jeudi 16 mai 2019

Greta Thunberg, l'ado égérie des marches pour le climat, est une éco-anxieuse qui s'assume.

- FREDERICK FLORIN / AFP
Eco-anxiété face au changement climatique : "Gare à la lassitude de l'apocalypse !"
Propos recueillis par Alexandra Saviana  (Marianne)

Peur de la catastrophe, sentiment de fin du monde imminente… L'angoisse face au changement climatique porte à présent un nom, que l'on voit fleurir un peu partout dans la presse : l'éco-anxiété. Nouvelle marotte de l'air du temps ou réel frein à l'action ? Décryptage avec le chercheur norvégien Per Espen Stoknes.
"Le plus gros obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique se trouve entre nos deux oreilles". En 2017, dans la vidéo d'une conférence Ted Talk vue plus de 2 millions de fois, le psychologue norvégien Per Espen Stoknes cherchait à comprendre pourquoi, même face à l'urgence que représente le changement climatique, nos sociétés tardaient à agir. Selon lui, la réponse était à chercher dans nos barrières psychologiques. Ignorance, humour, évitement : le cerveau humain est expert en différentes techniques pour éviter de faire face à la catastrophe prédite par les experts, relayés par les médias. Dernier concept en vogue : "l'éco-anxiété", ou la peur du désastre climatique à venir qui, loin de nous pousser à agir, nous paralyserait. Le chercheur Per Espen Stoknes décrypte ces mécanismes.
DEPUIS QUELQUES MOIS SE MULTIPLIENT DANS LES MÉDIAS LES TÉMOIGNAGES DE PERSONNES SE DISANT ATTEINTES "D'ÉCO-ANXIÉTÉ". VALIDEZ-VOUS CE CONCEPT ?
Per Espen Stoknes : Il y a bien un sentiment d'anxiété qui traverse notre société. Au contraire de la peur, celui-ci est provoqué par l'impression qu'il existe un ennemi invisible, non-identifié, contre lequel il est difficile d'agir. Dans le cas du changement climatique, le problème est particulièrement complexe car l'ennemi est à la fois partout et nulle part : il s'agit de l'humanité dans son ensemble qui travaille à sa propre destruction. Ce sentiment est évidemment accru par la multiplication des articles et des rapports sur le changement climatique, qui ne sont pas le moins du monde rassurants. Pour alerter la population, les médias insistent sur l'imminence d'une catastrophe à venir. L'idée est simple : pour intéresser les gens, il faut leur faire peur.
COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CE BESOIN DE BRANDIR UNE DESTRUCTION IMMINENTE POUR MOBILISER LES FOULES ?
Il ne faut pas oublier que nous vivons dans une culture en grande partie d'héritage judéo-chrétien. L'un de ses plus importants ouvrages est le dernier livre du Nouveau Testament, intitulé Le livre de l'Apocalypse. La conviction que le monde va être dévoré par les flammes est profondément ancré dans notre ADN. Au siècle dernier, les hommes avaient la conviction que la planète allait être détruite par une guerre nucléaire, ou par les pluies acides. Aujourd'hui, l'objet d'angoisse est le changement climatique.
N'EST-CE PAS UNE APPROCHE PARALYSANTE ?
Ce traitement "par le pire" pose en effet un problème fondamental : il nous empêche de prendre la mesure de ce qu'il se passe, et donc d'agir. C'est assez paradoxal : plus les scientifiques publient des preuves de ce qu'il se passe, plus les gens sont angoissés… et sont donc tentés de nier la réalité.
"Le public va créer des barrières pour éviter de voir la réalité en face."
LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE SERAIT DONC EMPÊCHÉE PAR UN PROBLÈME PSYCHOLOGIQUE ?
Je suis convaincu que petit à petit, cette utilisation systématique de la catastrophe peut se retourner contre ses auteurs. Le public finit par s'habituer aux horreurs qu'il entend chaque jour et va créer des barrières pour éviter de voir la réalité en face : c'est ce que l'on pourrait appeler la "lassitude de l'apocalypse". La première fois que vous apprenez qu'un million d'espèces animales sont menacées d'extinction à cause de l'activité humaine, vous pouvez très bien être bouleversé. Mais quand vous entendez cette information pour la troisième, sixième, dixième fois ? Elle finit presque par perdre son sens ou par devenir inéluctable.
L'anxiété est-elle accompagné d'un sentiment de culpabilité ?
Si j'apprends que l'homme est responsable de cette catastrophe, je risque en effet de me sentir inconsciemment coupable. Un sentiment négatif et très désagréable, que mon cerveau va vouloir éviter de ressentir à nouveau. Il va alors élaborer des stratégies d'évitement : vous allez arrêter de lire les articles, d'écouter la radio, de regarder la télévision dès que l'on va parler d'environnement. Mon cerveau peut aussi choisir de prendre la voie de la "dissonance cognitive" : je sais que l'utilisation des énergies fossiles participe au réchauffement, j'en emploie moi-même en mangeant de la viande ou en utilisant ma voiture, mais je vais refuser d'assumer ma part de responsabilité en rejetant la faute sur le voisin. Par exemple, en me répétant que la France ou la Norvège polluent peu en comparaison de la Chine. Lutter contre le changement climatique à mon échelle me paraît donc vain.
"Les gens ne se sentent plus concernés."
Enfin, certains élaborent une autre stratégie pour éviter de faire face à ces angoisses : la critique. Au lieu de regarder la réalité en face, ils vont préférer moquer les rapports et les scientifiques, en les réduisant à des oiseaux de malheur. Chacun des propos liés au changement climatique est alors dénigré. Peu importe la fréquence à laquelle vous en parlez, le nombre de documentaires que vous y consacrez : l'ensemble du traitement médiatique finit par devenir stérile. Les gens ne se sentent plus concernés.
Dans ce cas, comment alerter sur le changement climatique sans provoquer l'apathie du public ?
D'autres outils permettent de provoquer une réaction autrement plus positive et efficace du public. Il existe en psychologie un concept nommé le "ratio de positivité", ou "ratio un sur quatre", qui peut fournir aux médias une manière de mieux expliquer le changement climatique. Plutôt que de se concentrer essentiellement sur des sujets angoissants, le ratio de positivité implique de diviser en quatre le traitement du changement climatique.
Un quart est bien sûr réservé aux catastrophes, aux mauvaises prévisions - en bref, à toutes les mauvaises nouvelles qu'impliquent ce sujet. Mais le reste des productions journalistiques devraient être consacrées à des sujets plus positifs : il est nécessaire d'insister sur le fait que la catastrophe n'est pas inéluctable. Un quart du traitement médiatique devrait porter sur les manières constructives dont on pourrait agir pour résoudre cette crise. Un autre pour expliquer la manière dont l'enrayement du changement climatique pourrait être bénéfique pour notre santé. Enfin, un dernier sur la manière dont nous devons nous protéger de ces risques. Il faut présenter le changement climatique comme un cas pratique : vous assurez bien votre maison contre les incendies, il faut faire de même pour la planète.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY:
LASSITUDE DE L'APOCALYPSE 

Plutôt que d'insister sur la manière dont nous allons tous mourir de manière atroce, il faut que les médias montrent en quoi lutter contre le changement climatique nous permettrait d'avoir une vie meilleure.
Le salut ne viendra pas du parti écologiste ni surtout de ses militants vêtus de laine et de candeur naïve mais bien d'une prise de conscience individuelle et d'une mise au ban des GAFA. A quoi bon voter écolo si c'est pour donner du poids à une bande de rêveurs échevelés de tendance majoritairement catho et insidieusement communautariste. D'aucuns qui se disent bien informés soupçonneraient même certaines connivences avec les frères musulmans. Difficile à prouver. Nollet ministre à la région wallone? Il n'a pas laissé un souvenir impérissable de sa gestion du dossier photovoltaïque.  Katabi, Ministre présidente de la Région bruxelloise? Autant vendre sa bagnole tout de suite et investir dans un vélo électrique ou carrément se retirer à la campagne. Calvo, Almaci en Flandre: beaucoup de vent oratoire mais aucune expérience de gestion.  Oui, les verts font beaucoup de bruit mais face à la menace climatique , ils ne font franchement pas le poids.  Il est nécessaire d'insister sur le fait que la catastrophe n'est pas inéluctable. Disons que la question du réchauffement climatique est bien trop sérieuse que pour être confiée à ces seuls gentils amateurs.
MG


Aucun commentaire: