jeudi 30 mai 2019

Le Roi envisagerait plusieurs candidats au poste d'informateur


F.C. ET M.R.
La Libre Belgique

Après les consultations de ces derniers jours, le Roi va désigner un informateur. Ce dernier aura pour tâche de mener les premiers contacts politiques en vue de la mise en place d'une nouvelle majorité fédérale. Si les spéculations vont bon train quant à la personne choisie, certains noms semblent plus cités que d'autres. Parmi ceux-ci, Bart De Wever et Elio Di Rupo constituent de sérieux candidats. On retrouve également le nom de l'actuel vice-Premier ministre MR, Didier Reynders. Fort de sa longue expérience politique au premier plan au fédéral, ce dernier a en effet de nombreux atouts qui pourraient jouer en sa faveur. Au fil du temps, il a notamment acquis un statut de "sage'" de la politique belge. Il a par ailleurs déjà joué ce rôle en 2007 après une grande victoire des libéraux francophones aux élections. Didier Reynders avait tenté, à l'époque, de mettre sur pied une coalition "orange bleue" qui aurait réuni la famille sociale-chrétienne et la famille libérale. Mais les négociations n'avaient pas pu aboutir, entre autres en raison du refus de Joëlle Milquet, alors présidente du CDH, de laisser tomber le PS d'Elio Di Rupo.
Les politiciens, à pied d'oeuvre depuis l'annonce des résultats dans la soirée de dimanche, sont au repos ce jeudi, jour de l'Ascension. Mais ce n'est pas pour autant que le Roi ne nommera pas dès aujourd'hui un informateur. Le Souverain enverrait ainsi un message positif quant à l'évolution des négociations, après les tensions de ces derniers jours.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN RITUEL DESUET POUR DEUX POIDS LOURDS DE LA POLITIQUE BELGE

Ce rituel désuet date semble-t-il de l'époque où fut rédigée une première version de la Constitution qui passa alors pour l'une des plus audacieuses d'Europe et de l'époque. Le roi doit s'informer dans le dessein de s'éclairer l'esprit pour désigner un formateur capable de constituer une coalition majoritaire au niveau fédéral. La Constitution, revue au XXième siècle, décharge le roi de la mission de consulter les partis au niveau régional. Un symbole lourd de sens. Respectivement Elio Di Rupo (région wallone), Bart De Wever (Flandre) et Laurette Onkelinx sont chargés de cette délicate mission. Elio et Bart sont suffisamment à la peine que pour devoir accepter, de surcroît, une mission d'explorateur.  Alors qui? Un Bruxellois? sûrement pas Laurette qui serait aussitôt récusée par la presse flamande. Un Francophone? éventuellement Didier
Reynders? Ces déclarations très sèches à l'égard du PTB semblent le disqualifier pour jouer ce rôle. Et pourquoi pas Jan Jambon? Honnête bilingue, l'homme sait se montrer nuancé et pragmatique. Il est vrai qu'il s'est déclaré candidat premier ministre, ce qui devrait l'inciter à s'auto désigner pour le job de formateur. Mais n'allons pas trop vite en besogne. Certes, il n'y a pas loin de l'antichambre du Palais Royal au 16 rue de la Loi.  A pied, il n'y a qu'une rue à traverser. Politiquement c'est une tout autre affaire.
Et bien voilà DiverCity a tout faux!
En effet il a plu à notre roi de désigner Didier Reynders et Johan Vande Lanotte comme informateurs royaux: leur rapport doit être remis pour le 6 juin. Ce sera un document essentiel pour les historiens de demain;  C'est un choix extrêmement judicieux qui plaide pour le discernement de la part de l'entourage royal. Chapeau. rappelons que Vande Lanotte brillant constitutionaliste a lui aussi une longue expérience ministérielle. Il fut même ministre de l'intérieur et démissionna quand Dutroux prit la fuite. Il fut longtemps bourgmestre d'Ostende. C'est un flamand pragmatique.  Le Roi assure ainsi un équilibre politique et linguistique de nature à déjouer les critiques qui auraient entouré la nomination d'un seul informateur. Ce duo présente l'image du nouveau confédéralisme bien qu'il soit incarné par deux vaillants représentants du fédéralisme d'Union. On a fait très fort au Palais.
Il fallait un démineur de la trempe de Dehaene pour dénouer le sac de noeuds que l'électeur à imposé aux présidents de parti. Le roi s'en offre deux dont le quotient intellectuel et l'expérience politique est de nature à faire pâlir Bart et Elio. C'est fichtrement finement joué.
Bravo sire! Décidément ce pays ne manque pas de résilience!
Que personne ne s’y méprenne, si le Roi a finalement reçu en audience le président du Vlaams Belang peu avant de clôturer son premier round de consultation, c’est que les intervenants précédents avaient majoritairement envoyé un tel signal au roi Philippe. Ce genre de décision ne se prend ni à la légère, ni sans avoir tâté le terrain auprès des ténors de la politique belge. S’informer, ce n’est pas forcément  rompre le cordon sanitaire commente la Libre.
MG 


ILS ONT ÉTÉ REÇUS EN AUDIENCE AU PALAIS. LE PALAIS A ANNONCÉ OFFICIELLEMENT SA DÉCISION ET LES MODALITÉS DE LEUR MISSION.

Voici le communiqué des services du Roi : "Sa Majesté le Roi a reçu en audience au Palais de Bruxelles Messieurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte et les a chargés d’une mission d’information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral. Dans le cadre de cette mission, ils garderont le contact avec les responsables des négociations dans les régions et communautés. Messieurs Reynders et Vande Lanotte ont accepté cette mission. Ils feront un premier rapport au Roi sur l’avancement de leur mission le 6 juin."
Comme La Libre le révélait ce jeudi sur son site web, Didier Reynders faisait partie des personnalités retenues par le Palais. L'actuel vice-Premier ministre MR était bien placé car, fort de sa longue expérience politique au premier plan au fédéral, il a en effet de nombreux atouts qui plaidaient en sa faveur.
Au fil du temps, il a notamment acquis un statut de "sage'" de la politique belge. Il a par ailleurs déjà joué le rôle d'informateur en 2007 après une grande victoire des libéraux francophones aux élections. Didier Reynders avait tenté, à l'époque, de mettre sur pied une coalition "orange bleue" qui aurait réuni la famille sociale-chrétienne et la famille libérale. Mais les négociations n'avaient pas pu aboutir, entre autres en raison du refus de Joëlle Milquet, alors présidente du CDH, de laisser tomber le PS d'Elio Di Rupo.
Quant à Johan Vande Lanotte, surnommé "l'empereur d'Ostende", le choix du Roi n'est pas étonnant non plus : l'ancien vice-Premier ministre SP.A est également un fin connaisseur des rouages de la politique fédérale et des nécessaires compromis à accepter lorsqu'on veut gouverner. Il a la confiance du Palais : en 2010, durant la crise politique, il avait été désigné "conciliateur". En 2015, il avait quitté la vie politique nationale après un parcours de 28 ans au plus haut niveau.
Avec Didier Reynders et Johan Vande Lanotte le roi Philippe place au centre du jeu politique un duo de fins négociateurs. Ils auront du travail... La situation politique au fédéral est particulièrement complexe suite aux élections de dimanche. Par ailleurs, en désignant un duo composé d'un libéral francophone et d'un socialiste flamand, le Roi assure un équilibre politique et linguistique de nature à déjouer les critiques qui auraient entouré la nomination d'un seul informateur.
Les noms d'Elio Di Rupo et de Bart De Wever circulaient dans la presse aujourd'hui mais ces pistes n'étaient pas crédibles : vu le fossé électoral qui sépare la Flandre, qui vote à droite, de la Belgique francophone, qui vote à gauche, le Roi ne pouvait pas opter pour l'un de ces deux leaders sans risquer de fâcher l'une des grandes communautés du pays.
Frédéric Chardon

Aucun commentaire: