mardi 30 avril 2019

Schaarbeekse school sluit hele week: ‘Mensen geloven niet in justitie, wel in complottheorieën’


De politie heeft traangas ingezet om de menigte voor de deuren van School 1 in Schaarbeek uiteen te drijven. Eén vrouw werd naar het ziekenhuis gebracht. De vermeende verkrachting van een 4-jarig meisje blijft de gemoederen verhitten, ook al heeft het parket benadrukt dat er geen zedenfeiten zijn gepleegd. De school wordt voor de rest van de week gesloten.
‘We begrijpen niet waarom ouders de verklaring van het parket niet geloven.’ Gaetano Termine, kabinetschef van de schepen van onderwijs in Schaarbeek, staat ook voor een raadsel. ‘Als politici iets zeggen, weet ik dat mensen het niet altijd geloven. Maar justitie? Ik begrijp het niet.’
Toen vanmiddag de schepen van onderwijs, Michel Van Herde, de verklaring van het parket over het 4-jarig meisje voorlas, suste dat de ouders en omwonenden hoegenaamd niet. Het parket kwam tot de conclusie dat het bloed in de onderbroek van het kind het gevolg was van een infectie, niet van een aanranding. Maar in plaats van rust, kreeg de politie eieren op haar hoofd. Ouders en de politie gingen volgens Het Nieuwsblad  op de vuist. ‘Er is van bij het begin veel desinformatie over de feiten verspreid’, legt Termine uit. ‘Er zijn heel snel geruchten rondgegaan, ouders waren er meteen van overtuigd dat er iets ernstigs gebeurd was. Mensen geloven in complottheorieën, waarbij politiek en justitie betrokken zijn. Men heeft er geen vertrouwen meer in.’
AGITATEURS
Maandag protesteerden ouders voor de deuren van de school met leuzes als ‘neen tegen pedofilie’ en ‘wij willen gerechtigheid’. Het onderzoek was toen nog volop aan de gang, de gebeurtenissen vonden op 25 april plaats, vijf dagen geleden dus.
Ook dinsdagmiddag verzamelden ouders nog steeds voor de school. ‘De situatie trekt mensen aan - agitateurs - van overal uit Brussel. Mensen die geen link met de school hebben.’ De situatie blijft de hele middag gespannen. De politie zette traangas in en er cirkelde een tijdlang een helikopter boven het gebied. 'We hebben bij een manoeuvre om de menigte uiteen te drijven één keer traangas gebruikt', verduidelijkte politiewoordvoerster Audrey Dereymaeker aan Belga. 'Er was een vrouw die op de grond gevallen was en gewond raakte. Zij werd uit voorzorg naar het ziekenhuis gebracht. Volgens Het Nieuwsblad riepen de ouders op om ook vrijdag te komen betogen. De vader van het meisje zou ook een advocaat onder de arm willen nemen om verdere stappen te ondernemen.
Burgemeester Bernard Clerfayt (Défi) besloot rond 17.00 uur dat de deuren van de school voor de rest van de week gesloten blijven.
MISSELIJKMAKEND
Clerfayt ziet in de situatie de hand van de oppositie. ‘Er wordt verzocht aan de leiders van de PS en CDH van de gemeente Schaarbeek om het misbruik dat hun leden in deze zaak plegen, op te lossen.’ In een persbericht spreekt Clerfayt van ‘aanzet tot haat, door mensen die niet goed geïnformeerd zijn.’ ‘Sommigen verspreiden nepinformatie, roepen op tot haat en oproer en leiden de aandacht af. Het is belangrijk dat mensen die de reputatie en het werk van het team van school 1 schaden verantwoordelijk worden gehouden voor hun misselijkmakende daden tegen de overheid.’


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES FAITS ET L'INTERPRÉTATION DES FAITS
‘MENSEN GELOVEN NIET IN JUSTITIE, WEL IN COMPLOTTHEORIEËN’

Une petite fille de 4 ans de nationalité ghanéenne présente une tâche de sang dans l'entrejambe. Sa mère crie au viol et accuse l'école. Cela se passe à Schaebeek où l'enfant est inscrite à l'école numéro un. Aussitôt les réseaux sociaux répercutent l'information et mobilisent les esprits. Des agitateurs mal intentionnés venus de partout se rassemblent devant l'école. Selon le bourgmestre qui est en campagne électorale au niveau régional, l'opposition jetterait de l'huile sur le feu. Le parquet descend  sur les lieux et décrète, après examen médical,  qu'il ne saurait s'agir d'un viol. Une excision peut être ou une grosse infection urinaire? La déclaration officielle est huée par une foule hostile de parents et d'activistes  qui lance des cris "racisme", "justice" et des pierres sur l'école et la police qui riposte avec les gaz lacrymogènes. Bernard Clerfayt décide de fermer l'école jusqu'à lundi prochain.
La rumeur "complotiste" n'accorde aucune foi à la déclaration du procureur.  L'intoxe largement diffusée sur les réseaux sociaux  prend carrément le pas sur l'info.
C'est franchement préoccupant. Ce qui l'est encore davantage c'est la teneur des forum des lecteurs dans les journaux en ligne:  carrément sidérante.
Le vivre ensemble à Schaerbeek en prend un solide coup.
L'interculturel? Ce n'est vraiment pas gagné!
MG
  

Jeunes et écoles à Bruxelles

RTBF.BE

Face aux problèmes que rencontrent les jeunes dans certains quartiers, les services d'AMO (Aide aux Jeunes en milieu ouvert) constituent un outil de prévention. Interrogé sur La Première, Marc De Koker, directeur d'une AMO à Anderlecht, estime que la situation de ces jeunes évolue "de pire en pire. C'est difficile de pointer les problèmes les plus inquiétants. Personnellement, ce qui me touche le plus - mais ça vient de ma formation personnelle puisque je suis enseignant - c'est de me rendre compte que l'école, et je ne lance pas la pierre aux enseignants, est en faillite complète et que le plus grand nombre des jeunes que nous rencontrons qui sont scolarisés ne sont pas considérés comme des décrocheurs scolaires, puisqu'ils sont à l'école, mais qu'ils sont à l'école présents de corps mais pas d'esprit, et qu'ils sont en réalité des décrocheurs passifs".
"L'école a perdu son sens parce qu'il y a une fracture de plus en plus grande qui se construit entre enseignés et enseignants. Je peux prendre des exemples simples. Vous ou moi, quand nous étions à l'école, les 'alliés' étaient les enseignants. Il y avait des enseignants qu'on aimait et des enseignants qu'on n'aimait pas, mais c'était les enseignants qui nous conseillaient des lectures, des spectacles, des films, etc. C'est eux qu'on allait trouver quand on avait un problème. Maintenant, nous travaillons avec des jeunes qui ne savent même plus nous donner le nom de leurs enseignants. Il n'y a plus aucune relation. Dans l'école, le personnel qui joue le rôle de l'allier, c'est devenu l'éducateur. Aujourdhui, l'éducateur a gardé le rôle de 'j'essaye de mettre un cadre et de conserver une discipline relativement stricte', mais en même temps c'est près de l'éducateur que le jeune vient se réfugier parce que l'école a perdu son sens, et c'est compréhensible. Singulièrement, moi je travaille à Bruxelles et à Cureghem, dans ce qu'on appelle 'le croissant pauvre de Bruxelles', qui concentre au deuxième degré de l'enseignement secondaire essentiellement des sections professionnelles, comme si au niveau de la structure même de l'enseignement, on considérait que les jeunes qui sont issus de familles socialement plutôt défavorisées ne sont pas capables de suivre des études supérieures. Ils sont donc en sections professionnelles et l'école fonctionne comme une filière de relégation. Si on ne réussit pas à son premier degré, on va en technique. Si on ne va pas en technique, on va en professionnelle. Si on ne va pas en professionnelle, on va dans l'enseignement en alternance. Je n'ai rien contre ces sections-là, elles ont tout leur sens, à condition qu'elles soient le résultat d'un choix personnel du jeune. Or, là, le jeune est un bouchon sur la mer, il va où on lui dit d'aller"poursuit Marc De Koker.
DÉTERMINISME SOCIAL
Cela veut-il dire que dans l'enseignement, il y a déjà, dès le départ, une forme de déterminisme social? Ces jeunes ne pourront pas aller vers des études supérieures?
"Ils le pourront. Des processus existent et leur permettent d'aller en promotion sociale, de récupérer les années qu'ils ont perdues, mais c'est beaucoup plus difficile et c'est la part congrue des jeunes qui vont accéder à cela. Je reprends le fil de mon raisonnement : ces jeunes sont dans l'école et, singulièrement à Bruxelles, les sections professionnelles n'offrent, en tous les cas pour un grand nombre d'entre elles, aucun débouché. Une des sections les plus peuplées est 'travaux de bureau'. On a rarement besoin de secrétaires ou de sténodactylos pour le moment dans les sociétés, et ce sont les sections les plus demandées par les jeunes. Ces jeunes savent que l'école ne servira pas d'ascenseur social. Ils y sont parce qu'ils sont obligés d'y aller. De plus, pour aller très vite, l'autre grande fonction de l'école est d'être dispensateur de savoir. Les enseignants savaient et les élèves apprenaient. Maintenant, les élèves savent très bien que sur le Net les informations qui sont à leur disposition sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont dans la tête des professeurs. Donc, le professeur est disqualifié. N'empêche que l'école était là pour apprendre les outils qui permettaient de décoder les informations, l'école est là pour amener l'esprit critique et elle n'amène plus rien du tout puisque la relation est maintenant coupée" regrette-t-il.
Beaucoup de ces jeunes se réfugient chez eux devant leur écran, sur Facebook, sur Internet, et ils ne vivent plus que par procuration dans un monde qui n'existe pas. "La conséquence est qu'ils ne communiquent plus qu'entre pairs, entre identiques, ce qui veut dire que plus rien ne les tire vers le haut. Ce qui veut dire qu'on se retrouve avec des jeunes qui sont enfermés dans une espèce de premier degré absolu, qu'ils ne comprennent même plus l'humour, qu'ils ne peuvent plus prendre de recul et ne peuvent donc même plus prendre de décision par rapport à leur propre situation. Les AMO bruxelloises évoluent : ce n'est plus 'Aide en Milieu Ouvert', c'est 'Action en Milieu Ouvert'. Depuis le mois de janvier, nous sommes des services de prévention et il y en a 21 sur Bruxelles. Nous avons constaté ces dernières années, et singulièrement ces trois ou quatre dernières années, une augmentation presque exponentielle des difficultés des jeunes et des familles qui nous sollicitent. Je pense que c'est à cause de choix et d'arbitrages politiques, qui sont des choix idéologiques qui ont été faits", selon Marc De Koker.
SECRET PROFESSIONNEL
"Les choix politiques ont des conséquences. Ces conséquences, les familles les plus précarisées les prennent dans la figure. Le gouvernement fédéral est responsable de beaucoup de choses, et essentiellement des choses qui impactent la population. Il y a les coups de canif dans le secret professionnel, qui est pratiquement notre seul outil de travail, puisque nous travaillons à la demande des jeunes, et que c'est parce que nous sommes soumis au secret professionnel qu'ils nous font confiance. C'est grâce à ça qu'on peut les aider. Si nous étions amenés à devoir dénoncer des jeunes, même dans un cadre restreint, c'est la non-assistance à personne en danger. Si nous constatons que quelqu'un est en danger, nous devons nous libérer du secret professionnel, à certaines conditions. Mais si ce secret professionnel est attaqué, nous ne pourrons plus travailler. Ça enlève donc tout sens à la prévention" dit-il encore.
Marc De Koker résume son message à quelques semaines des élections : "Une frange très importante de notre population est poussée sous le tapis, sort des écrans radar et sort des statistiques officielles, est exclue du chômage et est même exclue du revenu d'insertion minimal ; c'est quelque chose qu'on n'avait jamais vu avant. Ces familles vivent toujours, elles sont toujours là, elles vivent dans l'économie parallèle. Des jeunes filles en sont réduites à se prostituer et nous en parlent ; c'est devenu quelque chose de relativement banal. Le deal est en pleine recrudescence, le travail au noir est en pleine recrudescence, les marchands de sommeil se portent très bien. Mais ces gens, même s'ils sont sortis des radars, sont toujours là, ils sont bien présents et ils représentent une partie importante de nos populations. C'est en cela que je dis que la société peut être potentiellement en danger, parce que ces gens ne vont pas se laisser faire éternellement". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"ILS SONT À L'ÉCOLE PRÉSENTS DE CORPS MAIS PAS D'ESPRIT. ILS SONT EN RÉALITÉ DES DÉCROCHEURS PASSIFS". 

"L'école a perdu son sens parce qu'il y a une fracture de plus en plus grande qui se construit entre enseignés et enseignants."
"Maintenant, nous travaillons avec des jeunes qui ne savent même plus nous donner le nom de leurs enseignants."
"C'est près de l'éducateur que le jeune vient se réfugier parce que l'école a perdu son sens, dans le croissant pauvre de Bruxelles'
"Ces jeunes savent que l'école ne servira pas d'ascenseur social."
Que celui qui veut comprendre en tire les conséquences réelles.
L'Etat à savoir la Communauté Wallobrux investit des sommes considérables pour  financer un enseignement qui tournerait à vide et ne serait au fond qu'une garderie, qu'un parking à ados pour les empêcher d'être abîmés par tous les dangers de la rue et de l'école de la rue (deal, racket, radicalisation etc).
Mais que font, que peuvent les enseignants?  
"Les enseignants savaient et les élèves apprenaient. Maintenant, les élèves savent très bien que sur le Net les informations qui sont à leur disposition sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont dans la tête des professeurs. Donc, le professeur est disqualifié. N'empêche que l'école était là pour apprendre les outils qui permettaient de décoder les informations, l'école est là pour amener l'esprit critique et elle n'amène plus rien du tout puisque la relation est maintenant coupée" Marc De Koker.
Question: comment a-t-on pu en arriver là? Et que faire pour en sortir?
Beaucoup de ces jeunes se réfugient chez eux devant leur écran, sur Facebook, sur Internet, et ils ne vivent plus que par procuration dans un monde qui n'existe pas. "La conséquence est qu'ils ne communiquent plus qu'entre pairs, entre identiques, ce qui veut dire que plus rien ne les tire vers le haut.
Nous avons constaté ces dernières années, et singulièrement ces trois ou quatre dernières années, une augmentation presque exponentielle des difficultés des jeunes et des familles qui nous sollicitent. Je pense que c'est à cause de choix et d'arbitrages politiques, qui sont des choix idéologiques qui ont été faits", selon Marc De Koker.
Quels choix politiques, quels arbitrages?
Que veut ce directeur d'école qui avoue son impuissance à quelques semaines des élections.
Clairement il vise le gouvernement fédéral: "Une frange très importante de notre population est poussée sous le tapis, sort des écrans radar et sort des statistiques officielles, est exclue du chômage et est même exclue du revenu d'insertion minimal ; c'est quelque chose qu'on n'avait jamais vu avant. Ces familles vivent toujours, elles sont toujours là, elles vivent dans l'économie parallèle. Des jeunes filles en sont réduites à se prostituer et nous en parlent ; c'est devenu quelque chose de relativement banal. Le deal est en pleine recrudescence, le travail au noir est en pleine recrudescence, les marchands de sommeil se portent très bien. Mais ces gens, même s'ils sont sortis des radars, sont toujours là, ils sont bien présents et ils représentent une partie importante de nos populations. C'est en cela que je dis que la société peut être potentiellement en danger, parce que ces gens ne vont pas se laisser faire éternellement".
Son diagnostic est simple, voire même simpliste: il faut plus d'aide sociale. Et si c'était un peu plus complexe que cela...Il ne fait aucun doute que ces milieux précarisés, frustrés, complètement démotivés socialement et culturellement sont travaillés par les mosquées intégristes qui leur instillent des valeurs et des messages qui vont à rebours de ceux que l'école n'arrive plus à transmettre.
Il y a ,pour le dire simplement, incompatibilité entre les dits de l'école et les dits de la mosquée. C'est la raison pour laquelle nous prônons sur DiverCity un islam éthique dispensé par des enseignants et des imams formés dans et par nos universités. On n'est nulle part dans ce domaine et on le paiera extrêmement cher car on refuse de voir que l'islamisme fait des ravages dans ces quartiers communautarisés ou s'installe une véritable contre société qui bientôt exigera d'être gérée par la sharia et enseignée par un réseau islamique dont le contrôle échappera graduellement à l'Etat.
Anderlecht, Kureghem, Saint Josse, Schaerbeek, Saint Gilles et toute la couronne Nord  sont formés d' îlots qui constituent -comme l'a montré Fourquet en France-l'"archipel" communautarisé qu'est devenue Bruxelles avec ses innombrables ghettos de l'entre soi qui se ferment de plus en plus qui s'isolent de la société belge incarnée par une école  à laquelle ils 'identifient toujours moins.  Oui c'est infiniment préoccupant.
Et ce constat de faillite de l'école publique  par un de ses directeurs n'est pas vraiment de nature à nous rassurer.
MG


Vestager joins EU Commission presidency race


By Sam Morgan | EURACTIV.com (The Capitals)

EU competition chief Margrethe Vestager will compete to be the next president of the European Commission, as Europe’s liberals are set to name the Dane among a team of lead candidates that also includes Belgium’s former Prime Minister Guy Verhofstadt.
Unlike rival centre-right and socialist parties, the liberal ALDE political faction are bucking the trend of the so-called Spitzenkandidat process and will name a raft of lead candidates that have been dubbed ‘Team Europe’.
The ALDE party will announce Vestager and former Belgian Prime Minister Guy Verhofstadt as the two leading figures of the liberal ticket during a campaign launch event in Brussels on Thursday (21 March).
EU Commissioners are sent to Brussels by their governments and Vestager’s liberal party is currently sitting in the opposition, making her nomination unlikely.
Recently, a survey co-organised by EURACTIV found that Vestager is the most popular European Commissioner, scoring a 50% approval rating in a pan-European poll.
EU antitrust Commissioner Margrethe Vestager is the clear favourite to succeed Jean-Claude Juncker as the next President of the European Commission, according to the results of a Europe-wide online survey unveiled today (19 February).
OÙ EST LREM?
A notable omission from the ALDE list was a member of French President Emmanuel Macron’s République En Marche party, which was until recently heavily rumoured to be on course to formalise an alliance with the liberal pan-European group.
But Macron’s movement distanced itself from the liberal outfit last week, citing revelations that ALDE had benefited from corporate donations made by pesticide-producer Bayer, the owner of Monsanto’s glyphosate.

Macron's En Marche keeps its distance from EU liberal group
LREM keeps its distance.
The liberal force’s king-making powers could indeed prove decisive in what is forecasted to be a much more fragmented European Parliament torn by extreme parties. This means members of ‘Team Europe’ could legitimately stand a chance of securing one of the top EU posts, such as European Council president or EU foreign affairs chief.

Poll: EPP still the biggest group after EU elections, far-right to make gains
The center-right is set to remain the biggest group in the EU legislature after elections in May that should also show a surge in seats for the far-right, a survey by the European Parliament showed on Monday (18 February).
Under the Spitzenkandidat process, the largest political group after the election gets the first bite at naming the Commission president, although it is still unclear whether this method will be used again after it made its debut in 2014.
Macron’s En Marche has indeed expressed doubts about the Spitzenkandidat process, expressing its preference for the traditional horse-trading among EU heads of states, where the French President’s voice will weigh more heavily.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ANGELA MERKEL SUCCÈDERA-T-ELLE À JUNCKER A LA TÊTE DE LA  COMMISSION EUROPEENNE? 

Presque tous les candidats à la présidence de la Commission désignés ont une solide expérience préalable des institutions européennes. L'Echo écrit que la chancelière allemande Merkel est considérée comme l'une des présidentes probables de la Commission. La chancelière Merkel pourrait facilement obtenir un soutien suffisant du Parlement européen et du Conseil européen. Le candidat principal du PPE, le député européen Manfred Weber, est pratiquement inconnu.
Le premier vice-président Timmermans pourrait lui aussi succéder au président Juncker, mais le secrétaire général de la Commission, Martin Selmayr, lui a fait d l'ombre  pendant tout son mandat. La commissaire Vestager figure également en bonne place sur la liste, même si sa nomination coûterait très cher aux libéraux. Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, est également souvent cité comme candidat potentiel.
La désignation de la chancelière Merkel semble être le choix le plus judicieux, celui qui pourrait donner un nouvel élan à l'UE, conclut L'Echo. Les paris sont ouverts.
MG


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lundi 29 avril 2019

Elections législatives en Espagne: Sanchez donné gagnant, émergence de l'extrême droite

La Libre

Les Espagnols ont voté massivement dimanche aux élections législatives, à l'issue desquelles le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez devrait sortir vainqueur mais sans majorité absolue et l'extrême droite entrer en force au parlement, plus de 40 ans après la dictature de Francisco Franco. Réalisés durant plusieurs jours avant le scrutin mais diffusés à la fermeture des bureaux de vote à 20H00 locales (18H00 GMT), d'ultimes sondages prédisaient la victoire du socialiste mais avec environ 120 députés, loin de la majorité absolue de 176 sur 350 à la chambre. Il sera donc obligé de construire une coalition hétérogène pour continuer à gouverner.
En face, les conservateurs du Parti populaire et les libéraux de Ciudadanos semblaient loin de la majorité pour l'en empêcher, même en s'alliant avec l'extrême droite de Vox qui raflerait pourtant au maximum 50 sièges, selon ces sondages réalisés avant le vote.
Le scrutin pourrait donc déboucher sur une nouvelle période d'instabilité, qui marque la politique espagnole depuis la fin du bipartisme conservateurs-socialistes en 2015, avec un parlement fragmenté et des divisions exacerbées par la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.
Vox, pratiquement inconnu jusqu'à son irruption au parlement d'Andalousie l'année dernière, a fait resurgir l'extrême droite dans un pays où elle était insignifiante depuis la mort de Franco en 1975.
Mais ce parti progresse en soufflant des électeurs au PP et à Ciudadanos, donc même en unissant leurs forces, ces trois partis obtiendraient au maximum 160 députés selon la moyenne de ces sondages. Ils ne pourraient pas rééditer leur succès en Andalousie, où ils avaient chassé les socialistes de leur fief.
Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin dernier en renversant le conservateur Mariano Rajoy dans une motion de censure, avait mis en garde contre le "risque réel" d'une sous-estimation du score de Vox, un parti soutenu notamment en Europe par le Front national français et la Ligue italienne.
A Madrid, Carlos Gonzalez, retraité de la construction, a indiqué avoir voté pour "l'option modérée" représentée par les socialistes. Vox "va en arrière, vers le passé. Ce n'est pas l'avenir, l'avenir est à une Europe unie", selon lui.
Mais près de Barcelone, Dolores Palomo, qui a voté Ciudadanos, a rejeté "la politique de la peur" de l'extrême droite menée par M. Sanchez. Cette aide ménagère de 48 ans et ancienne électrice socialiste veut croire que si le PP et Ciudadanos faisaient alliance avec Vox, ils s'assureraient "que cela ne soit pas une extrême droite radicale".
Valentino Lopez, qui travaille dans la logistique à Valence, dit avoir voté Vox parce que "ce pays a besoin d'un changement profond", tout en se défendant d'être "fasciste".
Formation au virulent discours anti-féministe et anti-immigration, Vox, qui a fait campagne massivement sur les réseaux sociaux, a prospéré en particulier en prônant la manière forte en Catalogne.
Cette région du nord-est du pays, où les séparatistes ont a déclenché en 2017 la pire crise politique qu'ait connue l'Espagne depuis quarante ans, reste au centre du jeu politique.
La droite et l'extrême droite ont ainsi mené une campagne très agressive contre M. Sanchez, l'accusant d'être un "traître" pour être parvenu au pouvoir en partie grâce aux voix des séparatistes catalans. Pedro Sanchez pourra compter sur l'appui de la gauche radicale de Podemos, mais devrait avoir besoin de celui de partis régionalistes dont, a priori, les indépendantistes catalans.
Mais le socialiste préférerait éviter d'avoir de nouveau besoin de ces derniers, qui l'ont contraint à convoquer ces élections anticipées en refusant de voter son budget. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN MACRON ESPAGNOL? 

Pas vraiment mais il y a des convergences entre les deux hommes et les deux situations. Le socialiste Pedro Sanchez est un réformiste européaniste face à VOX anti-féministe et anti-immigration qui réveille le spectre franquiste.
L'extrême droite monte, en Espagne  ici comme en France, en Allemagne, en Italie, en Autriche en Hongrie...
Le socialiste Pedro Sanchez sera donc obligé" de construire une coalition hétérogène pour continuer à gouverner.
Le scrutin risque de déboucher sur une nouvelle période d'instabilité."
En somme comme en France et demain en Belgique, au Royaume-Uni...L'instabilité devient la caractéristique des démocraties européennes en phase terminale : « Le modèle démocratique ne fonctionne plus » (Vincent de Coorebyter)
Où allons-nous ? Comment garderons-nous  confiance en l’avenir ?
MG 


LA FIN DE LA DÉMOCRATIE
APOGÉE ET DÉCLIN D'UNE CIVILISATION
Jean-Claude Kaufmann 

Dans cet essai informé et solidement argumenté, Jean-Claude Kaufmann ne se contente pas de lancer un cri d’alarme : il dresse un tableau impressionnant de ce qui nous entraîne vers l’abîme. Catastrophisme exagéré ? Lisez sa démonstration, et vous verrez peut-être ce que nous nous refusons à regarder en face…
La révolte des gilets jaunes a montré combien le pouvoir politique est devenu fragile. Elle exprime une demande grandissante de démocratie directe, qui, il faut le dire, ne pourra jamais être satisfaite.
Parce que la guerre est définitivement ouverte entre République et démocratie.
Remontant dans l’histoire, Jean-Claude Kaufmann détaille la méca-nique infernale qui nous a menés là, et annonce l’inéluctable approfon¬dissement de la crise. Car nous ne vivons rien de moins que la fin d’une civilisation. Celle qui fut la nôtre, fille des Lumières, et qui disparaît sous nos yeux.
Nombre d’observateurs ont déjà lancé des cris d’alarme. Sur la catas¬trophe climatique. Sur les dérives écoeurantes de l’économie financiarisée. Sur la montée des populismes, des nationalismes, des fondamentalismes et des enfermements communautaires. Sur l’emprise grandissante des GAFA. Sur la prolifération des fake news et de la haine qui gangrènent Internet. Sur le peuple des territoires méprisé et oublié.
Dans cet essai informé et solidement argumenté, Jean-Claude Kaufmann relie ces éléments et les intègre dans un ensemble explicatif unifié. En ressort un tableau impressionnant de ce qui nous entraîne vers l’abîme. Catastrophisme exagéré ? Lisez sa démonstration, et vous verrez aussi pourquoi nous dénions les dangers qui nous guettent, en nous berçant d’illusions dans une bruyante exubérance démocratique qui n’est en fait qu’un chant du cygne…

 
LA FIN DE LA DÉMOCRATIE ?

• interview : d’Alain Eraly et Vincent de Coorebyter
par Philippe Engels et Quentin Noirfalisse
• texte : paru dans Médor, n° 6, printemps 2017, pages 92-100.
Notre société apparaît chamboulée par la révolution du numérique, le populisme et la terreur. Où allons-nous ? Comment garder confiance en l’avenir ? Travailler sans s’user, vivre sans la peur… Depuis vingt ans, Vincent de Coorebyter et Alain Eraly tempèrent les émotions collectives et rassurent les anxieux en misant sur la stabilité des institutions. Là, ils prennent un air grave : « Le modèle démocratique ne fonctionne plus ».

dimanche 28 avril 2019

Allons-nous connaître le même sort que les dinosaures ?


OPINIONS LA LIBRE BELGIQUE
Une opinion de Simon Beard, Lauren Holt et Paul Upchurch. Respectivement Senior Research Associate à Cambridge, Research Associate à Cambridge et Professor of Palaeobiology à l'UCLouvain.

"Pourquoi les dinosaures se sont-ils éteints ?" Chez les paléontologues comme chez les enfants férus de dinosaures, il y a consensus : un astéroïde de 10 km de diamètre s’est écrasé il y a quelque 66 millions d’années sur l’actuelle Amérique centrale. Cette chute a provoqué un nuage de poussière et de fumée : en se répandant dans la haute atmosphère , il a obstrué le soleil, refroidi la Terre et détruit la couche d’ozone, qui protège la vie des rayonnements cosmiques nocifs.
Ces effets ont duré plus d’une décennie, dévastant sur Terre plantes et planctons. Des ravages qui ont rapidement remonté la chaîne alimentaire, tuant d’abord les grands herbivores, incapables de se procurer suffisamment de nourriture, puis les carnivores, qui se sont vite trouvés dans la même situation. Une proportion ahurissante des espèces s’est alors éteinte : 75 % d’entre elles ont disparu – y compris tous les dinosaures « non-aviaires » (qu’on distingue des oiseaux, dinosaures eux aussi). Cet événement, baptisé « extinction Crétacé-Tertiaire » , est l’une des cinq plus grosses extinctions connues au cours des 500 derniers millions d’années .
Frise retraçant les différentes ères géologiques, depuis l’apparition des dinosaures jusqu’à nos jours. Sam Noble Museum, Université d’Oklahoma © DR


UNE CONJONCTION D’ÉVÉNEMENTS
D’autres événements dramatiques coïncident toutefois avec la disparition des dinosaures. À peu près au même moment, en Inde centrale, une quantité colossale de volcans ont craché plus d’un million de kilomètres cubes d’une lave mélangée à du soufre et du dioxyde de carbone : la chaleur de ce magma a modifié le climat et provoqué des pluies acides dans le monde entier. Entre temps, un ralentissement de l’activité tectonique sous-marine a conduit le niveau de la mer à une vitesse jamais égalée dans l’histoire de la planète : un phénomène qui a dévasté les écosystèmes côtiers.
Cette conjonction d’événements a conduit à quelques débats assez passionnés pour déterminer la cause "réelle" de l’éradication des dinosaures. D’autant plus qu’à d’autres époques, des événements tout aussi dramatiques sont survenus sans qu’ils semblent avoir causé autant de dégâts.


MAIS PEUT-ÊTRE FAUT-IL POSER LA QUESTION AUTREMENT…
UN CHANGEMENT PROFOND, COMPLEXE ET INTERCONNECTÉ
De nouveaux éléments suggèrent que tous ces événements étaient peut-être interconnectés et qu’on ne peut se contenter d’expliquer l’extinction du dinosaure comme un simple processus au cours duquel un phénomène malheureux est soudainement tombé du ciel bleu et clair, tuant tout sur son passage. Il s’agirait plutôt de changements profonds, complexes et interconnectés aux systèmes globaux qui soutiennent la vie.
Vers la fin de la période crétacée, par exemple, la planète a connu une restructuration des écosystèmes terrestres , qui les a rendus plus vulnérables à un effondrement catastrophique. Cette recomposition a pu être provoquée par de multiples modifications évolutives et écologiques liées au changement climatique, par la prédominance croissante des plantes à fleurs et par les fluctuations dans la diversité et l’abondance de certains groupes de dinosaures.

Cette complexité n’est pas non plus inhabituelle dans les extinctions de masse. Pour chacune des cinq grandes catastrophes mondiales, il existe quantité de causes possibles . Astéroïdes, volcans, changement climatique (refroidissement et réchauffement), l’évolution de nouvelles espèces telles que des plantes profondément enracinées qui ont transformé pour la première fois de la roche nue en un sol riche, et même les effets d’étoiles explosant.
ASTÉROÏDES, MICRO-ORGANISMES, VOLCANS ET MÉTHANE
La plus grosse des extinctions massives, dite la « grande extinction », paraît encore plus complexe. Survenu à la fin du Permien-Trias, il y a 250 millions d’années, cet événement a tué 90 % des espèces sur Terre. Et l’on compte pas moins de sept événements catastrophiques associés à cette période dans l’histoire géologique. Pour n’en citer que quelques-unes : l’évolution de nouvelles souches de micro-organismes, un impact d’astéroïdes et une immense zone d’activité volcanique dans l’actuelle Sibérie – entrée en éruption pendant un million d’années .

Mais les principaux changements se seraient produits dans les eaux. Le fond des océans émettait d’importantes quantités de méthane, les courants océaniques stagnaient, les niveaux de dioxyde de sulfure, en augmentation, causaient la mort du phytoplancton – ensemble des organismes végétaux vivant en suspension dans l’eau –, et les niveaux d’oxygène diminuaient .
Sachant cela, on est surtout surpris d’apprendre que 10 % des espèces ont survécu, plutôt que de savoir que 90 % se sont éteintes !
TEMPS PRÉCAIRES POUR L’HUMANITÉ
Que cela implique-t-il pour la période que nous vivons aujourd’hui, qualifiée fréquemment de " sixième extinction " ?
Au Centre pour l’étude des risques existentiels , à l’Université de Cambridge, nous nous heurtons souvent au problème de nouvelles menaces, mondiales et "sans précédent". Certaines d’entre elles, comme les risques liés aux armes nucléaires ou à l’intelligence artificielle, peuvent s’apparenter à des astéroïdes tombés du ciel, et on nous demande souvent lesquelles nous inquiètent le plus. Ce que l’étude des précédentes extinctions de masse nous enseigne, c’est que cette question est sans doute mal formulée.
La vie de l’humanité est bien plus précaire que l’on ne le croie. Elle dépend d’un grand nombre de systèmes globaux, depuis l’environnement qui nous fournit en nourriture, en eau, en air pur et en énergie, jusqu’à l’économie mondiale qui offre des biens et des services, où nous le souhaitons et quand nous le souhaitons.
En se penchant sur nos connaissances historiques et géologiques, il apparaît clair que de tels systèmes peuvent facilement basculer d’une phase à une autre, pour passer rapidement, et parfois irrévocablement, de la stabilité au chaos. Les scientifiques ont déjà identifié comment cela se produirait en cas de phénomène tels que des " points de basculement climatiques " – où les effets du changement climatique commencent à s’autoalimenter et ne sont plus seulement le fruit de l’action humaine –, l’ effondrement de l’écosystème et l’ hyperinflation – où des institutions économiques auparavant stables cessent de fonctionner et où la monnaie perd sa valeur.

Une adaptation incertaine de la biosphère aux changements
Un autre enseignement de ces événements passés est qu’aucune loi de la nature n’empêche ces transformations de s’étendre à l’échelle mondiale ou de devenir catastrophique. Poussés assez loin, les systèmes globaux peuvent indéniablement s’effondrer dans une spirale mortelle, où les dommages causés à une espèce, un écosystème ou un processus environnemental généreront des problèmes pour les autres, créant une rétroaction positive qui accélère le changement et le rendautosuffisant .
En effet, tandis que l’ hypothèse de Gaïa , très populaire, suggère que les systèmes globaux agissent pour promouvoir la stabilité générale de notre planète, il n’y a pas de preuve convaincante que la biosphère s’ajuste aux changements pour soutenir le maintien d’une vie complexe.
Selon une étude récente, l’une des raisons pour lesquelles la vie semble rare sur d’autres planètes est que son émergence ne garantit en rien son développement. Sur ces planètes, la vie peut apparaître mais non se développer en raison de conditions trop hostiles. Et il n’est pas impossible que la Terre se retrouve un jour dans une telle situation.

Il n’y a pas non plus de raison pour que les systèmes que nous avons nous-mêmes conçus soient moins fragiles. Nombre de nos institutions ont montré qu’elles étaient entièrement indifférentes au bien-être humain ; tant qu’elles peuvent servir les intérêts d’une maximisation du profit à court terme, de la participation électorale et d’autres objectifs, finalement inutiles, elles le font.
Espèces spécialisées vs généralistes
Tous ces éléments ne constituent pas forcément que des mauvaises nouvelles pour l’humanité. Certains théoriciens suggèrent que les effets catastrophiques d’une extinction de masse ont tendance à évincer les "espèces spécialisées" les plus adaptées à la période, et laissent les "espèces généralistes" les plus flexibles survivre, voire s’épanouir sous de nouvelles formes . Nous pouvons donc peut-être nous réconforter du fait que les humains se soient révélés des généralistes par excellence, capables de s’adapter pour survivre – sans forcément prospérer –, à tous les habitats de la Terre, et même dans l’espace.
Mais nous devrions également réfléchir au fait qu’une grande partie de cette flexibilité nous vient des technologies que nous avons créées, et non de notre biologie. Non seulement ce sont ces mêmes technologies qui nous conduisent à pousser toujours plus loin nos systèmes globaux, mais elles sont rapidement en train de dépasser les limites de notre propre compréhension , tant elles se font complexes et sophistiquées.
En réalité, les utiliser et les maintenir requiert désormais une connaissance immense qui pourrait faire de nous des individus bien adaptés mais composant désormais à une espèce spécialiste. Et ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle.
(1) : Ce texte a initialement été publié sur le site "The Conversation".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN COCKTAIL PARTICULIÈREMENT  MENAÇANT  
 
"Il n’y a pas non plus de raison pour que les systèmes que nous avons nous-mêmes conçus ne soient pas fragiles. Nombre de nos institutions ont montré qu’elles étaient entièrement indifférentes au bien-être humain ; tant qu’elles peuvent servir les intérêts d’une maximisation du profit à court terme, de la participation électorale et d’autres objectifs, finalement inutiles, elles le font."
Je suis personnellement extrêmement préoccupé par la fragilisation du système démocratique par exemple par rapport à la puissance des multinationales et de leurs lobbies (les GAFAS tout particulièrement ) et aussi par rapport au désamour des citoyens-consommateurs de plus en plus sous la coupe des sirènes populistes (les gilets jaunes), nationalistes (Trump, le Brexit, le groupe de Visegrad) , souverainistes ( Le Pen, De Wever, Baudet, Sebastian Kurz, Farage et le pernicieux Banone) , corporatistes et ne l'oublions surtout pas corporatistes (l'islamisme rampant qui vient encore de fraper au Sri Lanka)). Tout cela constitue un cocktail particulièrement  menaçant.
Un accident nucléaire  ( la Centrale de Fukushima Daiichi ou Tchernobyl), un attentat particulièrement meurtrier (les Twin Towers, le Bataclan, les attaques du 22mars à Bruxelles,  le massacre de musulmans  à Christchurch; de chrétiens au Sri Lanka ) un mouvement social larvé (les gilets jaunes, les manifestations anti-establishment d'Algérie) une pollution majeure, une épidémie  non maîtrisée (ebola en Afrique)  et surtout l'imprévisible  (une série d'éruptions volcaniques, un tremblement de terre, des incendies de forêt comme en a connu la Californie, l'incendie spectaculaire à puissance symbolique de Notre Dame...) etc., etc.
Tout cela peut se produire à l'insu de notre plein gré.
Citons néanmoins une fois encore et au risque de lasser le vers de Hölderlin qui est sur toutes les bouches “Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.”
Et  évoquons encore et toujours encore la foi d' Edgar Morin dans les vertus de l'imprévisible. Pour lui, notre civilisation serait en pleine métamorphose. Pour le meilleur ou pour le pire? That's the question!
MG

“LÀ OÙ CROÎT LE PÉRIL CROÎT AUSSI CE QUI SAUVE”: EST-CE VRAI ?
Le 15 mars 2013 par Jean-François Dortier

“Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve”  la formule du poète Hölderlin est souvent utilisée par Edgar Morin pour montrer que les contradictions d’un système sécrètent les bases de leur propre dépassement. Ainsi  les catastrophes entrainent des élans de solidarité, les crises économiques peuvent provoquer des réactions salutaires – des Etats, des citoyens – créant ainsi les bases d’une nouvelle société.
« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve”  : la formule correspond à une vision hégélienne du changement où toute action provoque sa réaction contraire. Ce n’est pas un hasard : Hölderlin était l’ami de Hegel. Tout deux vivaient dans la même chambre lorsqu’ils étaient étudiants à université de Tübingen (avec un troisième larron : Schelling).
“Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve”  : Voilà une donc une belle idée dialectique. Quelques exemples historiques l’illustrent bien : les syndicats et mutuelles sont nés en réaction aux défauts du capitalisme, l’Etat keynésien est né pour réguler les désordre du marché.
Pour autant l’idée hégélienne devrait se souvenir du troisième temps de la dialectique (1)  « la négation de la négation » : ce qu’on pourrait résumer ainsi :  là où croît ce qui sauve, croît un nouveau danger…
Quelques exemples contemporains :
– Les Etats sont intervenus pour sauver les banques et injecter des milliards pour relancer la machine économique. Cet intervention massive a évité l’effondrement des banques et soutenu l’activité dans un premier temps, mais cette intervention a provoqué un creusement historique des déficits publics provoquant une seconde onde de choc : la crise des dettes qui menace aujourd’hui l’économie européenne. Cette deuxième phase de la crise est le produit direct de la thérapie appliquée en 2009.
– Un autre exemple du même phénomène de « négation de la négation » : l’euro. Avant l’instauration de l’euro, les monnaies européennes  connaissaient d’énormes fluctuations et des attaques répétées des spéculateurs. La monnaie européenne a été l’un des moyens de créer à la fois une zone de protection, un système de régulation visant la convergence et la stabilité. Mais non seulement l’euro n’a pas provoqué la convergence attendue (loin de là !) mais son existence provoque aujourd’hui des graves turbulences économiques. L’existence de l’euro interdit à la Grèce de dévaluer (le thérapie qui servait naguère pour épurer les comptes d’un pays en grosse difficulté). La Grèce est désormais « enchainées » aux économies européennes.  Elle risque d’entrainer les autres économies dans leur chute. Plus généralement, les économies européennes sont toute enchaînée entre elle comme dans une cordée l’alpinisme : la cordée est faite pour protéger des chutes individuelles, mais si plusieurs décrochent, la cordée toute entière sera entrainée dans le vide. Ce qui devait sauver devient un danger mortel…
“Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve”  disait le poète. Mais malheureusement «  là où l’on croit ce qui sauve, croit un nouveau danger… ».
(1) qui ne comporte pas trois temps (thèse, synthèse, antithèse) comme on le croit, mais quatre. Mais c’est une autre histoire…




Les trois conseillers communaux PTB à Bruxelles justifient leur départ

Source : Belga
Le Vif

Les trois conseillers communaux PTB à la Ville de Bruxelles qui ont décidé de quitter le parti de gauche pour "siéger en tant que conseillers indépendants sur les bancs de la majorité" (PS, Ecolo-Groen, DéFi et sp.a, via Change.Brussels), ont justifié dimanche leur choix en déplorant notamment "le manque total de transparence, de consultation et de dialogue interne du PTB".
"Nous avons longuement réfléchi à cette décision qui est collégiale", ont indiqué ces trois conseillers communaux - sur les six que comptait le PTB -, Zahour Loulaji, Abdelmajid Tahiri, Said Talbi, dans un communiqué.
"Nous dénonçons tout d'abord l'absence flagrante de vision, l'incohérence politique et les mensonges du PTB", soulignent-ils.
""Nous déplorons ensuite le manque total de transparence, de consultation et de dialogue interne du PTB. Nous condamnons fermement le manque de considération et le mépris à notre égard. Nous n'étions invités à aucune réunion et préparation du conseil communal, ne pouvions jamais donner notre avis et devions nous taire. Nous avions le sentiment de n'être que 'des pions'", ajoutent-ils.
Ils dénoncent également "des différences de traitement entre les conseillers communaux PTB et des discriminations importantes à notre égard".
"Nous rejetons avec force les accusations mensongères du PTB à notre encontre et condamnons les tentatives d'intimidation dont nous faisons l'objet", poursuivent-ils.
La cheffe de groupe PTB, Mathilde El Bakri, a affirmé au journal 'Le Soir' que les trois élus étaient déçus de ne pas figurer sur la liste régionale mais aussi qu'ils ne respectaient pas leurs engagements à l'égard du parti, notamment celui de reverser le montant des jetons de présence au PTB (300 euros par mois).
"Nous sommes des militants de gauche, profondément engagés. Nous nous battons depuis de nombreuses années pour une société plus juste et nous voulons plus que jamais poursuivre notre combat pour tou.te.s les Bruxellois.es, en tant que conseillers indépendants à la Ville de Bruxelles", conclut le communiqué.
Le départ de ces trois conseillers communaux fait perdre au parti d'extrême gauche la moitié de ses élus à Bruxelles-Ville.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Hitler n'est pas mort mais le camarade Staline non plus.
Je ne vais pas pleurer sur leur sort mais au vrai, cela ne m'étonne qu'à moitié. J'imagine qu'au boulevard de l'Empereur on rigole en se frottant les mains.
MG

vendredi 26 avril 2019

'België is een optelsom van twee democratieën die almaar sterker uit elkaar groeien'

Jan Jambon (N-VA)
Voormalig minister van Binnenlandse Zaken


'Als ik straks premier word, dan zal dat zijn van een regering die eruit haalt wat er in zit. Minder kunnen we onszelf niet permitteren', schrijft kandidaat-premier Jan Jambon van N-VA in aanloop naar het communautair verkiezingsdebat van Knack op 30 april.
De uitgesponnen verkiezingscampagne, die vrij warrig begonnen was, krijgt dan toch een heldere ontknoping. De kiezer staat ten langen leste op 26 mei voor een duidelijke keuze: de voortzetting van het centrumrechtse beleid dat we de jongste 5 jaar gevoerd hebben, of... een groenrode griezelfilm.
De voorbije weken is immers duidelijk geworden dat onder de groene schil van nieuw-links een vrucht blijkt te zitten die nog roder is dan het diepste rood van traditionele socialisten. Geen masker kan dat nog verhullen. De Vlaamse Groenen hollen de jongste weken hun Franstalige tegenvoeters van Ecolo steeds opzichtiger achterna. Hun discours doet voor de gemiddelde Vlaming pijn aan de oren, maar je leest en hoort het tegenwoordig wel elke dag in de pers. Het is een discours dat in Franstalig België veel gangbaarder is.
BELGIË IS EEN OPTELSOM VAN TWEE DEMOCRATIEËN DIE ALMAAR STERKER UIT ELKAAR GROEIEN.
Je hoeft namelijk geen professor te zijn om te zien dat de politieke kaarten anno 2019 in Vlaanderen heel anders liggen dan in Franstalig België. Ten noorden van de taalgrens is er traditioneel weinig animo voor linkse recepten, maar in Brussel en Wallonië lijkt het enthousiasme voor een links volksfront met de week aan te zwellen. Ik zeg het al langer: België is een optelsom van twee democratieën die almaar sterker uit elkaar groeien. Dat is vervelend, omdat de Belgische constructie zo in elkaar steekt dat je een federale regering alleen maar kan vormen door één democratie ostentatief buitenspel te zetten. Onder Elio Di Rupo was Vlaanderen de klos, onder Charles Michel was dat Wallonië.
De omvorming van België naar een confederale staat is op termijn de enige juiste weg om dat probleem structureel op te lossen.
De twee gemeenschappen kunnen vanaf dan namelijk zelf beslissen wat ze samen nog willen doen.
Of, en in welke mate, we na 26 mei stappen in deze richting zullen kunnen zetten, hangt af van hoe de kiezer de kaarten schudt. Dat valt vandaag niet te voorspellen. Maar confederalisme of niet, laten we onze burgers en bedrijven in elk geval voor wilde verhalen behoeden. Onder geen beding mogen we de komende jaren onder het juk van een Franstalig groenrood front terecht komen. In dat geval wacht ons onder het mom van klimaatmaatregelen een tsunami aan nieuwe belastingen die onze broze economie kapot zal blazen.
Dat soort van groenrode avonturen kunnen we ons echt niet veroorloven. Om ze te vermijden, zal een duidelijk signaal van de Vlaamse kiezer nodig zijn. Een signaal voor een ambitieus, maar realistisch centrumrechts beleid. Een beleid dat ervoor zorgt dat meer mensen aan de slag gaan, dat de migratie in banen leidt en dat de vinger op de knip houdt. Dit soort van beleid kan er alleen maar komen, als ook mijn voormalige coalitiepartners kleur bekennen en zich duidelijk uitspreken voor een centrumrechts project. Zonder gekkigheden als vermogensregisters die onze ondernemers naar het buitenland wegjagen en op het eind de hele middenklasse viseren.
IK HUIVER VAN PARTIJEN DIE VERMOGENDE MENSEN BIJ VOORBAAT ALS VERDACHT BESCHOUWEN.
Ik huiver van partijen die vermogende mensen bij voorbaat als verdacht beschouwen. Laat me duidelijk zijn: ook ik wil een vangnet voor mensen die door pech in financiële ademnood geraken of uit de maatschappelijke boot vallen. Sterker nog: voor hen kan, wat mij betreft, een budgetverhoging niet hoog genoeg zijn! Maar het kan niet de bedoeling zijn dat we overheidsmiddelen wetens willens inefficiënt inzetten of - zoals nog wel eens gebeurt - kwijtspelen aan onterechte uitkeringen. Zeker niet, als we ondertussen een heksenjacht gaan organiseren op mensen die zuurverdiende spaarcenten op hun rekening hebben. Ik pas voor nieuwe belastingen op inkomsten waar de mensen hard voor gewerkt hebben.
Daarom ben ik, nadrukkelijker dan ooit, kandidaat om premier te zijn van een regering die zich achter een ambitieus, maar haalbaar én betaalbaar centrumrechts project schaart. Maar dat kan alleen van een regering waarin ik 100 procent geloof. Op basis van een helder regeerakkoord. Zonder wazige afspraken die ertoe leiden dat de regering halfweg uit elkaar valt. Als ik ploegleider word, dan zal dat zijn van een regering die in staat is om grondige hervormingen tot op het eind door te voeren. Een regering die een herstelbeleid voert dat ons naar de kop van Europa brengt, die innovatiegericht is, en verder werkt aan een volwassen veiligheidscultuur, een regering die een realistisch klimaat- en energiebeleid voert.
Als ik straks premier word, dan zal dat zijn van een regering die eruit haalt wat er in zit. Minder kunnen we onszelf niet permitteren.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LUI PREMIER MINISTRE...

"Quand je deviendrai Premier ministre, ce sera d'un gouvernement qui  fera le maximum pour atteindre ses objectifs."
C'est dire que Charles Michel 2 ne verra jamais le jour.
"Le 26 mai, les électeurs seront confrontés à un choix clair : la poursuite de la politique de centre-droit que nous menons depuis cinq ans, ou.... un film d'horreur vert-rouge."
Attention, c'est Jambon qui dit cela, pas De Wever qui n'exclurait pas semble-il, le cas échéant  un pas de deux avec Di Rupo à ses conditions bien sûr: lisez le confédéralisme contre compensations.
"Ces dernières semaines, il est devenu évident que sous la peau verte de la nouvelle gauche se cache un fruit encore plus rouge que le rouge le plus profond des socialistes traditionnels."
C'est dire qu'écolo/ NVA c'est d'office non.
"La Belgique est la somme de deux démocraties qui s'éloignent de plus en plus." Donc : le prochain gouvernement sera celui qui met en place le confédéralisme.
"Au nord de la frontière linguistique, il y a traditionnellement peu d'enthousiasme pour les recettes de gauche, mais à Bruxelles et en Wallonie, l'enthousiasme pour un front populaire de gauche semble augmenter de semaine en semaine."
Plus le temps passe plus la Flandre et la Wallonie s'éloignent. Le divorce est proche.
"La transformation de la Belgique en un État confédéral est, à long terme, le seul moyen de résoudre ce problème de manière structurelle." Article un des statuts de la NVA: l'évaporation de la Belgique.
"Dès lors, les deux communautés pourront décider elles-mêmes de ce qu'elles veulent encore faire ensemble." Que voilà une bonne définition du confédéralisme
"Nous ne devons en aucun cas nous retrouver sous le joug d'un front vert-rouge francophone dans les années à venir. Dans ce cas, sous couvert de mesures climatiques, un tsunami de nouvelles taxes nous attend, qui détruira notre économie fragilisée.
Sans la folie des registres d'actifs qui effraient nos entrepreneurs à l'étranger et qui, en fin de compte, visent l'ensemble de la classe moyenne."
"Moi aussi, je veux un filet de sécurité pour les personnes qui, par malchance, rencontrent des difficultés financières ou dégringolent de l'échelle sociale."
"C'est pourquoi, plus que jamais, je suis candidat au poste de premier ministre d'un gouvernement qui s'est engagé à réaliser un projet de centre-droit ambitieux mais réalisable et abordable. "
"Si je deviens le  chef d'équipe, ce sera d'un gouvernement capable de mettre en œuvre des réformes en profondeur et qui ira  jusqu'au bout. Un gouvernement qui mène une politique de relance qui nous hisse à la tête de l'Europe, qui soit axé sur l'innovation et qui continue miser  sur une culture de sécurité sociale raisonnable et qui mène une politique climatique et énergétique réaliste."
A bon électeur salut!
Le clivage wallobrux rouge/Flandre noire est plus tranché que jamais. La campagne sera rude et les négociations post- électorales seront âpres.
Pour ma part je ne donne pas cher de l'avenir de la Belgique.
MG
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Le triste bilan de 2018 pour les forêts tropicales

BELGA
PLANÈTE

En 2018, le monde a perdu 12 millions d'hectares de forêts tropicales, soit la superficie du Nicaragua, révèle mardi le World ressources institute (WRI), dont 3,64 millions de forêts tropicales primaires essentielles pour le climat et la biodiversité.
Selon ce rapport annuel mené par Global Forest Watch, 2018 se classe comme la quatrième plus mauvaise année en terme de déforestation de la forêt tropicale, après 2016, 2017 et 2014.
Les pays les plus concernés sont le Brésil, l'Indonésie, la République démocratique du Congo, la Colombie et la Bolivie.
"Il est tentant de saluer une deuxième année de baisse après le pic de 2016", commente Frances Seymour de WRI. "Mais si on regarde sur les 18 dernières années, il est clair que la tendance globale est toujours à la hausse".
La perte de forêts tropicales primaires représente une surface équivalente à celle de la Belgique. "Ce sont les forêts qui ont le plus grand impact en terme d'émissions de carbone et de biodiversité", souligne Mikaela Weisse, du WRI, alors que ces espaces boisés stockent du carbone et abritent une faune et une flore importante.
Le rythme de destruction des forêts primaires est particulièrement inquiétant en République démocratique du Congo, tandis qu'il a ralenti de 63% en Indonésie par rapport au pic de 2016, souligne cette étude.
L'Indonésie a bénéficié de mesures gouvernementales et de deux années relativement humides, défavorables aux incendies, mais le phénomène El Nino pourrait changer la donne en 2019.
Le Brésil est le pays qui a perdu la surface la plus importante de forêts tropicales primaires, devant la RDC et l'Indonésie.
En Colombie, la perte de forêt primaire a augmenté de 9% entre 2017 et 2018, alors que l'accord de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a contribué à rendre plus accessibles certains territoires, selon l'étude.
WRI pointe aussi du doigt la situation au Ghana et en Côte d'Ivoire, qui ont perdu le plus de forêts tropicales primaires entre 2017 et 2018 en pourcentage (60% et 26%).
La situation pourrait encore empirer au Brésil car selon l'ONG Imazon, la déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de 54% en janvier 2019 et l'arrivée au pouvoir du président d'extrême droite Jair Bolsonaro - par rapport à janvier 2018.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FAUT PAS PRENDRE LES ENFANTS DU BON DIEU POUR DES CANARDS SAUVAGES

On nous demande de trier nos déchets: on trie!
On nous demande de prendre le métro, de rouler à vélo: on essaye.
On nous dit de manger moins/plus du tout de viande: on fait un effort.
On nous demande de prendre moins l'avion: on roule en TGV.
On nous dit que le diesel est mauvais pour le climat: on passe à l'essence.
Bravo, on le fait, parfois avec des pieds de plomb mais on le fait.
Beaucoup votent écolo.
A côté de ça "on" brûle en un an 12 milliards d'ha de forêt et on laisse faire...
Faudrait qu'on arrête de prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.
MG

A côté de la plaque !


Comment Macron aurait pu vraiment rebâtir la "maison France"
Par La Rédaction De “Marianne”

Emmanuel Macron, qui a donné ce lundi 25 avril, en réponse à la crise des gilets jaunes, sa première conférence de presse, a oublié que la crise qui secoue notre pays depuis cinq mois est née, d'abord, d'un manque d'égalité territoriale. Sans quoi il ne se serait pas contenté d'annoncer des "Maisons France services"...
« Ce n'est pas qu'on n'entend pas ses habitants, c'est qu'on n'a rien à leur dire. »Cette déclaration d'une grande honnêteté, on la doit au député centriste Jean-Louis Bourlanges lors d'une émission de télévision consacrée à « la France périphérique ». Cet aveu, Emmanuel Macron le fait à son tour en répondant totalement à côté de la plaque à une crise née, il y a cinq mois, d'abord d'un manque d'égalité territoriale entre deux France : celle des métropoles et celle de l'obligatoire bagnole ; celle qui voit fleurir par dizaines des commerces de bouche à l'incroyable déco et celle qui a droit aux déserts médicaux ; celle qui concentre les emplois et celle qui les espère mais ne les voit pas.
Mais des mesures simples, pour mettre ces deux France sur un pied d'égalité, il en existe. Plusieurs lui ont été soufflées lors du « grand débat ». Certaines sont même remontées directement jusqu'à ses ministres. Prenons Chemins d'avenirs, une association qui œuvre auprès des gamins des campagnes, des villes petites et moyennes. Ses dirigeants ont été reçus par le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et son homologue à la bien nommée Cohésion des territoires, Jacqueline Gouraud. De l'intérêt et de l'écoute, il y en a eu. Des mesures retenues ? Aucune.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRILLANT MAIS BROUILLON

Sa conférence de presse barnum c'est un peu comme son bouquin "Révolution", une meringue certes appétissante mais creuse et sans beaucoup de goût. Le gigantesque débat citoyen qui devait déplacer des montagnes a accouché d'une petite souris: la suppression de l'ENA. Il est vrai que l'homme est brillant et excelle à cet exercice mais il brasse le vent sans apaiser la tempête. La République en marche, c'est écrit, ne remportera pas les européennes.  Loiseau a souillé son nid d'oisillon il y a plus de 35 ans et la fiente lui colle encore aux plumes. Bibi retournera enseigner à l'école pour échapper aux tensions électriques de l'Elysée et son Manu s'en fout d'être réélu, il l' adit. Il a raison car il trace un boulevard à Marine qui flotte tel un flotteur au gré des vagues et qui monte, monte, monte.   Manu  n'aurait convaincu avec cet exercice échevelé que 33% des Français, soit un peu plus que son seuil électoral du premier tour. Peut mieux faire, dirait l'instituteur en chef Blanquer.
MG

jeudi 25 avril 2019

Les sondages VRT, La Libre et De Standaard montrent que la formation du prochain gouvernement fédéral est complètement ouverte.

Les sondages VRT, La Libre et De Standaard
montrent que la formation du prochain gouvernement fédéral est complètement ouverte. Les partis de la suédoise perdent, les écologistes, le Vlaams Belang et le PTB/PVDA gagnent. "Pour la N-VA, l'enjeu est un choix fondamental entre le modèle suédois et le 'gouvernement du Front populaire'", déclare le politologue Carl Devos (Université de Gand) à notre confrère de Knack. (le Vif)


ET SI ECOLO GOUVERNAIT AVEC LE MR

Claude Demelenne, essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche.  (Le Vif)

C'est un vieux fantasme chez certains écologistes : gouverner sans le PS. Donc avec le MR. Le scénario vert-bleu pourrait être la surprise de l'après 26 mai.
Ce n'est sans doute pas le scénario le plus crédible. Mais il est tout sauf farfelu. Au lendemain du triple scrutin fédéral, régional et européen du 26 mai, les verts pourraient soutenir une coalition inédite, sans les socialistes et avec les libéraux.
Dans les assemblées écologistes, l'alliance avec le MR ne passera pas comme une lettre à la poste. Beaucoup de militants verts n'envisagent pas de s'embarquer dans un attelage orienté à droite. Souvent accusés par les libéraux de ressembler à des pastèques, verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur, les écologistes réfléchiront à deux fois avant de tenter l'aventure avec le MR et sans doute le CDH, pour faire l'appoint. Il n'empêche que ce scénario ne doit pas être rangé au rayon science fiction. Il représente un cas de figure susceptible d'intéresser plus d'un écologiste, pour au moins cinq raisons.
1.Complexés par le PS. Les expériences passées avec le PS n'ont guère été concluantes pour ECOLO. Que ce soit sous le gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt, au fédéral, sous le gouvernement Demotte, au régional, sans parler des fameuses "convergences à gauche" au début des années 2000, ce fut chaque fois un fiasco. ECOLO n'a pas fait le poids face à la grosse machine socialiste. Le PS a les meilleurs experts, le meilleur centre d'études. ECOLO a développé un complexe face à l'ogre socialiste. L'écarter du pouvoir ne serait pas pour déplaire aux verts.
2.Le MR affaibli, partenaire idéal. Il serait plus confortable pour ECOLO de gouverner avec un MR en recul, sous la barre des 20%, qu'avec un PS stabilisé autour de 30%. Quant au CDH, à la dérive, il devrait se contenter de miettes. Si ECOLO talonne le MR en Wallonie et le devance à Bruxelles, le parti de Charles Michel sera groggy. A la table de négociations, en Wallonie et à Bruxelles, il fera profil bas. Les verts seront dans les conditions pour frapper un grand coup.
3.La carte Javaux. Pour rester au pouvoir et écarter la gauche socialiste, le MR sera prêt à faire beaucoup de concessions à ECOLO. Par exemple, le MR proposera un mega-portefeuille de l'Economie wallonne à Jean-Michel Javaux, sans doute l'écologiste à la fois le plus brillant et le plus MR-compatible. Javaux n'obtiendra jamais un tel portefeuille dans une coalition avec le PS, présidée par le liégeois Jean-Claude Marcourt. Deux liégeois aux principaux postes du gouvernement wallon, ce n'est pas envisageable.
4.Un ticket d'entrée pour le fédéral. En s'alliant avec le MR en Wallonie et à Bruxelles, ECOLO sera en position d'intégrer un gouvernement fédéral davantage francophone, embarquant outre le MR, le CDH et ECOLO. Les verts ont de l'appétit et ne se contenteront pas de faire de la figuration. Deux décennies après "l'arc-en-ciel", ils rêvent d'un nouveau voyage au fédéral. Un retour gagnant, cette fois.
5.L'exemple allemand. Chez nos voisins, les verts ont aussi le vent en poupe. Ils n'ont pas de tabou. Ainsi gouvernent-ils plusieurs Länders avec la droite chrétienne-démocrate. Et cela fonctionne bien. Alors, pourquoi pas chez nous ? Convertis à l'économie de marché, les écologistes incarneront sans trop d'effort, l'aile centriste d'un gouvernement de droite.
Sans vague verte, rien n'est possible
Pour que le scénario bleu-vert se concrétise, plusieurs conditions sont requises. Elles ne sont pas minces. Mais elles ne sont pas abracadabrantesques.
Il faut bien sûr que la vague verte qu'annoncent les sondages soit au rendez-vous. ECOLO ne sera en mesure de redistribuer les cartes en Belgique francophone que s'il devient le premier parti en région bruxelloise et intègre le trio de tête en Wallonie.
Les beaux plans avec le MR ne se réaliseront pas si ce parti s'effondre le 26 mai. Le MR n'est pas à l'abri d'un dimanche noir. Battu par le PS et ECOLO en Wallonie et à Bruxelles, il se retirera sous sa tente. La voie sera ouverte pour un mariage de raison entre verts et rouges.
Pour qu' Ecolo soit en mesure de s'associer avec un MR affaibli, il faut également que le CDH ne soit pas quasiment rayé de la carte. Car en Wallonie, un duo ECOLO-MR n'aura pas de majorité au parlement. Le petit CDH sera indispensable. Encore faut-il qu'il ne devienne pas trop microscopique.
Pas de rapprochement MR-ECOLO, si le PS reste le premier parti, en Wallonie et à Bruxelles. Les socialistes auront la main : ils feront tout pour convaincre ECOLO de participer à un gouvernement "le plus progressiste possible".
LE GRAND SOIR VERT
Ne sous-estimons pas, enfin, la réticence des militants verts à s'associer avec la droite libérale. Ce sera aux dirigeants des verts de se montrer convaincants devant leurs troupes. Sans doute vanteront-ils "l'occasion historique" qui s'offre à eux : changer le centre de gravité politique en Belgique francophone. Mettre sur la touche le PS. Jouer les troubles-fêtes au fédéral, de concert avec Groen. Le Grand Soir vert, en quelque sorte.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MUTATION CITOYENNE? 

Le "jeu" politique est devenu, on le constate au fil des ans, un jeu d'une complexité inouïe auquel seuls quelques stratèges éclairés entendent encore quelque chose. Je comprends de mieux en mieux ceux qui disent que voter ne sert à rien car la volonté de l'électeur n'est qu'un élément secondaire au vu des grandes manoeuvres  et négociations diverses qui suivent les élections. Nous sommes de plus en plus nombreux à être conscients que ne vivons pas en démocratie mais en particratie. Ce sont les chefs de parti qui confisquent à leur avantage l'ensemble des pouvoirs. L'imbroglio belge est particulièrement rébarbatif et fichtrement compliqué à cet égard.
La conséquence: une désaffection massive pour la politique décrédibilisée de toutes les façons  comme le montre l'analyse brillante d' Albert Ogen qui observe une mutation citoyenne radicale  sous forme  d'une véritable métamorphose de l’ordre politique " de la société civile aux pratiques politiques autonomes."
L'analyse parue dans AOC  d'Albert Ogien Sociologue, Directeur de recherche au CNRS – CEMS  est d'une belle  pertinence et d'une grande précision. Je n'ai lu cela formulé aussi élégamment et avec une telle  pertinence absolument nulle part -un peu chez Jérôme Fourquet dans son archipel français - et pourtant je suis l'actualité politique d'assez près.
Selon  Ogen:"La métamorphose de l’ordre politique" serait  en train de générer autre chose", à savoir une "société civile aux pratiques politiques autonomes?"
Le sociologue  constate après Jérôme Fourquet un inquiétant  désengagement des citoyens de la vie politique, et d'autre part une  multiplication des initiatives spontanées  . Il y voit à l'évidence une mutation citoyenne.
Mais de quelles « pratiques politiques autonomes » est il question désormais? Et de citer les insurrection civile en Algérie ;les  grèves lycéennes pour le changement climatique en Europe ; énième acte des Gilets Jaunes en France ; élections de Zuzana Caputova à la Présidence de la Slovaquie et de Volodymir Zelenski à celle de l’Ukraine ; blocage du centre de Londres et occupations des tours de la Défense à Paris par les activistes de l’environnement. Les semaines passent et confortent l’idée qu’un changement d’attitude s’enracine : les citoyen.ne.s se gênent de moins en moins pour faire irruption dans la vie politique d’un pays afin d’imposer, à leur propre initiative, une orientation nouvelle à la manière dont les affaires publiques y sont prises en charge par leur gouvernement et les partis qui le soutiennent.
Autrement dit, LA « SOUVERAINETÉ DU PEUPLE » NE SE CONSTRUIRAIT PLUS UNIQUEMENT DANS LES URNES.
Il arrive de plus en plus que des novices en politique soient portés à la tête d’un État contre les candidats de l’establishment.
En dépit de ses indiscutables succès, cet activisme « sauvage » continue à être envisagé comme dénué de toute valeur politique au motif qu’il se situe aux marges du cadre convenu des institutions de la représentation. Et lorsqu’elle est qualifiée de « populiste » ou d’ « anti-système », cette façon d’agir en politique est décrite comme une menace pour la stabilité de la société ou la démocratie, au motif que le seul régime qui permet de gouverner de façon efficace, de prendre des décisions respectueuses de la majorité des opinions et de garantir les libertés individuelles est la démocratie représentative.
Et Ogien de rappeler que "la responsabilité de la chose publique ne saurait être abandonnée à la masse mais doit être confiée à des personnes qui savent comment l’assumer de façon rationnelle."
Ce qui, en creux, conforte l’idée selon laquelle les gens ordinaires sont incompétents en matière d’administration de l’État, inaptes à saisir les complexités du bien commun et ignorants des enjeux de la politique.
Or cette idée est en contradiction avec un fait que les médias diffusent, à savoir que les citoyen.ne.s savent s’organiser collectivement et déployer des formes d’action politique ajustées à une revendication fondée sur une analyse informée.
Le gens du peuple ne sont ils pas désormais persuadés que "la politique est devenue la chasse gardée d’un cercle restreint de professionnels qui, de droite comme de gauche?"
Par conséquent comment s’étonner qu'en France par exemple,  le suffrage universel ait perdu une grande partie de sa légitimité et que le consentement de la population ait cessé d’être accordé aveuglément à ceux et celles qui ont remporté un scrutin ?
Constatons  que "l’espace public à l’intérieur duquel l’activité politique se déploie dans les régimes démocratiques contemporains est passé d’un ordre bipolaire articulé autour du jeu entre une « société politique » (le monde de la prise en charge de l’administration de l’État) et une « société partisane » (le monde des opérations et stratégies politiques organisées afin d’accéder au pouvoir) à un ordre tripolaire dans lequel le monde des « pratiques politiques autonomes » des citoyen.ne.s entre en concurrence directe avec les deux autres."
C’est de ce troisième monde qu’on parle lorsqu’on évoque le rôle que joue aujourd’hui la « société civile ».
L’ordre tripolaire en gestation est marqué par l’affaiblissement de deux des piliers de l’ordre bipolaire : le suffrage universel et les partis et syndicats.
"L’effritement des affiliations partisanes, qui se traduit souvent par un rejet ou un dégoût de la politique, est un phénomène qu’il faut analyser de près."
"Si les adhérents et militants ont décidé de les quitter, c’est que ces organisations (syndicats et partis) ont cessé d’être le lieu où s’élaborent les idées, se forgent les identités politiques, se décident les projets et se remportent des combats.
". Des formes nouvelles d’engagement ont alors été découvertes: associations, ONG, collectifs,  plates-formes,  réseaux transnationaux ou de mouvements de protestation divers. (marches climats, gilets jaunes etc)"
De façon très étrange, les analystes, commentateurs et professionnels de la politique tiennent cette reconfiguration de l’ordre du politique et des formes d’action pour marginale ou auxiliaire.
"De quelle légitimité peuvent alors se prévaloir ces pratiques alors qu’elles se déploient délibérément hors des règles du jeu instituées par les régimes de gouvernement représentatif ?"
Résumons: le pouvoir est de moins en moins au mains de la sphère politique à l'avantage de la sphère financière qui tire les ficelles et pratique le  "lobbyisme" à outrance. La presse ne sait plus où donner de la voix.
Mais c'est le troisième pôle  qui doit retenir toute notre attention la vox populi qui s'exprime via les réseaux sociaux, le forums de lecteur, les tribunes des journaux, les marches de protestation (climat, gilets jaunes). Un gigantesque chamboulement est en cours. Difficile de prédire à quoi il aboutira. On verra sans doute un peu plus clair après le 26 mai qui bousculera, c'est une évidence le paysage belge et aussi européen.
MG
MG
 


mercredi 24 avril 2019

Baromètre politique : un séisme électoral en préparation


ANTOINE CLEVERS  La Libre Belgique
POLITIQUE BELGE

La Belgique politique navigue à vue. Rarement le brouillard avait été aussi épais à un mois des élections. La dernière livraison du baromètre politique de La Libre confirme qu’aucune majorité ne se dessine avec évidence, tant au fédéral que dans les Régions.
Deux phénomènes majeurs expliquent cette situation. D’abord, l’éparpillement des voix. Toutes les formations présentes dans l’un des gouvernements du pays (MR, CDH, PS, Défi, N-VA, CD&V et Open VLD) perdent des plumes au profit des partis d’opposition (Écolo, Groen, Vlaams Belang et PTB). Seule exception, le SP.A, dans l’opposition, qui poursuit sa descente aux enfers. Cela conduit à un resserrement des positions et, corollaire, à la nécessité d’avoir de larges coalitions gouvernementales pour dégager des majorités dans les parlements.
LE FOSSÉ SE CREUSE ENCORE LE NORD ET LE SUD
Second phénomène, l’amplification des clivages entre le nord et le sud du pays. Les Flamands votent plutôt à droite, les francophones plutôt à la gauche. Ça, on le savait. Mais l’écart continue de se creuser. Les partis qui composent le spectre politique du centre à l’extrême droite pèsent, ensemble, 66,1 % des voix en Flandre, contre 36,1 % en Wallonie et à peine plus à Bruxelles. Le différentiel entre le Nord et le Sud est plus important (d’environ cinq points de pourcentage) que lors des élections de 2014. Pas de quoi faciliter la mise en place d’une coalition fédérale. Bart De Wever, le président de la N-VA, présente la Belgique comme la juxtaposition de deux démocraties. Ce sondage le confortera dans ses certitudes.
La conséquence de tout cela, c’est que les jeux sont hyper ouverts pour la formation des majorités au lendemain du scrutin du 26 mai. En Flandre, la N-VA est quasiment incontournable dans le gouvernement régional. Non seulement elle reste largement la formation la plus puissante (plus de dix points d’avance sur le deuxième), mais, en plus, aucune tripartite ne semble possible sans elle (en tout cas, en termes de pourcentage ; il faudra voir ce que donne la conversion en sièges), tandis qu’une quadripartite reste une configuration gouvernementale peu probable. Une prolongation de l’exécutif actuel (N-VA, CD&V, Open VLD) apparaît comme l’option la plus évidente.

DES MINISTRES-PRÉSIDENTS ÉCOLO EN WALLONIE ET À BRUXELLES
En Wallonie, on va vers une tripartite. Les deux scénarios privilégiés sont la jamaïcaine (MR, CDH, Écolo) et l’olivier (PS, CDH, Écolo). La tripartie traditionnelle (PS, MR, CDH) est aussi une possibilité, voire la "majorité FGTB" (PS, Écolo, PTB).

En Région bruxelloise, les tendances sont les mêmes, si ce n’est que la donne est encore plus complexe en raison d’un éparpillement des voix plus prononcé et de la présence de Défi, qui jouera les trouble-fête. À noter, aussi, qu’Écolo devrait être en mesure - fait inédit - de prétendre à la ministre-Présidence à Bruxelles et même en Wallonie s’il forme des exécutifs sans le PS.

Reste le fédéral. La quadrature du cercle. Sur la base du baromètre, une suédoise II (MR, N-VA, CD&V, Open VLD) est possible à condition qu’elle soit élargie au CDH. Toute autre configuration gouvernementale devra sans doute se faire sans la N-VA qui n’imagine pas participer à un exécutif fédéral moins à droite que la suédoise (sauf pour négocier le confédéralisme). On ressort dès lors les tripartites. Celles qui émergent sont la jamaïcaine, l’olivier ou l’arc-en-ciel (familles libérale, socialiste et écologiste). Pour la première fois dans l’histoire politique de la Belgique, une tripartite traditionnelle risque par contre d’être trop courte pour former une majorité.
Bref, les négociations s’annoncent longues. Et des majorités miroirs (les mêmes à tous les niveaux de pouvoir) sans doute impossible à installer.
Fiche technique du baromètre
Ce sondage a été effectué par téléphone fixe ou mobile, du lundi 25 mars au lundi 15 avril 2019, sur un échantillon représentatif de 2 769 électeurs belges à la demande de La Libre Belgique, la RTBF, la VRT et De Standaard.
Les enquêtes ont été réalisées dans chacune des 3 Régions de Belgique sur un échantillon aléatoire de n = 1 006 électeurs résidant en Flandre, n = 1 004 électeurs francophones résidant en Wallonie et de n = 759 électeurs résidant à Bruxelles.
La marge d’erreur maximale est de ± 3,1 % sur les échantillons de Flandre et de Wallonie et de ± 3,6 % sur celui de Bruxelles.
Antoine Clevers


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VERS UNE BELGIQUE INGOUVERNABLE?

La brillante analyse d'Antoine Clevers donne le tournis.
Ecolo fait un bond de dix à treize % et devient l'arbitre de la situation à Bruxelles et en Wallonie où un olivier-FGTB est possible (PS/Ecolo/PTB) mais loin d'être certain car le PS et le PTB s'insupportent au point de se donner de l'urticaire. A Bruxelles écolo aura la main et le loisir de choisir ses alliés. Ecolo/PS /Défi semble la coalition la plus probable. On aurait aimé avoir des précisions sur les intentions de vote de la liste Destexhe. 
"Le différentiel entre le Nord et le Sud est plus important (d’environ cinq points de pourcentage) que lors des élections de 2014. Pas de quoi faciliter la mise en place d’une coalition fédérale".
En Flandre Bart De Wever est prêt à rempiler avec les mêmes. " Le président de la N-VA, présente volontiers  la Belgique comme la juxtaposition de deux démocraties. Ce sondage le confortera dans ses certitudes."
C'est dire si le confédéralisme tant redouté par les Francophones est dans le pipeline. Un gouvernement PS/NVA/CD&V/VLD est une possibilité pour négocier un confédéralisme ("que voulons nous encore faire ensemble"? qui ne soit pas trop défavorable à la Wallonie. A défaut nous aurons une suédoise 2 avec un MR très affaibli un premier ministre Jambon (Charles Michel aux oubliettes de l'histoire) et un CDH en renfort.
Le roi Philippe sera mis à rude épreuve pour mener à bien une négociation au niveau fédéral. Reste à savoir comment les Belges voteront au niveau européen. On peut imaginer que la progression écolo sera plus nette encore. Le 27 mai les Belges se réveilleront avec une gueule de bois comme jamais. Les gilets jaunes à la mode belge risquent fort de rendre tout cela encore plus compliqué.
MG
 

mardi 23 avril 2019

Notre-Dame ou quand la forêt crépite

AOC.MEDIA
Par Sylvain Piron
HISTORIEN

En détruisant la chape de plomb qui pesait sur l’édifice de Notre-Dame, le feu a donné à la longue forme de pierre un visage qu’elle n’avait jamais eu, mais qui la rapproche pourtant de son état initial. Elle se rappelle à notre souvenir comme un projet collectif impliquant tout un peuple. Notre-Dame n’est pas sans raison le lieu où se concentre le plus intensément un rapport à cette période de l’histoire de France, mal connue du grand public, mais que l’on perçoit pourtant confusément comme son moment inaugural.
L’émotion qui a saisi le pays le 15 avril au soir mérite d’être scrutée avec discernement. Alors que les flammes s’emparaient de la flèche et dévoraient inexorablement la toiture, les cœurs étaient serrés face à la vulnérabilité d’un édifice qu’on croyait indestructible. Mais une fois passée la crainte d’un effondrement du bâtiment, il faut interroger l’étrange sentiment qui affleure. Puisque la structure de pierre et de verre est pour l’essentiel sauvée, et qu’aucun pompier n’a péri face au feu, il ne s’agit pas véritablement d’un deuil. L’incendie a produit autre chose, de bien plus intéressant. La communauté nationale se découvre sourdement liée à un passé lointain, sans bien savoir comment nommer ce lien. Pour essayer de le traduire très simplement, on pourrait formuler ainsi ce constat : nous aurions quelque chose à voir avec le Moyen Âge, et cette actualité serait, si j’ose dire, brûlante.
Notre-Dame n’est pas sans raison le lieu où se concentre le plus intensément un rapport à cette période de l’histoire de France, mal connue du grand public, mais que l’on perçoit pourtant confusément comme son moment inaugural. Avant 1200, les Capétiens ne contrôlent en effet pas grand-chose. Aussi passionnantes soient-elles, toutes les histoires qui se sont déroulées sur ce sol avant le XIIe siècle n’ont pas eu d’effets aussi déterminants et durables sur les formes de la vie collective que les machineries qui se mettent en branle à cette époque : Église issue de la réforme grégorienne encadrant étroitement la vie des fidèles ; institutions royales, féodales et urbaines d’où proviennent par dérivations successives les institutions politiques, judiciaires, administratives et fiscales modernes ; écoles et université qui n’ont, quant à elles, guère évolué dans leur fonctionnement.
La construction d’une cathédrale au cœur de ce qui devient soudainement l’une des plus grandes villes d’Occident, la capitale d’un royaume puissant et le principal centre intellectuel de la chrétienté latine est donc bien un événement majeur qui condense les traits les plus caractéristiques de ce moment. Et pourtant, la culture populaire n’y accède habituellement qu’en passant par le XIXe siècle (Victor Hugo et Viollet-le-Duc), lui-même relayé par l’industrie contemporaine du spectacle (Disney et Luc Plamondon). Pour anticiper sur la conclusion de mon analyse, je voudrais suggérer que nous avions une bonne raison d’admirer la beauté et la puissance du feu dévastateur de lundi soir.
En détruisant la chape de plomb qui pesait sur l’édifice, il a donné à la longue forme de pierre un visage qu’elle n’avait jamais eu, mais qui la rapproche pourtant de son état initial. Le feu lui a rendu l’humilité et l’élégance d’un navire fait de voûtes, d’arcs-boutants et de vitraux, ouvert sur le ciel, en attente de sa couverture. Il n’y a aucune urgence à reconstruire une flèche. Les conservateurs, les architectes et les restaurateurs auront besoin de temps et de tranquillité pour formuler le diagnostic précis des chocs subis par la structure et identifier les interventions indispensables à sa consolidation. On pourra en profiter pour réfléchir calmement à la leçon politique donnée par l’incendie.
SI NOTRE-DAME SERT À DÉFINIR LE CENTRE GÉOGRAPHIQUE DU PAYS, ELLE N’EN MARQUE ÉVIDEMMENT PAS L’ORIGINE.
Les traces visibles du passé médiéval sont rares à Paris. D’aménagements en réaménagements, de Louis XIV à Haussmann, les vieux quartiers constitués d’étroites maisons en bois et la plupart des petites églises ont disparu. Notre-Dame a non seulement résisté. Elle retire de l’effacement de la concurrence une centralité supplémentaire. De plus, le site qu’elle occupe, à la pointe de l’île de la Cité, lui donne une visibilité exceptionnelle. À la différence de tant d’autres églises encastrées dans le tissu urbain, dont la Sainte-Chapelle voisine enserrée dans le palais de justice offre un cas extrême, son chevet qui s’élève entre les deux bras du fleuve se voit de loin en arrivant par l’est. On peut admirer la rose sud, ce chef d’œuvre de Pierre de Montreuil, à juste distance depuis les quais de la rive gauche.
Le vocable de l’église produit également un effet de familiarité. Dans l’usage commun, le possessif pluriel paraît s’appliquer au bâtiment de la cathédrale elle-même. Chacun des passants qui vient la saluer, sans forcément sentir la moindre connivence avec la sainte Vierge qu’elle honore, peut cependant la percevoir comme la nôtre, cette grande dame bienveillante. Il n’y a pas de point kilométrique zéro en histoire. Si Notre-Dame sert à définir le centre géographique du pays, elle n’en marque évidemment pas l’origine. La cathédrale actuelle a pris la place d’une ancienne basilique construite au IVe siècle, au moment où la population désertait la ville romaine située sur la rive gauche pour se concentrer dans l’île, à l’abri d’une enceinte. Longtemps, sur la rive droite, seules ont été occupées quelques buttes en bordure du fleuve : Saint-Gervais, Saint-Germain l’Auxerrois où les Vikings s’étaient installés en 885 lors du siège de l’île de Paris. C’est à partir des années 1130 que démarre l’expansion dans la plaine marécageuse.
Au centre de ces nouveaux quartiers, le marché des Champeaux (futures Halles) est créé en 1137 par Louis VI. Le même roi marque sa présence dans le palais situé à la pointe occidentale de l’île en y faisant construire un donjon, surnommé la « Grosse Tour ». Dans les mêmes années, l’abbé Suger inaugure à Saint-Denis l’architecture ogivale, que les promoteurs de l’idée de Renaissance qualifieront au XVIe siècle avec dédain d’« art gothique », mais qui a longtemps été fièrement célébrée comme « art français » (francigenum opus). Ouverte d’une rosace qui fait entrer la lumière dans la nef, la façade de la nouvelle basilique de Saint-Denis est consacrée en 1140.
L’émulation est instantanée. Alors que des évêques de villes voisines décident de bâtir de nouveaux édifices plus lumineux, à l’élévation supérieure (à Sens, Senlis, Noyon, Laon), un choix différent est d’abord fait à Paris. Étienne de Garlande, homme fort du chapitre cathédral et conseiller du roi, contribue à rénover l’ancien bâtiment qui menace ruine. Il fait notamment édifier un nouveau portail dédié à la Vierge, au tympan duquel, de part et d’autre de Marie et la saluant tous deux, l’évêque se tient debout tandis que le roi s’agenouille. (Démonté, puis remonté, il marque à présent l’ouverture de la tour sud de Notre-Dame).
LA CATHÉDRALE ÉTAIT DESTINÉE À FRAPPER PAR SA MONUMENTALITÉ, MAIS ELLE ÉBLOUIT AUSSI PAR SA BEAUTÉ.
Le choix de rebâtir à nouveaux frais est généralement attribué à l’évêque Maurice de Sully, mais il procède sans doute d’une décision collective à laquelle le chapitre a été associé. Si la tradition retient la date de pose d’une première pierre le 29 mars 1163, les fondations profondes dans un sol humide avaient commencé à être creusées bien plus tôt. La construction débute par l’est, en retrait de l’ancienne cathédrale, laquelle est détruite à mesure de l’avancée de la nouvelle. Les progrès rapides du chantier sont facilités par l’approvisionnement en pierres issues des carrières de calcaire des coteaux de la Bièvre, amenées par voie d’eau.
Le financement est assuré par les revenus de l’évêque, sans doute également abondé par des aumônes royales (aucune comptabilité n’a été préservée). Le nombre de chantiers ouverts dans les alentours assure la disponibilité des savoir-faire et de la main d’œuvre nécessaire. Les premiers architectes actifs avant l’intervention de Jean de Chelles au XIIIe siècle sont restés anonymes, de même que les tailleurs de pierre, les charpentiers ou les forgerons, mais ils provenaient assurément pour la plupart du bassin parisien.
En 1182, alors que toute la partie orientale est achevée et fonctionnelle, le nouvel autel est consacré. Même si l’activité se poursuivra longtemps sur le chantier, avec des remaniements importants dès les années 1220, la nef et la façade sont achevées vers 1210. À cette date, la ville compte près de 50 000 habitants. Elle est enserrée sur les deux rives dans la muraille de Philippe Auguste, tout juste achevée. La nouvelle puissance acquise par la monarchie capétienne se lit également dans les statues des 28 rois de Judée placées sur la façade. Scandant la généalogie de Marie et Jésus, elles sont comprises dès l’époque par les spectateurs comme représentant les ancêtres de rois de France, et seront saccagées pour cette raison à la Révolution.
La cathédrale était destinée à frapper par sa monumentalité. Elle est, à cette date, la plus longue (128 m) et surtout la plus haute (33 m) église d’Occident. Mais elle éblouit aussi par sa beauté. Le programme iconographique des deux nouveaux portails du Couronnement de la Vierge et du Jugement dernier se distingue par ses protagonistes dotés de gestes et de visages remarquablement expressifs. En raison d’un vieux préjugé qui accorde la primauté à la peinture dans les arts visuels, on oublie souvent que la sculpture avait toujours auparavant tenu le premier rang. La statuaire gothique a été la principale source d’inspiration de l’humanisation des corps dans la peinture italienne, que l’on tient parfois pour le trait le plus spécifiquement « moderne » de cette dernière.
Notre-Dame a également été un point de départ pour un autre développement artistique marquant. Dès les années 1160, à la recherche d’ornements, les chantres ont introduit l’usage du chant polyphonique. Cette pratique nouvelle donne lieu à des partitions écrites, attribuées à des compositeurs (Léonin, Pérotin, Philippe le Chancelier), qui seront ensuite notées à l’aide de divisions mesurées du temps. Toute la tradition de la musique savante occidentale est issue des expérimentations menées à l’occasion d’échanges entre le chœur de Notre-Dame et la faculté des arts de l’université voisine.
PARIS EST DEVENUE LA CAPITALE INTELLECTUELLE DE L’OCCIDENT GRÂCE À LA PRÉSENCE D’ÉTUDIANTS ET D’ENSEIGNANTS ÉTRANGERS, ACCUEILLIS SANS VISA NI DROITS D’INSCRIPTION EXORBITANTS.
Pour évoquer la présence des écoles voisines, il est nécessaire de remonter quelques siècles plus haut. Depuis l’époque carolingienne, toute cathédrale était tenue de fournir un enseignement à ses clercs. L’enjeu principal était l’apprentissage du latin et l’inculcation des bonnes mœurs aux jeunes gens. Avec la réforme grégorienne, dans la seconde moitié du XIe siècle, se fait jour un intérêt croissant pour le droit de l’Église et la réflexion sur les fondements du dogme. De proche en proche, l’appétit de réflexion se traduit par un engouement pour les arts du langage et de l’argumentation.
Héros de ces nouveaux savoirs, Pierre Abélard sillonne les écoles de France du Nord, avant de se fixer à Paris vers 1115. Le chanoine Fulbert chez qui il loge (Fulbert était archidiacre et résidait hors du cloître, face à la cathédrale) lui confie comme élève de cours particuliers sa nièce Héloïse. L’histoire est connue, je n’insiste pas. Après bien des mésaventures, à son retour à Paris, une vingtaine d’années plus tard, Abélard trouve une foule d’écoles privées installées sur les pentes de la montagne Sainte-Geneviève. L’abbaye elle-même servait de lieu d’étude, de même que celle des chanoines réguliers de Saint-Victor. Le rôle du chancelier de la cathédrale restait néanmoins déterminant, puisque c’est lui qui autorisait des maîtres à tenir école.
Pendant longtemps encore, le parvis de Notre-Dame accueille des libraires et des débats d’étudiants. La grande salle du palais de l’évêque, construit par Maurice de Sully entre l’église et le fleuve, demeure le lieu des cérémonies d’accès à la maîtrise en théologie. Mais les lieux d’enseignement se sont déplacés vers le sud, dans des maisons construites sur le Petit Pont ou dans les nouvelles rues ouvertes à son débouché dans le clos de Garlande. Outre la qualité des maîtres, la croissance de la ville et son caractère de capitale royale ont contribué à fixer les écoles, attirant des étudiants et des maîtres de toute l’Europe – Anglais et Allemands, mais aussi bien Danois ou Hongrois, sans compter la présence déterminante d’étudiants italiens dont certains, devenus papes, se feront à leur tour protecteurs des écoles parisiennes.
Pour être bien compris de tous, je me permets de le souligner : Paris est devenue la capitale intellectuelle de l’Occident grâce à la présence d’étudiants et d’enseignants étrangers, accueillis sans visa ni droits d’inscription exorbitants. Le maître le plus influent du XIIe siècle, Hugues de Saint-Victor, était saxon, et Jean, le plus fin lettré de son temps, venait de Salisbury. L’université de Paris naît, vers 1207, d’une volonté d’auto-organisation des maîtres, qui se constituent en une association pour défendre notamment l’autonomie du recrutement, face à la tutelle du chancelier.
En dépit de rapports parfois conflictuels, du fait de la présence constante de chanoines parmi les maîtres en théologie, les deux institutions ne seront jamais totalement séparées. Il suffira d’une phrase pour résumer ce que l’histoire des sciences doit à l’immense travail intellectuel initié aux abords directs de la cathédrale. C’est en cherchant à attraper Dieu dans les filets de la logique que les Occidentaux ont construit un savoir du monde, physique et métaphysique, qui a fini par ramener le Créateur au rang d’une simple hypothèse dont la science croit pouvoir se passer.
C’EST PARCE QUE TOUTES LES LIGNES, OU PRESQUE, DE L’HISTOIRE OCCIDENTALE PASSENT PAR NOTRE-DAME QU’ELLE EST LE BÂTIMENT LE PLUS UNIVERSEL DE NOTRE IMAGINAIRE.
Le passé médiéval a laissé peu de traces visibles dans Paris, alors qu’il innerve secrètement l’histoire de la ville. Rare vestige de ce moment, sur Notre-Dame se projette une quantité faramineuse de généalogies. Du point de vue de l’histoire des arts et des savoirs, du christianisme et de la nation française, le monument est le témoin d’un moment dont le retentissement fait vibrer bien au-delà de nos frontières. C’est parce que toutes les lignes, ou presque, de l’histoire occidentale passent par Notre-Dame qu’elle est le bâtiment le plus universel de notre imaginaire.
Si j’en ai rappelé les traits glorieux, il faut tout de même ajouter que le triomphe de l’Église et de la monarchie se sont payés d’une série d’exactions et de massacres. Philippe Auguste a été le premier roi français à expulser et spolier les juifs de ses terres (1182). Au moment précis où la façade de Notre-Dame est achevée, une foule de petits seigneurs d’Île-de-France s’engage en 1209 dans la « croisade des albigeois », menée contre des hérésies méridionales, qui fait basculer les régions d’Oc dans l’orbite du pouvoir capétien au prix de quelques dizaines de milliers de morts. À Paris même, en 1210, une dizaine de clercs hautement formés, disciples d’Amaury de Bène, sont exécutés pour avoir formé un courant gnostique qui se réjouissait de l’entrée dans l’âge de l’Esprit. Mais si l’on se souvient aussi qu’en cette même année, François d’Assise fit approuver son projet de vie évangélique par Innocent III, on aura en main l’essentiel des cartes qui permettent de comprendre la charge d’avenir contenue en ce début de XIIIe siècle.
Au Moyen Âge, une catastrophe naturelle était comprise comme un châtiment divin, punissant pour ses péchés le peuple ou ses dirigeants. L’enquête de police finira sans doute par conclure qu’aucune imprudence coupable n’a été commise. Si le seul responsable de l’incendie est un câble défectueux, l’événement lui-même sera dépourvu de sens et en deviendra impensable. Indépendamment de toute causalité matérielle, je pense au contraire qu’il s’est produit quelque chose d’important ce lundi soir, quand l’attention du monde entier est restée braquée toute une soirée sur cette toiture qui devenait un grand brasier en forme de croix, que les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux se sont figés dans la contemplation d’un passé lointain auquel ils ne comprenaient pas grand-chose.
Tentons un exercice de pensée. Essayons de concevoir que la « forêt » de la charpente se soit volontairement immolée, pour donner à réfléchir sur l’état du monde et la sécheresse des cœurs. En ce début de semaine sainte, la cathédrale aurait vécu son mercredi des Cendres, prenant sur elle les péchés du monde. Par avance, elle proteste face aux récupérations dont elle est l’objet. Il y a, dit-elle, une autre urgence que de reconstruire la toiture à temps pour l’ouverture des Jeux Olympiques. C’est justement contre cela qu’elle proteste.
La forêt s’est livrée au feu pour appeler à sauver les forêts tropicales ou boréales, aussi bien que les maigres forêts de banlieue menacée par des aménagements inutiles. Elle invite les touristes à prendre leurs selfies chez eux. Elle réclame le bilan carbone des Jeux Olympiques. Elle invite à sortir du présent immédiat pour penser le temps long. Elle demande à se souvenir de ce qu’était un projet collectif impliquant tout un peuple. Elle nous invite à faire en silence le bilan de cette histoire de l’Occident, des beautés qu’elle a produites et du désastre écologique qui en découle. Elle nous demande des comptes. La forêt n’a pas fini de crépiter.
Sylvain Piron
HISTORIEN, DIRECTEUR D'ÉTUDES À L'EHESS


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"NOTRE DAME DEMANDE À SE SOUVENIR DE CE QU’ÉTAIT UN PROJET COLLECTIF IMPLIQUANT TOUT UN PEUPLE"

Merci à Sylvain Piron de nous aider à penser le symbole, le syndrome  Notre Dame;
"Paris est devenue la capitale intellectuelle de l’Occident grâce à la présence d’étudiants et d’enseignants étrangers, accueillis sans visa ni droits d’inscription exorbitants."
Première constatation paradoxale sur les contradictions criantes de notre époque "Erasmusienne "où les étudiants étrangers se voient imposer un lourd minerval au catactère dissuasif: VADE RETRO!
"Indépendamment de toute causalité matérielle, je pense au contraire qu’il s’est produit quelque chose d’important ce lundi soir, quand l’attention du monde entier est restée braquée toute une soirée sur cette toiture qui devenait un grand brasier en forme de croix, que les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux se sont figés dans la contemplation d’un passé lointain auquel ils ne comprenaient pas grand-chose."
En effet cet événement extraordinaire en rappelle un autre: l'effondrement des Twin Towers allégorie du capitalisme hyper libéral, le WTC n'est-il pas  le veau d'or des temps modernes. Il ne tardera pas à ressortir de terre telle un phénix ressuscité des flammes.
"La forêt s’est livrée au feu pour appeler à sauver les forêts tropicales ou boréales, aussi bien que les maigres forêts de banlieue menacée par des aménagements inutiles. "
Que de forêts englouties depuis des millions d'années ne consumons  nous pas quotidiennement dans tous les moteurs à explosions qui brûlent notre oxygène inexorablement?
"Elle invite les touristes à prendre leurs selfies chez eux."
Ces touristes imbéciles et grégaires qui se déplacent en avion, en voiture en TGV, à moto pétaradante pour un instant de dépaysement collectif devant les chefs d'oeuvres de l'esthétique européenne. Quel gâchis! Au départ, cette nef de pierre parisienne- fluctuat nec mergitur- devait abriter seulement les 5O.000 âmes des Parisiens d'alors.
"Elle réclame le bilan carbone des Jeux Olympiques. Elle invite à sortir du présent immédiat pour penser le temps long. Elle demande à se souvenir de ce qu’était un projet collectif impliquant tout un peuple."
Efforçons nous donc de le penser ce temps long qui s'écrase le nez sur un éternel présent consumériste sans la moindre considération pour un éventuel demain et je ne parle même pas d'après demain.
Quel autre vénérable bâtisse serait de nature de susciter un tel émoi en s'évaporant? Je n'en vois que deux: le Parthénon magnifique et les somptueuses  pyramides d'Egypte et éventuellement la grande muraille de Chine qu'on aperçoit de la lune par clair de terre. Je ne pense pas que la tour Eifel ou la sublime grand place de Bruxelles qui fut la proie des flammes en 1695 eussent, en se consumant, provoqué pareil émoi. Et je ne parle même pas de  notre grotesque Atomium.
MG