mercredi 27 février 2019

Alain Destexhe quitte le MR et crée un nouveau parti de droite: "L'islam nous pose un défi considérable"

 FRÉDÉRIC CHARDON La Libre Belgique

Alain Destexhe a longtemps vécu à la marge de sa formation politique, le MR. Il voulait la faire glisser vers la droite, en particulier sur le plan de l’immigration, créer en interne un courant libéral-conservateur. Quelques lignes ont bougé sous son influence, mais ce n’est pas assez. Alain Destexhe l’annonce officiellement : il quitte la maison libérale. Il lance une formation politique qui répond, provisoirement, à son nom : "Listes Destexhe".
Vous créez votre propre parti. Est-ce par déception de ne pas avoir été choisi comme tête de liste à Bruxelles pour les régionales ?
"Non, ce n’est pas comme cela que je vois les choses. Les citoyens wallons et bruxellois ne se reconnaissent plus dans l’offre politique actuelle sur l’immigration, la bonne gouvernance, le nucléaire, les dépenses publiques… J’estime que les prises de position récentes du MR ne permettent plus au courant de centre droit et de droite classique d’être représenté en Belgique francophone. Voilà tout le sens de ma démarche."
POUVEZ-VOUS PRÉCISER CETTE DÉMARCHE, JUSTEMENT ?
Je présente des listes sous le nom et le logo "Listes Destexhe", à Bruxelles, en Wallonie et pour les élections européennes. C’est l’objectif. Pourquoi ce nom ? Car nous sommes à un mois du dépôt des listes et le délai est extrêmement court. On n’a pas le temps de se faire connaître d’ici là. Ce nouveau parti n’a pas vocation à conserver le nom de Destexhe après le 26 mai. Absolument pas. Je ne serai peut-être pas le président de cette nouvelle formation, d’ailleurs. Ce parti sera très démocratique. (...) 


DEUX JEUNES MR FLINGUENT MICHEL ET REYNDERS : "IL N’Y A RIEN DE PLUS AFFLIGEANT", SELON LUCAS DUCARME
J. LGG. 
Leur sortie n'est pas passée inaperçue. Deux jeunes élus du MR, Aymeric de Lamotte (Woluwe-Saint-Pierre) et Victoria de Vigneral (Saint-Gilles), ont affirmé être pris d'un "malaise" concernant la désignation de Charles Michel comme président du MR sans élection interne. Ils se disent "choqués" par cette "combine politicienne".
Les deux jeunes libéraux ont également reproché à Didier Reynders son "cynisme de joueur solitaire". L'actuel ministre fédéral espère devenir secrétaire général du Conseil de l'Europe. Il se présentera malgré tout comme tête de liste à la Chambre lors des élections de mai pour s'assurer un poste de député au cas où il échouerait au Conseil de l'Europe. Pour Aymeric de Lamotte et Victoria de Vigneral, Reynders "considère la politique nationale comme un plan B ou une bouée de sauvetage".
Ces attaques, Lucas Ducarme ne les a pas du tout goûtées. Le président du MR de Koekelberg trouve qu’"il n’y a rien de plus affligeant, d’autant venant de personnes de ma génération, de voir si peu d’honneur politique frappant ainsi son propre mouvement".
A LaLibre.be, M. Ducarme a tenu à préciser que le timing de cette sortie semblait particulièrement mal choisi. "Alors que nous finalisons le travail sur le fond à tous les niveaux du MR et que nous avons le déploiement des personnalités dont nous avons besoin avec Charles Michel, Didier Reynders, Françoise Schepmans et Olivier Chastel, l’heure est aux échanges, aux propositions de fond et pas à autre chose."
Le Koekelbergeois a encore estimé que "le moment est au rassemblement, au concret et à la présentation de nos solutions libérales et réformatrices notamment sur l’urgence, en matière d’enseignement, d’emploi, de formation professionnelle, de sécurité et d’intégration pour notre Région bruxelloise, qui est gérée depuis 15 ans par la gauche". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN CRÉNEAU À RECONQUÉRIR

 Il y a désormais nécessité renverser la vapeur et surtout la table chez les libéraux. Il ne faut pas être dans le secret des dieux pour observer que ce parti aux abois est travaillé par des tendances antagonistes. Où donc sont passés les libéraux dont le coeur penchait en faveur d'une conception plutôt socio libérale en contraste avec l'élan ultra conservatisme revanchard qu'incarnent Alain Destexhe et les siens et qui entendaient infléchir le parti vers un élan droitier inspiré par le radicalisme de la NVA. Ca y est ils annoncent leur vraie douleur et s'en vont fonder leur propre parti. Mischaël Modrikamen leur la main, une perche... Il serait urgent, en effet, de lancer un message d'espoir aux libéraux progressistes qui ne savent plus à quel saint se vouer et qui attendent qu'une voix déterminée s'élève pour défendre l'héritage de Louis Michel. dont Maingain revendique le dépôt et dont Gosuin veut faire un mouvement. Il s'agit d'un formidable créneau à reconquérir et à occuper. Chaque journée et chaque heure comptent désormais pour relever ce grand défi. Surtout il importe, de mettre sur pied une stratégie offensive sur le réseaux sociaux notamment en faveur de l'interculturel, de l'intergénérationnel et aussi et surtout d'un islam éclairé à profil éthique. Da pain sur la planche. Défi l'a parfaitement compris. MG


DESTEXHE QUITTE LE MR: MODRIKAMEN APPELLE «À L’UNION DES DROITES»

Le député bruxellois et sénateur MR Alain Destexhe annonce officiellement son départ de la maison libérale. Il lance un nouveau parti baptisé provisoirement « Liste Destexhe » en vue des élections du 26 mai prochain. Une sorte de « N-VA francophone ». par David Coppi Le Vif Fondateur et leader du Parti populaire, Mischaël Modrikamen réagit à l’annonce d’Alain Destexhe, et lance un appel l’union… « Je tends la main à Alain Destexhe. La dispersion des listes, les gens ne comprendraient pas. C’est l’heure de l’union des droites ! » Mischaël Modrikamen s’adresse à Alain Destexhe, et lance un appel l’unité à droite à Bruxelles et en Wallonie… D’abord, si vous le permettez tout cela montre qu’il y a de sérieux problèmes au MR. Beaucoup de gens, et de cadres, ne pardonneront pas au MR d’avoir signé le Pacte de Marrakech et d’avoir provoqué la chute du gouvernement sur cette question. Ajoutez à cela le possible départ de Didier Reynders, qui est déjà démonétisé, et je dirais que les Michel pourraient faire les frais d’une lourde défaite dans trois mois. Ceci encore : dans le débat sur le climat, un Bouchez attaque Ecolo en disant que son programme coûtera 25 milliards, et pendant ce temps, un Crucke veut créer une banque climat dotée de 2.500 milliards ! On est en plein dans les contradictions. La réalité, c’est qu’après les cortèges et une certaine hystérie sur ce sujet, le MR court après je ne sais quoi un peu comme une poule sans tête. Donc, c’est ce MR-là qu’Alain Destexhe a pris la décision de quitter.
AVEC LEQUEL VOUS AVEZ DES CONVERGENCES, VOUS AVEZ EU DES CONTACTS CES DERNIERS TEMPS…
En effet. Il y a des convergences importantes, sur le maintien du nucléaire, sur la réduction des dépenses publiques, sur le frein ou le stop à l’immigration, même s’il y a des nuances entre nous. Et certaines différences, par exemple sur l’Europe : nous sommes eurosceptiques, pour notre part.
QUE DÉDUISEZ-VOUS DE TOUT CELA ? ALAIN DESTEXHE VEUT LANCER SON PARTI, SEMBLE-T-IL…
 Alain Destexhe est connu à Bruxelles, il l’est beaucoup moins en Wallonie, et nous sommes à un petit mois du dépôt des listes électorales et des signatures définitives pour prendre part aux élections… C’est très court, cela demande une grosse logistique, on ne se rend pas compte, on ne peut pas faire cela de bric et de broc. En face, nous, avec le Parti populaire, nous avons 5000 membres, 140 sections locales, 90.000 personnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux, nos listes sont quasiment prêtes, nous avons un numéro national… Vous m’aurez compris : les gens attendent une vraie et forte offre politique de droite à Bruxelles et en Wallonie, ils ne veulent pas des querelles entre ego, et la dispersion peut mener à la défaite pour tous. Ne tombons pas dans la désunion. Je tends la main à Alain Destexhe. Nous allons chercher un électorat plus populaire, qui vient du MR comme du PS, lui peut parler à un électorat qui vient de la droite du MR, nous pouvons unir nos forces. En formant un seul parti. Ou bien un cartel. La formule, nous verrons. L’essentiel, pour les gens, c’est l’union des droites !
S’IL REPOUSSE L’OFFRE ?
Je l’ai dit, nous sommes prêts, nous avons nos militants, nos listes, nous avancerons sereinement. Mais, je le répète, les électeurs attendent l’unité à droite.




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