samedi 16 mars 2019

Grève pour le climat : des milliers manifestants aux quatre coins du pays, 30.000 à Bruxelles


Le Vif
Plusieurs milliers de citoyens se sont élancés dans les rues de nombreuses villes du pays pour sensibiliser les responsables politiques aux dérèglements climatiques, répondant à l'appel à la grève mondiale lancé par la militante suédoise Greta Thunberg. Ils sont 30.000 rien qu'à Bruxelles, selon la police.

UNE VAGUE DE MILLIERS DE MANIFESTANTS DÉFERLE DANS LES RUES DE BRUXELLES
Quelque 30.000 personnes, selon la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles, ont défilé dans les rues de la capitale vendredi à l'occasion de la grève internationale pour le climat, "Global strike for future".
Les manifestants s'étaient donné rendez-vous à 13h00 à la gare du Nord à Bruxelles. L'arrivée du cortège était, quant à elle, prévue à 15h00 à la gare du Midi, où une série de discours devait avoir lieu.
"There is no time to waste", "Act now together", pouvait-on lire sur certaines pancartes, majoritairement en anglais, en tête de cortège.
Encerclée par les caméras, Anuna De Wever, la figure de proue du mouvement Youth for Climate, a qualifié d'historique cette journée de mobilisation mondiale. "Il s'agit d'un signal très fort. Des actions sont menées dans plus d'une centaine de pays. Le mouvement continue de croître", s'est-elle félicitée.
Parmi les manifestants, élèves de secondaire et étudiants du supérieur, devenus coutumiers des rassemblements pour le climat, côtoient cette fois-ci leurs aînés, rassemblés sous les étendards des mouvements "Grands-Parents pour le climat", "Teachers for Climate", ou encore des associations de la société civile comme le CNCD.11.11.11, Greenpeace, Oxfam, Natagora, Amnesty International, Fian et bien d'autres.
Les syndicats colorent également la foule, avec une prédominance de rouge et de vert. Même si ceux-ci n'ont pas déposé de préavis de grève générale comme l'avait souhaité le mouvement "Youth For Belgium", la plupart soutiennent la manifestation à des degrés divers. En queue de cortège, plusieurs partis politiques ont également fait le déplacement, parmi lesquels le PS, Ecolo et le PTB, notamment.
PLUSIEURS MILLIERS DE CITOYENS À MONS
A Mons, le cortège, composé principalement d'étudiants, d'élèves de l'enseignement secondaire, de représentants syndicaux et d'associations de la société civile, s'est mis en marche vers 10h30 au départ de la gare pour converger vers le Marché aux herbes, où la mobilisation doit prendre fin vers 12h30.
Plusieurs actions pour le climat avaient déjà eu lieu à Mons, mais la manifestation de ce vendredi semble de loin la plus populaire, a constaté un journaliste de Belga sur place.

"La pollution atmosphérique tue 800.000 personnes par an en Europe. Si ça continue, on finira par devoir porter un masque anti-pollution pour sortir dans la ville", a souligné une porte-parole, qui a ensuite invité les activistes à se relever "en signe d'espoir et de détermination".
AUSTRALIE: 150.000 MANIFESTANTS DANS LA RUE
Quelque 150.000 personnes, dont beaucoup de jeunes, ont manifesté vendredi dans plus de 50 lieux différents en Australie, dans le cadre de la grève mondiale pour le climat, selon les médias locaux. On a ainsi dénombré 20.000 manifestants à Sydney. Mais les gens se sont aussi réunis à Canberra, Brisbane, Melbourne et Perth.
Vendredi, à l'appel de l'adolescente suédoise et activiste pour le climat Greta Thunberg, 2.052 actions au total ont été ou seront organisées dans plus de 123 pays. Des manifestations importantes ont déjà eu lieu notamment au Japon, en Inde, en Indonésie, en Corée du Sud, à Hong Kong, en Nouvelle-Zélande et même à Vanuatu.
En Europe, de nombreuses marches sont prévues. En Belgique, 33 actions sont programmées, selon Fridays for Future. En Italie, 235 actions sont à l'agenda, en France 216, en Allemagne 199, en Suède 176 et au Royaume-Uni 151.
Plusieurs pays africains sont également mobilisés, notamment en Afrique du Sud, au Nigeria et à Madagascar. Des milliers de jeunes devraient par ailleurs défiler en Amérique du Nord et du Sud. Aux Etats-Unis, 201 événements sont prévus.
La jeunesse française répond à l'appel de Greta Thunberg
"C'est maintenant ou jamais": la jeunesse s'est donnée rendez-vous dans la rue vendredi en France. Des manifestations sont annoncées partout pour réclamer plus d'actions contre le réchauffement climatique.
La mobilisation a commencé dès le matin par endroits, comme à Montpellier sous une forêt de pancartes. Sur le Vieux-Port à Marseille, c'est l'heure des préparatifs avant la marche: "La fonte des glaces, c'est que dans le pastis ! ", "Nique pas ta mer", "Il n'y a pas de planète B" ou encore "Ta planète, tu la préfères bleue ou saignante ? ", lit-on sur des panneaux.
A Paris, l'entrée de la tour de la Société générale à la Défense a été bloquée par des dizaines de jeunes à l'appel du collectif Youth for Climate, qui accuse la banque de financements nocifs à l'environnement dans le domaine de l'énergie. Des ateliers ont été organisés dans plusieurs universités et grandes écoles.
A Clermont-Ferrand, plus de 2.000 jeunes ont défilé derrière une banderole "Mangeons le système, pas le climat". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GRETA PROCHAIN PRIX NOBEL DE LA PAIX? 

Greta Thunberg aura sûrement le Nobel de la paix même si l'inventeur de la dynamite, son compatriote doit se retourner dans sa tombe.
Il m'arrive de penser qu'on est tous sur le Titanic et que déjà les musiciens se sont installés pour jouer sur la poupe du paquebot touché à mort. Edgar Morin, ce sage chenu et prophète de la complexité,  estime que tout est foutu à moins que surgisse  une facétie de l'imprévisible.
Et si c'était elle, l'envoyée de l'imprévisible, la petite autiste au visage rond, au regard intense  et à la tresse baladeuse.  La lanceuse d'alerte, la donneuse d'alarme, à la voix aigrelette serait elle la Jeanne d'Arc du climat que la planète attendait? Seul l'avenir nous le dira. Un sursaut éthique est nécessaire, elle nous le dit avec cette voix d'enfant qui s'exprime dans un excellent anglais. " Il faut se battre pour sauver la nature. Mais c’est aussi nous qu’il s’agit aujourd’hui de sauver. Nos civilisations. Notre espèce".
MG  

 
GRETA THUNBERG VERTEMENT CRITIQUÉE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX À CAUSE D'UNE PHOTO QUI REFAIT SURFACE...
Du haut de ses 16 ans, Greta Thunberg, une jeune Suédoise atteinte du syndrome d'Asperger, est devenue l'égérie de la lutte contre les dérèglements climatiques. Son attachement à la défense de l'environnement et sa virulence à l'égard de l'inaction des politiques en matière de climat a fait des émules. Depuis la diffusion de son discours engagé à la tribune des Nations-Unies lors de la COP24, le 15 décembre dernier, Greta Thunberg est devenue un modèle pour de nombreux jeunes concernés par les enjeux climatiques. Son engagement envers la cause écologiste l'a même propulsée au rang des nominés pour le prix Nobel de la paix ce jeudi 14 mars, alors qu'elle fut, quelques jours plus tôt, désignée femme de l'année en Suède.
La prise de conscience écologiste n'a cessé de s'accroître ces derniers mois face à plusieurs constats accablants, mis en lumière notamment par le rapport du Giec en octobre dernier. Dans celui-ci, des prévisions alarmistes étaient mises au jour, dans la mesure où nous nous engagions vers un réchauffement climatique chiffré à +1,5°C d'ici 2050. Depuis le 2 décembre dernier, jour de la première "marche pour le climat" en Belgique, des milliers de jeunes et moins jeunes marchent chaque semaine pour "sauver la planète". À travers le monde, des marches fleurissent également. Leur inspiration commune? Greta Thunberg.
Mais celle devenue figure de proue de la lutte pour l'environnement ne fait pas l'objet que d'éloges. Sur les réseaux sociaux, l'adolescente a été confrontée à de virulentes critiques depuis sa nomination au prix Nobel de la paix. Certains n'hésitent pas: " Notre société est vraiment foutue, tu sèches les cours (...) et on te propose pour le Nobel de la paix", " Greta Thunberg et la prix Nobel de la paix. L'ère du vide prend tout l'espace", peut-on lire notamment.

Ce vendredi, plusieurs internautes ont mis en doute l'intégrité de l'icône de la lutte pour le climat. Sur une photo non datée, non localisée et diffusée sur Twitter, on peut voir la jeune fille de 16 ans déguster un sandwich à l'intérieur d'un train. Seul hic? La tablette de Greta Thunberg est recouverte d'emballages plastiques, aux côtés desquels se trouvent deux gourdes réutilisables. Il n'en fallait pas moins pour semer la consternation chez certains, qui n'hésitent pas à piquer: " L'icône de l'écologie, #GretaThunberg "bouffe" que du sous plastoc (...) L'écologie bizness a bien fait son endoctrinement prévu il y a des décennies", commente l'un d'entre eux. Néanmoins, rien n'indique où, quand et dans quel contexte la photo a été prise.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUE CELUI QUI JAMAIS N'A CONSOMMÉ DES ALIMENTS EMBALLÉS DANS DU PLASTOCHE LUI JETTE LE PREMIÈRE PIERRE. 

Décidément les réseaux sociaux sont, comme la langue d'Esope la meilleure et la pire de choses. Nous y reviendrons avec un post sur le tueur néo zélandais. Il me semble, mais je ne suis sans doute pas objectif, qu'ils sont plus souvent la pire expression des propos du café du commerce. J'en appelle une fois de plus à l'esprit critique et au discernement.
Chacun jugera.
MG

UNE OPINION DE SÉBASTIEN FILORI GAGO, ÉTUDIANT EN DROIT.
La Libre

Une des questions que l’on pose le plus souvent à toute personne un tant soit peu engagée dans la cause environnementale, c’est celle de l’espoir. T’es plutôt optimiste, ou pessimiste ? Cela n'a aucun sens.

Bien qu’il soit normal de la poser, cette question n’a aucun sens. Elle n’a aucun sens, tant elle lisse et rabote la complexité du problème climatique. Il y a plusieurs niveaux sur lesquels le pessimisme et l’optimisme forment des options possibles.
Celui de la raison, d’abord. Demander notre niveau d’espoir sur l’ampleur objective des bouleversements qui nous guettent, c’est comme demander si on pense qu’il va pleuvoir quand des gouttes battent déjà sur les carreaux. Oui, il va pleuvoir. Fort. Et on n’a plus beaucoup d’emprise là-dessus. Et si je comprends que tout le monde n’ait pas envie de plonger les bras dans l’effrayante boue des données sur notre avenir climatique, il faut au moins tuer tout espoir et illusion naïve sur ce point, et avoir le courage de l’admettre : oui, ça va être rude. Ce n’est pas du pessimisme, c’est du réalisme. Se voiler la face sur le plus grand consensus scientifique de l’histoire ne pourra que nous pousser à adopter des stratégies inadaptées à l’immensité du défi. Et à voler de déceptions en découragements.
Mais, et ce mais est capital, si l’on a peu d’emprise sur le déluge qui va nous tomber dessus, on garde un certain contrôle sur notre réaction face à la situation. Va-t-on va paniquer, va-t-on continuer à boire et à manger confortablement jusqu’à la noyade, va-t-on renforcer notre toit, va-t-on prier, va-t-on installer une double serrure, va-t-on laisser rentrer les désœuvrés restés dehors sans parapluie ?
Du plan de la raison, on passe ici à celui de la volonté. "Il faut allier le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté", écrivit le révolutionnaire italien Antonio Gramsci en 1929. En d’autres termes : ça va être difficile, mais ça ne va pas nous empêcher de faire de notre mieux quand même. Cette phrase, écrite à l’époque en pensant aux luttes socialistes, doit prendre aujourd’hui une résonnance nouvelle pour faire vibrer en tout le monde la corde du courage lorsqu’elle se fait silencieuse. Au-delà des lignes partisanes.
ON N'A PAS D'AUTRE CHOIX QUE D'ESPÉRER
Optimiste ou pessimiste, donc ? Si je n’ai pas le choix d’être pessimiste sur l’étendue des dégâts, je n’ai pas non plus le choix d’être optimiste sur le fait que l’on va toutes et tous faire de notre mieux pour les limiter et s’y adapter. Cela ne veut pas dire qu’il faut être naïvement convaincu que tout le monde cherchera des solutions, ou en trouvera. Cela veut dire que l’on n’a pas d'autre choix que d’espérer, d’y croire.
Parce que sans espoir, que nous reste-t-il ? Si on laissait l’espoir nous quitter, on se laisserait dériver et on viendrait rejoindre les rangs des coupables. Comment serons-nous jugés, si l’on n’essaie même pas ? "Même si je savais que demain le monde tomberait en morceaux, je planterais quand même mon pommier", écrivait Luther. La noirceur des nuages qui approchent ne dispense pas une génération du devoir moral de planter les arbres qui permettront à la suivante d’en récolter les fruits.
LA SURVIE
Si j’ai espoir, c’est aussi parce que l’être humain, s’il a plus tendance que d’autres espèces à se perdre dans les méandres de son esprit tourmenté, finit toujours par se raccrocher hargneusement à son instinct de survie, et à lutter. L’espoir n’est pas un choix. Il fait partie de notre nature.
Si j’ai espoir, c’est aussi parce que ce qui nous concerne aujourd’hui n’est pas une lutte sociale comme une autre, que notre position dans la société nous donne l’obligation de mener ou le luxe de délaisser. C’est la seule lutte qui concerne l’absolue entièreté des êtres qui peuplent notre planète. Il faut se battre pour sauver la nature. Mais c’est aussi nous qu’il s’agit aujourd’hui de sauver. Nos civilisations. Notre espèce. Avec ses atroces défauts, mais aussi avec ses arts, ses histoires, son amour, ses sciences, ses religions, ses sports, ses philosophies… Tout ce qu’elle a produit de beau et de sincère, et qui vaut tout comme la nature la peine d’être sauvé.
UNE FORCE ÉVEILLÉE
De l’espoir, on en a d’ailleurs déjà à se mettre sous la dent. Les enfants du XXIème siècle nous en donnent. Ces enfants qui n’ont pas vécu une seule année sans cette urgence existentielle au-dessus de la tête et qui allument aujourd’hui un des plus grands mouvements de protestation jamais vus. Les adultes aux avant-postes de la lutte depuis des décennies, qui continuent la lutte les poings tendus plutôt que les bras baissés, nous en donnent aussi.
Alliée à un réalisme cynique, une volonté pleine d’espérance, laissant tomber le confort douillet d’une naïveté réconfortante mais aveugle pour enfiler sa tenue de combat, se transforme en une force éveillée, puissante, inarrêtable. Parce qu’elle n’a plus de temps à perdre. Parce qu’elle n’a plus rien à perdre.
Cette force poursuit son inexorable marche en avant le 15 mars 2019. Nous ne défendons pas la nature. Nous sommes la nature qui se défend.
Titre et intertitres sont de la rédaction. Titre original : "La question de l’espoir"
Contribution externe

MARCHE POUR LE CLIMAT 2019 : L'ANTI MAI 68?

Guillaume Dos Santos
Citoyen et jeune père de famille (La Libre Belgique)

L'image d'une jeunesse qui se rebelle contre un système en place a quelque chose d'intemporel, de quasi mythique. Que signifie être jeune, sinon cette impétuosité candide et cet idéalisme brouillon qu'on retrouve à la base de la plupart des mouvements de contestation portés par la jeunesse?

L'un des slogans les plus célèbres de Mai 68. © GéRARD AIME/Gamma-Rapho via Getty Images
On peut critiquer à l'envi le manque de cohérence de ces jeunes qui manifestent le jeudi matin pour retrouver l'après-midi les habitudes de consommateurs grégaires qu'on attend d'eux. On pourrait ergoter sans fin aussi sur le fait que cette manifestation ait lieu pendant les heures de cours -et je crois sincèrement que c'est une critique qui est légitime et dont on aurait tort d'abandonner le monopole aux réactionnaires grincheux. Mais on ne devrait pas oublier que c'est le propre de la jeunesse que de se montrer prompte à la désobéissance, et que c'est aux adultes qu'il appartient de l'éduquer à la cohérence et à la rationalité.
C'est par souci de cohérence, et dans une quête de rationalité, que j'ai voulu m'intéresser à l'essence du message des marches pour le climat. Un mouvement dont il convient de saluer la persévérance, quand l'époque est au pessimisme et au découragement ; l'idéalisme, quand le pragmatisme macronien et l'obsession du chiffre sont constitutifs de l'esprit de notre temps ; l'engagement, enfin, qui répond au chacun pour soi festiviste et individualiste des décennies passées. "Chacun chez soi, et les hippopotames seront bien gardés" était l'injonction d'hier, mais les jeunes qui marchent aujourd'hui à Bruxelles et ailleurs ont compris que nous habitions tous une maison commune.
Ce qui distingue Mai 68 et les marches de 2019 : le concept de limite
Certains ont pu comparer ce mouvement à Mai 68, à tort selon moi. En 68 comme aujourd'hui, on entend une certaine remise en cause de l'ordre établi, la critique d'un système qualifié de capitaliste et d'un mode de vie consumériste. Mais la ressemblance s'arrête plus ou moins là.
La réaction du monde politique, en elle-même, est assez révélatrice de l'esprit du temps : répression en 68, récupération en 2019. La jeunesse de 68 bloquait les universités et jetait des pavés sur les CRS, tandis qu'aujourd'hui les écoles ne sanctionnent pas les absences répétées des élèves et que toute l'élite actuelle cherche à s'associer au mouvement en cours, non sans se faire gronder face caméra par une adolescente de 16 ans.
Ce qui distingue fondamentalement les deux mouvances, si l'on peut les qualifier ainsi, c'est en réalité le concept de limite. Les jeunes qui marchent aujourd'hui ont pris conscience de la finitude de nos ressources et des limites qui sont les nôtres. Une attitude qui tranche avec celle des révolutionnaires de 68 qui appelaient à "jouir sans entrave" et scandaient qu'il était "interdit d'interdire". Mai 68, de par ses idéaux libertaires, a constitué une remise en cause profonde de l'autorité et de tout ce qui pouvait représenter une contrainte, une entrave, une limitation aux aspirations individuelles.
Aux utopies anarchistes de l'autogestion généralisée a succédé aujourd'hui une génération qui demande à l'État d'agir pour préserver un écosystème menacé. Ce sont deux attitudes radicalement différentes : l'une s'attache à une jouissance individualiste et débridée, l'autre cherche à s'organiser ensemble pour préserver notre maison commune, dont les équilibres sont menacés par l'activité humaine.
Un être fini dans un environnement limité
L'homme est un être fini dans un environnement limité. C'est autour de cette notion de limite que devrait s'articuler l'écologie.
Une notion qui appelle à la sobriété des modes de vie, à l'humilité de nos sociétés face à la beauté de la création et au respect des équilibres du vivant, en ce compris ceux de nos propres corps.
(...)
Tout est lié. Et si tout est lié, on ne peut disséquer le rapport au réel de l'être humain en ses composantes environnementale, sociale et bioéthique. Ces trois relations qui affectent l'être humain - avec son environnement, avec la société et avec lui-même - doivent s'appréhender de concert, dans une inlassable quête d'harmonie. Tout est lié. Et c'est le sens même du mot "écologie" que de chercher à appréhender les contraintes, c'est-à-dire les limites, qui sont constitutives de cet équilibre qui noue les choses ensembles.
S'ÉMERVEILLER À NOUVEAU
Face au paradigme technocratique, au sein duquel la Nature n'est perçue que comme un bien à conquérir, transformer et vendre, il convient enfin d'opposer une autre attitude : celle de l'émerveillement. (...)

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