mercredi 13 mars 2019

Michel De Maegd (RTL), le candidat surprise du MR aux élections


FRÉDÉRIC CHARDON
La Libre Belgique 

Le présentateur du JT du soir de la chaîne privée sera en troisième place pour la liste bruxelloise fédérale.
Le MR cherchait à faire une grosse prise venue de la société civile pour booster sa campagne électorale. C’est désormais chose faite : à bonne source, on nous confirme que Michel De Maegd, le journaliste vedette de RTL-TVI et présentateur du JT du soir, va rejoindre les rangs des libéraux. Le MR devrait l’annoncer ce mercredi matin lors d’une conférence de presse organisée spécialement à cet effet.
Michel De Maegd figurera en très bonne place : en troisième position sur la liste fédérale à Bruxelles, derrière le vice-Premier ministre Didier Reynders (à la première place) et la ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès (à la deuxième place).
Vu la position de choix qui lui a été octroyée, il est hautement probable que le présentateur du JT de la chaîne privée passe la prochaine législature en tant que parlementaire MR de la Chambre des représentants.
Toujours selon nos infos, Michel De Maegd a déjà averti RTL qu’il s’engageait en politique active et qu’il ne pourrait donc plus travailler comme journaliste au sein des rédactions du groupe audiovisuel (il est également présent en radio, sur Bel-RTL).
Pour le MR - et singulièrement pour le MR bruxellois -, cette arrivée résonne comme une nouvelle positive après le douloureux processus interne qui a finalement abouti à la désignation des têtes de liste. Pour rappel, les incertitudes qui pesaient sur la sélection des têtes de liste à Bruxelles et à l’Europe avaient ravivé la guerre des clans ("reyndersiens" contre "micheliens"). Le Premier ministre Charles Michel, qui a remplacé Olivier Chastel à la présidence du MR il y a trois semaines, aurait souhaité que Didier Reynders, par ailleurs candidat au poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe, mène campagne pour le Parlement européen et non au fédéral. Mais Didier Reynders n’en avait aucune envie…
Un accord avait pu être trouvé : le vice-Premier ministre restait candidat à la Chambre, tandis qu’Olivier Chastel prenait la tête de liste aux élections européennes. Quant à Charles Michel, il se présentera dans sa circonscription du Brabant wallon mais récupère la présidence du MR.
Série noire pour les bleus
Toutefois, les choses étaient à peine rentrées dans l’ordre que le sénateur Alain Destexhe annonçait (dans La Libre) qu’il quittait le MR et lançait sa propre formation de droite ("Listes Destexhe"). Plusieurs personnalités libérales ont annoncé depuis lors qu’elles rejoignaient son nouveau parti. Mardi, Alain Destexhe a également annoncé que le spécialiste en terrorisme Claude Moniquet le rejoignait également : il tirera la liste pour les régionales à Bruxelles.
Pour le MR, toutes ces péripéties de campagne accentuent la pression, en particulier à Bruxelles où les libéraux avaient déjà été mis en difficulté aux élections communales. Avec l’arrivée de Michel De Maegd, le MR espère contrebalancer cette série de mauvaises nouvelles.

Frédéric Chardon 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA SURPRISE DU CHEF 

Panique à bord du vaisseau MR.
Richard Miller est prié de monter en première ligne pour rassurer l'aile socio libérale. Pire:  Un nouveau journaliste TV vedette Michel De Maegd est appelé à la rescousse comme autrefois Luc Beyer ou  Florence Reuter. La ficelle est énorme et elle sera d'un médiocre secours pour séduire l'électorat bruxellois issu de la diversité, celui qui précisément boude tout ce qui s'inspire de al NVA ou du Belang.
En effet ce qui peut marcher à Waterloo et séduire à Wavre risque de faire pschitt à Bruxelles. C'est absolument pathétique. 


DE LA NÉCESSITÉ D'UN AUTOABÉCÉDAIRE, RÉPONSE À CLAUDE DEMELENNE
Le Vif
Respecter la liberté de pensée est une règle à laquelle on ne peut déroger. Toutefois, la difficulté pour ce qui concerne la pensée de Claude Demelenne, c'est son insaisissabilité. Que pense-t-il ? Que veut-il ? A le suivre depuis longtemps, une chatte n'y retrouve pas ses petits.
En tout cas, il "pisse de la copie". Partout où il se cherche, du "socialisme rebelle" (titre de son entretien de complaisance avec Elio Di Rupo), à un PS qu'il présentait comme une magnifique "exception européenne", en passant par le port de Bruxelles, par le regretté Journal du Mardi, par Ubu-Pan et par un livre contre l'Islam cosigné avec Alain Destexhe, qu'il fait mine, dans une récente tribune, de citer sans y toucher. Certainement veut-il marquer un territoire, le sien : besoin logique. Mais vous, retrouvez-vous dans son apologie de la N-VA comme parti de la grande ouverture de l'humanisme pluriculturel et féministe, le fil logique suivi par celui qui écrivait il y a peu, à propos de Laurette Onckelinx : "Puisque le PS fait patte douce aux croyants, la note biblique s'impose : cette femme est une bénédiction du ciel. Si elle n'existait pas, les socialistes devraient l'inventer (...) Laurette Onkelinx, c'est le portrait-robot du candidat socialiste idéal" (Pour un socialisme rebelle, suivi d'un entretien avec Elio Di Rupo, p.111-112). A-t-il dès lors demandé à "sainte Laurette" ce qu'elle pensait de l'ouverture N-VA ?
Quant à sa dernière analyse, il est clair qu'il veut dire du mal des libéraux - ce qui est une tentative ou une tentation constante chez lui. Rien de neuf, donc. Sauf que même ça ne coule pas de source, car finalement ce qui ressort quand on le lit, hé bien c'est que le MR est un parti de centre droit assumée, rationnelle et bien plus efficace que nombre de groupuscules inutiles à la droite de l'échiquier. Le MR est un mouvement qui mène depuis des années une politique migratoire équilibrée, qui refuse catégoriquement de détricoter les lois avec des accommodements dits raisonnables, qui respecte les droits et libertés de chacune et de chacun, qui a refusé de jouer la séduction (faire "patte douce" comme dit Claude Demelenne à propos du PS et des croyants) pour attirer les électeurs ne partageant pas les valeurs de notre société laïque et progressiste fondée sur l'égalité de l'homme et de la femme... Enfin, pour le MR l'immigration est un défi qui ne pourra être remporté dans l'efficacité et la dignité que via la collaboration entre les Etats - et pas par les attitudes rodomontesques d'un ex-secrétaire d'État (d'ailleurs, en ce domaine, qu'a pu réaliser Theo Francken en dehors du gouvernement de Charles Michel ? RIEN). Mais cela, Demelenne le démêle en tentant de montrer que c'est mal... Lui qui à propos de l'Islam écrivait : "L'insupportable diabolisation. Un peu partout en Europe et aux États-Unis, ceux qui pratiquent cette religion sont traités de suspects (...) Certains militants anticléricaux du POB avaient pareillement couvert d'opprobre non seulement les évêques, chiens de garde de la bourgeoisie catholique, mais aussi tous les croyants. Le PS n'a pas commis la même erreur avec les musulmans (...) le PS est la formation qui a le plus séduit (je souligne) les Belges de confession musulmane..." (Dico PS de A à Z une exception européenne, p.84). Il faudrait savoir, et d'abord pouvoir comprendre ce que veut Claude Demelenne : une société libre ? Ça n'y ressemble pas. Souhaite-t-il une victoire de la N-VA à Bruxelles ? On pourrait le penser en lisant ce qu'il écrit. Mais non, un tel ralliement serait en contradiction avec ce qu'il écrivait à l'entrée "Séparatisme" de son abécédaire socialiste : "Séparatisme : Le retour des tribus, à l'heure de l'Europe. Un non-sens... 'Ce que la Flandre fait elle-même, elle le fait mieux'. La grenouille séparatiste a toujours voulu se faire plus grosse que le boeuf. Elle monte, elle monte, la sale bête. Mais elle n'a pas encore gagné la partie. Les socialistes flamands sont historiquement antinationalistes. Ils ne monteront pas dans le ridicule wagonnet flamingant, en quête d'une pureté dangereuse" (op. cit., p.135). Force est de reconnaître que ce propos viril ne laissait nullement présager les louanges du nouveau converti ! Celui qui a publié un abécédaire du socialisme devrait penser à écrire un autoabécédaire du louvoiement.
Bon, allez, il y a quand même quelque chose de clair : il rêve d'un échec pour le MR et l'annonce ! D'une certaine façon tant mieux : Claude Demelenne s'est déjà tellement mêlé les pinceaux dans ses réflexions et ses esquisses, il s'est tellement trompé lui-même et ses lecteurs, que s'il avait annoncé le contraire, on pourrait s'inquiéter.
Chers habitants de Bruxelles et de Wallonie, ne prenons pas la vessie de Claude Demelenne pour une lanterne. Examinons les projets politiques, économiques, sociaux et culturels des différents partis capables de répondre aux défis climatiques et aux enjeux sociétaux. Ce sera ensuite l'heure des choix électoraux. Mais ce qui doit nous rassembler, c'est la volonté de transmettre à la génération suivante un monde viable, une économie durable, une démocratie réconciliée.
Richard Miller
Député MR 


L'EXODE DES CLASSES MOYENNES DE BRUXELLES : LE RÉSULTAT D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE
Etienne Dujardin Le VIF 

Coût de l'immobilier, insécurité, congestion... voici plusieurs des raisons évoquées dans l'excellent dossier du journal Le Soir publié ce week-end qui analyse l'exode des classes moyennes bruxelloises depuis plusieurs années.

Chaque année, ce sont des milliers de personnes issues de la classe moyenne qui quittent Bruxelles, provoquant ainsi une paupérisation de la Région et une menace pour les finances des communes. Les majorités successives à la Région Bruxelloise depuis 15 ans n'ont pas aidé les classes moyennes bruxelloises, au contraire.
Prenons l'exemple de l'immobilier et du nouveau système d'abattement. Ce dernier s'il augmente le montant de l'abattement à l'achat pour certains biens, il ne permet notamment plus de déduire son emprunt hypothécaire, ce qui revient sur 20 ans à une perte de l'ordre de plus de 20.000 euros par rapport à l'ancien système pour un couple. De même, il permet de réduire de 21.875 euros les droits d'enregistrement par exemple d'un couple qui achète un premier bien cash à 499.000 euros, mais ne donne droit ni à un abattement ni à une déduction fiscale de son emprunt au couple qui achète à crédit un bien à 501.000 euros. Une famille perd donc 50.000 euros sur 20 ans par rapport au précédent système. Il n'est dès lors pas étonnant de voir de plus en plus de familles partir en périphérie flamande où les droits d'enregistrement sont de 7 % au lieu de 12,5 % à Bruxelles.
En matière de sécurité et d'intégration, il est évident qu'il y a un problème. Les classes moyennes partent, préférant s'installer en périphérie plutôt que dans certains quartiers, car elles ne veulent pas de rues commerçantes dévastées ni d'un tissu économique communautarisé et elles ne veulent pas voir leurs enfants prendre les transports publics tard la nuit dans certaine partie de la Région. La gauche déteste qu'on parle des sujets de l'immigration, de l'insécurité culturelle, de l'échec actuel de l'intégration dans certains quartiers. Elle sait très bien qu'elle est très fragile sur ces sujets et que l'opinion ne suit plus ses positions laxistes. Pour le Ministre-Président Rudy Vervoort : "Bruxelles, n'a aucun problème de sécurité". Il doit être l'un des seuls Bruxellois à penser cela. Au lieu d'être dans le déni en matière de sécurité, le ministre-président de la Région bruxelloise pourrait jouer un rôle plus important. Didier Reynders a lancé l'idée d'un quartier général des forces de police afin d'être plus opérationnel et d'améliorer la coopération entre les zones de police. Il faut redonner un élan à Bruxelles et pouvoir se promener partout en toute tranquillité est l'une des premières libertés à garantir. Enfin, le parcours d'intégration qu'a très longtemps refusé la gauche ne sera obligatoire qu'en 2020. On a perdu beaucoup de temps.
En matière de mobilité, les années de Pascal Smet ont été un désastre. Même des membres de l'actuelle majorité le reconnaissent. Ainsi, Bernard Clerfayt, interrogé ce week-end dans l'Echo, sur le bilan du ministre de la mobilité, répond : "Aucun Bruxellois ne vous dira que la mobilité à Bruxelles fonctionne mieux ". Outre le fait des retards que prennent les travaux sur différents axes importants de la capitale, on ne peut passer sous silence le manque d'entretien des tunnels de la région bruxelloise qui crée de graves problèmes de mobilité. Sans compter le manque de volonté politique depuis des années pour enfin faire émerger des nouvelles lignes de métro dans Bruxelles, ce qui outre le fait d'offrir une alternative en terme de mobilité, permettrait aussi de réduire la fracture du Canal entre le Nord et le Sud se résorbe.
Enfin, le dossier du journal Le Soir ne l'évoque pas, mais certaines familles quittent aussi Bruxelles en raison du décret inscription. Cette réforme bafoue la liberté des parents de choisir l'école de leur choix. Si avant son adoption, des parents pouvaient inscrire leurs enfants dans une école située loin de leur domicile, mais correspondant à leur projet éducatif, c'est aujourd'hui devenu impossible. Ce décret accentue les inégalités sociales au lieu de les diminuer. Des parents quittent donc Bruxelles pour la périphérie en faisant de l'école un critère de choix dans l'achat de leur résidence.
Les élections de mai 2019 seront une décision majeure pour la classe moyenne et les bas revenus. Soit on continue à subir cet exode des classes moyennes et des gens qui travaillent, soit on donne un signal clair pour changer le centre de gravité en Région bruxelloise et mettre les classes moyennes et populaires au centre des priorités politiques.

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