mardi 16 avril 2019

Brexit: «DSK» a-t-il raison d’appeler à sortir au plus vite de l’incertitude?


Par   Wladimir Garcin-Berson (Figaro)

Dans une tribune, l’ancien directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, souhaite qu’une solution, quelle qu’elle soit, soit trouvée le plus vite possible entre Londres et Bruxelles pour sortir de l’incertitude qui entoure le Brexit. Une solution rapide mais brutale n’est toutefois pas conseillée par les experts.
«A sad Brexiter». C’est ainsi que Dominique Strauss-Kahn, se définit dans une tribune publiée par les Échos. Pour l’ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), le peuple britannique est dans son bon droit en souhaitant se séparer de l’Union européenne. La question n’est plus là, argumente-t-il: «si un second référendum n’est pas envisageable, alors il faut se séparer, et il faut se séparer vite», écrit le patron de Bercy sous Lionel Jospin, qui ajoute qu’il «faut que le Brexit ait lieu vite quel qu’en soit le coût», afin que l’Union européenne «poursuive son chemin» et que les incertitudes encadrant la sortie du Royaume-Uni soient dissipées au plus vite.
«Bien sûr, le «hard Brexit» sera coûteux pour l’Union, et il le sera beaucoup plus encore pour les Britanniques. Mais ce coût n’est rien comparé à celui des tergiversations que nous voyons se dessiner», considère-t-il.
Il faut dire que les reports successifs et les atermoiements des élus Britanniques ont fini par irriter les milieux d’affaires.
En effet, pour une entreprise, rien n’est plus néfaste que l’incapacité de prévoir son avenir, au moins à court ou moyen terme. Or, à ce jour, nul ne sait si le Brexit aura bel et bien lieu, d’une part, et sous quelle forme, d’autre part. Les activités européennes implantées au Royaume-Uni ou commerçant avec la vieille Albion se retrouvent ainsi dans une position inconfortable, à devoir préparer des scénarios toujours plus complexes et imprévus.
Sur le court terme, l’incertitude a un coût, de plus en plus lourd à mesure que les semaines passent. «L’incertitude est coûteuse, en particulier pour une PME qui doit identifier les opérateurs britanniques de sa chaîne d’approvisionnement ou de distribution au Royaume-Uni, puis se préparer aux différentes formalités à mettre en place en fonction de chaque scénario possible du Brexit», explique le responsable des affaires européennes à la Chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France, Bernard Cottin. (...)
L’incertitude mène aussi à une baisse des investissements, une perte de confiance des ménages comme des chefs d’entreprise, une dégradation des importations britanniques et participe du ralentissement de l’activité observable en Europe. 
 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BREXIT OR NOT BREXIT?
"QUAND ARRÊTERONS-NOUS DE FAIRE DES COURBETTES AUX BRITANNIQUES" ?  
 
Theresa May a réussi son coup fumant. L'Anglaise à la chevelure d'acier, aux escarpins farfelus et aux idées courtes a réussi son pari: semer la zizanie au sein des 27 et en particulier casser le couple franco-allemand.  Emmanuel Macron voulait qu'on conclue vite, avant les élections . Comme pour le contrarier à plaisir, Angela a pris le parti d'un Brexit long. Le ver souverainiste est dans le fruit européen.  
L'Europe, écrit Jacques Julliard, "est devenue le bouc émissaire par excellence. Macron l'a compris, sans l'Europe, la France est condamnée à devenir une grosse Suisse," en moins propre et en moins souveraine. Ce n'est pas déshonorant , mais ce n'est pas non plus exaltant pour une grande nation" (Sortir de l'histoire p. 273)
"Est-ce que nos politiciens font encore de la politique, gèrent-ils le bien commun, le patrimoine national ?" Se demande un forumeur. "Se préoccupent-ils des besoins humains qui nous habitent tous ? À les observer à la tâche, je remarque qu’ils ont le comportement de cadres supérieurs d’une grosse boîte. Ils ne font pas de politique au sens noble du terme, mais de la stratégie en faveur de leur parti. Oui, c’est bien ça, le parti est premier servi. Voici un exemple flagrant : la lamentable aventure du Brexit. Nul ne sait vraiment ce que défend Thérésa May. Elle est brouillée avec les gens de son parti, et ceux-ci sont brouillés avec leurs concurrents opposés. Et les citoyens dans la rue ? Ils ne comptent pas... En réalité, l’avenir de la Grande-Bretagne est secondaire, ce qui importe est que le parti de Madame May reste au pouvoir, coûte que coûte. Il s’agit ni plus ni moins de stratégie et non de politique. Pareillement en notre pays où chaque parti, en vue des élections, invente un programme concocté par des idéologues en décalages complets avec la réalité vécue par les citoyens. Le parti, premier servi. De la stratégie. Le 26 mai prochain est un trauma passager. Ce ne sont qu’arrangements entre partis afin d’orienter les électeurs. Aujourd’hui le débat est celui du climat, il y a six mois, la mobilité, il y a un an, c’était la sécurité. Tout est bon, puisse le sujet focaliser les attentions de l’instant. Entre servir le parti ou le pays, le choix de ces "cadres sup" est celui de leur employeur, le parti".
(Damien de Failly)
UN DÉLAI DE PLUS ? NON !
"J’ai honte d’être européen. Après chaque vote négatif du Parlement britannique, l’Europe s’incline devant le Royaume-Uni et lui offre un nouveau report de la date limite du Brexit. Les Britanniques en profitent et font monter les enchères pour provoquer une nouvelle négociation, plus favorable, alors qu’il y a quelques semaines, tous les responsables européens affirmaient que l’accord négocié est le seul possible et qu’il n’y en aura pas d’autre. Ce qualificatif n’est maintenant plus employé, car on veut préparer les foules à un nouvel accord. J’apprends maintenant qu’il est question d’accorder au Royaume-Uni un délai beaucoup plus long pour renégocier. Trop c’est trop ! Quand arrêterons-nous de faire des courbettes aux Britanniques ?  J’en ai marre que nous nous couchions systématiquement devant les Anglais. Depuis qu’ils sont dans la communauté européenne, ils n’ont fait que retarder la construction européenne et réduire ses domaines d’action. Ne parlons pas des privilèges dont le Royaume-Uni bénéficie. Il n’y a qu’une chose à faire et il faut impérativement profiter de l’opportunité actuelle qui nous est proposée pour le faire : virer définitivement les Britanniques de l’Union européenne. (Houria Lounes)
Et Julliard de conclure: "L'Europe telle qu'elle se présente aujourd'hui n'a aucune chance de pouvoir incarner une volonté politique à l'échelle internationale. Depuis dix ans au moins, l'Europe n'avance plus, elle recule. "
Depuis un demi-siècle, l'UE a réussi à créer un marché intérieur fondé sur des règles et donc une prospérité énorme. Depuis dix ans, cette "méthode bruxelloise" est incapable de faire face aux crises majeures : Euro, Brexit, Ukraine, migration. Il est urgent de changer de logiciel!
Demain nous aurons à relever les défis de retrait américain (America first) des folles ambitions chinoises, de la crise climatique et de la grande pression migratoire. Seuls nous ne pourrons rien, ensemble, il nous serait possible d'y faire face. «Si un second référendum n’est pas envisageable, alors il faut se séparer, et il faut se séparer vite» (DSK)
Nous aurons notre mot à dire, le dimanche 26 mai, en désignant les députés européens de notre choix. Il serait vraiment déraisonnable de voter n'importe quoi comme nous y incitent les populistes, nationalistes souverainistes et jusqu'au-boutistes de tout poil.
MG



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