vendredi 29 mars 2019

Les 3 questions qui déterminent notre destin.


Jacques Attali, sur son blog 

Que puis-je faire pour les autres ? Que puis-je faire pour moi-même ? Qu’est-ce que les autres peuvent faire pour moi ?
Suivant l’ordre dans lequel un individu, une entreprise, une nation se posent ces trois questions, quel que soit son environnement ou sa situation sociale, on peut à peu près tout deviner de son destin :
Ceux qui prennent en main d’abord leur propre futur sont ceux qui réussiront le mieux leur vie, quelles que soient leurs prédispositions et leur environnement social. Ceux qui aident le plus les autres sont ceux qui auront le meilleur impact sur le monde. Enfin, ceux qui ne font que demander ce que les autres peuvent faire pour eux, qui passent leur vie à réclamer, auront renoncé à avoir un impact sur leur propre vie et sur celle des autres.
Qu’on ne me dise pas que la hiérarchie de ces questions est déterminée par le milieu social ; qu’on n’affirme pas que la pauvreté condamne à se contenter de réclamer, à attendre tout de la société et des autres. C’est faux. Je rencontre tous les jours des jeunes gens venus de milieux sans espoir, de familles brisées, de logements exigus, de lointains pays, qui se sont pris en main, parfois avec l’aide de professeurs ou de soutiens particulièrement bienveillants, et qui ont réussi des études de très haut niveau, rendues plus difficiles encore par les conditions dans lesquelles ils ont dû étudier. Je rencontre aussi tous les jours des gens venus des milieux sociaux les plus favorisés qui ne font que réclamer ce qu’ils n’ont jamais cherché à obtenir par leur travail. Et qui finissent leur vie dans la déchéance et l’amertume.
Même si le milieu socioculturel augmente massivement les chances de réussir, c’est la volonté de se prendre en main qui détermine le destin de chacun.
Et quand j’entends expliquer que le QI serait le déterminant essentiel de la réussite individuelle, que de cette mesure dépendrait le destin de chacun dans le monde à venir, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est quelque chose de beaucoup plus important encore que cette mesure, qui est la volonté de s’occuper de soi-même, de se donner les moyens de réussir, malgré toutes les difficultés.
La volonté est le principal des dons. C’est elle qui permet de réussir, pas de soi-disant dons physiques ou intellectuels.
Cette volonté, cette « gnaque » (qu’on trouve chez les artistes, chez tous les gens ayant une vocation, quelle qu’elle soit, et chez tous ceux ayant la volonté d’échapper à leur condition), est bien plus importante que tout. Elle peut s’acquérir. Et c’est cela surtout qu’on peut apporter aux autres, en répondant à la deuxième question : leur faire prendre conscience qu’ils sont uniques, et leur donner la confiance nécessaire pour se prendre en main.
C’est même la seule chose qu’on peut réclamer d’une société : non qu’elle vous assure un revenu décent quoi qu’on fasse, mais qu’elle crée les conditions pour que vous puissiez former un projet de vie et le réaliser. C’est la fonction essentielle du politique, que de donner à chacun l’envie et les moyens de se réaliser.
Ceux qui ne veulent pas admettre qu’ils tiennent entre leurs mains les clés de leur propre destin, et qui ne font rien pour aider les autres à réussir, se condamnent à échouer et, accessoirement, à détester ceux qui réussissent : il n’est rien de plus intolérable que de voir les autres faire ce qu’on aurait pu faire soi-même si on en avait eu l’énergie, si on avait pris conscience de sa solitude, si on avait compris que la vie est magnifique, à condition de la prendre comme elle vient, et de se révolter pour en tirer le meilleur, pour soi et pour les générations à venir. 

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C’EST LA VOLONTÉ DE SE PRENDRE EN MAIN QUI DÉTERMINE LE DESTIN DE CHACUN." 

"C’est la fonction essentielle du politique, que de donner à chacun l’envie et les moyens de se réaliser.
Ceux qui ne veulent pas admettre qu’ils tiennent entre leurs mains les clés de leur propre destin, et qui ne font rien pour aider les autres à réussir, se condamnent à échouer et, accessoirement, à détester ceux qui réussissent"
La volonté de vouloir n'est pas donnée à tout le monde.
" L'oiseau n'est pas un docteur es sciences qui puisse expliquer pour ses confrères le secret du vol. Pendant qu'on discute sur son cas, l'hirondelle, sans autres explications, s'envole devant les docteurs ébahis... Et de même il n'y a pas de volonté savante qui puisse expliquer à l'Académie le mécanisme de la décision : mais, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire le monosyllabe Fiat, l'oiseau Volonté a déjà accompli le saut périlleux, le pas aventureux, le vol héroïque du vouloir ; la volonté quittant le ferme appui de l'être, s'est déjà élancée dans le vide. "  Ainsi s'exprimait le philosophe  Jankélévitch dans la "volonté de vouloir", troisième tome de son célèbre "le je-ne-sais quoi et le presque rien."
Rien ne semble plus facile que vouloir mais certains n'y parviennent qu'à grande difficulté, voire pas du tout et c'est dramatique.
Je me souviens avoir entendu  Jacques Attali raconter l'anecdote suivante. La famille Attali habitait à Alger. Le père de Jacques, Simon Attali, un juif autodidacte   qui faisait de bonnes affaires en sa qualité de parfumeur, décida de quitter l'Algérie au début de la guerre d'indépendance en 1956: la valise plutôt que le cercueil. Arrivé à Paris, il choisit de s'installer rue de la Pompe, pour y développe la distribution de parfums.  dans un quartier choisi pour sa proximité avec un  lycée d'excellence pour y inscrire ses fils jumeaux âgés alors de douze ans. Le proviseur refuse d'inscrire les deux garçons prétextant que  les délais d'inscription sont largement dépassés. Qu'à cela ne tienne, Simon entre dans la première bonne librairie et achète "un mètre de Pléiades" qu'il offre à ses fils. "Vous lirez ça avant de rejoindre l'école l'an prochain." Cette pédagogie hardie et rude  d'un père auto didacte volontariste  portera ses fruits.
Les jumeaux Jacques et Bernard suivront des études au lycée Janson-de-Sailly, En juillet 1963, Jacques Attali se classe 43e ex æquo au concours d'entrée de l'École polytechnique (1963) . Il en sortira  major en 1965 ce qui lui permet de devenir ingénieur du Corps des mines (1965-1968).  Il suit en parallèle la formation de l'Institut d'études politiques de Paris dont il est diplômé en 1967 (section service public)  Puis il intègre l'ENA et termine classé 3e de la promotion Robespierre (1968-1970) En 1970, à sa sortie de l'ENA, âgé de 27 ans, il devient auditeur au Conseil d’État.
Il soutient en 1972 un doctorat d'État en sciences économiques de l'Université Paris-Dauphine
En 1972, à vingt-neuf ans, il publie ses premiers livres. La suite est connue. Sa botte  secrète? Il le révèle dans cet article: c'est tout simplement  sa formidable  volonté de vouloir.
Assurément, Simon a réussi "à faire  prendre conscience à ses fils  qu’ils sont uniques, et leur donner la confiance nécessaire pour se prendre en main."
"La volonté est le principal des dons. C’est elle qui permet de réussir, pas de soi-disant dons physiques ou intellectuels."
Que puis-je faire pour les autres ? Que puis-je faire pour moi-même ? Qu’est-ce que les autres peuvent faire pour moi ?
Pas un mot de tout ceci dans le pacte d'excellence. La réussite scolaire et la réussite tout court est d'abord et avant tout subordonnée à la force de caractère. Celle ci se forge en famille et dans les salles de sport, sur les terrains de foot, de hockey ou de tennis ou encore en apprenant très jeune la maîtrise d'un instrument. L'échec scolaire résulte toujours  d'un déficit de volonté. Qu'on se le dise.
MG

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