mardi 19 février 2019

Syrie: les Européens s'inquiètent des menaces voilées de Donald Trump

  Isabelle Lasserre  (Figaro)

Donald Trump veut que les Européens rapatrient leurs djihadistes prisonniers
Le président américain a appelé plusieurs pays européens à rapatrier leurs ressortissants djihadistes en Syrie. Cette demande arrive alors que les États-Unis doivent retirer 2000 soldats de la lutte contre Daech.
Le président américain appelle ses alliés à rapatrier leurs djihadistes, faute de quoi ils pourraient être libérés.
En général, le chaos sur le terrain se traduit par un désordre diplomatique dans les grandes enceintes internationales. Surtout s'il s'agit de la Syrie et du Moyen-Orient. L'édition 2019 de la conférence sur la sécurité de Munich n'aura pas échappé à cette règle. Loin d'avoir éclairci les esprits et dégagé des pistes pour l'avenir, la bataille finale en cours contre Daech met une nouvelle fois en lumière les antagonismes et la confusion qui règne entre les forces et les puissances engagées directement ou indirectement en Syrie.
L'annonce, faite en décembre par Donald Trump, du retrait prochain des troupes américaines de Syrie, où elles étaient la colonne vertébrale de la coalition internationale contre les djihadistes, a rebattu les cartes maintes fois tournées et retournées du Levant, semé le doute et l'inquiétude parmi les responsables et les diplomates.
Les alliés européens de l'Amérique n'ont pas caché leur incompréhension vis-à-vis de la stratégie américaine. «Je ne comprends pas: comment pouvez-vous avoir une attitude ferme contre l'Iran et vouloir quitter la Syrie» où grandit l'influence iranienne, s'est interrogé Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, face au sénateur Lindsey Graham. L'Iran a d'ailleurs été au cœur du discours prononcé par le vice-président américain, Mike Pence, qui le considère comme «le principal sponsor du terrorisme» dans le monde. «Le temps est venu pour nous d'agir», a-t-il affirmé, exhortant au passage les Européens à se retirer à leur tour de l'accord nucléaire! Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, lui a répondu le lendemain en déplorant que son pays soit devenu «la cible d'une obsession américaine».
LE SENTIMENT DE CONFUSION A ÉTÉ AGGRAVÉ PAR LES DÉCLARATIONS CONTRADICTOIRES DES RESPONSABLES AMÉRICAINS
Le sentiment de confusion a été aggravé par les déclarations contradictoires des responsables américains. «Nous changeons de tactique mais pas de stratégie au Moyen-Orient», a assuré Mike Pence, qui promet que les États-Unis maintiendront une présence militaire dans la région, qu'ils continueront à travailler avec leurs alliés pour lutter contre les djihadistes et empêcher qu'ils ne redressent la tête. La différence, selon lui, tient en une phrase: «Nous aborderons chaque nouveau défi les yeux ouverts. Nous voulons voir le monde tel qu'il est et pas tel que nous aimerions qu'il soit.»
Le lendemain, le représentant spécial des États-Unis en Syrie, l'ambassadeur James Franklin Jeffrey, a tenté de rassurer ses alliés inquiets en promettant que le retrait de Syrie ne serait pas «abrupt» mais «bien ordonné» et «progressif».
Mais au même moment, dans un tweet nocturne, Donald Trump a prié les Européens de rapatrier leurs djihadistes prisonniers en Syrie pour les juger à Paris, Berlin ou Londres. L'État islamique étant sur le point de perdre le dernier territoire de son califat, l'alternative, selon le président américain, serait de les voir se répandre dans le désordre en Europe… Ce dont bien sûr personne ne veut.
À part Angela Merkel, qui avec son discours sincère et inspiré a été saluée par une standing ovation, les responsables européens n'étaient guère en force pour apporter la contradiction à l'Administration américaine sur le sujet syrien ni pour dénoncer l'unilatéralisme américain. Avec le Brexit, les Britanniques ont perdu leur voix et leur énergie diplomatiques. Quant à Emmanuel Macron, pourtant engagé sur le dossier syrien et sur celui de l'Iran, il a annulé son déplacement à Munich pour demeurer sur la scène nationale.
ÉTALAGE DES DIVERGENCES
La conférence de Munich, au sein de laquelle les démocrates occidentaux ont longtemps dominé, s'adapte aux changements des rapports de force dans le monde et enregistre la percée de plus en plus forte des puissances émergentes ou non démocratiques.
Est-ce une bonne nouvelle pour la Syrie? Le nouvel envoyé spécial de l'ONU dans le pays, Geir O. Pedersen, voudrait croire que la nouvelle réalité sur le terrain permettra la réconciliation de toutes les parties. Mais entre les Turcs qui ne veulent pas quitter la Syrie, la Russie qui peine à imposer une solution politique, l'Iran qui pousse les murs du Levant, le régime de Damas qui croit toujours à la force, le sort de Bachar el-Assad qui continue à opposer les acteurs, le ministre de la Défense libanais, Elias Bou Saab, préfère parler d'une «bombe à retardement» pour la région. D'un panel à l'autre, d'une conférence à l'autre, les puissances qui se font la guerre par procuration au Levant - Russie, Turquie, Iran, États-Unis, pays du Golfe… - ont fait étalage de leurs divergences. Au lieu d'amener la paix, les changements sur le terrain - effacement occidental et fin du califat - pourraient au contraire raviver d'anciens conflits et porter en eux les germes de nouvelles guerres. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CACOPHONIE 

Il ne sagit pas d'un détail de l'histoire mais du retour de combattants radicalisés aguerris aux méthodes terroristes les plus cruels. Le bions sens voudrait qu'on dise vade retro. A la porte, pas chez nous. Mais apparemment c'est beaucoup plus compliqué que cela: voyez plutôt...On peut difficilment ne pas être d'accord avec Hans Bonte (SPa) quand il affirme que "la politique de l'autruche domine actuellement. Il est temps de sortir la tête du sable et d'échaffauder une politique cde contrôle relativement aux combattants du SI . Il en va de la sécurité de notre société ", dit-il. Affaires courantes ou pas, le gouvernement doit suivre une politique claire pour protéger nos  citoyens." Selon Jan Jambon (NVA), les pays d'Europe occidentale concernés devraient prendre une initiative xoncertée s'inscrivant dans un " cadre international plus large ". Lui-même pense aux Nations Unies. "Nous avons maintenant une position au Conseil de sécurité de l'ONU et nous pourrions peut-être en discuter là-bas."
Quant à Charles Michel, il consulte ses homologues européens mais il se garde bien de définir une attitude. Il y a péril en la demeure.
MG 

BART DE WEVER SE MONTRE FAVORABLE À UN RETOUR DES COMBATTANTS SYRIENS
Jeanne Poma.
Source: De Morgen, AFP© epa.
Lors d'un débat qui a eu lieu vendredi soir, le président de la N-Va, Bart De Wever, s'est montré favorable à un retour des combattants syriens, comme l'a fait précédemment la France. "Si les circonstances le permettent", a-t-il ajouté. Théo Francken s'oppose, de son côté, à ce retour.

"S'ils ont la nationalité belge, c'est un tribunal belge qui doit décider si elles peuvent ou non revenir"Groen
Lors d'un débat sur le thème de l'immigration, quatre chefs de partis flamands étaient invités à se prononcer sur la question du retour. Bart De Wever semblait disposé à prendre des mesures en ce sens "si l'opération pouvait se dérouler de manière sûre et que les combattants étaient emprisonnés en Belgique".

LE RAPATRIEMENT DES JEUNES
Gwendolyn Rutten (Open Vld) a indiqué que le gouvernement avait déjà fait rapatrier des enfants de moins de 10 ans, mais que la limite avait été atteinte. Groen souhaite avant tout que ces personnes puissent être jugées, que ce soit en Syrie ou en Belgique: "S'ils ont la nationalité belge, c'est un tribunal belge qui doit décider si elles peuvent ou non revenir".

"JE PRÉFÈRE LES AVOIR EN PRISON"
Enfin, le Vlaams Belang s'est fermement opposé à cette idée. Le président Tom Van Grieken a précisé qu'il "ne voulait plus jamais revoir ces personnes", ce à quoi Bart De Wever a répondu qu'il existait des moyens pour éviter des attaques dans notre pays. "Je préfère les avoir en prison", a-t-il ajouté. Theo Francken a indiqué que la plupart des combattants n'avaient plus la nationalité belge.

LA SITUATION EN FRANCE
En France, cette semaine, un Syrien a été mis en examen à Paris et écroué pour "complicité de crimes contre l'humanité" dans son pays, une première en France dans la traque des responsables d'exactions attribuées au régime de Bachar al-Assad.


JAMBON: 'DUBBELE NATIONALITEIT SYRIËSTRIJDERS AFNEMEN LOST NIET ALLES OP'
Knack
N-VA blijft erbij dat ze de Belgische nationaliteit van Syriëstrijders met een dubbele nationaliteit wil afnemen. Voormalig minister van Binnenlandse Zaken en Antwerps Kamerlijsttrekker Jan Jambon geeft wel toe dat het niet 'de oplossing is waar je alles mee oplost, maar het is wel een element dat het hen moeilijker maakt.'
(...)Jambon volgt de partijlijn die voorzitter Bart De Wever eerder al uitzette. 'Het liefst zou ik ze daar laten, en van zij die de dubbele nationaliteit hebben de Belgische afnemen', zei hij maandagochtend. 'Het is waar dat dat niet de oplossing is waar je alles mee oplost', gaf hij toe, 'maar het is wel een element dat het hen moeilijker maakt.'
TRANSITCENTRUM
De N-VA'er is ook voorstander van een soort transitcentrum in of rond het conflictgebied, van waaruit de betrokken Europese landen 'geval per geval' IS-strijders kunnen screenen op identiteit en bepalen naar welk land ze teruggebracht moeten worden. Daar moeten ze dan voor de rechter komen.
Ook CD&V-europarlementslid Ivo Belet is daar voor gewonnen, zei hij eerder in De Ochtend. Het idee komt van professor internationaal recht Jan Wouters (KUL).
Volgens Jambon moeten de betrokken West-Europese landen het initiatief nemen, maar moet het wel ingebed worden in een 'ruimer internationaal kader'. Hijzelf denkt daarvoor aan de Verenigde Naties. 'We hebben nu een positie in de VN-Veiligheidsraad, dus we zouden dat daar eventueel ter sprake kunnen brengen.'
GEEN GUANTANAMO
Voor een Europese versie van het omstreden Amerikaanse detentiekamp Guantanamo Bay past Jambon liever. 'Ik denk niet dat dat in onze cultuur past. Maar we moeten er niet onnozel over doen: de meeste Syriëstrijders zullen hier ooit vrijkomen en dan is dat een gigantische uitdaging.' 


HANS BONTE (SP.A): 'HOOG TIJD VOOR EEN GECONTROLEERD BELEID ROND IS-STRIJDERS'
Knack
17/02/
Kamerlid Hans Bonte (SP.A) reageert zondag zo op het nieuws dat België en enkele andere Europese landen een antwoord zoeken op de Amerikaanse vraag om zo'n 800 Europese Syrië-strijders terug te halen en in eigen land te berechten.

Het is de Amerikaanse president Donald Trump die de oproep zaterdagnacht lanceerde - uiteraard via Twitter. Premier Charles Michel had zondag over de zaak al contact met zijn Britse collega Theresa May, en ook met de Nederlandse premier Mark Rutte en de Franse president Emmanuel Macron zal er contact worden opgenomen. Het is de bedoeling dat er een 'gecontroleerde aanpak' wordt uitgewerkt.
Volgens Hans Bonte domineert momenteel de struisvogelpolitiek. 'Tijd om de kop uit het zand te halen en een écht gecontroleerd beleid rond IS-strijders te ontwikkelen waarbij de veiligheid van onze samenleving centraal staat', zegt hij. 'Lopende zaken of niet, de regering moet een duidelijk beleid ontwikkelen om onze samenleving te beveiligen. Want de kop in het zand steken, is de veiligheid van ons land in gevaar brengen. Zo lopen we het risico dat Belgische en andere Syrië-strijders de Koerdische gevangenissen verlaten en in onze steden opduiken op een moment dat we het het minst verwachten', zegt Bonte.
Hij stipt aan dat ook de voormalige Syrië-strijders die vandaag de gevangenis verlaten, 'grotere aandacht en een veel strakkere opvolging verdienen dan vandaag het geval is'. Het deradicaliseringsbeleid in gevangenissen laat te wensen over, vindt Bonte.
Hij laakt ook het feit dat de regering nog steeds geen beleid heeft om kinderen begeleid te laten terugkeren.



Aucun commentaire: