dimanche 31 mars 2019

Vous ne les connaissez pas… ces technos qui gouvernent vraiment la France


Par Étienne Girard et Louis Hausalter  (Figaro)

Ils ne sont pas élus, pourtant ils sont omniprésents dans la prise de décision publique. Avec Emmanuel Macron au pouvoir, les technocrates vivent un âge d'or, au point d'éclipser des politiques de plus en plus marginalisés.
Le grand public ne connaît pas Nathalie Loiseau. Mais, dans le petit milieu des hauts fonctionnaires français, celle qui vient d'être propulsée à la tête de la liste macroniste pour les élections européennes du 26 mai est une rock star. Diplômée de Sciences-Po et diplomate de profession, la désormais ex-ministre des Affaires européennes a navigué pendant vingt-cinq ans de postes en ambassade en postes de direction au Quai d'Orsay, en passant par le cabinet d'Alain Juppé en 1993. Elle a aussi dirigé l'ENA sous le quinquennat Hollande, ce qui faisait d'elle « la mère supérieure des technocrates », a rappelé sur France Inter son ancien collègue Jean-Christophe Rufin. Au passage, l'ex-diplomate et écrivain n'a pas manqué de dézinguer sa désignation : « C'est vraiment tout ce qu'on reproche à l'Europe : la technocratie à l'état pur ! »
De fait, la désignation de « Loiseau la techno » agit comme un révélateur : en Macronie, ce sont eux qui ont le pouvoir. Les hauts fonctionnaires vivent un âge d'or. « Macron était leur candidat. Ils se retrouvaient parfaitement en lui », glisse un énarque sorti récemment dans la « botte », ces meilleures places qui assurent de belles carrières à de jeunes ambitieux comptant à leur actif plus de dissertations que d'expériences de terrain.
Chaque lundi, c'est d'ailleurs un quatuor issu de cette fine fleur technocratique qui se réunit pour décider de la conduite du pays. Emmanuel Macron, énarque et inspecteur des finances, accompagné du secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, énarque sorti à la Direction du Trésor, reçoit le duo qui a la main sur Matignon : le Premier ministre Edouard Philippe, énarque sorti au Conseil d'Etat, et son directeur de cabinet Benoît Ribadeau-Dumas, qui fut… son camarade à l'ENA ...


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA REPUBLIQUE DES ENARQUES

Ils sont tous issus du même sérail sauf Collomb et Hulot, évidemment,  mais voilà, ceux-là ont quitté le navire déjà. Quand les dégoûtés s'en vont il reste seulement...les énarques et l'ex directrice de l'ENA  en tête, Nathalie Loiseau, « la mère supérieure des technocrates »,  l'oiseau  rare, l'oiseau bleu, l'oiseau de proie  qui tirera la liste européenne. Tous des premiers de cordées dont les sans culottes en gilets jaunes verraient volontiers les jolies têtes d'oeuf fichées sur les pointes des grilles de l'Elysée.  Trop d'ENA tue l'ENA, trop de premiers de cordée finiront par  avoir raison de la corde qui les aide à escalader la montagne abrupte.  La Macronie est une République de premiers de classe, de forts en thèmes peu aguerris aux rudesses du paysage politique français qu'ils découvrent tout badigeonné de jaune et très hostile à la potion amère  qu'ils entendent lui administrer.
L'exécutif gaullien à rêvé de fonder l'école nationale d'administration; désormais l'Eunarquie rêve de dominer les Français qui se rebiffent avec violence et détermination. Et la démocratie dans tout ça?
MG

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