors Europe non justifié dès 2020, avec deux vols aller-retour autorisés par jeune de 18 à 30".
LIMITER LA CASSE
Bien conscients de la portée hautement hypothétique de leurs propositions, les auteurs du document les déclinent comme "un scénario idéal, mais peu réaliste". "Il ne s’agit ni de proposer un programme réaliste économiquement, ni de proposer un programme souhaitable socialement, ni de proposer un programme jugé acceptable politiquement. Notre objectif est d’aider à comprendre l’ampleur des efforts à réaliser afin que chacun puisse juger de leur faisabilité ou de leur réalisme dans le contexte actuel", mettent-ils en garde en introduction.
Dans l'hypothèse d'une démographie qui ne fasse l'objet d'aucune régulation significative, et en excluant l'hypothèse d'un changement brutal dû à un événement historique ou scientifique, les auteurs estiment que les Français devraient réduire leur empreinte carbone au tiers de ce qu'elle est aujourd'hui pour suivre la trajectoire dessinée en octobre dernier par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Le rapport du GIEC affirmait qu'il était encore possible de limiter le réchauffement de la Terre par les gaz à effet de serre à 1,5°C en agissant dans les dix années à venir. Raréfaction de l'eau, crises alimentaires, propagation des maladies, disparition d'espèces : ces maux frapperont le monde de toute manière. Il ne s'agit là que de limiter la casse. Pour l'heure, nous nous dirigeons selon le GIEC vers une augmentation de 3°C de la température moyenne sur Terre.
FIN DU MODÈLE LIBÉRAL MONDIALISÉ
Le modèle ébauché par B&L pour éviter l'étuve et endiguer la catastrophe demanderait donc un grand chambardement, avec des privations et des obligations strictes. L'économie libérale mondialisée en prendrait ainsi un sérieux coup. Il s'agirait, par exemple, d'instaurer des quotas sur les produits importés (café, chocolat, thé), de diviser par trois la consommation de flux vidéo sur Internet d'ici à 2030, ou de "relocaliser la production" de l'industrie textile. L'agriculture et l'élevage intensifs connaîtraient eux aussi une refonte totale, avec une réduction de la consommation de viande de 90 kg à 25 kg par personne et par an, multiplication par huit du taux de conversion de parcelle à l'agriculture biologique, ou encore le remplacement des places de parking par des potagers.
Lucide, B&L conclut que "faire accepter à la population un ensemble de mesures complet aussi ambitieux est improbable", et qu'"obtenir un portage politique national semble impensable". Ne serait-ce qu'en matière d'emploi, pareille conversion semble hors de portée. "Cela nécessite la création de 1 à 2 millions d’emplois en 5 ans, souvent localisés, soit près de 5% à 10% de la population qui doit se former, changer d’emploi et éventuellement déménager", explique le bureau d'étude. Une gageure.
"Cette grande transition, ce changement de paradigme ne se fera pas sans difficultés, sans conséquences sur nos modes de vies, se heurtera à nos barrières cognitives et entraînera certainement des rejets massifs", prévoient les auteurs. Ils préviennent cependant: "Malgré tout, ne rien faire serait pire."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CLIMATOMANIA 

Les changements préconisés ici sont radicaux: "Interdiction immédiate de vendre des véhicules neufs pour un usage particulier", "mise en place d'un couvre-feu thermique entre 22h et 6 h", "interdiction de la construction de nouvelle maison individuelle" ou encore, "interdiction de tout vol hors Europe non justifié dès 2020, avec deux vols aller-retour autorisés par jeune de 18 à 30".
"faire accepter à la population un ensemble de mesures complet aussi ambitieux est improbable", et qu'"obtenir un portage politique national semble impensable"."Malgré tout, ne rien faire serait pire."
A bon entendeur salut! Qui est prêt à avaler cela et à s'y conformer? Certainement pas notre système économique obnubilé par la croissance comme seule planche de salut.
C'est  fort sympathique de se mobiliser pour le climat et d'applaudir les marcheurs/brosseurs qui s'inquiètent à juste titre pour leur/notre avenir. Autre chose est de changer radicalement son comportement et son profil de consommateur de viande, de voyages, de chauffage etc. Pas sûr du tout que tous ces joyeux marcheurs et toutes  les bonnes âmes  qui les applaudissent soient disposés à se remettre radicalement en question.
Il le faudra bien pourtant.
MG


jeudi 14 février 2019

Communes à facilités: PS, Défi dénoncent une «entrave à la démocratie» mais pointent du doigt le MR


La ministre flamande de l’Intérieur Liesbeth Homans (N-VA) a décidé de ne pas nommer les bourgmestres de quatre des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise.
Le PS a partagé lundi l’indignation d’autres partis francophones face au refus de la ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans (N-VA) de nommer quatre bourgmestres de communes à facilités de la périphérie bruxelloise.
« C’est une absence de respect totale à l’égard des institutions, dont la plus haute juridiction administrative du pays qu’est le Conseil d’État », a affirmé le chef de groupe PS à la Chambre Ahmed Laaouej.
À ses yeux, le refus de Mme Homans entre dans le cadre d’un « plan d’ensemble de la N-VA qui essaie par tous les moyens de ramener le brûlot communautaire parmi les enjeux des prochaines élections ». M. Laaouej qualifie par ailleurs de consternante l’indignation du MR « qui s’est acoquiné avec la N-VA pendant quatre ans ».
Défi dénonce une nouvelle entrave à la démocratie, «  conséquence de la sixième réforme de l’État soutenue par le MR ».
« C’est donc pour avoir appliqué la loi que des bourgmestres élus au suffrage universel ne sont aujourd’hui pas nommés ! », s’est insurgé Sophie Rohonyi, présidente de Défi Périphérie et conseillère communale à Rhode-Saint-Genèse.
Quant au MR, il a réagi par la voix de la ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès, et a dénoncé l’attitude de Homans. « L’entêtement de la ministre Homans à nier les arrêts du Conseil d’État, de la Cour de Cassation, etc., constitue un déni de démocratie flagrant et intolérable pour les communes à facilités », a affirmé Mme Wilmès sur Twitter. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE RETOUR DU COMMUNAUTAIRE 

Beaucoup s'imaginent que les prochaines élections auront pour thème central le climat. Ils se trompent. Il semble bien que la NVA fera l'impossible pour souffler sur les cendres du communautaire.
MG

Rencontre avec l’auteur Boualem

La Tricoterie
158 rue Théodore Verhaegen 158
1060 Bruxelles

AVEC LA PARTICIPATION DE SAM TOUZANI
« LE MONDE MUSULMAN AU DÉFI DE LA RELIGION ET DE LA PHILOSOPHIE. »
Les tentatives faites au cours de l’histoire pour accorder les principes immuables de l’islam et les enseignements de la science et de la philosophie ont toutes avortées. La science a systématiquement cédé et renié même ce qu’elle tenait pour vérité tangible. Aujourd’hui comme hier, la mosquée soutient que la Terre est plate et que le coran est un livre incréé. Ces contradictions insupportables déchirent la oumma islamique et l’isolent du reste du monde. Au cœur de l’Occident, constamment interpellée par la modernité ambiante, celle-ci connaît des crispations qui la mettent en rupture grave avec la communauté nationale.
Alors que ces tentatives furent nombreuses au cours de l’histoire, force est de constater que nulle part de nos jours, le monde musulman ne connaît la moindre amorce de réforme de sa religion en vue de « l’actualiser » et de sortir la oumma des enfermements psychotiques dans lesquels des lectures littéralistes passéistes des textes canoniques l’ont plongée.
Ce sont ces expériences que nous allons voir au cours de cette conférence. Nous tenterons ensuite de dire ce que demain pourrait être et ce qui pourrait être fait pour construire un lien vital entre islam et modernité, et de là pour construire des liens entre les communautés débarrassés des interdits du passé.
>> Date et heure : Dimanche 17 février à 20h
>> Tarif  : 3€
>> Salles  : Salle des Arches
>> Infos :reservations@tricoterie.be


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"MODERNISATION DE L'ISLAM OU ISLAMISATION DE LA MODERNITE?"

Mohammed Arkoun plaide pour l'identification systématique et la destruction des préjugés et des stéréotypes négatifs, parfois très anciens, qui ont cours dans la relation entre le monde musulman et le monde occidental.
DIALOGUE ÉTROIT AVEC LE CHRISTIANISME ET LE JUDAÏSME
« Selon lui, l'Occident n'est pas plus l'incarnation du démon matérialiste, immoral et athée, que l'islam n’est réductible au fondamentalisme intégriste, terreau du terrorisme et incompatible avec la démocratie et la modernité »  Il a lui-même entretenu un dialogue étroit avec le christianisme et le judaïsme, et il a coécrit des ouvrages avec des intellectuels des deux confessions. Arkoun s'oppose aux ésotéristes occidentaux comme René Guénon et Frithjof Schuon et à ceux qui selon lui construisent une vision mythologique et romantique de l'islam, au détriment des problèmes de la vie quotidienne et de la rationalité dans le monde musulman.
M. Arkoun a beaucoup réfléchi sur la laïcité, valeur qu'il a toujours cherché à défendre, y compris pour le monde musulman, sous réserve de la nécessité de prendre en compte les spécificités de cette culture et de son histoire.
Son plaidoyer pour la laïcité n'est pas dépourvu d'une critique de celle-ci, du fait des formes particulières qu'elle a empruntées dans l'histoire et les contradictions qu'elle a aussi engendrées, qu'il voudrait voir dépassées, et qui se résument selon lui, à une incompréhension de l'autre culture :
« Je m'efforce depuis des années, à partir de l'exemple si décrié, si mal compris et si mal interprété de l'islam, d'ouvrir les voies d'une pensée fondée sur le comparatisme pour dépasser tous les systèmes de production du sens - qu'ils soient religieux ou laïcs - qui tentent d'ériger le local, l'historique contingent, l'expérience particulière en universel, en transcendantal, en sacré irréductible. Cela implique une égale distance critique à l'égard de toutes les «valeurs» héritées dans toutes les traditions de pensée jusques et y compris la raison des Lumières, l'expérience laïque déviée vers le laïcisme militant et partisan »18.
Cette défense de la laïcité, s'accompagne ainsi d'une critique d'une certaine tradition historique, plus particulièrement la française. Si la laïcité peut s'exporter, ni son histoire, ni ses formes ne le peuvent. Il pense en effet que « la pensée laïque dans son cadre institutionnel le plus avancé - la République française - en est encore au stade du refus, du rejet, de la condamnation à l'égard d'une grande tradition de pensée et de civilisation. Au lieu de reconnaitre la fécondité intellectuelle du débat que l'islam, grâce, si je puis dire, à son décalage historique, réintroduit dans une société qui n'a pas épuisé la confrontation des modes religieux et laïque de production du sens, on voit se multiplier des campagnes de dénigrement contre le retour des «ténèbres du Moyen Âge »
M. Arkoun pense en effet que sans l'appréhension des particularités des sociétés islamiques, le projet laïque n'a pas de sens pour ces sociétés. Et d'après lui, l'absence de tradition laïque dans cette culture n'est pas seulement analysable comme un développement moindre des sociétés islamiques, mais tient aussi à leur différence qui ne témoigne pas seulement de ce fameux retard historique, mais d'une expérience différente dans le rapport à la raison et à la science. Il  insiste sur ce qui lui apparaît comme une différence caractérisant les sociétés islamiques, profondément différentes des sociétés occidentales, dans leur rapport au sacré, et de ce fait, dans leur rapport à la science et à la raison laïque. Il écrit encore :
«Il est certain que la conscience collective musulmane actuelle ne connaît pas cette rupture psycho-culturelle, qu'on constate depuis au moins le XIXe siècle, dans l'Occident sécularisé. Mais il faut se garder d'attribuer cette différence à une résistance au mouvement de laïcisation plus efficace en islam qu'en chrétienté. La catégorie théo-anthropologiquede la Révélation est identique pour les trois religions du Livre, mais elle a connu des assauts différents de la part de la raison scientifique et de la civilisation industrielle. Cela ne veut pas dire non plus que le passage à la laïcité entraînant la marginalisation, voire l'élimination de la théologie par l'anthropologie (cf. les débats sur la mort de Dieu) est une évolution inéluctable que doit connaître l'islam après le christianisme »
Ces réserves exprimées, Mohammed Arkoun pense que, pour sauver le monde musulman de ses démons et le sortir de ses impasses, il est essentiel que l'islam accède à la modernité politique et culturelle. Il en pense les conditions, à savoir qu'il faut envisager une «subversion» de la pensée islamique qui lui permettrait de rejoindre le monde moderne et la laïcité : « Rien ne se fera sans une subversion des systèmes de pensée religieuse anciens et des idéologies de combat qui les confortent, les réactivent et les relaient. Actuellement, toute intervention subversive est doublement censurée: censure officielle par les États et censure des mouvements islamistes. Dans les deux cas, la pensée moderne et ses acquis scientifiques sont rejetés ou, au mieux, marginalisés. L'enseignement de la religion, l'islam à l'exclusion des autres, est sous la dépendance de l'orthodoxie fondamentaliste ».
Il étudie également l'histoire politique des régimes arabes ou musulmans d'après la colonisation, et il en vient à en dénoncer les échecs successifs : « Les échecs ont commencé dès le lendemain de l'indépendance. Partout se sont imposés des régimes policiers et militaires, souvent coupés des peuples, privés de toute assise nationale, indifférents ou ouvertement hostiles à tout ce qui peut favoriser l'expansion, l'enracinement d'une culture démocratique. Les moyens par lesquels les régimes se sont mis en place n'ont, nulle part, été démocratiques ».
S’inscrivant contre les discours officiels nationalistes qui privilégient dans la culture-identité-personnalité maghrébines les attributs arabe et islamique (quasi exclusivement), soit deux mémoires valorisées et activées, quoique opportunément associées à d’autres “mémoires”, Mohammad Arkoun défend plutôt une définition socio-anthropologique des composantes de la culture maghrebine 25. Il pense également que l’intégration méditerranéenne reste encore à faire puisqu'elle est d’ampleur très variable selon les pays et les sous-régions qui composent cet ensemble.
L'islamologie appliquée
Mohammed Arkoun a inauguré ce qu'il appelait l’islamologie appliquée, issue d'une idée préexistante de Roger Bastide, l'anthropologie appliquée, ainsi que du « rationalisme appliqué » du philosophe des sciences Gaston Bachelard. Cette idée s'inspire du courant philosophique qui prône la critique sur le sillage de Kant, de Bachelard et de Foucault.
Mohammed Arkoun explique que la notion d’islamologie appliquée lui est venue après l’indépendance de l'Algérie, en constatant et en analysant les contradictions dans la culture de son pays et des pays du Maghreb, notamment une certaine orientation politique, qui voulait réintroduire l'islam à la fin de la période coloniale. Cette ligne et cet objectif lui sont apparus lorsque les Algériens se sont mis à invoquer l’islam, à la fois en tant que religion et en tant que culture, dans le but de reconstruire la spécificité arabo-islamique mise à mal par le colonialisme. Selon Mohammed Arkoun, cette conception et la politique qui en découle ne tenaient absolument pas compte, dans un pays jeune comme l'Algérie, ni de la réalité et des caractères propres à l'histoire du pays, ni du Maghreb dont il fait partie, ni de manière plus générale de l’histoire de l’islam et de la pensée islamique.
Or cette culture et la pensée islamique, plus particulièrement, ont connu des moments divers et très différents dans une histoire partiellement oubliée ou à tout le moins mise de côté. Entre les commencements de l'islam, au VIIe siècle et aujourd'hui, cette culture a connu des périodes tout à fait différentes. Au XIIIe siècle s'est produit une rupture au sein de la pensée islamique (la fermeture des portes de l'ijtihad), bien avant l'intervention extérieure de la colonisation, qui a été un fait propre à l'histoire de l'islam et de sa culture28.
Mohammed Arkoun affirme que la plupart des musulmans refusent aujourd’hui de prendre véritablement en compte l'histoire de l'Islam et de la reconnaître telle qu'elle est, y compris en remontant assez loin dans le temps pour avoir une vision d'ampleur qui intègre le passé lointain et permette un recul éclairant pour l'esprit.
Il insiste sur le fait que le XIIIe siècle marque une interruption dans le développement de l'islam. Au Xe siècle, en effet, il exista une vie intellectuelle brillante et très riche au sein du monde musulman. La philosophie y fut très présente, et occupa les esprits savants. La philosophie islamique est née et s'est développée, au contact de l'Antiquité grecque : Platon, Aristote furent lus et traduits dans un échange avec les Anciens, repris, étudiés et accueillis dans la perspective d'une synthèse à accomplir avec la pensée musulmane (phénomène connu sous le nom de translatio studiorum). Ils furent lus et interprétés également dans un échange avec les philosophes européens, chrétiens et juifs. C'est l'époque qui a vu l'apparition d'un humanisme où la culture musulmane était ouverte aux autres cultures, en particulier à celles présentes au Proche-Orient, mais également dans l'Espagne d'al-Andalus. Mohammed Arkoun souligne que la religion n'était pas alors en situation de prétendre contrôler la culture et la vie intellectuelle.
Mohammed Arkoun, qui raisonne en savant historien et philosophe, refuse les oppositions simplistes et stéréotypées entre cultures d'islam et d'Europe, opposition censément redoublée par l'opposition politique entre colonialisme (destructeur des cultures) et islam.
Sa perspective consiste à soutenir que l'écriture de l'histoire et le regard porté sur le passé dans son lien avec la religion, d'une part, et d'autre part une lecture critique de l’islam à la fois comme religion et comme tradition de pensée, doivent être conjointes dans la notion d’« identité nationale » pour les pays musulmans.
La dialectique des puissances et des résidus
La dialectique des puissances et des résidus selon Mohammed Arkoun
La dialectique des puissances et des résidus, expression empruntée à Henri Lefebvre, est exposée dans Humanisme et Islam : Combats et propositions. Elle identifie selon Mohammed Arkoun « les déploiements de la dialectique continue de quatre puissances à vocation hégémonique cherchant à réduire à l'état de résidus, voire à éliminer quatre forces directement antagonistes qui luttent pour la survie ». Les quatre puissances sont la formation étatique, l'écriture, les cultures savantes et l'orthodoxie, auxquelles correspondent les quatre résidus que sont les sociétés segmentaires, l'oralité, les cultures populaires, les hérésies. Pour Mohammed Arkoun, « une double dialectique se déploie simultanément et travaille l'espace social global », d'une part entre les quatre puissances et entre les quatre résidus, et d'autre part entre chaque puissance et chaque résidu correspondant. Dans ce cadre, l'analyse permet de « mettre en application les trois opérations méthodologiques et épistémologiques exprimées par les verbes transgresser, déplacer, dépasser ».
L’islamologie appliquée analyse les problèmes politiques liés au post-colonialisme. M. Arkoun considérait que les hommes politiques refusaient alors de prendre en compte la réalité de l’histoire de l'Islam et de la culture arabe, ainsi que les particularités culturelles, sociales et anthropologiques des pays du Maghreb. Cette discipline analyse les contradictions d'une histoire ainsi que les différences entre le monde musulman et le monde occidental et les différents discours qu'ils expriment. (wikipedia)