lundi 4 février 2019

Courrier des lecteurs: le climat, c'est quoi pour vous?


OPINIONS
La Libre Belgique a appelé ses lecteurs à débattre autour de la question de la lutte contre le réchauffement climatique. Différents textes qui n'engagent que les auteurs, ont été publiés dans nos pages, dont voici ici le contenu.


LES GRINCHEUX N’ONT RIEN COMPRIS
La marche pour le climat, j’y étais. Des gens de tous les âges se sont exprimés malgré le froid, malgré la drache. De nombreuses familles étaient présentes. Cette foule immense marchait avec dignité. Beaucoup d’associations étaient représentées. Quelques partis politiques ont également défilé. Je suis ébahi en constatant les attaques ciblant les marcheurs qui auraient abandonné des papiers, des déchets, dans les gares ou le long du trajet. Ces mécontents sont des militants de partis politiques ne soutenant pas les défenseurs de la planète. Fort bien. Il y avait peu de poubelles lors de la marche pourtant annoncée. Tout s’explique. Les seules qu’il y avait étaient remplies, débordantes. Rien de grave. Le débat est clos. Les gens jaloux, frustrés et j’en passe critiquent les marcheurs et les étudiants des jeudis. Ils ne comprennent pas que les jeunes se révoltent contre les partis au pouvoir qui ne font rien d’efficace pour sauver la planète. Les jeunes rêvent d’un monde différent, respectant la planète et les animaux. Ils pensent que leurs parents et les anciens ont pillé la planète, ont gaspillé le pétrole et ont pensé : "après nous le déluge". Bravo à tous ces jeunes qui continuent le combat en exigeant un engagement du monde politique, inconscient, égocentrique, refusant de s’attaquer vraiment aux industriels pollueurs, aux éleveurs, aux constructeurs de voitures et tous les autres qui ne pensent qu’à s’enrichir. Le mouvement est en route, rien ne pourra l’arrêter et les jeunes doivent être encouragés. Quelques heures de cours perdues ce n’est pas très grave. Ces étudiants seront un jour parents et ils pensent à leurs futurs enfants. Les grincheux n’ont rien compris. Une révolution est en route. Jean-Pierre Bodart
MAUVAIS CALCUL
L’action de divulgation des adresses électroniques et numéros de téléphone de certains ministres s’est erronément autoproclamée "de désobéissance civile". Le civil désobéissant ne porte pas de masque et assume son acte. Le philosophe Thoreau, inventeur du terme "désobéissance civile" au XIXe siècle, fit de la prison pour avoir refusé de payer un impôt qu’il estimait injuste. Mais la raison pour laquelle cette action de divulgation passe à mon avis totalement à côté de l’enjeu est la suivante : si on accepte qu’il faut que notre société adopte un changement de cap radical pour la sauvegarde de notre Terre, alors tous les ministres et élus sont concernés. Il n’y a pas seulement 4 ministres en charge de l’environnement en Belgique. Il y en a environ 55. Chaque compétence a un impact sur la santé de la Terre. Chaque ministre, chaque élu, à tous les niveaux, doit accepter de remettre en cause la gouvernance de notre société. Je suis désolé pour ces ministres de l’Environnement que leurs collègues envoient au casse-pipe en guise d’arbres qui doivent cacher une forêt de ministres et autres élus dont très, très peu seulement, font preuve de courage, chacun à son niveau et selon ses compétences, en matière d’environnement. Nicolas Goubau
STOP AUX BOUTEILLES EN PLASTIQUE
Je suis d’accord avec ces jeunes qui manifestent pour sauver la plannète ; mais, concrètement que font-ils pour y arriver ? Si ces 30 000 jeunes prenaient la décision, en famille, de boire l’eau du robinet, qui est d’ailleurs excellente, cela ferait, par jour, 30 000 bouteilles en plastique en moins dans la nature. Et par mois, cela ferait 900 000 bouteilles en plastique en moins qui pollueraient la planète ! Ca, cela serait concret ! Et si les écoles commençaient à ne plus en vendre ? Il faut savoir ce que l’on veut ! Nicole Delferière
DANS L’INTÉRÊT DES ENFANTS
Je souhaite m’exprimer au sujet des défilés d’adolescents et même d’enfants qui appellent leurs aînés à se soucier de la planète. L’objectif fait l’unanimité, l’événement ranime les consciences à l’approche des campagnes électorales et provoque le sursaut des hommes et femmes politiques. Les médias applaudissent et les images d’une jeunesse idéaliste inondent journaux et écrans. Quelques parents, directeurs d’école et enseignants jouent les trouble-fête en rappelant étudiants et écoliers à leurs chères études (on n’oserait plus dire à leur "devoir d’état"). Plus rarement, des esprits prétendument grincheux soupçonnent les jeunes manifestants d’être sciemment ou non manipulés, de préférer le chambard organisé d’une manifestation à la discipline scolaire, d’ignorer la portée exacte de slogans humoristiques ou d’arguments scientifiques et, plus encore, de n’être guère enclins à appliquer concrètement leurs propres recommandations. Une fois de plus, l’analyse en profondeur se fait cependant rare. En effet, ne fallait-il pas d’emblée s’étonner de ce que, aussi louable qu’elle soit, cette action politique soit l’œuvre de mineurs d’âge, de citoyens sans doute mais qui n’ont notamment pas de droit de vote et qui ne participent pas directement à la vie de la cité ? Le droit fondamental d’un enfant est celui d’être protégé à tous égards ; les décisions qui le concernent doivent toujours être prises dans son intérêt, c’est-à-dire celui du développement de ses capacités et de sa croissance à tous niveaux. Si la "Convention relative aux droits de l’enfant" garantit à celui qui est capable de discernement "le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant", mais aussi le droit d’exprimer "des informations et des idées de toute espèce", le droit "à la liberté de pensée, de conscience et de religion", ou encore le droit "à la liberté d’association et à la liberté de réunion pacifique", encore faut-il remarquer que des restrictions desdits droits sont admises notamment lorsqu’elles sont prescrites par la loi. Or, aucune disposition légale ou réglementaire n’autorise le directeur d’un établissement, fût-ce moyennant l’assentiment des parents d’un élève, à dispenser celui-ci d’assister aux cours pour participer à une manifestation. Il peut surprendre que beaucoup de maîtres et responsables d’enseignement aient tant tardé à en prendre conscience, mais l’explication est simple : mieux vaut se taire que déplaire ! Frédéric Close
L’INVERSE
D’un côté, il y a eu trente-cinq mille jeunes dans les rues de Bruxelles, jeudi dernier, "pour le climat". Puis, septante mille personnes dans ces mêmes rues le dimanche, sur le même thème. D’un autre côté, quatre cent cinquante mille personnes se sont rendues au Salon de l’auto, dit "le petit salon" en dix jours. Peut-être que le climat aura sa chance quand ce sera l’inverse ! Mais à entendre le triste discours de l’organisateur du salon, il pense sauver le climat et sauver l’humanité en choisissant une autre motorisation, une autre forme de pollution, somme toute. Philippe Tybergheinm
DEVANT CHEZ MARGHEM ?
C’est vraiment en dessous de tout… Les jeunes font le pied de grue devant sa maison. Cela s’apparente pour moi à du harcèlement. De plus, refuser le dialogue alors que la ministre veut l’amorcer est bien la preuve qu’ils n’ont ni idées concrètes ni vraies revendications. Prétendre que les politiques ne veulent jamais les écouter et ne pas parler quand c’est le cas… Que veulent-ils vraiment ? Être écouté ou sécher les cours parce que c’est plus marrant ? Lucas Sinnaeve
PEINE PERDUE
Changer la tournure de ce monde tel qu’il est s’apparente pour moi à tenter de rouler à vélo sans chambre à air : on peut toujours rêver. Par contre, je ne vois pas l’intérêt d’aller "agresser" une ministre qui est responsable de l’écologie sur une portion infime de la planète, même si je ne la porte aucunement dans mon cœur. À mes yeux, cette situation de climat, sans précédent, va créer pas mal de problèmes : les maniaques et hystériques d’un côté, les multinationales de l’autre… Sortons les pop-corn (sans emballage s’il vous plaît). Niko IkonMusic
FACILE DE CRITIQUER
Il est toujours facile de critiquer et de traiter les gens d’incompétents depuis son clavier… Ces ministres chargés du climat n’ont pas choisi le mode de fonctionnement de la Belgique et le fait que la matière soit régionalisée. D’accord, Marie-Christine Marghem a souvent l’air de ne pas gérer. Mais les autres, quels éléments avez-vous entre vos mains pour les traiter d’incompétents ? Pierre-Yves Bodart 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN ÂME ET CONSCIENCE 

Excellente initiative que ce florilège d'opinions publié par la Libre Belgique. Chacun se fera la sienne et il ne nous appartient pas de conclure mais de réfléchir et, le cas échéant, de modifier, en âme et conscience,  notre profil de consommateur ce qui est beaucoup plus difficile.
MG

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