lundi 29 avril 2019

Elections législatives en Espagne: Sanchez donné gagnant, émergence de l'extrême droite

La Libre

Les Espagnols ont voté massivement dimanche aux élections législatives, à l'issue desquelles le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez devrait sortir vainqueur mais sans majorité absolue et l'extrême droite entrer en force au parlement, plus de 40 ans après la dictature de Francisco Franco. Réalisés durant plusieurs jours avant le scrutin mais diffusés à la fermeture des bureaux de vote à 20H00 locales (18H00 GMT), d'ultimes sondages prédisaient la victoire du socialiste mais avec environ 120 députés, loin de la majorité absolue de 176 sur 350 à la chambre. Il sera donc obligé de construire une coalition hétérogène pour continuer à gouverner.
En face, les conservateurs du Parti populaire et les libéraux de Ciudadanos semblaient loin de la majorité pour l'en empêcher, même en s'alliant avec l'extrême droite de Vox qui raflerait pourtant au maximum 50 sièges, selon ces sondages réalisés avant le vote.
Le scrutin pourrait donc déboucher sur une nouvelle période d'instabilité, qui marque la politique espagnole depuis la fin du bipartisme conservateurs-socialistes en 2015, avec un parlement fragmenté et des divisions exacerbées par la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.
Vox, pratiquement inconnu jusqu'à son irruption au parlement d'Andalousie l'année dernière, a fait resurgir l'extrême droite dans un pays où elle était insignifiante depuis la mort de Franco en 1975.
Mais ce parti progresse en soufflant des électeurs au PP et à Ciudadanos, donc même en unissant leurs forces, ces trois partis obtiendraient au maximum 160 députés selon la moyenne de ces sondages. Ils ne pourraient pas rééditer leur succès en Andalousie, où ils avaient chassé les socialistes de leur fief.
Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin dernier en renversant le conservateur Mariano Rajoy dans une motion de censure, avait mis en garde contre le "risque réel" d'une sous-estimation du score de Vox, un parti soutenu notamment en Europe par le Front national français et la Ligue italienne.
A Madrid, Carlos Gonzalez, retraité de la construction, a indiqué avoir voté pour "l'option modérée" représentée par les socialistes. Vox "va en arrière, vers le passé. Ce n'est pas l'avenir, l'avenir est à une Europe unie", selon lui.
Mais près de Barcelone, Dolores Palomo, qui a voté Ciudadanos, a rejeté "la politique de la peur" de l'extrême droite menée par M. Sanchez. Cette aide ménagère de 48 ans et ancienne électrice socialiste veut croire que si le PP et Ciudadanos faisaient alliance avec Vox, ils s'assureraient "que cela ne soit pas une extrême droite radicale".
Valentino Lopez, qui travaille dans la logistique à Valence, dit avoir voté Vox parce que "ce pays a besoin d'un changement profond", tout en se défendant d'être "fasciste".
Formation au virulent discours anti-féministe et anti-immigration, Vox, qui a fait campagne massivement sur les réseaux sociaux, a prospéré en particulier en prônant la manière forte en Catalogne.
Cette région du nord-est du pays, où les séparatistes ont a déclenché en 2017 la pire crise politique qu'ait connue l'Espagne depuis quarante ans, reste au centre du jeu politique.
La droite et l'extrême droite ont ainsi mené une campagne très agressive contre M. Sanchez, l'accusant d'être un "traître" pour être parvenu au pouvoir en partie grâce aux voix des séparatistes catalans. Pedro Sanchez pourra compter sur l'appui de la gauche radicale de Podemos, mais devrait avoir besoin de celui de partis régionalistes dont, a priori, les indépendantistes catalans.
Mais le socialiste préférerait éviter d'avoir de nouveau besoin de ces derniers, qui l'ont contraint à convoquer ces élections anticipées en refusant de voter son budget. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN MACRON ESPAGNOL? 

Pas vraiment mais il y a des convergences entre les deux hommes et les deux situations. Le socialiste Pedro Sanchez est un réformiste européaniste face à VOX anti-féministe et anti-immigration qui réveille le spectre franquiste.
L'extrême droite monte, en Espagne  ici comme en France, en Allemagne, en Italie, en Autriche en Hongrie...
Le socialiste Pedro Sanchez sera donc obligé" de construire une coalition hétérogène pour continuer à gouverner.
Le scrutin risque de déboucher sur une nouvelle période d'instabilité."
En somme comme en France et demain en Belgique, au Royaume-Uni...L'instabilité devient la caractéristique des démocraties européennes en phase terminale : « Le modèle démocratique ne fonctionne plus » (Vincent de Coorebyter)
Où allons-nous ? Comment garderons-nous  confiance en l’avenir ?
MG 


LA FIN DE LA DÉMOCRATIE
APOGÉE ET DÉCLIN D'UNE CIVILISATION
Jean-Claude Kaufmann 

Dans cet essai informé et solidement argumenté, Jean-Claude Kaufmann ne se contente pas de lancer un cri d’alarme : il dresse un tableau impressionnant de ce qui nous entraîne vers l’abîme. Catastrophisme exagéré ? Lisez sa démonstration, et vous verrez peut-être ce que nous nous refusons à regarder en face…
La révolte des gilets jaunes a montré combien le pouvoir politique est devenu fragile. Elle exprime une demande grandissante de démocratie directe, qui, il faut le dire, ne pourra jamais être satisfaite.
Parce que la guerre est définitivement ouverte entre République et démocratie.
Remontant dans l’histoire, Jean-Claude Kaufmann détaille la méca-nique infernale qui nous a menés là, et annonce l’inéluctable approfon¬dissement de la crise. Car nous ne vivons rien de moins que la fin d’une civilisation. Celle qui fut la nôtre, fille des Lumières, et qui disparaît sous nos yeux.
Nombre d’observateurs ont déjà lancé des cris d’alarme. Sur la catas¬trophe climatique. Sur les dérives écoeurantes de l’économie financiarisée. Sur la montée des populismes, des nationalismes, des fondamentalismes et des enfermements communautaires. Sur l’emprise grandissante des GAFA. Sur la prolifération des fake news et de la haine qui gangrènent Internet. Sur le peuple des territoires méprisé et oublié.
Dans cet essai informé et solidement argumenté, Jean-Claude Kaufmann relie ces éléments et les intègre dans un ensemble explicatif unifié. En ressort un tableau impressionnant de ce qui nous entraîne vers l’abîme. Catastrophisme exagéré ? Lisez sa démonstration, et vous verrez aussi pourquoi nous dénions les dangers qui nous guettent, en nous berçant d’illusions dans une bruyante exubérance démocratique qui n’est en fait qu’un chant du cygne…

 
LA FIN DE LA DÉMOCRATIE ?

• interview : d’Alain Eraly et Vincent de Coorebyter
par Philippe Engels et Quentin Noirfalisse
• texte : paru dans Médor, n° 6, printemps 2017, pages 92-100.
Notre société apparaît chamboulée par la révolution du numérique, le populisme et la terreur. Où allons-nous ? Comment garder confiance en l’avenir ? Travailler sans s’user, vivre sans la peur… Depuis vingt ans, Vincent de Coorebyter et Alain Eraly tempèrent les émotions collectives et rassurent les anxieux en misant sur la stabilité des institutions. Là, ils prennent un air grave : « Le modèle démocratique ne fonctionne plus ».

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