mardi 12 février 2019

La nouvelle génération va nous aider à construire une économie plus respectueuse des humains et de la planète


Une opinion d'Etienne-J. Noël, économiste. in La Libre Belgique 

Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurité" (Lao Tseu). Les récentes manifestations pro-climat du jeudi nous rappellent notre propre jeunesse des années 1970, où certains d’entre nous s’enflammaient pour des causes justes ou plus hasardeuses. On se rassemblait, on débattait, on défilait dans les rues, les uns incités par des mouvements trotskistes ou maoïstes, d’autres par les jeunesses atlantistes, d’autres encore par la simple envie de s’exprimer, inspirés par le vécu de nos aînés en 1968.
EXIT LA "BOF GÉNÉRATION"
Si on a pu regretter la "bof génération", ne boudons pas la mobilisation d’une jeunesse qui a son mot à dire a fortiori lorsqu’il s’agit de l’avenir de la vie sur la planète. Elle a raison de demander des comptes aux aînés et d’indiquer aux gouvernants qu’elle veut plus et mieux. Sympathiques aussi ces témoignages de ceux qui ont compris qu’il fallait montrer l’exemple d’"en bas" non seulement dans son comportement, ses habitudes quotidiennes mais aussi via des initiatives concrètes qui dépassent les cas individuels. Simplement marcher ensemble dans les rues de la ville, aurait été en effet un peu court. L’inquiétude, l’incompréhension, la révolte n’exonèrent pas du devoir de participer à la construction du futur. On parle beaucoup de rupture à ce propos, des décisions régressives, de rejet du mode de vie actuel, de remise en question des fondements même de la société. C’est un vrai débat. Peut-être même le vrai débat.
RUPTURE OU ÉVOLUTION ?
Que l’on parle de croissance démographique, de santé ou autre, notre société a toujours su trouver en elle et par elle les solutions aux problèmes rencontrés. Nous ne serions plus là pour en débattre sinon. Un exemple, la croissance phénoménale de la population humaine a fort heureusement été accompagnée par une progression remarquable de la productivité agricole. Si tel n’avait pas été le cas, nous mourrions tous de faim, comme l’indiquaient les prophéties nihilistes d’il y a 40 ans. Le débat n’est-il pas tant de produire mieux notre alimentation que de produire moins ? Aujourd’hui, on peut attendre de la nouvelle génération qu’elle nous aide à construire une économie plus respectueuse des humains et de la Terre mais aussi qu’elle participe aux avancées technologiques qui nous permettront de vivre mieux en polluant moins. Nous y travaillons et son aide, lorsqu’elle arrivera peu à peu dans la vie professionnelle, sera bienvenue.
LES EXEMPLES SONT LÉGION
Les moteurs d’avions construits en 2019 seront moins pollueurs que la vieille génération des coucous qui sillonnent le ciel parfois depuis 50 ans (le Boeing 747 a pris son premier envol en 1969). Les batteries de nos véhicules électriques ou hybrides ne sont pas encore optimales. Le coût énergétique de la fabrication des panneaux solaires est encore trop élevé alors que leur rendement est susceptible d’être amélioré. La performance énergétique de nos outils de production est perfectible. La base même de notre relation client/fournisseur est elle-même améliorable ; économie circulaire, circuits courts, saisonnalité des produits alimentaires et de leur consommation, transports, commerces de proximité, etc. L’intelligence artificielle saura être un support extraordinaire à l’organisation plus efficiente de notre créativité comme de notre vie en communauté. Enfin, restent tant de découvertes à faire. Tous ces progrès sont à venir grâce à des femmes et des hommes qui y mettront leur personnalité, leur intelligence, leur travail. C’est un beau défi pour la nouvelle génération. 


INTERDICTION DE L'AVION, COUVRE-FEU THERMIQUE… LE SCÉNARIO NOIR POUR VRAIMENT LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Par Louis Nadau (Marianne)

Une étude du bureau d'étude B&L liste les mesures qu'il faudrait prendre sous 10 ans si nous voulions vraiment éviter que le réchauffement climatique ne dépasse le seuil critique des 1,5°C dans le monde. Attachez vos ceintures, ça secoue !
Si l'on ne découvre pas qu'il y a loin de la coupe aux lèvres en matière de lutte contre le réchauffement climatique, l'ampleur des efforts qu'il faudrait consentir pour limiter rapidement la catastrophe nous échappe bien souvent. En décembre 2018, le bureau d'étude B&L a donc produit une étude détaillant les mesures à mettre en œuvre pour éviter que la température moyenne sur Terre n'augmente de plus d'1,5°C en 2030. Et autant dire que les changements préconisés sont radicaux… Parmi d'autres : "Interdiction immédiate de vendre des véhicules neufs pour un usage particulier", "mise en place d'un couvre-feu thermique entre 22h et 6 h", "interdiction de la construction de nouvelle maison individuelle" ou encore, "interdiction de tout vol hors Europe non justifié dès 2020, avec deux vols aller-retour autorisés par jeune de 18 à 30".
LIMITER LA CASSE
Bien conscients de la portée hautement hypothétique de leurs propositions, les auteurs du document les déclinent comme "un scénario idéal, mais peu réaliste". "Il ne s’agit ni de proposer un programme réaliste économiquement, ni de proposer un programme souhaitable socialement, ni de proposer un programme jugé acceptable politiquement. Notre objectif est d’aider à comprendre l’ampleur des efforts à réaliser afin que chacun puisse juger de leur faisabilité ou de leur réalisme dans le contexte actuel", mettent-ils en garde en introduction.
Dans l'hypothèse d'une démographie qui ne fasse l'objet d'aucune régulation significative, et en excluant l'hypothèse d'un changement brutal dû à un événement historique ou scientifique, les auteurs estiment que les Français devraient réduire leur empreinte carbone au tiers de ce qu'elle est aujourd'hui pour suivre la trajectoire dessinée en octobre dernier par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Le rapport du GIEC affirmait qu'il était encore possible de limiter le réchauffement de la Terre par les gaz à effet de serre à 1,5°C en agissant dans les dix années à venir. Raréfaction de l'eau, crises alimentaires, propagation des maladies, disparition d'espèces : ces maux frapperont le monde de toute manière. Il ne s'agit là que de limiter la casse. Pour l'heure, nous nous dirigeons selon le GIEC vers une augmentation de 3°C de la température moyenne sur Terre.
FIN DU MODÈLE LIBÉRAL MONDIALISÉ
Le modèle ébauché par B&L pour éviter l'étuve et endiguer la catastrophe demanderait donc un grand chambardement, avec des privations et des obligations strictes. L'économie libérale mondialisée en prendrait ainsi un sérieux coup. Il s'agirait, par exemple, d'instaurer des quotas sur les produits importés (café, chocolat, thé), de diviser par trois la consommation de flux vidéo sur Internet d'ici à 2030, ou de "relocaliser la production" de l'industrie textile. L'agriculture et l'élevage intensifs connaîtraient eux aussi une refonte totale, avec une réduction de la consommation de viande de 90 kg à 25 kg par personne et par an, multiplication par huit du taux de conversion de parcelle à l'agriculture biologique, ou encore le remplacement des places de parking par des potagers.
Lucide, B&L conclut que "faire accepter à la population un ensemble de mesures complet aussi ambitieux est improbable", et qu'"obtenir un portage politique national semble impensable". Ne serait-ce qu'en matière d'emploi, pareille conversion semble hors de portée. "Cela nécessite la création de 1 à 2 millions d’emplois en 5 ans, souvent localisés, soit près de 5% à 10% de la population qui doit se former, changer d’emploi et éventuellement déménager", explique le bureau d'étude. Une gageure.
"Cette grande transition, ce changement de paradigme ne se fera pas sans difficultés, sans conséquences sur nos modes de vies, se heurtera à nos barrières cognitives et entraînera certainement des rejets massifs", prévoient les auteurs. Ils préviennent cependant: "Malgré tout, ne rien faire serait pire." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CLIMATOMANIA 

Les changements préconisés sont radicaux: "Interdiction immédiate de vendre des véhicules neufs pour un usage particulier", "mise en place d'un couvre-feu thermique entre 22h et 6 h", "interdiction de la construction de nouvelle maison individuelle" ou encore, "interdiction de tout vol hors Europe non justifié dès 2020, avec deux vols aller-retour autorisés par jeune de 18 à 30".
"faire accepter à la population un ensemble de mesures complet aussi ambitieux est improbable", et qu'"obtenir un portage politique national semble impensable"."Malgré tout, ne rien faire serait pire."
A bon entendeur salut!
C'est  fort sympathique de se mobiliser pour le climat et d'applaudir les marcheurs/brosseurs qui s'inquiètent à juste titre pour leur/notre avenir. Autre chose est de changer radicalement son comportement et son profil de consommateur de viande, de voyages, de chauffage etc. Pas sûr du tout que tous ces joyeux marcheurs soient résolus à se remettre radicalement en question. Il le faudra pourtant.
MG

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