vendredi 8 mars 2019

"Charles Michel doit sortir de la schizophrénie qui caractérise le MR"


7 sur 7

Après la sécession d'Alain Destexhe et la menace de certains réformateurs de créer un "véritable courant libéral", la confusion semble régner au sein du MR de Charles Michel. © photo news.
Le conseiller communal MR Georges Verzin s'est fendu dans Le Vif d'une lettre ouverte au Premier ministre et président du MR Charles Michel lui demandant de clarifier la position du parti, confronté selon le groupe schaerbeekois à une "dérive droitière sans précédent" à laquelle il invite à mettre un terme sous peine de créer un "véritable courant libéral".
Évoquant la proximité d'Alain Destexhe - qui a entre-temps fait sécession - Denis Ducarme et Jacqueline Galant avec la N-VA et Theo Francken, Georges Verzin dénonce le "silence assourdissant" de Richard Miller, Françoise Schepmans et Vincent De Wolf, dont il ne veut pas se rendre complice.
Rappelant que l'ex-présidente du Sénat Christine Defraigne avait permis, avec d'autres libéraux, de faire échouer l'adoption du projet de loi sur les visites domiciliaires, qui aurait constitué un "recul démocratique", et que le Premier ministre Charles Michel s'était montré courageux en allant signer le pacte sur les migrations de l'ONU, Georges Verzin se demande quelle est aujourd'hui la voie suivie par le MR.
QUEL CHARLES MICHEL FAUT-IL CROIRE?
Il interroge le Premier ministre qui a repris le parti en main. "Dans ces conditions, nous exigeons de Charles Michel, Premier ministre et président du MR, de sortir de la schizophrénie qui caractérise aujourd'hui le MR: qui faut-il croire? Le Premier ministre qui défend avec passion ses valeurs humanistes devant la Chambre pour faire voter le pacte de Marrakech? Ou le président de parti qui se tait et laisse des ténors du MR fouler aux pieds les valeurs au nom desquelles nous nous battons? ", s'interroge-t-il.
Le chef de groupe schaerbeekois refuse que le MR fasse de la migration un des thèmes principaux de la campagne électorale, ce qui reviendrait à "fustiger toute la communauté arabo musulmane en faisant l'amalgame entre le comportement extrême de quelques-uns et l'ensemble d'une communauté qui ne demande qu'à s'intégrer davantage au sein de notre pays si nous nous en donnons les moyens". A l'entendre, ce serait aussi renier "totalement le libéralisme social incarné par Louis Michel et Daniel Ducarme", et redevenir "un parti conservateur qui encourage toutes les dérives populistes".
Si tel devait être l'option, les "libéraux progressistes" n'auraient d'autre choix que s'en "distancier" et de former un "véritable courant libéral", prévient-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GEORGES VERZIN, DONNEUR D'ALARME SCHAERBEEKOIS?

Drieu Godefridi : "Pour que le MR se reprenne, il faudrait que le clan Michel abandonne son empire" Intéressant!
Il est clair que l'avenir du MR à Bruxelles est sérieusement plombé par le clivage qui mine le parti et menace sinon son existence à tout le moins son score aux élections de mai prochain, les plus dramatiques de l'après guerre.
Olivier Mouton commente dans le Vif:  "le MR est menacé d'explosion." Nous serions enclin à évoquer plutôt un danger d'implosion. 
Mais examinons l'argumentaire du journaliste du Vif:
"La coalition avec la N-VA, la guerre froide entre Michel et Reynders et l'air du temps écologique coûtent cher aux libéraux francophones. Le départ d'Alain Destexhe n'est qu'un révélateur. En liant son destin à celui de la NVA , "le MR espérait capitaliser sur une politique de centre-droit correspondant parfaitement à son programme, tant sur le plan socio-économique que sécuritaire, tout en se prévalant d'avoir obtenu que le maintien du communautaire au frigo par les nationalistes flamands. Quatre ans plus tard, l'aventure tourne au vinaigre pour Charles Michel qui vient de reprendre la présidence." Ce réflexe de football panique et l'annonce par le franc-tireur Alain Destexhe de la création d'un nouveau parti sont, à l'évidence, révélateurs d'un malaise profond.
"Le parti se craquèle aujourd'hui en raison de forces centrifuges générées à la fois par les incidents de cette législature hors norme, par les effets pervers de la "paix des braves" entre clans Michel et Reynders, ainsi que par un air du temps dominé par les marches climatiques et les sondages favorables aux écologistes. Tiraillé de toutes parts, le parti est menacé d'explosion."
Non pas d'explosion mais d'implosion, ce qui est peut-êytre pire encore.
"C'est à gauche que cela a d'abord chaviré. Pendant toute la législature, les provocations à répétition de la N-VA et de Theo Francken ont mis à rude épreuve l'aile centriste du parti, forcée d'avaler bien des couleuvres. Dans les coulisses, certains ne cachaient pas leur mal-être."
Et voici que le schaerbeekois George Verzin agacé par le clivage qui ronge sa section MR locale depuis des années, ce qui a plombé sa campagne communale, dit désormais tout haut ce que beaucoup de libéraux dit "sociaux" pensent tout bas exprimant clairement un malaise qui couve au MR depuis plus de quatre ans. Sa lettre ouverte au Président Charles Michel a créé une véritable onde de choc au sein du MR.
Autre malaise, étouffé depuis quatre ans : la "paix des braves entre Charles Michel et son vice-Premier ministre Didier Reynders, scellée après la lutte des clans de 2010/11, s'est transformée en "guerre froide".  Assistons nous à une "fronde au sein de la fédération bruxelloise du MR." Tout semble le laisser supposer."
"Le MR a perdu quatre maïorats sur six dans la capitale, le vice-président régional, Boris Dilliès, avait dénoncé le "manque d'implication" de Didier Reynders patron du MR bruxellois durant la campagne. Deux jeunes pousses, Nicolas Vanderstappen et Quentin Van den Eyden ont ensuite, en novembre, décidé de quitter le MR pour former un nouveau parti régionaliste, Jump for Brussels. Une initiative audacieuse et marginale, certes, mais qui montre combien le parti se morcèle." Georges Verzin dans une précédente carte blanche a dénoncé clairement le manque d'implication de Reynders sur le terrain bruxellois et pointé sa non compréhension du phénomène territorial bruxellois.
"Michel, serein, dit que le MR peut retourner les tendances ces trois prochains mois. Ce sera difficile." Et au fil des jours qui passent on  en droit de se demander s'il ne risque pas de vivre une crise existentielle."
A l'évidence, la petite et la moyenne  bourgeoisie viscéralement libérale, a quitté,  quitte Bruxelles ou la quittera à coup sûr. Si le MR veut survivre à Bruxelles,  il doit impérativement séduire la classe moyenne issue de l'immigration c'est à dire ce formidable vivier de petits entrepreneurs qui ont crée, singulièrement dans l'horeca et le secteur du bâtiment des petites PME familiales qui génèrent beaucoup d'emploi. Ce sont des libéraux qui s'ignorent et  qui par manque  d'affinités avec le MR votent ailleurs.  C'est la thèse de Verzin qui à compris , comme du reste l'etterbeekois Vincent De Wolf,  que  Bruxelles est devenue la deuxième ville la plus cosmopolite au monde après Dubai et qui en tirent les conséquences sociologiques et politiques. Même à Anvers il y a désormais plus d'allochtones que d'autochtones n'en déplaise à De Wever et au Belang.  Ni Charles Michel de Wavre, ni l'ixellois Alain Destexhe , ni surtout le Liégeois Reynders, Ucclois d'adoption, ne peuvent, ou plutôt ne veulent  entendre, ni surtout comprendre cela. Et c'est "cela" précisément que Georges Verzin héritier spirituel de Daniel Ducarme et Louis Michel clame désormais haut et fort.
On aurait tort de voir dans cette démarche une quelconque stratégie machiavélique. Verzin ne fait pas un calcul politique à court terme. Il  n'est du reste  pas candidat aux élections régionales de 2019. C'est qu'il est  avant tout un municipaliste de conviction et un réformateur de coeur qui incarne spontanément ce "libéralisme à visage humain" dont veut se targue désormais Charles Michel dans sa posture de président du MR auto proclamé.
La formule est séduisante mais elle ne pourra convaincre l'électeur que si plus qu'un simple slogan, elle s'incarne dans un courant résolument interculturel et intergénérationnel qui, de surcroît ne soit pas indifférent aux préoccupations climatiques exprimées par les jeunes générations. A vouloir  courir derrière la NVA, le MR risque de perdre son âme et sa vocation, celle d'un parti résolument réformateur et proche des gens.
MG


LE NOUVEAU CLIVAGE (JÉRÔME FOURQUET)
MONDE DIPLOMATIQUE

LE clivage gauche-droite est-il dépassé, au profit d’une opposition entre « progressistes » et « conservateurs », « parti de l’ouverture » et « forces du repli » ? Jérôme Fourquet décrit plutôt une superposition du conflit de classes — que reflétait peu ou prou le clivage gauche-droite — et de nouvelles lignes de fracture qui départagent gagnants et perdants de la mondialisation. Parmi ces dernières, la fracture éducative, qui opposerait les diplômés, citadins, hyperconnectés, volontiers « nomades », et les autres, sédentaires, attachés à la notion de frontière et à l’idée de nation. Les diplômés de l’enseignement supérieur, une sorte de nouvelle classe sociale pratiquant l’entre-soi, indifférente à l’intérêt général et plus solidaire de ses semblables du bout du monde que de ses concitoyens déclassés ? C’est ce que Fourquet semble affirmer après avoir observé les cas français, américain, autrichien ou britannique. Au point de donner raison à Christopher Lasch, qui prophétisait dès 1995 la « révolte des élites » : une sécession des détenteurs de capital économique et culturel, et la mise en danger à terme de la démocratie, non du fait des masses mais des privilégiés.
CORALIE DELAUME
JÉRÔME FOURQUET : "L'ENJEU DES ANNÉES À VENIR SERA DE TROUVER LA COHÉSION D'UNE FRANCE FRAGMENTÉE"
France Inter
Jerôme Fourquet, Le politologue et directeur du département Opinion de l'Ifop Jérôme Fourquet publie L'archipel français, aux éditions du Seuil. Fruit de vingt ans d'analyse de la population française, cet ouvrage dresse le constat "d'une France qui s'est morcelée". Un morcellement particulièrement visible "lors des attentats de 2015",explique-t-il au micro de Nicolas Demorand et d'Alexandra Bensaid, ou aujourd'hui avec le mouvement des "Gilets jaunes".
S'il parle d'archipel, c'est parce que Jérôme Fourquet a identifié un schéma qui prévaut, celui d'une "séparation", d'îles fragmentées avec des lignes de clivage qui ne se superposent pas forcément les unes et les autres :
"On peut parler d'une vaste île populaire qui peut s'illustrer dans un certain nombre de territoires par un vote massif pour le front national et qui a rejailli plus récemment avec le mouvement des "Gilets jaunes". Il y aussi toute une analyse sur une sécession des élites avec un regroupement dans le grand centre urbain, la métropole parisienne par exemple mais aussi un certain nombre de villes de province. On a d'autres formes de fragmentations, avec ce phénomène que l'on connaît maintenant depuis une quarantaine d'années qui est celui d'une immigration relativement soutenue et qui a abouti au fait que nous sommes dans une société qui de facto est hétérogène sur le plan socio-culturel."
Jerôme Fourquet : "On est en rupture par rapport à l'histoire de longue durée de la société française".
Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
"ON ASSISTE AU STADE TERMINAL DE LA DÉCHRISTIANISATION EN FRANCE"
Jérôme Fourquet explique l'origine de cette dislocation par la déchristianisation, le catholicisme ayant été un socle fort pour structurer la société française. : "Il nous est apparu que la matrice catholique a été totalement structurante sur une très longue durée, à la fois pour les catholiques mais aussi la société française qui s'est structurée sur un duo pôle 'société laïque et républicaine' vs 'catholique'".
Le phénomène de sécularisation et de déchristianisation n'est pas récent en France, rappelle-t-il, "mais on peut penser qu'on assiste aujourd'hui au stade terminal" : "Au début des années 60, on avait 35% des Français qui déclaraient aller à la messe tous les dimanches, voire davantage. Aujourd'hui, ils sont à peine 5 ou 6 %. On peut penser aussi que d'ici 25 ans, il n'y aura plus de prêtes en France."
Jerôme Fourquet, sur le nombre des catholiques en France, "On est au stade terminal".
Un autre socle fort s'est aujourd'hui atténue : celui du corps électoral communiste, notamment le "communisme municipal". De "20 à 25 % de vote communiste jusque dans les années 70", aujourd'hui ce vote ne structure plus la société française.
En politique, aujourd'hui, la France se rassemble autour de la République en marche et du Rassemblement national et non plus du clivage gauche-droite, un "nouveau paysage électoral" qui que "la mise en conformité de la politique française avec nouvelle fragmentation de la société". "Ces processus de division et de fragmentation nous donnent beaucoup de fil à retordre, c'est tout l'enjeu politique que
Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
LA QUESTION DES "NOUVEAUX PRÉNOMS", les prénoms arabo-musulmans ont été particulièrement scrutés par le politologue qui affirme qu'ils sont "particulièrement donnés par des personnes qui se rattachent à l'immigration" : "Les dénombrer donne donc une idée de l'immigration. Dans les années 1960, on est à moins de 1% de prénoms d'origine arabo-musulmane, on est à plus de 18 % sur les dernières années."
"On peut faire l'hypothèse, au regard des prénoms qui sont donnés, on a un processus moins rapide et beaucoup plus difficile que pour beaucoup d'autres vagues migratoires. Et en même temps on constate que toute une partie de cette immigration a pris l'ascenseur social et est aujourd'hui totalement intégrée."
Dans l'archipel français  Jérôme Fourquet révèle la fracturation socio-culturelle française. Et de se demander: Pourquoi vivons-nous encore ensemble? Ce sera, avec la question écologique, la grande question existentielle du XXIe siècle et dont les réponses ne peuvent qu'être politiques.
Il n'y a plus de fait culturel majoritaire. Il n'y a plus que des minorités. Selon l'auteur de L'Archipel français (Seuil), la France connaît un véritable bouleversement « anthropologique ».Dislocation des références culturelles communes, fin de la matrice catholique, instauration d'une société multiculturelle, sécession des élites, éclatement du clivage gauche-droite… Notre société est, comme jamais, en voie d'« archipelisation ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DE LA VILLE TERRITOIRE A LA VILLE RESEAU

Il est urgent dit Fourquet  de passer de la « ville-territoire » à la « ville-réseaux ». Il faut donc repenser radicalement, le « système urbain ».  comme le fait depuis trente ans le municipaliste  Georges Verzin qui connaît son territoire schaerbeekois comme personne. La vraie question est de savoir si Verzin est en avance d'une guerre ou si c'est le courant réactionnaire Destexhe et associés qui aura le vent en poupe dans les années qui viennent. Il se pourrait bien, selon nous,  que le municipaliste Verzin pose les bonnes  questions existentielle quant à l'avenir de la ville et de Bruxelles en particulier. On attend la suite avec impatience. sauf évolution improbable et comme disait André Colls, c'est souvent l'improbable qui se produit en politique, le MR sera laminé en région bruxelloise par une collusion entre écolo, le PS et défi. 
Drieu Godefridi au Vif : "Pour que le MR se reprenne, il faudrait que le clan Michel abandonne son empire"
MG

Aucun commentaire: